Tag: décès

  • À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    Ça y est, c’est reparti pour un tour. Tout est fin prêt pour accueillir en parfaite sécurité estivants et Toulonnais sur les plages du port du Levant, toutes équipées et accessibles aussi aux personnes à mobilité réduite (PMR) grâce à des fauteuils adaptés.

    C’est au poste principal de secours de la plage du Mourillon que le dispositif de surveillance des baignades a été rappelé mercredi matin en présence de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Cent quarante trois sapeurs-pompiers et 25 saisonniers répartis sur les 6 postes de secours sur les anses de Pipady, la Mitre, Le Mourillon et Méjean veillent ainsi sept jours sur sept, jusqu’au 31 août inclus, à ce que les vacances ne se transforment pas en cauchemar. Ils disposent pour cela de tous les moyens nautiques pour réagir au plus vite, tels qu’un jet-ski, des embarcations semi-rigides et une vedette. « Ce qui permet d’avoir une action en moins de 7 minutes jusque sur les communes de La Garde et du Pradet », précise le lieutenant Lucas Mulet.

    La prudence reste de mise

    L’occasion d’ailleurs pour les sapeurs-pompiers de délivrer une nouvelle fois les messages de prévention d’usage en rappelant que lors de la saison estivale 2025, 2 000 interventions ont été comptabilisées. Cela allait de la simple piqûre de méduse ou d’oursin jusqu’au malaise. Mais aucun décès n’a été déploré l’année passée sur les plages toulonnaises.

    Un bilan exceptionnel, salué par la maire de Toulon Josée Massi, qui rappelle les actions volontaristes mises en place par la Ville qui n’est peut-être pas pour rien dans ces résultats exceptionnels. Dans les écoles, notamment. « L’objectif c’est que tous les enfants à la sortie du primaire sachent nager ; c’est très important dans une zone de bord de mer comme la nôtre », précise-t-elle.

    Tout cela étant dit, reste à chacun à faire sa part pour ne pas se mettre en danger. « On ne peut pas mettre une personne derrière chaque enfant ou chaque baigneur. Tout le monde doit aussi prendre ses responsabilités », rappelle la 1ère magistrate.

    Les précautions d’usage sont donc à observer. Comme celle de ne pas rentrer d’un coup dans l’eau quand elle comme aujourd’hui à 17 °C, rappelle-t-elle.

    Les parents sont également invités à ne pas ménager leur vigilance, pour la surveillance de leurs petits pour lesquels le drame peut se dérouler avec seulement 20 cm d’eau.

    Et les nageurs téméraires qui pèchent parfois par un excès de confiance en leurs capacités de revenir sur le rivage après un long parcours de nage, sont invités eux aussi à la prudence. Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

    Sinon, tout est prêt pour permettre à tous de passer un très bon été. De la plaine de jeu et des aires de pique-nique récemment inaugurées aux abords des restaurants nouvellement végétalisés, jusqu’au parking de 1 300 places totalement gratuit que beaucoup nous envient. L’occasion de rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, pas en tout cas lorsque l’extrême droite était aux manettes du Port du Levant.

    La remarque pourrait paraître ici inappropriée. Sauf que d’occasion on ne doit jamais manquer pour rappeler quels sont les principes de chacun sur la gestion de l’espace public. Étant entendu aussi que chaque fleur qui pousse est un événement éminemment politique.

    Les plages du Mourillon doivent rester ce lieu ouvert à tous, populaire, où même les Toulonnais qui ne partent pas se sentent un peu en vacances, comme se plaît à le rappeler Josée Massi.

  • La région, plus touchée par les noyades

    La région, plus touchée par les noyades

    Quelque 1 418 noyades dont 409 mortelles ont été recensées en France entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, selon le rapport de Santé publique France. Une hausse respective de 14% et 16% par rapport à l’année précédente. Les sapeurs-pompiers de France alertent sur ces chiffres qui traduisent une réalité : la baisse de vigilance dans les moments du quotidien, notamment lors des baignades, des activités familiales ou des loisirs estivaux. La région Paca est la plus touchée par le nombre de noyades : 332 noyades dans l’été (51 suivies de décès).

    Cette augmentation générale est fortement corrélée aux périodes de canicule et à la surfréquentation qu’elles engendrent. Aurélien, capitaine de corvette du bataillon des marins-pompiers de Marseille, dresse la typologie des accidents : « Il y a une grosse proportion de surévaluation de ses capacités, il y a aussi la méconnaissance des phénomènes naturels comme les courants ou le mistral. Sur les enfants, c’est le manque de vigilance et de surveillance. » La différence à Marseille, ce sont les nombreux lieux de baignade non surveillés, difficiles d’accès et rocheux qui constituent de « véritables facteurs accidentogènes et une intervention parfois plus compliquée », prévient le marin-pompier. « Les gens sous-estiment toujours les risques, comme le jet de mégots dans la forêt », affirme le lieutenant-colonel Brocardi.

