Tag: décès

  • L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    En plus de son mandat de maire, Daniel Spagnou a également été conseiller général et régional, ainsi que député UMP de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence de 2002 à 2012.

    L’ancien maire avait déjà été hospitalisé et son état de santé était préoccupant pendant la campagne des municipales.

    Ce matin, je perds un ami”, a réagi sur X le président (Ren.) de la Région Renaud Muselier. “Grand maire de Sisteron pendant 43 ans, nous perdons un serviteur de la République exceptionnel, qui a consacré sa vie aux Alpes-de-Haute-Provence.

    Le nouveau maire de Sisteron, ancien premier adjoint de Daniel Spagnou, Jean-Pierre Templier, a également réagi : “Il m’est difficile, aujourd’hui, de parler de Daniel simplement comme de « l’ancien maire de Sisteron ». Pendant de très nombreuses années, il a fait partie de ma vie, de mon engagement et de mon histoire personnelle. J’ai travaillé à ses côtés, nous avons partagé tant de moments, tant de projets, tant de combats pour Sisteron. Nous avons connu les satisfactions des nombreuses réalisations accomplies, mais aussi les difficultés inhérentes à la gestion d’une commune et parfois les moments plus difficiles.”

    Les Alpes-de-Haute-Provence perdent aujourd’hui l’une de leurs grandes figures”, a déclaré de son côté David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier, sur son compte Facebook . “Pendant près de 50 ans d’engagement public, il aura tant apporté à notre département des Alpes-de-Haute-Provence et à sa ville de Sisteron, à laquelle il aura consacré une grande partie de sa vie. Daniel était un élu de terrain, proche des gens, profondément attaché à son territoire et à ses habitants. Une certaine conception de l’engagement public (…) dans laquelle je me reconnais pleinement”, a-t-il ajouté.

    « Daniel était un homme de Droite. Nos parcours politiques respectifs nous ont permis de nous rapprocher et de nous estimer. Nous partagions beaucoup de valeurs, ainsi que de nombreux projets, comme la mise en valeur des Petites Cités de Caractère de notre territoire. Il laisse un vide immense », a réagi pour sa part Jean-Marie Bernard, Président du Département des Hautes-Alpes.

    Quelles que soient nos sensibilités politiques, un tel engagement au service d’un territoire force le respect”, a écrit la députée (PS) des Hautes-Alpes Marie-José Allemand. “Quelques mois seulement après avoir quitté ses fonctions, c’est une grande figure des Alpes du Sud qui disparaît.

    Je salue sa mémoire en tant qu’opposant politique depuis toujours. On peut ne pas être d’accord, mais il a tenu la ville et porté la droite en recherche d’un leader”, a réagi auprès de La Marseillaise lundi Philippe Antoine de la CGT, l’un de ses opposants historiques, membre de la liste DVG Demain Sisteron lors des municipales.

  • Hommage à Didier Brissot,« militant infatigable » à Martigues

    Hommage à Didier Brissot,« militant infatigable » à Martigues

    Il était un « militant infatigable », « discret, fraternel et chaleureux », affirme Laetitia Sabatier, secrétaire générale de la section PCF de Martigues. Ce jeudi avaient lieu les obsèques de Didier Brissot. L’agent du service Espace enfance et famille de la Ville s’est éteint vendredi 21 août à l’âge de 59 ans.

    Longtemps compagnon de route, Didier Brissot avait fait le choix de rejoindre le Parti communiste français en 2020. Élu à la direction de section en 2023, puis comme trésorier et membre du conseil départemental à l’occasion du 40e congrès en début d’année, il aura été, durant toutes ces années, un artisan précieux qui « laisse un vide immense ».

