Tag: décès

  • Marie Rouanet, une vie pour la langue et la culture occitanes

    Marie Rouanet, une vie pour la langue et la culture occitanes

    Dans les années 70, cette jeune femme bien dans son temps est d’abord une chanteuse et compositrice occitane, aux côtés des Marti et autres Mans de Breish. Mais interpréter « Lous esclops »* ne suffira pas à celle qui, née d’une famille modeste – son père était mécanicien – est devenue professeure de lettres classiques. Quand elle s’engage en 1977 sur la liste du communiste Paul Balmigère, c’est aussi – surtout ? – pour défendre la culture occitane qui peu à peu s’éteint. Elle poursuivra son mandat de déléguée au patrimoine avec le maire socialiste Alain Barrau jusqu’en 1989, puis restera dans l’opposition.

    Marie Rouanet est de celles et ceux qui ont redonné ses lettres de noblesse à la langue occitane, qui, interdite dans les écoles au début du XXe siècle, risquait de disparaître. Une noblesse et un lieu fabuleux pour lequel, avec son mari, le grand écrivain occitan Yves Rouquette disparu en 2015, elle s’est battue bec et ongles : le Cido, centre international de documentation occitane (il a changé depuis son nom en Cirdoc).

    Une femme libre

    et combattante

    Marie Rouanet avait infiniment de tendresse pour les petites gens et la capacité d’écrire leur vie, comme on peint. Elle était une sorte d’ethnologue poétique. Du Béziers populaire qu’elle connaissait si bien à Camarès dans l’Aveyron, où le couple s’était installé il y a une trentaine d’années, elle a tiré de nombreux ouvrages. Sur la cuisine, notamment, pour celle qui raconte comme personne les goûts et les odeurs. C’est à Camarès qu’elle écrit La cuisine amoureuse, courtoise et occitane (Ed Loubatières), première version du Petit traité romanesque de la cuisine. La flore, la musique et la culture occitane sont au menu de ses œuvres. Elle écrira aussi sur ses compagnons de la « nova cançon » en les présentant comme des « chanteurs de la décolonisation » des pays occitans.

    Dans les années 90, Nous les filles (Payot) lui amène une reconnaissance nationale. Mais d’autres de ses ouvrages ont dressé un panorama fin et poétique du XXe siècle dans le Midi. Du côté des hommes (Albin Michel), par exemple, où elle s’interroge sur cette fraternité qui les unit, sans les femmes. Marie Rouanet avait une connaissance profonde de la vie et des idées des petites gens. Ici c’était Les enfants du bagne (Payot), qui montre sa profonde sollicitude pour ceux qui souffrent. Elle y raconte la vie des petits martyrisés d’Aniane, dans l’Hérault, en puisant dans les archives du pénitencier pour enfants. Là, c’était Apollonie, reine du monde » (Plon), qui rapporte avec pudeur le rôle des veuves de 14-18 à travers la vie d’un hameau de l’Aubrac à partir des souvenirs d’un petit-fils d’Apollonie, Henri Jurquet.

    Marie Rouanet laisse les Occitans orphelins d’une femme libre, progressiste et combattante, chanteuse engagée, écrivaine prolifique, éternelle amoureuse de la vie. Ses obsèques auront lieu vendredi 30 janvier à 10h30 en l’église de Camarès, puis au cimetière de ce village où elle sera inhumée aux côtés d’Yves son mari et de son fils cadet.

    À son fils Laurent Rouquette, à sa famille, à toutes les personnes que ce deuil afflige, La Marseillaise présente ses plus sincères condoléances.

    Annie Menras

    * Les sabots

  • L’écrivain et ancien élu local communiste Roger Martin est décédé

    L’écrivain et ancien élu local communiste Roger Martin est décédé

    Il était une figure locale de la littérature, mais aussi un militant du Parti communiste français connu de bon nombre de Provençaux. Roger Martin est décédé, jeudi 29 janvier à l’âge de 75 ans après avoir été renversé par une voiture.

    Depuis plusieurs années, l’auteur de multiples romans et de bandes dessinées contribuait très régulièrement dans notre supplément magazine week-end, avec sa chronique “Le coin du polar”, dans laquelle ce passionné donnait à lire et à voir des thrillers qui avaient retenu son attention.

