Tag: Denis Lanoy

  • « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    Fondateur du Triptyk Théâtre, et désormais adjoint aux Arts, à la Culture, et à l’Éducation populaire à Nîmes, Denis Lanoy ne sépare jamais création et politique. Dans un Gard où l’extrême droite prospère électoralement, il pose un diagnostic sans détour : « Nous avons sans doute perdu du terrain. La gauche a un peu abandonné le terrain culturel depuis la fin des années 1990. » Pour lui, ce renoncement pèse lourd. À l’heure où le RN impose ses obsessions identitaires, la gauche doit « se ressaisir » et refaire de la culture « une question centrale de son projet politique ».

    Car la culture n’est pas, à ses yeux, un supplément d’âme. « J’aime bien l’idée de la culture comme un droit », explique-t-il. Un droit qui n’a de sens que s’il vise « l’émancipation ». Et pour garantir ce droit, il faut un outil : le service public. « Sans service public, il ne peut pas y avoir de droit. Sinon, la relation entre les êtres repose sur le droit du plus fort à imposer au plus faible. » C’est précisément pour cela, estime Denis Lanoy, que l’extrême droite s’acharne contre la culture. Parce qu’elle demeure « l’endroit de mise en critique permanente », celui où se défendent le droit, l’égalité, la pensée et la liberté.

    « Plus violent

    que la censure »

    Dans la région, les exemples se multiplient : festivals annulés, expositions empêchées, subventions menacées, récits patrimoniaux verrouillés. Mais Denis Lanoy refuse presque le mot de « censure ». Trop faible, selon lui. « Censurer, ça voudrait dire qu’ils laissent faire mais qu’ils contrôlent un peu le contenu. Là, ils suppriment complètement. C’est plus violent que la censure. » L’extrême droite, poursuit-il, avance vite et fort. Elle se drape dans la légitimité des urnes pour justifier des politiques d’étouffement. « Ils disent : on a été élus pour prendre des décisions, on prend la décision de supprimer la culture. » Derrière l’apparence démocratique, Denis Lanoy voit une logique profondément antidémocratique : tarir les lieux où se fabrique la contradiction.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’élu nîmois, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit. »

    Tenir la digue

    À Nîmes, la nouvelle majorité promet des annonces en matière culturelle. Denis Lanoy reste prudent sur le détail, mais revendique une méthode : « favoriser le débat démocratique » et permettre « au plus de monde possible d’avoir accès à la culture ». Une ambition qui prolonge son combat de longue date contre la réduction de Nîmes à une simple carte postale romaine ou touristique. La ville, rappelle-t-il, est faite de « circulations, de métissages, de mémoires populaires, ouvrières, méditerranéennes. »

    Reste la question des moyens. Alors que l’État serre les collectivités à la gorge, Denis Lanoy prévient la gauche : céder sur les budgets culturels serait une faute historique. « Si nous ne tenons pas le cap de dire : coûte que coûte, on maintiendra les budgets culturels, le jour où on cède, la digue va péter et le RN s’engouffrera partout. » Dans ce combat, pas de neutralité possible : abandonner les théâtres, les bibliothèques, les festivals, les artistes et les lieux d’éducation populaire, c’est laisser le terrain libre aux récits réactionnaires, aux falsifications historiques et aux politiques de fermeture. À l’extrême droite qui rêve d’une culture triée, domestiquée ou supprimée, Denis Lanoy oppose une autre ligne : une culture vivante, populaire, conflictuelle, capable d’armer les consciences. Une culture qui ne demande pas la permission d’exister et qui défend « la richesse d’humanité de chacun ».

  • À Nîmes, l’ère Bouget démarre à hauteur d’habitants

    À Nîmes, l’ère Bouget démarre à hauteur d’habitants

    Il y a des mandats qui s’installent en douceur. Et puis il y a ceux qui prennent la ville à bras-le-corps, dès la première semaine, comme si le temps pressait. À Nîmes, celui de Vincent Bouget (PCF) a commencé le soir même de son installation, vendredi 27 mars, dans un Palais des Congrès rempli à craquer, jauge bousculée, des dizaines de personnes restées dehors. Ce premier conseil municipal ressemblait à une scène de bascule : l’ancienne ville LR s’asseyait face à la nouvelle majorité, et la foule venait vérifier, à hauteur d’humain, que l’alternance n’était pas qu’un score. D’abord, les leaders de l’opposition enchaînent les prises de parole. Julien Plantier promet « une opposition de terrain », Franck Proust une « opposition constructive », et enfin Julien Sanchez allume la mèche, annonce un recours, attaque la droite « la plus bête du monde » et prévient qu’il « ne laissera rien passer ». Puis le dépouillement ramène tout le monde au réel : 42 voix pour Vincent Bouget, correspondant à sa majorité, et 11 pour le RN. L’écharpe tricolore est remise dans l’émotion par Amal Couvreur, désormais première adjointe.

