Tag: débats

  • Agora des savoirs à Montpellier : une saison pour comprendre

    Agora des savoirs à Montpellier : une saison pour comprendre

    Depuis 2009, l’Agora des savoirs s’attache à rapprocher le monde de la recherche et le grand public. Conférences, échanges et débats permettent d’explorer les dernières avancées scientifiques, mais aussi d’éclairer les grandes questions historiques et sociales. « Alors que ne cesse de progresser dans nos sociétés un régime de post-vérité qui tend à nous faire préférer mensonges, idées reçues et opinions personnelles à l’objectivité des faits, il nous paraît essentiel de préserver et multiplier ces moments de rencontre et de discussions entre les scientifiques et les citoyens », souligne Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole. Avant de rappeler que « le savoir est une arme puissante contre toutes les formes d’obscurantisme et de haine de l’autre ».

    L’Histoire pour comprendre les résistances

    Ce premier cycle, constitué de 7 rencontres suivies de débats, accorde une place particulière à l’Histoire, aux luttes politiques et aux conquêtes de droits. La saison s’ouvrira le 4 novembre avec une conférence de Yann Potin consacrée à Marc Bloch (1886-1944), qui fut enseignant à Montpellier. Historien, combattant des deux guerres mondiales, résistant, celui qui fut assassiné par les nazis en 1944 incarne « une figure majeure de l’intellectuel engagé ». Son entrée au Panthéon en juin dernier offre l’occasion de revenir sur une œuvre « qui a profondément renouvelé les études historiques » et sur « l’inextricable alliance savante, politique et morale qu’incarne son parcours ».

    Le 18 novembre, l’historienne Éliane Viennot, autrice de La Forteresse assiégée. La France, les femmes et le pouvoir, 1860-2000 (CNRS éditions, 2026), s’intéressera à la conquête du pouvoir par les femmes en France. De l’accès aux études supérieures à la représentation politique, elle retracera les étapes de la progression vers l’égalité, mais aussi les résistances, les stratégies et les violences qui ont longtemps entretenu la domination masculine. Une conférence qui interroge les acquis et les obstacles persistants dans la société contemporaine.

    Du vivant aux crises géopolitiques

    La programmation fera également la part belle aux sciences du vivant. Le 25 novembre, une projection du documentaire Tardigrade, l’animal indestructible, suivie d’un échange avec les scientifiques Simon Galas et Myriam Richaud, permettra de découvrir ces animaux microscopiques capables de survivre à des conditions extrêmes (températures de -270 à plus de 100°C, rayons X, vide spatial, déshydratation…). Leurs étonnantes propriétés nourrissent les recherches de certains scientifiques, qui s’intéressent « à leur mode de vie et aux mystères de leur génétique, au cœur d’innovations prometteuses en médecine, pharmacie, cosmétique ou astrobiologie… qui pourraient bien révolutionner notre futur. »

    Le 9 décembre, l’historien François Godicheau proposera de « nouveaux regards sur la guerre d’Espagne (1936-1939) » : « Aujourd’hui, de nombreuses recherches et archives, mais aussi des témoignages, permettent d’écrire une nouvelle histoire de la guerre d’Espagne. Cette histoire dévoile le long travail de sape de la démocratie par les forces réactionnaires et l’extrême droite espagnole, bien avant 1936. Elle montre les mécanismes profonds de la dictature franquiste et se penche enfin sur l’expérience au jour le jour des acteurs de cet épisode majeur du XXe siècle européen. »

    Le 16 décembre, Grégoire Mettra remontera, lui, aux années 1970 pour éclairer les racines de certaines tensions actuelles au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique, à travers la politique étrangère américaine et les rivalités régionales.