    En cause, le téléphone portable

    À Marseille, 80% des noyades ont lieu sur la voie publique, c’est-à-dire dans la mer et les cours d’eau, et 20% en piscines privées. Et plus de la moitié de ces interventions ont lieu pendant la seule période estivale.

    Les sapeurs-pompiers pointent du doigt le téléphone. « La prise de conscience doit être renforcée. Notre attention diminue notamment à cause de notre téléphone. On est dans une société de consommation, ça a un impact psychologique et sur les réflexes quotidiens », alerte le lieutenant-colonel Éric Brocardi des sapeurs-pompiers de France. Il poursuit : « La plupart des drames que j’ai pu voir en tant que pompier, c’est : “Je n’ai pas fait attention.” Les vies dépendent du regard. Des fois, ce n’est même pas une question de savoir nager. » La noyade reste un phénomène difficile à détecter. Silencieuse, elle peut survenir en quelques secondes seulement, sans signe évident de détresse. Face à ce risque, les secours appellent à la vigilance : ne jamais quitter des yeux un enfant, même brièvement, éviter de se baigner seul et tenir compte de son état de fatigue ou des conditions météo. Fréquenter des plages surveillées diminue fortement les risques mortels. « Dès qu’il s’agit de milieux éloignés sans surveillance, les délais d’intervention sont au minimum de 10 à 13 minutes. On sait que déjà au bout de trois minutes, il y a des séquelles irréversibles », rappelle le lieutenant Christophe Sola, des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône.

    Christophe Sola (Sdis 13) précise qu’il faut également faire un travail de prévention auprès des parents en bord de plages : « On interpelle : “Attention votre enfant a perdu le brassard, attention vous êtes allé un peu loin”, on leur dit de nager parallèle à la plage, pas aller au 300m parce que oui il y a des bouées mais elles sont très grosses et glissantes, etc. »

    La surveillance des plages, assurée par les communes avec l’appui de sauveteurs et de secouristes, reste un maillon clé de la prévention. À l’échelle nationale, le lieutenant-colonel Brocardi évoque un manque récurrent de surveillants. « Il n’y a que cette année où il y a eu beaucoup de demandes pour être sauveteurs, ici dans les Bouches-du-Rhône. On n’a pas pu prendre tout le monde, nos équipes sont complètes », rassure Christophe Sola. « Dans le département, 28 plages sont surveillées sur 15 communes », par environ 350 sauveteurs.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 1/3] Quand le tabagisme menace aussi la vessie

    [Ce cancer dont personne ne parle 1/3] Quand le tabagisme menace aussi la vessie

    Le cancer de la vessie est responsable du décès d’environ 5 000 Français par an. L’équipe d’onco-urologie de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) compte actuellement sept chirurgiens urologues seniors. Géraldine Pignot, l’un d’entre eux, souhaite sensibiliser les Français aux facteurs à risque de cette maladie, et surtout sur le tabagisme, responsable de 80% des cancers de la vessie qu’il soit actif, passif, sevré depuis longtemps ou pas. « Il est vrai qu’on connaît bien son impact sur le poumon, parce qu’effectivement, on le respire. Mais une fois qu’il a été respiré, il passe dans le sang puis il est filtré par la vessie, c’est là que les carcinogènes entrent en contact avec la muqueuse, le revêtement interne de la vessie, et génèrent des transformations de cellules en cancer », explique-t-elle. « Pour le moment, notre patientèle, est pour les deux tiers masculines et un tiers seulement féminine à cause de la consommation de tabac qui jusque-là était plus fréquente chez les hommes. Cette donnée change avec les nouvelles générations. »

