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  • Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Déclenchée à 16h dimanche, la vigilance orange orages, pluie et inondation s’est achevée lundi à 3h du matin. Entre temps, les importants cumuls d’eau tombés sur le Var, notamment sur le littoral, ont provoqué de sérieux dégâts. 50 000 foyers ont été privés d’électricité, dont 15 000 sur le secteur Six-Fours – Sanary. Il n’y en avait plus que 1300 lundi midi. Entre 20h et minuit, le SDIS 83 a traité plus de 500 appels et réalisé 300 reconnaissances, 165 interventions, 6 sauvetages (véhicules immergés) et 72 mises en sécurité. 105 engins ont été mobilisés en plus de l’hélicoptère de reconnaissance Dragon 06. Aucune victime n’est heureusement à déplorer.

    Procédure de catastrophe naturelle enclenchée

    Parmi les villes les plus touchées, Toulon, où on recense 122 mm de pluie, dont 90 mm en une heure, un record. Le quartier du Pont de Las a particulièrement souffert, avec des centaines de logements et caves inondés et des voitures immergées. L’école des Œillets, seul établissement touché, rouvrira ses portes jeudi. Le rez-de-chaussée du centre Mayol n’a pas pu ouvrir, de nombreuses boutiques ayant subi des dégâts.

    Dans la même zone, le match entre le RC Toulon et La Rochelle a dû être annulé, malgré la décision originelle de la Préfecture de le maintenir. Les 13 000 supporters présents au stade Mayol ont été évacués sans incident, mais non sans colère : « La Préfecture nous a rassuré quant aux conditions de sécurité, alors que le match aurait dû être annulé bien avant,. C’est de l’inconscience et de la mise en danger de la vie d’autrui ! », pestait notamment Frédéric, venu de Draguignan, ville plutôt épargnée, à l’image du centre-Var dans son ensemble. Au total, six secteurs ont fait l’objet, tout au long de la journée, d’opérations de recherche, d’assistance et de pompage sur les communes de La Garde (où le plafond de l’EHPAD du Mas de Senes s’est effondré) – La Valette ; La Seyne – Ollioules ; Saint-Cyr – Evenos – Le Beausset ; Sanary – Six-Fours ; Toulon et Toulon Ouest. Plusieurs communes ont ainsi déclenché le plan communal de sauvegarde (Toulon, La Farlède, La Valette-du-Var, La Garde).

    Le Haut-Var et le massif de la Sainte-Baume ont aussi subi d’importants cumuls, avec 136 mm à Signes, 95 mm à Saint-Maximin et 96 mm à Varages. Mais c’est au Castellet qu’on a déploré les plus fortes quantités de pluie, avec 148 mm, dont 127 mm en trois heures, records absolus. Le réseau de défense incendie est notamment impacté.

    En conséquence, le préfet a décidé d’enclencher la procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ce lundi.

  • À l’Estaque, murs effondrés, torrents de boues et bois calcinés

    À l’Estaque, murs effondrés, torrents de boues et bois calcinés

    « Cette fois c’est vraiment un carnage ! » L’énorme incendie du 8 juillet avait épargné une partie du Pôle Nord, structure culturelle du 16e arrondissement. « Le local où on avait remisé tout le matériel s’est rempli de boues. C’est arrivé extrêmement vite, ça coulait de partout », explique Toon, en plein écopage.

    Le torrent a traversé la route. Le mur qui jouxte les voies ferrées de la gare a « littéralement explosé sous la pression, vers 19h » témoigne également Thomas. « Le niveau est monté à 1,20m. Les trains sont restés bloqués par les pierres et la boue que la force de la vague a traînées sur les rails », complète un expert en ouvrage de SNCF réseau venu évaluer les dégâts. Montée Bovis, les habitants déblaient la chaussée d’une masse de terre, de bois brûlé et de briques alors que des agents de la Seramm remplacent une plaque de bouche d’égouts embarquée par le flux. « C’est le mur une dizaine de mètres plus haut qui a cédé. Un véritable tsunami est entré dans ma maison », détaille Salah. En désignant l’avaloir bouché, devant les vestiges brûlés d’une autre villa, il s’interroge : « On est tous responsables, collectivement, propriétaires et collectivités. Est-ce qu’on a fait les entretiens nécessaires ? Et avec l’incendie qui a ravagé la végétation, il n’y a plus rien qui retient, tout a dévalé des collines. »

    Revoir les équipements

    Chemin du Marinier, autre zone particulièrement sinistrée par l’incendie, les ruissellements ont charrié d’énormes morceaux de bitume jusque sous le tunnel. Les voitures contournent prudemment la chaussée éclatée d’où surgit la fonte des canalisations. Des tronçons de bois ont été dégagés sur les côtés. Dominique s’est équipée pour filer la main à un couple de retraités dont la cour et la maison sont pleines de boues. Elle maintient difficilement sa colère : « On avait alerté sur les risques avec les pluies dès le lendemain des feux. Mais voilà, on va encore se débrouiller avec nos assurances. » En bas du vallon, des odeurs de suies et d’humidité émanent d’une épaisse mare noire qui couvre le chemin de la Nerthe. Au numéro neuf, un tas de terre a été déblayé de la maison à l’intérieur de laquelle Lamia et Joseph s’épuisent à écoper 60 cm de boue depuis 3 heures du matin. « Tout est foutu », désespère le retraité. Au rond-point de Saumaty, un bout de colline s’est effondré a laissé béante une canalisation en béton. Habitante du quartier et élue municipale, Lydia Frentzel estime « l’urbanisation accélérée sans que les réseaux d’eaux et routiers soient adaptés. Il faut arrêter de construire et prévoir un plan d’action pour les écoulements ».