Tag: débats

  • À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    Rendre les villes plus vertes, un effort auquel chacun peut participer, des collectivités aux habitants en passant par les associations et les commerçants : c’est l’objectif des 48h de l’agriculture urbaine, qui font étape à Toulon et dans cinq communes du département (La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, La Farlède, Le Val, Le Castellet) de vendredi à dimanche.

    Festival organisé depuis 2016 par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP), il se veut « l’événement vitrine de l’agriculture urbaine en France et en Europe ». Il défend trois objectifs : promouvoir l’agriculture urbaine et sa diversité auprès du grand public, encourager la création d’espaces cultivés en milieu urbain, et créer du lien social et favoriser les rencontres pour faire émerger de nouvelles initiatives. L’an dernier, 35 villes françaises y ont participé, avec plus de 1 000 activités participatives gratuites (ateliers, visites, projections-débats, conférences et tables rondes, banquets populaires, concerts…) pour débutants et passionnés.

    Marché des producteurs, atelier séchoir solaire…

    À Toulon, c’est au Collectif varois pour l’agriculture urbaine (CVAU) que l’on doit l’organisation de l’événement, avec un programme qui fait la part belle aux acteurs locaux du domaine. Les réjouissances débuteront vendredi, avec un premier atelier, place Vincent Raspail, qui consistera à fabriquer des jardinières à partir de palettes récupérées auprès des halles de Toulon. Celles-ci seront ensuite remplies à partir de compost, puis disposées sur les terrasses des halles. Une activité préliminaire à la soirée d’ouverture qui se tiendra dès 18h30 au Domaine d’Orves, à La Valette-du-Var, et sera le théâtre d’une conférence dédiée aux jardins nourriciers.

    Les animations se poursuivront samedi et dimanche. Des dizaines de producteurs locaux proposeront un marché de saison samedi, dès 8h, rue Paul Lendrin. Vous pourrez aussi découvrir l’agroécologie au jardin du Chemin ver.s.t, au Castellet, vous essayer à la fabrication d’un séchoir solaire au domaine de la Pierre Blanche, dans la même commune, ou pour les débutants, apprendre les bases du jardinage au jardin partagé de la Florane, à Toulon.

    Programme complet à retrouver sur les48h.com

  • Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    « Votre ouverture à la démocratie est pitoyable », lance ce lundi 20 avril, en conseil municipal d’Avignon, l’élu d’opposition et ancien candidat à la mairie, David Fournier (PS), au maire Olivier Galzi (DVD). En cause, la décision du premier édile de ne pas permettre aux élus d’opposition de siéger au sein des conseils d’administration des sociétés publiques locales (SPL) et sociétés d’économie mixte (SEM), telles que Tecelys, Citadis ou encore Avignon Tourisme.

    L’ex-joker du JT de France 2 assure de son côté que l’opposition sera tenue au courant des activités de ces sociétés « à l’aide de comptes rendus réguliers où vous pourrez lire le travail de ces commissions ». Il assure qu’il « respecte la loi » et que « la démocratie, c’est respecter la loi ».

    Nouvelle salle

    De quoi faire bondir l’opposition, d’autant que cette présence était possible lors des mandatures de Cécile Helle et de ses prédécesseurs. « C’est-à-dire que le fait majoritaire écrase la minorité ? C’est ça votre vision des choses ? C’est de la démocratie illibérale que vous faites là », lance hors de lui Fabrice Tocabens (PS). « Le respect et la bienséance instaurés depuis des décennies par les maires Henri Duffaut, Jean-Pierre Roux, Guy Ravier, Marie-Josée Roig et Cécile Helle sont balayés d’un revers de main. Opacité, dictature et vente d’organismes de la ville en préparation », accuse David Fournier.

    « Où est passée la main tendue à l’opposition dont vous parliez au premier conseil municipal ? » demande Mathilde Louvain (LFI), sans obtenir de réponse ni du maire, ni de ses adjoints, restés muets pendant plus de trois heures de la séance de plus de cinq heures.

    « Je considère que ce que les Avignonnais attendent dans la gestion de ces sociétés, c’est une bonne gestion, et je ne crois pas que vous ayez un bon bilan à cet égard », conclut Olivier Galzi, sans pour autant étayer son propos.