    Délégations, terrain, premiers signaux

    Dans son premier discours de maire, Vincent Bouget joue la hauteur et l’adresse directe : « Nîmes est une ville qui oblige. » Il promet de n’être « le maire d’un clan », parle de solidarité, de dignité, de quartiers, d’une ville méditerranéenne « où chacune et chacun compte ». Et très vite, il met un mot sur le fil rouge de son début de mandat : « Tout écouter, pour réussir. » Dans la foulée, il mène son premier conseil comme on tient une promesse d’efficacité : création de 22 postes d’adjoints, dont cinq tournés vers les quartiers, installation de la machine municipale, votes procéduraux, avec un RN qui choisit l’abstention systématique, façon de dire « nous surveillons » sans encore entrer dans le fond. La séance levée, place aux accolades, au buffet, et aux discussions avec les habitants : la politique, version « à portée de voix ».

    Dès les jours suivants, le nouveau maire s’attaque à ce qui, dans une mairie, fait tenir -ou craquer-un mandat : l’administration. La rencontre avec les agents municipaux devient un marqueur, presque un rituel inaugural. « Ce qu’on a fait pour la ville, on va le faire pour les agents », répétait-il pendant la campagne ; il l’a remis au centre. Rencontrer, écouter, rassurer, remettre de la confiance dans une administration marquée par 25 ans d’habitudes. Dans cette première semaine, l’image revient : Vincent Bouget et ses proches « au contact », comme un contre-modèle à la mairie forteresse.

    Dans le même mouvement, l’exécutif se structure. Le 1er avril, le nouveau maire dévoile l’architecture politique : 22 adjoints et 18 conseillers délégués, avec une idée martelée : transversalité, proximité, présence permanente. Amal Couvreur aux solidarités et à la prévention, Pierre Jaumain à l’urbanisme et au logement, Denis Lanoy à la culture, Bruno Ferrier aux sports, Nicolas Nadal à la sécurité, Maya Amer-Moussa aux « Places communes » et à la vie de quartier… Une équipe large, censée couvrir la ville quartier par quartier, et donner corps à la promesse de démocratie du quotidien.

    Sur le terrain, ces mêmes adjoints se mettent déjà en mouvement. Denis Lanoy représente la Ville à la Maison de Ma Région pour une inauguration culturelle avec l’École de la deuxième chance : un symbole de plus dans un mandat qui veut remettre la culture et l’éducation populaire au cœur. Dans le cadre du tournoi de tennis Bastide UTS organisé dans les Arènes les 3 et 4 avril, Vincent Bouget et Bruno Ferrier vont à la rencontre des enfants, plus de 300 élèves invités, ateliers, initiation, sport accessible à tous. Même si l’événement est hérité de la mandature précédente, la nouvelle équipe s’y montre : présence, transversalité, terrain.

    La semaine est aussi celle des premières mesures, modestes en apparence, significatives politiquement. Sur les épiceries de nuit, la nouvelle équipe met en œuvre l’arrêté pris sous Fournier : fermeture entre 22h et 6h dans un périmètre ciblé, pour six mois. Nicolas Nadal, nouvel adjoint à la sécurité, assume la ligne : répondre au « besoin d’apaisement », limiter les nuisances, réaffirmer un cadre. Un choix qui veut dire : pas de posture, mais du concret, même quand la mesure vient de l’ancienne majorité.

