Tag: décès

  • 1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    Vingt-quatre mille hospitalisations, 12 000 décès. Voilà le triste bilan de la grippe saisonnière l’an passé en France.

    Parce que rien ne vaut la prévention, l’Assurance maladie, qui incite au respect des gestes barrières en présence de personnes à risques, vient de lancer, le 13 octobre, la campagne vaccinale 2026-2027.

    En Occitanie, 1 706 454 personnes dites « fragiles » viennent de recevoir leur bon les invitant à aller se faire vacciner gratuitement contre la grippe, le Covid et autres virus de l’hiver. Sont concernées les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, cancer…), d’obésité, les femmes enceintes ainsi que les nourrissons de moins de 6 mois (voire leur entourage). Les aides à domicile et les professionnels de santé sont incités également, eux qui seront peut-être obligés par la loi dès mars 2027, si l’avis de la Haute autorité de santé est suivi.

    2 000 décès par an évités

    En Occitanie comme ailleurs, la couverture vaccinale progresse (27,7% chez les moins de 65 ans à risques soit +3,7 points en deux ans et 55,8% chez les seniors de plus de 64 ans, soit +2,8 points) mais reste « en retrait comparé à la moyenne française [respectivement 28,9% et 56,7%] », regrette François Mengin-Lecreulx. Le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie rappelle que la seule « grippe n’est pas un virus anodin ». Elle peut donner lieu à des complications type « infections pulmonaires, cardiaques (…) et des surinfections », liste la professeure Anke Bourgeois.

    Parce qu’on estime que 2 000 décès annuels pourraient être évités en France grâce à la vaccination (70% des seniors hospitalisés ne sont pas vaccinés), les publics à risques vont être sensibilisés par SMS, appels téléphoniques, spots télé… Y compris pour la vaccination Covid qui n’a convaincu l’an passé que 14,2% des publics à risques, dont 60,3% dans les Ehpad (contre 82,2% contre la grippe). « Les deux tiers des vaccinations sont faites par les pharmaciens, puis les infirmiers et les médecins », précise Philippe Trotabas, directeur de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    En outre, l’ARS rappelle qu’il existe des traitements préventifs pour la femme enceinte (53,8% s’étaient protégées en 2025) et le nourrisson contre la bronchiolite, maladie respiratoire très contagieuse souvent due au Virus respiratoire syncytial. Première cause d’hospitalisation des nourrissons, ce VRS peut aussi créer des infections graves chez les personnes âgées et fragiles. Outre les mesures d’hygiène à respecter, un vaccin existe pour les seniors. Enfin, un vaccin est disponible pour protéger les publics fragiles contre les infections à pneumocoques, responsables d’otites, sinusites, méningites, pneumonies… L’an passé, seuls 27,5% des seniors s’étaient fait vacciner.

  • Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Inondations : le bilan s’alourdit, la vigilance demeure

    Le bilan s’alourdit. Les forts orages de lundi et mardi ont fait deux nouvelles victimes, à Lançon-Provence. Une femme de 86 ans et sa petite-fille de 26 ans, originaire d’Ariège, ont été retrouvées sans vie, mercredi soir, dans la cave inondée d’une maison située au bord de la RD19.

    La maire (DVD) Julie Arias se dit profondément touchée, et regrette la fuite de ces informations par les services de la préfecture avant même que les proches ne soient avertis. « Quelque chose de dramatique s’est joué hier, la vie entière de toute une famille a basculé pour toujours. […] Au nom de la commune et des Lançonnais, je leur adresse toutes mes condoléances. »

    Mardi matin, un homme de 75 ans avait déjà perdu la vie, emporté par les eaux qui ont dévasté le quartier de Massane, à Saint-Mitre-les-Remparts. Le colonel Franck Briend, directeur adjoint du Sdis 13, réagit : « J’ai une pensée pour les familles des trois personnes décédées depuis le début de l’événement, c’est dramatique. Nous n’avons heureusement pas d’autre personne pour le moment, mais on ne peut pas exclure qu’il n’y ait pas d’autre victime en allant découvrir maison par maison si tout le monde va bien. J’en appelle à la prudence, le phénomène n’est pas terminé, l’électricité présente un risque et il y a encore des zones inondées. Chacun doit prendre ses précautions pour éviter de se mettre en danger. La priorité, c’est la vie humaine. »

