Tag: CSE

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.

  • L’IA dans le viseur de la CGT Télécoms

    L’IA dans le viseur de la CGT Télécoms

    Le congrès départemental du syndicat CGT des télécommunications s’ouvre ce jeudi matin au camping de l’Arquet, à Martigues. L’emploi figure au cœur des préoccupations.

    Le secrétaire à la communication du syndicat Guillaume Lamourette, issu de l’opérateur Orange, explique que « petit à petit, l’intelligence artificielle est en train de remplacer des salariés. Quand on appelle le service client ou technique, on tombe sur une IA. Et c’est pareil pour les chatbots », de discussion instantanée.

    Les conséquences sur l’emploi seraient édifiantes selon le syndicaliste. « Quand je suis rentré chez Orange en 2009 nous étions 160 000. Nous sommes aujourd’hui 68 000. Et le projet de restructuration Orange regain prévoit de passer à 35 000 à horizon 2030 », affirme Guillaume Lamourette, à grand renfort de « non-remplacement de départs en retraite et de sous-traitance, comme c’est le cas pour l’intégralité de la branche fibre ».

    Syndicat de proximité

    Le responsable CGT contextualise : « On nous dit que l’intégralité du territoire est couverte en fibre, mais on a aucune vision sur l’entretien du réseau ni sur les futures générations de fibres qui devront être déployées. Rien non plus sur la recherche ou l’innovation. Et c’est pareil chez les autres opérateurs. » Le recours à la sous-traitance peut expliquer ces choix.

    Dans ce contexte, la question de la proximité du syndicat se pose, d’autant plus que « la mise en place des CSE éloigne les directions des lieux de travail », rappelle Guillaume Lamourette. Chez les opérateurs comme dans l’intérim.

  • Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    C’est leur quatrième jour de grève. Ce mardi matin, les salariés d’Imerys, cimenterie à l’entrée de Fos-sur-Mer, sont sur le piquet de grève devant le portail de l’entreprise depuis lundi, après avoir reconduit à l’unanimité leur mouvement, suspendu le week-end pour négocier.

    « Nous discutons depuis un an avec la direction pour obtenir la même prime que tout le reste de l’entreprise au service fabrication », explique Ludovic Olive, délégué syndical CGT de l’usine, pour une somme équivalente à six euros par personne et par jour. « Aujourd’hui, les contremaîtres ont la possibilité de pointer les primes, et ce depuis le mois d’octobre. Mais ils ne le font pas », déplore-t-il. Une revendication pourtant « modérée » selon le syndicaliste, qui affirme que « sur 28 postes en fabrication, 26 sont grévistes, comme 80% des collègues à l’expédition » pour une « large participation » au global pour les ouvriers, dans une usine où l’encadrement et la maîtrise sont nombreux.

    Climat social dégradé

    Contactée, la direction d’Imerys ne « commente pas le mouvement social en cours », mais affirme pourtant en réponse à notre sollicitation « rester ouverte au dialogue social avec nos parties prenantes syndicales comme c’est le cas depuis le début du mouvement ».

    Mais après le dernier rendez-vous de vendredi, le dialogue social est au point mort depuis la reprise de la grève lundi, « la direction ne s’est même pas présentée », commente un élu CGT au Comité social et économique (CSE). La prime de pénibilité n’est pas le seul sujet de discorde. En cause, un climat social dégradé qui avait déjà fait l’objet d’un mouvement de grève à la mi-octobre. « Il y a une mauvaise ambiance, un management toxique », tance le secrétaire du CSE Gautier Moreno (CGT). « Il n’y a plus de lien entre les managers et les collègues sur le terrain. Sans parler des pressions sur les élus alors qu’on demande des réponses sur la présence de Chrome-6 dans les ateliers », un agent cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR).

    La période tient d’un prélude à l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), qui doivent avoir lieu « d’ici deux-trois semaines » d’après Ludovic Olive, pour lesquelles il « n’y a pas encore de calendrier », mais qui doivent déboucher sur un accord « avant Noël ».

  • La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    « Ils veulent faire des économies de bouts de chandelle sur le peu d’acquis qu’on a », se désole Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT du centre hospitalier de Martigues. Dans un tract aux personnels publié ce lundi, le syndicat alerte sur une possible remise en cause par la direction de plusieurs jours de congés ainsi que la prise en compte de la pause de mi-journée dans le temps de travail, fruit d’un accord signé en 2002.

