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  • [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    Après une journée à débattre d’incidents de nullité, le président de la cour Fabrice Naudé a invité les prévenus à « jeter les bases de leur ligne de défense ».

    Premier à s’exprimer, Xavier Cachard, avocat du syndic de copropriété et propriétaire au numéro 65 rue d’Aubagne. Il s’en est d’abord pris à la « presse qui titrait lundi “le procès de la cupidité et du mépris” ». « Je ne peux pas entendre que j’étais indifférent aux parties civiles ni que j’ai tout fait pour retarder les travaux et que je me suis enrichi sur la misère ! Il n’y a ni cupidité ni enrichissement », a clamé M. Cachard qui a réfuté aussi que son appartement fut un taudis. Sa maladresse éclate pour expliquer qu’il n’a jamais empêché la prise d’un arrêté de péril. « Je tutoie Julien Ruas. Si je veux empêcher un arrêté, je l’appelle, mais ça n’existe pas, je ne le ferai jamais. » On a vu meilleure entrée en matière.

    « Je veux démontrer que je n’ai commis aucune faute pénale », susurre l’architecte Richard Carta qui a constaté le péril grave imminent mais a abandonné les habitants dans l’immeuble, pour vite aller dans un avion pour Copenhague. « Le 18 octobre, il ne m’est apparu aucun élément me permettant d’envisager un effondrement pour décider l’évacuation des habitants. »

    Julien Ruas se livre tout en douceur à ses juges. L’ancien adjoint en charge de la gestion des risques s’incline sur les huit morts. « Je ne peux pas venir devant vous sans une pensée pour les victimes de la rue d’Aubagne et le fait que j’ai fait appel n’y enlève rien. » Il souligne à la cour qu’il a été relaxé en première instance sur quatre manquements mais condamné pour n’avoir pas lancé de travaux d’office. « Mais nous ne pouvions pas mobiliser les fonds disponibles sur le 65 », assure-t-il.

    En marge du procès, le maire de Marseille a répondu lundi soir au Collectif du 5 novembre et aux autres associations qui dans une tribune parue le 8 octobre dans La Marseillaise, lui demandaient d’encadrer la protection fonctionnelle accordée à Julien Ruas. Selon nos informations, la Ville a versé plus d’un demi-million d’euros à la défense de M. Ruas : 209 000 euros partagés entre les trois premiers avocats de M. Ruas au cours des quatre années de la phase d’information judiciaire. Puis la Ville s’est acquittée de 156 000 euros d’honoraires pour les deux avocats du procès de première instance. Le même montant a été versé pour le procès en appel, ce qui porte à ce jour l’ardoise totale de cette protection fonctionnelle décriée à plus de 521 000 euros.

    « Je partage votre colère face à l’indécence des sommes en jeu », reconnaît le maire qui dit ne pas se résoudre « à ce que l’argent des Marseillaises et des Marseillais doive financer les sommes exorbitantes destinées à la défense de celles et ceux qui, par le passé, n’ont pas été à la hauteur de leur mission ». Le maire dit s’être employé à « limiter autant que possible les frais pris en charge en écartant plusieurs factures d’honoraires présentés par l’ancien élu qui étaient manifestement excessives ». Selon nos informations, la Ville a réduit non pas d’un tiers, mais de la moitié les montants des factures initialement présentées.

    Benoît Payan s’en remet au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour réformer par décret le régime de la protection fonctionnelle en fixant un « plafond national » et pour que ne soient pris en charge que des « montants strictement nécessaires et proportionnés à l’exercice effectif des droits de la défense ».

    « Que l’on arrête de nous balader avec des éléments de langage compassionnel et onctueux, et que l’on mette en place les outils réels et la transparence de l’administration pour rétablir un peu d’équité devant la justice », lui ont répondu lundi les associations. « Un plafonnement sur simple décision du conseil municipal peut suffire. »

  • À Marseille, l’ultime procès de la tragédie du 5 novembre 2018 s’ouvre

    À Marseille, l’ultime procès de la tragédie du 5 novembre 2018 s’ouvre

    Le procès en appel des effondrements tragiques de la rue d’Aubagne, survenus le 5 novembre 2018, s’ouvre ce lundi à 14h, à Marseille, dans la même salle des procès hors-norme de la caserne du Muy où les faits ont été jugés il y a deux ans.

    Le jugement de première instance, rendu le 7 juillet 2025, avait tranché, en 777 pages, en faveur de la culpabilité de dix protagonistes et prononcé la relaxe de six autres dans la mort de Simona Carpignano, Oulouma Said Hassani, Taher Hedfi, Mohamed Cherif Zemar, Julien Lalonde-Florès, Pape Magate Niasse, Fabien Lavieille et Marie-Emmanuelle Blanc. Mal accueillie tant par les collectifs et les 101 parties civiles que par certains prévenus, cette décision a également été frappée d’appel par le parquet. Seule la relaxe d’un cadre de Marseille Habitat est définitive. La Ville, partie civile irrecevable, pourrait néanmoins intervenir dans les débats.