    Plus de communication,

    ni d’électricité

    Depuis lundi soir, les pompiers ont réalisé près de 2 700 opérations de secours, principalement « axées sur le sauvetage et les mises en sécurité qui ont concerné plus de 1 000 personnes », souligne le colonel. À l’heure actuelle, 1 200 sapeurs-pompiers sont toujours déployés dans les Bouches-du-Rhône, épaulés par les moyens de la Sécurité civile et l’appui d’une dizaine de départements venus en renforts, pour « aider les populations » et permettre un « retour à la normale » après les inondations. « On a aussi un objectif d’accompagner la remise en œuvre des circulations principales pour désengorger les communes », poursuit Franck Briend. Les secteurs d’Arles et Saint-Martin-de-Crau préoccupent encore le Sdis 13.

    Dans cette commune de l’Ouest des Bouches-du-Rhône, près de 400 habitants ont dû être secourus et évacués mardi, avant d’être accueillis dans un espace mis à disposition par la mairie. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Saint-Rémy-de-Provence a ouvert les portes de sa salle communale aux 180 sinistrés restants. Si la situation s’améliore, Saint-Martin-de-Crau revient de loin. La ville a été « coupée du monde », raconte le premier adjoint au maire, Julien Besançon. « C’est devenu une île pendant 48h. » Les principales voies d’accès ont été inondées, le poste d’alimentation électrique des 6 500 foyers également, et les communications ont été coupées pendant 4 heures, mercredi, en raison de la panne d’Orange. Mercredi soir, 3 500 logements ont pu retrouver le courant. Jeudi midi, le reste des habitants attendaient encore l’arrivée de 20 groupes électrogènes d’Enedis, dont l’acheminement a été retardé par l’état des routes. La situation a été rétablie dans la soirée.

    Néanmoins, la maire Séverine Dellanegra (SE) détaille : « Il y a encore des quartiers qui ont jusqu’à 80 cm d’eau, notamment au Mas Boussard et au Cabrau, mais le nombre précis d’habitations est encore difficilement chiffrable ». Des méga-pompes ont commencé les opérations d’absorption. La zone industrielle a également été affectée. « Il y aura un impact économique, affirme l’édile. Nous mettrons des dispositifs en œuvre dès la semaine prochaine, en lien avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre d’agriculture, pour pouvoir évaluer les dégâts et accompagner les entreprises et les commerces concernés. »

    LES ÉLUS EN PREMIÈRE LIGNE

    Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues

    « La préfecture m’a assuré que nous aurons la reconnaissance de catastrophe naturelle, qui passera en commission le 27 octobre. Des habitants m’ont dit que l’expert de leur assurance ne paissait que fin novembre. Mais des gens sont à la rue ! J’ai demandé à resserrer le calendrier de passage des experts et qu’on ouvre un guichet unique d’aide aux sinistrés, dès la semaine prochaine, à l’hôtel de ville. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Frédéric Bolano, adjoint (PCF) à la prévention et à la sécurité de Port-de-Bouc

    « La solidarité port-de-boucaine a encore une fois montré sa force : des agents sont revenus de vacances à leur initiative, la SNSM, la Réserve communale étaient présentes, le Secours populaire a séché et habillé les réfugiés de Gagarine, deux étudiantes se sont occupées des enfants, les commerçants ont offert des pizzas… Nous faisons le tour des sinistrés depuis deux jours pour les aider à déclarer leur sinistre. »

    An. M.

    Séverine Dellanegra, maire de Saint-Martin- de-Crau

    « On a largement dépassé le scénario catastrophe du schéma des crues de la Crau qui a été élaboré il y a dix ans. Avec cet épisode, on est plus du tout à jour. La pluviométrie record, la nappe phréatique exceptionnellement pleine et le phénomène très territorialisé ont empêché un drainage optimal. Il va falloir avoir une réflexion sur les causes détaillées qui nous ont menés à cette situation et en tirer les conséquences. »

    A.M.

    Vincent Goyet, maire de Saint-Mitre- les-Remparts

    « On a eu un événement exceptionnel, qu’on n’avait pas connu depuis 1938. Face à ça, on va recalibrer nos installations pour qu’on soit correctement organisé, même face à des orages de moindre ampleur. On ne peut pas se contenter de roubines agricoles avec une activité agricole en déprise totale. Il faut pouvoir restructurer le réseau pour mieux gérer ces risques avec l’aide de la Métropole au titre de la compétence inondation Gemapi. »

    A.M.

  • Crash aérien de Barcelonnette : la décision du tribunal attendue ce jeudi

    Crash aérien de Barcelonnette : la décision du tribunal attendue ce jeudi

    Xavier et Barbara attendent ce jour depuis longtemps : en décembre 2022, leur vol touristique avait viré au cauchemar, leur avion s’écrasant et s’embrasant au moment de son atterrissage à Barcelonnette. Le couple niçois avait été gravement blessé et brûlé dans l’accident, avait passé plus d’un mois dans le coma et cinq mois en réanimation, alors que la compagne du pilote, également à bord, était décédée sur le coup. Ils accusent aujourd’hui le pilote de les avoir abandonnés dans l’avion en feu.

    « Le pilote a commis

    des fautes énormes »

    Jugé fin septembre, le pilote est poursuivi pour homicide involontaire et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité permanente. Le procureur avait requis cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, à son encontre.

    Me Mérouane Brahimi, qui représente sa sœur décédée dans l’accident, espère une condamnation du prévenu. « Ce qu’on souhaite, c’est que le pilote, qui a commis des fautes énormes, manifestes, soit condamné, parce qu’au-delà de ma sœur, qui est morte dans des conditions épouvantables, il y a aussi ces deux jeunes personnes qui sont mutilées à vie. Leur vie est gâchée », déplore-t-il. Selon lui, « le pilote n’a pris aucune précaution », « a pris une pente extrême », et est arrivé « à une vitesse 70 ou 80 km/h au-dessus de la vitesse normale ». « L’avion rebondit cinq fois, mais, au lieu de freiner, il remet les gaz pour ne pas endommager l’avion », affirme l’avocat, qui regrette que le prévenu n’ait pas reconnu ses fautes et sa responsabilité lors du procès fin septembre.

  • Intempéries : une personne retrouvée décédée à Saint-Mitre-les-Remparts

    Intempéries : une personne retrouvée décédée à Saint-Mitre-les-Remparts

    L’importante mobilisation des pompiers des Bouches-du-Rhône n’aura pas suffi. Les violents orages de la nuit ont fait une victime. Portée disparue, une personne a été retrouvée décédée par les services de secours en milieu de matinée à Saint-Mitre-les-Remparts. « Une importante opération de recherche, mobilisant notamment l’hélicoptère Dragon 131, a été engagée », détaillent-ils dans un communiqué. Les circonstances de l’accident restent encore à préciser.

    Des pluies diluviennes se sont abattues sur le secteur de la Côte Bleue et de l’Étang de Berre pendant la nuit. Sur Martigues, pas moins de 220 mm sont tombés en 24h, soit « 40% de ce qu’il tombe en une année », selon l’antenne locale de Météo-France.

    Les pompiers sont à pied d’œuvre. Entre hier et aujourd’hui, ils ont réalisé plus de 200 interventions directement liées aux intempéries, ce qui a nécessité l’engagement de moyens spécialisés supplémentaires, représentant 112 Pompiers13, en complément des 500 personnels habituellement de garde.

    Si l’essentiel de l’épisode météorologique est désormais passé, la vigilance orange reste maintenue, à ce stade, jusqu’à 12h ce mardi 20 octobre. Des précipitations modérées devraient se poursuivre jusqu’à la mi-journée, tandis que de nouvelles précipitations sont attendues dans l’après-midi et en soirée.

  • [Maj] Avignon : choc au sein de la majorité après le décès de Michel Adam

    [Maj] Avignon : choc au sein de la majorité après le décès de Michel Adam

    « Aujourd’hui, l’équipe municipale est en deuil », annonce ce mardi matin, Olivier Galzi. Le maire (DVD) d’Avignon fait part de la « disparition de notre ami Michel Adam, adjoint à la propreté et aux espaces verts ». L’élu, âgé de 65 ans, a été victime d’un malaise cardiaque lundi soir, peu après 20h, à la sortie du conseil communautaire tenu à Montfavet. Très rapidement pris en charge par les nombreuses personnes encore présentes à ce moment là, équipées d’un défibrillateur, avant l’arrivée des pompiers et du Samu, Michel Adam n’a donc pas survécu.

    « Michel n’était pas seulement un ami, c’était un frère d’armes dans la bataille que nous menons pour redresser notre ville. Le résultat spectaculaire qu’il avait obtenu en quelques mois sur le front de la propreté, était le fruit de son engagement : TOTAL, sans calcul, ni réserve », loue Olivier Galzi. Retraité de la fonction publique, Michel Adam avait travaillé pendant 40 ans dans les services municipaux d’Avignon jusqu’à devenir chef du service de la propreté. Une mission qu’il poursuivait désormais en tant qu’élu depuis mars.

    « Michel avait accepté à ma demande d’abandonner son travail au sein d’une société de nettoyage pour remplir la mission que je lui avais confiée : rendre notre ville, plus belle et plus propre. Il avait accepté de renoncer à une situation confortable, parce qu’il avait le sens de l’intérêt général, et qu’il aimait sa ville comme personne », rappelle le maire, très affecté, qui pense « aujourd’hui à ses enfants et à sa famille » et « pleure la disparition d’un homme de valeur et de conviction ». Michel Adam était un cadre de la majorité, en lien quotidien avec Olivier Galzi sur une thématique qui était l’une des trois priorités du mandat.

    Cette disparition brutale ébranle forcément la majorité, dont plusieurs membres ont été des témoins directs du drame, mais aussi car Michel Adam était apprécié. « Un homme doté d’un immense goût de vivre, d’un humour communicatif et d’un sourire généreux qu’il partageait volontiers », souligne la Ville dans un communiqué. La prochaine séance du conseil municipal lundi prochain, 28 septembre, sera forcément chargée en émotion. Cela reste encore à confirmer, mais selon l’ordre de la liste aux municipales, Stéphane Gérard est appelé à le remplacer au sein de l’assemblée municipale.

  • Dans le Gard, Charles Ménard (LFI) est décédé

    Dans le Gard, Charles Ménard (LFI) est décédé

    C’est une figure de la gauche gardoise et opposant historique aux idées d’extrême droite qui s’est éteint vendredi 18 septembre. Coiffé de son habituel chapeau, Charles Ménard était l’une des figures les plus connues de la France insoumise (LFI) dans le département.

    Ce proche de Jean-Luc Mélenchon s’était en effet présenté aux élections municipales de 2020 comme tête de liste face au Rassemblement National à Beaucaire. En 2022, il était également candidat aux élections législatives sur la première circonscription du Gard. Une candidature qu’il avait à nouveau portée en 2024 sous les couleurs du Nouveau Front populaire, battu au second tour par le député sortant Yoann Gillet (RN, 45,78 % des voix). Pendant plusieurs mois, une rumeur sur une candidature à Nîmes pour les élections municipales de 2026 courait mais il avait finalement renoncé.

    « Infatigable militant des causes justes, tu manqueras à l’intérêt général », a sobrement réagi Nicolas Pellegrini, militant LFI dans le Gard. « Charles était, depuis plusieurs décennies, un militant de gauche sincère et dévoué qui a joué un rôle important dans le département », lui a de son côté rendu hommage Jacques Chabalier, secrétaire de la section PCF à Nîmes.