    Enfin, la semaine est faite de rendez-vous politiques : échanges avec Françoise Laurent-Perrigot, présence dans la ville, rencontres répétées avec les habitants. Les poignées de main, les discussions sur les marchés, les attentes qui tombent sans filtre (propreté, écoles, santé, sécurité, pouvoir d’achat) dessinent vite une évidence : la première semaine se joue à hauteur de rue, là où la parole remonte brute. C’est précisément dans ce va-et-vient entre institutions et terrain que Bouget choisit de frapper fort sur la sécurité. Le 31 mars, il rencontre le préfet Jérôme Bonet ; le 1er avril, deux courriers partent vers le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour réclamer une réponse « durable et structurée » dans un contexte local marqué par le narcotrafic. Le maire demande des renforts d’effectifs pour la police nationale, mais insiste surtout sur le nerf de la guerre : des moyens judiciaires à la hauteur pour que la réponse ne soit pas seulement ponctuelle. Il remet aussi sur la table un dossier attendu : la confirmation d’un poste de police à Pissevin, pensé comme un point d’appui partagé entre police nationale et police municipale. La nouvelle majorité le sait : elle est attendue au tournant, sommée de prouver qu’une gauche de proximité peut parler sécurité sans slogans.

    Une semaine, ce n’est rien. Et pourtant, à Nîmes, cette première semaine de mandat a déjà dessiné une méthode : ouvrir les portes, occuper le terrain, et envoyer des signaux aux agents, aux quartiers, à l’État, aux oppositions. La suite dira si l’élan tient. Mais le démarrage, lui, a un tempo : celui d’un mandat qui refuse de s’installer dans les bureaux.

    Les adjoints

    1. Amal Couvreur

    Première adjointe comprenant la solidarité, l’inclusion, la prévention et la sécurité. Assistante sociale de formation, figure de la société civile, vice-présidente du Département.

    2. Pierre Jaumain

    Adjoint à l’urbanisme et au logement. Patron du PS gardois, passé par des exécutifs locaux. Il porte un dossier explosif : logement, rénovation, vacance et rééquilibrage des quartiers.

    3. Sibylle Jannekeyn

    Adjointe au patrimoine municipal, à la rénovation énergétique et thermique des bâtiments communaux. Co-responsable des Écologistes, elle incarne l’axe sobriété.

    4. Bruno Ferrier

    Adjoint aux sports. Conseiller municipal sortant, ancien élu de l’époque Clary, vice-président du PRG dans le Gard. En charge d’un chantier massif sur les équipements sportifs.

    5. Soukaina Benjaafar

    Adjointe chargée de l’administration générale et à l’accès aux services publics. Juriste, présidente associative au Mas de Mingue. Elle symbolise l’entrée des quartiers populaires à l’hôtel de ville.

    6. Denis Lanoy

    Adjoint aux arts, à la culture, aux équipements culturels, et à l’éducation populaire. Homme de théâtre, responsable du PC nîmois. Il porte la ligne de la culture pour tous.

    7. Marianne Bernède

    Adjointe à l’égalité, au handicap et à la lutte contre les discriminations. Conseillère sortante, co-référente Génération.s, pour une délégation mêlant social et services publics.

    8. François Séguy

    Adjoint à la qualité des espaces publics et à la propreté. Élu d’opposition depuis 2014, figure de terrain chargée du quotidien.

    9. Corinne Giacometti

    Adjointe aux festivités et grands événements. Socialiste, ancienne élue de l’exécutif régional. En première ligne sur les temps forts (Feria, etc.) pour populariser et apaiser.

    10. Colin Gril

    Adjoint à la transition écologique. Agronome, ingénieur, écologiste : un profil technique pour traduire en actes le plan de végétalisation.

    11. Sylvette Fayet

    Adjointe à la tauromachie, à l’alimentation et à l’agriculture locale. Élue municipale depuis 1989, très identifiée sur la culture taurine et le lien ville-campagne.

    12. Nicolas Nadal

    Adjoint à la sécurité, tranquillité publique et prévention de la délinquance. Sapeur-pompier professionnel et responsable PS local.

    13. Cécile Jourdan

    Adjointe à la ville inclusive, au handicap et à la mobilité active. Ancienne travailleuse sociale : elle devra incarner la ville pour tous et les mobilités du quotidien.

    14. Pierre-Edouard Détrez

    Adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire. Ancien international de rugby, élu sortant de l’opposition : il hérite de la promesse de l’école comme priorité.

    15. Jo Menut

    Adjointe au social et au CCAS. Élue d’opposition sortante, très investie sur les politiques de solidarité.

