Tag: démission

  • Vaucluse : après la tourmente, la CCI retourne aux urnes cet été

    Vaucluse : après la tourmente, la CCI retourne aux urnes cet été

    Un nouveau départ se dessine donc pour l’été à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Vaucluse. Après la démission de 22 des 33 élus entre le 10 décembre et le 7 janvier, ce qui avait conduit la préfecture à dissoudre l’assemblée générale, le préfet de région Jacques Witkowski a signé un arrêté fixant l’élection des nouveaux membres à partir du 29 juin et jusqu’au 10 juillet.

    Dans le même temps, il ouvre la période de dépôt des listes électorales, qui s’étendra jusqu’au 14 avril. C’est à l’issue de ce scrutin que seront nommés les nouveaux membres du bureau, ainsi que le successeur de Gilbert Marcelli, ancien président de la structure. Ce dernier avait pourtant été réélu, en août dernier, après une première mise sous tutelle, suite à la démission de 4 des 7 membres du bureau. Mais il n’aura tenu finalement que quelques mois à la tête de la chambre consulaire.

    Jugé « autoritaire et brutal » par certains de ses collaborateurs, plusieurs de ses projets avaient été décriés. Comme, par exemple, le rachat du centre de formation Nextech, en novembre 2024, pour 3,9 millions d’euros. Mais aussi l’ouverture du restaurant Le Quai des Saveurs sur le parvis de la gare, en décembre 2024. Ce dernier accuse un déficit de plus de 600 000 euros sur sa première année d’exploitation. Sans oublier le dossier épineux du renouvellement de la délégation de service public (DSP) de l’aéroport d’Avignon-Provence, dont la gestion est confiée par la Région Sud à la CCI de Vaucluse et qui arrive à échéance fin 2026.

    Risque de report

    Mais, d’après nos confrères de L’écho du Mardi, un risque de report ou d’invalidation des élections existe. En cause : les listes électorales des ressortissants de la CCI de Vaucluse ne seraient plus à jour et un simple recours pourrait suffire à invalider le scrutin. Ces listes seront déposées le 14 avril, soit dans un peu plus d’un mois. Par la suite, les candidats pourront déposer leurs listes du 20 au 28 mai (12h). Les candidats pourront ensuite déposer leurs listes du 20 au 28 mai, jusqu’à 12 .

    Pour mener à bien ce processus, nos confrères évoquent la nécessité d’une « unité » du patronat vauclusien. « C’est inenvisageable de s’appuyer sur ceux qui nous ont mis dans cette situation. La CCI de Vaucluse est devenue la risée des autres chambres consulaires de France, ceux qui en sont responsables doivent maintenant en assumer les conséquences. En termes d’image vis-à-vis des entreprises vauclusiennes que nous représentons, il est donc impératif de donner un grand coup de balai », confie l’un d’entre eux dans les colonnes du journal. Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour le tissu économique vauclusien.

  • Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Jacques-Ellie Favrot, l’assistant parlementaire du député de la 1ère circonscription de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI), accusé d’être impliqué dans la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d’affrontements à Lyon jeudi dernier, a reconnu, d’après les propos de son avocat, Maître Bertrand Sayn, relayés ce mercredi soir à nos confrères de LCI et Radio France, « la commission de violences » et sa présence sur les lieux du drame. Il aurait assuré qu’il « n’est pas l’auteur des coups ayant provoqué le décès ». Il assure que son client « est dévasté » par la tournure des événements. Dans le même temps, un deuxième assistant parlementaire du cofondateur de la Jeune Garde, Robin C., a également été interpellé pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches », ainsi qu’un ancien stagiaire du député.

    Conséquence : un vent d’appels à la démission et de critiques arrive de toutes parts, au niveau national mais aussi au sein de la Cité des Papes. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a appelé sur Franceinfo ce mercredi 18 février au matin à exclure « tout du moins temporairement » le député de son groupe à l’Assemblée. Une mise à l’écart demandée « pour marquer une clarification, pour dire non à la violence », poursuit Maud Brégeon.

