Tag: département

  • [Entretien] Stella Estaque : « La priorité est le maintien de l’emploi à La Poste »

    [Entretien] Stella Estaque : « La priorité est le maintien de l’emploi à La Poste »

    La Marseillaise : Vous avez été élue récemment. Quels sont les combats prioritaires de la CGT AP 13 ?

    Stella Estaque : La première des priorités du secrétariat est la sauvegarde des bureaux de poste. On a sauvé celui de Martigues grâce au comité de vigilance postale et de ses usagers. On se bat actuellement pour celui de Gardanne-Biver. L’idée est de conserver un maillage territorial et donc de l’emploi. Qui dit fermeture de bureaux, dit emplois en moins et un service rendu aux usagers en disparation. On demande des bureaux de plein exercice, avec la possibilité de faire toutes les opérations possibles. Et non pas comme les « points de contact » dans des commerces privés. C’est donc intimement lié au maintien de l’emploi, autre priorité du mandat : En 4 ans, dans les Bouches-du-Rhône, on a pratiquement perdu la moitié de notre masse salariale chez les agents, hors cadre. Le tout a un impact sur les conditions de travail, notamment des facteurs, avec des tournées de plus en plus importantes. On a aussi un autre sujet d’inquiétude : la réorganisation de la Plateforme industrielle de courrier (PIC) Provence, à Vitrolles.

    Vous alertez sur ces transformations ?

    S.E : La réorganisation de la PIC va avoir des conséquences qui vont bien au-delà de la PIC en elle-même. Elle va se transformer en plateforme « version Amazon » avec principalement des colis, où l’on risque de perdre le courrier. Cela va dire une perte d’emploi à venir, mais aussi une forme de fusion des plateformes de colis qui se trouvent aux Arcs, dans le Var, et à Cavaillon, dans le Vaucluse. Que va-t-il se passer pour les facteurs colis des Bouches-du-Rhône ? Que vont devenir les facteurs courriers ? Ce sont des questions auxquelles nous n’avons pas de réponses pour l’heure, mais il y aura un énorme chamboulement du maillage entre courrier et colis. Et c’est lié aux contrats avec Amazon et Temu…

    La direction de La Poste affirme pourtant maintenir le rôle social du facteur, avec le développement de l’aide à la personne, par exemple…

    S.E : C’est un affichage qui ne se retrouve pas dans les faits. Le nombre d’emploi fond comme neige au soleil. Et si l’on veut une utilité sociale au postier, on ne supprime pas autant d’emplois. Philippe Wahl [PDG sortant de La Poste, ndlr] évoquait la distribution des repas, mais pour cela, il faut des bras. C’est le même principe pour les bureaux de poste : ils disent qu’ils souhaitent faire revenir les usagers dans les bureaux, mais il y en a de moins en moins. Avec les fusions de bureaux, ils sont toujours plus éloignés géographiquement des usagers… Les accords avec Amazon et Temu montrent cela : ils privilégient la rentabilité plutôt que l’utilité sociale. En réalité, on est sur une chasse au coût permanente en interne, avec un PSE [plan de sauvegarde de l’emploi, ndlr] déguisé.

    Vous appelez à la grève pour ce mardi ?

    S.E : La Poste ne fait pas de plan social. Mais la direction licencie dans des proportions importantes malgré tout. Il y avait 55 PIC il y a quelques années, il n’y en a plus que 26 aujourd’hui. Au lieu de faire un PSE, qui permettrait un accompagnement ou des formations, la direction propose des postes à l’autre bout du pays, pour que le salarié refuse et soit licencié. Il y a des départs à la retraite pas remplacés, beaucoup de licenciements pour inaptitude… La nouveauté, c’est le « licenciement pour désorganisation ». On a un exemple sur le site de Marseille 5e arrondissement, à Louis-Astruc. Notre appel à la grève concerne ce site. Un agent a eu des problèmes de santé, l’an dernier, avec 100 jours d’arrêt maladie environ. Cette année, il a eu 13 jours. La direction a donc calculé sur deux ans et juge qu’il y a trop de jours d’arrêt, et le licencie pour ce motif, la « désorganisation ». La direction expliquant que cela avait provoqué des problèmes d’organisation. On répond que ce sont des arguments fallacieux.C’est facile de crier à la désorganisation quand on manque cruellement d’effectifs. D’autant qu’on a des facteurs remplaçants qui prennent le relais en cas d’absence… C’est encore moins compréhensible d’évoquer une désorganisation pour une absence pour maladie dans un bureau. Il y a la même situation pour une agent dans les Alpes-de-Haute-Provence. On revendique leur réintégration. Et ce sont des symboles du PSE déguisé : on a plusieurs dizaines de licenciements pour désorganisation dans le département depuis l’année dernière… Nous appelons donc à un rassemblement devant le Village La Poste à Marseille, ce mardi, à 10 heures.