    16. Laurent Mespoulet

    Adjoint au développement économique, tourisme, emploi et insertion. Socialiste, ancien directeur de développement : un portefeuille clé dans une ville marquée par le chômage et la bataille de l’attractivité.

    17. Sabine Oromi

    Adjointe à la jeunesse. Communiste, professeure d’espagnol, syndiquée : elle porte la promesse de redonner du pouvoir aux jeunes.

    18. Gilles Guillaud

    Adjoint aux finances et affaires juridiques. Fonctionnaire d’État, passé par la préfecture du Gard : l’homme des arbitrages budgétaires.

    19. Maya Amer-Moussa

    Adjointe aux places communes et vie de quartier. Enseignante et syndicaliste : chargée de déployer le projet dans les quartiers.

    20. Emmanuel Bois

    Adjoint aux commerces, foires, marchés et halles. Professeur, ex-responsable FSU : au cœur des dossiers sensibles du centre-ville.

    21. Catherine Fénech

    Adjointe à la santé publique et environnementale. Médecin de PMI : elle pilote une urgence nîmoise, l’accès aux soins.

    22. Jean-Yves Chabanel

    Adjoint au personnel et à la sécurité des bâtiments communaux. Professeur d’éco-gestion : dédié à l’administration et aux agents.

  • Créer une culture nîmoise vivante…

    Créer une culture nîmoise vivante…

    Fondateur du Triptyk Théâtre, metteur en scène et figure reconnue du paysage culturel nîmois, Denis Lanoy ne conçoit pas la culture comme un supplément d’âme ni comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le socle même de l’action politique. Engagé de longue date aux côtés de Vincent Bouget, Leader de la liste municipale Nîmes en commun rassemblant la gauche sociale et écologiste, communiste convaincuil défend au sein de Nîmes en commun une ambition culturelle claire et assumée : « Il n’y a pas de réflexion politique sans réflexion culturelle ».

    Dans un contexte de désengagement massif de l’État et de fragilisation du monde artistique, la situation nîmoise apparaît, à ses yeux, préoccupante. « La culture est souvent le premier domaine, avec le sport, où les aides publiques sont retirées », constate-t-il. À Nîmes, le diagnostic est sans appel : l’absence de politique culturelle clairement définie par la municipalité actuelle. « Il n’y a pas aujourd’hui de politique publique de la culture à Nîmes. C’est cela qu’il faut remettre en question. » Cette carence a des conséquences concrètes : précarisation des associations, fragilité des artistes, manque de lisibilité pour les pratiques amateurs comme professionnelles, et une politique éducative artistique jugée trop timide. Pour Denis Lanoy, une politique culturelle digne de ce nom doit embrasser l’ensemble de ces dimensions : soutien à la création, éducation artistique, accès aux savoirs, reconnaissance du patrimoine dans toutes ses strates.

    Doubler la capacité d’accueil du conservatoire

    Car c’est aussi là que se joue une autre critique majeure : la réduction de Nîmes à une « ville-musée », tournée presque exclusivement vers sa romanité et son attractivité touristique. « On ne peut pas réduire Nîmes à une carte postale », insiste-t-il, rappelant la richesse de l’histoire médiévale, moderne et contemporaine de la ville, trop souvent reléguée au second plan. Du menhir de Courbessac aux fresques du XIXe siècle de l’église Saint-Paul, en passant par le patrimoine du XXe siècle, c’est toute une mémoire urbaine que Nîmes en commun souhaite réinvestir avec et pour les habitants.

    Le metteur en scène va plus loin : « Nîmes est un carrefour méditerranéen. Elle reçoit des influences venues du sud, de l’est, de l’ouest, et les transforme. Ce n’est pas une identité figée, c’est une richesse faite de circulations, de croisements et de métissages ». Une vision en rupture avec les discours identitaires, qu’il associe aux logiques de repli et aux offensives de l’extrême droite contre le savoir, la recherche et la liberté d’expression. Défendre une culture ouverte, plurielle, traversée par les contradictions, devient alors un véritable rempart démocratique. « La culture, ce n’est pas pour me sentir seulement Nîmois, c’est pour me sentir un être humain », résume-t-il.

