Tag: démission

  • L’État dégaine les « couvre-feux partiels »

    L’État dégaine les « couvre-feux partiels »

    Alors que les Gilets jaunes annoncent déjà sur leur site Internet un « acte II », ce samedi 24 octobre, avec 120 actions déjà prévues, dont une manifestation en début d’après-midi à Marseille, puis un « acte III » le 31 octobre, et que les syndicats de salariés ont fixé une nouvelle journée de mobilisation au 5 novembre, le gouvernement, sous pression, serre la vis. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez était attendu de pied ferme par le maire, Benoît Payan (DVG), passablement remonté après la mise à sac du centre-ville, en marge de la manifestation. Prévue en début d’après-midi, sa venue à Marseille a finalement été reportée en raison d’une convocation à une cellule interministérielle de crise. Laurent Nunez est finalement arrivé dans la soirée (lire par ailleurs).

    À l’issue de cette réunion, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé la mise en place de couvre-feux « localisés » pour protéger les commerces. Le « bordel » est « très localisé sur des centres urbains », a-t-il estimé. À charge aux préfets de les déclencher, mais ces couvre-feux seront « partiels », a prévenu le Premier ministre. Une première carte a été communiquée dans la soirée, avec des couvre-feux partiels annoncés à Paris, Lille ou Nice. Sébastien Lecornu évoque aussi l’instauration d’un état d’urgence, « si c’est nécessaire ».

    Toujours en poste après avoir vu sa démission refusée dimanche soir par le président de la République, Laurent Nunez a annoncé des renforts d’effectifs de police et gendarmerie, ce week-end, dont on se demande bien où il va les trouver, les forces de sécurité étant déjà exsangues, estime notamment la CGT (lire par ailleurs).

    Le ministre de l’Intérieur a aussi affirmé que des mesures pour empêcher les casseurs et les pilleurs seraient mises en place, dès lundi soir. Après les scènes de pillages qui ont tourné en boucle sur les chaînes d’informations et les réseaux sociaux, le premier flic de France avait reconnu ce lundi matin, sur France Inter, « une perte de contrôle ». Mais il a refusé de « demander pardon » pour les manifestants gazés, les lycéens éborgnés ou ayant perdu une main. « On nous explique que la police tue ou blesse, et depuis deux jours, on nous demande où est la police : schizophrénie bien française ! », a même osé Sébastien Lecornu

    Avec 2 400 arrestations recensées au niveau national, ce week-end, le Premier ministre promet aussi « une réponse pénale massive ». À Marseille par exemple, 101 personnes ont été interpellées, dont 74 majeurs et 27 mineurs, majoritairement pour des faits de vol avec dégradations en réunion, a indiqué le Parquet. Des réponses pour le moment sécuritaires qui tentent de faire oublier que les mobilisations se succèdent depuis la mi-septembre, la journée de samedi ayant rassemblé à elle seule 800 000 participants.

    ET AUSSI

    La Région Sud réactive son fonds de solidarité

    La Région Sud indique réactiver son Fonds de solidarité pour les commerces pillés. Doté de 5 millions d’euros, il prévoit une aide forfaitaire de 10 000 euros par commerce touché. Des mesures de soutien aux communes pour sont également annoncées. Un Fonds abondé par le Département des Bouches-du-Rhône.

    SCH, rappeur

    « Je suis fier de voir que la majeure partie de notre jeunesse a une conscience politique, peuple militant imprégné d’idéal. La violence a une origine, elle n’est jamais gratuite, beaucoup de monde la condamne, mais personne ne réfléchit à sa source. On peut la condamner, mais l’histoire nous apprend qu’aucun changement n’a été obtenu sans révolte. »

    Nicolas Isnard veut un état de catastrophe commerciale

    Le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard (LR), demande à l’État, lundi, de décréter un « état de catastrophe commerciale » après les pillages ayant touché de nombreux commerces. Sur le modèle des catastrophes naturelles, cette mesure, selon lui, « activerait alors l’obligation automatique d’indemniser pour toutes les compagnies d’assurances […] ». Il estime à plus de 10 millions d’euros le coût des dégradations et des interventions engagées.

    Cellule psychologique pour les commerçants

    La préfecture de région indique qu’un dispositif gratuit et confidentiel d’accompagnement psychologique à destination des commerçants a été mis en place, dès dimanche. Il est complété par un guichet unique ouvert par la CCI pour informer les entreprises. L’ordre des avocats et celui des experts-comptables mettent à disposition des ressources de conseil juridique.

