Tag: démolition

  • Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Filiale de la caisse des dépôts et consignation, CDC Habitat, premier bailleur de France, compte poursuivre sa dynamique en région Paca. En 2025, 1 919 logements neufs ont été livrés, indique son directeur, Pierre Fournon, qui espère maintenir « ce train d’activité soutenu ». Dans un contexte de demande « forte » dans le locatif, « nous avons la volonté de continuer à produire de manière forte tout en travaillant sur notre patrimoine » poursuit-il. Au sein de son parc de 29 987 unités, le bailleur panache logements sociaux, intermédiaires et libre moyennant 422 millions d’investissements en 2025. Des logements répartis de Menton à Fos-sur-Mer, essentiellement « sur la frange littorale et le long des axes autoroutiers », précise le directeur interrégional.

    Démolition, construction, rénovation, l’entreprise sociale mène de front différents projets au fil des politiques publiques locales. On la retrouve notamment à Marseille sur un « recyclage d’habitat dégradé » à Saint-Mauront, avec une quarantaine de logements sociaux qui devraient être livrés à l’automne. Dans le cadre d’une concession d’aménagement pour le compte de la Métropole Aix Marseille, CDC Habitat est aussi partie prenante de la réhabilitation du parc Corot, vaste co-propriété dégradée, de six bâtiments. Le bâtiment A a été démoli, la tour C va suivre d’ici septembre-octobre.

    De la ville sur la ville

    À la Maurelette, un contingent de 756 logements, CDC Habitat va passer la main, la résidence faisant partie des quatre ORCOD-IN sur Marseille, un programme massif de travaux destiné à lutter contre le logement indigne par le biais d’une convention entre État, Ville de Marseille, Métropole, Agence nationale de l’habitat et Établissement public foncier.

    Sur son patrimoine, le bailleur « essaie de reconstruire de la ville sur la ville car le foncier est rare », précise Pierre Fournon. Comme Boulevard Schloesing (9e), où 56 logements vont être détruits pour en remettre 67 sociaux et intermédiaires. à Aix-en-Provence, la résidence Bellevue va passer de 42 à 100 logements.

    Pour ses 199 logements rénovés en 2025, CDC Habitat a aussi fait dans le qualitatif en agissant sur le confort thermique, à Roquefort-la-Bédoule, ou en tentant la peinture réfléchissante sur le toit terrasse à Canto-Perdrix, à Martigues.

  • À quand la fin du calvaire de la « dame de fer » de Borély ?

    À quand la fin du calvaire de la « dame de fer » de Borély ?

    C’est l’Arlésienne du patrimoine en péril. Depuis plus de vingt ans, on annonce, on promet, on applaudit sa restauration prochaine. Les délibérations, les appels d’offres, les communiqués se succèdent annonçant études préliminaires, diagnostics et plans de sauvetage de la grande serre en péril du jardin botanique du parc Borély, avenue Clot Bey (8e). Cette fois, c’est bon mais, encore un petit peu de patience.

    Cette pyramide de métal et de verre de 200m² est un témoignage précieux des techniques de ferronnerie puddlée de la fin du XIXe siècle. L’ouvrage gracieux de style Baltard, surmonté d’un chapiteau central avec des lanterneaux était à l’origine le jardin d’hiver du château de Montcalm près de Vauvert en Camargue, l’espace de réception de la richissime famille Noilly-Prat. C’est Edmonde Charles-Roux qui souffla l’idée à Gaston Defferre de la sauver du château en ruine. Ce fut fait en février 1982 avec un chèque de 500 000 francs. Démontée, transportée à Marseille, remontée et surtout adaptée en serre tropicale, la « dame de fer » a été inaugurée en mars 1984 avec une exposition d’orchidées.

    Redonner sa destination de serre botanique

    Par manque d’entretien, l’édifice s’est lentement dégradé. Depuis 22 ans, il est interdit au public pour des raisons de sécurité. En mars 2006, le conseil municipal avait voté un budget, porté en 2010 à 350 000 euros. Puis rien ne s’est passé comme prévu. L’appel d’offres n’a pas eu de suite. La Ville a alors déposé en douce en octobre 2015 un permis de démolir, stoppé net par les Affaires culturelles. La Ville a ensuite vite promis aux crédules que sa restauration serait vite achevée en novembre 2019. Six mois plus tôt, l’agence Fabrica Traceorum avait rendu un sérieux rapport de diagnostic sur son piteux état. Une ligne budgétaire de 2 millions d’euros lui a été consacrée pour la recycler en halle pour des expositions temporaires. Vu le montant de l’ardoise pour la sauver, l’adjointe aux parcs et jardins, Nassera Benmarnia, a revu le projet pour lui redonner sa destination originelle de serre botanique et l’ouvrir pleinement au public toute l’année. Une maîtrise d’œuvre a alors été lancée en mars 2023 confiée à un groupement d’entreprises piloté par l’atelier d’architecture Ugo Nocera, primé pour son projet de restauration et aménagement du phare de l’Espiguette. Un permis de construire a été délivré en février 2026 pour la « restauration complète » de la serre, validé par la Conservation régionale des monuments historiques, l’ouvrage bénéficiant de la protection attachée depuis septembre 2024 à la totalité du domaine Borély. C’est ce qui la sauve.

    Parcours de valorisation des plantations

    Quarante-trois ans après son remontage à Borély, « le cœur du projet, c’est le démontage intégral de la structure métallique. Elle sera nomenclaturée, traitée, renforcée et remontée sur de nouvelles fondations », explique l’architecte du patrimoine Ugo Nocera conscient des aléas et de la complexité de l’opération. « C’est un ouvrage très intéressant, bien dessiné, très proportionné. Il ne fait aucun doute que d’un point de vue historique, on est vraiment dans les premières structures en fer puddlé très pur, obtenu à partir de fonte brute, une période qui n’a pas duré longtemps avant de passer à l’acier. » 90% de cette charpente à valeur patrimoniale avec ses douze colonnettes en fonte seront conservés, décapés, renforcés et traités contre la corrosion. Les éléments irrémédiablement détériorés seront recréés. Toute l’opération vise à lui restituer « son intégrité architecturale, structurelle et fonctionnelle » tout en assurant sa mise aux normes, son accessibilité PMR avec désormais deux entrées et sa pérennité.

    Un nouveau système de chauffage par pompe à chaleur assurera une température stable toute l’année. Le sol en terre cuite sera constamment mouillé par un système d’arrosage qui maintiendra une ambiance humide. Les façades vitrées seront reconstruites à l’identique. L’espace intérieur sera réaménagé par l’architecte scénographe Flavio Bonuccelli afin d’offrir aux visiteurs un parcours de valorisation des plantations disposées autour d’un espace central de pleine terre. Ainsi après neuf à douze mois de chirurgie, la belle endormie renaîtra. Faudrait-il encore que le marché public de travaux sorte un jour. Encore une année ou deux de patience.

  • Une des sept arches enfin restituée sur SeaOne

    Une des sept arches enfin restituée sur SeaOne

    Huit ans après la destruction scandaleuse des sept arches encastrées dans un mur de l’ancienne usine Giraudon que le promoteur Sud Rea s’était engagé à démonter soigneusement « pierre par pierre » pour les restituer en façade de l’immeuble de standing SesAone dessiné par Ricciotti, une arche vient enfin d’être remontée cette semaine.

    Suivant les injonctions de l’Architecte des bâtiments de France dans le 5e modificatif du permis de construire, l’arche a été remontée à partir de blocs de pierre retaillée que le promoteur stockait depuis des années sur le parking de sa société près d’Aubagne. Les recherches historiques menées sur le site du second lazaret de Marseille ont déconstruit la légende qu’il s’agissait des arcades des écuries de l’Impératrice Eugénie. Selon l’archéologue anthropologue Nathalie Cazals, ce sont les vestiges du projet lancé en 1858 du premier complexe balnéaire dessiné par Henry-Jacques Espérandieu et avorté en 1870 avec la chute de l’Empire, comme l’a dévoilé un dessin de l’architecte retrouvé aux archives.

    Cette restitution a minima d’une arche était un des points traités par le protocole transactionnel signé le 3 juin 2024 entre la Ville et le promoteur Hubert Attali au terme d’une médiation après le constat d’infractions à l’urbanisme et de différends sur l’interface avec la plage. L’arche se fond dans l’ensemble, les pierres ont été retaillées après avoir été abîmées lors de la démolition brutale du 7 novembre 2018. La pierre a depuis séché et ne devrait pas produire ce calcin qui colore la surface.

    Cachées par des barrières métalliques séparant la plage de l’immeuble, d’autres arcades ont été mises en sécurité. Il s’agit de celles sur laquelle reposait la grande dalle de béton de 1 370m2 qui a été déconstruite et qui correspondait à l’ancien établissement « Le Réal Club » rasé en 2015. Cette arcature de 1860 doit être également préservée ou au moins restituée suivant l’état de certaines arcades dans le cadre du « projet de valorisation globale de l’anse des Catalans » lancé sous Jean-Claude Gaudin et repris par Benoît Payan. « On conserve les arches parce qu’elles dessinent la plage et qu’elles sont la mémoire historique des lieux. C’est une attente forte des architectes des bâtiments de France et nous y tenons » déclarait en février 2021 Hervé Menchon, l’adjoint au littoral.

  • Kalliste : top départ de la démolition du bâtiment G

    Kalliste : top départ de la démolition du bâtiment G

    Grilles métalliques et engins de chantier ont fait leur apparition au pied de l’immense bâtiment G de la cité Kalliste, ce mardi, pour le début des travaux de démolition. Des travaux quasi dantesques, pour une durée de plusieurs mois, qui doivent aboutir à la disparition totale de cet emblématique ensemble des quartiers Nord et ses 129 logements des années 60, minés par un habitat dégradé et l’insécurité. « C’est un symbole qu’il faut casser », commente Kader Benayed, porte-parole du collectif KGBS qui rassemble des habitants des quartiers de Kalliste, Granière, Bourrely et Solidarité, sur le parking du centre commercial du quartier, à quelques mètres de la barre. « On a souvent dénoncé l’absence d’écoute, l’inertie et l’immobilisme qui a duré pendant des années. Là, ça avance bien. Il faut saluer l’action des pouvoirs publics, il y a une volonté d’agir, c’est important d’avoir des travaux », explique celui qui travaille au centre hospitalier Édouard-Toulouse, non loin du parc Kalliste.

    Réda, habitant du quartier, s’arrête pour taper la discute après deux coups de klaxons en direction du porte-parole. Lui aussi est unanime : « Il y en avait besoin ! Depuis le temps qu’on attendait ! Il faut une remise à niveau de toutes les cités. » Et de tacler : « Les rénovations, ça va plus vite dans le centre-ville. » Kader Benayed abonde : « Il y a des questionnements légitimes qui se posent : le passage de nombreux camions, un travail sur la voirie à faire… Kalliste, c’est une longue histoire qui ne va pas se terminer avec la démolition du G. »

    « On veut ouvrir

    le quartier »

    Des attentes auxquelles se montre particulièrement attentive Audrey Gatian, présidente de Marseille Habitat et adjointe (PS) au maire de Marseille, qui rappelle que le chantier se fait dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). « C’était une copropriété privée, on a dû racheter appartement après appartement pour avoir la main, ça a pris du temps », explique-t-elle. Avant de rassurer sur le calendrier des travaux : « D’abord on commence par enlever les volets, portes, fenêtres, tout un travail de récupération de ce qu’il y a l’intérieur avec désamiantage… ça va prendre trois mois, Avant de grignoter la tour avec une grue. » Elle insiste surtout sur le devenir du parc Kalliste qui nourrit tant d’espoir chez les habitants : « On veut ouvrir le quartier, le reconfigurer, avec des voiries refaites, un parc, des équipements publics, des écoles… Des logements, privés et sociaux, neufs et qualitatifs vont être reconstruits. » Nouveaux espaces arborés, city-stade, aires de jeux pour les minots, fontaines et « 50 logements sociaux à l’emplacement du bâtiment G » sont dans les tablettes.