    La chaîne des défaillances

    Sur le banc des prévenus, qui feront face au président de la cour d’appel, Fabrice Naudé, treize personnes, une société d’économie mixte et un syndic composent la chaîne complexe des défaillances et des fautes accumulées qui ont conduit à l’effondrement soudain et inéluctable, le 5 novembre 2018 à 9h07, des immeubles des 63 et 65 rue d’Aubagne, en péril, avec leurs huit occupants.

    Tous répondent de blessures involontaires et homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence, et pour certains propriétaires, de mise en danger de la vie d’autrui et de soumission à des conditions d’habitat indigne.

    Trente-cinq journées d’audience sont prévues, contre vingt-neuf en première instance, pour cerner les responsabilités dans l’effondrement d’un immeuble dégradé criblé d’arrêtés de péril et d’alertes ignorées. En cause, une litanie de dysfonctionnements, de fautes caractérisées mêlant la négligence, l’incompétence, la désinvolture, les calculs économiques, l’indifférence certaine. Le réquisitoire de l’avocat général, Franck Lagier, est prévu le 11 décembre.

    Le jugement mi-chèvre mi-chou, prononcé le 7 juillet 2025 par le tribunal correctionnel, a relaxé la SEM Marseille Habitat, propriétaire du 61 rue d’Aubagne, et ses deux cadres, Christian Gil et Christian Coulange (la relaxe de ce dernier est définitive). Les juges ont également relaxé Sylvie Coellier, propriétaire bailleuse au n° 65, estimant qu’elle n’avait pas délibérément voulu mettre en danger ses locataires, ainsi que Michèle Bonetto et son fils Alexis.

    Le tribunal correctionnel avait reconnu coupable les trois membres de la famille Ardilly et leur SCI pour leur « désintérêt total et constant aux problèmes structurels » du n° 65 et du taudis loué à une mère de famille décédée. Le tribunal avait fustigé par quatre ans de prison, dont deux ferme, la « stratégie d’obstruction » de Xavier Cachard, avocat, propriétaire et vice-président de la Région, ainsi que sa SCI, qui a tout fait pour retarder les travaux. Pour sa négligence grossière, son indifférence au sort des locataires, son calcul économique, le cabinet Liautard avait écopé de 100 000 euros d’amende et son gestionnaire, Jean-François Valentin, de trois ans de prison avec sursis et de 8 000 euros d’amende.

    Pour s’être « désintéressé du sort de l’immeuble et de ses occupants », l’architecte Richard Carta, qui a bâclé son expertise, pressé de partir en congés le lendemain de sa visite, avait écopé de deux ans de prison avec sursis et de l’interdiction définitive de réaliser des expertises. Une mansuétude qui a choqué les familles, tout comme celle dont a bénéficié Julien Ruas, l’ex-adjoint de Jean-Claude Gaudin délégué à la gestion des risques, condamné à deux ans de prison avec sursis, à 47 amendes à 100 euros et à cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique, alors que le jugement souligne « sa passivité », ne s’étant « aucunement mobilisé pour concevoir et impulser une politique volontariste, efficace, organisée et coordonnée de lutte contre les immeubles en péril ».

    La cour d’appel va tout remettre à plat.

    « Ce n’est pas normal que
    la deuxième ville de France soit devenue
    la capitale
    de l’habitat indigne »

  • À Marseille, Aubagne et Cabriès, les mineurs bannis la nuit

    À Marseille, Aubagne et Cabriès, les mineurs bannis la nuit

    C’est le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), qui a grillé la politesse au préfet de région, encore en train de rédiger son arrêté, ce mardi 20 octobre. L’élu a annoncé en fin de matinée la mise en place d’un couvre-feu partiel, le soir, à partir de 22h.

    La mesure concerne « uniquement les mineurs et exclusivement les zones commerciales de notre ville, particulièrement touchées par les pillages survenus ce week-end et menacées si nous devions vivre de nouveaux épisodes de violences », a dévoilé Benoît Payan. Le maire de Marseille estimant que « cette décision, si elle peut soulager les commerces et faciliter le travail des forces de l’ordre, doit être accompagnée d’un déploiement suffisant de forces de police sur l’ensemble de la ville ».

    L’arrêté préfectoral, finalisé dans l’après-midi, indique qu’à « l’issue des échanges entre le préfet et le maire de Marseille », un couvre-feu est instauré de 22h à 5h jusqu’à vendredi inclus dans des secteurs « identifiés ». Sont concernés l’hyper centre-ville, du Centre Bourse au quai des Belges en passant par le cours Pierre-Puget, la rue de Rome et le bas de La Canebière, mais aussi les grands centres commerciaux comme les Terrasses du Port, Grand Littoral, Bonneveine ou la Valentine. Les trottoirs, espaces de livraison, locaux techniques ou stationnements autour de ces derniers font partie du périmètre.