    Le service public

    chevillé au corps

    « C’était vraiment quelqu’un d’humain, sensible, gentil, travailleur comme j’ai jamais connu, souligne Laetitia Sabatier. Il habitait à côté de la section donc il était tout le temps là. Il était la définition du militantisme. » Chaque dimanche, au marché, Didier Brissot diffusait L’Humanité Dimanche et La Marseillaise. Notre journal, auquel il était particulièrement attaché, lui rend hommage et était représenté par le président de son conseil de surveillance Marc Poggiale lors de la cérémonie. Mais Didier Brissot portait aussi le service public chevillé au corps, affirme sa responsable Virginie Piazzolla. « Il portait les valeurs de solidarité, de fraternité, d’égalité et de justice, cette certitude que l’humain et le collectif doivent toujours primer. (…) Derrière sa discrétion se cachait un homme de convictions et de cœur. » Un homme qui ne sera pas oublié, en témoignent les centaines de personnes venues lui rendre un dernier hommage à l’église de Saint-Genest, à Jonquières.

  • [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    La Marseillaise : Le risque incendie était estimé sévère ce jeudi 23 juillet, comment appréhendez-vous cette nouvelle alerte ?

    Jean-Luc Beccari : Avant de vous répondre, je voulais rendre hommage à nos collègues de Savoie et de Gironde, puisque ce sont trois sapeurs-pompiers qui sont décédés depuis le début de la saison, et qu’on a en tête leur sacrifice. On appréhende cette journée avec beaucoup de préparation, on sait faire. C’est une des journées où les indicateurs de risque sont les plus importants depuis le début de la saison, même si depuis mi-juin, on en a eu une succession. Aujourd’hui, quasiment 980 sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône sont prêts, dans leurs casernes, ou prépositionnés sur le terrain, pour faire face aux opérations de secours courantes, mais aussi surtout au départ de feu que l’on pourrait avoir dans des conditions de sécheresse et de vent extrêmes sur certaines zones du département.

    Concrètement, que se passe-t-il quand un feu est détecté ?

    J.-L.B. : Très souvent, c’est un appel de secours par un témoin qui voit une fumée ou directement le feu du bord de la route. Sur le 18 et le 112, on le prend en compte directement. La détection peut aussi se faire par notre réseau de vigies, une trentaine, positionnées sur des points hauts des massifs forestiers. L’ensemble de ces éléments sont récupérés ici, dans ce centre opérationnel, et vont nous permettre d’engager les premiers moyens d’intervention, souvent d’ailleurs des forestiers sapeurs du Conseil départemental qui maillent, avec 60 patrouilles, le territoire. Et on va faire converger les moyens de secours des casernes et du dispositif préventif que vous voyez derrière moi prépositionné sur le terrain.

    Quel premier bilan tirez-vous
    de cette saison par rapport
    à la précédente
     ?

    J.-L.B. : Nous avons eu 379 départs de feu depuis le 1er juin. C’est plus que l’an passé, mais les surfaces sont contenues. Pas moins de 95% des feux sont éteints avant d’atteindre les 5 hectares. L’an passé, nous avions eu trois feux qui avaient pratiquement créé la totalité de la surface. Mais soyons humbles, on a une grosse journée à passer, et surtout, nous sommes le 23 juillet, notre saison est encore devant nous.

    L’usage de nouvelles technologies, comme les caméras dotées d’intelligence artificielle, est-il un atout ?

    J.-L.B. : Ces caméras intelligentes sont pour l’instant expérimentales, utilisées en « back-up » du dispositif humain. Il faut les mettre à l’épreuve du réel car on a beaucoup d’activités autour des massifs et du monde qui circule sur les routes. Trois projets sont en cours, on en tirera des conclusions en octobre.

    Vous insistez aussi sur
    la prévention. Quel message souhaitez-vous faire passer
    à la population
     ?