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône

    « Des limites ont été franchies. L’urgence est absolue. Face aux violences, aux pillages et aux attaques contre nos forces de l’ordre, nous ne pouvons plus nous contenter de déclarations d’intention. […] Je demande la proclamation immédiate de l’état d’urgence et l’instauration de couvre-feux dans les secteurs où la situation l’exige, afin de prévenir de nouveaux débordements et de rétablir l’ordre républicain. […] La République ne peut plus reculer devant la violence. L’heure est à l’action et à la responsabilité ! »

    Les syndicats à Matignon mercredi

    Emmanuel Macron a indiqué dimanche que le Premier ministre réunirait prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires. Mercredi matin, ce sera au tour des syndicats, selon ces derniers.

    La CGT alerte sur la gravité de la situation du pays

    « Après 10 ans de macronisme, le pays craque de toutes parts », a affirmé, lundi, le bureau confédéral de la CGT, dans un communiqué. Rappelant que « les dégradations sont toujours instrumentalisées par le pouvoir, le patronat et l’extrême droite pour faire diversion des revendications et pour justifier la répression et les remises en cause des libertés publiques », elle souligne que « la seule voie de sortie de crise est la réponse immédiate aux revendications sociales exprimées depuis des mois ». Appelant à « l’ouverture immédiate de négociations avec les organisations syndicales et de jeunesse », elle martèle : « Face à la stratégie du chaos déployée par le gouvernement, gardons le cap sur nos revendications, soyons mobilisés jusqu’à leur satisfaction ».

    La CGT du Var appelle à poursuivre la mobilisation

    « Sourd aux revendications du pays (…), c’est le gouvernement qui porte la responsabilité politique de la montée des violences observée le 17 octobre », commente la CGT du Var, dans un communiqué publié lundi. Elle appelle à « poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes, à mettre partout en débat, sur les lieux de travail, les conditions de la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications, à préparer les prochaines étapes de mobilisation, dont la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation du 5 novembre ».

    Soutien aux luttes du PCF de Gardanne

    Dans un communiqué, la section PCF de Gardanne fait « part de sa solidarité envers toutes les victimes de violence : commerçants, manifestants, fonctionnaires, les Marseillais dans leur ensemble », avant de réaffirmer son « soutien aux luttes sociales, notamment à celle des lycéens face au mépris et à la répression »

  • Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Au début du conseil d’arrondissements des 11-12, ce mardi soir, le maire (RN) du secteur Olivier Rioult interrompt brusquement l’appel. « Je dois porter à votre connaissance une modification dans la composition de notre conseil d’arrondissement, explique-t-il. J’ai reçu la démission de Madame Brigitte Barattucci en date du samedi 10 octobre. Cette démission est devenue définitive, j’en prends acte. » En ajoutant seulement que le candidat suivant sur la liste, Christelle Di Marino, n’a pu être convoqué au conseil d’arrondissements dans le délai légal.

    Envoyé à l’ensemble du conseil d’arrondissements, le courriel de démission a pourtant fait des vagues. L’élue y justifie sa démission par le refus d’un projet qu’elle portait au profit d’associations, par l’absence de réponses du maire de secteur face à ses alertes concernant des agressions sur le chemin du canal de Saint-Julien (12e arr.), et par les consignes d’aller « où le maire vous le demande ». Si « la politique c’est être menteur, manipulateur et hypocrite, très peu pour moi », lâche-t-elle en conclusion. Sollicité à l’issue du conseil, le maire RN refuse d’abord de répondre à La Marseillaise, en raison de son traitement de l’extrême droite. Puis accepte, face à la demande de nos confrères de La Provence. « C’est la vie d’une équipe municipale », évacue-t-il, estimant que « des gens se rendent compte que le travail d’élus n’est pas fait pour eux ». De quoi conclure une séance où il a dû reprendre un de ses collaborateurs qui reprenait violemment le micro à l’opposition, tandis que sa majorité refusait de soutenir des subventions aux associations de solidarité Weavers et Léo-Lagrange. « L’argent public n’a pas à financer la submersion migratoire », lâchait Martine Piazza face à une gauche « abasourdie » par ces « mots rances », réagissait Azad Balalas-Kazandjian.

  • Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Le séisme provoqué par la démission de Pierre Mignoni mardi a fait trembler le sol du campus RCT toute la semaine durant. « Pour tout le monde, c’est dur. C’est une surprise, un choc », avoue David Ribbans, l’un des capitaines et hommes de base du désormais ex-homme fort du RCT, qui a « signé ici aussi pour lui » au moment de quitter Northampton en 2023. Et c’est visiblement ce qu’a tenté de provoquer l’ancien demi-de-mêlée toulonnais avec ce départ que le président Bernard Lemaître, et le désormais seul entraîneur Franck Azéma, ont tenté d’empêcher, en vain. « Ce n’est pas ce que je souhaitais, mais je peux comprendre ce qu’il veut faire », commente ce dernier. « Quand tu es chez toi, que tu as démarré le rugby ici, joué ton premier match en première à Mayol, entraîner ce club, c’est particulier. Plus qu’à l’équipe, tu as envie de donner à ta région, à ta ville. Je pense que c’est une façon pour Pierre de secouer tout le monde. J’espère que ça va avoir cet effet. »

    Malgré le presque prophétique burn-out de Mignoni en février dernier, cette décision était donc inattendue. Mais les joueurs, Baptiste Serin en tête, en assument la responsabilité, après la rouste reçue à Montpellier dimanche, épilogue d’un début de saison raté (4 défaites en 5 matches) et de huit derniers mois compliqués : « Je pense que ça nous pendait au nez. On n’a pas fait assez pour garder Pierre, mais c’est à la hauteur de la personne que c’est, il ne faut pas qu’on oublie qu’il se sacrifie pour nous. »

    « Se concentrer sur nous »

    S’il est trop tôt pour observer les effets de ce bouleversement, Franck Azéma voit déjà « des attitudes chez certains joueurs sur l’engagement, sur la prise de conscience. Mais ce sont les performances qui vont donner une indication sur ce qu’on est capable de réaliser. » Celle-ci arrive rapidement, avec la réception du Racing 92 ce samedi, que l’entraîneur toulonnais aborde avec l’objectif de revenir à l’essentiel : « En se concentrant sur nous, notre jeu, sur ce qu’on va être capable de maîtriser, les fondamentaux, la construction du match. En essayant d’avoir un socle solide pour bâtir dessus ». Car en face, le club francilien, qui se remet tout juste d’un début de saison guerre plus brillant que celui des Rouge et Noir, arrive avec l’envie de profiter de la situation : « C’est une belle équipe qui a beaucoup de qualités physiques. Dans leurs têtes, ils se disent certainement “ils ont un genou à terre, il faut les finir“. On en est conscients », analyse l’entraîneur varois. Un appel à faire preuve de fierté pour relever l’étendard. Car une chose est sûre : « On ne peut pas se satisfaire de voir Toulon comme il est en ce moment », appuie Baptiste Serin. Ses coéquipiers et lui ont les cartes en main.

    Décrié depuis le début de saison, notamment pour son manque d’efficacité au pied, encore visible face à Montpellier, Melvyn Jaminet, l’arrière du RCT, n’est pas dans le groupe convoqué par Franck Azéma ce samedi. Ce dernier s’en justifie : « Sur son début de saison, il n’est pas au rendez-vous. Il a besoin d’aller chercher au plus profond de lui pour trouver d’autres ressources. Il y a des choses qu’il peut mieux maîtriser. Il fait partie de ces garçons qui ont un niveau, un standard international. Il est largement capable d’aller chercher ce niveau-là. Encore faut-il qu’il fasse l’effort de le faire. Il y a la concurrence. Nous, on a besoin de performance le week-end. »

    RC Toulon –Racing 92 – 6e journée de Top 14

    Samedi 10 octobre, 16h35

    Stade Félix-Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Marbot

    RCT : Gros, Baubigny, Sinckler ; Kpoku, Ribbans ; Ludlam (Cap.), Ollivon, Mercer ; Serin, Albornoz ; Ferté, Fickou, Brex, Tuicuvu ; R. Rebbadj.Entraîneur : Franck Azéma

    Racing : Njocke, Escobar, Bamba ; Lainault, Taofifenua ; Diallo, Manyarara, Baudonne ; Gibert, Seunes ; Ravutaumada, Tuisova, Habosi, Naituvi, Spring (cap.). Entraîneur : Patrice Collazo