    Les premiers éléments de la « patte Galzi » se retrouvent aussi dans la tenue de la séance elle-même. Fini les conseils municipaux le samedi matin, ils se tiendront pour l’instant en semaine, en fin de journée. Changement de lieu aussi. Plus de salle des fêtes, retour pour l’heure à l’étroite et bien nommée salle du conseil municipal, où seule une petite dizaine de spectateurs peuvent assister directement aux débats, tandis qu’un écran est disposé dans un espace voisin pour que d’autres personnes puissent suivre les échanges à proximité. En tout début de séance, le maire explique être « attaché aux traditions politiques avignonnaises. À un moment donné, tradition, c’est aussi le bon sens. On ne voulait pas créer des frais supplémentaires lorsque l’on doit aménager la salle des fêtes », explique le premier édile en répétant sa formule qu’il a usée à foison pendant sa campagne. 

    « On avait changé de lieu pour des raisons d’emplacements pour la majorité comme pour l’opposition et avoir ainsi plus de facilité à travailler. Aussi pour avoir plus de public. En vue des incommodités avec les fortes chaleurs qui arrivent, peut-être que vous reviendrez sur votre décision », rétorque de son côté l’ex-adjoint et candidat de la gauche, David Fournier (PS). À voir si, en pleine canicule, le bien-être des élus et du public primera sur « le bon sens ».

  • L’optimisme de Renaud Muselier face aux résultats régionaux

    L’optimisme de Renaud Muselier face aux résultats régionaux

    Dans un très long communiqué, le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, a livré ce lundi son analyse du scrutin municipal. Tout d’abord et largement pour se féliciter de ce qu’il analyse comme « l’échec » de la performance de l’extrême droite dans la région. Elle « ne remporte pas la victoire éclatante que les pronostiqueurs lui prédisaient ».

    Celui qui avait soutenu Martine Vassal, dont les piètres résultats à Marseille sont notamment expliqués par son manque de clarté vis-à-vis de l’extrême droite, se démarque clairement, cite « l’échec cuisant » du RN à Marseille et Toulon et se réjouit : « Ils détiennent aujourd’hui seulement 15 communes de plus de 9 000 habitants. Sur les 946 communes de la région, ils détiennent moins de 2,5% des communes, toutes tailles confondues. »

    « Victoire probante

    du bloc central »

    Et de détailler la situation par département pour se réjouir « qu’aucune mairie » ne soit gagnée dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, que dans les Bouches-du-Rhône, « seulement deux communes ont basculé à l’extrême droite soit 1,6% du département » ou que, « en Vaucluse, sur 151 communes, le RN a échoué dans sa conquête, sauf dans quatre villes ». Même dans les Alpes-Maritimes, il trouve une lecture optimiste à l’« élection violente et fratricide » entre Éric Ciotti et Christian Estrosi : la ville « est conquise par l’extrême droite (UDR), mais pas par le Rassemblement national ».

    Renvoyant facilement dos à dos LFI et le RN, Renaud Muselier savoure que, « à gauche, la fusion des listes du Parti socialiste et de la France insoumise a été rejetée par les électeurs. Elle perd ses derniers fiefs de Vaucluse et de l’ouest des Bouches-du-Rhône », même si il « regrette la chute d’Aubagne » qu’il met sur le même plan que celle de Fos-sur-Mer – alors que la première a basculé à gauche et la seconde dans les bras de Philippe Maurizot, candidat soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio – expliquant ces deux résultats par « le fruit de la division ».

    Et d’en profiter pour en tirer une conclusion toute à son avantage : « C’est donc une victoire probante du bloc central qui conserve trois des quatre grandes métropoles, 90 communes sur les 101 de plus de 9 000 habitants de la région, et 98% des 946 communes de la région. »

    Après avoir félicité « l’ensemble des maires élus et leurs équipes », Renaud Muselier envoie un message qui semble spécialement destiné à Martine Vassal : « Pour les élus d’opposition, je souhaite qu’ils engagent avec les majorités des débats apaisés dans leurs assemblées au profit de leurs concitoyens. »

  • A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    Debout face à la barbarie. Toujours marqué, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dont le petit frère Mehdi a été abattu par un commando le 13 novembre, suscitant une onde de choc dans la ville et tout le pays, se tient droit et digne sous les applaudissements, ce jeudi 18 décembre face à l’hémicycle, aux côtés du maire de Marseille.

    Le conseil municipal doit voter une subvention en faveur de l’association qu’il a fondée en 2020, « Conscience », pour venir en aide aux familles de victimes de narchomicides, après qu’il ait perdu son frère aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture (lire aussi ci-dessous). Les élus le feront à l’unanimité au terme de débats pas toujours reluisants.

    Si Mehdi Kessaci n’est « pas un chiffre mais un fils, un frère, un visage une voix », il se transforme volontiers en argument politique pour Martine Vassal (DVD). La présidente de la Métropole et du Département en profite pour défendre sa vision d’une République qui fasse avant tout « respecter l’ordre, la justice, la sécurité ». Sans vergogne, la candidate à la mairie remet sur la table sa proposition de brigade anticriminalité municipale.

    De quoi agacer la maire adjointe, Samia Ghali (DVG). « Il y a là une phrase que je considère comme un aveu prononcée par la présidente (…) : laisser faire c’est accepter » analyse-t-elle, avant de balancer : « En 2012, ceux qui ont laissé faire, c’est ceux qui ont accepté. » Elle s’indigne : « Arrêtez de jouer ! On laisse des enfants vivre avec la mort », quand elle compte « 350 victimes de narcotrafic en 10 ans à Marseille ».

    La palme de la victimisation en toutes circonstances revient sans conteste à Stéphane Ravier (ex-RN et ex-Reconquête). « J’ai 5 enfants, quoi qu’on en pense j’ai un cœur », ose-t-il. Selon lui, ce n’est pas le retrait des services publics des quartiers qui a laissé le champ libre au trafic de drogue mais l’inverse. « Je ne dis pas qu’à Frais Vallon c’est Saint-Tropez, mais il y a le métro, des commerces et pourtant… » lance-t-il.

    Sortir des « oppositions stériles »

    Une partie de la droite tient-elle, à parler avec ses tripes. Hayat Atia (DVD), émue, se pose en « sœur de combat, de douleur » d’Amine. Pour elle, « la sécurité, s’il en faut, ne réglera pas tout ». « Il faut leur proposer autre chose à ces jeunes » insiste-t-elle, pour qu’ils ne se fassent pas « happer » par le trafic au lieu de « pointer du doigt les parents », ce que « beaucoup font et ont trop fait au sein de cet hémicycle », s’indigne-t-elle. La lutte contre le narcotrafic doit être une « cause nationale » pour l’élue qui appelle à sortir des « oppositions stériles ».

    À l’occasion de son dernier conseil municipal avant de se retirer de la vie politique, Lionel Royer-Perreaut, ex-maire (Ren.) des 9-10, laisse son testament : « Nous avons collectivement le devoir de mener ce combat, je vous demande de la constance. » Trente ans après l’assassinat de la députée Yann Pyat tuée pour avoir défendu ses convictions estime celui qui fut son jeune attaché parlementaire, il fait la boucle avec celui de Mehdi, non sans amertume. « Tout ça pour ça », déplore-t-il, « j’ai vu tomber les quartiers les uns après les autres et en accompagnant la mère de Socayna, nous étions seuls alors ».

    En tribune, Amine Kessaci élève le niveau. Il évoque lui la dignité, la hauteur, seules « réponses politiques face à cette machine qui broie, qui tue » quand « des drames on en compte par centaines ». Le maire de Marseille revient sur le manque de services publics, de policiers, l’action vitale des associations de terrain. Benoît Payan (DVG) insiste sur la notion de République, fondée sur un « contrat social ». Vient une certitude : « La République ne peut pas accepter que ses enfants meurent sous les balles. C’est un combat pour la vie, et la vie n’est ni de droite ni de gauche. »

    « Marseille a été debout et doit continuer à l’être »
    C’est important de rendre la parole aujourd’hui, devant la représentation de la Ville de Marseille dont je suis si fier, parce qu’on s’est tenu debout, parce qu’on a dépassé les clivages politiques, parce que nous nous étions levés pour nous réunir là où mon frère Mehdi, 20 ans, est tombé parce qu’il n’était coupable que d’une seule chose : c’est d’être mon petit frère. Parce qu’il était coupable d’être le petit frère de quelqu’un qui a écrit une lettre à son frère aîné, Brahim, assassiné en décembre 2020, retrouvé calciné dans le coffre d’une voiture. Il était coupable d’avoir été le frère de quelqu’un qui a écrit une lettre d’amour à son frère aîné, pour expliquer que le narcotrafic tue, que la violence tue, que l’abandon des pouvoirs publics, le retrait des politiques sociales dans les quartiers, ont conduit à ces situations où le narcotrafic qui, fut un temps, était [constitué de] petits réseaux de quartier, est devenu [le fait de] cartels internationaux. On a beaucoup voulu comparer Marseille à Palerme, au Mexique ou je ne sais quoi, et à ça je dis stop. Stop parce que Marseille c’est Marseille, parce que la France c’est la France, parce que les situations que nous souhaitons décrire ailleurs sont présentes ici même sur le territoire national, ici même à Marseille et partout. Partout où on a attaqué la liberté d’expression. Car c’est de ça dont il s’agit. Depuis la parution de ce livre, Marseille essuie tes larmes, même si les menaces sont arrivées quelques semaines avant et que depuis je vis sous escorte policière. Aujourd’hui, le fait de vivre, de planifier, de porter quelque chose me fait d’autant plus culpabiliser. Mon petit frère Mehdi n’est plus. Je voulais juste faire passer un message, un seul : expliquer que partout il devra y avoir des liens entre l’action sécuritaire, le retour de la police de proximité, le retour de l’action concrète. Devant le Parlement européen il y a quelques jours, [j’ai expliqué] que la guerre que l’on veut mener contre la drogue est vaine parce qu’on se trompe d’ennemi. Lorsqu’on vient attaquer les jeunes au pied des immeubles, ce n’est pas ça qui va stopper ces trafics internationaux. C’est exiger des [actions] des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Thaïlande où les têtes de réseaux vivent très bien de l’argent de la drogue et font couler le sang ici chez nous, des enfants se retrouvant assassinés chaque jour. Et puis sans l’action concrète, sans la rénovation des écoles, sans l’action des centres sociaux, le développement des transports en commun pour désenclaver les quartiers, de la formation pour apporter une alternative économique au réseau, on ne pourra jamais sortir ces enfants des quartiers. C’est pour ça que c’est important de mener toutes ces actions. Marseille a été debout, doit continuer à l’être face à la guerre de la drogue, à celles et ceux qui veulent faire régner la terreur dans nos rues. Nous sommes là, face à eux, pour dire que partout les Marseillaises et les Marseillais doivent avoir les mêmes chances et vivre en sécurité. »
    Amine Kessaci
  • L’extrême droite passée au peigne fin à Sète

    L’extrême droite passée au peigne fin à Sète

    L’extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre. Tel est le leitmotiv de la journée de débat organisée à Sète, salle René-Llense, le 6 décembre. À la manœuvre, le collectif sétois de lutte contre l’extrême droite, qui avait déjà programmé une journée, en juin, pour analyser la gestion des municipalités d’extrême droite.

    Bis repetita donc. Car le danger d’une extrême droite au pouvoir est toujours bien présent quatre mois avant les municipales où nombre de communes occitanes pourraient tomber sous l’effet d’une vague brune. Alors, pour le collectif, il devient urgent de réagir face à l’inexorable progression de ces partis xénophobes. « On voit que l’extrême droite progresse électoralement. Il y a 20 ans, on s’inquiétait quand elle faisait 15%, aujourd’hui elle est à 40%. Il faut donc s’organiser pour l’affronter, en décortiquant son programme pour montrer l’imposture sociale que c’est », soutient Daniel Kupferstein, du collectif. C’est en ce sens qu’est organisée une conférence portant sur l’histoire de l’extrême droite et ses liens avec le monde économique, qui sera animée par l’historienne Ludivine Bantigny (14h). Le journaliste et militant René Monzat proposera de son côté un débat concernant la résistance des quartiers, dans les familles face à l’extrême droite (15h30).

    Pas de profil type d’électeur du RN

    Mais la journée s’attardera surtout à décortiquer l’électorat de l’extrême droite, emmené par le Rassemblement national (RN). Après avoir ciblé le vote dans l’Hérault et dans les quartiers sétois (une conférence de Nadia Belaouni, de l’Observatoire départemental de l’extrême droite et Régis Catinaud, ingénieur de recherche à l’université Paul-Valéry à Montpellier, à 10h), la journée élargira la focale à l’Hexagone pour analyser le vote RN avec Christèle Lagier, politiste et maître de conférence de science politique à Avignon (11h30).