    Engagé en politique, il s’est évertué, durant des années, à contrer la montée du Front national (puis du Rassemblement national) lors des différentes campagnes électorales, qu’elles soient nationales ou locales, comme en 2014 à Carpentras où Roger Martin s’était engagé pour faire barrage à la Ligue du Sud et au FN.

    Sur les réseaux sociaux, les témoignages en hommage à sa vie et à son engagement affluent depuis l’annonce de son décès. Nous présentons nos condoléances à sa famille et reviendrons sur son parcours dans une prochaine édition.

  • Rolland Courbis quitte le terrain…

    Rolland Courbis quitte le terrain…

    Même aux portes de la mort, Rolland Courbis garde le sourire, le goût de l’échange à travers le foot, passion de l’une de ses vies. Affaibli par la maladie, doublée d’une infection pulmonaire, cet homme à la fierté exacerbée n’a jamais affiché ses souffrances. Comble d’une grande gueule revendiquée qui gardait pour lui ses tourments et n’exposait que sa bonhomie contagieuse.

    Jusque-là, ce Marseillais, né dans les quartiers Nord d’un père policier, a mené mille et une vies, entre désir de reconnaissance et goût de la marge, notamment pour le milieu marseillais.

    Cet ancien joueur et entraîneur s’est entiché du ballon rond, comme pour se sortir d’un milieu modeste et a parallèlement entendu souvent siffler les balles perdues, comme lors de l’assassinat de l’ex-membre de la Brise de mer Dominique Rutily.

    Par-delà ses fréquentations controversées, entre ombres et lumières, l’homme avait l’art de dépasser les limites des règlements au risque de se brûler les ailes, de passer deux séjours en prison à la suite de la caisse noire de Toulon ou du procès des comptes de l’OM.

    Joueur invétéré, au casino où il était interdit depuis 1990, et adepte de coups de poker sur tous les terrains, Rolland Courbis aimait vivre sur un fil, bannissait la routine et se plaisait à donner son avis même quand on ne le lui demandait pas. Ainsi, en parallèle de sa carrière, il était un consultant écouté de la radio RMC.

    Le Marseillais n’a rien fait pour soustraire Marseille à ses clichés. Il aimait parler, avec un goût avéré pour les bons mots, sur une antenne radio, un plateau télé et bien évidemment dans un vestiaire. Ses causeries résonnent dans les mémoires des joueurs qu’il a dirigés à Toulon, Bordeaux, Marseille ou encore à Montpellier, à deux reprises (2007-09, 2013-15), où sa gouaille méditerranéenne faisait écho aux entrailles de la Paillade.

    « J’avais un petit magnétophone et j’enregistrais ses causeries. Le soir, on les écoutait avec ma femme, avec des amis. C’était exceptionnel. On en avait les larmes aux yeux, c’était du Marcel Pagnol à l’état pur », raconte sur France Info, Laurent Paganelli, consultant pour Canal Plus et ancien joueur de Toulon, au début de Courbis au poste d’entraîneur.

    Rolland Courbis s’est éteint lundi 12 janvier à l’âge de 72 ans au bout d’une vie entre vices et vertus. Sans rien cacher des uns, ni minimiser les autres. Dix-sept jours après Jean-Louis Gasset, emblème de la Paillade, cet homme attachant et sulfureux laisse le foot français orphelin d’un acteur majeur. « C’était la gouaille, le soleil avec tous ses excès, quelqu’un qui connaissait le foot et l’aimait profondément. Un homme très attachant, truculent », résume Michel Mézy, décisif pour sa venue à Montpellier.

    Missions périlleuses

    Homme des missions périlleuses, Rolland Courbis a épargné à Montpellier deux relégations. L’une en National (3e division) en 2007, l’autre en Ligue 2 en 2014. Au-delà de ses sauvetages, il a réussi le pari de ramener le club présidé par Louis Nicollin en Ligue 1 le 29 mai 2009.

    Un soir où le stade de la Mosson a vécu une secousse tellurique, réveillé l’histoire de la Paillade et propagé une émotion à travers une victoire face à Strasbourg (2-1), « finale pour la montée », pour remettre le ballon rond au centre de la vie et de la ville de Montpellier.