    Cette ambition culturelle repose sur une méthode claire : la concertation. Avec la création d’un office culturel municipal, Nîmes en commun entend bâtir une politique coconstruite avec les acteurs et les habitants, afin de « mettre les expériences, les envies et les projets en commun ». Fondée sur la confiance accordée aux artistes, cette vision se cristallise dans un dossier emblématique, celui du conservatoire : face à un projet municipal qui organise le rétrécissement, le collectif défend un nouvel équipement capable de doubler sa capacité d’accueil et de viser un conservatoire à rayonnement régional. Une « cité de la musique » pensée pour le long terme, qui tranche avec la logique de vitrine et d’austérité, et affirme un choix politique clair : faire de la culture un service public essentiel, au cœur du projet démocratique nîmois.

  • « Nîmes en commun », une liste progressiste aux 59 visages

    « Nîmes en commun », une liste progressiste aux 59 visages

    Sous le soleil blanc de janvier, la place de la Calade avait des allures de meeting de lancement. Ce dimanche 25 janvier, devant le théâtre Bernadette-Lafont, Vincent Bouget a officiellement présenté les 59 colistiers de la liste Nîmes en Commun, en vue des municipales des 15 et 22 mars. Près d’un millier de personnes, une peña, des applaudissements nourris : la démonstration se voulait festive.

    « Nîmoises, Nîmois, voici votre équipe ! » lance le candidat communiste, empruntant la formule aux speakers du stade Jean-Bouin. Le ton est donné. « Ce n’est pas un casting politique, pas une élite hors-sol », insiste-t-il. « C’est une équipe qui se connaît, qui travaille ensemble depuis des mois, composée de femmes et d’hommes issus de tous les quartiers. » Pour la première fois dans l’histoire des municipales nîmoises, une liste bénéficie du soutien des dix principales formations de la gauche sociale, écologique et citoyenne. Elle va du PCF à Génération.s en passant par EELV, le PS, les Radicaux de gauche ou Place publique de Raphaël Gluscksmann. Elle compte aussi environ un tiers de citoyennes et citoyens souvent issus du mouvement associatif ou syndical. Seule La FI manque à l’appel.

    « Voici votre équipe »

    En deuxième position sur la liste, on trouve Amal Couvreur, conseillère départementale et régionale, très applaudie. Elle promet : « Ils se sont occupés de Nîmes. Nous allons nous occuper des Nîmoises et des Nîmois, du plus jeune au plus âgé. » Dans les dix premières places figurent notamment Pierre Jaumain (PS), Sibylle Jannekeyn (Écologistes), Bruno Ferrier (PRG), Soukaina Benjaafar (présidente associative au Mas de Mingue), Denis Lanoy (PCF), Marianne Bernède (Génération.s) ou encore Dimitri Pialat, ancien responsable de supporters du Nîmes Olympique. Plus loin dans la liste apparaissent de nombreuses figures locales en position éligible : l’ex-élu François Séguy, Jo Menut, Chloé Ridel, Nicolas Cadène, Christian Bastid, ou encore plusieurs enseignants, médecins, travailleurs sociaux, syndicalistes et responsables associatifs. Pour fermer la marche, en 59e position, le dessinateur de presse Eddie Pons. Vincent Bouget a également durci le ton : « Soyons vigilants face à ceux qui sont prêts à tout pour ne pas perdre le pouvoir et ceux qui, trumpistes déclarés, sont prêts à tout pour s’en emparer. » Avant de marteler : « Nîmes ne se relèvera pas sans justice sociale, ne respirera pas sans écologie, ne se réparera pas sans démocratie locale ».

  • Quand des vies simples deviennent poétiques

    Quand des vies simples deviennent poétiques

    « J’ai versé ma larme », confie Raymonde, 85 ans, en découvrant sa vie racontée par un autre. Ce mardi 16 septembre, l’association la Table ouverte recevait habitants, bénévoles et curieux pour présenter Raconte-moi ton histoire, un ouvrage écrit par Denis Lanoy, directeur de la Maison théâtre des littératures à voix haute.

    Fruit de huit rencontres, ce recueil rassemble neuf dialogues, retranscrits au plus près de l’oralité. Des existences parfois minuscules en apparence, mais qui, à travers les mots, révèlent une richesse insoupçonnée. Sous les voûtes du train, au cœur des nouveaux lieux d’entraide créés par la Table ouverte – épicerie sociale, friperie, ressourcerie – les participants ont écouté l’auteur lire des extraits. « C’est dans les interstices et les silences de nos rencontres que naît la poésie », sourit Denis Lanoy, qui dit avoir voulu restituer la force brute de l’oral.

