Tag: déplacements

  • [Entretien] Jonathan Zwikel : « Ces duels à Rouen et à Amiens représentent un énorme défi »

    [Entretien] Jonathan Zwikel : « Ces duels à Rouen et à Amiens représentent un énorme défi »

    La Marseillaise : Vous êtes leaders de Ligue Magnus après neuf journées avec une seule défaite. Comment analysez-vous ce début de saison ?

    Jonathan Zwikel : Le bilan comptable est positif, avec des points précieux dans la course aux play-offs. Mais le plus encourageant reste le contenu, la cohésion et la motivation du groupe. L’équipe est soudée, suit les consignes et va dans le même sens, ce qui permet d’aborder plus sereinement certains aléas.

    Comment vous adaptez-vous
    à la vague de blessures que vous connaissez depuis la première journée de championnat
     ?

    J.Z. : Elles ont particulièrement touché des joueurs clés de notre effectif. Nous avons d’ailleurs appris qu’Albin Nilsson sera absent au moins dix jours après avoir subi une commotion sur une charge [face aux Rapaces de Gap, ndlr]. Il faut anticiper la profondeur de l’effectif, mais lorsque les absences s’enchaînent aussi tôt dans la saison, nous devons réagir rapidement. L’objectif est d’éviter de trop solliciter les mêmes joueurs, au risque de provoquer de nouvelles blessures. Nous avons donc travaillé rapidement pour trouver des solutions en recrutant Anton Gradin et Jesper Larinmaa comme jokers.

    Y a-t-il un match référence depuis le début de saison ?

    J.Z. : Notre premier match à domicile contre Briançon a été difficile, notamment en raison d’une mauvaise gestion des émotions et d’un manque de cohérence. C’est celui qui nous a le plus appris. Nous avons compris que mettre de l’énergie sans coordination ni cadre ne suffisait pas. Le fait d’avoir vécu cette expérience, puis d’avoir identifié ensemble ce qui n’avait pas fonctionné, nous a beaucoup aidés pour la suite.

    Sur quel point votre équipe
    a-t-elle le plus progressé
     ?

    J.Z. : La saison dernière, certains n’en avaient pas les moyens ou l’envie, ce qui suffisait à déséquilibrer l’équipe. Cette année, le groupe croit dans le plan et possède les capacités pour le mettre en œuvre. Cela n’empêche pas les erreurs ou les périodes plus difficiles, mais cette cohérence est essentielle.

    Quel impact aura l’enchaînement des déplacements à Rouen et Amiens, jeudi et vendredi ?

    J.Z. : Les joueurs de hockey ont l’habitude d’enchaîner les efforts malgré la fatigue et les petits pépins physiques. Amiens bénéficiera toutefois d’un avantage puisqu’ils n’auront pas joué la veille. Les joueurs savent gérer ce type de situation, même si deux matchs consécutifs restent peu fréquents.

    Que ressentez-vous lorsque vous retournez à Rouen, où vous avez débuté et conclu votre carrière ?

    J.Z. : C’est un club particulier pour moi. Ma famille, mes amis d’enfance et plusieurs personnes du club y sont toujours. C’est aussi le club où j’ai été formé et où j’ai commencé puis terminé ma carrière. J’ai toujours plaisir à y retourner et je m’y sens encore un peu chez moi. Avec le temps, l’émotion est moins forte qu’au premier déplacement, mais retrouver ces personnes et ces souvenirs reste agréable. Une fois le match commencé, je me concentre toutefois sur notre objectif.

    Quels souvenirs gardez-vous
    de votre passage à Rouen
     ?

    J.Z. : Les saisons 2009-2010 et 2010-2011 restent marquantes. Nous avons remporté deux titres de champion avec mon frère, ainsi qu’une Coupe de France et une Coupe de la Ligue. Je retiens particulièrement la finale de 2010 contre Angers. Après avoir perdu les deux premiers matchs, nous avons remporté les deux suivants avant de gagner le match décisif à Rouen. Mon frère et moi jouions sur la même ligne et avions chacun marqué lors de cette rencontre. C’est un souvenir très fort que nous partageons.

    Comment analysez-vous les deux rencontres à venir ?