    D’autres communes sont aussi sous le coup de cet arrêté, avec la zone des Paluds à Aubagne, et celle de Plan-de-Campagne, à l’exception du cinéma, à Cabriès.

    Les adolescents non accompagnés de leur représentant légal et qui auraient envie de faire du shopping la nuit sont prévenus : ils sont passibles d’une amende de 4e classe, 90 euros minimum, le préfet Jacques Witkowski assurant que « les forces de sécurité nationales et municipales » seront mobilisées. Suite aux violences survenues samedi, Benoît Payan s’était interrogé sur la nature des consignes données aux forces de l’ordre et avait déploré leur nombre selon lui insuffisant. Attendu en début d’après-midi lundi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, avait fini par se rendre dans la cité phocéenne dans la soirée, histoire d’éteindre la polémique.

    L’armée, le GIGN et le Raid

    Concrètement, sur les promesses du ministre de mettre en place davantage de forces de l’ordre à Marseille pour encadrer la manifestation prévue ce samedi 24 octobre, rien n’est encore calé. Il s’agirait notamment de compagnies mobiles que Beauvau doit encore valider, nous confie une source policière ce mardi, sans être en mesure de quantifier pour le moment ces effectifs. « Samedi et dans les jours qui viennent, je serai aux commandes et comptez sur moi pour être extrêmement ferme », a martelé Laurent Nuñez lors des questions au gouvernement, mardi après-midi. Prévoyant d’être confronté au « même type de casseurs », il compte déployer l’armée avec les forces sentinelles, et « d’autres forces comme la BRI, le Raid, le GIGN, pour chercher ces groupes épars », précise-t-il.

    La mise en place du couvre-feu a réjoui la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, « une première décision nécessaire face aux violences et aux pillages », estime-t-elle avant d’appeler à « une fermeté absolue ». Pour Hendrik Davi (L’Après), député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, « la solution doit être politique » et « réside dans la justice sociale et le respect des libertés fondamentales ». Et l’élu d’appeler à la mobilisation syndicale du 5 novembre.

    Dans un communiqué commun ce mardi, Amapola Ventron, maire de Cabriès, et Romain Amaro, maire des Pennes-Mirabeau, renouvellent « leur demande à l’État de déployer des moyens militaires sur la zone commerciale, comme il l’a déjà fait à de nombreuses reprises : mise en place d’un dispositif de type Vigipirate et déploiement de militaires de l’opération Sentinelle. »

    ET AUSSI

    Couvre-feux également à Paris et Lyon

    Un nouveau couvre-feu a été instauré à Paris, autour de la place de la République et des Halles, de mardi 23h jusqu’à mercredi 6h. Le préfet du Rhône a reconduit le couvre-feu dans l’hypercentre de Lyon, à partir de mardi 21h jusqu’à 6h mercredi, estimant que cette mesure ciblée avait « contribué au calme », a annoncé la préfecture.

    Un homme fiché S interpellé à Limoges

    Dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges, un homme, fiché S et connu pour son appartenance à l’ultragauche, a été interpellé en Haute-Vienne. La sous-direction antiterroriste (SDAT) a été saisie.

    Nuñez accuse LFI qui rétorque

    Laurent Nuñez a reproché mardi aux Insoumis d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » en accusant le ministre de l’Intérieur « de manipuler les services de renseignements pour les diriger contre La France insoumise » lors des événements violents du week-end. Mediapart a publié une enquête lundi soir dans laquelle il assure que le ministre de l’Intérieur a donné des consignes à ses services pour faire de LFI le bouc émissaire du « fiasco » du week-end de violences, citant notamment un commissaire du renseignement territorial qui affirme qu’il lui a été demandé « texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT », les renseignements territoriaux. Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement a dénoncé mardi matin « un scandale d’État » et annoncé saisir la Cour de Justice de la République.

    L’ONU condamne « tous les actes de violence »

    Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a condamné mardi « tous les actes de violence » survenus lors de manifestations ces derniers jours en France et d’autres pays européens, et a appelé les parties prenantes à « apaiser les tensions ». « Les manifestations de grande ampleur qui se déroulent en Albanie, en Belgique, en France, en Italie et au Portugal suscitent des préoccupations en matière de droits humains. Je condamne tous les actes de violence et j’appelle toutes les parties concernées à apaiser les tensions et à empêcher toute nouvelle violence », a déclaré Volker Türk dans un communiqué. « Les gens ont le droit de manifester pacifiquement et de faire entendre leurs voix. Les États doivent faciliter l’exercice de ces droits », a-t-il ajouté, déplorant à la fois les actes de vandalisme et une réponse parfois « excessive » des forces de l’ordre.