    Un soir de tous les excès, de toutes les folies au bout d’un cheminement plutôt habile. Pendant deux ans, Rolland Courbis mène de front son rôle de consultant radio à RMC, ses ennuis judiciaires dans l’affaire des comptes de l’OM et recompose l’effectif de Montpellier, par la confiance faite aux jeunes (Aït-Fana, Yanga-Mbiwa, Saïhi, Jourdren…) et un recrutement inspiré (Camara, Marveaux, Costa, Dzodic, Bocaly…). Il le ramène au sommet au bout d’une saison épuisante et se retire sans bruit « pour mieux régler ses ennuis judiciaires ».

    Ce 29 mai 2009, Rolland Courbis met fin à « l’anomalie de voir Montpellier en Ligue 2 », mais gagne aussi du temps sur ses beaux lendemains. Il remet le club héraultais en état de marche. De marche avant. Avec l’émergence impromptue de la génération Gambardella (Belhanda, Cabella, Stambouli…), Montpellier, avec René Girard comme successeur, va connaître une parenthèse enchantée. Et la plus faste période de son histoire. Avec une qualification européenne, une finale de la Coupe de la Ligue devant l’OM et surtout un titre de champion de France, suivi d’une aventure unique en Ligue des champions.

    Un peu plus de quatre plus tard, Rolland Courbis revient à Montpellier pour soigner les séquelles post-titre. Il succède à Jean Fernandez, éphémère technicien, pour restaurer un équilibre fragile et fragilisé par un départ ubuesque où il a beaucoup perdu. Peu avant la trêve hivernale, faute d’une garantie sur le renouvellement de son contrat, il est parti, prétextant une fatigue, avant de rebondir trois semaines plus tard à Rennes.

    Courbis a scellé le divorce avec Montpellier, et en particulier son président Louis Nicollin, dans un fracas incompréhensible. Les deux hommes avaient noué leur relation à la mi-temps d’un match de légende. Le 22 août 1998 au stade Vélodrome. À la sortie du vestiaire, Courbis, entraîneur d’un OM mené 0-4 par l’équipe de Gasset, croise Nicollin et prophétise une remontée. « Ça, c’est des couilles », rétorque Loulou. Avec un sourire partagé.

  • Rolland Courbis rejoint son ami Gasset au paradis du ballon rond

    Rolland Courbis rejoint son ami Gasset au paradis du ballon rond

    Après le décès de Jean-Louis Gasset le 26 décembre dernier, le monde du football est à nouveau en deuil. Le Marseillais Rolland Courbis, ancien joueur et entraîneur de football, notamment de l’OM et de Bordeaux, est décédé à l’âge de 72 ans, a annoncé lundi la radio RMC, où il officiait comme consultant depuis 2005.

    Avant de devenir une voix et un personnage emblématique dans le paysage médiatique, Rolland Courbis évoluait au poste de défenseur central. Formé à l’Olympique de Marseille à la fin des années 1960, il a tenté l’aventure corse avec l’AC Ajaccio, puis un bref séjour en Grèce, sous les couleurs de l’Olympiakos, avant de s’installer plus durablement à Sochaux, puis à Monaco, où il sera deux fois champion de France (en plus d’un premier titre acquis avec l’OM en 1972).

    À l’origine de la reconstruction de l’OM

    Il terminera sa carrière avec le SC Toulon, club dont il en prendra la charge entre 1986 et 1990. Comme entraîneur, Courbis a roulé sa bosse. Il a coaché pas moins de 18 clubs différents, avec des expériences à l’étranger, notamment en Algérie (USM Alger), aux Émirats arabes unis (Al-Wahda) et en Suisse (FC Sion), sans oublier sa pige très éphémère à la tête de la sélection du Niger en 2012. Le Marseillais, qui a grandi dans les quartiers Nord de la cité phocéenne, notamment à Saint-Antoine et aux Aygalades, marquera l’histoire du football français pour sa célèbre « méthode Courbis », qui consiste à mener une politique de transferts effrénée partout où il est passé.