    « On s’est parfois raconté des choses qu’on ne se serait pas dites sinon », observe Pietro Truddaiu, président de l’association. Lui-même a dialogué avec Lou, un jeune handballeur : « Je n’avais jamais vu de match, depuis, je suis allé trois fois voir l’Usam », plaisante-t-il. Une rencontre féconde : le club nîmois s’est engagé à soutenir Table ouverte en organisant des collectes. Mais au-delà de cette belle complicité, le livre témoigne d’un projet
    qui mobilise largement. Institutions, associations et habitants ont uni leurs forces pour le rendre possible : la CAF a apporté son soutien, tandis que la Politique de la ville, à travers la Ville, le Département et l’État, a contribué à son financement.

    À travers ce livre, l’association poursuit son travail d’ouverture, de lutte contre l’isolement et de création de passerelles. « L’homme ne se nourrit pas que de pain », insiste Pietro Truddaiu, rappelant que ce projet s’inscrit dans une dynamique culturelle plus large : spectacles, cinéma de plein air, expositions, sorties collectives… « On veut aider à sortir de ces journées grises qui parfois se résument à se nourrir, le loyer, le chômage. » Deux lectures publiques ont déjà permis à d’autres de découvrir l’ouvrage à la Maison théâtre des littératures à voix haute. D’autres sont prévues en décembre, dans le quartier Richelieu.

    * L’ouvrage est disponible à l’association, Arche n°3 du boulevard Talabot (éditions Sansouire, 5 euros)

  • La saison du Triptyk théâtre est lancée

    La saison du Triptyk théâtre est lancée

    Comme beaucoup de structures dans la culture, le Triptyk théâtre à Nîmes n’a pas été épargné par les difficultés financières. Sans assurance de toucher certaines aides de l’État, son directeur, Denis Lanoy a préféré pérenniser l’avenir en s’appuyant quasiment exclusivement sur des lectures. « Nous n’avons pas de difficultés financières », rassure le metteur en scène. Finalement, les aides seront bien reçues et Denis Lanoy espère reprendre une programmation normale avec la venue d’écrivains et d’artistes début 2026.

    En attendant, il a conçu un programme avec de nombreuses lectures d’auteurs connus pour faire découvrir des écrits oubliés ou faire redécouvrir des classiques. Ce sera le cas jeudi 25 septembre (19h) avec une soirée consacrée à Marguerite Duras, lue par Denis Lanoy et Bruno Paternot. « Bruno lira des textes et moi je lirai des interviews. Cela donne un éclairage très intéressant sur son œuvre et son travail », explique Denis Lanoy.

    Hommage à Rouquette

    Le programme se poursuit le jeudi 2 octobre avec « Raconte-moi ton histoire », un recueil de portraits écrits par Denis Lanoy lors de ses passages chez l’association Table Ouverte. Un autre monument de la littérature sera lu le 9 octobre avec Fédor Dostoïevski. Ce soir-là, pas question de s’attaquer à Crimes et châtiments ou Les frères Karamazov, Denis Lanoy ayant prévu de faire découvrir des nouvelles moins connues : « C’est très drôle. Il existe plusieurs récits de Dostoïevski très vaudevillesques. »

    Après trois soirées consacrées à Suzanne Césaire le 16 octobre, à Murasaki Shikibu le 6 novembre et à Emmanuel Levinas le 13 novembre, le Triptyk théâtre innove avec un « marathon littéraire » où sera lu L’Odyssée d’Homère les 20 et 21 novembre (19h-21h) ainsi que le samedi 22 (de 15h à 19h).

    Le 27 novembre, une soirée hommage sera rendue à Max Rouquette, au cours de laquelle seront lus les extraits des meilleurs récits de l’auteur occitan. Une autre nouveauté sera proposée le 11 décembre, avec un karaoké littéraire où chacun pourra venir lire (chanter, crier, jouer) l’un des textes sélectionnés. Puis, l’année se terminera le 13 décembre par le marché de Noël dans la cour du Prolé, où seront réunis plusieurs auteurs et des maisons d’éditions gardoises.