  • Les candidatures sont ouvertes pour le Prix de l’innovation et de la recherche

    Les candidatures sont ouvertes pour le Prix de l’innovation et de la recherche

    Fort du succès de sa première édition, le Prix de l’innovation et de la recherche du Var revient pour une deuxième édition, en 2026. Son objectif : mettre en avant l’innovation au cœur du territoire et au plus près des habitants, en promouvant ses talents et de nouveaux modèles de développement territorial. Cette action s’inscrit dans la vision plus large du label « Var, terre d’innovation », qui vise à tisser des liens entre politiques publiques, recherche, formation, intelligence artificielle et activités économiques, au service du territoire.

    La campagne de candidature a été lancée le 15 octobre et s’étend jusqu’au 15 janvier. La compétition est ouverte aux étudiants, associations, enseignants-chercheurs, doctorants, vacataires et autres membres du corps scientifique, aux acteurs de l’économie sociale et solidaire et aux collectivités locales. L’idée est ainsi de présenter des projets destinés à « innover pour mieux vivre, produire et comprendre le monde, en améliorant les conditions de vie locales et en accompagnant la construction du Var de demain », décrit le Département, avec une « place prépondérante accordée à l’implication citoyenne ».

    Dotation

    Six prix seront remis, pour une dotation totale de 50 000 euros : les grands prix de l’innovation environnementale, technologique, sociale, le prix thématique « valoriser notre territoire », le prix des collectivités varoises et le coup de cœur du jury. Ce dernier sera composé de six élus départementaux (dont le président), deux représentants universitaires, deux membres de l’administration départementale et trois personnalités qualifiées dans les domaines cités précédemment.

    Les lauréats bénéficieront aussi d’un suivi et d’une exposition propices pour la durabilité de leurs projets et la création de synergies avec d’autres acteurs, à l’image de ceux de l’année dernière. Le prix technologique avait été remporté par « Blue Vital », un patch connecté intelligent développé pour lutter contre la déshydratation des personnes fragiles. Le prix environnemental par la « Super Serre », une serre agricole autonome grâce au stockage d’eau de pluie et à la production d’électricité photovoltaïque, et le prix social par « Thiercelieux », un tiers-lieu social et citoyen au sein de la Communauté de Communes Lacs et Gorges du Verdon, gratuit et ouvert à tous.

  • Vaucluse : le savoir-faire vigneron distingué

    Vaucluse : le savoir-faire vigneron distingué

    Une cérémonie, qui « met à l’honneur depuis 25 ans celles et ceux qui font rayonner nos terroirs et la qualité de nos vins », rappellent les JA. Dans un contexte viticole très compliqué, cette édition 2025 a distingué 28 lauréats et 10 coups de cœur, « preuve éclatante de la diversité, de l’excellence et de la vitalité du vignoble vauclusien, du Ventoux au Luberon, des Côtes-Du-Rhône à Beaumes-de-Venise », mettent en avant les JA. Le Département a, de son côté, remis trois coups de cœur au domaine Plein Pagnier (Mazan), au cellier des Templiers (Richerenches) et au domaine Le Père Brun (Sorgues).

  • Les enjeux de l’étude de la nappe du miocène

    Les enjeux de l’étude de la nappe du miocène

    « C’est comme le compte en banque. Si on ne regarde pas combien on a, combien rentre et qu’on utilise sans compter, on risque très vite de se retrouver sans rien », lance Konstantinos Chalikakis, professeur-chercheur en hydrogéologie à l’université d’Avignon, à propos des réserves d’eau de la nappe du miocène.