    En 1997, Rolland Courbis fait son retour à l’OM pour relancer une équipe en reconstruction après plusieurs saisons de crise. Il emmènera notamment les Phocéens jusqu’en finale de la Coupe de l’UEFA en 1999 et jusqu’à la deuxième place en championnat. Le match face à Montpellier cette saison-là, où ses protégés sont menés quatre buts à zéro à la mi-temps, a fait sa légende avec sa phrase devenue mythique. « Quand je pense qu’on va gagner 5 à 4 ! », prédisait-il à Louis Nicollin, président du club héraultais, avant le début de la seconde période. « Homme de caractère, de convictions et de terrain, il a toujours défendu un football vivant, généreux, porté par l’engagement collectif. Sa connaissance profonde du vestiaire, sa capacité à fédérer et à transmettre ont marqué des générations de joueurs. Marseillais de cœur, il incarnait un football populaire et vivant. Son accent, reconnaissable entre mille, portait une parole franche, directe, souvent passionnée, toujours sincère », a écrit l’OM sur ses réseaux. Par ailleurs, Roberto De Zerbi a profité de la conférence de presse de ce lundi pour rendre hommage à sa mémoire.

    Un personnage humain

    et tout aussi sulfureux

    Avec coach Courbis, on ne retiendra pas un entraîneur au palmarès bien rempli. Un titre de champion de France de D2 avec Ajaccio et deux trophées acquis avec l’USM Alger seront ses seuls lots de consolation.

    Mais le monde du football se souviendra de lui comme d’un grand meneur d’hommes, d’une grande gueule au franc-parler et d’un aventurier qui n’a jamais reculé devant le moindre défi. Il l’avait encore prouvé lorsqu’il était venu au chevet de l’Olympique Novais, en octobre dernier. « Un grand monsieur », comme l’a martelé Alain Soultanian, kinésithérapeute historique de l’OM, au micro de nos confrères de BFM Marseille Provence. « Partout où Rolland est passé, il a laissé des traces. C’est quelqu’un qui marque, on ne peut pas l’oublier. Il avait cet humour, il donnait de la joie. C’était quelqu’un de très particulier, mais de très humain », poursuit-il.

    Courbis était un personnage truculent, dont la vie a également été marquée par des affaires judiciaires : soupçonné d’avoir remporté plusieurs millions de francs au casino Palm Beach à Cannes en 1989 grâce à une fraude organisée impliquant des croupiers, impliqué dans l’affaire de la caisse noire du SC Toulon afin de dissimuler des revenus non déclarés issus de transferts de joueurs et de contourner les obligations fiscales, blessé par balle lors de l’assassinat de Dominique Rutily, président du FC Calvi et membre présumé du gang de la Brise de mer [groupe criminel corse], puis condamné à deux ans de prison ferme dans l’affaire des transferts suspects de l’OM en 2009 et pour recel d’abus de biens sociaux en 2014. « J’ai eu le temps de réfléchir : j’ai été stupide par moments sur ces 20 dernières années », avait-il déclaré sur RMC à sa sortie de prison. Le football l’a plongé dans cet univers, mais lui a également permis d’en sortir.

    Réactions

    Didier Deschamps,

    Sélectionneur de l’équipe de France de football

    « Avec la disparition de Rolland Courbis, le football français perd une personnalité attachante, chaleureuse, au caractère bien affirmé. Un fin connaisseur du football et de ses arcanes, mais aussi du jeu. Rolland a dirigé les meilleurs clubs français, je pense notamment à Bordeaux, Marseille, Lens ou Montpellier. C’était un vrai passionné. Et cette passion, il avait choisi de la transmettre, ces dernières années, derrière un micro. Avec un sens de la formule bien à lui. »

    Philippe Diallo,

    Président de la Fédération française de football

    « C’est une figure emblématique du football français, un personnage unique presque romanesque par son côté passionné, engagé, attachant et son franc-parler, qui disparaît aujourd’hui. D’abord comme joueur, sacré champion de France à trois reprises, puis entraîneur inventif et véritable “meneur d’hommes”, et enfin reconnu comme une voix incontournable dans les médias, il a accompagné et marqué de son empreinte le football français. »

    Benoît Payan,

    Maire de Marseille

    « C’était une voix, un tempérament, une passion pour l’OM et pour Marseille. Rolland Courbis s’en est allé, laissant une trace forte dans l’histoire du club et dans le cœur des supporters. »

    Zinédine Zidane,

    Légende de l’équipe de France de football et ancien milieu de terrain des Girondins de Bordeaux

    « Je suis triste, très ému… Il a énormément compté pour moi comme entraîneur et sur le plan humain ; c’était un mec très attachant, entier ! »

    Delio Onnis,

    Ancien attaquant et coéquipier à l’AS Monaco et au SC Toulon

    « C’était un phénomène comme personne, un rigolo, il me faisait toujours rigoler. On a passé de très bons moments. Tu ne t’ennuyais pas quand tu connaissais Rolland Courbis. Il était très farfelu, c’est ce qui faisait sa force, ce qui nous faisait rire. Des fois, il était sérieux évidemment, mais on se souvient des bons moments de la vie, pas des tristes. On était comme deux frères. »

    Jacques Bayle,

    Adjoint de Rolland Courbis à Rennes, à Montpellier, au FC Sion et à l’USM Alger

    « Avec Rolland, c’est une amitié de 50 ans. 50 ans de football avec des moments que l’on a passés dans le rire, et parfois dans la détresse. Parce qu’il a eu des moments difficiles. Mais on ne va que retenir la joie et l’homme qu’il était au niveau footballistique. Ce n’était pas qu’un meneur d’hommes, il avait des compétences techniques et tactiques hors du commun. Il avait un esprit très puissant. Et il n’a pas rien gagné comme beaucoup de gens disent, parce qu’il a réussi 90% de ses objectifs. »

  • Gardanne pleure Jeannot Menfi, l’ouvrier devenu adjoint au maire

    Gardanne pleure Jeannot Menfi, l’ouvrier devenu adjoint au maire

    Son nom est souvent revenu dans nos colonnes : Jeannot Menfi, ancien mineur, militant communiste et cégétiste, élu aux côtés du maire communiste Roger Meï, comme conseiller municipal en 1983, puis adjoint au maire jusqu’en 2020 notamment en charge, selon les mandats, de l’urbanisme, les travaux, le logement, le patrimoine, le cimetière et les anciens combattants.

    « Jeannot » comme tout le monde l’appelait, s’est éteint dimanche. Et nombreux sont ceux à le pleurer. La section de Gardanne du Parti communiste français tout d’abord, qui salue la mémoire d’un militant qui « avait un profond attachement à sa ville et à son histoire », qui au cours de ses mandats, « a toujours fait preuve d’une profonde humanité et d’un souci constant de l’intérêt des habitants de Gardanne et de Biver ». « Il nous laisse le souvenir d’un homme humble qui a contribué à faire notre ville la ville solidaire et active qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être », conclut le communiqué.

    La municipalité également lui a rendu hommage, saluant une « figure emblématique de la ville », un « homme humble et reconnu pour son engagement constant et son sens du travail au service de la commune ».

    La Marseillaise adresse ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches.

  • Rolland Courbis est décédé à l’âge de 72 ans

    Rolland Courbis est décédé à l’âge de 72 ans

    Après le décès de Jean-Louis Gasset le 26 décembre dernier, le monde du football est à nouveau en deuil. Le Marseillais Rolland Courbis, ancien joueur et entraîneur de football, notamment de l’OM et de Bordeaux, est décédé à l’âge de 72 ans, a annoncé lundi la radio RMC dans laquelle il officiait comme consultant depuis 2005.

    Avant de devenir une voix et un personnage emblématique dans le paysage médiatique, Rolland Courbis évoluait au poste de défenseur central. Formé à l’Olympique de Marseille à la fin des années 1960, il a tenté l’aventure corse avec l’AC Ajaccio, puis un bref séjour en Grèce, sous les couleurs de l’Olympiakos, avant de s’installer plus durablement à Sochaux, puis à Monaco, où il sera deux fois champion de France (en plus d’un premier titre acquis avec l’OM en 1972). Il terminera sa carrière avec le SC Toulon, club dont il en prendra la charge entre 1986 et 1990.

    Comme entraîneur, Courbis a roulé sa bosse. Et c’est le moins que l’on puisse dire. Il a coaché pas moins de 18 clubs différents, avec des expériences à l’étranger, notamment en Afrique (Niger, USM Alger), aux Émirats arabes unis (Al-Wahda) et en Suisse (FC Sion), sans oublier sa pige très éphémère à la tête de la sélection du Niger en 2012. Le Marseillais marquera l’histoire du football français pour sa célèbre « méthode Courbis », qui consiste à mener une politique de transferts effrénée partout où il est passé.

    En 1997, Rolland Courbis fait son retour à l’OM pour relancer une équipe en reconstruction après plusieurs saisons de crise. Il emmènera notamment les Phocéens jusqu’en finale de la Coupe de l’UEFA en 1999 et jusqu’à la deuxième place en championnat.

    Avec coach Courbis, on ne retiendra pas un entraîneur au palmarès bien rempli. Un titre de champion de France de D2 avec Ajaccio et deux trophées acquis avec l’USM Alger seront ses seuls lots de consolation. Mais le monde du football se souviendra de lui comme d’un grand meneur d’homme, d’une grand gueule au franc-parler et d’un aventurier qui n’a jamais reculé devant le moindre défi. Il l’avait encore prouvé lorsqu’il était venu au chevet de l’Olympique Novais, en octobre dernier.

  • [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    La Marseillaise : Quelles raisons à la forte croissance dans l’Hérault qui reste pauvre ? Est-elle soutenable ?

    Katia Le Goaziou : L’Hérault a le 3e plus fort taux de croissance de France. Entre 2017 et 2023 l’attractivité s’accroît comparé à 2012-2017. Le solde naturel s’érode moins vite qu’ailleurs mais l’essentiel de cette croissance est portée par des arrivées plus nombreuses que les départs (solde de +1,1%/an au lieu de +0,9%). Le dynamisme est à Montpellier et dans sa métropole, sur le littoral (intercommunalités de Sète et Béziers). On observe une forte attractivité et un solde naturel positif car la population y est plus jeune. La croissance concerne aussi des communes plus petites sur l’axe Montpellier-Nîmes, c’est un phénomène de périurbanisation. À Montpellier, l’attractivité s’explique essentiellement par la classe des 18-24 ans (12 000 arrivées pour 7 600 départs). Ce sont souvent des étudiants. Aux âges de la vie active, les populations s’installent plus dans l’agglo (St Jean-de-Védas +4,9%, Castelnau-le-Lez +4,1% qui bénéficient des axes de transport, d’effets de rattrapage sur le logement…) ou en 2e couronne en raison de la pression foncière et du ralentissement de la construction de logements (7 500 en 2017, 2 200 en 2024). Les retraités viennent plus sur le littoral vers l’Aude et les P-O.

    Cette croissance est-elle soutenable ?

    K.L.G. : Si les jeunes restent c’est qu’il y a du travail. L’emploi, tourné vers la sphère présentielle (commerces, services) et productive (industrie, recherche), est assez dynamique mais pas assez pour absorber les arrivées, d’où un chômage élevé. À l’avenir, ce ne sera plus suffisant pour compenser le différentiel naissances/décès. Avec l’effet post-baby boom, on aura un mur démographique qui fera que cette croissance va s’essouffler peu à peu à partir de 2040.

    D’où viennent les dynamiques récentes de Sète et Béziers ?

    K.L.G. : Béziers est plutôt en bonne croissance qui ralentit avec la baisse des naissances, d’où une dynamique assez stable. Cela signifie que le profil des arrivants est probablement plus âgé qu’à Montpellier. La commune est à +0,9%/an contre +1,1% sur la période précédente. Pareil sur l’agglomération où on peut noter la forte croissance de Sérignan (+3,6%/an). Sète perdait des habitants (-0,6%/an) et en gagne depuis 2017 (+0,8%) alors que le solde naturel s’est creusé depuis 2012. Le nombre de constructions reste à Sète relativement faible. Par contre le nombre de logements vacants a baissé : 2 654 en 2016, seulement 1 850 en 2022. Il y a eu un effort particulier pour résorber la vacance. Dans le sens inverse, il y a aussi une concurrence avec le marché des résidences secondaires : 21% des logements en 2022.

    Le Gard continue aussi sa croissance mais ce n’est pas trop Nîmes qui la tire…

    K.L.G. : Dans le Gard, le solde naturel est nul donc la croissance se maintient (+0,6%/an) grâce aux arrivées. Elle est notable à Alès et autour, au pays de Sommières en limite de l’Hérault grâce à l’aire d’attraction de Montpellier qui déborde vers le Gard et autour de Nîmes. La croissance de la ville centre est quasi nulle (+0,1%/an) mais celle de son agglo est plus élevée (+0,4%/an) mais ralentit avec la baisse des naissances et la hausse des décès. Des gens préfèrent habiter à proximité pour un meilleur cadre de vie. À Nîmes, il y a une forte polarisation de l’espace entre quartiers riches et très pauvres.

    Pourquoi la tendance s’est totalement inversée à Alès ?