    J.-L.B. : Tout notre dispositif a, bien évidemment, une limite. Celle des départs de feu multiples, celle de l’imprudence qui peut créer des départs de feu dans des zones extrêmement dangereuses, et aujourd’hui, malgré notre mécanisme mis en place, rien ne peut être plus efficace que le comportement de la population dans ces journées à risque. Alors quoi dire ? Pensez à nous ? Pensez à ceux qui sont tombés il y a quelques jours en Gironde. Pensez à eux quand vous êtes en voiture et que vous êtes tentés de jeter votre mégot par la fenêtre. Pensez aussi à ceux qui perdent leur maison. Peut-être, alors, que vous ne ferez pas un barbecue en bordure de massif cet après-midi ou que vous ferez très attention si vous voulez couper un métal avec une disqueuse à proximité d’un massif forestier. Plus de 90% des incendies sont d’origine humaine. Cette mobilisation de chacun est indispensable. Et c’est pour ça que, même si on le répète sans cesse, il va falloir aussi vraiment mobiliser les gens. Au bout du bout, il y a des vies et il y en a trois qui sont tombées, c’est déjà trois de trop.

    Alors que les incendies sont
    de plus en plus précoces
    et intenses, pensez-vous qu’il faille revoir votre doctrine, l’attaque massive des feux naissants
     ?

    J.-L.B. : Je pense que les grands principes de notre stratégie nationale sont toujours bons. Même si dans leur mise en œuvre, il y aura toujours de l’amélioration continue. L’évolution majeure est à avoir dans nos réflexions autour de l’aménagement du territoire. Il faut absolument qu’on réfléchisse au cloisonnement de nos massifs, à l’aménagement agricole et aux coupures vertes, à réinvestir les espaces qui peuvent être en friche, à travailler sur des ceintures peut-être vertes autour d’un certain nombre de villages, dans certaines configurations. L’aménagement DFCI pour « Défense de la forêt contre l’incendie », est capital pour accéder également aux massifs. Et puis il y a les obligations légales de débroussaillement. Il faudra, quoi qu’il en soit, passer un cap. Parce qu’on a encore trop de situations où la lutte et la défense des points sensibles sont rendues extrêmement compliquée, voire dangereuse, parce que l’habitation ou les accès ne sont pas débroussaillés, parce qu’il n’y a pas d’eau disponible et parce qu’on a de la voirie, parfois, qui ne nous permet même pas d’accéder avec nos véhicules sur des lieux habités. L’enjeu immédiat est probablement d’intervenir de manière plus conséquente et plus forte pour arriver à améliorer la « défendabilité » des zones d’interface entre habitat et forêt. Une oliveraie, une vigne entretenue, ou l’agro-pastoralisme qui existaient quand nous avons investi notre espace rural ou péri-rural et qui, petit à petit, ont perdu du terrain, peuvent aussi réellement être de nouveaux outils.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66

  • Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le Var est en deuil. Dominique Lain, maire du Luc-en-Provence, est décédé dimanche 14 juin aux alentours de 23 heures, à l’âge de 61 ans. Hospitalisé à l’hôpital de la Timone à Marseille après un infarctus survenu à la fin du mois de mai, il avait été opéré, mais n’a finalement pas survécu. L’annonce a été faite par la mairie sur Facebook.

    « Engagé »

    La semaine dernière, l’élu avait annoncé sa mise en retrait de la vie politique pour quelques mois. Élu maire en 2020 puis reconduit en mars dernier, il était également conseiller départemental depuis 2015, vice-président du conseil départemental du Var chargé de la sécurité et de la prévention des risques, président du Sdis 83 (Service départemental d’incendie et de secours) et de la communauté de communes Cœur du Var.

    Le préfet du Var Simon Babre, dans un communiqué, salue « un élu de terrain, proche de ses concitoyens, engagé pour offrir une ambition à sa commune du Luc-en-Provence et pour la concrétiser ».