    J.Z. : Ce double déplacement représente un énorme défi. Rouen a construit une équipe très complète, avec de grandes ambitions et des joueurs de qualité à tous les postes. Même si nous les avons battus à domicile, gagner chez eux sera très difficile. À Amiens, il faudra enchaîner. Malgré son classement, elle possède une réelle valeur et a été pénalisée en début de saison par des blessures. C’est une équipe physique, qui joue avec beaucoup d’intensité.

  • À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    Ce n’est pas encore l’heure de la récréation dans la cour de l’école Jean-Jaurès de Martigues. Pourtant ce mardi après-midi, les élèves de CM1 et CM2 de l’école Tranchier enfourchent leurs vélos pour certains, enfilent des chasubles pour d’autres, et se lancent chacun leur tour sur le parcours urbain peint au sol, sur lequel ont été placés des panneaux et un système de feux tricolores.

    L’objectif de la mise en situation est d’intégrer les bons réflexes. « Ce qu’on leur explique c’est d’être visibles, attentifs, et d’établir le contact visuel car l’autre usager de la route ne les a pas forcément vus » explique Magali Gomez, agente de police municipale. Trois groupes de 8 élèves évoluent sur le terrain, piétons, cyclistes et policiers. Les premiers circulent en respectant les feux et en constituant un aléa à surveiller pour les seconds, tandis que les troisièmes pointent et remontent les fautes aux encadrants.

    Toutes les subtilités du code de la route sont à prendre en compte. Si le feu tricolore est globalement « bien respecté » selon l’agent Ludovick Abba, ce n’est pas le cas du cédez-le-passage. « Tu sais jamais si tu dois t’arrêter ou pas » avance Lola Santiago, élève de CM2.

    « Un enjeu indispensable »

    C’est tout l’art de mettre en pratique la théorie, étudiée pendant une heure avant de monter à vélo. « Un seul élève n’a fait aucune faute, c’est dans la moyenne » relève Ludovick Abba. « Le loupé du stop est le plus fréquent, comme le cédez-le-passage. Car comme ils ne sont pas obligés de s’arrêter, ils passent sans regarder » détaille le policier municipal. Cette intervention revêt donc un caractère « indispensable » selon l’agent, « ce sont les connaissances de base pour se déplacer en sécurité ».

    « Indispensable » aussi aux yeux de l’adjoint délégué aux déplacements et à la voirie, Roger Camoin (PS). « À force de faire de la prévention dans les écoles, on avait remarqué il y a quelques années que les accidents sur le territoire avaient baissé de 47% » avance l’élu. Et l’impact n’est pas seulement sur les minots : « Je leur dis quand je remets les récompenses : on espère que les enfants disent aux parents “tu peux pas faire ça” ou “faut s’arrêter là“ » développe l’adjoint.

    Lola Santiago se dit « plus en confiance » après la séance. Puisse cette confiance être utile au passage de l’Attestation
    scolaire de sécurité routière,
    au collège.

  • À la pompe, entre déception et colère

    À la pompe, entre déception et colère

    Dans cette station Total du boulevard Sakakini (5e), en ce matin du 8 octobre, les voitures défilent… Comme le compteur du prix du plein à la pompe. L’annonce, la veille, du Premier ministre de puiser 10 millions de barils dans les stocks stratégiques pour baisser le coût du litre de gazole de 12 à 18 centimes, ne convainc pas vraiment.

    « On va voir déjà s’ils le font », lance Assiata. Habitante du 15e arrondissement, elle a absolument besoin de sa voiture pour « déposer les enfants » et se rendre à son travail à l’hôpital de la Timone, à quelques encablures. En transports en commun, elle perdrait trop de temps affirme-t-elle. À 2,25 euros le litre dans cette station « où on vient aussi parce que c’est le moins cher », le plein de sa petite citadine lui revient tout de même à 75 euros. « Je n’attends pas que le réservoir soit vide, pour payer moins d’un coup », précise la jeune femme. Avec son petit salaire elle doit « tout calculer » raconte-t-elle et essaie de se cantonner à un plein par mois, quand elle le peut.