    Des facteurs souvent oubliés

    Un facteur de risque résultant d’un cadre professionnel existe aussi. « Et même si c’est une minorité de nos patients, parfois, on est amené à faire une enquête à la recherche d’une éventuelle maladie professionnelle », précise Géraldine Pignot. Selon l’institut national du cancer (INCa) et les synthèses reprises par l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), 2 à 14% des cancers de la vessie ont une origine professionnelle. L’exposition à certains produits toxiques développe des cellules cancéreuses. Les plus classiques sont les aminés aromatiques (benzidine, 2-naphtylamine, 4-aminobiphényle…) utilisés dans la chimie des colorants, des pigments et du caoutchouc ou les produits de combustions présents dans les goudrons et les huiles de houille. En somme, les professionnels menacés sont ceux exerçant dans les domaines de la chimie, de l’acier, du cuir ainsi que certains mécaniciens automobiles, techniciens dentistes ou même coiffeurs. Pour autant, la Suva, caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents, rappelle que la cause reste souvent difficile à identifier. Toutefois, il est important de rappeler que l’exposition aux cancérogènes en milieu de travail concernait 11% des salariés dans l’enquête Sumer 2017, soit environ 2,8 millions de personnes en France. Enfin, le troisième facteur de risque, actuellement en cours d’identification, et souvent méconnu des professionnels, est environnemental. Facteurs « qui mériteraient plus d’exploration dans les années à venir », ajoute Géraldine Pignot. L’arsenic est un important facteur environnemental notamment dans certaines zones géographiques à contamination élevée. « Et notamment sur la région marseillaise, on a un pic de fréquence par rapport à d’autres départements, plutôt vers les Goudes, là où étaient anciennement installées les usines qui déversaient de l’arsenic. » Et les pesticides ne sont pas en reste.

  • [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    Alors qu’une jeune femme a été évacuée mardi de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) vers un hôpital de Marseille pour une infection possiblement liée à l’hantavirus Andes, le chef de l’État Emmanuel Macron s’est voulu rassurant en déclarant que la situation en France était « sous contrôle », le gouvernement ayant mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». « Maintenant, il est important qu’il y ait une vraie coordination européenne, c’est-à-dire que les protocoles aillent vers les standards les plus exigeants qui ont été définis à très court terme, et que l’Organisation mondiale de la Santé puisse coordonner tout cela comme il se doit ». La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté le scénario d’une « circulation diffuse » en France et a précisé que sur les 5 Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme est « dans un état grave. »

    La Marseillaise : Que pensez-vous de la gestion de l’hantavirus pour le moment ?

    Philippe Halfon : En termes de gestion de crise, c’est catastrophique. Disons que, si on cherchait à disséminer une épidémie, nous n’aurions pas pu faire mieux. Dans les gestions d’épidémie qu’on a connue dans le passé, lorsqu’il y avait des maladies graves comme la peste ou autre, on appliquait le principe de quarantaine. Dans le cas qui nous intéresse, on avait la chance d’avoir les patients regroupés à l’intérieur d’un bateau, où aurait pu se tenir cette quarantaine. Il aurait été possible de mettre en place un bateau médicalisé, avec tout ce qu’il faut en termes de ventilation mécanique, de réanimateurs et autres. Car bien sûr, il n’est pas question de laisser mourir les gens. Ce qui se passe actuellement est vraiment le résultat d’une très mauvaise gestion au départ. J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid. D’autant que, dans le cas du Covid, il était beaucoup plus difficile de contenir l’épidémie dans la mesure où les gens n’étaient pas au départ confinés sur un bateau.

    Que sait-on de l’Hantavirus actuellement ?

    P.H. : C’est un virus qu’on connaît depuis très longtemps. Ce n’est pas nouveau comme le SARS-CoV-2 [Virus responsable du Covid-19, Ndlr]. À l’époque on connaissait le coronavirus, mais pas le SARS-CoV-2. Là, les hantavirus sont très connus. On savait qu’il y avait des contaminations inter-humaines [la majorité des hantavirus ne touchent que les rongeurs, Ndlr]. Il existe un centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur depuis 2016 [Les Centres nationaux de référence sont des laboratoires, qui, en centralisant les informations à l’échelle nationale, participent à la lutte et au contrôle des maladies, Ndlr]. Les hantavirus ont été parfaitement décrits en médecine, dans les syndromes rénaux, dans les syndromes cardiopulmonaires, sur la base de toutes petites épidémies, très confinées.

    Quels sont les symptômes que peut impliquer une infection ?

    P.H. : Les premiers symptômes sont la fièvre, les courbatures, les douleurs articulaires, la fatigue, autrement dit les syndromes très communs des virus. Dans les cas qui nous intéressent, il y a eu des syndromes pulmonaires, avec une atteinte respiratoire, parfois hémodynamique, [circulation du sang, Ndlr] avec des hypotensions qui peuvent nécessiter une admission en réanimation. C’est ce qu’il s’est passé pour les patients décédés, ils sont morts d’un symptôme respiratoire aigu.

    Le virus est-il aussi dangereux pour tout le monde ?