    L’émotion est forte dans le département. Le président du conseil départemental, Jean-Louis Masson, a évoqué « une immense tristesse » après la disparition de son « ami fidèle ». Il a salué « un élu d’exception, profondément attaché à son territoire et à ses habitants », soulignant son « courage », sa « loyauté » et sa « profonde bienveillance ». Dans un communiqué, les sapeurs-pompiers du Var décrivent un « président disponible et impliqué ». Les hommages se multiplient également de la part de nombreuses personnalités politiques varoises, tels que Thierry Bongiorno, maire de Gonfaron, ou Yannick Simon, ancien maire de Cabasse et ancien président de Cœur du Var, tous deux proches du disparu.

    Au Luc-en-Provence, un livre de condoléances a été ouvert à l’accueil de la mairie. La première adjointe, Élisabeth Mariottini, devrait assurer l’intérim à la tête de la commune jusqu’à l’élection d’un nouveau maire par le conseil municipal.

  • À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    Ça y est, c’est reparti pour un tour. Tout est fin prêt pour accueillir en parfaite sécurité estivants et Toulonnais sur les plages du port du Levant, toutes équipées et accessibles aussi aux personnes à mobilité réduite (PMR) grâce à des fauteuils adaptés.

    C’est au poste principal de secours de la plage du Mourillon que le dispositif de surveillance des baignades a été rappelé mercredi matin en présence de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Cent quarante trois sapeurs-pompiers et 25 saisonniers répartis sur les 6 postes de secours sur les anses de Pipady, la Mitre, Le Mourillon et Méjean veillent ainsi sept jours sur sept, jusqu’au 31 août inclus, à ce que les vacances ne se transforment pas en cauchemar. Ils disposent pour cela de tous les moyens nautiques pour réagir au plus vite, tels qu’un jet-ski, des embarcations semi-rigides et une vedette. « Ce qui permet d’avoir une action en moins de 7 minutes jusque sur les communes de La Garde et du Pradet », précise le lieutenant Lucas Mulet.

    La prudence reste de mise

    L’occasion d’ailleurs pour les sapeurs-pompiers de délivrer une nouvelle fois les messages de prévention d’usage en rappelant que lors de la saison estivale 2025, 2 000 interventions ont été comptabilisées. Cela allait de la simple piqûre de méduse ou d’oursin jusqu’au malaise. Mais aucun décès n’a été déploré l’année passée sur les plages toulonnaises.

    Un bilan exceptionnel, salué par la maire de Toulon Josée Massi, qui rappelle les actions volontaristes mises en place par la Ville qui n’est peut-être pas pour rien dans ces résultats exceptionnels. Dans les écoles, notamment. « L’objectif c’est que tous les enfants à la sortie du primaire sachent nager ; c’est très important dans une zone de bord de mer comme la nôtre », précise-t-elle.

    Tout cela étant dit, reste à chacun à faire sa part pour ne pas se mettre en danger. « On ne peut pas mettre une personne derrière chaque enfant ou chaque baigneur. Tout le monde doit aussi prendre ses responsabilités », rappelle la 1ère magistrate.

    Les précautions d’usage sont donc à observer. Comme celle de ne pas rentrer d’un coup dans l’eau quand elle comme aujourd’hui à 17 °C, rappelle-t-elle.

    Les parents sont également invités à ne pas ménager leur vigilance, pour la surveillance de leurs petits pour lesquels le drame peut se dérouler avec seulement 20 cm d’eau.

    Et les nageurs téméraires qui pèchent parfois par un excès de confiance en leurs capacités de revenir sur le rivage après un long parcours de nage, sont invités eux aussi à la prudence. Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

    Sinon, tout est prêt pour permettre à tous de passer un très bon été. De la plaine de jeu et des aires de pique-nique récemment inaugurées aux abords des restaurants nouvellement végétalisés, jusqu’au parking de 1 300 places totalement gratuit que beaucoup nous envient. L’occasion de rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, pas en tout cas lorsque l’extrême droite était aux manettes du Port du Levant.

    La remarque pourrait paraître ici inappropriée. Sauf que d’occasion on ne doit jamais manquer pour rappeler quels sont les principes de chacun sur la gestion de l’espace public. Étant entendu aussi que chaque fleur qui pousse est un événement éminemment politique.