    Comme un symbole, à quelques dizaines de mètres du bâtiment G, des ouvriers travaillent sur le chantier de construction de deux nouvelles écoles pour le parc Kalliste.

  • Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le préfet de région Jacques Witkowski a indiqué mercredi lors d’un point presse vouloir relancer la lutte contre l’habitat indigne. « C’est une volonté collective, un engagement et une vraie préoccupation presque philosophique de ma part », a signifié le préfet fort d’une culture opérationnelle sur le sujet.

    Le diagnostic est sombre. « On voit bien quand on traverse la ville que nombre d’habitats ne sont plus aux normes du temps et dans ce lot, certains sont incompatibles avec de l’habitat digne. La catastrophe de la rue d’Aubagne a été l’exégèse et un détonateur pour tous. On a un taux d’indignité de logements considérable », observe le préfet pour qui « la réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements indignes identifiés dans les Bouches-du-Rhône ».

    D’où la « volonté politique interne » affichée d’avancer et de « travailler en synergie ». Si un regain notable est observé sur les arrêtés préfectoraux de traitement de l’insalubrité (70 nouveaux arrêtés lançant la procédure publiés en 2025 dont 39 à Marseille), le constat d’une dispersion des compétences entre les différents services (ARS, DDTM, etc.) pèse, « là où il faudrait au contraire les regrouper avec tous les moyens budgétaires comme je l’ai fait en Seine-Saint Denis », a lancé le préfet. À peine débarqué, il a créé à titre expérimental une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire.

    Le préfet veut mobiliser des services opérationnels comme les pompiers, les policiers, les gendarmes, les agents EDF-GRDF, les opérateurs de fibre pour remonter des alertes. « J’ai souhaité qu’on s’intéresse aux agences de location qui louent sciemment des locaux inhabitables en l‘état », dévoile le préfet qui « sans vouloir jeter l’anathème sur une profession » annonce une campagne de « contrôles au titre de la répression des fraudes car les agences sont responsables de ce qu’elles proposent à la location ».

    « Pas de cadeau, pas de quartier ! »

    Les services fiscaux sont mis dans la boucle. « Un propriétaire déviant, on va lui faire la totalité des urines comme on disait au XVIe siècle. Pas de cadeau, pas de quartier comme on disait au temps des corsaires. Le fisc doit s’intéresser à ces gens mais aussi la justice, la répression des fraudes, la préfecture bien sûr, les communes, les bailleurs sociaux », poursuit le représentant de l’État qui sait que « les outils ne sont pas encore totalement parfaits ». Le relogement des victimes d’habitat indigne reste problématique en cas de carence des propriétaires, les occupants n’étant pas prioritaires dans les dispositifs. « C’est un sujet ancien. On s’organise pour avancer collectivement. »

    À propos de la mise aux enchères par les Domaines sur la plateforme Agorastore d’une cave proposée à l’habitation (la Marseillaise du 29 janvier). « C’est complètement dingue, je ne peux pas le dire autrement, réagit le préfet. On ne cautionne absolument pas ce genre de choses. Ce n’est pas possible qu’en voulant bien faire, on se prenne les pieds dans le tapis. »

    S’agissant des projets de rénovation urbaine, le préfet sait combien ils suscitent « beaucoup d’attente assez frustrante », mais que « là les grues arrivent. 2026 sera une année importante ». Les Bouches-du-Rhône comptent 19 projets Anru dont 10 à Marseille pour un montant global de 850 millions d’euros. À ce jour, on est à 82% des engagements de crédit avec fin juin 2026 comme date butoir. « Les projets sont à peu près stabilisés. La métropole et les villes sont en train de caler les cahiers des charges et les calendriers pour le choix des maîtres d’œuvre », signale la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard. « Nous allons passer au premier trimestre à la démolition de la tour B de Campagne Lévèque. » Suivront la Bricarde et la Castellane. Pour anticiper des difficultés liées aux points de deal et aux vols sur les chantiers, un travail est en cours pour doper les marchés publics de clauses d’insertion sociale.

  • Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Un agent immobilier et sa SCI ont été reconnus coupables de soumission de personne vulnérable à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine et refus de relogement du jeune occupant de la cave située 48 rue Curiol (1er) à Marseille, définitivement interdite à l’habitation par arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Christian Castel, 67 ans, qui avait boudé son procès et n’était pas non plus présent, mardi, au délibéré, a écopé de 2 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Son bien immobilier est confisqué. Il lui est fait interdiction d‘acheter tout bien immobilier à usage d’habitation pendant trois ans. La SCI dont il est le gérant est condamnée à 20 000 euros d’amende mais avec sursis. La Ville, partie civile dans les procès d’habitat indigne, se voit allouer 1 000 euros au titre du préjudice moral et 1 500 euros pour ses frais de justice.

    « Il devait être aux abois »

    S’assurant une rentabilité de 25%, le propriétaire louait 300 euros par mois dont 20 euros de charge et 40 euros d’électricité depuis 4 ans cette cave humide achetée en 2010 pour 15 000 euros et pourtant décrite dans le règlement de copropriété comme un « local indépendant à usage commercial ». Le lot de 17 m² était composé d’une pièce principale de 9 m² et d’une salle d’eau de 2,6 m², équipé d’une petite fenêtre en soupirail donnant à même le trottoir de la rue. Après signalement par le syndic aux autorités, un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris le 13 novembre 2024 interdisant définitivement ce « local impropre à l’habitation compte tenu de l’éclairement naturel insuffisant ». Le bail indiquait mensongèrement que le local faisait 30 m² et présentait la location comme meublée alors qu’aucun meuble n’était fourni, mis à part un chauffage, une plaque et un petit frigo.

    Pour le tribunal, la vulnérabilité du locataire est patente, s’agissant d’un jeune homme de 22 ans en grande précarité sociale et économique, arrivé seul et mineur en France et auparavant logé dans des foyers d’urgence. Le propriétaire ayant même déclaré en audition « il devait être aux abois pour prendre quelque chose comme ça ». Après un passage en hôpital psychiatrique, le jeune a été relogé par un bailleur social.

    Christian Castel est propriétaire de 9 logements en plus du sien. Il tire de son patrimoine un revenu locatif de 3 660 euros par mois. La police a visité trois de ses logements rue Fortuné-Jourdan, rue Sainte-Thérèse et rue Docteur Laennec notant que certains d’entre eux étaient « proches de l’insalubrité ». Il est par ailleurs l’objet d’une enquête pour la location d’une autre cave au 100 rue Saint-Savournin frappé aussi d’un arrêté d’insalubrité et où vivait jusqu’à 4 migrants. L’année 2025 a connu un regain de prise d’arrêtés préfectoraux d’insalubrité dans les Bouches-du-Rhône. L’analyse de 140 des 187 arrêtés publiés à ce jour au recueil de la préfecture permet de préciser que 89 arrêtés engageaient la procédure à l’encontre de propriétaires sur tout le département dont 43 à Marseille. 44 arrêtés ont acté la fin de la procédure après constat de travaux réalisés ou de démolition. Sept arrêtés ont prononcé des astreintes jusqu’à 200 euros par jour.