    K.L.G. : La ville d’Alès croît beaucoup (+2,3%/an) et l’agglo (+1%/an) également. C’est beaucoup car le solde naturel est négatif. Entre 2012-2017 et 2017-2023, on a gagné 1 point en composante migratoire. C’est une zone qui va croître très fortement. Pour comprendre, ces trajectoires de Nîmes et d’Alès, il faut regarder sur une plus longue période. Il y a des effets de rattrapage sur des programmes de construction ou autres. Depuis les années 90, la population de Nîmes augmentait de façon continue et se stabilise. À Alès, la population était stable voire en légère baisse et augmente d’un seul coup fortement. Au final, depuis 1990, Nîmes a grandi de 18% et seulement Alès de 12 %. Sur long terme, ça s’équilibre. Les tendances peuvent aussi s’expliquer par certains choix d’acteurs publics locaux.

  • L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’équivalent d’une ville comme Alès ! Chaque année entre 2017 et 2023, l’Occitanie qui a dépassé les 6,1 millions d’habitants, a accueilli en moyenne 46 600 habitants supplémentaires. La 3e croissance démographique (+0,8%/an) derrière la Guyane et la Corse, deux fois supérieure à celle de l’Hexagone (+0,4%/an).

    Décrypté dans la dernière étude de l’Insee, le phénomène n’est pas nouveau mais se confirme de décennie en décennie. Il s’explique par les migrations (+0,9%/an), le fait que les arrivées en Occitanie sont très supérieures aux départs. Car le solde naturel est lui désormais négatif (-0,1%/an), c’est-à-dire que l’Occitanie compte plus de décès que de naissances.

    Non sans disparités, la croissance est quasi générale. 11 départements sur 13 voient leur population croître, seuls l’Aveyron et la Lozère perdent quelques habitants (-0,1%/an). Dans les P-O (496 855 habitants, +0,8%/an) et le Gard (770 940 hab, +0,6%), la croissance est soutenue, portée par les dynamiques, parfois nouvelles, des grandes villes : Alès (46 125 habitants, +2,3%/an), Perpignan (121 616 hab, +0,2%) ou dans une moindre mesure Nîmes (151 839 hab, +0,1%).

    Deux locomotives

    Les deux locomotives régionales restent incontestablement la Haute-Garonne (second département de France le plus dynamique avec 1 471 468 habitants, +1,3%/an) et l’Hérault (1 230 289 hab, +1,2%), où le solde naturel y est aussi excédentaire, essentiellement grâce à leurs deux métropoles Toulouse (514 819 habitants, +1,2%/an) et Montpellier (310 240 habitants, +1,4%). Entre leurs universités, leurs organismes de recherche et leurs entreprises (aéronautique, informatique, tertiaire…), les deux mastodontes attirent notamment les jeunes étudiants et travailleurs. Ce n’est pas le cas de toutes les grandes villes : « La population diminue à Paris, est quasiment stable à Lyon et augmente modérément à Marseille », insiste l’Insee. La dynamique qui s’accroît à Toulouse et Montpellier s’étend aussi à leur couronne. La croissance est d’ailleurs encore plus forte dans les aires urbaines (respectivement +1,4%/an et +1,6%) que dans les villes centres.

    Signe d’un « étalement urbain » toujours à l’œuvre malgré la loi Zéro artificialisation nette (ZAN) des sols, la population continue aussi d’augmenter dans les espaces ruraux périurbains, les communes rurales y étant « sous influence » des grandes villes. À l’image de Sète (45 337 habitants, +0,8%/an), d’Alès (46 125 hab, +2,3%) ou de Frontignan qui ont inversé leur tendance passée à la décroissance ou à la stabilité, « la population est plus nombreuse dans la quasi totalité des communes de plus de 20 000 habitants ». La hausse reste soutenue mais ralentit à Béziers (81 545 habitants, +0,9%/an) ou Narbonne (57 587 hab, +0,9%). Enfin, en raison des migrations, l’attractivité se renforce aussi dans les espaces ruraux non périurbains (+0,8%/an).

    « En Occitanie, la population augmente dans la quasi totalité des villes de plus de 20 000 habitants »

  • [Rétro 2025] Disparition de Damien Alary (PS)

    [Rétro 2025] Disparition de Damien Alary (PS)

    7 ans député, le frêchiste gardois aura passé sa vie au service de la République. Carole Delga, qui lui a succédé à la Région en 2016, a salué celui qui avait « l’intérêt général et l’esprit de responsabilité chevillé au corps. Il aimait surtout la vie et les gens. Damien c’était une allure, un regard, une voix qui comptait dans le combat pour la République et contre l’extrême droite ».