    Les plages du Mourillon doivent rester ce lieu ouvert à tous, populaire, où même les Toulonnais qui ne partent pas se sentent un peu en vacances, comme se plaît à le rappeler Josée Massi.

  • La région, plus touchée par les noyades

    La région, plus touchée par les noyades

    Quelque 1 418 noyades dont 409 mortelles ont été recensées en France entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, selon le rapport de Santé publique France. Une hausse respective de 14% et 16% par rapport à l’année précédente. Les sapeurs-pompiers de France alertent sur ces chiffres qui traduisent une réalité : la baisse de vigilance dans les moments du quotidien, notamment lors des baignades, des activités familiales ou des loisirs estivaux. La région Paca est la plus touchée par le nombre de noyades : 332 noyades dans l’été (51 suivies de décès).

    Cette augmentation générale est fortement corrélée aux périodes de canicule et à la surfréquentation qu’elles engendrent. Aurélien, capitaine de corvette du bataillon des marins-pompiers de Marseille, dresse la typologie des accidents : « Il y a une grosse proportion de surévaluation de ses capacités, il y a aussi la méconnaissance des phénomènes naturels comme les courants ou le mistral. Sur les enfants, c’est le manque de vigilance et de surveillance. » La différence à Marseille, ce sont les nombreux lieux de baignade non surveillés, difficiles d’accès et rocheux qui constituent de « véritables facteurs accidentogènes et une intervention parfois plus compliquée », prévient le marin-pompier. « Les gens sous-estiment toujours les risques, comme le jet de mégots dans la forêt », affirme le lieutenant-colonel Brocardi.

    En cause, le téléphone portable

    À Marseille, 80% des noyades ont lieu sur la voie publique, c’est-à-dire dans la mer et les cours d’eau, et 20% en piscines privées. Et plus de la moitié de ces interventions ont lieu pendant la seule période estivale.

    Les sapeurs-pompiers pointent du doigt le téléphone. « La prise de conscience doit être renforcée. Notre attention diminue notamment à cause de notre téléphone. On est dans une société de consommation, ça a un impact psychologique et sur les réflexes quotidiens », alerte le lieutenant-colonel Éric Brocardi des sapeurs-pompiers de France. Il poursuit : « La plupart des drames que j’ai pu voir en tant que pompier, c’est : “Je n’ai pas fait attention.” Les vies dépendent du regard. Des fois, ce n’est même pas une question de savoir nager. » La noyade reste un phénomène difficile à détecter. Silencieuse, elle peut survenir en quelques secondes seulement, sans signe évident de détresse. Face à ce risque, les secours appellent à la vigilance : ne jamais quitter des yeux un enfant, même brièvement, éviter de se baigner seul et tenir compte de son état de fatigue ou des conditions météo. Fréquenter des plages surveillées diminue fortement les risques mortels. « Dès qu’il s’agit de milieux éloignés sans surveillance, les délais d’intervention sont au minimum de 10 à 13 minutes. On sait que déjà au bout de trois minutes, il y a des séquelles irréversibles », rappelle le lieutenant Christophe Sola, des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône.

    Christophe Sola (Sdis 13) précise qu’il faut également faire un travail de prévention auprès des parents en bord de plages : « On interpelle : “Attention votre enfant a perdu le brassard, attention vous êtes allé un peu loin”, on leur dit de nager parallèle à la plage, pas aller au 300m parce que oui il y a des bouées mais elles sont très grosses et glissantes, etc. »

    La surveillance des plages, assurée par les communes avec l’appui de sauveteurs et de secouristes, reste un maillon clé de la prévention. À l’échelle nationale, le lieutenant-colonel Brocardi évoque un manque récurrent de surveillants. « Il n’y a que cette année où il y a eu beaucoup de demandes pour être sauveteurs, ici dans les Bouches-du-Rhône. On n’a pas pu prendre tout le monde, nos équipes sont complètes », rassure Christophe Sola. « Dans le département, 28 plages sont surveillées sur 15 communes », par environ 350 sauveteurs.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 1/3] Quand le tabagisme menace aussi la vessie