  • [Entretien] Didier Choupay : « Difficile de dire à des joueurs de se préparer sans les aligner »

    [Entretien] Didier Choupay : « Difficile de dire à des joueurs de se préparer sans les aligner »

    La Marseillaise : Vous avez pris vos fonctions de directeur sportif du collectif France senior masculin en janvier 2026. Quelles ont été vos intentions depuis ?

    Didier Choupay : Lorsque je suis arrivé, le collectif masculin comptait douze joueurs. J’ai souhaité réduire cet effectif à sept pour concentrer davantage les moyens sur un groupe restreint, favoriser les déplacements et permettre aux joueurs de participer ensemble à plusieurs compétitions. Lorsqu’on dispose d’un groupe aussi important, mais que seuls quatre joueurs sont finalement alignés en compétition, chacun avait peu d’occasions de se mesurer à la concurrence sur des compétitions majeures. Cela faisait peser une pression importante sur les athlètes, qui devaient être performants au bon moment sans véritable possibilité de se rattraper. Certains peuvent même être pénalisés dans leur club, où on leur reproche parfois d’avoir intégré l’équipe de France sans jouer. En les suivant sur plusieurs rendez-vous majeurs, je pouvais apprécier plus justement leur niveau et leur régularité. Cette première année devait donc me permettre de dresser un état des lieux précis avant d’envisager, pour la saison suivante, un collectif de huit à dix joueurs, en fonction des performances et des enseignements tirés.

    Comment analysez-vous ces prochains championnats du monde en Thaïlande du point de vue de l’équipe de France ?

    D.C. : On se doit d’être au rendez-vous, car les attentes sont toujours élevées. À l’époque où la France était la nation numéro un, elle n’avait pas de raison de craindre la concurrence. Depuis quelques années, nous rencontrons davantage de difficultés. Certaines nations émergent et d’autres nous ont dépassés sur certains aspects. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Aujourd’hui, nous cherchons à comprendre les raisons de cette situation et à identifier les leviers de progression. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, notamment le renouvellement des joueurs, la qualité de notre préparation en amont et notre capacité à nous adapter à une concurrence qui évolue très rapidement.

    Vous avez sélectionné Mickaël Bonetto, Yohan Cousin, Ludovic Montoro et Christophe Sarrio. Qu’est-ce qui a motivé le choix
    de ces quatre joueurs
     ?

    D.C. : Les quatre joueurs sélectionnés ont évolué ensemble toute l’année et se sont montrés performants malgré le contexte. En juillet, lorsque l’affaire des paris sportifs a éclaté, la Fédération a décidé que les joueurs concernés [Dylan Rocher, Henri Lacroix, Ligan Doerr et Jean Feltain, ndlr] ne participeraient pas aux compétitions avec le maillot de l’équipe de France. Cette décision ne m’a donc pas permis de les faire jouer ensemble. Concrètement, je n’ai pas eu l’occasion de voir Dylan Rocher évoluer une seule fois avec l’équipe de France sur l’année, pas plus qu’Henri Lacroix. Dans ces conditions, il était difficile de demander à des joueurs de se préparer sans pouvoir les aligner, puis de devoir les remplacer au dernier moment. En plus, imaginez que des éléments venaient à démontrer leur culpabilité, ils pourraient se voir retirer leur titre de champions du monde. Cela risquerait de ternir encore davantage l’image de la France. À mes yeux, c’était un risque qu’il ne fallait pas prendre. Les quatre joueurs retenus se sont investis, ont pris des congés et sont restés disponibles. Puisqu’ils avaient joué ensemble toute l’année, leur sélection s’inscrivait dans une certaine logique. J’ai également estimé qu’ils avaient été performants. Je suis convaincu qu’un athlète doit pouvoir démontrer son niveau lorsqu’il est au sommet de sa forme. À l’inverse, ne pas donner sa chance à un joueur performant peut finir par entacher sa motivation et sa confiance. Il est donc essentiel de reconnaître les performances de chacun et de permettre aux athlètes de saisir leur chance au bon moment.

    Pourquoi ne pas avoir officialisé leur sélection plus tôt ?

    D.C. : Lorsque l’affaire des paris sportifs a éclaté en juillet, nous avons envisagé différentes possibilités. La fédération s’était portée partie civile pour avoir accès au dossier, mais nous ne l’avons reçu qu’en octobre, un mois avant le championnat du monde. Il était alors difficile de modifier la sélection, d’autant que les joueurs concernés n’avaient pas évolué ensemble durant l’année. Ce choix ne s’est pas fait par défaut. Je crois en cette équipe et je suis convaincu qu’elle peut viser la médaille d’or. Je regrette toutefois que la sélection définitive n’ait pas été maintenue au 5 août, comme prévu initialement. Mais la Fédération avait ses propres contraintes et responsabilités.