    Plutôt augmenter

    les salaires

    À la pompe d’à côté, David ne cache pas sa colère. « Mais 12 centimes, ça ne sert à rien et il faudrait que cela concerne tous les carburants », estime-t-il. « C’est un truc de fou, c’est pas normal. Alors qu’on sait très bien, qu’ils prennent 1 euro voire plus de 1,20 euro de taxes », s’indigne ce salarié, au volant d’un camion frigorifique. Pour sa voiture personnelle, il a fait le choix du diesel, parce qu’à l’époque « ça coûtait moins cher et maintenant c’est l’essence qui vaut plus le coup ». Désormais un plein pour lui, « c’est 180 euros », assure-t-il. Et il n’a pas les moyens d’en acheter une autre. Selon lui, il faudrait plutôt augmenter les salaires, « de 1 000 euros au moins pour qu’on vive un peu ».

    Agent de sécurité, Ameziane roule à l’éthanol avec la voiture du travail, « quand il y en a, sinon c’est du sans-plomb » mais son véhicule personnel, « c’est du diesel », indique-t-il. Alors il a pris « une carte chez Total », pour réduire la facture. Pour s’en sortir, il évite également « les déplacements inutiles », prend le métro, rogne sur les loisirs des enfants même s’il essaie de leur proposer une à deux sorties par mois au moins. « Ce n’est plus comme avant, on a du mal simplement à vivre », témoigne-t-il. Alors, il fait de moins en moins le plein. « Dans la voiture, je mets 40 euros, ça fait même pas une moitié de réservoir », confie-t-il.

    Devant lui, Sabri, artisan marseillais, assure lui avoir perdu au bas mot 30% de chiffre d’affaires. « Qu’est-ce que vous voulez, on n’a pas le choix, il faut bien qu’on travaille » explique-t-il, mi-résigné, mi-agacé. Avant de s’en prendre au gouvernement dont « il ne faut pas attendre de miracles ».

    Il s’inquiète : « L’avenir ne s’annonce pas beau. » Et finit par faire le lien avec la répression du mouvement lycéen. « Ils sont dégoûtants ! L’argent, il faut le mettre pour l’éducation, pour l’avenir, pour les enfants », assène-t-il. Et de rappeler : « Quand c’était les Gilets jaunes qui ont mis le pays à feu et à sang, qu’il y avait le Rassemblement national, hein, personne a rien dit. »

  • À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    « Une première victoire, la suite au prochain numéro… » C’est devant une salle tout acquise à la défense de la gratuité des transports que le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari (DVG), a fait un point de situation après l’annonce, le 24 septembre, de la suppression de cette dernière par le président de la Métropole Aix-Marseille Provence, Nicolas Isnard (LR). Avant de suspendre sa décision, ce lundi, avec un moratoire .

    Pas question de revenir sur un acquis vieux de dix-sept ans. « Il m’a parlé d’un moratoire “indéterminé”, qu’il dure encore en 2027, 2028 et au-delà ! » s’enflamme l’élu. Il prévient, fort « de la déferlante populaire » matérialisée par les 14 000 signatures recueillies sur une pétition : « On n’a pas gagné la bataille, il faut rester mobilisés, ne pas baisser la garde. » Et de craindre le « piège tactique ». Le maire d’Aubagne espère aussi que le « front républicain va tenir », affichant le soutien de ses homologues de La Penne-sur-Huveaune, La Destrousse, Belcodène, Saint-Zacharie et Peypin. Une représentante de la France insoumise apporte aussi son soutien. Dans la salle, Jadran Svrdlin au nom de l’Union locale CGT, rappelle que la gratuité n’est pas un coût, mais un choix politique, celui de « financer collectivement » les modes de déplacement.

    « Comme des bêtes »

    Les témoignages affluent. « Ma mère a 73 ans. Elle était en dépression, mais depuis qu’on habite Aubagne, elle reprend du poids, elle sort », raconte un jeune homme. Sans ça, « on ne mange plus, comme des bêtes », s’emballe une retraitée. Le syndicat lycéen, de retour de manifestation, en rajoute une couche.