    Car, à l’heure actuelle, on ne connaît pas exactement la quantité d’eau qui se trouve sous nos pieds. Des études ont été menées au fil des années, mais sans connaître précisément les réserves et le fonctionnement de cette nappe très particulière, qui fournit en eau 300 000 Vauclusiens à l’heure actuelle. Un intérêt relancé après la sécheresse de l’été 2022, qui avait frappé le Vaucluse et poussé le Département à organiser les premiers États généraux de l’eau, en décembre de la même année. « Le premier objectif est la connaissance du miocène, ressource particulièrement importante pour notre territoire », souligne la présidente (LR) du Département, Dominique Santoni, devant le rocher de Rocalinaud à Beaumes-de-Venise, affleurement qui illustre comment l’eau de surface pénètre dans le sol.

    Unir les forces

    Cette nappe, constituée en réalité de plusieurs masses d’eau distinctes dont la communication entre elles n’est pas encore avérée, s’étale sur plus de 1 000 km2 dans le département, qui était sous la mer lors de sa formation.

    « Il faut arrêter de travailler en parallèle et unir nos forces. Et ce, pour que nous puissions décliner des études en mesures concrètes », poursuit l’élue. Ce qui est lancé avec la structure GeEAUde, une chaire universitaire d’Avignon Université dédiée aux eaux souterraines. « On ne connaît pas bien la géométrie de la structure, et le type de fonctionnement, ce qui n’est pas encore le cas. Le sol qui contient l’eau est constitué de différentes couches géologiques dont on ne connaît pas la composition. Et la profondeur des forages peut varier de plusieurs centaines de mètres », confie ainsi Konstantinos Chalikakis.

    Des analyses et évolutions du niveau d’eau sont ainsi effectuées régulièrement. Un plan d’action, le Pare, a notamment été déployé jusqu’en 2028. Le réseau de points d’études devrait notamment passer de 19 à une trentaine pour étoffer les connaissances sur le sujet. « L’enjeu est aussi de voir si le Rhône alimente la nappe et comment, afin de protéger cela aussi », ajoute Patrick Merle, vice-président du Département et président de la commission environnement.

    CHIFFRES

    1 000

    kilomètres carrés de superficie totale de la nappe du miocène en Vaucluse

    16 millions

    de mètres cubes d’eau sont prélevés, chaque année, dans la nappe du miocène

    70

    communes sont couvertes par la nappe du miocène

  • Cérémonie pour marquer la libération des otages à Marseille

    Cérémonie pour marquer la libération des otages à Marseille

    La soirée a débuté par Les chaises vides, titre de Patrick Bruel et s’est poursuivie par des prières et des paroles d’espoir de paix. Parmi les personnalités présentes, les responsables de la communauté juive de Marseille : Bruno Benjamin (Crif), Michel Cohen-Tenoudji (consistoire), Lionel Stora (FSJU), de nombreux élus dont Martine Vassal, la présidente DVD de la Métropole et du Département, Laurent Lhardit, député PS, Ludovic Perney, vice-président LR de la Région. L’essayiste Amine El Khatmi était par ailleurs l’invité de la soirée.

  • Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    « On veut continuer à travailler dans les quartiers Nord, ce n’est pas normal de se retrouver devant la préfecture », confient les travailleurs de la Maison des solidarités des Flamants (14e), en grève, et reçus en délégation jeudi matin, en préfecture puis au Département. Après 1h30 d’entretien avec la commissaire divisionnaire affectée à la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers Nord, Sarah Tournemire, les représentants font état d’un échange globalement positif, quoiqu’insuffisant. « Ils ne peuvent pas mettre des équipes à demeure. La géographie des Flamants est difficile à sécuriser », relate Valérie Marque, secrétaire générale CGT au Département. Elle poursuit : « Ils annoncent, à la rentrée des vacances, des réunions sur tout le territoire. » Pour l’heure, la CGT envisage aussi son AG.

  • Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Au sommet du monticule pas encore goudronné qui sera, à l’été 2026, l’un des nouveaux ponts du carrefour de Bonpas, Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, se réjouit ce mercredi 15 octobre de l’avancée du « plus grand projet » de sa mandature, à l’occasion d’un premier point d’étape de celui-ci, lancé en mai dernier.