    Sur X, Raphaël Arnault assurait ce mardi soir que « comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires » et que, ce lundi 16 février, « avant d’apprendre son interpellation », des procédures pour mettre fin à son contrat avaient été engagées auprès des services de l’Assemblée. Et de conclure que c’est « à l’enquête désormais de déterminer les responsabilités ». Il est pour l’heure également soutenu par son parti, qui dénonce une « instrumentalisation ». Alors que le siège national de la France insoumise a été évacué ce mercredi matin suite à une alerte à la bombe, le coordinateur national Manuel Bompard affirmait sur X « que Raphaël Arnault n’a aucune responsabilité dans le drame survenu à Lyon jeudi dernier et qu’il n’est absolument pas concerné par l’enquête en cours ».

    Appel à la démission

    Une tempête qui s’exporte évidemment dans la Cité des Papes. David Fournier se montrait mesuré ce mardi 17 février, avant d’apprendre l’interpellation de Jacques-Ellie Favrot, en assurant qu’il « ne fait pas d’amalgame », regrettant « un drame absolu ». Tout en glissant qu’il fait « confiance non seulement aux forces de l’ordre de mon pays mais aussi à la justice » et qu’il n’a « jamais commenté des affaires en cours ».

    Mais d’autres se sont montrés plus offensifs. À commencer par son ancien adversaire au premier tour des élections législatives de 2024, Philippe Pascal (Debout !, ex-GDS). Raphaël Arnault avait été désigné pour représenter le Nouveau Front populaire, mais Philippe Pascal s’était maintenu au premier tour avant d’appeler à voter pour l’actuel député au second. Dans un message, il exprime sa « colère, déception et un profond sentiment d’injustice » et regrette que « ce sont souvent ceux qui construisent patiemment, au quotidien, qui se retrouvent écartés au profit de stratégies qui dépassent les réalités locales » tout en affirmant que « la mort d’un militant, quel qu’il soit, rappelle toujours que la violence politique mène à une impasse ».

    D’autres demandent sa démission, notamment à droite. Olivier Galzi, candidat (DVD) aux municipales, avance que Raphaël Arnault « a clairement une responsabilité morale dans ce meurtre » et qu’« une démission de sa part paraît s’imposer ». Avant de terminer son texte par un discours dangereux, si ce n’est révoltant, en évoquant que « le fascisme n’est ni de droite ni de gauche (sic), il est aux extrêmes, car il est avant tout un totalitarisme qui souhaite s’imposer par la force ». Une démission également demandée par Julien Paudoie, pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales. Qui estime que « la République ne peut pas rester ambiguë face à la violence », car la situation interroge « profondément la capacité du député à représenter sereinement le territoire vauclusien ».

  • [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    Sur l’île singulière, 2025 restera l’année du séisme politique. Après 24 ans de règne sans partage, François Commeinhes a brusquement tout perdu : la mairie de Sète, la présidence de l’Agglomération et son statut de notable respectable.

    Pour le gynécologue de profession qui jusqu’ici paraissait intouchable, la dégringolade fut brutale, dans la lignée de celle de son voisin agathois de droite, Gilles d’Ettore, contraint l’an passé de quitter le pouvoir dans l’attente de son procès dans l’affaire de la voyante.

    Pour François Commeinhes, qui n’avait plus sa carte des Républicains depuis 2017, point de conversation ésotérique avec l’au-delà mais là encore une affaire de « détournement de fonds publics ». Fin avril, l’édile était définitivement condamné en cassation pour avoir versé, entre 2016 et 2019, des rémunérations indues à son ancien directeur général des services, Patrice Millet, pour la coquette somme de 99 000 euros. Quand bien même la Cour de cassation reconnaissait que F. Commeinhes ne s’était pas lui-même enrichi de la manœuvre dont il a toujours nié avoir eu connaissance, la Justice confirmait ainsi le jugement de la Cour d’appel de Montpellier. Condamné à un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec interdiction de droit de vote, F. Commeinhes, 76 ans, prenait acte de la sanction jugée « disproportionnée sur le fond ». Dans une vidéo Facebook postée le 30 avril, il annonçait aussitôt sa démission de tous ses mandats sans désigner d’héritier politique.

    Linarès récupère l’Agglo

    En dépit de la secousse, la Ville de Sète est restée à droite. Du conclave de la majorité municipale, c’est finalement avec le nom d’Hervé Marquès que sort la fumée blanche le 5 mai avant le vote de confirmation le 12 mai. Salué pour sa connaissance des dossiers et sa personnalité, l’ancien adjoint aux sports fait consensus et coiffe sur le poteau d’autres postulants (François Escarguel, Jeanne Corporon, Hervé Merz…). Depuis, le maire par intérim, qui n’a pas encore déclaré sa candidature en 2026, s’efforce de terminer le mandat dans les pas de son mentor, sans faire trop de vagues ni coup d’éclat.