    Pour Maurice Marsiglia, président de l’association Se déplacer en liberté (Asdel), c’est « la mobilisation qui a fait que M. Isnard a reculé ». Il annonce que l’Asdel prépare un argumentaire à destination des associations et des élus, propose de regrouper les associations en collectif et s’indigne de la mise en place de la tarification sociale. Une manière de « montrer du doigt les pauvres », estime-t-il, quand « 30 à 40% des ayants droit n’y ont pas recours ». Il explique que dans la Métropole, le versement mobilité, source de financement des transports, s’élève à « 2% de la masse salariale des entreprises de plus de onze salariés ». L’Asdel réclame « depuis très longtemps un alignement sur celui de la région parisienne à 3,2%, soit 220 millions d’euros ». De quoi renflouer les caisses. Revenir sur la gratuité, c’est « aller contre le sens de l’histoire », estime Roland Bourglan, qui a rejoint l’Asdel, précisant que « 47 réseaux sont dans la gratuité en France, soit un tiers des réseaux urbains de taille comparable ».

    Le maire d’Aubagne appellera au final à un pacte territorial pour la défense de la gratuité, comme bouclier non négociable, proposant aux habitants de s’en faire les ambassadeurs.

  • Marseille : aux Chutes Lavie, réunis, on revit

    Marseille : aux Chutes Lavie, réunis, on revit

    Une clé et des fleurs dessinées aux craies de couleurs pour égailler le bitume, des tours de bluff des illusionnistes de l’Idéaliste pour marquer ce moment magique. Le portail fermé depuis des années par une poignée de copropriétaires qui revendiquaient la propriété de cette rue privée a retrouvé sa vocation d’usage public.

    « Paulette et Jeanne n’auront plus à remonter le raide et dangereux boulevard Guigou, les enfants pourront accéder aux centres d’activités des Chutes Lavie, et une voisine de 90 ans a prévu de s’inscrire à la gym douce », liste la conseillère d’arrondissement Nathalie Prost à l’adresse d’une petite centaine d’habitants venue fêter cette victoire qu’on leur avait promise impossible. C’était sans compter sur la pugnacité d’un collectif de riverains « qui s’est mobilisé sans relâche », souligne l’élue des 4-5. Et sur le soutien que la municipalité leur a témoigné.

    Un combat de fond

    « Impossible n’est pas Marseillais, s’est félicité l’édile écologiste du secteur, Didier Jau. Nous avons tenu notre engagement. C’est un combat de fond, juste et nécessaire dans une société qui se divise. » Réunifiés, apaisés, leur mobilité douce retrouvée, les habitants étaient invités à partage un repas dans le jardin municipal dont l’accès leur a été rendu et à préparer l’avenir ensemble. « La prochaine étape ici sera d’aménager un accès pour les personnes à mobilité réduite », a précisé Amad Zayad, conseiller d’arrondissement délégué au handicap.

  • [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    La Marseillaise : Êtes-vous inquiet de la flambée du prix de l’essence ?

    Hami Kahia-Tani : Sincèrement, sincèrement, c’est très préoccupant pour nous. On va avoir une réunion vendredi pour en parler collectivement. Il va falloir trouver des solutions.

    Pour les livraisons de gros achats, ou pour aller chercher des dons, nous nous déplaçons en camion sur un secteur très étendu dans tout Marseille et jusqu’à La Ciotat. Les bénévoles qui œuvrent sur la communauté viennent avec leur propre voiture, ce n’est pas possible que cela leur coûte de l’argent.

    Envisagez-vous de ne plus sortir, si les prix continuent de grimper ?

    H. K.-T. : Cette solution est complètement inenvisageable, ça serait la mort assurée d’Emmaüs. Pour fonctionner, nous avons besoin de dons et de les vendre pour faire vivre notre communauté et les gens qui y travaillent. Nous ne bénéficions pas de subventions publiques pour l’accueil des compagnons, ni de dons pécuniaires de particuliers.

    Avez-vous chiffré le coût des déplacements ?

    H. K.-T. : Là, tout de suite, je ne sais pas précisément. Mais je me souviens qu’en 2022, on avait pris 40% d’augmentation sur le gazole. Et là, j’entends ce [lundi] matin, que les prix ont atteint un nouveau record dimanche. Autour de 2,41 euros le litre ?! Ce n’est pas tenable. On ne peut pas rester les bras croisés.

    Pensez-vous à des alternatives ?