    Premier parti de France avec plus de 9 millions de voix au premier tour des législatives de 2024, le RN ne peut néanmoins pas compter sur un électorat homogène. « Il y a une volatilité très forte de cet électorat. Il y a aussi le fait que depuis 2017, l’abstention est devenue majoritaire avec des gens qui ne votent pas tout le temps. Ils votent parfois pour le RN, parfois pour d’autres formations politiques », développe Christèle Lagier. N’en déplaisent aux tenants de la thèse des extrêmes qui se rejoignent, la politiste n’observe pas d’électeurs transfuges de la gauche venus se réfugier au RN. En revanche, la porosité entre la droite et l’extrême droite est assez marquée. « Le RN se solidifie car il s’appuie sur ces bases électorales assez mouvantes. Il est renforcé par des clientèles qui, elles, ont l’habitude de voter, notamment les électeurs de droite qui ont tendance à voter régulièrement et sont souvent plus âgés. Ceux-là se sont déportés de manière beaucoup plus constante sur l’extrême droite », poursuit Christèle Lagier.

    Une porosité accentuée depuis la stratégie de Nicolas Sarkozy, venu labourer les terres du FN (ex-RN) lors de la Présidentielle de 2007. À cela s’ajoute une responsabilité médiatique impliquant des « catégories de la population qui s’autorisent à voter pour ce parti parce qu’il y a un accompagnement médiatique très fort de l’idée que ce n’est pas si grave d’être raciste. Les médias s’autorisent un certain nombre de propos qu’on n’aurait jamais entendus il y a dix ans », fait valoir la politiste.

    Dans cette droitisation des élites politiques et médiatiques – une thèse portée par le chercheur Vincent Tiberj – les forces de gauche ne sont pas lavées de tout soupçon. « Quand vous regardez le spectacle offert par la gauche aujourd’hui, avec des possibilités de cinq candidatures pour les élections, comment voulez-vous que les catégories populaires – qui normalement devraient se retrouver dans ces formations politiques – puissent s’identifier ? Soit elles ne votent pas, soit elles se rapprochent du parti qui leur paraît pouvoir taper du poing sur la table ou renverser le système », soupire Christèle Lagier. À quand la fin de la guerre des ego à gauche ?

  • Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Les affaires courantes sont passées au second plan du conseil municipal, qui s’est transformé en tribune politique ce mercredi 3 décembre. À quelques mois des échéances électorales, la dernière séance de l’année aura mis plus d’une heure à démarrer.

    En cause, notamment, la rave party qui a tenté de s’installer sur le parking de l’Usine samedi soir avant d’être délogée par les forces de l’ordre. « Face à eux environ 1000 personnes ayant pénétré par effraction sur le site en ruine (…) au mépris de tous les dangers », relate le maire (DVG) François Bernardini, qui a tenu à remercier les agents de police qui ont subi quelques dégâts matériels et de légères blessures pour neuf d’entre eux suite à des jets de projectiles.

    D’habitude très discret, le conseiller municipal d’opposition Grégory Gabanou en a profité pour sortir du bois, lui qui a rallié la liste RN du Vauclusien parachuté Damien Broc, et attaquer la municipalité sur la prétendue explosion de l’insécurité à Istres. Les chiffres présentés par la compagnie de gendarmerie départementale locale pour 2024 ne vont pourtant pas dans ce sens : ils pointent une hausse de la délinquance concernant les atteintes aux biens à Sausset-les-Pins, Saint-Chamas et Rognac, mais une baisse des violences aux personnes dans la circonscription (-13,4%), des troubles à l’ordre public et de l’insécurité routière.

    Un accord préalable signé avec Hynaéro

    Entre le maire et son principal opposant Robin Prétot, candidat (LR) aux municipales, la passe d’armes s’est faite, sans surprise, autour du développement de la Ville. François Bernardini a annoncé signer dans l’après midi l’accord préalable à la conclusion des baux avec Hynaero qui s’installera sur le pôle aéronautique Jean Sarrail, une étape préalable pour obtenir le permis de construire de cette usine d’assemblage du dernier bombardier d’eau qui devrait créer 700 emplois. « Cela me permet de rappeler le besoin de logements exigés par cette société, a lancé l’édile. Les constructions qui vont remplacer la Bayanne de l’autre côté de la voie rapide répondront à cette exigence. Nous ne construisons pas par plaisir ni par copinage mais par nécessité. »