    En revanche, l’histoire a pris un tout autre cours dans le Bassin de Thau. Le 13 mai, Jean-Guy Majourel (22 voix), le candidat envoyé par la municipalité sétoise, était battu à la présidence de Sète Agglopôle. Après 3 tours d’un scrutin indécis, Loïc Linarès (PS), jusque là deuxième vice-président du maire de Frontignan, Michel Arrouy (PS), prenait la main (24 voix). Avec une majorité relative fragile, Loïc Linarès s’est immédiatement promis d’agir dans un « esprit de coopération sincère en respectant les sensibilités et en assurant une gouvernance claire, partagée et respectueuse de l’intelligence collective ». Si la gauche conserve Frontignan en 2026, voilà qui ouvre des perspectives.

  • Mis sous pression, David Rachline renonce à l’investiture RN aux municipales à Fréjus et quitte la vice-présidence du parti

    Mis sous pression, David Rachline renonce à l’investiture RN aux municipales à Fréjus et quitte la vice-présidence du parti

    En l’espace de deux jours, l’horizon politique de David Rachline, l’ex-enfant prodigue du RN, s’est assombri. Lundi, celui qui est maire de Fréjus depuis 2014 a été contraint de renoncer à l’investiture du parti pour les municipales 2026, et annoncé mardi sa démission de son poste de vice-président du parti, qu’il occupait depuis 2021. Des décisions rendues inéluctables par les multiples affaires dans lequel l’édile est empêtré. Et qui avaient poussé Marine Le Pen, pourtant très proche de David Rachline, à annoncer, ce mardi sur BFMTV, ne plus souhaiter « qu’il soit vice-président du RN ». En novembre 2023, la journaliste de l’Obs Camille Vigogne-Le Coat évoquait notamment, dans son livre Les Rapaces, le train de vie démesuré de l’élu par rapport à ses indemnités, et dénonçait des arrangements avec un puissant entrepreneur local du BTP, Alexandre Barbero, dans l’attribution de marchés publics. En septembre, une amende de 10 000 euros a été requise contre lui pour prise illégal d’intérêt dans le cadre de sa nomination à la tête de deux sociétés d’économie mixte. Enfin, en septembre, Mediapart révélait un dîner privé entre Rachline et deux anciens présidents du groupuscule d’extrême droite Groupe union défense (GUD), Logan Djian, et Frédéric Chatillon, ex-prestataire de service du RN et ex-conseiller de Marine Le Pen, condamné en 2024 dans l’affaire des kits de campagne, et avec qui le parti cherche à prendre ses distances, en vain. Sur Facebook, David Rachline a cependant annoncé rester candidat à un troisième mandat.

  • [Exclusif] L’administratrice du Clos Saint-Martin jette l’éponge

    [Exclusif] L’administratrice du Clos Saint-Martin jette l’éponge

    Y a-t-il quelque chose de pourri au Clos Saint-Martin ? Pas même un mois après avoir été nommée par une décision conjointe de l’Agence régionale de santé (ARS) et du conseil d’administration pour fermer le site après les graves manquements constatés, l’administratrice provisoire de l’Ehpad géré par le groupe Entraide a décidé de rendre son tablier, estimant être entravée dans son travail par le comité de direction de l’établissement.

    Le 12 septembre dernier, les deux autorités de tutelle avaient annoncé, dans un communiqué de presse conjoint, la suspension en urgence de l’autorisation de fonctionnement de cet Ehpad, situé à Pélissanne, « pour garantir la sécurité des résidents ». Une décision prise suite à une visite inopinée, le 27 août dernier, qui avait révélé « de graves défaillances », décrivaient l’ARS et le conseil département .

    Trois décès évitables

    C’est que les alertes se multipliaient depuis longtemps déjà. Après un signalement collectif des salariés le 17 avril 2024, qui dénonçaient le harcèlement moral dont ils étaient victimes ainsi que les mauvaises conditions de prise en charge des résidents, un premier contrôle avait été mené, à la fin du mois de mai. Deux mois plus tard, les soignants alertaient de nouveau face l’absence de gouvernance et le manque de personnel. Après une nouvelle inspection, l’ARS et le conseil départemental avaient décidé, le 8 août 2024, de suspendre temporairement toute nouvelle admission « jusqu’à la mise en place d’une gouvernance et d’un effectif suffisant pour assurer la prise en charge de 80 résidents ». Des restrictions levées le 23 octobre suivant.