    Mais n’y a-t-il pas un problème de temporalité, selon vous, quand le président fédéral Michel Le Bot annonce, deux jours seulement avant l’annonce officielle de l’équipe, que Dylan Rocher, Henri Lacroix et Jean Feltain sont de nouveau sélectionnables ?

    D.C. : Sur le plan de la communication, il y a effectivement eu un problème de calendrier. La sélection aurait dû être annoncée début août et je m’y étais personnellement engagé. Pour moi, le respect des engagements que nous prenons est essentiel. En respectant la date du 5 août, les sélectionnés auraient pu jouer de manière plus tranquille et sereine sur les trois mois et demi suivants. Ça ne leur a laissé qu’un mois de sérénité finalement. Cette situation doit nous servir de leçon. Nous devons être plus transparents. Je ne pense pas que nous ayons menti, mais nous n’avons pas été suffisamment bons dans la gestion du calendrier.

    On a l’impression que Philippe Quintais, directeur sportif du collectif féminin, ne pouvait pas agir concrètement au sein de son groupe. Est-ce que vous ressentez cela chez les masculins ?

    D.C. : Concernant Philippe, je pense qu’il est difficile de prendre position sans connaître tous les tenants et les aboutissants, ni avoir participé aux discussions, ni quels engagements ont été pris. Pour ma part, la mission confiée par la Fédération, en tant que directeur sportif, était d’amener les joueurs à leur pic de forme pour les championnats du monde. J’ai eu la liberté de travailler comme je le souhaitais, sans qu’on me mette de bâtons dans les roues. Je considère que lorsqu’on confie une mission à quelqu’un, il faut lui faire confiance et lui laisser la possibilité d’aller au bout de son travail, quitte à faire le bilan en fin de saison. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, chacun doit pouvoir en assumer les conséquences. Cette première année a aussi été une période d’immersion. Il fallait que je découvre le fonctionnement de la Fédération et que je m’adapte à un nouveau collectif. L’année prochaine, je pourrai proposer une vision plus affirmée, avec des orientations à moyen terme, sur quatre ou cinq ans.

    Est-ce que vous serez sur la chaise de coach en Thaïlande ?

    D.C. : Lorsque j’ai accepté la mission de directeur sportif, il n’était pas prévu que j’y sois, même si nous savions que la question finirait par se poser. Jean-Claude Boiron [responsable du collectif France seniors masculin, ndlr] a toujours souhaité poursuivre son rôle. Il possède de réelles compétences en pétanque, même si son expérience du jeu provençal semble parfois prendre le dessus dans le regard des autres. Si on avait pu partager le banc ensemble, il serait sûrement plus légitime aux yeux des passionnés. Nous avions déjà demandé à être deux sur le banc lors des championnats d’Europe, mais la Confédération européenne de pétanque (CEP) avait refusé. Elle ne l’a accepté que pour le mixte, ce qui m’a permis d’échanger plus facilement sur le banc avec Ludovic Pereira. Nous avons donc renouvelé notre demande auprès de la Fédération internationale, mais la question doit être étudiée en commission de direction et j’espère qu’elle recevra une réponse favorable.

  • Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Avec 44 à 47 000 logements indignes recensés à Marseille, 3 700 signalements l’an dernier et « 2 700 à date », la charte signée ce lundi 5 octobre entend faire bon usage des saisies judiciaires dans le cadre de la lutte contre les marchands de sommeil, a expliqué le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski.

    Depuis la loi Elan du 23 novembre 2018, la confiscation des biens immobiliers « ayant servi à commettre l’infraction de soumission à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine » est devenue obligatoire. Problème, entre la décision judiciaire et le moment où l’Agrasc (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués), soit l’État, devient propriétaire, il peut se passer « plusieurs années » reconnaît Charlotte Hemmerdinger, directrice de l’agence. Histoire d’en gagner quelques-unes, cet accord passé avec le tribunal judiciaire, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Ville de Marseille, la Spla-In (société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix Marseille), Euroméditerranée et l’EPF (Établissement public foncier) proposera prioritairement les logements aux collectivités locales pour améliorer l’offre de logements sociaux.

    Plus de fluidité

    De quoi éviter aussi que le bien devienne « inexploitable » car trop dégradé et gagner en « fluidité », précise le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. L’Agrasc n’ayant de toute façon pas le budget pour réhabiliter et reloger précise sa directrice.

    Une liste sera soumise aux partenaires, à chacun de s’en emparer. « Cela peut paraître technique, mais ces procédures sont utiles. La lutte contre les marchands de sommeil est un axe majeur de la politique de la ville », estime Audrey Garino (PCF), adjointe au logement et déléguée à la Lutte contre l’habitat indigne à la Métropole.