    En substance, Laure Privat indique qu’il s’agit « de trois jours de congés lorsque l’on reçoit une médaille d’ancienneté à 20 ou 30 ans et de cinq jours avant le départ en retraite ».

    Du reste, « nous avons 20 minutes de pause pour 6 heures travaillées. Aujourd’hui la majorité des services sont en 12 heures et on arrive souvent avant la prise de poste pour aider les collègues à la relève. Pour un quart d’heure volontaire par jour, on ne demande qu’un jour de repos par an. Mais aucune négociation n’est possible », regrette la syndicaliste.

    Des « irrégularités » ?

    Ces dispositions seraient des « irrégularités » parmi d’autres citées dans le rapport de la Chambre régionale des comptes portant sur la période 2019-2023 (notre édition du 31/10). Pour la CGT, « l’État doit mettre la main à la poche pour ne pas faire d’économies sur nos acquis. Le service public est une priorité », affirme Laure Privat.

    Contactée, la direction du centre hospitalier de Martigues n’a pas donné suite à nos sollicitations dans nos délais.

  • « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    La Marseillaise : En 1999, vous cofondez l’entreprise Ipsogen de diagnostic in vitro, qui devient HalioDx, avant d’être rachetée en 2021 par Veracyte. Lorsqu’en 2025, cette entreprise américaine lâche le site, que se passe-t-il pour vous ?

    Stéphane Debono : Avec l’autre cofondateur d’Ipsogen, Vincent Fert, on voulait créer une société pour aider les innovateurs du diagnostic en santé humaine à concevoir, industrialiser, produire et expédier à leurs clients leurs innovations. On avait ce projet en tête quand on a vu que Veracyte cherchait un repreneur pour le site marseillais. Ça nous semblait une très bonne idée de reprendre une partie de l’activité de notre ancien site. On n’est pas revenus en grands sauveurs d’emplois, mais parce qu’on a un projet qui fait sens. Avoir pu récupérer une équipe avec 25 ans de réalisation nous permet de démarrer avec des fondations solides.

    Ce sont donc 38 postes, sur les 164 que comptait Veracyte, que votre offre a permis de préserver ?

    S.D. : Oui, c’est l’offre faite au tribunal : 38 immédiatement avec un engagement d’embaucher six personnes supplémentaires et créer deux postes de direction.

    Pourquoi ne pas avoir repris toute l’activité ?

    S.D. : Après le rachat en 2021 par Veracyte, les activités sur le site à Marseille ont évolué. Notamment avec une grosse activité de développement de produits pour des sociétés pharmaceutiques ou spécifiques à cette entreprise. Ce sont ces activités qu’on ne reprend pas parce qu’elles sont trop formatées pour Veracyte. Le projet d’Hélio Diagnostics, c’est de proposer notre savoir-faire de 25 ans d’expérience pour aider à développer des diagnostics en oncologie, mais aussi en maladies infectieuses, dans le domaine du vétérinaire ou l’agroalimentaire. Il n’y a pas de limite à ce projet.

    Pourquoi reprendre le site marseillais ?

    S.D. : D’abord, pour hériter d’une expérience de 25 ans. Puis, c’est bien de pouvoir renforcer l’image européenne de l’innovation et de l’industrie du diagnostic. On est impliqués dans l’écosystème marseillais depuis 25 ans et cet impact local est important. Et puis c’est beau ce qui a été construit à Marseille, cette dynamique du pôle santé régional. Si on peut contribuer à tout ça, on en est fiers.

  • Le comité de vigilance postale fête le maintien de Ferrières

    Le comité de vigilance postale fête le maintien de Ferrières

    C’est une victoire que le comité de vigilance postale a tenu à fêter : l’antenne de Ferrières est maintenue. Après de longs mois de combats et de mobilisations, La Poste l’a annoncé dans nos colonnes le 18 août : « La fermeture du bureau n’est à ce jour pas dans nos projets. » Ce samedi 27 septembre, des dizaines de militants se sont donc réunis sur le parking du site pour célébrer cette décision.