    [Ce cancer dont personne ne parle 1/3] Quand le tabagisme menace aussi la vessie

    Le cancer de la vessie est responsable du décès d’environ 5 000 Français par an. L’équipe d’onco-urologie de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) compte actuellement sept chirurgiens urologues seniors. Géraldine Pignot, l’un d’entre eux, souhaite sensibiliser les Français aux facteurs à risque de cette maladie, et surtout sur le tabagisme, responsable de 80% des cancers de la vessie qu’il soit actif, passif, sevré depuis longtemps ou pas. « Il est vrai qu’on connaît bien son impact sur le poumon, parce qu’effectivement, on le respire. Mais une fois qu’il a été respiré, il passe dans le sang puis il est filtré par la vessie, c’est là que les carcinogènes entrent en contact avec la muqueuse, le revêtement interne de la vessie, et génèrent des transformations de cellules en cancer », explique-t-elle. « Pour le moment, notre patientèle, est pour les deux tiers masculines et un tiers seulement féminine à cause de la consommation de tabac qui jusque-là était plus fréquente chez les hommes. Cette donnée change avec les nouvelles générations. »

    Des facteurs souvent oubliés

    Un facteur de risque résultant d’un cadre professionnel existe aussi. « Et même si c’est une minorité de nos patients, parfois, on est amené à faire une enquête à la recherche d’une éventuelle maladie professionnelle », précise Géraldine Pignot. Selon l’institut national du cancer (INCa) et les synthèses reprises par l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), 2 à 14% des cancers de la vessie ont une origine professionnelle. L’exposition à certains produits toxiques développe des cellules cancéreuses. Les plus classiques sont les aminés aromatiques (benzidine, 2-naphtylamine, 4-aminobiphényle…) utilisés dans la chimie des colorants, des pigments et du caoutchouc ou les produits de combustions présents dans les goudrons et les huiles de houille. En somme, les professionnels menacés sont ceux exerçant dans les domaines de la chimie, de l’acier, du cuir ainsi que certains mécaniciens automobiles, techniciens dentistes ou même coiffeurs. Pour autant, la Suva, caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents, rappelle que la cause reste souvent difficile à identifier. Toutefois, il est important de rappeler que l’exposition aux cancérogènes en milieu de travail concernait 11% des salariés dans l’enquête Sumer 2017, soit environ 2,8 millions de personnes en France. Enfin, le troisième facteur de risque, actuellement en cours d’identification, et souvent méconnu des professionnels, est environnemental. Facteurs « qui mériteraient plus d’exploration dans les années à venir », ajoute Géraldine Pignot. L’arsenic est un important facteur environnemental notamment dans certaines zones géographiques à contamination élevée. « Et notamment sur la région marseillaise, on a un pic de fréquence par rapport à d’autres départements, plutôt vers les Goudes, là où étaient anciennement installées les usines qui déversaient de l’arsenic. » Et les pesticides ne sont pas en reste.

  • [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    Alors qu’une jeune femme a été évacuée mardi de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) vers un hôpital de Marseille pour une infection possiblement liée à l’hantavirus Andes, le chef de l’État Emmanuel Macron s’est voulu rassurant en déclarant que la situation en France était « sous contrôle », le gouvernement ayant mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». « Maintenant, il est important qu’il y ait une vraie coordination européenne, c’est-à-dire que les protocoles aillent vers les standards les plus exigeants qui ont été définis à très court terme, et que l’Organisation mondiale de la Santé puisse coordonner tout cela comme il se doit ». La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté le scénario d’une « circulation diffuse » en France et a précisé que sur les 5 Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme est « dans un état grave. »

    La Marseillaise : Que pensez-vous de la gestion de l’hantavirus pour le moment ?