    « Pour l’instant, on est dans les délais », confirme fermement au micro, devant des dizaines d’élus, d’employés et d’ouvriers, Valérie Verrier, conductrice d’opérations du service Maîtrise d’ouvrage du Département. Un ouvrage qui devrait donc être mis en service avant l’été prochain. Ce n’est cependant pas la première partie qui sera terminée. En effet, le giratoire permettant l’accès à l’autoroute A7 devrait être achevé dès cet hiver. « Nous n’avons pour l’heure pas eu de surprises », confirme Hervé Beynet, conducteur du service de maîtrise d’ouvrage du Département de Vaucluse.

    Contraintes multiples

    Et ce, même si de nombreuses contraintes pèsent sur ce projet censé régler le « nœud routier majeur de Vaucluse », comme le présente le Département.

    La plupart sont déjà connues, telle que la nécessité de maintenir la circulation. Et ce, grâce à la construction d’une route temporaire qui sera ensuite réutilisée comme une voie moins fréquentée. Mais aussi, ce que Hervé Beynet qualifie de « la plus grosse » contrainte du chantier, à savoir le canal EDF. Celui-ci, qui permet l’irrigation de cultures sur le territoire, doit être curé, démoli puis reconstruit. Mais cela n’est possible qu’en période dite de « chômage » de celui-ci, ce qui ne se tient que pendant deux petits mois en hiver. « Et vu sa taille, on ne peut pas tout faire d’un seul coup », confie le conducteur du service. L’opération sera donc réalisée en deux temps, en 2026 et 2027, pendant le laps de temps où celui-ci est vidé en hiver. Mais aussi des imprévus, comme par exemple la grue qui a dû être abaissée… à cause de l’aéroport à proximité. Cela, toutefois, sans conséquence, la situation ayant été réglée avec une grue plus petite, un drapeau à damier rouge et blanc permettant de la signaler aux pilotes en journée, ainsi qu’un signalement lumineux la nuit.

  • Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    En pleine crise politique et après un début de mouvement social intersyndical avec plusieurs journées d’actions en septembre, les militants de l’UD CGT 13 vont plancher, pendant trois jours, sur l’avenir de l’organisation, à partir de ce lundi à la Halle de Martigues. « Plus de 600 délégués sont attendus. Ils viennent d’Unions locales de tout le département et de tous les secteurs », campe Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation.

    Votes sur l’activité financière, établissement des instances décisionnaires avec l’élection du bureau et du secrétariat de l’organisation, discussion générale et retour sur les luttes menées ces dernières années… Le programme allie sujets techniques et débats de fond. Pour rappel, le dernier congrès de l’organisation, en 2022, avait abouti à la réélection d’Olivier Mateu comme secrétaire général. Avant que ce dernier ne soit candidat à la tête de la confédération lors du congrès de 2023, sur fond de vives critiques du bilan de Philippe Martinez. Candidature qui n’avait pas fait l’unanimité parmi les militants. Olivier Mateu est en retrait depuis plusieurs mois.

    « Dans cette période de guerre ouverte contre les travailleurs et de volonté de casse totale des conquis sociaux, on a un intérêt, presque une obligation, que l’ensemble des syndiqués et des organisations CGT soient rassemblés et unis pour être efficace et utile aux travailleurs », développe Jessica Jadé. En résumé, ce congrès s’annonce comme un moment de débats intenses et de réflexion sur les « orientations » de l’organisation.

    Sécurité sociale

    et santé au travail

    « On va débattre des enjeux, des réalités de terrain dans la période et de quelle Union départementale on a besoin pour mettre en échec les stratégies patronales dans les entreprises », poursuit la secrétaire. Mais aussi la riposte « aux attaques des gouvernements via des coupes budgétaires ».

    Côté programme, le congrès s’ouvre avec un discours du maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), et plusieurs temps forts sont prévus. Notamment avec l’organisation d’une table ronde autour des 80 ans de la sécurité sociale et un débat sur la santé au travail et les risques industriels. De quoi faire le lien entre politique menée nationalement et conditions de travail dans le département. Et sur fond de poursuite, ou pas, de la démarche départementale initiée par l’organisation depuis plusieurs années déjà.

  • Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    « Dans notre région, nous n’avons pas relevé d’effet Covid important », affirme Valérie Roux, directrice régionale de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ce lundi, l’Insee Paca présentait les résultats de son étude sur les migrations résidentielles, c’est-à-dire interne à la France, de la région Sud.