  • Pierre Mignoni démissionne de ses fonctions au RC Toulon

    Pierre Mignoni démissionne de ses fonctions au RC Toulon

    Coup de tonnerre à Toulon. Pierre Mignoni a décidé de mettre fin à sa mission de directeur du rugby, mardi, avec effet immédiat, suite à l’acceptation du club. « Cette décision intervient dans un contexte de résultats sportifs insuffisants depuis le début de la saison », est-il indiqué dans un communiqué. En effet, les rugbymen rouge et noir ont subi quatre défaites après les cinq premières journées de Top 14 seulement, dont une leçon encaissée lors du dernier déplacement à Montpellier, dimanche soir (défaite 28-0), et pointent à la treizième et avant-dernière place au classement.

    « Face à cette situation, Pierre Mignoni a choisi d’assumer pleinement ses responsabilités. Après avoir mobilisé l’ensemble des leviers à sa disposition, il a estimé qu’un changement était désormais nécessaire pour redonner un nouvel élan au groupe professionnel. Par cette décision, il souhaite permettre au collectif de retrouver rapidement le chemin de la performance », ajoute le club varois.

    Franck Azéma, jusqu’ici simplement installé au poste d’entraîneur principal depuis son retour dans la rade cet été, a pris dès lors « la responsabilité du groupe professionnel » et « assurera la direction sportive de l’équipe jusqu’à nouvel ordre ». La formation varoise n’avait plus connu un tel début de saison depuis l’exercice de 2021-2022, moment où un certain Franck Azéma avait été invité à prendre les rênes de l’équipe sportive et remplacer Patrice Collazo.

    « Vous n’êtes pas

    des professionnels »

    Comme l’a révélé L’équipe, le président du RCT, Bernard Lemaître, a tenté de convaincre Pierre Mignoni que son départ « n’était pas la solution ». « La solution n’est pas chez lui, ni dans le staff, elle est chez les joueurs, et c’est à eux de la trouver », pointe le dirigeant toulonnais. Ce dernier s’est adressé, mardi matin, de manière sèche aux joueurs. « Je leur ai dit : “Vous n’êtes pas des professionnels, vous faites joujou. Vous donnez l’impression d’être professionnels, vous vous mentez à vous-mêmes. Vous faites semblant” […] À partir du moment où les joueurs sont à l’origine du départ de Pierre, je leur en veux », révèle-t-il, sans avoir sa langue dans sa poche.

    Avec la démission de Pierre Mignoni, définit par le président Lemaître comme « un pilier du projet RCT », les fondations de la stratégie post-formation, « dont on voyait enfin les effets », se retrouvent fragilisées. Contre Castres, le 19 septembre, une dizaine de joueurs formés au club était présents dans le groupe varois. Soutenu par le successeur de Mourad Boudjellal, l’ancien demi-de-mêlée toulonnais avait pourtant perdu l’adhésion d’une grande partie des supporters.

    Un certain nombre d’entre eux réclamait son départ depuis quelques semaines. « Il faut créer un électrochoc et je ne vois qu’une solution, que Mignoni s’en aille » ou « Mignoni, si tu aimes le club comme tu nous le dis, tu dois partir », pouvait-on notamment lire sur les réseaux sociaux. Au-delà du staff, les fidèles de Mayol déplorent le jeu développé par leurs héros sur le carré vert, surtout lors du dernier match à Montpellier.

    L’arrière Melvyn Jaminet, qui a notamment manqué d’efficacité dans l’occupation et face aux perches, est particulièrement décrié par les supporters. Il n’a plus inscrit la moindre pénalité depuis la deuxième journée de championnat contre La Rochelle.

    « Tous les buteurs du monde ont des périodes creuses. L’important, c’est de la rendre la plus courte possible », souligne Maxime Petitjean, responsable de la stratégie du jeu au pied au RCT, à nos confrères de Var Matin. « Melvyn, c’est ce qui se fait de mieux dans le monde au niveau du jeu au pied et, croyez-moi, il n’a pas perdu tout son génie en l’espace de trois semaines. C’est une période difficile à passer, mais il va retrouver la confiance », poursuit-il, en évoquant la possibilité que Jaminet puisse souffler un peu et voir, ainsi, le poste de buteur être confié à un autre joueur.