  • Décès d’un jeune à l’Établissement pénitentiaire pour mineur de la Valentine

    Décès d’un jeune à l’Établissement pénitentiaire pour mineur de la Valentine

    Drame à l’EPM de la Valentine, ce dimanche. Un jeune de 17 ans se serait suicidé dans l’Établissement pénitentiaire pour mineurs du 11e arrondissement de Marseille. Si les circonstances exactes de sa mort ne sont pas encore connues, l’EPM confirme le décès et renvoie vers le parquet. Contacté, ce dernier explique avoir ouvert « une enquête pour recherche des causes de la mort confiée au SLPJ-Division Sud [Service local de police judiciaire ndlr] ». Il a été retrouvé pendu avec les draps de son lit, selon une source proche de l’enquête.

  • [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

    Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

    Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

    A.F. : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40% d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

    Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

    A.F. : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

    Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

    A.F. : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20% des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10% d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30%. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

    C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

    A.F. : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

    Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

    A.F. : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

    Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

    A.F. : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

    ET AUSSI

    Partenariat polémique à l’UM

    Du côté de l’Université de Montpellier, le partenariat signé le 11 juin entre l’UM et Total Énergies fait polémique. Dès septembre, le groupe pétrolier doit prendre en charge les coûts pédagogiques et des visites de sites industriels de 80 étudiants du Master Énergie (62h30 de cours par des salariés et retraités de la multinationale).

    Au-delà des pratiques de greenwashing reprochées à Total Énergies, les syndicats enseignants et étudiants dénoncent une « immixtion du secteur privé dans le service public », craignant « un contrôle de fait sur les contenus pédagogiques et l’évaluation des étudiants ». Des actions de blocage avaient été menées suite à l’annonce de l’accord.

    R.C.

  • [Cinéma] Disparition de Jean Paul Rappeneau

    [Cinéma] Disparition de Jean Paul Rappeneau

    Autodidacte, ce cinéaste méticuleux et parcimonieux a réalisé au total huit longs-métrages, tournant avec les plus grands comédiens, de Yves Montand (Le Sauvage) à Catherine Deneuve (La vie de château), ou Isabelle Adjani (Tout feu tout flamme).

    Cyrano, son grand succès

    Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau, choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s’écouler de longues années entre chaque film. « Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c’est plutôt un film tous les cinq ou six ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. À moins bien sûr d’avoir besoin d’argent… », disait-il à Paris Match en 2015. C’est en portant à l’écran les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane que Jean-Paul Rappeneau avait connu son plus grand succès au début des années 90.

  • Le peintre Gilbert Ganteaume honoré aujourd’hui à La Ciotat

    Le peintre Gilbert Ganteaume honoré aujourd’hui à La Ciotat

    Figure emblématique de La Ciotat, l’artiste Gilbert Ganteaume, décédé dans la nuit de vendredi à samedi dernier, est honoré ce jeudi par la Ville. « Il laisse derrière lui une œuvre d’une grande richesse, qui continuera de témoigner durablement de son talent et de son attachement à La Ciotat. Son triptyque, réalisé pour l’église Notre-Dame de l’Assomption, comme son monument dédié aux victimes de l’amiante, constituent autant d’œuvres majeures qui s’inscrivent désormais dans le patrimoine et la mémoire de notre ville », souligne la mairie de La Ciotat.

    L’hommage se tient ce soir à 19h à la Chapelle des Pénitents Bleus, le lieu de sa dernière exposition organisée par l’association Ganteaume, Artiste de la Matière (GAM). Ses obsèques auront lieu vendredi 4 septembre à 10h en l’église Notre-Dame de La Ciotat, devant son célèbre triptyque.

    Apprenti à 14 ans

    Gilbert Ganteaume est né dans la cité ouvrière de La Ciotat en 1932. Il entre au chantier naval comme apprenti, à 14 ans, en 1946. « À cette époque, quand l’école était finie, les garçons allaient à l’école des chantiers. Leur chemin était tracé. En trois ans, on essayait de voir leurs capacités et dans quelle section on les mettait », racontait à La Marseillaise, le 14 août, la fille du peintre, Christiane Ganteaume. « Il est profondément épris de sa ville. C’est une des sources d’inspiration de ses peintures. Son œuvre est imprégnée de l’histoire de La Ciotat, sous l’angle des luttes sociales des habitants », expliquait Marc Le Chartier, secrétaire de l’association GAM.