    P.H. : Comme dans le cas de n’importe quelle infection, bactérienne ou virale, ce que vous voulez, l’état de la défense immunitaire du patient ou la présence de comorbidité a une grande influence. Naturellement, nous sommes tous infectés tous les jours par des virus, et des bactéries. On les sent plus ou moins passer, mais il ne se passe pas grand-chose. On a un petit coup de pompe, on est un peu fatigué, on se sent un peu fiévreux. Mais on ne sait pas forcément d’où ça vient, on ne va pas se tester. Il y a toujours un hôte et un virus, une bactérie avec son hôte. Comme dans le cas des rongeurs, qui parfois peuvent être asymptomatiques, il est possible qu’un humain infecté ne sente rien.

    Mais le taux de mortalité reste plus élevé que dans le cas du Covid…

    P.H. : Bien sûr. Dans le cas du Covid-19, on est à moins de 1%. Pour l’épidémie actuelle, si on compte 3 décès pour 8 cas, on obtient 38%. Je pense que ce chiffre très élevé de mortalité va baisser. On n’a pas encore de photographie globale. Dans d’autres cas, comme l’épidémie qui a eu lieu pendant la guerre de Corée, la première qui a été décrite [c’est le fleuve Hantaan, situé entre les deux Corées, qui donne son nom aux hantavirus, Ndlr], le taux de mortalité était de 5 à 10%. Dans d’autres cas plus récents, le taux de mortalité était de 50%. J’ai l’impression que chaque épidémie à son taux de mortalité, mais ça reste bien plus élevé que le Covid.

    Le virus est-il aussi contagieux que le Covid ?

    P.H. : La contagiosité est bien inférieure à celle du Covid. On sait que, dans les précédents cas, les épidémies sont restées très confinées, ce qui est plutôt bon signe.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud

  • La fécondité au plus bas en Occitanie

    La fécondité au plus bas en Occitanie

    Le phénomène est français (même européen) mais plus fort encore en Occitanie, qui compte 6,2 millions d’habitants. La population de notre région a beau être de plus en plus nombreuse (+0,8%/an contre +0,3%/an en France depuis 10 ans), ce n’est que grâce à son solde migratoire positif. C’est-à-dire que l’Occitanie accueille beaucoup plus d’arrivées qu’elle ne concède de départs (vers d’autres régions ou des pays étrangers).

    Car pour le reste, son solde naturel est plus que jamais négatif. Depuis 2017, la courbe des décès est supérieure à celle des naissances dans notre région qui accuse un déficit naturel de -12 700 en 2024 au lieu de
    -11 000 l’année précédente. Seule la Haute-Garonne conserve encore davantage de naissances que de décès.

    La raison est simple, révèle une étude de l’Insee. Même en étant moins forte qu’en 2023
    (-8,4% après l’éphémère rebond du Covid et des confinements), la baisse des naissances se poursuit en 2024 avec 1 100 naissances de moins. Soit à peine 51 300 bébés nés en Occitanie en 2024 (-2,2% comme en France). Un recul entièrement dû à la chute du taux de fécondité puisque « le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants continue d’augmenter », renseigne l’Insee. Par ailleurs, cette baisse de la fécondité n’épargne aucune classe d’âge, y compris chez les femmes de 35 à 49 ans, où le taux était en hausse jusqu’en 2021. En raison de « l’allongement des études, des mises en couple plus tardives et du souhait des femmes d’être stabilisées dans la vie professionnelle », l’âge moyen du premier enfant est plus tardif en France (31,1 ans contre 26,8 ans en 1975).

    Le climat anxiogène en raison de la chute du pouvoir d’achat, de l’enjeu climatique ou de la crainte des guerres peut-il expliquer ce phénomène ? Toujours est-il que la fécondité est au plus bas en Occitanie, avec à peine 1,46 enfant par femme (1,62 en France), un record historiquement faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    En parallèle, le nombre de décès augmente. En 2024, 64 000 habitants ont disparu, soit 0,8% de plus qu’en 2023. Une tendance là aussi nationale (+1%) entièrement due au vieillissement de la population du fait de « l’arrivée aux âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom d’après guerre », les conditions sanitaires plus favorables en 2024 qu’en 2023 n’étant pas un facteur conjoncturel pertinent.

    La résultante de ces deux tendances qui s’amplifient est que la population de l’Occitanie vieillit. Près d’un Occitan sur quatre (24% au lieu de 22% dans le pays) est âgé de 65 ans ou plus. Il y a 20 ans, les seniors ne pesaient que 19% de la population d’Occitanie. Depuis 2022, ils sont devenus plus nombreux que les jeunes de moins de 20 ans (23% de la population régionale). À noter que sur cet indicateur, les disparités sont fortes. Si le Lot est le département français qui compte le plus de seniors (33%), la Haute-Garonne compte parmi les plus jeunes (18% de 65 ans ou plus). L’Hérault et le Gard sont dans une position intermédiaire (23 à 25% de seniors).

    Malgré tout, l’espérance de vie à la naissance se stabilise en Occitanie à son niveau d’avant pandémie comme dans le reste de l’Hexagone. Elle s’élève à 85,7 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes.

  • André Kabile, un emblème nîmois, est parti

    André Kabile, un emblème nîmois, est parti

    Il ne fait qu’un avec le vieux Nîmes Olympique. Il ne fait qu’un avec le mythe du stade Jean-Bouin. À l’époque des Trente glorieuses et de sa dynamique industrielle, Nîmes était l’épicentre du football du Languedoc. Au cœur de ce club, il y avait un Martiniquais comme symbole : André Kabile. Ce gaillard, qui a fait toute sa carrière avec les Crocodiles, est décédé vendredi 6 mars d’un cancer de l’estomac à l’âge de 87 ans.

    « Il est devenu une légende et les légendes ne meurent jamais », confie Michel Mézy, qui a joué durant dix ans à ses côtés. « C’était un homme très attachant et humble, qui avait des ressorts moraux et physiques au-dessus de la moyenne », précise l’ancien milieu de terrain international (17 sélections).

    « C’est un type important »

    Michel Mézy (77 ans), talent d’alors, s’est révélé au côté d’André Kabile, rugueux défenseur. « Je me suis élevé à ses côtés. J’avais 16 ans quand il est arrivé à Nîmes. J’ai joué dix saisons avec lui. J’ai débuté avec lui, j’ai joué avec lui jusqu’à la fin. C’est un type important », rappelle l’ancien conseiller du président de Montpellier. Un type important pour Nîmes, un type important pour lui.

    Kabile est né à Saint-Esprit (Martinique). À son arrivée en Métropole, il est repéré à Port-Saint-Louis (Bouches-du-Rhône) par Kader Firoud, ex-entraîneur de Nîmes. Dès lors, il s’installe sur le côté gauche de la défense des Crocodiles. Il y dispute 534 matchs entre 1974 et 1979. Un record.

    Il devient vice-champion de France en 1972 au côté de Landi, Augé, Vergnes, Adams… Et juste derrière l’OM de Josip Skoblar et de l’ailier suédois Roger Magnusson. « Cela a été un arrière latéral de grand talent, il savait se faire respecter. Il ne se laissait pas faire, mais il ne commettait pas d’attentats contrairement à ce que j’ai pu entendre parfois », nuance Michel Mézy,

    Fidèle à Nîmes

    Kabile taille sa propre légende. Et entre de plain-pied dans la mémoire de Nîmes. L’ancien Stéphanois Patrick Revelli, surnommé le Gaulois, se régalait de leurs duels. Des duels francs, loyaux et dénués de complaisance. Sans coups bas mais de haute lutte.

    Le 4 mai 1976, quelques jours avant la finale de la Coupe des champions à Glasgow, les deux hommes s’étaient défiés pour un énième duel que l’on attend comme une gourmandise. Ils n’avaient pas cédé à ce « match de bouchers » où Gérard Farison et Christian Synaeghel, blessés, y ont laissé leurs places en finale. Et un goût d’inachevé.

    André Kabile avait gardé sa ligne de conduite. Fidèle à lui-même, fidèle à Nîmes, avec lequel il n’aura fait qu’un.

  • Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Il était une figure locale du Parti communiste français et du monde littéraire. Roger Martin, homme passionné et engagé, est décédé jeudi 29 janvier à l’âge de 75 ans, après avoir été percuté par une voiture dans la ville où il vivait.

    Né d’un père professeur et d’une mère institutrice, Roger Martin avait quatre frères et sœurs. Très tôt, à l’adolescence, il adhère aux Jeunesses communistes d’Aix-en-Provence. Une ferveur qui ne le quittera jamais puisque dès 1977, il devient adjoint au maire communiste de Mont-Saint-Martin et le restera jusqu’en 1992.

    Militantisme et antifascisme chevillés au corps

    Antifasciste de la première heure, Roger Martin s’est employé, durant des années, à contrer la montée du Front national (puis du Rassemblement national) lors des différentes campagnes électorales, qu’elles soient nationales ou locales. à Pernes-les-Fontaines, mais aussi à Carpentras en 2014, où il s’était engagé pour faire barrage à la Ligue du Sud et au FN. Il fait également partie des fondateurs du réseau Ras’l’front et publia le roman Main basse sur Orange, Une ville à l’heure Lepéniste.

    Mais, au-delà de son militantisme chevillé au corps, Roger Martin était un professeur de Français et écrivain passionné. Reçu au Capes de lettres modernes en 1973, titulaire d’une licence d’anglais, il devient professeur de lettres en 1974, en Lorraine, puis il exerce, à partir de 1992, à Pernes-les-Fontaines dans le Vaucluse, au collège Charles-Doche, où une plaque à son nom a été installée de son vivant. Tout au long de sa carrière, et jusqu’à sa retraite, il exerça également des responsabilités syndicales au Snes, auquel il resta syndiqué.

    Il publia de nombreux ouvrages à la portée nationale et internationale, sur des sujets historiques tirés de faits réels et tous poignants comme les camps de concentration, l’Amérique fasciste ou le Ku Klux Klan, entre autres.

    Une chronique sur les romans noirs

    Il a également créé une série BD, AmeriKKKa, dont il a été le scénariste aux côtés du dessinateur Nicolas Otéro. Celle-ci présente des faits authentiques et actuels mettant en scène Ku Klux Klan et néonazis. Neuf volumes ont paru, dont le dernier, Cauchemar californien, explore l’univers violent de bandes de motards néonazis impliqués dans le trafic de drogue, la traite d’enfants et la pornographie, thèmes qui, tout au long de sa vie, l’ont profondément interpellé.

    En 2008, il publie un roman noir ambitieux, Jusqu’à ce que mort s’ensuive, dans lequel il révèle des faits totalement inconnus de la Seconde Guerre mondiale et l’existence d’un cimetière clandestin américain, en Picardie, qu’il appelle le « Cimetière des hommes perdus ».

    Plus récemment, et depuis plusieurs années, cet auteur prolifique, aussi passionné que passionnant, contribuait très régulièrement à notre supplément magazine week-end avec sa chronique « Le coin du polar », dans laquelle il donnait à lire et à voir des thrillers qui avaient retenu son attention.

    L’ensemble des équipes de La Marseillaise présente ses condoléances à sa famille.

    Réactions

    Fédération PCF de Vaucluse

    « Roger était un homme debout, aux convictions affirmées, membre de notre direction départementale. Il était un militant communiste engagé, un ancien professeur de lettres et un écrivain de roman noir. Antifasciste de la première heure, il était un des signataires de “l’Appel des 250”, qui a vu la fondation du réseau Ras l’front. »

    Pierre Dharréville, ancien député PCF

    « Immense tristesse en apprenant la disparition brutale de Roger Martin. Roger était un militant courageux et tenace. Dans ses textes, il déployait une langue vivante et tranchante. Il sut aussi marier ses mots à l’image, à travers la bande dessinée. Il a mis des mots sur les plaies du monde et de l’humanité. Il nous a aidés à vivre et à lutter et l’écho de son œuvre continuera de résonner. Roger va terriblement nous manquer. »

    Serge de Carli, maire de Mont-Saint-Martin

    « Roger Martin, un ami, un camarade, un professeur de français au collège Anatole-France, un élu, adjoint au maire à la culture, initiateur de la fête de la vieille Église, un écrivain, romancier, un combattant infatigable contre les forces du fascisme… »

  • Marie Rouanet, une vie pour la langue et la culture occitanes

    Marie Rouanet, une vie pour la langue et la culture occitanes

    Dans les années 70, cette jeune femme bien dans son temps est d’abord une chanteuse et compositrice occitane, aux côtés des Marti et autres Mans de Breish. Mais interpréter « Lous esclops »* ne suffira pas à celle qui, née d’une famille modeste – son père était mécanicien – est devenue professeure de lettres classiques. Quand elle s’engage en 1977 sur la liste du communiste Paul Balmigère, c’est aussi – surtout ? – pour défendre la culture occitane qui peu à peu s’éteint. Elle poursuivra son mandat de déléguée au patrimoine avec le maire socialiste Alain Barrau jusqu’en 1989, puis restera dans l’opposition.

    Marie Rouanet est de celles et ceux qui ont redonné ses lettres de noblesse à la langue occitane, qui, interdite dans les écoles au début du XXe siècle, risquait de disparaître. Une noblesse et un lieu fabuleux pour lequel, avec son mari, le grand écrivain occitan Yves Rouquette disparu en 2015, elle s’est battue bec et ongles : le Cido, centre international de documentation occitane (il a changé depuis son nom en Cirdoc).

    Une femme libre

    et combattante

    Marie Rouanet avait infiniment de tendresse pour les petites gens et la capacité d’écrire leur vie, comme on peint. Elle était une sorte d’ethnologue poétique. Du Béziers populaire qu’elle connaissait si bien à Camarès dans l’Aveyron, où le couple s’était installé il y a une trentaine d’années, elle a tiré de nombreux ouvrages. Sur la cuisine, notamment, pour celle qui raconte comme personne les goûts et les odeurs. C’est à Camarès qu’elle écrit La cuisine amoureuse, courtoise et occitane (Ed Loubatières), première version du Petit traité romanesque de la cuisine. La flore, la musique et la culture occitane sont au menu de ses œuvres. Elle écrira aussi sur ses compagnons de la « nova cançon » en les présentant comme des « chanteurs de la décolonisation » des pays occitans.

    Dans les années 90, Nous les filles (Payot) lui amène une reconnaissance nationale. Mais d’autres de ses ouvrages ont dressé un panorama fin et poétique du XXe siècle dans le Midi. Du côté des hommes (Albin Michel), par exemple, où elle s’interroge sur cette fraternité qui les unit, sans les femmes. Marie Rouanet avait une connaissance profonde de la vie et des idées des petites gens. Ici c’était Les enfants du bagne (Payot), qui montre sa profonde sollicitude pour ceux qui souffrent. Elle y raconte la vie des petits martyrisés d’Aniane, dans l’Hérault, en puisant dans les archives du pénitencier pour enfants. Là, c’était Apollonie, reine du monde » (Plon), qui rapporte avec pudeur le rôle des veuves de 14-18 à travers la vie d’un hameau de l’Aubrac à partir des souvenirs d’un petit-fils d’Apollonie, Henri Jurquet.

    Marie Rouanet laisse les Occitans orphelins d’une femme libre, progressiste et combattante, chanteuse engagée, écrivaine prolifique, éternelle amoureuse de la vie. Ses obsèques auront lieu vendredi 30 janvier à 10h30 en l’église de Camarès, puis au cimetière de ce village où elle sera inhumée aux côtés d’Yves son mari et de son fils cadet.

    À son fils Laurent Rouquette, à sa famille, à toutes les personnes que ce deuil afflige, La Marseillaise présente ses plus sincères condoléances.

    Annie Menras

    * Les sabots

  • L’écrivain et ancien élu local communiste Roger Martin est décédé

    L’écrivain et ancien élu local communiste Roger Martin est décédé

    Il était une figure locale de la littérature, mais aussi un militant du Parti communiste français connu de bon nombre de Provençaux. Roger Martin est décédé, jeudi 29 janvier à l’âge de 75 ans après avoir été renversé par une voiture.

    Depuis plusieurs années, l’auteur de multiples romans et de bandes dessinées contribuait très régulièrement dans notre supplément magazine week-end, avec sa chronique “Le coin du polar”, dans laquelle ce passionné donnait à lire et à voir des thrillers qui avaient retenu son attention.

    Engagé en politique, il s’est évertué, durant des années, à contrer la montée du Front national (puis du Rassemblement national) lors des différentes campagnes électorales, qu’elles soient nationales ou locales, comme en 2014 à Carpentras où Roger Martin s’était engagé pour faire barrage à la Ligue du Sud et au FN.

    Sur les réseaux sociaux, les témoignages en hommage à sa vie et à son engagement affluent depuis l’annonce de son décès. Nous présentons nos condoléances à sa famille et reviendrons sur son parcours dans une prochaine édition.

  • Rolland Courbis quitte le terrain…

    Rolland Courbis quitte le terrain…

    Même aux portes de la mort, Rolland Courbis garde le sourire, le goût de l’échange à travers le foot, passion de l’une de ses vies. Affaibli par la maladie, doublée d’une infection pulmonaire, cet homme à la fierté exacerbée n’a jamais affiché ses souffrances. Comble d’une grande gueule revendiquée qui gardait pour lui ses tourments et n’exposait que sa bonhomie contagieuse.

    Jusque-là, ce Marseillais, né dans les quartiers Nord d’un père policier, a mené mille et une vies, entre désir de reconnaissance et goût de la marge, notamment pour le milieu marseillais.

    Cet ancien joueur et entraîneur s’est entiché du ballon rond, comme pour se sortir d’un milieu modeste et a parallèlement entendu souvent siffler les balles perdues, comme lors de l’assassinat de l’ex-membre de la Brise de mer Dominique Rutily.

    Par-delà ses fréquentations controversées, entre ombres et lumières, l’homme avait l’art de dépasser les limites des règlements au risque de se brûler les ailes, de passer deux séjours en prison à la suite de la caisse noire de Toulon ou du procès des comptes de l’OM.

    Joueur invétéré, au casino où il était interdit depuis 1990, et adepte de coups de poker sur tous les terrains, Rolland Courbis aimait vivre sur un fil, bannissait la routine et se plaisait à donner son avis même quand on ne le lui demandait pas. Ainsi, en parallèle de sa carrière, il était un consultant écouté de la radio RMC.

    Le Marseillais n’a rien fait pour soustraire Marseille à ses clichés. Il aimait parler, avec un goût avéré pour les bons mots, sur une antenne radio, un plateau télé et bien évidemment dans un vestiaire. Ses causeries résonnent dans les mémoires des joueurs qu’il a dirigés à Toulon, Bordeaux, Marseille ou encore à Montpellier, à deux reprises (2007-09, 2013-15), où sa gouaille méditerranéenne faisait écho aux entrailles de la Paillade.

    « J’avais un petit magnétophone et j’enregistrais ses causeries. Le soir, on les écoutait avec ma femme, avec des amis. C’était exceptionnel. On en avait les larmes aux yeux, c’était du Marcel Pagnol à l’état pur », raconte sur France Info, Laurent Paganelli, consultant pour Canal Plus et ancien joueur de Toulon, au début de Courbis au poste d’entraîneur.

    Rolland Courbis s’est éteint lundi 12 janvier à l’âge de 72 ans au bout d’une vie entre vices et vertus. Sans rien cacher des uns, ni minimiser les autres. Dix-sept jours après Jean-Louis Gasset, emblème de la Paillade, cet homme attachant et sulfureux laisse le foot français orphelin d’un acteur majeur. « C’était la gouaille, le soleil avec tous ses excès, quelqu’un qui connaissait le foot et l’aimait profondément. Un homme très attachant, truculent », résume Michel Mézy, décisif pour sa venue à Montpellier.

    Missions périlleuses

    Homme des missions périlleuses, Rolland Courbis a épargné à Montpellier deux relégations. L’une en National (3e division) en 2007, l’autre en Ligue 2 en 2014. Au-delà de ses sauvetages, il a réussi le pari de ramener le club présidé par Louis Nicollin en Ligue 1 le 29 mai 2009.

    Un soir où le stade de la Mosson a vécu une secousse tellurique, réveillé l’histoire de la Paillade et propagé une émotion à travers une victoire face à Strasbourg (2-1), « finale pour la montée », pour remettre le ballon rond au centre de la vie et de la ville de Montpellier.

    Un soir de tous les excès, de toutes les folies au bout d’un cheminement plutôt habile. Pendant deux ans, Rolland Courbis mène de front son rôle de consultant radio à RMC, ses ennuis judiciaires dans l’affaire des comptes de l’OM et recompose l’effectif de Montpellier, par la confiance faite aux jeunes (Aït-Fana, Yanga-Mbiwa, Saïhi, Jourdren…) et un recrutement inspiré (Camara, Marveaux, Costa, Dzodic, Bocaly…). Il le ramène au sommet au bout d’une saison épuisante et se retire sans bruit « pour mieux régler ses ennuis judiciaires ».

    Ce 29 mai 2009, Rolland Courbis met fin à « l’anomalie de voir Montpellier en Ligue 2 », mais gagne aussi du temps sur ses beaux lendemains. Il remet le club héraultais en état de marche. De marche avant. Avec l’émergence impromptue de la génération Gambardella (Belhanda, Cabella, Stambouli…), Montpellier, avec René Girard comme successeur, va connaître une parenthèse enchantée. Et la plus faste période de son histoire. Avec une qualification européenne, une finale de la Coupe de la Ligue devant l’OM et surtout un titre de champion de France, suivi d’une aventure unique en Ligue des champions.

    Un peu plus de quatre plus tard, Rolland Courbis revient à Montpellier pour soigner les séquelles post-titre. Il succède à Jean Fernandez, éphémère technicien, pour restaurer un équilibre fragile et fragilisé par un départ ubuesque où il a beaucoup perdu. Peu avant la trêve hivernale, faute d’une garantie sur le renouvellement de son contrat, il est parti, prétextant une fatigue, avant de rebondir trois semaines plus tard à Rennes.

    Courbis a scellé le divorce avec Montpellier, et en particulier son président Louis Nicollin, dans un fracas incompréhensible. Les deux hommes avaient noué leur relation à la mi-temps d’un match de légende. Le 22 août 1998 au stade Vélodrome. À la sortie du vestiaire, Courbis, entraîneur d’un OM mené 0-4 par l’équipe de Gasset, croise Nicollin et prophétise une remontée. « Ça, c’est des couilles », rétorque Loulou. Avec un sourire partagé.