  • Amine Kessaci prêt à quitter la présidence de Marseille Habitat

    Amine Kessaci prêt à quitter la présidence de Marseille Habitat

    à la sortie de la salle vitrée du conseil d’administration de Marseille Habitat, Amine Kessaci le concède : « Ce n’est pas un moment très joyeux que de voir ses collègues voter contre nous. » Ce mardi après-midi, le très jeune président (EELV) du bailleur social de la Ville a essuyé un double camouflet, avec le refus des cinq autres élus marseillais (parmi les onze administrateurs) qui siègent dans l’instance d’approuver la nomination d’une nouvelle directrice générale, puis, dans la foulée, de laisser Amine Kessaci assurer lui-même l’intérim à cette fonction.

    Deux mois après l’éviction de l’ancien directeur général, Frédéric Pâris, la municipalité n’a en effet découvert que vendredi, au moment de l’envoi de l’ordre du jour du conseil d’administration, le profil de celle qui avait été sélectionnée pour lui succéder : l’ancienne directrice juridique de 13 Habitat. De quoi susciter des inquiétudes au sein de l’hôtel de ville, alors que le bailleur social du Département des Bouches-du-Rhône était pris dans une tourmente judiciaire. Malgré tout, le quatrième adjoint au maire a décidé de maintenir une candidature qu’il savait vouée à l’échec, et pour laquelle il a été le seul à voter favorablement.

    « Ce profil m’a été présenté par un cabinet de recrutement indépendant, qui a mené plus de 89 études sur des candidatures », défend Amine Kessaci, qui indique avoir agi « en conscience ». « Le jury de recrutement que nous avions réuni, la semaine dernière, n’avait soumis aucune alerte sur cette candidate, j’ai moi-même vérifié chacun des points », assure-t-il.

    « Aux côtés du maire »

    Alors, face à la presse présente à l’issue de la séance, il annonce : « Je tire les conséquences de cet échec au conseil d’administration et je présenterai dès ce soir au maire de Marseille ma démission de Marseille Habitat. Ce sera à lui seul de décider s’il l’accepte ou non. » Déclaration qu’il n’avait pas présentée dans le huis clos du conseil. « Je continuerai mon travail à Marseille, aux côtés du maire Benoît Payan », promet-il.

    En début de soirée, la municipalité phocéenne indiquait cependant que ni le maire, ni le conseil d’administration de Marseille Habitat n’avaient reçu « aucune démission formelle ». « Au vu de la situation délicate, des choix et des déclarations d’Amine Kessaci cet après-midi, un entretien avec le maire sera programmé la semaine prochaine pour évoquer sa proposition de démission et l’avenir du bailleur, dont le bon fonctionnement et la poursuite des projets sont la priorité de la municipalité », indique la Ville par communiqué. Tandis que le jeune militant contre le narcotrafic regrettait de ne pouvoir parler de la rénovation de 169 logements à la Paternelle, le bailleur doit aussi mener à bien sa recapitalisation. Quant aux agents, le syndicat CFTC discute d’une possible mobilisation en soutien au président de Marseille Habitat.

  • Démissionné à son insu, Christian Amiraty veut réintégrer le conseil

    Démissionné à son insu, Christian Amiraty veut réintégrer le conseil

    « Éric le Dissès a dû se dire : je vais l’emmerder un peu, c’est aussi nul que ça », soupire au téléphone l’ancien candidat (UCE) aux municipales à Marignane, Christian Amiraty. Le 27 mars dernier, l’ex-maire de Gignac-la-Nerthe arrivé troisième à l’issue du premier tour des municipales dans la commune voisine face au maire sortant d’extrême droite a appris que ce dernier avait accepté sa prétendue démission.

    « Quelqu’un de mon entourage a envoyé au directeur général des services un mail depuis ma boîte personnelle faisant état de ma démission », explique-t-il en reconnaissant des désaccords familiaux face à la charge d’un mandat. « Lorsque je l’ai appris, j’ai écrit une lettre manuscrite pour le contester et j’ai même reçu une réponse du directeur général des services qui me disait que ce mail ne pouvait pas être considéré comme une démission ! » Celle-ci doit en effet être manuscrite et signée, adressée directement au maire. Ce qui n’a pas empêché Eric le Dissès d’approuver cette prétendue démission. Tandis que son opposant n’était pas convoqué ni pour le débat d’orientations budgétaires le 9 avril dernier ni pour le vote du budget ce mercredi, le maire a demandé à la suivante sur la liste, Christelle Litime, de siéger, malgré ses réserves. Après avoir sollicité à plusieurs reprises les services de l’État, Christian Amiraty a donc saisi en référé le tribunal administratif, avec une audience prévue ce mardi matin. À gauche, l’opposante (PCF) Ariane Lombardi déplore : « Les Marignanais méritent mieux que ces débats vides de sens dans cette période compliquée. » Sollicitée, la commune n’a pas donné suite.