    H. K.-T. : On doit trouver des solutions, nous devons nous adapter. Nous avons trois camions thermiques, pourquoi pas acquérir un camion électrique ? À Marseille, Emmaüs Pointe Rouge l’avait fait pour ses petits-déjeuners.
    Mais pour ça, il nous faut des aides… Ben, je lance un appel !

  • L’essence met les travailleurs à sec

    L’essence met les travailleurs à sec

    Jusqu’où s’arrêtera la hausse des prix de l’essence ? Depuis le début du conflit en Iran, les tarifs à la pompe n’en finissent plus de monter, jusqu’à dépasser les 2,30 euros le litre, en moyenne nationale, pour le gazole. À tel point qu’Emmanuel Macron a demandé, ce mercredi, « à son gouvernement la totale mobilisation sur l’approvisionnement et sur la maîtrise des prix », sur fond de risques de pénurie. De son côté, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, demande au Premier ministre une table ronde sur le pouvoir d’achat. Il faut dire que la situation devient intenable pour les travailleurs…

     Gaëlle, infirmière libérale à Peypin

    Quotidiennement en déplacement du fait de sa profession, Gaëlle Cannat, infirmière libérale, roule en moyenne « 150 km par jour ». « C’est un enfer. Cela fait des mois que l’on stresse quand on va à la pompe », dénonce celle qui est également la présidente du collectif « Infirmiers libéraux en colère ». Avec une voiture essence de 40 litres, le plein qu’elle a fait ce mercredi matin « a dépassé les 80 euros ». « J’en suis au point de dire à ma fille que je ne viendrai pas la récupérer en voiture à la fin des cours », déplore-t-elle. Il faut dire que l’équation s’avère plus que complexe pour elle : « Je prends l’exemple d’une injection sur un patient : elle rapporte 7,25 euros, avec les charges, il me reste 3 euros dans la poche. Maintenant, il faut enlever le coût de l’essence… » À la fin, il ne reste plus grand-chose. « Plus l’essence augmente, moins nous gagnons », résume-t-elle. Elle pointe surtout la conséquence pour les patients : « De moins en moins d’infirmiers libéraux veulent aller dans les zones intermédiaires, rurales. Il y a des patients qui se retrouvent isolés car nous avons de plus en plus de mal pour certains déplacements ».

     Nathan, technicien dans la pétrochimie à Lavéra

    « On commence à en être au point où la voiture représente un trou dans le budget. À 620 euros par mois, le budget devient très conséquent », s’agace Nathan, technicien supérieur de maintenance dans une raffinerie de l’Étang de Berre. Habitant de Saint-Martin-de-Crau, il « n’a pas d’autre choix que de prendre la voiture » pour aller au travail en l’absence de « liaisons en bus ou en train aux horaires adaptés ». Résultat : il est à « facilement une centaine d’euros par semaine de carburant ». Sa situation résume le quotidien de beaucoup de travailleurs : « J’ai récemment changé de voiture pour baisser la consommation de carburant, c’était un critère. Mais elle est achetée à crédit, avec 220 euros que je rembourse tous les mois ».

     Jordan, agriculteur

    de Vaucluse

    « Nos trésoreries sont déjà assez basses à cause de la sécheresse et des rendements plus faibles. Donc, le coût du gasoil pèse encore plus », déplore Jordan Charransol, le président des Jeunes agriculteurs 84. Une profession qui accuse le coup face à la montée du fuel : « Par exemple, le plein d’une cuve de 1 000 litres coûte environ 800 euros de plus qu’il y a quelques années. Avec les moissons puis les vendanges, on passe une cuve en un mois. » Et de dénoncer l’inaction macroniste : « Le gouvernement a mis en place un abattement de 15 centimes par litre, mais le problème, c’est que cette aide n’est toujours pas arrivée depuis juin. Au lieu d’être exempté dès le départ, on doit faire plein de paperasse. On sort de l’argent pour essayer d’être remboursé. »