    Sur les 21 biens immobiliers saisis par l’Agrasc, 7 relèvent de l’habitat indigne. Parmi eux, le 179 avenue Roger-Salengro (15e), détenu par Gérard Gallas, ancien flic de la police aux frontières, « un des marchands de sommeil les plus flamboyants de Marseille », selon Nicolas Bessone, qui purge une peine de 4 ans ferme. L’Agrasc en est propriétaire depuis 2023 et la charte pourrait permettre d’accélérer le mouvement et trouver un bailleur, espère Valérie Robert, directrice de l’Aménagement à la Spla-In.

    Restent des habitants pris au piège. En décembre dernier, dans une autre propriété de Gérard Gallas, au 85 boulevard Viala (15e), un incendie s’était déclaré malgré l’alerte sur l’état d’insalubrité donné depuis deux ans par le collectif Réseau Hospitalité. Selon la préfecture, 21 personnes ont été relogées. Là encore, la charte pourrait permettre d’intervenir plus rapidement, avec une prise en charge des occupants dans les six mois, assure Audrey Garino.

  • Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Le président Thierry Trottier a dressé, vendredi, un bilan d’activité spectaculaire du tribunal administratif de Marseille. En trois ans, le nombre de recours a doublé, passant de 12 000 à 21 500 requêtes pour 45 magistrats, 53 agents et 11 aides à la décision.

    « C’est un tribunal harassé que vous avez devant vous », a-t-il lancé. Plus de 20% des référés de toute l’année ont été enregistrés et traités en juillet et août. « Le dévouement, le travail de week-end ou la réduction des vacances ne sont pas extensibles à l’infini. Nous avons atteint nos limites », alerte le chef de juridiction, qui réclame des « effectifs conséquents » et salue « la mobilisation extraordinaire du personnel ».

    Ainsi, à Marseille, les référés ont « littéralement explosé » en contentieux des étrangers, avec 368% d’augmentation ! « Rien que cette semaine, nous avons enregistré 200 requêtes en référés étrangers. » En cause, le dysfonctionnement de la plateforme ANEF, la simplicité à saisir le juge avec des recours sans avocat et rédigés avec l’IA, mais surtout, lance le président en s’adressant au préfet, « le fonctionnement du service des étrangers de votre préfecture » car « ces recours émanent d’étrangers auxquels il n’est pas répondu dans les délais et surtout à qui on ne délivre pas de récépissé ou d’attestation de prolongation d’instruction de leur demande. Des personnes qui parfois perdent leur travail, leur stage ou leurs droits sociaux ».

    Thierry Trottier a aussi déploré une baisse de 35% des médiations, pointant là encore l’état avec « des refus croissants des administrations d’entrer en médiation ». « Je le regrette d’autant plus que nous avons parfois signé des conventions nous engageant mutuellement à favoriser ce mode de règlement des litiges. »

    « Des constats,

    pas des allégations »

    La rapporteure publique, Audrey Houvet, a ensuite évoqué des décisions touchant le centre de rétention du Canet, des commissariats de police et des établissements pénitentiaires, afin « d’assurer le respect en toutes circonstances des personnes privées de liberté, de leur dignité et en premier lieu de leurs besoins primaires, la soif, la faim, l’hygiène et la sécurité ».

    Invitée d’honneur de cette audience solennelle, Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté depuis 2020 : « Vous avez rendu des décisions d’une énorme importance, pas seulement pour les détenus. Je me souviens d’un jeune autiste qui était retenu en soins sans consentement alors qu’il avait été normalement admis dans une maison spécialisée, mais faute de place, il végétait totalement dans un service de psychiatrie ».

    Alors que son mandat s’achève en octobre, Dominique Simonnot a dit le « bonheur » ressenti à des décisions des juridictions administratives après ses recommandations en urgence, sur l’infirmerie psychiatrique, de la préfecture de police de Paris et le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe. « En tant qu’autorité administrative indépendante, nos recommandations se fondent sur des constats, pas des allégations. Dans les dernières semaines qui me restent, j’essaierai de peser, de dire qu’il faut plus de magistrats administratifs, plus de moyens », a-t-elle conclu.

  • L’Orange Football Club autorisé à retourner sur le pré

    L’Orange Football Club autorisé à retourner sur le pré

    Au stade Clapier, les minots de l’Orange Football Club (OFC) peuvent depuis ce mercredi à nouveau taper dans le ballon, malgré les poteaux de rugby qui ornent les lignes d’en-but. Après un accord avec la nouvelle municipalité (RN), l’organisation a de nouveaux accès au stade Clapier en ce début de saison.

    Une bonne nouvelle pour la structure, qui l’a annoncé le jeudi 27 août sur ses réseaux sociaux. Une « petite reprise », concède Hamid Chouly, président de l’association sportive, avec pour l’heure une centaine de licenciés, contre 300 auparavant. Seul le foot animation sera concerné par la reprise, soit jusqu’à 13 ans. « C’est une année test pour prouver qu’on est capable de le faire et de montrer que tout se passe sans soucis. On pourra grandir et accueillir plus de monde », poursuit avec ambition Hamid Chouly.