  • [Info La Marseillaise] Christian Amiraty saisit la justice pour réintégrer le conseil municipal de Marignane

    [Info La Marseillaise] Christian Amiraty saisit la justice pour réintégrer le conseil municipal de Marignane

    Saisi en référé par l’ancien maire (UCE) de Gignac-la-Nerthe, le tribunal administratif de Marseille doit décider ce mardi si Christian Amiraty peut réintégrer le conseil municipal de Marignane. Le maire d’extrême droite de la ville Eric le Dissès a en effet décidé, le 27 mars dernier, d’accepter une prétendue démission dont son concurrent aux municipales assure ne pas être à l’origine, et qui n’était pas conforme aux exigences réglementaires.

    «La réalité, c’est que quelqu’un de mon entourage a envoyé au directeur général des services un mail depuis ma boîte personnelle faisant état de ma démission, explique-t-il. Lorsque je l’ai appris, j’ai écrit une lettre manuscrite pour le contester et j’ai même reçu une réponse du directeur général des services qui me disait que ce mail ne pouvait pas être considéré comme une démission ! » Celle-ci doit en effet être manuscrite et signée, indique l’ancien édile qui n’a pas été convoqué ni pour le débat d’orientations budgétaires le 9 avril dernier, ni pour l’adoption du budget ce mercredi.

    Il dénonce donc une décision du maire prise en connaissance de cause. «Tôt ou tard, il faudra qu’il se fasse à l’idée que je suis là, j’ai plein de choses à dire pour ces six prochaines années », assène Christian Amiraty.

    Sollicitée, la municipalité marignanaise n’a pas donné suite.

  • Pierre Luciano élu à la tête de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume

    Pierre Luciano élu à la tête de la communauté d’agglomération Sud-Sainte-Baume

    Cette séance inaugurale avait pour objet l’élection du président et des vice-présidents par les 47 conseillers communautaires nouvellement (ré)élus.

    La séance a été ouverte par le président sortant, Jean-Paul Joseph, ancien maire de Bandol, qui a dressé le bilan de l’action communautaire depuis son élection en janvier 2025. Il s’agissait de son dernier conseil communautaire : il annoncera en effet, ce jeudi, sa démission du conseil municipal, après douze années passées à sa tête. « On a attaqué certains dossiers de manière frontale, mais relativement efficace », a-t-il lancé, reconnaissant que « tous ne sont pas résolus, comme le Grand Prix pour lequel il reste plusieurs dizaines de millions à rembourser, le contournement du Beausset, le dossier du Bol d’or, qui était normalement clos avec un contrat de 4 ans, mais qui pourrait se rouvrir. »

    Mais c’est surtout le dossier de l’eau qu’il a mis en avant, sujet qui « tient au cœur de beaucoup de citoyens et a fait couler beaucoup d’encre ». Admettant des défauts de communication et des difficultés sur plusieurs points, notamment la grille tarifaire et ses tranches, Jean-Paul Joseph a toutefois estimé que la marge de manœuvre pour répondre aux contestations citoyennes « arrive à nos limites. » Si une modification de la délégation de service public lui paraît nécessaire, il a dit espérer que celle-ci « n’aboutira pas à une annulation. Ce serait catastrophique en termes de conséquences et provoquerait des contentieux avec les délégataires (Veolia et Suez) et le bureau d’études. J’espère que les avenants seront suffisants pour avancer sur ce dossier. »

    « Être responsables et unis »

    Vint ensuite le temps de la transition, avec l’élection du nouveau bureau communautaire, dans un conseil profondément renouvelé : sept nouveaux maires sur neuf, seuls ceux du Castellet, René Castell, et d’Évenos, Blandine Monier, ayant été reconduits. Trois d’entre eux 
    -trois nouveaux- se sont portés candidats à la présidence : le maire (SE) de La Cadière-d’Azur, Robert Deledda, celui de Sanary-sur-Mer, Philippe Héno (DVD, ex-candidat Reconquête aux législatives de 2022) et Pierre Luciano (DVD, Saint-Cyr-sur-Mer). Une joute presque inédite pour l’Agglomération, habituellement en déficit de candidats.