    Philippe Halfon : En termes de gestion de crise, c’est catastrophique. Disons que, si on cherchait à disséminer une épidémie, nous n’aurions pas pu faire mieux. Dans les gestions d’épidémie qu’on a connue dans le passé, lorsqu’il y avait des maladies graves comme la peste ou autre, on appliquait le principe de quarantaine. Dans le cas qui nous intéresse, on avait la chance d’avoir les patients regroupés à l’intérieur d’un bateau, où aurait pu se tenir cette quarantaine. Il aurait été possible de mettre en place un bateau médicalisé, avec tout ce qu’il faut en termes de ventilation mécanique, de réanimateurs et autres. Car bien sûr, il n’est pas question de laisser mourir les gens. Ce qui se passe actuellement est vraiment le résultat d’une très mauvaise gestion au départ. J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid. D’autant que, dans le cas du Covid, il était beaucoup plus difficile de contenir l’épidémie dans la mesure où les gens n’étaient pas au départ confinés sur un bateau.

    Que sait-on de l’Hantavirus actuellement ?

    P.H. : C’est un virus qu’on connaît depuis très longtemps. Ce n’est pas nouveau comme le SARS-CoV-2 [Virus responsable du Covid-19, Ndlr]. À l’époque on connaissait le coronavirus, mais pas le SARS-CoV-2. Là, les hantavirus sont très connus. On savait qu’il y avait des contaminations inter-humaines [la majorité des hantavirus ne touchent que les rongeurs, Ndlr]. Il existe un centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur depuis 2016 [Les Centres nationaux de référence sont des laboratoires, qui, en centralisant les informations à l’échelle nationale, participent à la lutte et au contrôle des maladies, Ndlr]. Les hantavirus ont été parfaitement décrits en médecine, dans les syndromes rénaux, dans les syndromes cardiopulmonaires, sur la base de toutes petites épidémies, très confinées.

    Quels sont les symptômes que peut impliquer une infection ?

    P.H. : Les premiers symptômes sont la fièvre, les courbatures, les douleurs articulaires, la fatigue, autrement dit les syndromes très communs des virus. Dans les cas qui nous intéressent, il y a eu des syndromes pulmonaires, avec une atteinte respiratoire, parfois hémodynamique, [circulation du sang, Ndlr] avec des hypotensions qui peuvent nécessiter une admission en réanimation. C’est ce qu’il s’est passé pour les patients décédés, ils sont morts d’un symptôme respiratoire aigu.

    Le virus est-il aussi dangereux pour tout le monde ?

    P.H. : Comme dans le cas de n’importe quelle infection, bactérienne ou virale, ce que vous voulez, l’état de la défense immunitaire du patient ou la présence de comorbidité a une grande influence. Naturellement, nous sommes tous infectés tous les jours par des virus, et des bactéries. On les sent plus ou moins passer, mais il ne se passe pas grand-chose. On a un petit coup de pompe, on est un peu fatigué, on se sent un peu fiévreux. Mais on ne sait pas forcément d’où ça vient, on ne va pas se tester. Il y a toujours un hôte et un virus, une bactérie avec son hôte. Comme dans le cas des rongeurs, qui parfois peuvent être asymptomatiques, il est possible qu’un humain infecté ne sente rien.

    Mais le taux de mortalité reste plus élevé que dans le cas du Covid…

    P.H. : Bien sûr. Dans le cas du Covid-19, on est à moins de 1%. Pour l’épidémie actuelle, si on compte 3 décès pour 8 cas, on obtient 38%. Je pense que ce chiffre très élevé de mortalité va baisser. On n’a pas encore de photographie globale. Dans d’autres cas, comme l’épidémie qui a eu lieu pendant la guerre de Corée, la première qui a été décrite [c’est le fleuve Hantaan, situé entre les deux Corées, qui donne son nom aux hantavirus, Ndlr], le taux de mortalité était de 5 à 10%. Dans d’autres cas plus récents, le taux de mortalité était de 50%. J’ai l’impression que chaque épidémie à son taux de mortalité, mais ça reste bien plus élevé que le Covid.