    Une partie des jeunes sont partis au nouveau club de la Cité des Princes, l’Olympique Club Orangeois, créé l’an dernier. Mais aucune des deux structures n’a de catégories au-dessus des U 14. « On aimerait mettre cela en place dans les années à venir. Il vaut mieux que les enfants et ados soient sur le terrain que dans la rue. Beaucoup de jeunes viennent des quartiers populaires et n’ont pas les moyens d’aller dans les communes voisines, comme Camaret ou Courthézon, pour aller s’entraîner et jouer. Je l’ai dit au maire, qui est d’accord », poursuit le dirigeant. Avec la volonté de créer à terme des catégories allant jusqu’à 17 ans.

    Partage avec le rugby

    Comme le rappelle l’OFC, cette réouverture se tient après « une période particulièrement difficile ». En effet, cela fait depuis janvier 2025 que les soucis ont commencé lorsque la préfecture de Vaucluse a suspendu l’agrément à la structure suite à des violences lors de matches. Mais en mars de la même année, le tribunal administratif de Nîmes avait suspendu cette décision, ce qui avait permis aux licenciés de reprendre pour la fin de l’année. Pour la saison 2025-2026, le club avait alors décidé de repartir pas à pas avec des catégories de 6 à 13 ans. Ce qui était sans compter sur la municipalité d’extrême droite de Yann Bompard, qui avait décidé d’octroyer les installations au club de rugby de la Cité des Princes, d’où les poteaux. Les terrains sont pour l’heure toujours partagés entre les deux associations.

  • FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    FNE 13 appelle la mairie de Marseille à dialoguer avec ceux qui l’ont élue

    Le groupement baptisé « Les amoureux du parc de Bonneveine » dénonce dans un communiqué « l’argumentaire sécuritaire » de la Ville pour justifier l’abattage sans concertation de 58 arbres en tout depuis septembre dernier dont 37 nouveaux arbres cette semaine. Ce désastre résulte « des erreurs dans la conduite du chantier, les fragilisations dues à des décaissements et des creusements de tranchées au pied des arbres endommageant leur équilibre racinaire ».

    « L’ambition affichée par la Ville de Marseille de renforcer durablement la qualité paysagère et environnementale du parc est bien mal engagée. ». « Il est grand temps que la mairie de Marseille fasse preuve de transparence et accepte un dialogue constructif avec les citoyens qui l’ont élue. » Ils demandent à la ville de « tirer les leçons de cette gestion calamiteuse du patrimoine arboré du parc de Bonneveine dans un contexte de réchauffement climatique et préserver le patrimoine arboré existant tout en anticipant les adaptations à venir ».

    Concertation et respect des promesses

    Selon eux, des solutions de sauvegarde auraient permis de sauver une proportion non négligeable des 37 arbres cinquantenaires abattus cette semaine. La promesse municipale de planter 210 arbres de 3 à 4 mètres de haut, soit 140 de plus que les 70 annoncés à l’origine, ne résiste pas au taux d’échec de 20% environ. Il faudra au moins 20 ans avant pour remplacer un arbre mature de 20 mètres, « sans compter l’impact sur l’habitat de la faune qui compte près d’une dizaine d’espèces protégées ».

    Les mesures alternatives n’ont pas été réellement étudiées alors que selon l’ONF Végétis, filiale de l’ONF, prestataire exclusif de la Ville, montrait déjà qu’au moins 11 arbres pouvaient encore être épargnés par des tailles de réduction. Un arbre proche de l’avenue de Hambourg a même été abattu alors que le rapport préconisait sa « surveillance par test de traction dans 2 ans ».

    « La Ville de Marseille ne respecte pas ses promesses », cingle le communiqué, elle qui s’était engagée « verbalement de ne rien faire avant une concertation finale ». « Le prétexte donné de la météo ne peut justifier le caractère précipité de cette décision. » Ces arbres fragilisés en septembre dernier avaient résisté aux précipitations et forts vents de l’hiver et du printemps dont une tempête à plus de 118 km/h le 26 mars 2026. Cette résistance contredit dans la vie réelle les conclusions des tests de l’ONF Végétis sur lesquels s’appuie la mairie pour justifier les abattages.

  • Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Plusieurs dizaines de riverains, de membres d’associations dont Extinction Rebellion et des militants LFI, dont Victoire Diethelm et Imran Trocmé, conseiller d’arrondissement dans le 4/5, se sont opposés, lundi matin, à l’abattage de 37 nouveaux arbres du parc public de Bonneveine. La coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille s’interroge sur ce marché public de réhabilitation à 2,5 millions d’euros, sans attributaire connu.

    La Ville avait annoncé vendredi l’opération en brandissant une expertise de mars dernier d’ONF Vegetis. « Au total, 37 arbres présentent un niveau de risque élevé de chute, susceptible de porter atteinte à la sécurité des usagers et des riverains », écrit la Ville qui s’engage à planter « 210 nouveaux arbres tiges, d’une hauteur de 3 à 4 mètres ».

    L’annonce a été vécue comme une trahison par le collectif de riverains après déjà 14 arbres abattus. « Lors de la réunion du 10 août en mairie centrale, le directeur général adjoint et l’adjointe en charge des espaces verts, Mme Prigent, s’étaient engagés à nous transmettre la totalité des tests de l’ONF, la liste et l’emplacement des arbres à abattre et de nous laisser 15 jours avant de faire un point avec eux et de prendre la décision finale », dénonce Alain Sennetz, président du collectif.

    « On a attendu

    la fin de la nidification »

    Soutien de leur lutte, Richard Hardouin, le président de la FNE 13, dénonce « incompétence, défaut de transparence et parjure » de la ville. Lundi, face à la mobilisation citoyenne, c’est une policière municipale puis un haut fonctionnaire de la ville qui se sont collés à la tâche, aucun élu de la municipalité n’étant venu défendre la décision. « Il n’y a pas d’arrêté municipal pour l’abattage, tout simplement parce qu’il y a danger imminent », relaye la policière. « On a des expertises qui démontrent la dangerosité de ces arbres. On a attendu la fin de la nidification pour ne pas porter atteinte à des espèces protégées », complète Marc Foveau, patron de la Direction de la Ville du Quotidien.

    « On ne peut pas admettre d’être pris pour des idiots parce qu’ils cherchent à s’en tirer en disant que la fragilité structurelle vient des conditions de plantation initiales du parc en 1976 ! C’est une manœuvre », proteste Jérôme Nardi du collectif. Le rapport de l’ONF consulté par La Marseillaise énonce dit que le retrait d’enrobé et de pavage en septembre 2025 « a induit une désolidarisation du sol, aggravant une structure déjà peu cohésive. Impact immédiat : modification brutale des conditions racinaires entraînant une instabilité mécanique ». À 17h15, le prestataire lançait ses tronçonneuses. Tout a été décapité malgré des heurts entre des opposants et la police venue en nombre.

  • Près de 300 personnes toujours menacées d’expulsion à La Valentine

    Près de 300 personnes toujours menacées d’expulsion à La Valentine

    Alors qu’approche la date de l’audience en référé suspension engagé par leur avocat, Adam Borie, prévue le 24 août, les dizaines de familles installées depuis près de deux ans sur le site de la friche Procida à La Valentine (11e) restent plus que jamais vigilantes. Sous le coup d’un arrêté d’expulsion pris à la veille de Noël, le 24 décembre 2025, elles sont dans l’angoisse. Leur crainte notamment : que les enfants, en grande partie scolarisés dans les établissements alentour, ne puissent pas faire leur rentrée de septembre.

    Rencontrée fin juillet, à l’occasion d’une mobilisation de soutien d’associatifs, militants politiques et riverains, cette petite fille âgée de 8 ans nous avait confié « être la meilleure de sa classe » et vouloir « retrouver tous [ses] copains » quand les adultes eux, l’assurent : « On travaille, on est fatigués d’être expulsés chaque année. »

    Pour mémoire, Maître Borie a indiqué le 5 août au préfet des Bouches-du-Rhône par courriel avoir fait appel de l’ordonnance d’expulsion. La Cour d’Appel d’Aix-en-Provence ayant fixé une audience au 23 février 2027. Pour l’avocat, il s’agit là d’« une expulsion rapide, pour laquelle il n’y a pas eu de contradictoire », et donc « déloyale ».

    Des projets avortés

    Il rappelait notamment que dans cette affaire, une sortie négociée, avec un protocole serait pourtant envisageable. Un accord entre la préfecture, les familles et le propriétaire d’une grande partie du terrain, Retail Prodev, une filiale du groupe Frey, spécialisée dans le développement de centres commerciaux. Pour rappel, elle prévoyait dans un premier temps sur cet espace un projet baptisé « My Valentine », 29 000m² avec 70 enseignes, avorté, puis une plateforme logistique auquel la Ville de Marseille, sous pression des riverains, effarés par l’afflux de poids lourds, ne délivrera pas de permis de construire. Une partie du terrain appartient aussi à la Métropole avait opposé l’avocat. La collectivité ayant acheté le long de l’Huveaune, pour réaliser une voie verte.

    Surtout, cette décision d’expulsion, comme celle qui frappe d’autres sites dans la ville rappellent associatifs et collectifs dans leur tribune, s’inscrit également dans un contexte de crise de l’hébergement d’urgence. Instruction ayant été donnée par l’État de réduire le nombre de place en hôtel…