    Avant de passer aux urnes, chacun parlait d’un « tournant », au vu du large renouvellement des sièges. Arrivé en 3e position au premier tour, le maire de La Cadière s’est retiré, laissant ses deux concurrents au coude‑à coude avec 17 voix chacun. à l’issue du 2nd tour, c’est Pierre Luciano qui a hérité du siège de président avec 26 voix, (19 pour Héno, 2 bulletins blancs). « C’est le moment d’être responsables et unis. Nous sommes 47 élus et nous serons tous impliqués dans le processus décisionnel », a-t-il promis. « Notre territoire a beaucoup d’atouts. Nous en avons tellement que nos métropoles voisines voudraient bien nous absorber. »

    Les délégations seront décidées lundi, lors d’une réunion du bureau nouvellement élu.

    LE BUREAU

    1er vice-président : Robert Deledda (SE), maire de La Cadière-d’Azur

    2e vice-président : Claude Halimi (SE), maire du Beausset

    3e vice-président : René Castell (DVD), maire du Castellet

    4e vice-président : Franck Bertoncini (DVD), maire de Bandol

    5e vice-président : Laurence Menichini (RN), maire de Signes

    6e vice-président : Philippe Heno (DVD), maire de Sanary

    7e vice-président : Jean-Yves Dolisi (SE), maire de Riboux

    8e vice-président : Blandine Monier (SE), maire d’Evenos

  • À Avignon, l’opposante Zinèbe Haddaoui démissionne

    À Avignon, l’opposante Zinèbe Haddaoui démissionne

    La composition des bancs de l’opposition de gauche a changé depuis le premier conseil municipal. En effet, plus de Zinèbe Haddaoui, ancienne adjointe aux sports de la précédente maire Cécile Helle (PS) et élue depuis 2014. À sa place était présent le nouveau venu Khalid El Yousoufi, colistier sur la liste de gauche, et initialement sur celle de Mathilde Louvain (LFI) au premier tour.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux ce samedi 18 avril, l’ancienne du PS explique qu’elle est « arrivée au bout de ce que je peux apporter dans le cadre actuel ». Et décrit une perte de sens dans son action politique car « le rythme, les codes, les rapports de force et les stratégies de couloir ont fini par faire oublier à certains l’essentiel : ceux pour qui nous agissons au quotidien », avec des « règles du jeu qui ne servent plus l’esprit d’équipe, mais des ambitions personnelles ». Tout en confiant que ce départ « n’est pas un retrait, mais juste un retour aux sources », sans en dire plus.

    Une décision qui n’a pas fait réagir dans l’Hôtel de Ville, ce lundi soir. Mais c’est une autre ancienne conseillère municipale d’opposition, Christine Lagrange (EELV), qui était pourtant sur la même liste que Zinèbe Haddaoui au second tour, qui porte publiquement un regard critique, également sur ses réseaux sociaux. Après avoir rappelé que l’ancienne adjointe a adhéré au PS en 2024 et l’a quitté en 2025 après avoir perdu l’investiture contre David Fournier, elle pointe une « éthique à géométrie variable », estimant qu’« on ne peut pas fustiger les partis après avoir tenté de s’en servir comme d’un tremplin personnel », conclut-elle.

  • [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    Le maire (DVG) de Marseille a remis sa démission de son poste de conseiller départemental à la présidente du Département et au Préfet ce lundi matin. Elu en 2021 en binôme avec Sophie Camard (GRS), il sera remplacé dans l’hémicycle départemental par Ahmed Heddadi (Les radicaux de gauche) qui était son suppléant. « Ahmed Heddadi a toute sa confiance pour mener cette mission et défendre les intérêts de Marseille au sein du Conseil départemental », indique son entourage.

    Cette démission sera effective lors du prochain conseil départemental qui aura lieu le 14 avril. Si le maire n’y a guère siégé depuis quatre ans, ce choix est motivé par la nécessité de se « concentrer sur Marseille et son rôle de maire à plein temps », poursuit-on du côté de l’Hôtel de Ville, soulignant que la nouvelle gouvernance qui se dessine à la Métropole suite aux élections municipales et les questions qui vont se poser, nécessiteront un travail et une attention accrue.