Tag: CSE

  • Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    Les salariés de Jott bientôt fixés sur leur sort

    « Jott contribue depuis des années à structurer la filière mode locale, nous appelons à une décision qui garantisse la pérennité de l’entreprise, la sauvegarde des emplois et le maintien du siège à Marseille. » Dans un communiqué commun, Jocelyn Meire, président de Mode in Sud et Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIMP) montent au créneau pour défendre la marque aux doudounes colorées. L’avenir de la société fondée voilà 16 ans par deux Marseillais et cousins, Mathieu et Nicolas Gourdikian, placée en redressement judiciaire le 18 décembre, devrait être scellé ce lundi 13 avril.

    Pour Jocelyn Meire, c’est le projet de reprise « Mars », proposé par des membres de l’équipe dirigeante actuelle, qu’il faut soutenir. « Ce n’est pas le mieux-disant en termes de maintien des salariés » convient-il quand seulement 34% des 200 employés seraient gardés. Mais l’idée que Jott puisse être repris par un fonds d’investissement qui détient Chevignon et surtout Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein », dans le cadre de l’offre portée par le groupe Amoniss, le défrise. Proposition qui aurait eu un écho favorable lors de l’audience au tribunal de commerce fin mars. Un « mauvais signal » martèle-t-il, craignant le démantèlement.

    « L’humain oublié »

    Il va dans le sens des salariés qui ont écrit au juge-commissaire, alerté la CCIMP, la Ville de Marseille, la Région et le Département, explique une salariée du siège. « On sait bien qu’on ne peut pas reprendre tout le monde » estime-t-elle mais « on craint de voir la marque associée à la fast fashion ». Une vaste consultation a été engagée par les représentants des salariés au CSE, précise Damien Laine, l’un d’entre eux, « les équipes soutiennent à plus de 70% Mars ». Après avoir été racheté en 2021 par L. Catterton, chez Jott, « l’humain a été oublié » déplore-t-il, les actionnaires ne voyant « que le financier ». « On souhaite que cela redevienne une marque familiale », insiste-t-il.

    C’est parce qu’ils ne « voulaient pas que ça s’arrête », que Mathilde Picard, directrice commerciale Retail de l’entreprise et deux autres membres de la direction se sont lancés dans la bataille. « On a contacté Nicolas Gourdikian, on lui a présenté notre projet, il a dit : “go” », explique-t-elle. Passer de 25 à 15% de frais de personnel lui paraît plus tenable. « Ce n’est pas par gaieté de cœur, mais financièrement ça ne passe pas », précise-t-elle. Si Jott en est arrivé là, c’est que Catterton a remis en cause un modèle « où 65% du chiffre d’affaires se fait en 4 mois, de septembre à décembre », analyse-t-elle. Multiplier les points de vente, monter les prix alors que la marque se voulait de qualité mais accessible, sont pour elle autant d’erreurs. Or, la doudoune a de l’avenir car « l’outwear », le vêtement d’extérieur, a le vent en poupe en France : « C’est +2% et les projections de marché, c’est +5 à +6% à 3 ans », assure-t-elle.

  • Benzène, amiante… Le combat continue

    Benzène, amiante… Le combat continue

    « On a vu beaucoup de copains mourir de maladie, et on en voit encore aujourd’hui. » Devant l’entrée du conseil de prud’hommes de Martigues, Julien Granato, secrétaire général adjoint du syndicat CGT de la plateforme TotalEnergies de La Mède, illustre par ces mots le combat mené par les travailleurs de ce site pétrochimique pour faire reconnaître l’angoisse suscitée par la perte de ses collègues de travail. Mercredi matin, 180 salariés et sous-traitants ont déposé leur requête individuelle avec le cabinet d’avocats TTLA et associés, représentant syndicats et travailleurs anciens comme actuels.

    Car sur cette plateforme industrielle ayant abrité une raffinerie de pétrole pendant 80 ans, l’exposition à des substances toxiques comme l’amiante et le benzène est quotidienne, selon le syndicaliste. « Quand je rentre chez moi je sens encore le pétrole », détaille Julien Granato, qui souhaite « obtenir la même reconnaissance que les mineurs et les travailleurs de l’amiante », par cette procédure collective aux Prud’hommes pour faire reconnaître un préjudice d’anxiété (lire ci-dessous). À défaut de pouvoir solutionner en interne : « la situation est dénoncée à chaque fois en CSE et il n’y a pas un jour sans incident », tance le responsable.

    « Pour tous les travailleurs »

    Les interrogations ne sont pas qu’internes. « L’actualité récente fait encore parler de nous avec de fortes odeurs sur le site », reprend Julien Granato, pour qui cette procédure « est importante pour tous les travailleurs, car elle bénéficiera aussi aux intérimaires et sous traitants qui sont les premiers exposés et qui ne le font souvent pas reconnaître ». L’Union locale CGT ainsi que la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT) sont associées à la procédure comme équivalent de parties civiles.

    La procédure prud’homale découle de la plainte déposée au pénal par le syndicat début février 2025 en raison de l’exposition avancée par le syndicat au benzène, réputé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) et ce en dépit du démantèlement des anciennes installations de raffinage en 2019. « L’inspection du travail a relevé de nombreux manquements de Total dans la protection individuelle et collective des travailleurs » ainsi que « dans la mise en œuvre des règles de prévention en matière d’exposition aux CMR », argue le syndicat dans son communiqué de lundi. La maladie, elle, sévit souvent plus tard. « L’exposition à l’amiante génère une maladie souvent 20 ou 30 ans après, et il est parfois déjà trop tard » indique Me Jean-Eudes Mesland-Althoffer, du cabinet TTLA. Alors qu’« avec 15,2 milliards d’euros de bénéfice net en 2024, Total a largement les moyens de protéger les salariés. [On] protégera l’environnement en même temps », affirmait Fabien Cros, secrétaire du syndicat CGT de la Mède à ce propos en février 2025.

    Contactée, la direction de TotalEnergies n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais. Les requêtes passeront en Bureau de conciliation et d’orientation prud’homal dans entre six mois et un an, selon les avocats.

    Le préjudice : « l’angoisse de développer une maladie grave »

    Me Jean-Eudes Mesland-Althoffer, avocat du cabinet TTLA associés, explique le principe juridique du préjudice d’anxiété. « Lorsqu’on a été exposé à des substances nocives, associées à un risque élevé de développer une pathologie, on a le droit de solliciter une indemnisation par peur de la développer. » Il s’agit d’une « jurisprudence, issue d’un arrêt de la Cour de cassation de 2010 », reconnaissant le préjudice des travailleurs de l’amiante au départ, puis étendue substances nocives autres que l’amiante par un arrêt du 11 septembre 2019. Selon l’avocat, la notion est restrictive : « Si l’on connaît la substance, il faut démontrer une exposition importante en intensité et en durée. » De même pour « caractériser l’anxiété des requérants », les travailleurs.

    Et aussi

    L’amiante dans le bâti scolaire visé

    Le collectif « Stop amiante éducation », qui réunit une dizaine d’organisations, syndicats, associations de parents d’élèves et de victimes de l’amiante, a déposé une plainte contre X pour mise en danger d’autrui en novembre dernier. Et pointe notamment le « scandale sanitaire » de la présence « de l’amiante dans le bâti scolaire », écoles comme collèges et lycées dans le département.

    Alerte dans l’éducation

    Ce jeudi 12 février, les organisations syndicales FO de l’enseignement du Vaucluse font une conférence de presse, également sur la présence d’amiante dans les établissements scolaires. Et expliquent que, comme dans les Bouches-du-Rhône, « des milliers d’élèves de Vaucluse continuent d’être exposés quotidiennement ! ».

    25 ans de combat ouvrier

    Le Comité amiante « prévenir et réparer » (Caper 04) et sa cheville ouvrière, René Villard (PCF), devenu maire de la ville Château-Arnoux-Saint-Auban, s’est mobilisé pour l’indemnisation des travailleurs face à l’exposition à l’amiante. Et a notamment obtenu celle de 650 salariés d’Arkema.

    L’État jugé coupable

    Comme pour les chantiers navals de La Ciotat, l’État a été jugé coupable de ne pas avoir contrôlé ceux de la Seyne-sur-Mer dans le Var. Dans un arrêt d’avril 2019, la Cour de Cassation a permis l’indemnisation du préjudice d’anxiété pour les travailleurs, sous certaines conditions. Et notamment suite à une procédure d’un ancien contremaître de la Normed (Société des chantiers du Nord de la Méditerranée) qui y a travaillé de 1964 à 1987.

  • Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    C’est une première, j’ai 20 ans de Crédit Agricole et cela ne s’est jamais fait. » Alexandre Ferretti, secrétaire général de Sud Crédit Agricole Alpes-Provence, relaie, avec le Sneca/CGC, le mouvement de grève national prévu ce jeudi 22 janvier sur les caisses de la région. Date à laquelle se tient un comité social et économique. Débrayage ou journée de mobilisation selon les agences, ce mécontentement fait suite « à l’échec des négociations salariales, dans un contexte pourtant marqué par des résultats économiques solides », indique une intersyndicale dans un communiqué CGT-Sneca-Sniam-Sud-Unsa. De « 16 à 17 euros bruts par mois » à mettre en regard de résultats nets au troisième trimestre de plus de 3 milliards d’euros, détaille Alexandre Ferretti. Pour lui, « on ne peut pas demander de l’excellence relationnelle, de l’engagement aux salariés et ne pas les augmenter dans une région où le coût de la vie est plus important qu’ailleurs ».

    Les syndicats dénoncent également une dégradation de leurs conditions de travail. « On se rend compte avec une intelligence artificielle de plus en plus présente, la concurrence des banques en ligne, la demande croissante de nos clients, on doit être encore plus réactifs qu’avant », explique Alexandre Ferretti.

    « Le sang vert »

    Si l’engagement et « l’appartenance à l’image » restent « très forts », « on a des éléments qui nous sont présentés dans les CSE, sur l’absentéisme notamment. Nous sommes inquiets de la santé de nos collègues », témoigne le représentant syndical. Par-dessus tout ça, les réformes organisationnelles menées par le Crédit Agricole ajoutent à l’angoisse. Le projet « Efficacité » prévoit de réduire « les coefficients d’exploitation ». « On commence à perdre certains services au niveau de certaines caisses », précise Alexandre Ferretti. Si chaque caisse régionale est indépendante avec des services dits « support », dédiés par exemple à l’assurance emprunteur, ces derniers sont regroupés. « L’objectif, c’est de faire des économies d’échelle dans le temps », poursuit le syndicaliste, inquiet pour les « emplois de demain ». Si aucune suppression d’emplois n’est prévue au sein du Crédit Agricole Alpes-Provence qui rassemble quelque 2 200 salariés, les non-remplacements commencent déjà dans d’autres caisses, assure-t-il.

    « Ce qui fait notre force c’est la proximité et pour que ça tienne, il faut que les gens soient heureux », martèle Alexandre Ferretti, « les salariés ont le sang vert mais il faut voir comment on va vers ce nouveau projet d’entreprise ». Raisons pour lesquelles des « points conviviaux » sont organisés dès 8h30 ce jeudi 22 janvier sur les sièges de Gap et Aix-en-Provence pour échanger avec les salariés.

    Contactée, la direction régionale n’a pas donné suite. Une prochaine réunion de négociation au niveau local est prévue début février.

  • Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Une annonce inquiétante pour les usagers des centres de soins Oxance – Mutuelles de France. Le groupement mutualiste et ses 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, risquent bien de faire face à un placement en procédure de sauvegarde auprès d’un tribunal de commerce.

    C’est l’annonce qui a été faite lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, ce mardi 6 janvier, selon la CGT. Celle-ci s’alarme, dans un communiqué de presse publié ce jeudi, des « conséquences sur l’emploi, l’organisation du travail et les conditions de travail des salariés ». Mais aussi « d’une menace grave pour l’accès aux soins » dans un « contexte de pénurie de soignants et d’aggravation des déserts médicaux ». « On ne sait pas si l’on se dirige vers une liquidation judiciaire, un redressement, un plan de sauvegarde de l’emploi ou des cessions de centres », s’inquiète Pauline Jean, déléguée syndicale CGT et élue CSE.

    La demande de placement en sauvegarde se ferait d’ici quelques jours, « soit en fin de semaine, soit début de semaine prochaine ». Contactée, la direction d’Oxance n’infirme pas les annonces de la CGT. « Je ne conteste pas et je ne nie pas les éléments de la CGT, mais nous communiquerons en temps voulu et nous ne commentons pas outre mesure », explique Jacques Seguin, président du groupe. Avant de bien confirmer qu’une « démarche judiciaire de sauvegarde est imminente », sans vouloir en dire davantage. Et de promettre plus d’explications à venir. Quoi qu’il en soit, l’annonce aurait été confirmée en conseil d’administration, ce jeudi. « À l’unanimité, on s’est abstenu de donner un avis en l’absence d’éléments concrets. Mais on a acté le recours à un cabinet d’expertise », commente Pauline Jean. Pour rappel, Oxance est issu de l’union de la Fédération des mutuelles de France et Mutuelles de France réseau santé (MFRS). Lequel avait notamment repris les structures du Grand conseil de la mutualité en 2018, à la suite d’une cessation de paiements. « Il y a 15 ans, on était la deuxième offre de soins dans le département des Bouches-du-Rhône », rappelle Pauline Jean.

    Aujourd’hui, entre les centres dentaires, de soins ou optiques, on compte plus d’une quarantaine de centres Oxance dans la région, dont une vingtaine dans les Bouches-du-Rhône. D’où les inquiétudes de la CGT quant à l’avenir des structures et des salariés : « Au Grand conseil, il y avait eu la vente de centres optiques, de cliniques pour renflouer la trésorerie. »

    D’autant que le centre de La Ciotat avait fermé ses portes peu ou prou dans la foulée de la reprise du Grand conseil de la mutualité. Plus récemment, les fermetures de ceux de Miramas et de Berre-l’Étang avaient fait grand bruit, avec des mairies qui avaient largement dénoncé ces décisions. Notamment via un courrier commun, également appuyé par Gaby Charroux, maire PCF de Martigues, demandant des comptes sur les « motivations principales de ces décisions ».

    « On savait qu’il y avait des difficultés financières, mais on n’en connaissait pas l’ampleur », commente Pauline Jean. Son organisation syndicale évoque des dettes de l’ordre de 30 millions d’euros. Un montant que la direction aurait communiqué lors d’instances représentatives du personnel.

    « On ne connaissait pas l’ampleur des difficultés financières »

  • Des hausse de salaires en négociation à Arkema

    Des hausse de salaires en négociation à Arkema

    « On les a fait revenir à la table des négociations et c’est une première victoire ! » Ce lundi, la CGT d’Arkema fait part de bonnes nouvelles dans le bras de fer qui l’oppose à la direction générale du chimiste français. En grève depuis le 11 décembre dernier suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » par l’organisation syndicale, le mouvement social est peut-être à un tournant. « La grève s’est poursuivie ce week-end et continue jusqu’à ce mardi où nous allons tenir une assemblée générale sur le site puis entre les usines qui sont dans le mouvement », expose Sébastien Jonas, secrétaire de la CGT Arkema Marseille. Avant de se féliciter : « Il y a eu une forme de réouverture des négociations avec la direction générale dimanche soir. La prime de résultats pourrait passer à 400 euros, en lieu et place de 0. Et le talon, c’est-à-dire l’augmentation plancher, passerait à 50 euros contre 35 initialement. » Si le conditionnel est de mise pour l’heure, reste que le syndicaliste confirme bien que « des discussions » sont en cours.

    Concrètement, cette proposition n’est pas complètement à la hauteur des demandes de la CGT, qui revendique une hausse de salaire de 160 euros pour tous. Et la direction générale table toujours sur une augmentation de seulement 1,2%. Mais la nouvelle proposition mettrait plus que du beurre dans les épinards des travailleurs. « La hausse de l’augmentation minimale avantage les salaires médians, ça toucherait les ouvriers et employés plutôt que les hauts salaires », développe Sébastien Jonas.

    La menace du chômage technique plane toujours

    D’autant que les travailleurs, grévistes ou non, étaient sous la menace d’une mise en chômage technique puisque la production sur plusieurs sites, dont celui de Marseille, est à l’arrêt depuis plus de 10 jours. « Il y a une application du chômage technique disparate et prudente. L’usine de Saint-Auban est concernée par exemple. À Marseille, il y a eu des lettres envoyées vendredi mais il y a une certaine frilosité à le mettre en œuvre », détaille Sébastien Jonas. Le syndicaliste renvoie au Comité social et économique (CSE) extraordinaire qui s’est tenu jeudi dernier (lire notre article du 19/12). Une instance durant laquelle la CGT avait prévenu qu’elle « attaquerait en justice la mesure ».

    Pour l’heure, ni la suspension ni la reconduction du mouvement n’est actée. « On adopte une position relativement neutre avant l’assemblée générale. On va faire part des propositions de façon transparente et la base décidera », conclut Sébastien Jonas.

  • Le bras de fer se poursuit entre salariés et direction d’Arkema

    Le bras de fer se poursuit entre salariés et direction d’Arkema

    « Le dialogue social avec notre direction générale est extrêmement tendu ! ». Ce vendredi, les salariés d’Arkema Marseille ne voient pas de bonnes nouvelles pointer le bout de leur nez à l’horizon.

    Ils poursuivent leur mouvement de grève, reconduit jusqu’au mardi 23 décembre après avoir été entamé le 11 décembre. « On a reçu la visite d’huissiers sur le site, ce vendredi, et l’on sait que des camarades d’autres sites ont eu le même traitement », explique Rémi Thuaire, délégué syndical de l’usine. La veille, un comité social et économique (CSE) extraordinaire s’était tenu sur le site phocéen, avec au menu la potentialité d’une mise au chômage technique pour une partie des salariés (lire notre article du 19/12). Dans le même temps, des instances similaires se déroulaient sur d’autres sites du chimiste français. Selon la CGT, plus d’une dizaine d’entre eux sont concernés, à des niveaux différents, par le mouvement social. Pour certains, des débrayages de quelques heures ont lieu quand la production est totalement à l’arrêt pour d’autres. C’est le cas du site marseillais, classé Seveso seuil haut, du fait de sa production particulièrement sensible. D’où la menace de chômage technique. « La direction générale souhaite sa mise en place et le justifierait car il n’y a pas de production », expliquait jeudi, Philippe Gomez, directeur général du site marseillais. « Les chefs de service ont distribué des lettres de mise en chômage technique à certains salariés dans la journée, par exemple à des travailleurs du laboratoire », confirme Rémi Thuaire, vendredi en début de soirée. Il note que le dispositif est mis en place « lundi et mardi prochain », c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’actuel appel à la grève.

    Une production sensible

    à l’arrêt

    Rappelons que l’usine produit de l’acide amino-undécanoïque, une matière première pour la fabrication d’un plastique technique, le polyamide 11 Rilsan®, issu de l’huile de ricin. Si des discussions ont lieu entre la CGT, à l’origine de la grève, et la direction générale, reste que cette dernière dénonçait, à l’AFP, un mouvement qui met « en péril des activités concurrencées en France pour lesquelles ces clients […] trouveront aisément d’autres solutions d’approvisionnement ». En clair, pas d’avancées concrètes, sur une hausse de salaire supérieure à ce que la direction proposait pour les négociations annuelles obligatoires (NAO). Celle-ci tablait sur une augmentation de 1,2% quand la CGT réclame une hausse de 160 euros de salaire pour tous.

  • Les salariés d’Arkema reconduisent la grève

    Les salariés d’Arkema reconduisent la grève

    Sur le site marseillais du chimiste Arkema, la CGT et les salariés haussent le ton. Réunis en assemblée générale ce jeudi, l’immense majorité des plusieurs dizaines de travailleurs du 11e arrondissement présents, ont voté en faveur de la reconduction du mouvement de grève jusqu’au mardi 23 décembre.

    « Si on en est là, c’est du fait de la direction générale. Notre porte n’a jamais été fermée : ce qu’on demande depuis le début, c’est justement qu’on se mette autour d’une table et qu’on discute », tempête Rémi Thuaire, délégué syndical du site, devant des salariés remontés. Pour rappel, la CGT se mobilise suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » (lire notre article du 16/12). « On est sur 1,2% de hausse de salaire, un talon [augmentation plancher, Ndlr] à 35 euros, le plus bas depuis 2002, pas d’enveloppe pour les entretiens individuels, pas d’intéressement au niveau groupe », dénonce le syndicaliste.

    Un CSE extraordinaire « tendu »

    Mais une nouvelle vient percuter de plein fouet la mobilisation : un comité social et économique (CSE) extraordinaire se tient dans l’après-midi. La CGT craint alors que la direction annonce une mise au chômage technique d’une partie des salariés. « La seule réponse que nous fait la direction, c’est cette menace du chômage technique », s’indigne Rémi Thuaire. Stéphane Fornerone, élu CGT du site, va plus loin : « Au bout de quelques jours de grève, ils proposent de tous nous mettre au chômage pendant les fêtes ! Il y en a ras le bol d’avoir ces menaces : à chaque site qui s’arrête, ils nous parlent d’arrêt technique. À un moment donné, il faut dire stop. » En clair, cette menace ne passe pas chez les petites mains du chimiste. D’autant que les syndicalistes de plusieurs autres sites d’Arkema en France, qui s’expriment en direct sur le piquet de grève marseillais via une visioconférence, expliquent qu’ils suivent également le mouvement. Et certains sont aussi concernés par cette potentielle mise à l’arrêt technique, avec des CSE extraordinaires dans le même timing. « Cette menace de chômage technique, c’est pour casser le mouvement, c’est une entrave au droit de grève. Normalement, c’est mis en place après une longue période d’inactivité, dans des situations très contraignantes. Ce n’est pas le cas sur notre usine ! », dénonce Sébastien Jonas, secrétaire du syndicat CGT du site.

    Preuve des tensions entre direction et salariés, le CSE extraordinaire a duré de longues heures et la CGT évoque des échanges « tendus ». « L’information-consultation sur la mise en chômage technique est restée au stade de l’information : le CSE n’a pas pu se conclure et nous n’avons pas pu donner notre avis », explique Rémi Thuaire, à la sortie de la réunion. Concrètement : « Il y a eu un arrêt du CSE sans annonce claire sur sa mise en place » mais la CGT s’attend à ce que la nouvelle tombe sous peu. « On n’a pas donné de réponse franche au CSE », reconnaît Philippe Gomez, directeur du site marseillais. Avant de préciser : « On a refait un point avec la direction générale et elle souhaite toujours sa mise en place. » La justification serait « l’absence de production » sur certains sites, du fait de la grève.

    « Le chômage technique est une entrave au mouvement »

  • Les salariés d’Arkema reconduisent la grève jusqu’à mardi à Marseille

    Les salariés d’Arkema reconduisent la grève jusqu’à mardi à Marseille

    Un Comité social et économique (CSE) extraordinaire doit se tenir ce jeudi après-midi avec la question d’une potentielle mise en chômage technique d’une partie des salariés du site.

    À Arkema, en grève pour une vraie hausse de salaire

    Plusieurs autres sites de l’entreprise de chimie sont également dans le mouvement partout en France, suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) dont les résultats sont jugés « méprisants » par la CGT.

  • Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Rebelote. Une cinquantaine de personnels de l’Hôpital de Martigues ont manifesté en préambule de la séance du Comité social et économique (CSE) de ce lundi matin à l’appel du syndicat CGT. En cause : la suppression de 5 + 3 jours de congés occasionnels ainsi que de la pause méridienne pour les agents du Centre hospitalier de Martigues. Ces dispositions, fruit d’un accord datant d’une quinzaine d’années, sont des « irrégularités » selon le rapport de la Chambre régionale des Comptes portant sur la période 2019-2023 ( nos éditions du 4/11 et 9/12 ).

    À la sortie de la séance, la secrétaire générale CGT du syndicat de l’hôpital Laure Privat regrette que « le directeur reste sur ses décisions » et qu’« aucune négociation ne soit possible depuis le début au prétexte du rapport de la Cour des comptes ». « Ça va vraiment être compliqué pour la pause méridienne car il est plus facile de l’enlever aux agents administratifs qu’à ceux au pied du lit du patient », détaille la responsable, « on en déduit que certaines catégories professionnelles ne pourraient plus s’absenter du service » dans certains cas.

    Sollicitée sur place, la direction du CH de Martigues a refusé de nous répondre au sujet du dialogue social.

    Un manque criant de personnel

    En marge du CSE, la lectrice de la déclaration de la CGT Valérie Rossero, aide-soignante en cardiologie, insiste sur le fait que, « la suppression de la pose méridienne veut nécessairement dire réduction du personnel », sans compter « l’épuisement à force de faire des jours à rallonge ». « À 58 ans si je passe à 12 heures par jour je ne sais pas comment je gérerais la charge de travail sur mes épaules », se demande la syndicaliste.

    Plus encore, « on nous demande d’être polyvalents car on manque de personnel et on fonctionne en mode dégradé », relève Valérie Rossero. C’est-à-dire « aller combler le manque dans les autres services ou travailler sur plusieurs postes à la fois, et il y a un vrai risque de faire des erreurs », conclut-elle.

    Par un surprenant hasard, l’une des élues CGT au CSE a du précipitamment sortir de la séance pour cette raison. « Il manque du personnel au 7e ! », lâche Fabienne Guibaud en courant. Son collègue infirmier du bloc opératoire, confirme : « La direction n’arrive pas à recruter et il manque la moitié de l’équipe spécialisée au bloc » indique-t-il.

    Alors, les offres d’intérim sont pléthoriques. Sur son téléphone, il montre celles proposées pour la semaine. « Il y a 5 missions de remplacement sur 12h ou pour la nuit » précise l’infirmier, sachant que « c’est entre 10 et 12 en période normale ». « C’est pas en retirant les acquis sociaux qu’on recrutera alors que les gens se barrent » déplore-t-il.

  • À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    La réunion devait avoir lieu dans le bureau de Loïc Mondoloni. Le directeur du centre hospitalier de Martigues l’a finalement déplacée dans la salle de la Pinède, où se tient habituellement le conseil de surveillance. À raison : plus d’une centaine de personnes s’y sont rassemblées à 10h, ce mardi, parmi lesquelles les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’établissement, les soignants, la CGT de l’hôpital d’Aubagne, l’Union locale CGT martégale et de celle des quartiers sud de Marseille, afin de connaître les intentions de la direction sur la révision d’accords locaux.

    Laure Privat, représentante CGT, explique : « Après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes, la réponse du directeur consiste à faire des économies sur les accords locaux signés en 1999. » Trois jours de repos médailles et cinq jours de repos retraite sont concernés. « Ça correspond à 0,87 emploi temps plein par an, donc c’est ridicule en termes d’économies », dénoncent Laurence Virazel et Nathalie Martin, de la CFDT. Loïc Mondoloni justifie : « Une injonction de rappel à la loi a été prononcée. Si ce n’est pas respecté, le directeur de l’établissement est responsable civilement et financièrement. »

    Une action lors du CSE

    Mais ce qui mobilise le plus reste la fin de la prise en compte du temps de pause méridienne dans le temps de travail. La CGT et la CFDT craignent un « plan social déguisé », puisque dans son rapport, la Chambre régionale des comptes indique : « Cette pratique conduit l’établissement à rémunérer indûment chaque année près de 73 800 heures, soit près de 46 équivalents temps plein. » Pour Damien Maurin, représentant CFDT, l’inquiétude porte surtout sur « certaines catégories administratives et techniques ».

    Le directeur de l’hôpital affirme : « L’examen des organisations et cycles de travail s’effectuera avec les partenaires sociaux. Ils seront consultés pour chacune d’entre elles au cours de l’année 2026. (…) Le retour à la légalité n’est pas un plan social. (…) L’hôpital connaîtra l’année prochaine de nombreux développements significatifs, avec de l’emploi à la clé. »

    Le rassemblement de ce mardi n’était qu’une première étape. L’organisation entend maintenir la pression avec un nouveau rassemblement lundi 15 décembre à 9h, lors du Comité social et économique (CSE).