    Robin Prétot de répondre : « Ça fait 15 ans que vous dites la même chose. À l’époque c’était pour Stratobus qui allait arriver, on n’a pas arrêté de construire des logements, les usines n’ont pas suivies. Je réitère mon regard (…) : il va falloir que l’offre de logements suive l’arrivée des salariés. (…) Il faut aussi penser les industries par le biais de la mobilité, c’est un enjeu d’attractivité pour notre territoire. »

    Olivier Mayor tire sa révérence

    Au-delà des débats politiques, que les candidats aux municipales avaient pourtant refusés dans une forme officielle suite à la proposition de Robin Prétot, cette dernière séance a aussi été l’occasion pour Olivier Mayor de tirer sa révérence. Le conseiller municipal (DVC), ancien adjoint aux finances de la majorité, a annoncé qu’il ne serait « pas candidat ni présent sur une liste ». Le juriste de profession a « servi la ville pendant trois mandats », mais a expliqué ne pas être fait pour « être subordonné ou adjoint ou derrière un politique, c’est presque contre-nature », avant de citer Ayrton Senna : « Je ne suis pas conçu pour être deuxième ou troisième, je suis conçu pour driver, pour gagner. »

    Avant de claquer la porte du conseil municipal, l’élu a affirmé toujours estimer que François Bernardini reste « largement au-dessus du lot », et lui a apporté son soutien, non sans une pointe d’amertume : « S’il n’était pas reparti, j’aurais brigué les suffrages pour devenir maire de notre ville. »

  • Le collectif citoyen du grand Estaque en pleine ébullition samedi à l’Alhambra

    Le collectif citoyen du grand Estaque en pleine ébullition samedi à l’Alhambra

    Littoral, travaux de la RD568, projets de promenades littorales, implantations économiques, transports, accessibilité… autant de thèmes qui seront discutés dans l’enceinte même du cinéma pour un après-midi ouvert aux citoyens et citoyennes. Un moment pour échanger et entendre les observations et les attentes des Estaquéens et montrer que nombreux sont déjà celles et ceux qui agissent pour la vie de leur quartier.

    À 15h, un forum avec habitants impliqués dans différents projets à l’Estaque, jusqu’à 17h. Après quoi, l’Académie du chant populaire accompagnera l’entrée en salle des visiteurs avec une représentation jusqu’à 17h20. De 17h30 à 18h30 une table ronde aura lieu sur différents projets de territoires et sur les « Vigies citoyennes ». Un temps sera ensuite consacré aux actions en cours et à venir jusqu’à 18h30. Dans la même salle, le film L’Heure exquise de René Allio sera projeté de 18h30 à 19h30. Un repas offert et un concert du groupe la Bande à Séon clôtureront cette journée.

    L’un des buts de cette journée est « de faire en sorte que les acteurs se rencontrent, parce qu’on a constaté qu’on est nombreux à avoir des projets communs » pour mettre en avant ce « grand Estaque », explique Ludovic Laurent, de l’association Thala. Les associations espèrent impliquer encore d’avantage de riverains et montrer le travail déjà accompli.

  • Le Medef Sud interpelle les élus de la région

    Le Medef Sud interpelle les élus de la région

    Le combat de Stéphane Benhamou, président du Medef Sud, contre « la folie budgétaire » se poursuit. « Il y a une véritable fracture des élus de l’Assemblée nationale et la société civile. Il y a eu une confiscation fiscale pendant les débats. Ce n’est plus acceptable », dénonce-t-il, lors de sa conférence de presse mensuelle, ce mardi à Marseille.

    Il rappelle que le Medef Sud est vent debout contre les « 53 milliards d’impôts supplémentaires qui ont été votés ». « Après avoir mobilisé l’ensemble des fédérations, organisations patronales du territoire, nous allons les recevoir les élus […] pour les écouter et leur faire part de nos positions », développe-t-il. Des rendez-vous sont déjà prévus dans le Var, Hautes-Alpes et Alpes-Maritimes d’ici la mi-décembre avec « tous les députés du territoire de tous les partis ». « Ils vont venir pour un débat à l’union patronale du Var. On a déjà des députés du Rassemblement national de prévu, d’Ensemble pour la République mais c’est silence radio pour les élus les Républicains pour l’instant », précise-t-il. Il appelle aussi les entrepreneurs à s’engager en vue des élections municipales pour « faire valoir la prééminence de l’activité économique » dans les débats et défendre « une approche sociale libérale et humaniste » de la société. Y compris sur des listes RN ? Il assure que « le rejet de l’autre, c’est pas pour nous ».

  • Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Le Primed accorde une attention toute particulière aux jeunes. Deux projection-débats leur permettront d’échanger, en présence d’une journaliste de France Télévisions, sur la place de l’apprentissage de la langue arabe dans l’Éducation nationale avec le Film Mauvaise Langue de Jouar Nadi, et sur les violences sexuelles faites aux femmes avec La Promesse d’Imane de Nadia Zouaoui.

    Ce n’est pas tout. Parmi les douze prix qui seront décernés aux documentaires les plus remarqués, deux reposent entre les mains des lycéens. Le documentaire, qui arrive loin derrière le film dans la consommation des longs-métrages des jeunes, va donc être mis à l’honneur dans les classes de lycées. Au Mucem, le 4 décembre à 10h, le Prix des Jeunes de la Méditerranée récompensera une création parmi trois œuvres soumises à leurs réflexions et sensibilités. Ils seront de ces 3 000 jeunes de la région Sud, mais également du pourtour de la Méditerranée et du Canada, qui auront été émus ou déboussolés, et auront débattu et voté.

    Mais le festival de la Méditerranée en images ne se limite pas à les faire voyager dans des fictions réalistes d’ici et d’ailleurs. Il va plus loin et les fait se glisser dans la peau du réalisateur. Les 4 et 5 décembre, au Mucem et à l’Alcazar, ils rencontreront les réalisateurs en personne lors de deux masterclasses pour découvrir directement le métier et le processus de création qui en découle. Le Prix « Moi, citoyen méditerranéen » décernera ainsi sa seconde récompense le 5 décembre à 16h30 à l’Artplexe Canebière. Ces jeunes auront à convoquer leur imagination et créer un film personnel d’une minute, pour raconter si « Partir, voyager, se perdre ici ou ailleurs, ça vous tente ? ». De quoi conclure cette immersion dans la création documentaire en s’essayant soi-même à l’ouvrage.

  • Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Le rendez-vous a été fondé en 2001 suite à la rencontre de deux militants féministes, Luc Patentreger, médecin, dessinateur, et entrepreneur social, et Loutcha Dassa, ancienne déportée à Auschwitz décorée de la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2012 et de la Légion d’Honneur en 2021 pour sa lutte pour l’inclusion des femmes dans la société et le milieu artistique.

    Le festival Femmes ! revient pour une 24e édition, du 5 au 24 novembre. Six salles dans quatre villes s’en feront le relais : Théâtre Liberté et cinéma Le Royal à Toulon, cinéma Six n’étoiles à Six-Fours, Casino Joa et centre culturel Tisot à La Seyne-sur-Mer et cinéma Le Rocher à La Garde.

    44 films en compétition

    Ce festival se définit comme « œuvrant pour l’égalité entre femmes et hommes », avec « une conviction : l’art peut et doit être un levier d’émancipation, d’égalité et de liberté. Nous portons un féminisme universaliste qui réunit toutes les femmes, quels que soient leurs origines, leurs parcours ou leurs frontières, et qui invite les hommes à être pleinement partenaires de ce combat ». Cette année, la thématique « Duo », centrée sur la question « que raconte une femme quand elle parle d’elle à travers l’autre ? », invite à porter « ce féminisme du lien, de l’altérité, du respect, qui trouve dans ce thème une résonance naturelle qui refuse les cloisonnements et se nourrit du dialogue, car l’égalité se construit ensemble ».

    44 films de 16 pays seront en compétition pour le Prix du Public, parmi lesquels 8 avant-premières et 14 films en sortie nationale. Seront également remis le Prix du Jury et le Prix d’interprétation féminine avec sept films, en avant-première, en compétition. Autour de la compétition, le public pourra profiter, entre autres, d’une masterclass donnée par les acteurs de l’iconique série Plus belle la vie, d’un atelier cinéma pour apprendre à analyser les films, de soirées thématiques (dont la nuit des courts-métrages), d’expositions, ou encore de douze débats et conférences sur des thématiques féministes (santé mentale, violences sexuelles et sexistes…) et artistiques. De nombreux réalisateurs et acteurs seront également présents pendant ces trois semaines.

    Infos et tarifs sur femmesfestival.fr