    En 2021, la région a eu une augmentation de sa population liée aux mobilités internes au pays similaire à celle de 2015. Une stabilité qui la place en 10e position des régions les plus attractives, loin derrière la Bretagne, première, qui a eu une augmentation de huit habitants en plus pour 1 000 résidents, contre 0.5 pour la région Sud. La Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que la Normandie, se révèlent également plus attractives que la région Sud. Pour la directrice régionale, cet écart peut s’expliquer par la proximité de Paris pour ces régions. « Elles ont eu un effet Covid, car leur proximité à l’Île-de-France permet d’y habiter en allant y travailler deux ou trois jours par semaine. Cet effet Covid a donc creusé l’écart, alors que l’attractivité de notre région est restée stable. »

    Autre surprise de cette étude : la région Sud attire moins les retraités qu’avant. Le département du Var accueille toujours plus de retraités qu’il n’en part, mais moins qu’en 2015. Cela pourrait s’expliquer par la présence déjà importante de retraités sur place et l’augmentation des prix, qui limitent l’arrivée de nouveaux.

    En revanche, la région semble attirer plus d’actifs, notamment des cadres, artisans, chef d’entreprise et employés venant des régions limitrophes, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, et Île-de-France. « Une attractivité qui s’explique par un secteur industriel, certes pas énorme, mais qui se porte mieux que dans le reste de la France », affirme Valérie Roux.

  • L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    La préfecture a lancé un appel à manifestation d’intérêt « pour la captation d’hébergements, de relogements, et d’accompagnement social pour des ménages dont le logement fait l’objet d’un arrêté d’insalubrité ».

    L’approche, qui se veut expérimentale, s’attelle enfin au laxisme qui a longtemps prévalu dans le suivi des arrêtés préfectoraux d’insalubrité, en particulier ceux qui prescrivent une interdiction temporaire ou parfois définitive du logement. Il ne suffit pas de relancer la chaîne de production des arrêtés, faut-il encore s’assurer de leur exécution.

    Par manque de logements et de volontarisme aussi, nombre d’arrêtés sont restés lettres mortes face à la carence du bailleur, même sous la pression croissante d’astreintes. Les autorités sont souvent dans l’incapacité de se substituer au propriétaire à ses frais avancés. De fait, de nombreux occupants finissent par se reloger d’eux-mêmes, mais certains n’ont d’autres choix que de se maintenir dans le local insalubre, comme le constate régulièrement La Marseillaise : des locaux insalubres interdits depuis des lustres restent occupés et parfois même reloués en douce.

    La Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) est en quête d’un opérateur inventif à qui confier cette mission pour une durée initiale d’un an, reconductible jusqu’à trois ans « sous réserve de disponibilité budgétaire ». « L’appel à projets vise à favoriser l’émergence de projets innovants et partenariaux… Toutes les propositions alternatives et les initiatives sont les bienvenues », énonce le cahier des charges qui promeut l’idée d’un « groupement d’opérateurs » qui « serait semble-t-il de nature à favoriser la capitalisation des compétences et des expériences dans des domaines variés et de mieux couvrir l’intégralité du département ».

    Marseille exclue de la mission expérimentale

    La DDETS rappelle combien la lutte contre l’habitat indigne est une priorité d’action de la puissance publique « à valeur constitutionnelle », dans un département qui détient « les taux les plus élevés de France » : 63 000 logements privés y sont potentiellement indignes, soit 9,6% des résidences principales. « Marseille concentre, à elle seule, 30% du parc potentiellement indigne de la région Paca. Ainsi, 40 000 logements privés sont potentiellement indignes à Marseille, dont 10 000 nécessiteraient un traitement prioritaire. »

    Pourtant, Marseille est exclue de l’expérimentation, alors que la cité phocéenne pèse pour la moitié (242) des 502 arrêtés préfectoraux engageant la procédure d’insalubrité dans le département ces dix dernières années. Depuis le début de l’année, 66 arrêtés préfectoraux (dont 9 avec interdiction définitive du local) ont ouvert une procédure de traitement de l’insalubrité, dont 39 à Marseille (60%). L’État justifie cette exclusion par « la convention de délégation de traitement des situations d’insalubrité », signée en janvier 2023 avec la Ville de Marseille. « La plupart des situations de la ville de Marseille sont donc gérées par le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), hormis les situations de ménages non titrés et en surpeuplement. » Or, la ville est bien plus confrontée à ses difficultés que l’État.