    Le procès de Mazan vu
    par des anthropologues

    Après les fêtes, le 6 janvier, les paléontologues Pierre-Olivier Antoine et Lionel Hautier retraceront près de 300 millions d’années d’évolution des mammifères. Une plongée dans une histoire peuplée d’espèces disparues, des premiers mammaliaformes aux géants qui ont précédé ou côtoyé les humains. Enfin, le 20 janvier, les anthropologues Perrine Lachenal et Céline Lesourd reviendront sur le procès des viols de Mazan à travers l‘ouvrage collectif Mazan, anthropologie d’un procès pour viols (Le Bruit du monde, 2025), auquel elles ont participé. « Depuis la salle d’audience jusque dans les rues d’Avignon et de Mazan, des anthropologues ont voulu suivre ce procès. L’enquête de ces quatorze chercheurs en sciences sociales, spécialistes en études de genre, a permis de recueillir des centaines de témoignages – de journalistes, avocates, membres de collectifs féministes, étudiantes, personnels de santé, commerçantes… – offrant un point de vue inédit sur cet événement. Elle donne à entendre les échos d’un procès de société et ce qu’ils révèlent des rapports de pouvoir et des relations entre les femmes et les hommes. »

    * Les conférences ont lieu le mercredi à 19 h au centre Rabelais, 27 boulevard Sarrail, à Montpellier. Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles. Les rencontres sont retransmises en direct et en différé sur la chaîne YouTube de l’Agora des savoirs, ainsi que sur Divergence, en radio numérique terrestre et via son application.

  • Intellectuels et artistes secouent les idées du bassin méditerranéen

    Intellectuels et artistes secouent les idées du bassin méditerranéen

    « Nous nous préparons à des Nouvelles Rencontres d’Averroès dans une version inédite et augmentée à plus d’un titre », plante Fabienne Pavia, responsable de Des livres comme des idées. Une association produisant cette manifestation qui réunit depuis plus de 30 ans les pensées des deux rives de la Méditerranée à Marseille à travers tables rondes et spectacles. Inscrite dans le cadre de la Saison Méditerranée, cette édition s’articule du 28 octobre au 1er novembre autour du thème « Franchir, s’affranchir ». Une mouture illustrée par la photo, réalisée en 2019 par Matthieu Karam, d’un manifestant « au cours des contestations qui réclamaient le départ de l’ensemble de la classe politique au Liban, jugée corrompue et responsable d’une crise sans précédent », commente Fabienne Pavia selon qui ces événements « résonnent aussi avec ce que nous vivons en France ces derniers temps ». « Quinze ans après les printemps arabes, un an après les révoltes en Iran, de la GenZ 212 au Maroc, les manifestations il y a sept ans en Irak, deux ans après la chute de Bachar al-Assad en Syrie et alors que le drame de Gaza se poursuit et déborde en Cisjordanie, comment imaginer la bonne vie ? », interroge Rémi Baille, l’un des programmateurs des Nouvelles Rencontres d’Averroès, avant d’introduire la première table ronde « Habiter l’entre-deux » prévue le 30 octobre à l’Odéon. Elle regroupe l’enseignant-chercheur et exilé gazaoui, Ahmad Ashour, la chargée de recherches à l’IRD et spécialiste des soulèvements arabes de 2011 Laura Ruiz de Elvira, ainsi qu’Albert Vichy, écrivain natif de Beyrouth ayant « fui la guerre pour Paris en 1975 ».

    900 ans et toute sa tête

    Imaginé avec le journal libanais L’Orient-Le Jour, le programme donne lieu à deux autres tables rondes, dont l’une qui montre « la manière dont la puissance s’affranchit aujourd’hui du droit », résume Brigitte Curmi, elle aussi programmatrice de ces rencontres. « Le monde est entraîné dans un cycle où la puissance remplace le droit et va jusqu’à l’écraser en toute conscience, sans provoquer de vagues d’indignation ni de réponses politiques qu’on avait pourtant connues à d’autres époques », contextualise cette ancienne ambassadrice de France en Libye, à Malte et en Syrie. Le débat rassemblera l’historienne franco-tunisienne Sophie Bessis, dont le dernier ouvrage décrit « l’imposture » de « la civilisation judéo-chrétienne », le chercheur Jérôme Heurtaux pour qui « le droit international est mort à Gaza », ainsi que le juriste Nadim Houry.

    « Exceptionnelle » sera aussi cette édition car 2026 marque les 900 ans de la naissance du philosophe, juriste et théologien Averroès, commémorée le 31 octobre à l’Odéon par un « entretien posthume ». Le but de ce format irrigué par historiens et philosophes : « Questionner notre époque » à la lumière de l’œuvre de cet « homme du soupçon pour ses théories sur la vérité qui ont ébranlé l’hégémonie religieuse », souligne Rémi Baille.

    Des luttes et des exils

    Au menu des Nouvelles Rencontres d’Averroès, également deux « masterclasses » : l’une de Raphaël Pitti, médecin humanitaire qui « a agi en Ukraine, à Gaza, en Syrie ». L’autre rencontre se fera autour des Printemps arabes et de leurs échos avec la journaliste égyptienne Lina Attalah et Haythem El Mekki, journaliste tunisien « en exil et condamné à de la prison pour ses prises de position ». Des discussions sérieuses qui n’empêchent pas aussi la tenue de spectacles comme le 28 octobre à l’Espace Julien. Fred Nevché y « remonte le fil de l’exil arménien, de Beyrouth à Marseille » en musique et images dans Loghofète ou le prénom perdu. Le lendemain, le Mucem accueillera la performance de Wajdi Mouawad, L’ombre en soi qui écrit. Le Silo proposera, lui, le 30 octobre un concert du pianiste franco-libanais Bachar Mar-Khalifé, où il « s’aventure dans le répertoire » du chanteur Christophe. Autant d’appels au dialogue et aux arts que n’aurait pas reniés Leïla Shahid, grande voix de la diplomatie palestinienne disparue en février, à qui un hommage sera rendu par certains de « ses proches et compagnons de lutte » le 31 octobre à l’Odéon.

  • [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    Dans les salles des professeurs comme dans les classes, le malaise était palpable depuis longtemps. Tous dénoncent une dégradation du système éducatif. Alors qu’une nouvelle mobilisation est annoncée pour le mardi 13 octobre, Marion Chopinet revient sur les ressorts d’un ras-le-bol parti pour durer.

    La Marseillaise : Ce mouvement lycéen s’annonce durable, avec un nouveau rendez-vous le 13 octobre, porté par une intersyndicale lycéenne, étudiante et enseignante, ainsi qu’un appel interprofessionnel de la CGT. Est-ce quelque chose à quoi vous vous attendiez ?

    Marion Chopinet : À la fois, on ne l’a pas vu venir et en même temps, ce n’est pas étonnant du tout. Il y a eu le démarrage en région parisienne et des mouvements ponctuels déjà, avant la rentrée, dans les outre-mer. Cette colère lycéenne gronde depuis pas mal de temps. Elle s’est étendue à toutes les académies après la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Dans l’académie d’Aix-Marseille, les mobilisations lycéennes commencent autour de cette date, qui a marqué le début des premiers blocus de lycées ici.

    En tant que syndicat enseignant, comment accompagnez-vous les lycéens ? Peut-on parler de convergence des luttes ?

    M.C. : D’une certaine manière oui, car leurs revendications rejoignent les nôtres. Quand on se mobilise, nous, contre les réformes, le choc des savoirs, la réforme Blanquer en fait à l’origine de tout le bazar dans les lycées aujourd’hui, on se mobilise pour nous. Mais nos conditions de travail, ce sont les conditions d’études des élèves. Là, c’est le mouvement lycéen qui a pris le plus d’ampleur et qui continue à grandir et on se rejoint complètement. Après, c’est un équilibre assez difficile à tenir. Car si on a des revendications communes, en dehors des moments où on a nos casquettes syndicales, on est aussi leurs profs. Il ne s’agit pas de confondre les deux et de se servir d’une manière ou d’une autre de l’« autorité » qu’on peut avoir sur eux pour influer sur le mouvement. Cela doit rester le leur, ils doivent pouvoir s’organiser et décider. À nous, éventuellement, de répondre plutôt à leurs sollicitations et à leurs besoins pour avoir un service d’ordre, du matériel pour faire des pancartes, l’accès à un local… Toutes ces manifestations qui associent depuis plusieurs jours personnels de l’Éducation nationale, lycéens, étudiants, d’autres corps de métier et les parents marchent très bien et font la démonstration que le cœur du sujet, ce sont les revendications des lycéens et pas les violences.

    Du côté des enseignants, vous alertez depuis longtemps sur une véritable souffrance…

    M.C. : Nous avons effectivement des enseignants qui sont submergés de tâches annexes, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis extrêmement longtemps. Ce qui participe aussi de la crise de recrutement et du manque d’enseignants, au-delà des suppressions de postes. Les jeunes ont compris aussi que s’ils veulent avoir plus de profs et plus de candidats au concours, il faut revaloriser le métier. Les revendications autour du statut de la fonction publique pour les AESH sont aussi un enjeu pour nous et les élèves d’avoir des accompagnants pour ceux en situation de handicap. Des personnes recrutées par concours, formées, rémunérées correctement et qui soient présentes dans les établissements pour eux.

    La répression du mouvement lycéen est-elle, selon vous,
    une manière de l’étouffer
     ?

    M.C. : Oui, il y a forcément des consignes pour faire peur le plus possible aux élèves et aux parents. Ces violences policières sont complètement disproportionnées, absolument délirantes. Nous les avons dénoncées dans de nombreux communiqués.

    La réponse apportée par le gouvernement, entre les annonces du Premier ministre sur les prix à la pompe et le déblocage de 3 000 postes d’enseignants, est-elle à la hauteur ?

    M.C. : Ça ne correspond pas du tout à ce qu’on demande, même si pour les enseignants aussi, la question du prix de l’essence et de ce que coûtent les trajets pour se rendre sur leur lieu de travail, ça compte. Pour les 3 000 postes qui seraient débloqués, on attend de voir la réalité. Nous réclamons surtout des postes au concours, une revalorisation, une réflexion aussi sur le bâti scolaire. Rien n’est dit du tout sur ce qui est essentiel pour les élèves : Parcoursup. Et au-delà, la réforme Blanquer, mise en place en 2018, qui touche au lycée et au bac sans laquelle Parcoursup ne peut fonctionner. C’est elle qui permet cette sélection terrible dans l’accès au supérieur et qui accompagne de façon extrêmement efficace les suppressions postes. Après, il y a eu le « choc des savoirs » avec Gabriel Attal. Tout ça, c’est la déclinaison de la même chose : dire que ça coûte trop cher et qu’il faut trier les élèves le plus tôt possible. Ce qui va à l’encontre du projet du Snes et de la FSU entre autres, qui avait cours depuis les années 80, de démocratisation scolaire, de faire en sorte que la majorité des jeunes arrivent jusqu’à un niveau bac.

    Nous sommes aussi dans un contexte d’austérité budgétaire…

    M.C. : C’est catastrophique, pour l’Éducation nationale comme l’ensemble des services publics. C’est à eux que l’on fait payer le prix de l’austérité et de la dette. Il y a aussi un enjeu autour des budgets des collectivités territoriales et du bâti scolaire. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est que ces jeunes ont passé des examens sous canicule, l’an passé. Des élèves qui font leur rentrée dans des salles à plus de 30-35 degrés, des journées de cours épuisantes… Toute une réflexion est à mener sur l’adaptation au changement climatique et les budgets qui devaient y être consacrés ne sont pas à la hauteur ou ont été supprimés.

    D’aucuns tournent la mobilisation lycéenne en dérision, s’offusquent des débordements… Comment voyez-vous la suite ?

    M.C. : Je pense que les élèves ont comme perspective de tenir au moins jusqu’aux vacances. Nous, on annonce déjà une nouvelle date à la rentrée, le 5 novembre, avec l’intersyndicale de la fonction publique, sur les salaires, conditions de travail, etc. La consultation inventée par Sébastien Lecornu est aussi une manière d’étouffer ce mouvement. On a vu comment les gouvernements Macron ont fonctionné avec les Gilets jaunes, les cahiers de doléances qui n’aboutissent à rien. Les jeunes l’ont bien compris. Sur la prise en considération, je fais le lien avec les débats sur la loi intégrale, tout ce travail fait par les associations féministes et enfantistes. Cela dit, vu comment notre société regarde les enfants et les jeunes, se méfie d’eux, considère qu’ils n’ont pas droit à la parole… Ils font la démonstration que la jeunesse, c’est autre chose que de rester collé sur son téléphone et qu’il va falloir compter avec eux. Le monde qu’on est en train de construire, c’est le leur. Ils ont droit au chapitre.

  • 25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    Cette édition, qui se déroulera du 4 au 20 novembre, se concentre autour du thème de la passion, avec 35 films (dont 8 avant-premières) diffusés dans 8 salles et 5 villes. La moitié des œuvres sont françaises, les autres étrangères. Réalisatrices, artistes et invitées participeront à des rencontres et débats de manière à prolonger les films. Quatre soirées spéciales et une clôture festive, autour du cinéma d’art et d’essai exigeant, sont également proposés, ainsi qu’une exposition artistique, intitulée « Indociles ! », présentée par 8 créatrices, et visible au Casino Joa de la Seyne du 6 au 30 novembre.

  • [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    Un grand espace relie le stand national des communistes et celui de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône.
    Lieu de débat le jour, il devient piste de danse la nuit avec DJ Naemars aux platines qui a démarré son set dès jeudi soir sous l’égide de La Marseillaise. Ce vendredi à 18h se tiendra une soirée de solidarité internationale avec le peuple cubain. Samedi à 11h30, l’espace accueillera un débat « Santé : De la lutte contre le cancer du sein à l’accès aux soins pour toutes et tous » puis à 14h30 « Industrie : Prenons le pouvoir sur la production du pays ! » et à 16h « Égalité : Pour une loi intégrale féministe et enfantiste ». Suite du programme dans l’édition de ce week-end .

  • La pression reprend pour la loi contre les violences sexuelles

    La pression reprend pour la loi contre les violences sexuelles

    En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, plusieurs rendez-vous sont annoncés à 19h, à l’initiative de la Coalition féministe et enfantiste pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles. À Marseille, les participants sont appelés à se réunir devant le palais de justice, place Monthyon, aux côtés de Femmes solidaires, du Collectif 13 Droits des femmes et d’autres organisations engagées. À Aix-en-Provence, le rassemblement est prévu devant le tribunal judiciaire, boulevard Carnot, notamment avec le Collectif 8 Mars. À Toulon, rendez-vous est donné devant le palais de justice, place Gabriel-Péri, à l’appel d’associations locales, syndicats ou partis (PCF 83…).

    Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des manifestations organisées depuis le début de l’été dans le sillage de l’affaire Lyhanna, collégienne retrouvée morte après avoir été violée. Ces rassemblements dénoncent les défaillances pointées dans ce dossier et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes pour mieux protéger les femmes et les enfants.

    « On va suivre les débats »

    La date du 7 septembre n’a pas été choisie au hasard. Une proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles entame ce lundi son parcours législatif avant son arrivée, début octobre, devant le Parlement. « Je suis motivée pour qu’on aille au bout des débats et qu’on parvienne à adopter un texte (…) qui corresponde aux attentes des associations féministes et enfantistes et de la société », a déclaré la députée Céline Thiébault-Martinez, à l’origine de ce texte soutenu par 240 députés issus de huit groupes politiques hors RN, LFI et UDR. L’élue socialiste avait, fin 2025, rédigé une première version en s’inspirant de 140 propositions d’associations. Après l’avis du Conseil d’état, le texte a été ramené à 69 articles.

    L’objectif est de couvrir toute la chaîne des violences : repérage, prévention, accompagnement, justice, réparation et suivi des auteurs et des victimes. L’article 5 crée des juridictions spécialisées dans les violences sexuelles et intrafamiliales avec des tribunaux correctionnels et des cours d’assises dédiés.

    à partir de lundi, une commission spéciale entendra ministres et associations avant l’examen des amendements. La discussion en séance publique, attendue le 28 septembre, a été repoussée à début octobre. Annick Karsenty, présidente de Femmes Solidaires Marseille, une des 150 associations de la coalition féministe et enfantiste, se veut vigilante : « Des travaux ont été menés par des députés, cet été, sur le texte. On va suivre les débats qui arriveront à l’Assemblée dans un mois. Des propositions faites par les féministes doivent être reprises. On verra la position du gouvernement. »

  • Une coopérative italienne pour aller « au-delà des rêves »

    Une coopérative italienne pour aller « au-delà des rêves »

    Il aura fallu 20 ans pour que la coopérative « al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », voie le jour. C’est au sein de ce bien de 17 hectares situé à Maiano di Sessa Aurunca, dans la province de Caserte, saisi après l’arrestation d’un chef mafieux en 1991, comme le permettait déjà la loi italienne, puis définitivement confisqué en 1994, que les éducateurs marseillais ont été accueillis, durant une semaine, pour un échange d’expériences sur la lutte contre le narcotrafic.

    Un chantier saboté

    Ils ont notamment pu rencontrer Simmaco Perillo, son président et fondateur. Un témoignage « fort » nous confie l’un des éducateurs, Mohamed Benmeddour. Transférée à la municipalité en 1998, la propriété a été abandonnée jusqu’en 2005. Une époque où « parler de la Camorra était encore très difficile : c’était un sujet tabou et parfois même dangereux », explique le président de la coopérative, qui dépose pourtant un projet, accepté et financé par l’Europe. Mais il lui faudra s’armer de patience et surtout de courage.

    L’appel d’offres lancé par la municipalité pour rénover le bâtiment est remporté par une entreprise liée au clan des Casalesi, l’un des clans les plus puissants de la Camorra à Caserte. Le chantier est « réalisé de manière absurde » constate Simmaco, avec « par exemple les toilettes destinées aux personnes handicapées, mais pas accessibles en fauteuil roulant. Des fenêtres cassées, un système de chauffage qui ne fonctionnait pas avec des tuyaux qui entraient dans les murs, mais ne menaient nulle part ».

    Simmaco signale les vices, le responsable des travaux publics de la municipalité est arrêté, l’enquête révélant sa proximité avec le clan. De quoi comprendre « quelque chose de très important », estime l’associatif : « Le mafieux n’était pas nécessairement le personnage correspondant au stéréotype traditionnel. Il pouvait aussi être un fonctionnaire municipal, bien habillé, avec une voiture et une cravate ». Une quinzaine de jours après avoir obtenu officiellement les clés, le 16 janvier 2009, des inconnus entrent dans le bâtiment et détruisent tout avant de disparaître. En « colère et frustré », Simmaco décide de planter sa tente et de vivre sur les lieux. Il sera rejoint par une quarantaine de jeunes de Maiano. Malgré les intimidations, « avec le temps, les choses ont changé », se félicite-t-il, heureux d’avoir gagné la confiance des habitants.

    À la fois projet de réinsertion sociale, lieu de vie et de soins pour les plus précaires, la coopérative s’inscrit aussi dans l’agritourisme, proposant produits bios et restaurant. Elle propose des formations, y reçoit les écoles. Et ce n’est qu’un début. Depuis août 2025, la coopérative est propriétaire d’un autre site saisi à un entrepreneur en lien avec la Camorra, trois villas à Baia Domizia, avec vue sur la mer. Elle imagine en « faire un lieu polyvalent pour accueillir les jeunes de la région et y organiser des activités musicales, des débats et des initiatives sociales ».

  • Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    C’est la Fête de l’Huma locale. « À notre échelle, avec les moyens du bord et beaucoup d’humilité », précise Jeanine Incorvaia, présidente des Amis de la fête, qui organise Terres de résistance. Cette année, pour sa 24e édition, le festival aura lieu du 3 au 6 septembre au jardin du Prieuré. L’occasion de se rassembler pour une rentrée aussi festive qu’offensive, de « parler des combats en cours ».

    « Il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a aussi pas mal de sujets sur lesquels nous réfléchissons, en tant que communistes, d’autant plus à l’issue du congrès ce week-end et du congrès départemental avant les vacances, affirme Jeanine Incorvaia. Ce qui nous anime, c’est la cavalcade désordonnée et décomplexée du libéralisme mondial qui met les peuples et la planète à genoux. »

    Des débats et des concerts

    Samedi, rendez-vous au village des associations, avec une vingtaine de structures présentes. « Ce village des associations permet de montrer toutes les facettes qui peuvent s’inscrire dans la résistance », souligne Francis Fournier, l’un des organisateurs du festival. La section locale des Arméniens animera un débat, le Secours Populaire organisera des ateliers autour des congés payés tandis que la librairie l’Argonaute, les éditions Alifbata et Yann Madé parleront féminisme. Le lendemain, le grand reporter pour L’Humanité Pierre Barbancey animera un débat sur la situation au Moyen-Orient, avant le traditionnel meeting de la section locale communiste. Jeanine Incorvaia souligne : « Même si on est sérieux dans notre discours, on aime faire la fête ». Et pour ça, des concerts ponctueront les journées, entre Bazil, la fanfare Tahar Tag’l, Duo K’Alamité, un tribute Bob Marley avec Axetone ou encore Massilia Reggae Club.

  • [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « La Fondation Gabriel-Péri, encore plus que les autres, est menacée »

    [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « La Fondation Gabriel-Péri, encore plus que les autres, est menacée »

    La Marseillaise : Vous avez alerté sur la situation financière de la Fondation Gabriel-Péri, son existence est-elle aujourd’hui menacée ?

    Guillaume Roubaud-Quashie : Depuis le début de son financement public, la trajectoire est simple, on est autour d’une division par quatre des budgets de la Fondation depuis 2007. Depuis l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir, donc sur seulement 10 ans, on a plus que divisé par deux. Ce sont des baisses bien plus radicales que dans d’autres secteurs, il y a des responsabilités politiques claires de ce côté-là. Si on continue comme ça, dans peu de temps, ça sera fini, tout simplement. C’est une mise en danger mortelle des fondations à vocation politique, à commencer par la Fondation Gabriel-Péri qui, encore plus que les autres, est menacée aujourd’hui.

    Cet affaiblissement
    des fondations politiques représente-t-il un danger pour
    le débat démocratique
     ?

    G.R.-Q. : Oui, on vit un moment de crise démocratique considérable, et on a besoin de débats argumentés pour l’affronter. Il faut savoir qu’en France, ce qui a compté dans le développement des fondations, c’est l’accession pour la première fois de l’extrême droite au pouvoir le 21 avril 2002, et l’idée que la République française était peut-être menacée. Il fallait réfléchir à des structures contribuant à renforcer l’ampleur, la vitalité et la qualité du débat démocratique. C’est dans cet esprit que la Fondation Gabriel-Péri a été créée, en 2004, à l’initiative du Parti communiste français. Les raisons qui ont mené à la création de ces fondations sont aujourd’hui encore plus fortes qu’elles ne l’étaient à l’époque. Je pense que, par leur capacité à produire des travaux qui vont au-delà des tweets, des expressions courtes ou des polémiques superficielles, les fondations ont aujourd’hui un rôle très précieux.

    Vous vous êtes rendus mardi dernier à Matignon, avez-vous eu les réponses que vous espériez ?

    G.R.-Q. : Avec d’autres fondations, nous avons alerté le Premier ministre quant à la situation d’extinction des fondations. Nous sommes actuellement en discussion pour envisager la suite.

    Concrètement, comment soutenir la Fondation ?

    G.R.-Q. : On a l’objectif de récolter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour affronter les coupes de l’année. Il y a deux choses à faire. D’abord, souscrire est une aide concrète et immédiate. Sur le site de la Fondation, on peut faire des dons défiscalisés. Le deuxième aspect, c’est de participer aux activités qu’organise la Fondation. Elle a une revue qui s’appelle La Pensée et propose aussi des expositions gratuites. Il faut faire vivre et connaître la Fondation Gabriel-Péri, nous solliciter pour l’organisation de débats… Ce travail, il est à la disposition de toutes et tous, et pour que ça puisse continuer, on a besoin d’un soutien plus large. On a commencé à recevoir un certain nombre de dons, c’est encourageant, mais il faut que cette dynamique se poursuive. J’espère que la période de difficulté financière lourde que nous affrontons sera l’occasion pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore la Fondation de découvrir ce qu’elle fait et par la même occasion, de multiplier les partenaires et les initiatives à l’échelle nationale. La période que l’on vit mène à beaucoup d’interrogations, beaucoup de gens cherchent des réponses, des éléments de réflexion, et s’il y a une demande, nous on est là pour ça. Je suis confiant, même s’il y a des batailles à mener, on a l’habitude.

    Entretien réalisé par Andréa Goyard-de Castro

  • [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    Entretien

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de ce 80e Festival d’Avignon ?

    Ghislain Gauthier : On sent bien que l’enjeu, pour nos secteurs, est de faire exister ce sujet pour la présidentielle, à un an de cette échéance. Dans les débats, la crise était sur les lèvres de tout le monde. Au niveau de la liberté de création, on sent que l’étau se resserre en ce moment, sans oublier la question des financements publics, qui sont en chute libre depuis deux ans.

    Pourquoi ces coupes budgétaires sont-elles sans précédent ?

    G.G. : Elles sont déjà inédites par leur ampleur, car on peut compter plusieurs millions d’euros qui manquent au secteur. L’état et certaines collectivités territoriales se sont désengagés conjointement des financements de la culture. Ce qui est inédit aussi, c’est que la culture est considérée comme une variable d’ajustement au nom de la résorption du déficit public. Il y a donc moins de projets qui se font. On est pourtant très nombreux à travailler : environ 250 000 personnes dans le spectacle vivant et le secteur audiovisuel. On a le sentiment que les politiques ont abandonné le champ culturel et ne le considèrent pas comme un enjeu pour le pays. Il y a deux sujets pour nous : on continue de se mobiliser pour un financement public de la culture à hauteur de 1 % du budget de l’État, mais aussi au niveau local pour ramener les collectivités autour de la table et regagner ces budgets, car la situation de l’emploi est catastrophique.

    La CGT parle d’une « catastrophe sociale » à venir…

    G.G. : Beaucoup de personnes n’arrivent pas à faire leurs heures en tant qu’intermittents. Il y a aussi une dégradation des conditions de travail. Tout ce qu’il se passe dans le Off d’Avignon est un scandale. On nous a indiqué, dans plusieurs endroits, qu’il n’y avait aucun jour de relâche pour les salariés. Ou encore des conventions de stages conclues, pour certains, afin de tenir la billetterie le matin et l’après-midi, puis ils ont un contrat de travail pour faire le bar, ont des horaires à rallonge avec un non-respect des 11h de repos minimum par jour. Sans compter le travail sous des chaleurs excessives et sous des préfabriqués… Les conditions d’accueil des compagnies sont aussi très difficiles.

    Qu’en est-il de la grève qui se profile en septembre pour les travailleurs
    du monde de la culture
     ?

    G.G. : Cela fait deux ans qu’on essaye de mobiliser notre secteur. Là, on a décidé de passer un cran. On annonce donc une semaine de mobilisation et de grève à partir du 21 septembre. On a le sentiment que le gouvernement veut nous faire la peau. Notre mouvement est essentiel par rapport au budget à venir et la présidentielle va être déterminante pour nos professions, avec l’extrême droite aux portes du pouvoir. Nous sommes déterminés à nous battre pour nos emplois et nos salaires. 95 % des personnes qui travaillent dans le spectacle sont des prolos. C’est insupportable d’entendre qu’on est dans l’entre-soi. On a du mal à payer nos loyers et à finir le mois. La colère est bien là. Ça devient une question de survie.