    Mais, le 14 août dernier, c’est la gendarmerie, cette fois, qui alerte l’ARS suite à un décès, suivie le lendemain par une « déclaration d’évènement indésirable grave liée aux soins » du directeur par intérim de l’Ehpad. Quelques jours auparavant, un autre résident était décédé après une fugue, « des circonstances mettant en cause la surveillance l’établissement ».

    L’inspection inopinée réalisée deux semaines plus tard ne pouvait que constater le nombre trop élevé de chutes graves, sans mesures correctives suffisantes dans des locaux « inadaptés, vétustes, mal entretenus, indignes ». Avec en plus un accompagnement RH défaillant, l’absence d’un trio de gouvernance avec directeur, médecin coordinateur et infirmier coordinateur, l’absence complète d’aides-soignants certaines nuits, ainsi que lors de moments clés, alors que les trois-quarts d’entre-eux ne justifiaient pas d’un diplôme… Le manque d’effectifs est tel que le jour de l’inspection, seules la moitié des personnes prévues au planning étaient présentes. De quoi pousser à bout les soignants sur place. « Une situation d’abandon des 73 résidents présents », résument l’ARS et le Département. Jusqu’au tragique. « Trois évènements conduisant à des décès potentiellement évitables avaient été déclarés depuis le début du mois de juillet », mentionnent les deux autorités. Ciblant les risques de fugue, déglutition et suicide.

    Mission à 52 500 euros HT

    De quoi justifier amplement la décision de fermer l’établissement, prise le 11 septembre dernier. L’administratrice provisoire nommée, une ancienne directrice d’Ehpad à Marseille aujourd’hui à la retraite, avait ainsi pour charge d’assurer la continuité de la prise en charge des résidents et leur transfert vers d’autres établissements. Mais, après trois semaines, elle dresse un constat d’impuissance. Dans un courrier recommandé daté du 8 octobre, elle demande à mettre fin à sa mission face à « une volonté manifeste de rétention d’information de la part du gestionnaire ». Et de déplorer le manque de coopération des équipes, en particulier du comité de direction, pour obtenir les dossiers médicaux nécessaires au transfert des résidents. Jusqu’au refus de lui mettre à sa disposition un bureau « décent ».

    Sollicitée par La Marseillaise, l’ARS se borne à confirmer le souhait de l’administratrice provisoire de « se retirer de cette mission », indiquant qu’un nouvel administrateur a été nommé, « qui prend ces fonctions ce jour ». Selon nos informations, c’est au cabinet Philogeris investissements conseils, un gestionnaire d’Ehpad, qu’échoie aujourd’hui cette tâche. Moyennant une indemnité de quelque 52 500 euros hors taxe, sans compter les frais pour toute la mission. « L’entité juridique gestionnaire de l’établissement ne peut interférer dans les fonctions de l’administrateur provisoire, ni entraver sa mission », avertissent d’ores et déjà ARS et Département, auxquels il devra rendre des comptes tous les 15 jours. L’Ehpad devra également prendre en charge une assurance pour couvrir les conséquences financières de sa responsabilité.

    « Pour assurer une prise en charge digne des résidents, un nouveau directeur et un infirmier diplômé d’État coordinateur viennent d’être recrutés », annonce aussi le conseil départemental, indiquant qu’il reste à ce jour 64 résidents au sein de l’Ehpad. Soit seulement neuf transferts depuis la fermeture décrétée. Quand au reclassement des salariés, « cela relève des compétences de l’association ».

    Contactés, ni le groupe Entraide, ni l’Ehpad du Clos Saint-Martin, n’ont donné suite.

  • La macronie au bord de l’implosion

    La macronie au bord de l’implosion

    Dissolution, démission et présidentielle anticipée… De tout bord, les mots d’ordre ont fusé alors que Sébastien Lecornu tentait mardi de « définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Sans surprise, le premier ministre démissionnaire s’est tourné vers la droite et son socle commun. Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, présidents du Sénat et de l’Assemblée, Marc Fesneau, représentant François Bayrou, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont été les premiers reçus.