  • Jean-Louis Gasset, l’emblématique entraîneur a tiré sa révérence

    Jean-Louis Gasset, l’emblématique entraîneur a tiré sa révérence

    Un grand monsieur au grand cœur a rejoint le paradis du ballon rond.

    Jean-Louis Gasset, ancien milieu de terrain qui a passé la quasi-totalité de sa carrière à Montpellier, avant de se reconvertir comme entraîneur, est décédé vendredi matin à l’âge de 72 ans. « J’ai appris avec une grande tristesse le décès de Jean-Louis Gasset, ancien joueur et entraîneur du Montpellier Hérault Sport Club. Profondément amoureux “de la Paillade” que son père avait cofondé avec Louis Nicollin, il avait accepté de sortir de sa “retraite” il y a quelques mois encore pour reprendre place sur le banc de touche et tenter de sauver le club d’une relégation annoncée », indique Michaël Delafosse, le maire de Montpellier.

    Le club héraultais a rapidement confirmé le décès d’une de ses plus illustres figures. « Le MHSC a appris ce jour avec une immense tristesse la disparition de Jean-Louis Gasset. Fils de Bernard Gasset, l’un des membres fondateurs du club pailladin aux côtés du président Louis Nicollin, Jean-Louis a successivement été joueur, éducateur puis entraîneur de l’équipe à trois reprises, la dernière d’octobre 2024 à avril 2025. »

    De son côté, l’Olympique de Marseille a fait part de « sa grande tristesse » à l’annonce de la nouvelle. « Le club perd aujourd’hui bien plus qu’un entraîneur : il perd un homme de football respecté, un technicien d’expérience, et une figure profondément attachée aux valeurs humaines de ce sport », déclare le club en lui rendant un hommage très appuyé.

    Après avoir commencé sa carrière d’entraîneur à « La Paillade », Jean-Louis Gasset a été l’adjoint de Luis Fernandez à Istres, avant de collaborer avec Laurent Blanc aux Girondins de Bordeaux, au Paris Saint-Germain et en équipe de France. Avec le « Président », l’ancien milieu de terrain a réalisé à quatre reprises le triplé historique « Championnat de France, Coupe de la Ligue, Trophée des champions » (une fois avec Bordeaux en 2008-2009 et trois fois avec le PSG de 2014 à 2016).

    « Avec Laurent Blanc, on a vécu une période positive, on a gagné beaucoup de choses. Il a fait en sorte que les joueurs restent eux-mêmes et puissent s’exprimer. Il imposait très peu de restrictions et il avait un très bon adjoint [Gasset, Ndlr], un type vraiment fantastique », expliquait Zlatan Ibrahimovic en 2018, deux ans après avoir quitté le club de la capitale.

    Dernier carré olympien

    Après avoir obtenu son diplôme d’entraîneur professionnel en 2017, « Papy Gasset » a repris en main Montpellier, Saint-Étienne et Bordeaux en tant qu’entraîneur principal. Il n’est jamais resté plus de deux saisons dans l’un de ces trois clubs. Sa carrière d’entraîneur a connu un nouveau rebond en 2022, lorsqu’il devient le sélectionneur de la Côte d’Ivoire. Il a démissionné de son poste d’entraîneur au cours de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, suite à des contre-performances face au Nigeria et à la Guinée équatoriale, alors que les Éléphants ont fini par remporter la compétition à domicile.

    L’OM lui met le grappin dessus dans la foulée, pour assurer l’intérim de Gennaro Gattuso lors de la deuxième partie de la saison 2023-2024, où il emmène les Olympiens jusqu’en demi-finale de la Ligue Europa à Bergame. La saison passée, après avoir annoncé pour la deuxième fois de sa carrière sa retraite d’entraîneur, il a quand même fini par tenter de sauver son club de cœur, Montpellier, d’une descente quasi inévitable en Ligue 2.

    Il n’a finalement pas réussi sa mission, mais cette dernière aventure – alors que le club hongrois de Ludogorets lui a proposé un contrat au mois d’octobre qu’il a décliné, en considérant qu’il avait fait son temps – a démontré, si besoin était, que Jean-Louis Gasset était un homme de défis.