  • [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    La SPLA-IN remet debout ses premiers immeubles

    La société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix-Marseille-Provence a réceptionné en ce dernier trimestre 2025 les travaux de gros œuvre des 34, 36, 38 et 40, rue Jean-Roque (6e) à Noailles. Désormais, le second œuvre (sols, cloisons, plomberie, électricité) est lancé pour y aménager 16 logements sociaux confiés au bailleur Vilogia. Le gros œuvre se termine au 50-52, rue de la Joliette. D’autres chantiers des deux premiers appels à manifestations d’intérêt ont démarré au 30, rue du Musée, 4, 6 et 7, rue Nationale, 23, rue des Petites Maries, 28, montée des Accoules, 1 et 2, rue Puits Baussenque, 1, rue Porte Baussenque. La livraison des premiers immeubles entièrement réhabilités interviendra à l’automne 2026. Les travaux de démolition de la pointe de l’îlot Hoche Kléber (80 au 88, rue Hoche et 107/109, rue Kléber prolongée) vont débuter. La démolition est achevée des immeubles irrécupérables des 166, 168, 170, rue Félix-Pyat et des 33, 35, 37, rue Hoche.

    Après avoir élaboré
    un modèle
    d’intervention réplicable qui satisfait les exigences architecturales, patrimoniales, environnementales, la SPLA-IN détenue à 59% par l’État, 35% par la Métropole et 6% par la Ville de Marseille, est désormais totalement lancée dans l’opérationnel pour recycler 182 immeubles dont 116 immeubles sur les quatre îlots prioritaires démonstrateurs, couvrant plus de 17 hectares de terrain. Son budget prévisionnel reste à 256 millions d’euros. « C’est une cordée, une chaîne d’acteurs, un modèle unique et innovant. On créé une nouvelle grammaire de la réhabilitation du centre de Marseille », résumait Franck Caro, le directeur général de la SPLA-IN en guidant la ministre du Logement, Valérie Létard, sur ses chantiers.

    Ce mois-ci, alors que le lieu-ressource est en cours d’aménagement sur le site des effondrements du 5 novembre 2018 et que le 61, rue d’Aubagne a été conforté, que le 69 a été démoli, le marché unique de travaux est lancé pour la réhabilitation des huit immeubles au 61, 71, 73, 75, 77, 79, 81 et 83, rue d’Aubagne. La signature des marchés est prévue pour mars 2026 avec un calendrier de 17 mois de travaux et une réception attendue en juillet 2027. Lauréat du second appel à manifestations d’intérêt, le bailleur social Erilia prendra en charge, en co-maîtrise d’ouvrage, la réhabilitation des immeubles du n°71 au n°83 pour produire 24 logements sociaux majoritairement en PLAI.

    Rue d’Aubagne : un jugement incompris

    Le procès qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024 a été à la mesure de l’onde de choc politique et humaine que continue de susciter ce drame historique de l’habitat indigne. 12 personnes et 4 sociétés ont fait face durant 6 semaines à leurs juges dans ce procès hors-norme pour rendre justice aux huit victimes de la rue d’Aubagne. Mais le délibéré rendu le 6 juillet 2025 a été une douche froide pour les familles. Les 102 parties civiles n’ont pas compris certaines relaxes ni la tiédeur des peines infligées alors que la faillite de toute la chaîne des responsabilités a été pleinement démontrée lors des débats. L’incurie systémique des propriétaires, du syndic, des agents municipaux, de l’expert judiciaire, du bailleur public, avait pourtant sauté aux yeux. Le procès en appel est d’ores et déjà très attendu. Il se tiendra du 2 novembre au 19 décembre 2026 dans la salle bien nommée des procès hors-norme de la caserne du Muy.

    D.C.

    12 mai : les Zennou, marchands de sommeil XXL, sont condamnés

    Ce jour-là, Raphaël Zennou, 86 ans, écope de 4 ans de prison dont un an sous bracelet. Il louait plus de 60 taudis à Noailles et Belsunce aux plus vulnérables. Les comptes du couple et deux immeubles sont confisqués soit plus de 1 million d’euros. Ils ont fait appel.

    D.C.

    Airbnb, la fête est finie, Marseille est passée à l’offensive

    Après avoir fourbi ses armes, la Ville est passée cette année à l’offensive judiciaire pour tenter d’endiguer la jungle des meublés touristiques qui aggrave la crise du logement.

    Dans une ville où l’habitat dégradé frappe plus de 100 000 habitants pris au piège de 40 000 taudis, où près de 13 000 annonces de meublés touristiques fleurissent sur les plateformes en ligne dont plus de la moitié sont en violation du règlement édicté par la Ville, l’assignation exemplaire de trois multipropriétaires en infraction devant le tribunal judiciaire le 24 novembre est un tournant. Le cynisme triomphant du chirurgien de Périgueux narguant la mairie avec son « c’est Marseille bébé » était devenu intolérable, insupportable aux Marseillais qui peinent à se loger. Un des spéculateurs a même osé exploiter un meublé saisonnier dans un immeuble frappé d’un arrêté de péril.

    La Ville a réclamé une amende civile de 2,4 millions d’euros à l’encontre de trois gros propriétaires et de la conciergerie de l’un d’eux, pour n’avoir pas déclaré le changement d’usage de leurs 24 logements touristiques. Le tribunal judiciaire rendra son délibéré le 2 février 2026.

    L’arsenal réglementaire s’était considérable étoffé. La fête est finie. La municipalité a renforcé en février 2025 sa réglementation qui ne permet plus à ses investisseurs en nom propre ou via des sociétés de louer en courte durée leur soi-disant résidence secondaire, sauf à créer un logement classique en compensation dans le même secteur. Et au 1er janvier 2026, il sera interdit de louer plus de 90 jours par an contre 120 jours. 300 mises en demeure ont été adressées. L’offensive judiciaire n’est qu’à son début.

    D.C.

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »

  • Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Quoi de mieux pour échapper aux poursuites que de mettre à néant la procédure. Ce fut le cas lundi devant la chambre de l’urbanisme. D’entrée, un avocat fait mouche en lançant que l’inspecteur de l’urbanisme de la Ville de Marseille a pénétré au domicile de son client et pris des photos depuis sa terrasse. « L’inspecteur de l’urbanisme n’a effectivement pas relevé votre consentement écrit pour pénétrer dans votre propriété. Il ne fait même pas état de l’accord oral donné. Le procès-verbal de constat des infractions du 14 septembre 2020 est donc nul. C’est la seule pièce du dossier. Vous êtes relaxé de toutes les infractions », doit admettre la présidente face au prévenu qui fond de bonheur.

    Venue personnellement défendre à la barre ses dossiers, la directrice de l’urbanisme de la Ville de Marseille s’incline et s’entend rappeler du tribunal que depuis la loi Elan de novembre 2018, l’article L480-17 du code de l’urbanisme stipule que « les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d’habitation ne peuvent être visités qu’entre 6h et 21h, avec l’assentiment de l’occupant ou, à défaut, en présence d’un officier de police judiciaire (…). Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé. » Une petite note de service ?

    Un cabanon à l’Estaque

    Dossier suivant. « Je m’étais déplacé au service de l’urbanisme. On m’avait dit oralement que pour moins de 5 m², je n’avais pas besoin de déclaration préalable », explique avec une apparente bonne foi le propriétaire d’un cabanon à l’Estaque (16e). Mais l’extension de 4,95 m² réalisée début 2015 sur son cabanon de 13 m² en rez-de-jardin viole le PLUi. 4 ans plus tard, un inspecteur de l’urbanisme vient dresser un PV d’infraction. Le propriétaire tente en vain de régulariser. Le parquet débordé propose un classement sous condition mais le prévenu refuse l’amende-cadeau de 5 000 euros, arguant qu’il a saisi le tribunal administratif. Ce dernier tranche 4 ans plus tard en donnant raison à la Ville : c’est une construction nouvelle détachable du cabanon faute de porte. « Si chacun se dit que pour moins de 5 m², on peut ne pas respecter le PLUi alors plus aucune norme n’est respectée. La règle est là pour tout le monde et pour préserver notre environnement », sermonne la présidente. La directrice de l’urbanisme réclame la démolition de l’extension, « cet avantage que n’auraient pu obtenir ceux qui respectent la règle ». La plus-value de ce bien résulte aussi de l’infraction : le cabanon acheté 195 000 euros en 2011 est à vendre aujourd’hui 365 000 euros. Le tribunal a écarté la démolition, considérant la bonne foi du prévenu qui ressort de sa prise de contact initiale avec le service de l’urbanisme. C’est donc une amende de 10 000 euros calculée sur le prix au mètre carré dans le quartier.