    Le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) fait part de sa « grande satisfaction ». « Il y a des combats qui méritent d’être menés, même s’ils sont longs », affirme-t-il. La lutte avait démarré en début d’année 2024, alors que la Ville avait découvert que la direction régionale envisageait d’« adapter les modalités » de sa présence dans ce quartier. L’argument avancé : une baisse de fréquentation de 48 % depuis 2019.

    La mobilisation conjointe du comité de vigilance postale, des élus de la majorité et de la CGT a finalement eu raison de cette projection, qui menaçait de priver 10 000 usagers, pour la plupart issus de quartiers prioritaires de la ville, d’un service de proximité. Plus récemment, cet engagement a aussi porté ses fruits en permettant le retour de la distribution du courrier à Notre-Dame des Marins, qui avait cessé il y a trois mois suite à l’agression d’un facteur.

    Attention aux baisses d’amplitude horaire

    Francis Fournier, président du comité de vigilance postale, prévient toutefois : « Les dangers qui nous guettent demeurent. Nous avons appris que depuis presque une semaine, à part ce samedi, le bureau de la Couronne était fermé. Jeudi après-midi, c’était celui de Croix-Sainte. Nous appelons à organiser rapidement une riposte. La Couronne ne fermera pas parce qu’il est dans une zone touristique mais il risque de ne pas fonctionner régulièrement en hiver, ce qui n’est pas acceptable. » Gaby Charroux précise : « Les 6 000 habitants de ce quartier ne sont pas des sous-habitants, ils ont besoin, aussi, d’un bureau. »

    Pascal Rosette, élu CGT au sein du CSE de La Poste, rappelle la dynamique actuelle de l’entreprise : « Dans l’ensemble de la France, on a des fermetures fréquentes de bureaux. On assiste à une attaque frontale du service postal. Une camarade m’a annoncé ce matin la fermeture de Puyvert (Vaucluse), alors qu’ en tant qu’élu je n’étais pas au courant. On nous met devant le fait accompli. Il faut rester vigilant sur la diminution des amplitudes horaires, car c’est une façon pour La Poste de diminuer le trafic et donc de transférer l’activité petit à petit. »

    Francis Fournier appelle les citoyens à s’unir au sein de comités pour défendre ce service public. « N’attendez pas que vos bureaux ferment pour réagir, anticipez, exhorte-t-il. Personne n’est à l’abri. »

  • Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Ils sont une cinquantaine à s’être rassemblés dans le hall de l’administration de l’hôpital Édouard-Toulouse, ce mardi midi, pour demander le maintien du service d’accueil familial thérapeutique (AFT). à l’appel de la CGT et FO, familles d’accueil, patients et personnels soignants ont fait irruption lors du comité social et économique (CSE) pour témoigner de l’utilité de ce service.

    Créé dans les années 90, ce dispositif permet à des patients atteints de troubles psychiatriques stables d’être hébergés en famille. L’un des membres doit être agréé par l’hôpital et devient donc salarié de la structure. Un service qui permet à quinze patients, accueillis dans huit familles, d’éviter l’hospitalisation.

    En juin dernier, lors d’un CSE, le directeur de l’hôpital, Thomas Acquier, avait annoncé vouloir utiliser les 750 000 euros de ce service pour financer l’unité de remédiation cognitive et évaluation. Une décision qui laisserait donc sur la touche les huit personnes en CDI, et les quinze patients accueillis. « La plupart des patients sont âgés et il n’y a pas de service géronto-psychiatrique. Beaucoup vont donc aller dans des Ehpad qui ne sont pas adaptés. Ils risquent de faire des décompensations psychotiques et donc revenir après à l’hôpital, alors qu’ils étaient stables », craint Pierre-Edouard Thiebaud, représentant CGT de l’hôpital.

    Quatre familles et deux patients ont témoigné ce mardi, devant le directeur, pour insister sur la nécessité d’un tel service, alors que sa fermeture était à l’ordre du jour. FO, qui a demandé que le sujet soit retiré de l’ordre du jour pour gagner du temps, a refusé de siéger au CSE. La CGT et SUD ont voté contre la fermeture du service, mais le directeur ne s’est pas démonté. « Il se cache derrière le choix des médecins, affirme Olivier Boyer, secrétaire général FO d’Edouard-Toulouse. Mais on sait qu’il n’y a pas eu de vote. Notre prochaine action sera d’interpeller les médecins », affirme-t-il.

    Une pétition pour le maintien des AFT a déjà rassemblé 250 signatures.