    Méthode

    Les discussions ont porté sur « l’adoption d’un budget pour l’État et pour la sécurité sociale » et « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », selon un communiqué de Matignon à midi. « Un échange s’en est suivi sur l’urgence budgétaire et les paramètres d’un compromis possible avec les oppositions », indiquait le texte sans préciser la tonalité des échanges. Entre eux déjà, l’accord n’était pas majeur. Avant le rendez-vous, Marc Fesneau, le patron des députés Modem avait visé Gabriel Attal, très critique, la veille, vis-à-vis d’Emmanuel Macron dont il assure « ne plus comprendre » les décisions. Mardi, sa voix a encore dissoné. Sans aller jusqu’à se mêler à celle de « ceux qui appellent matin, midi et soir à la démission » du Président, il a plaidé une nouvelle méthode intégrant « un négociateur indépendant des partis ». L’idée ? Contourner la polarisation politique d’un Premier ministre désigné par Macron. On en rirait…

    Démission

    Dans la matinée, Edouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, a poussé plus loin encore la charge contre la figure tutélaire, en l’appelant le président de la République à « prendre l’initiative » et organiser une élection présidentielle anticipée, après l’adoption du budget. « Ce n’est pas une critique de l’homme, j’ai de l’estime pour lui. Mais face à l’affaissement et cette mise en cause de l’autorité de l’État, il doit prendre une décision à la hauteur », explique le président du parti Horizons, un des composants de la macronie.

    « La dissolution de l’Assemblée ne peut pas être la solution (…) Il faut un projet clair et partagé », justifie Paul Christophe, le patron des députés Horizons. Une « démission programmée » déjà mise sur la table par Hervé Morin, président des Centristes, et portée, la veille, par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes.

    Cohabitation

    à rebours du socle commun, Bruno Retailleau, le président des Républicains n’était pas à Matignon le matin. Il a été reçu en tête à tête à 17h, une heure après Laurent Wauquiez, le chef des députés LR qui lui mène une fronde en interne, estimant que la sortie ayant entraîné la démission de Lecornu, a « abîmé l’image » de « stabilité et de responsabilité » du parti.

    Avant de s’y rendre, le ministre de l’Intérieur démissionnaire a planté le décor : « Nous participerons à une condition, que ce soit un gouvernement de cohabitation », a-t-il expliqué chez Europe 1 et CNews, assurant qu’« une page était tournée ». « La condition, c’est que le président ne gouverne plus », pousse son vice-président, François-Xavier Bellamy, écartant la nomination d’un macroniste à Matignon. « Les échanges ont été francs et constructifs » glissait l’entourage de Lecornu après le rendez-vous. Ni « un macroniste », ni « homme de gauche » a confirmé Retailleau au JT de France 2.

    Dissolution

    « Un Premier ministre de gauche serait extrêmement minoritaire à l’Assemblée », juge de son côté Aurore Bergé, la porte-parole démissionnaire du gouvernement alors que le PS sera reçu à Matignon ce matin. Mais « est-ce que ce bloc du centre et de la droite (…) est capable de réussir à continuer à s’entendre ? », questionne-t-elle aussi, lucide.

    Alors que son entourage indiquait le matin qu’il « prendra ses responsabilités » en cas d’échec de Lecornu, Emmanuel Macron a reçu dans l’après-midi Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, entretenant l’hypothèse d’une dissolution. La Constitution prévoit en effet que le chef de l’État consulte les présidents des deux chambres avant de dissoudre la représentation nationale…

    Retraite : une suspension de la réforme envisagée

    La ministre démissionnaire de l’Éducation et ancienne Première ministre Elisabeth Borne s’est dite mardi ouverte à une « suspension » de la très impopulaire réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, dans une interview au Parisien. Affirmant qu’il « faut savoir écouter et bouger », elle a ajouté qu’il ne fallait pas en faire « un totem ». « La suspension de la réforme des retraites, c’était impossible il y a quelques jours encore, aujourd’hui ça devient possible », a confirmé Raphaël Glucksmann de Place publique au sortir de son entretien avec Sébastien Lecornu mardi soir, assurant que le Premier ministre démissionnaire avait « ouvert la porte » mais que cela demandait à être « précisé ».