    Le virus est-il aussi contagieux que le Covid ?

    P.H. : La contagiosité est bien inférieure à celle du Covid. On sait que, dans les précédents cas, les épidémies sont restées très confinées, ce qui est plutôt bon signe.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud

  • La fécondité au plus bas en Occitanie

    La fécondité au plus bas en Occitanie

    Le phénomène est français (même européen) mais plus fort encore en Occitanie, qui compte 6,2 millions d’habitants. La population de notre région a beau être de plus en plus nombreuse (+0,8%/an contre +0,3%/an en France depuis 10 ans), ce n’est que grâce à son solde migratoire positif. C’est-à-dire que l’Occitanie accueille beaucoup plus d’arrivées qu’elle ne concède de départs (vers d’autres régions ou des pays étrangers).

    Car pour le reste, son solde naturel est plus que jamais négatif. Depuis 2017, la courbe des décès est supérieure à celle des naissances dans notre région qui accuse un déficit naturel de -12 700 en 2024 au lieu de
    -11 000 l’année précédente. Seule la Haute-Garonne conserve encore davantage de naissances que de décès.

    La raison est simple, révèle une étude de l’Insee. Même en étant moins forte qu’en 2023
    (-8,4% après l’éphémère rebond du Covid et des confinements), la baisse des naissances se poursuit en 2024 avec 1 100 naissances de moins. Soit à peine 51 300 bébés nés en Occitanie en 2024 (-2,2% comme en France). Un recul entièrement dû à la chute du taux de fécondité puisque « le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants continue d’augmenter », renseigne l’Insee. Par ailleurs, cette baisse de la fécondité n’épargne aucune classe d’âge, y compris chez les femmes de 35 à 49 ans, où le taux était en hausse jusqu’en 2021. En raison de « l’allongement des études, des mises en couple plus tardives et du souhait des femmes d’être stabilisées dans la vie professionnelle », l’âge moyen du premier enfant est plus tardif en France (31,1 ans contre 26,8 ans en 1975).

    Le climat anxiogène en raison de la chute du pouvoir d’achat, de l’enjeu climatique ou de la crainte des guerres peut-il expliquer ce phénomène ? Toujours est-il que la fécondité est au plus bas en Occitanie, avec à peine 1,46 enfant par femme (1,62 en France), un record historiquement faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    En parallèle, le nombre de décès augmente. En 2024, 64 000 habitants ont disparu, soit 0,8% de plus qu’en 2023. Une tendance là aussi nationale (+1%) entièrement due au vieillissement de la population du fait de « l’arrivée aux âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom d’après guerre », les conditions sanitaires plus favorables en 2024 qu’en 2023 n’étant pas un facteur conjoncturel pertinent.

    La résultante de ces deux tendances qui s’amplifient est que la population de l’Occitanie vieillit. Près d’un Occitan sur quatre (24% au lieu de 22% dans le pays) est âgé de 65 ans ou plus. Il y a 20 ans, les seniors ne pesaient que 19% de la population d’Occitanie. Depuis 2022, ils sont devenus plus nombreux que les jeunes de moins de 20 ans (23% de la population régionale). À noter que sur cet indicateur, les disparités sont fortes. Si le Lot est le département français qui compte le plus de seniors (33%), la Haute-Garonne compte parmi les plus jeunes (18% de 65 ans ou plus). L’Hérault et le Gard sont dans une position intermédiaire (23 à 25% de seniors).

    Malgré tout, l’espérance de vie à la naissance se stabilise en Occitanie à son niveau d’avant pandémie comme dans le reste de l’Hexagone. Elle s’élève à 85,7 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes.