Tag: CSE

  • La CGT alerte sur le dialogue social à Transfix

    La CGT alerte sur le dialogue social à Transfix

    Les prochaines semaines s’annoncent animées chez Transfix. Soumise à un mouvement social après la suppression de plus de 50 postes en 2021, la société spécialisée dans les matériels et équipements électriques, qui emploie quelque 250 personnes sur son site de La Garde, suscite le mécontentement de ses salariés.

    Il y a quelques jours, la Fédération CGT de la Métallurgie, les sections CGT locales et les élus CGT de Transfix ont fait parvenir au PDG de l’entreprise, Grégoire Libert, une lettre pour manifester leurs inquiétudes concernant « un climat social dégradé, des difficultés persistantes dans le dialogue social, des sujets majeurs concernant les orientations stratégiques de l’entreprise, la politique sociale, l’emploi, les conditions de travail et les négociations salariales ».

    Une pétition en cours

    Eu égard aux consultations engagées au sein du CSE et du début prochain des négociations annuelles obligatoires, la CGT reste « particulièrement attentive aux décisions, aux orientations et à la méthode de dialogue retenues par la direction », alors que les dernières NAO n’avaient débouché sur aucune augmentation de salaire. « Le Smic augmente de 2,41% au 1er juin : c’est le minimum concevable comme base de négociation », prévient le syndicat, espérant « de véritables négociations, loyales et sérieuses, avec des mesures salariales à la hauteur des efforts fournis par les salariés ». À ce titre, une pétition a déjà recueilli la signature de 140 salariés.

  • Les salariés de Biogroup Côte d’Azur en grève

    Les salariés de Biogroup Côte d’Azur en grève

    Après une réunion avec leur direction lundi, qui n’a finalement rien donné, 150 des 770 salariés de Biogroup Côte d’Azur, dont 90 dans le Var (40 à La Valette, 50 au Muy) étaient en grève jeudi. Raison principale : une prime d’intéressement qui a fondu comme neige au soleil depuis la reprise de l’ancien établissement (Bio Esterel) par Biogroup en 2018 : « Nous sommes passés d’un 13e mois qui équivalait au Smic avant le C, à à peine de quoi faire un plein d’essence », pointe Baptiste Absalon, représentant CSE Biogroup Côte d’Azur et délégué syndical FO.

    Une situation que ce dernier juge inacceptable eu égard à l’activité du groupe et aux efforts fournis par les salariés : « On sait que les charges augmentent pour les entreprises. La Cnam impose une tarification à l’acte, qui a baissé de 20% en 3 ans. Mais le chiffre d’affaires n’a baissé que de deux points l’an dernier, compensé par l’augmentation du volume. On nous presse comme des citrons, et dans des conditions délétères, alors qu’on est parmi les meilleurs chiffres d’affaires du groupe, avec un profit important. »

    La grève se poursuit vendredi

    Des conditions qui, selon le syndicaliste, conduisent à une hausse de l’absentéisme et des arrêts maladie, alors que l’entité Côte d’Azur – une des 28 de Biogroup en France – revendiquait un des taux les plus bas en la matière avant le Covid. « Désormais, on a un des plus hauts. Il y a une perte de motivation », affirme Baptiste Absalon. Et cela devrait alerter la direction, qui peine, qui plus est, à recruter : « Une quarantaine de postes à 1 500 euros par mois ne sont pas pourvus, pendant qu’on subit l’inflation avec des salaires bloqués », dénonce-t-il.

    Autre point de mécontentement : les mobilités accrues pour les salariés, baladés entre les 110 sites de Biogroup Côte d’Azur : « Ça ne se faisait pas avant. Cela conduit à une perte de sens », poursuit Baptiste Absalon. Autant de causes qui produisent, en conséquence, plusieurs revendications : « L’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance du labeur du salarié avec une prime de participation digne de ce nom, des négociations annuelles, le lundi de Pentecôte offert, la prise en charge intégrale de la mutuelle, une prime urgence remplacement au pied levé, et la prise en charge de tout ou partie des jours de grève. » Pour arriver à leurs fins, les salariés reconduisent le mouvement ce vendredi à La Valette et à Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes.

  • Rassemblement de la CGT devant l’usine Eurenco de Sorgues

    Rassemblement de la CGT devant l’usine Eurenco de Sorgues

    Rassemblement de la CGT devant l’usine Eurenco de Sorgues ce mercredi 20 mai, en amont d’un CSE de l’entreprise de poudre d’explosifs. Une réunion qui intervient quelques jours après la sanction disciplinaire de trois salariés membres du syndicat, dont un licenciement (notre édition du jour). « C’est de la discrimination syndicale. On va être très brefs. On va faire une déclaration et repartir », explique Jérémy Caillé, secrétaire CGT du site. Aucun camion n’est entré depuis le début, à cause de pneus et de palettes disposés devant l’entrée

  • Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    « L’ensemble de nos organisations CGT appelle à soutenir nos camarades le mardi 28 avril à partir de 8 heures, devant le tribunal correctionnel de Marseille. » Dans un communiqué commun, la Fédération CGT des Ports et docks, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et la CGT au niveau confédéral donnent le ton de la riposte syndicale prévue la semaine prochaine.

    Une riposte face à la convocation de Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM), ainsi que de Bernard Cristalli, trésorier, au tribunal, dans le cadre d’une procédure autour de la gestion du comité social et économique (CSE) du port.

    Des dizaines de motions de soutien

    Les organisations mettent les points sur les i : « Ces attaques sont orchestrées par les autorités politiques avec la complaisance d’un patronat souhaitant mettre fin à toute forme de contestation. » De quoi faire écho à l’envoi de dizaines de motion de soutien par une myriade de syndicats CGT de toute la région et au-delà (lire notre brève du 21/04). Plusieurs unions locales de Marseille, dont celle des Quartiers nord ou celle de La Rose, ont réalisé des communiqués apportant une solidarité « inconditionnelle » aux deux syndicalistes et donnent également rendez-vous à leurs militants devant le tribunal. Même principe pour l’Union locale d’Istres ou encore la CGT d’ArcelorMittal. Et que dire du communiqué commun entre plusieurs organisations de la CGT du secteur de l’énergie qui tonne : « Portuaires et énergéticiens, même combat. » Et évoque une « répression généralisée contre la CGT ».

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.

  • Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    « Pour nous, on a gagné une bataille. Mais pas la guerre. » Leur guerre, aux syndicalistes CGT de l’usine pétrochimique Kem One, sur la plateforme de Lavéra, c’est celle contre l’amiante et ses dégâts sur la santé comme l’envisage le délégué syndical CGT Geoffrey Del Baldo.

    Le comité social et économique (CSE) du 2 avril a marqué un tournant dans la lutte des syndicalistes pour leur sécurité et leur santé au travail. Une motion adoptée par l’ensemble des élus du personnel, moins une abstention, ouvre la voie à une nouvelle politique de prévention, et des actes. Cette motion que La Marseillaise a pu consulter fait part de « la plus grande inquiétude des élus quant à l’absence d’une politique structurée, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site », en violation du Code du travail selon les auteurs, « exposant directement la santé et la vie des travailleurs à un risque cancérogène avéré ». Plus précisément, les syndicats au travers de leur motion mettent en cause un « traitement superficiel et non conforme au cadre réglementaire du risque amiante » dans le document unique d’évaluation des risques professionnels de l’entreprise, ainsi que l’absence d’évaluation spécifique des unités de travail exposées à des agents chimiques dangereux présents sur le site.

    « Aucune prévention »

    De même, « les élus ont constaté l’absence totale d’une politique cohérente, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site avant 2019 », jugeant les actions entreprises depuis « largement sous dimensionnées et insuffisantes face aux risques et expositions avérés ». Soit des procédures de repérages avant travaux sur des installations anciennes « non systématiques », des interventions sans repérage, l’absence de plan de retrait ou de confinement lorsque des matériaux amiantés sont identifiés, l’absence de formation et la « défaillance du suivi médical » spécifiques pour les travailleurs exposés.

    C’est dans ce contexte que la direction du site Kem One de Lavéra est mise en demeure par les élus du CSE de prendre une somme de mesures selon un échéancier de 0 à 24 mois, en y associant le Service de santé au travail. Parmi les mesures immédiates exigées, la formation généralisée des personnels et la création d’une commission des expositions. À court terme, de 3 à 12 mois, de cartographier l’ensemble du site par zone, bâtiment et service de manière matérialisée, de fournir « un état des lieux complet et documenté du risque amiante sur le site ». Plus encore, la mise en place du suivi médical renforcé pour tous les travailleurs exposés, en lien avec la médecine du travail et en établissant les fiches d’exposition individuelles, de manière rétroactive.

    Pour Geoffrey Del Baldo, cette « victoire » réside dans le fait de « contraindre la direction dans la durée » par le suivi des mesures prises par le CSE. « Ce n’est que le début, nous resterons exigeants », promet le délégué syndical CGT. En perspective, la demande de reclassement des installations comme site amianté, initiée par la CGT, qui permettrait de prétendre au préjudice d’anxiété des travailleurs exposés ainsi que le départ à la retraite anticipé sous conditions. « Même si demain le dossier de reclassement n’aboutit pas, nous aurons déjà obtenu quelque chose pour la santé des salariés à long terme », conclut Geoffrey Del Baldo. Alors que le futur du groupe Kem One s’assombrit avec le départ annoncé du fonds Apollo propriétaire, la lutte syndicale offre encore des espoirs à l’horizon. Contactée, la direction n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Un plan social « déguisé » et une attaque en règle des droits de représentation des salariés. C’est ce que dénonce la CGT Telecoms dans un communiqué sur la situation des centres d’appels de Free, désormais une marque du groupe Illiad dont le président-fondateur reste Xavier Niel. Par un savant principe de fusion de Centrapel à Paris, Certicall à Marseille et Equaline à Bordeaux, puis d’absorption, par une filiale, Protelco, rebaptisée « Free assistance », prévue pour le 4 mai, et la mise en place d’un GEEP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), l’entreprise se réorganise en profondeur. Au détriment des salariés, alerte Annabel Ros, élue CGT au CSE de Certicall.

    Parallèlement, des Free Proxi, mini-centres de 10 personnes, installés dans des appartements, ont été mis en place. Leur mission : répondre aux abonnés et les dépanner, les centres se consacrant aux abonnements pros. « Ils ont vidé les effectifs des centres, avec une baisse de trois quarts, de 4 000 en 2017 à 1 000 en 2025 », assure la syndicaliste, « à Marseille 48 personnes sont parties, 90% ont préféré quitter l’entreprise face une ambiance délétère, profitant de primes de départ supérieures au niveau légal. » Dans les « Proxi », sur « 400 recrutements, on dénombre 107 licenciements et une centaine de démissions », ajoute-t-elle.

    « Aucun collaborateur contraint » selon Free

    Sur le pont de 8h à 21h du lundi au dimanche, sans manager mais avec un « coordinateur », ces petites cellules « plus pratiques quand il s’agit de travailler ensemble ou de partager une pizza », vante Xavier Niel, donnent lieu à de l’isolement, des intimidations avec « entretiens préalables au licenciement fréquents » et des difficultés pour s’organiser syndicalement déplore Annabel Ros. Dans les centres, « des accords sont en cours, puisque la fusion fait tomber tous les mandats, mais on nous propose trois fois moins de représentants qu’actuellement, nous avons décidé d’attaquer en justice », explique-t-elle, soupçonnant « une volonté de se débarrasser des élus ». Après une audience à Bordeaux ce lundi 13 avril, c’est à Marseille que se tient la seconde ce mardi.

    « Free fait le choix de rassembler ses deux équipes d’assistance abonnés, les centres de relation abonné et Free Proxi, au sein d’une structure unique [pour] mettre fin aux silos (…) et mieux servir nos abonnés », se défend la direction du groupe. Mieux, il s’agit pour les salariés d’« une vraie opportunité et une attente », assure-t-elle. Sur le GEEP, signé en 2025, il « repose sur un double consensus social, négocié et signé par la majorité des organisations syndicales représentatives, et intégralement fondé sur le volontariat », insiste Free, assurant qu’« aucun collaborateur n’est contraint de changer de poste ». Mieux, nombre d’entre eux « ont saisi avec enthousiasme l’opportunité de rejoindre ce nouveau modèle ». Free en veut pour preuve des effectifs qui entre 2024 et 2025, « ne sont pas en baisse ». Et de préciser que 195 Proxi ont été déployés en France.

  • Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    « Jott contribue depuis des années à structurer la filière mode locale, nous appelons à une décision qui garantisse la pérennité de l’entreprise, la sauvegarde des emplois et le maintien du siège à Marseille. » Dans un communiqué commun, Jocelyn Meire, président de Mode in Sud et Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIMP) montent au créneau pour défendre la marque aux doudounes colorées. L’avenir de la société fondée voilà 16 ans par deux Marseillais et cousins, Mathieu et Nicolas Gourdikian, placée en redressement judiciaire le 18 décembre, devrait être scellé ce lundi 13 avril.

    Pour Jocelyn Meire, c’est le projet de reprise « Mars », proposé par des membres de l’équipe dirigeante actuelle, qu’il faut soutenir. « Ce n’est pas le mieux-disant en termes de maintien des salariés » convient-il quand seulement 34% des 200 employés seraient gardés. Mais l’idée que Jott puisse être repris par un fonds d’investissement qui détient Chevignon et surtout Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein », dans le cadre de l’offre portée par le groupe Amoniss, le défrise. Proposition qui aurait eu un écho favorable lors de l’audience au tribunal de commerce fin mars. Un « mauvais signal » martèle-t-il, craignant le démantèlement.

    « L’humain oublié »

    Il va dans le sens des salariés qui ont écrit au juge-commissaire, alerté la CCIMP, la Ville de Marseille, la Région et le Département, explique une salariée du siège. « On sait bien qu’on ne peut pas reprendre tout le monde » estime-t-elle mais « on craint de voir la marque associée à la fast fashion ». Une vaste consultation a été engagée par les représentants des salariés au CSE, précise Damien Laine, l’un d’entre eux, « les équipes soutiennent à plus de 70% Mars ». Après avoir été racheté en 2021 par L. Catterton, chez Jott, « l’humain a été oublié » déplore-t-il, les actionnaires ne voyant « que le financier ». « On souhaite que cela redevienne une marque familiale », insiste-t-il.

    C’est parce qu’ils ne « voulaient pas que ça s’arrête », que Mathilde Picard, directrice commerciale Retail de l’entreprise et deux autres membres de la direction se sont lancés dans la bataille. « On a contacté Nicolas Gourdikian, on lui a présenté notre projet, il a dit : “go” », explique-t-elle. Passer de 25 à 15% de frais de personnel lui paraît plus tenable. « Ce n’est pas par gaieté de cœur, mais financièrement ça ne passe pas », précise-t-elle. Si Jott en est arrivé là, c’est que Catterton a remis en cause un modèle « où 65% du chiffre d’affaires se fait en 4 mois, de septembre à décembre », analyse-t-elle. Multiplier les points de vente, monter les prix alors que la marque se voulait de qualité mais accessible, sont pour elle autant d’erreurs. Or, la doudoune a de l’avenir car « l’outwear », le vêtement d’extérieur, a le vent en poupe en France : « C’est +2% et les projections de marché, c’est +5 à +6% à 3 ans », assure-t-elle.

  • Benzène, amiante… Le combat continue

    Benzène, amiante… Le combat continue

    « On a vu beaucoup de copains mourir de maladie, et on en voit encore aujourd’hui. » Devant l’entrée du conseil de prud’hommes de Martigues, Julien Granato, secrétaire général adjoint du syndicat CGT de la plateforme TotalEnergies de La Mède, illustre par ces mots le combat mené par les travailleurs de ce site pétrochimique pour faire reconnaître l’angoisse suscitée par la perte de ses collègues de travail. Mercredi matin, 180 salariés et sous-traitants ont déposé leur requête individuelle avec le cabinet d’avocats TTLA et associés, représentant syndicats et travailleurs anciens comme actuels.

    Car sur cette plateforme industrielle ayant abrité une raffinerie de pétrole pendant 80 ans, l’exposition à des substances toxiques comme l’amiante et le benzène est quotidienne, selon le syndicaliste. « Quand je rentre chez moi je sens encore le pétrole », détaille Julien Granato, qui souhaite « obtenir la même reconnaissance que les mineurs et les travailleurs de l’amiante », par cette procédure collective aux Prud’hommes pour faire reconnaître un préjudice d’anxiété (lire ci-dessous). À défaut de pouvoir solutionner en interne : « la situation est dénoncée à chaque fois en CSE et il n’y a pas un jour sans incident », tance le responsable.

    « Pour tous les travailleurs »

    Les interrogations ne sont pas qu’internes. « L’actualité récente fait encore parler de nous avec de fortes odeurs sur le site », reprend Julien Granato, pour qui cette procédure « est importante pour tous les travailleurs, car elle bénéficiera aussi aux intérimaires et sous traitants qui sont les premiers exposés et qui ne le font souvent pas reconnaître ». L’Union locale CGT ainsi que la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT) sont associées à la procédure comme équivalent de parties civiles.

    La procédure prud’homale découle de la plainte déposée au pénal par le syndicat début février 2025 en raison de l’exposition avancée par le syndicat au benzène, réputé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) et ce en dépit du démantèlement des anciennes installations de raffinage en 2019. « L’inspection du travail a relevé de nombreux manquements de Total dans la protection individuelle et collective des travailleurs » ainsi que « dans la mise en œuvre des règles de prévention en matière d’exposition aux CMR », argue le syndicat dans son communiqué de lundi. La maladie, elle, sévit souvent plus tard. « L’exposition à l’amiante génère une maladie souvent 20 ou 30 ans après, et il est parfois déjà trop tard » indique Me Jean-Eudes Mesland-Althoffer, du cabinet TTLA. Alors qu’« avec 15,2 milliards d’euros de bénéfice net en 2024, Total a largement les moyens de protéger les salariés. [On] protégera l’environnement en même temps », affirmait Fabien Cros, secrétaire du syndicat CGT de la Mède à ce propos en février 2025.

    Contactée, la direction de TotalEnergies n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais. Les requêtes passeront en Bureau de conciliation et d’orientation prud’homal dans entre six mois et un an, selon les avocats.

    Le préjudice : « l’angoisse de développer une maladie grave »

    Me Jean-Eudes Mesland-Althoffer, avocat du cabinet TTLA associés, explique le principe juridique du préjudice d’anxiété. « Lorsqu’on a été exposé à des substances nocives, associées à un risque élevé de développer une pathologie, on a le droit de solliciter une indemnisation par peur de la développer. » Il s’agit d’une « jurisprudence, issue d’un arrêt de la Cour de cassation de 2010 », reconnaissant le préjudice des travailleurs de l’amiante au départ, puis étendue substances nocives autres que l’amiante par un arrêt du 11 septembre 2019. Selon l’avocat, la notion est restrictive : « Si l’on connaît la substance, il faut démontrer une exposition importante en intensité et en durée. » De même pour « caractériser l’anxiété des requérants », les travailleurs.

    Et aussi

    L’amiante dans le bâti scolaire visé

    Le collectif « Stop amiante éducation », qui réunit une dizaine d’organisations, syndicats, associations de parents d’élèves et de victimes de l’amiante, a déposé une plainte contre X pour mise en danger d’autrui en novembre dernier. Et pointe notamment le « scandale sanitaire » de la présence « de l’amiante dans le bâti scolaire », écoles comme collèges et lycées dans le département.

    Alerte dans l’éducation

    Ce jeudi 12 février, les organisations syndicales FO de l’enseignement du Vaucluse font une conférence de presse, également sur la présence d’amiante dans les établissements scolaires. Et expliquent que, comme dans les Bouches-du-Rhône, « des milliers d’élèves de Vaucluse continuent d’être exposés quotidiennement ! ».

    25 ans de combat ouvrier

    Le Comité amiante « prévenir et réparer » (Caper 04) et sa cheville ouvrière, René Villard (PCF), devenu maire de la ville Château-Arnoux-Saint-Auban, s’est mobilisé pour l’indemnisation des travailleurs face à l’exposition à l’amiante. Et a notamment obtenu celle de 650 salariés d’Arkema.

    L’État jugé coupable

    Comme pour les chantiers navals de La Ciotat, l’État a été jugé coupable de ne pas avoir contrôlé ceux de la Seyne-sur-Mer dans le Var. Dans un arrêt d’avril 2019, la Cour de Cassation a permis l’indemnisation du préjudice d’anxiété pour les travailleurs, sous certaines conditions. Et notamment suite à une procédure d’un ancien contremaître de la Normed (Société des chantiers du Nord de la Méditerranée) qui y a travaillé de 1964 à 1987.

  • Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    C’est une première, j’ai 20 ans de Crédit Agricole et cela ne s’est jamais fait. » Alexandre Ferretti, secrétaire général de Sud Crédit Agricole Alpes-Provence, relaie, avec le Sneca/CGC, le mouvement de grève national prévu ce jeudi 22 janvier sur les caisses de la région. Date à laquelle se tient un comité social et économique. Débrayage ou journée de mobilisation selon les agences, ce mécontentement fait suite « à l’échec des négociations salariales, dans un contexte pourtant marqué par des résultats économiques solides », indique une intersyndicale dans un communiqué CGT-Sneca-Sniam-Sud-Unsa. De « 16 à 17 euros bruts par mois » à mettre en regard de résultats nets au troisième trimestre de plus de 3 milliards d’euros, détaille Alexandre Ferretti. Pour lui, « on ne peut pas demander de l’excellence relationnelle, de l’engagement aux salariés et ne pas les augmenter dans une région où le coût de la vie est plus important qu’ailleurs ».

    Les syndicats dénoncent également une dégradation de leurs conditions de travail. « On se rend compte avec une intelligence artificielle de plus en plus présente, la concurrence des banques en ligne, la demande croissante de nos clients, on doit être encore plus réactifs qu’avant », explique Alexandre Ferretti.

    « Le sang vert »

    Si l’engagement et « l’appartenance à l’image » restent « très forts », « on a des éléments qui nous sont présentés dans les CSE, sur l’absentéisme notamment. Nous sommes inquiets de la santé de nos collègues », témoigne le représentant syndical. Par-dessus tout ça, les réformes organisationnelles menées par le Crédit Agricole ajoutent à l’angoisse. Le projet « Efficacité » prévoit de réduire « les coefficients d’exploitation ». « On commence à perdre certains services au niveau de certaines caisses », précise Alexandre Ferretti. Si chaque caisse régionale est indépendante avec des services dits « support », dédiés par exemple à l’assurance emprunteur, ces derniers sont regroupés. « L’objectif, c’est de faire des économies d’échelle dans le temps », poursuit le syndicaliste, inquiet pour les « emplois de demain ». Si aucune suppression d’emplois n’est prévue au sein du Crédit Agricole Alpes-Provence qui rassemble quelque 2 200 salariés, les non-remplacements commencent déjà dans d’autres caisses, assure-t-il.

    « Ce qui fait notre force c’est la proximité et pour que ça tienne, il faut que les gens soient heureux », martèle Alexandre Ferretti, « les salariés ont le sang vert mais il faut voir comment on va vers ce nouveau projet d’entreprise ». Raisons pour lesquelles des « points conviviaux » sont organisés dès 8h30 ce jeudi 22 janvier sur les sièges de Gap et Aix-en-Provence pour échanger avec les salariés.

    Contactée, la direction régionale n’a pas donné suite. Une prochaine réunion de négociation au niveau local est prévue début février.