    Cette « volte-face est un aveu : la réforme des retraites est un échec », a immédiatement réagi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. « Même Elisabeth Borne qui avait porté cette réforme ouvre aujourd’hui la voie à une suspension », a-t-elle affirmé dans une déclaration écrite envoyée à l’AFP, « Le chef de l’État ne peut plus se permettre de faire la sourde oreille ». « Le Président de la République doit maintenant choisir, a intimé Sophie Binet. S’il veut renouer avec toute forme de légitimité, il doit entendre, écouter, abroger. Cette réforme est rejetée par plus de 80% des Français, elle a mobilisé des millions dans la rue : elle ne peut survivre ».

    Bardella « prêt à tendre la main »

    Le parti d’extrême droite qui a décliné l’invitation de Lecornu, a multiplié mardi les demandes de dissolution. Persuadé que le « barrage républicain » de 2024 « est en train de prendre l’eau », Jordan Bardella, le président du RN, « probable » candidat, estime que son parti peut l’emporter lors « de potentielles élections », mais se dit quand même prêt à « tendre la main aux Républicains » ne souhaitant pas « se fondre dans le macronisme », pour « former une majorité si besoin ». « Une main pour nous étouffer » a réagi, Daniel Fasquelle, le vice-président des Républicains. Ch. C.

  • La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    Tout ça est un peu triste. C’est vraiment les derniers messages d’un monde politique qui est en train de s’effondrer et qui s’accroche comme une moule à son rocher », a commenté en fin de journée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, lorsque Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire est revenu par la fenêtre.

    Un peu plus tôt, c’est elle qui avait mis fin au suspense en annonçant que la réunion proposée par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon aux autres partis de gauche n’aurait pas lieu. « Ça paraît assez évident que le Parti socialiste (…) ne va pas accourir chez la France insoumise comme si de rien n’était. Ce qui a été dit et fait ces derniers temps laisse des traces », justifiait cette dernière en référence aux relations tendues entre insoumis et socialistes.

    LFI pousse pour sa motion de destitution de Macron

    Dans l’esprit des dirigeants insoumis, cette réunion proposée aux autres partis de gauche pour répondre à « une situation politique sans précédent », devait permettre « d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation », précisait Jean-Luc Mélenchon.

    L’occasion surtout de remettre sur la table une motion de destitution du président de la République « déposée par 104 parlementaires » qui doit être examinée par le bureau de l’Assemblée nationale mercredi. « Chaque formation politique sera mise au pied du mur de ses responsabilités », glisse le député de Marseille, Manuel Bompard, sans préciser le peu d’espoir de voir cette démarche aboutir.

    Tout au long de la journée, le Parti socialiste est resté mutique face à l’invitation. « Ce n’est pas à Jean-Luc Mélenchon de nous convoquer, ça c’est certain », a commenté sur BFMTV Arthur Delaporte, porte-parole du PS, ajoutant : « Aujourd’hui s’il s’agit de constituer un gouvernement de gauche, la présence de LFI fera qu’il sera censuré immédiatement. »

    Si le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est contenté de saluer la décision de Sébastien Lecornu sur X, un « gaulliste » qui vient de « démissionner avec dignité et honneur », le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, un de ses proches, est allé plus loin : « Nous rencontrerons dans les prochaines heures nos partenaires politiques de gauche et des Écologistes, de Place Publique au Parti communiste, qui partagent avec nous la même volonté de gouverner et agir, pour trouver l’issue à cette crise politique. »

    à l’exception de la France insoumise, l’ensemble des forces politiques de gauche ont plaidé toute la journée pour l’instauration d’une cohabitation avec la nomination d’un Premier ministre de gauche, autour d’un mot d’ordre et trois scénarios : dissolution, démission ou cohabitation.

    Matignon ou les urnes

    « La crise démocratique est inédite face à l’incompétence de ceux qui dirigent le pays depuis 8 ans : Emmanuel Macron mène le pays dans l’impasse ! Pour en sortir, qu’il nomme enfin la gauche. Sinon, retournons aux urnes », a ainsi lancé sur X, le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel. « Nous discuterons avec l’ensemble des forces de gauche pour que la gauche, le moment venu, soit prête à gouverner ou en cas de dissolution à se présenter », abonde Ian Brossat. « La solution c’est qu’on ait un président de la république qui arrête de faire n’importe quoi et consente à entendre ce que demandent les Français et leur volonté de changement ».

    La députée Clémentine Autain (L’Après) appelait de son côté à « un sursaut » : « Il nous faut un accord politique durable entre toutes les forces de gauche et écologistes ». EELV a justement convié les chefs des différents partis à une nouvelle réunion ce mardi matin.

  • « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    Pour André Roux, plusieurs solutions sont sur la table et aucun délai d’action n’est fixé dans la constitution.

    La Marseillaise : Qui assure concrètement l’intérim pour le moment ?

    André Roux : Le gouvernement Lecornu nommé dimanche soir est juridiquement en fonction. Le gouvernement précédent, qui expédiait les affaires courantes, n’est plus en charge. C’est donc ce gouvernement qui aura exercé les plein pouvoirs pendant 12 heures qui [est aux manettes]. C’est un peu cocasse effectivement…

    Est-ce une situation inédite dans l’histoire du pays ?

    A. R. : Sous la Ve République sans conteste. Le précédent gouvernement le plus court, c’était Barnier qui a duré 3 mois. J’ai fait une petite recherche pour voir si c’était déjà arrivé. Sous la IVe, il y a eu un gouvernement qui a duré deux jours en 1950, celui d’Henri Queuille, plusieurs fois ministre. Il faut remonter à la IIIe, dans les années 20, pour avoir un gouvernement qui avait duré un jour. Là, il aura duré 12 heures, c’est assez stupéfiant.

    Est-ce le signe que nous sommes arrivés au bout de cette Ve République ?

    A. R. : La Ve, pas forcément. C’est surtout la conjonction de plusieurs facteurs politiques qui a conduit à cette situation. D’abord la décision, il faut bien le dire, peu rationnelle du président de la République, de la dissolution de juin 2024. Je crois que c’est ça qui a tout déclenché. Il faut penser aussi qu’il y a un manque de sens politique. Le président aurait peut-être pu, au lieu de nommer trois Premiers ministres successivement, et issus du bloc central ou socle commun comme on l’appelle, accepter une cohabitation avec un Premier ministre issu de la gauche. Cela aurait été une solution. Mais son logiciel ne l’a pas poussé en ce sens.

    Quelles sont désormais les issues constitutionnelles ?

    A. R. : La première, c’est la nomination d’un nouveau Premier ministre. Même si politiquement, on voit mal un Premier ministre du socle commun renommé, les mêmes causes produisant les mêmes conséquences. Il faudrait un Premier ministre de centre gauche, ce qui pourrait être une solution à laquelle Emmanuel Macron s’est refusé jusqu’à présent.

    La deuxième, c’est la dissolution, qui dépend aussi du président, ce qui provoquerait des élections dans les 20 jours au moins et 40 jours au plus. Le paradoxe, c’est que celle de l’année dernière n’était pas justifiée politiquement ou rationnellement, alors que là à mon avis, ce serait la solution la plus conforme aux institutions.

    La troisième solution c’est la démission, comme l’avait fait de Gaulle en 69. Après l’échec du référendum, un communiqué de l’Élysée qui disait en deux phrases : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République, cette décision prend effet à midi. » Le président du Sénat assure alors l’intérim et l’élection présidentielle a lieu dans 20 jours au moins, 35 jours au plus. L’inconvénient, c’est qu’il n’y aurait pas vraiment de campagne électorale approfondie, faute de temps. La quatrième possibilité, tout à fait improbable, c’est la destitution comme le réclame LFI. Sur le plan juridique, on peut douter de sa pertinence car c’est selon des critères très précis et puis il y a un véritable parcours du combattant. Il faut que le bureau de l’Assemblée accepte la motion mais le bureau a basculé à droite depuis quelques jours, il faut ensuite que ça passe en commission des lois, que l’Assemblée et le Sénat votent à la majorité des deux tiers.

    Y a-t-il un délai pour agir ?

    A. R. : Non, la Constitution ne le prévoit pas. Un gouvernement démissionnaire peut rester en place plusieurs jours, semaines… Ce qui avait été le cas du gouvernement Attal. Certains constitutionnalistes pensent qu’il faudrait justement réviser la constitution. Après il y a la pression politique et celle de l’opinion, la situation serait intenable…

  • [Entretien] André Roux : « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    [Entretien] André Roux : « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    Pour André Roux, plusieurs solutions sont sur la table et aucun délai d’action n’est fixé dans la constitution.

    La Marseillaise : Qui assure concrètement l’intérim pour le moment ?