     Hervé, pêcheur à Carro

    Ancien chalutier, aujourd’hui marin-pêcheur à Carro, quartier bien connu de Martigues, Hervé Gout-Vernier dresse un constat sans appel sur l’impact de la hausse des prix du gazole : « On est en danger de mort ! » Avant de développer : « Le plus compliqué, c’est pour les chalutiers. À 2 000 litres par jour pour 1,20 euro le litre de gasoil au Grau-du-Roi, il faut pêcher 2 400 euros de poisson par jour juste pour se rembourser ». Sans compter sur « les paiements des salaires et la comptabilité ». Même constat pour les plus petits pêcheurs qui ne sont pas à bord de chalutiers, comme lui : « C’est le même problème pour les fileyeurs. On consomme moins, mais il y a aussi le coût du matériel… »

     Marc, plombier

    à Saint-Zacharie

    À Saint-Zacharie, Marc, 54 ans, dirige une entreprise de plomberie avec un salarié. À eux deux, ils parcourent près de 40 000 km par an. Difficile, pourtant, pour cette société qui réalise des dépannages chez des particuliers, mais intervient surtout dans des cliniques, de se passer de la voiture. De Marseille à Toulon, en passant par Miramas et avec un gazole à plus de 2,30 euros le litre, la facture hebdomadaire de carburant approche les 700 euros par mois et par véhicule. « C’est plus simple peut-être pour ceux qui passent une journée sur chantier. Mais quoi qu’il en soit, on subit, on n’a pas le choix », note, fataliste, l’artisan. La hausse du prix des carburants pèse directement sur ses coûts de fonctionnement et dans un secteur où la concurrence est forte et où les clients surveillent leur budget, chaque centime compte. « Ça a des répercussions sur les tarifs que l’on pratique pour nos clients, mais on rogne surtout sur notre bénéfice », conclut-il.

    CHIFFRES

    11,2

    En milliards d’euros, les bénéfices engrangés par Total au premier semestre 2026, une augmentation de 72% sur fond d’explosion des prix.

    +43,6%

    L’évolution en un an du prix du gazole, qui atteint 2,35 euros par litre, à trois centimes du record du mois d’avril, quand l’essence (SP95-E10) atteint un niveau historique de 2,15 euros par litre.

    10,6%

    Des ménages propriétaires d’une voiture ont dépensé, en 2021, plus d’un mois de leurs revenus annuels en carburant, selon une étude de l’Insee publiée le 8 septembre. Ils sont 9,5% dans la Métropole Aix-Marseille, 11% dans le Grand Avignon et 13,8% pour Provence Alpes agglomération.

  • Miramas, la gare repensée pour accueillir 1,5 million de voyageurs

    Miramas, la gare repensée pour accueillir 1,5 million de voyageurs

    C’est un ouvrage qui change non seulement le visage de la gare, mais aussi celui de la ville. Ce vendredi 11 septembre, les pouvoirs publics ont inauguré la nouvelle passerelle qui enjambe et relie les trois quais. Ouverte au public depuis le 11 août, son tablier de 75 m de long et 3,5 m de large sont accessibles à tous grâce à l’installation de quatre ascenseurs. En contrebas, les quais ont été rehaussés pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite.

    « On veut passer à 1,5 million de voyageurs d’ici 2030, affiche Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud chez SNCF. Aujourd’hui, 900 000 personnes transitent chaque année par Miramas. Il y a vraiment une volonté de développer la gare dans le cadre du Service express régional métropolitain (Serm) 2050. » Présenté le 18 septembre au gouvernement pour obtenir sa labellisation, « il représente un volume financier considérable, mais c’est un grand projet qu’il faut défendre », assure le vice-président de la Métropole délégué aux mobilités et maire (DVG) de Miramas Frédéric Vigouroux. « Il y a un grand coup d’accélérateur sur le ferroviaire. »

    D’ici là, la station de Miramas, la 3e du département, est d’ores et déjà dotée d’une infrastructure à la hauteur de son rang. « On a une ligne TGV qui va à Paris et qui devient de plus en plus intéressante, que nous devons faire connaître pour permettre à l’ensemble du territoire de 360 000 personnes de venir ici plutôt que de s’empiler dans des parkings qui n’existent pas à Aix », commente Frédéric Vigouroux.