  • La voie ouverte à « un paysage renaissant » au Petit séminaire

    La voie ouverte à « un paysage renaissant » au Petit séminaire

    C’est par le paysage que l’on va refaire du liant », est convaincu Fabien Grosjean, directeur de l’aménagement à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Et c’est par son approche qui « part du paysage pour faire quartier » que ce projet, où une offre de 140 logements est aussi à l’œuvre, a été retenu.

    Pour autant, du liant il en existait se souvient Guy Lucchesi, président du CIQ Beaumont-Plateau (12e) qui a toujours vécu dans ce quartier. « Gitans, Arabes, Arméniens, Italiens, on était tous du Petit séminaire, on partageait l’espace, les fêtes, les décès… et puis pendant 40 ans, on a abandonné les gens, tout laissé en plan jusqu’à la dégradation complète, le squat, pour décréter la démolition de tous les bâtiments et faire partir ses derniers locataires. » Mais ce militant des quartiers populaires, attaché à son histoire, est aujourd’hui plus optimiste : sur le terrain laissé vide et devenu une décharge à ciel ouvert, les habitants ont eu leur mot à dire sur sa destination future. Les projets présentés par les trois agences d’architectes, urbanistes et paysagistes et ont été conçus sur la base d’une consultation des habitants. Mieux, dans le jury ces derniers auront voix compte double aux côtés des représentants de la Métropole et du bailleur social. Et les habitants ont souhaité que la coulée verte qui doit prendre place le long de la rue de la Maurelle, reprenne leur histoire et serve de passerelle entre ces quartiers à la croisée des 12e et 13e arrondissements, où subsiste une mixité entre habitat résidentiel ancien et grands ensembles, mais où s’exerce également une énorme pression foncière.

    Au milieu coule une rivière

    C’est tout l’intérêt de cette grande consultation Quartiers de demain, de laisser la part belle du choix d’avenir, non plus à des groupes immobiliers, mais à ceux qui les habitent tout en utilisant les ressources des sites au profit de la ville. « Nous avons travaillé comme des enquêteurs sur l’histoire et l’identité du lieu », explique Marion Talagrand. Ancienne dépendance de la zone agricole du Grand Saint-Joseph, le quartier recèle une ancienne source où l’on venait puiser l’eau, et cueillir les figues et les amandes. Oubliée et coulée sous le bitume de la route, elle devra réémerger pour devenir l’axe de la coulée verte. « L’histoire du quartier est souvent celle d’un effacement mais aussi source de possibilités », précise la fondatrice d’AMT qui a travaillé avec des écologues pour constituer un herbier. L’eau y sera mobilisée avec un système simple de digues capables de régénérer les sols et les milieux, pour redonner au site son ancienne « fonction nourricière ».

    AMT s’est encore alimenté des recherches et de la « concertation intime » conduite par André Jillovet dans le cadre d’un travail mené par le Cerfise entre 1976 et 1986. « Nous nous sommes attachés à des traces matérielles et immatérielles pour la réappropriation paysagère de ce lieu, continue Marion Talagrand, pour reformer des usages délaissés en gardant la possibilité d’aller sur d’autres formes d’activités, tout en se gardant de trop d’intensité d’activités. »

    Face à « l’approche grand paysage » de l’agence Folléa-Gautier et au « vaste parc fermé » de l’agence Ilex, le projet « paysage renaissant » d’AMT par son approche sensible et résiliente a emporté l’approbation du jury. Le projet paysager dont les travaux débuteront en 2027 doit continuer son chemin en marchant et toujours en concertation avec les habitants, préalable essentiel de l’opération nationale Quartiers de demain.