    André Roux : Le gouvernement Lecornu nommé dimanche soir est juridiquement en fonction. Le gouvernement précédent, qui expédiait les affaires courantes, n’est plus en charge. C’est donc ce gouvernement qui aura exercé les plein pouvoirs pendant 12 heures qui [est aux manettes]. C’est un peu cocasse effectivement…

    Est-ce une situation inédite dans l’histoire du pays ?

    A. R. : Sous la Ve République sans conteste. Le précédent gouvernement le plus court, c’était Barnier qui a duré 3 mois. J’ai fait une petite recherche pour voir si c’était déjà arrivé. Sous la IVe, il y a eu un gouvernement qui a duré deux jours en 1950, celui d’Henri Queuille, plusieurs fois ministre. Il faut remonter à la IIIe, dans les années 20, pour avoir un gouvernement qui avait duré un jour. Là, il aura duré 12 heures, c’est assez stupéfiant.

    Est-ce le signe que nous sommes arrivés au bout de cette Ve République ?

    A. R. : La Ve, pas forcément. C’est surtout la conjonction de plusieurs facteurs politiques qui a conduit à cette situation. D’abord la décision, il faut bien le dire, peu rationnelle du président de la République, de la dissolution de juin 2024. Je crois que c’est ça qui a tout déclenché. Il faut penser aussi qu’il y a un manque de sens politique. Le président aurait peut-être pu, au lieu de nommer trois Premiers ministres successivement, et issus du bloc central ou socle commun comme on l’appelle, accepter une cohabitation avec un Premier ministre issu de la gauche. Cela aurait été une solution. Mais son logiciel ne l’a pas poussé en ce sens.

    Quelles sont désormais les issues constitutionnelles ?

    A. R. : La première, c’est la nomination d’un nouveau Premier ministre. Même si politiquement, on voit mal un Premier ministre du socle commun renommé, les mêmes causes produisant les mêmes conséquences. Il faudrait un Premier ministre de centre gauche, ce qui pourrait être une solution à laquelle Emmanuel Macron s’est refusé jusqu’à présent.

    La deuxième, c’est la dissolution, qui dépend aussi du président, ce qui provoquerait des élections dans les 20 jours au moins et 40 jours au plus. Le paradoxe, c’est que celle de l’année dernière n’était pas justifiée politiquement ou rationnellement, alors que là à mon avis, ce serait la solution la plus conforme aux institutions.

    La troisième solution c’est la démission, comme l’avait fait de Gaulle en 69. Après l’échec du référendum, un communiqué de l’Élysée qui disait en deux phrases : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République, cette décision prend effet à midi. » Le président du Sénat assure alors l’intérim et l’élection présidentielle a lieu dans 20 jours au moins, 35 jours au plus. L’inconvénient, c’est qu’il n’y aurait pas vraiment de campagne électorale approfondie, faute de temps. La quatrième possibilité, tout à fait improbable, c’est la destitution comme le réclame LFI. Sur le plan juridique, on peut douter de sa pertinence car c’est selon des critères très précis et puis il y a un véritable parcours du combattant. Il faut que le bureau de l’Assemblée accepte la motion mais le bureau a basculé à droite depuis quelques jours, il faut ensuite que ça passe en commission des lois, que l’Assemblée et le Sénat votent à la majorité des deux tiers.

    Y a-t-il un délai pour agir ?

    A. R. : Non, la Constitution ne le prévoit pas. Un gouvernement démissionnaire peut rester en place plusieurs jours, semaines… Ce qui avait été le cas du gouvernement Attal. Certains constitutionnalistes pensent qu’il faudrait justement réviser la constitution. Après il y a la pression politique et celle de l’opinion, la situation serait intenable…

  • Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    En fin de matinée, le premier ministre démissionnaire a expliqué ce lundi sur le parvis de Matignon sa décision annoncée quelques heures plus tôt, devançant au passage la réunion des représentants du parti Les Républicains programmée à 11h.

    « Les conditions n’étaient plus remplies », observe Sébastien Lecornu, reconnaissant un manque de fluidité dans la composition du Gouvernement qui aura pris plus de 25 jours, un record dans la Ve République. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Et de pointer trois raisons à cette situation. La première est que « les formations politiques ont fait mine de ne pas voir les changements et la rupture profonde » liée au non usage du 49.3. La seconde, le fait que les partis politiques « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission » a martelé Sébastien Lecornu, avant de se montrer plus critique.

    Ce dernier a en effet pour finir pointé « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire au président des LR, Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.