    L’édile se réjouit du nouveau visage qu’offrent ces travaux à sa commune : « On a une gare moderne à 360 degrés, recousant le nord et le sud de la ville qui étaient jusque-là séparés par les voies ferrées ». Cette concrétisation s’inscrit dans un projet plus ample. « C’est le premier gros ouvrage qui va nous permettre de lancer le travail autour du Pôle d’échange multimodal. On va essayer d’aller plus vite pour faire les parkings et la rénovation de la gare, sans oublier le projet de construction de 400 logements en accession sociale ou privé, appelé l’écoquartier d’Oasis. »

  • [C’est l’été] Patrimoine et chauves-souris à Caromb

    [C’est l’été] Patrimoine et chauves-souris à Caromb

    Après un pique-nique au bord du lac, place aux chauves-souris ! À la tombée de la nuit, il sera possible d’observer leurs déplacements à l’aide d’une caméra thermique, et écouter leurs ultrasons grâce à un détecteur spécifique.

    G.C.

    Gratuit sur inscription au 04.32.76.24.66

  • À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    Il est presque midi vendredi dernier. Au croisement de l’avenue Monclar et des boulevards Monod et Ferry, les automobilistes ralentissent et peinent à savoir s’il faut se fier au stop ou au nouveau feu tricolore encore éteint pour adopter la bonne conduite. Normalement, ce lundi à 9h, le feu fera foi et sera mis en service dans le cadre de la révision du plan Faubourgs, mis en place par la nouvelle majorité. Une nouvelle étape importante de franchie depuis trois mois et le lancement, en grande pompe, du premier ajustement de circulation autour de l’inflammable sujet des mobilités.

    Malgré l’absence de concertation, et trois semaines après la remise en double sens de la porte Saint-Lazare (notre édition du 28 juillet), le maire Olivier Galzi (DVD) continue de détricoter une des mesures phares du mandat précédent de sa prédécesseure, Cécile Helle (PS). Lors du conseil municipal de fin juin, au moins 300 personnes avaient bruyamment manifesté leur hostilité à ce démantèlement sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, réclamant un moratoire. Olivier Galzi reste, lui, persuadé d’avoir l’adhésion d’une majorité silencieuse…

    « J’ai peur des risques pour nos enfants »

    Le changement sur l’avenue Monclar est encore perçu comme « une autre modification sans concertation ni étude d’impact » par l’association des 4 boulevards qui invite les riverains à faire remonter « les problématiques nouvelles soulevées par cette décision unilatérale ». L’opposition de gauche, qui avait porté ce dossier, parle d’un « contre sens historique », craignant « une insécurité routière ».

    Principal bouleversement, la réouverture de l’avenue Monclar dans le sens sud/nord (vers les remparts) depuis le croisement des boulevards Monod et Ferry. Les automobilistes pourront à nouveau passer devant l’école Marcel-Perrin, où plus aucune voiture ne circulait depuis plus de deux ans. La Ville assure que la « borne rétractable sera relevée aux heures d’entrée et de sortie » des classes. « J’ai peur qu’il y ait beaucoup plus de bruit et de risques pour nos enfants », redoute une maman d’élève croisée à proximité, anxieuse à une grosse semaine de la rentrée.

    Parmi les ajustements notables, la remise en circulation à double sens des boulevards Ferry et Monod dans ce secteur. La piste cyclable sur Monclar est maintenue en l’état. « Je suis assez partagée », ne sait pas trop quoi encore penser Lise Demeyer. Depuis mars, elle a ouvert le café créatif L’Éklâ, au quasi-croisement Monclar-Monod. « J’ai à la fois peur de perdre en calme avec plus de bruit, des difficultés de stationnement alors que je tiens un lieu de créativité et, d’un autre côté, je vais gagner en visibilité et avoir moins de bouchons pour venir travailler, ce changement pourrait débloquer tout ça », développe-t-elle.

    À quelques mètres de là, le pharmacien est, lui, beaucoup plus tranché. « Je vois clairement ce changement d’un très bon œil même s’il faut être prudent le temps des nouvelles habitudes », se projette Michel Paulet. Installé depuis 20 ans, il estime que les travaux de l’avenue Monclar lui ont fait perdre 100 clients par an depuis deux ans. « On était un peu coupé du reste de la ville, le plan Faubourgs c’est peut-être bien pour ceux qui y vivent, mais c’est catastrophique pour ceux qui y travaillent », juge le pharmacien. D’autres révisions sont encore prévues, mais pas datées officiellement, côté Saint-Ruf ou Sixte Isnard.