Tag: crise

  • Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Les vins de Cassis, ce sont dix domaines familiaux et 220 hectares pour une production annuelle environnant un million de bouteilles. Après avoir célébré le vin à l’occasion des 90 ans de l’appellation, Lisa Genovesi ouvre, ce mardi 19 mai, les portes du domaine familial. Lors de l’échange, le savoir-faire local est mis en avant. « Les vins de Cassis, c’est une communauté d’une nouvelle génération de vignerons soudés », explique Lisa Genovesi.

    La viticultrice définit son vin comme « un produit de terroir gourmand ». Aux côtés des autres domaines, les dix domaines œuvrent à promouvoir un savoir-faire caractéristique de la région. « Terre, mer et vin ont toujours été liés sur ce territoire », raconte-t-elle. Selon Lisa Genovesi et ses collègues, le vin est aussi un « levier de promotion d’une culture provençale ». Les vignerons promeuvent « les danses folkloriques et l’usage de la langue provençale » dans la région.

    Malgré la crise du secteur à l’échelle nationale, Lisa Genovesi affirme : « On s’en sort, on va ni mal, ni bien. Puis chacun sa stratégie, soit on fait avec, soit on s’adapte. » La principale problématique de la région proviendrait des variations climatiques intenses, de la baisse de consommation et de la maladie de la flavescence dorée. Les échanges sont restés assez vagues sur les problématiques propres au territoire, bien qu’Hervé Garnier mentionne certains arrachages qu’il considère comme « un véritable échec ».

    « 136 000 euros alloués

    au secteur »

    Dans un contexte en crise où la consommation a baissé de 3% selon l’élu, il n’est pas question de changer les habitudes. « Afin de conserver l’appellation, on respecte un cahier des charges très strict. On veut garder l’essence de notre produit et on n’a jamais cédé sur l’identité de notre appellation », insiste la viticultrice.

    Une prise de position permise grâce au soutien incontestable du Département. Hervé Granier, déléguée à la viticulture, réaffirme ce lien : « On veut soutenir les viticulteurs. Au total, ce sont 136 000 euros alloués au secteur. »

  • Avec le chausseur Minelli, l’hécatombe continue

    Avec le chausseur Minelli, l’hécatombe continue

    S’habiller en 100% local devient de plus en plus complexe. Mercredi 13 mai, Minelli publie un communiqué officiel. « C’est avec le cœur lourd que nous vous annonçons que Minelli ferme ses portes définitivement », placée en redressement judiciaire pour la deuxième fois en trois ans, après 50 ans, la marque marseillaise fondée en 1973 tire le rideau. Déjà absente des rues marseillaises depuis quelques années, elle tenait pourtant une place importante au sein des foyers. Pour Carmen, ce sont surtout des souvenirs avec sa mère : « De mes 5 ans à mes 10 ans, j’achetais mes sandales à Minelli. C’était notre référence parce que c’était la seule qui faisait des sandales sobres et élégantes adaptées à mes pieds fins, puis c’était un budget adapté aux revenus de ma mère. » Avec la fermeture de l’enseigne, ce sont 21 magasins et 86 employés qui en pâtissent. « C’est bien triste », déplore Sandrine, fonctionnaire vivant en zone rurale. Pour elle, comme pour de nombreux consommateurs à travers la France, les marques comme Minelli étaient une valeur sûre : « Je me déplaçais en ville, rien que pour ça, c’est chez eux que je trouvais mes chaussures. Honnêtement, avec les boutiques qui ferment les unes après les autres, je me retrouve obligée d’aller sur internet. »

    Dans le paysage régional, les magasins qui mettent la clé sous la porte sont malheureusement une réalité. Kaporal, marque de jeans, avait été liquidée en 2025 entraînant la suppression de 280 emplois. La même année, la célèbre marque de doudounes Jott, qui possédait 7 magasins dans le Var, les Alpes-Maritimes et Monaco, avait licencié 183 salariés. Une crise bien antérieure, entamée par San Marina, qui a fermé ses 163 magasins en février 2023. Demeure l’entreprise, Fil Rouge, actuellement en redressement, laissant ses 70 salariés dans l’expectative.

    Un climat de crise pour

    le prêt-à-porter français

    Ces marques locales sont l’exemple d’un climat défavorable pour le prêt-à-porter français. Camaïeu, Jennyfer, Kookaï ou encore Naf Naf, toutes ces marques qui ont disparu des centres-villes par effet domino. Selon Yann Rivoallan, président de la Fédération, les entreprises de fast-fashion en ligne sont un accélérateur du déclin de ces boutiques de prêt-à-porter. Pourtant selon l’Union française des industries Mode & Habillement, le secteur représente 2 500 entreprises qui emploient 350 000 salariés en France et à l’étranger. Selon les dernières données récoltées par France Info, les prévisions sont pessimistes : « 50 000 à 80 000 emplois détruits d’ici 2030. »

    Selon l’étude de 2025 de Vie Publique : « Près de trois Français sur dix (29%) ont acheté au moins une fois, au cours des douze derniers mois, un article sur une plateforme d’ultra-fast commerce comme Shein ou Temu. » Pourtant, Yann Rivoallan pointe du doigt ces structures. Dans des communiqués publiés sur ses réseaux sociaux, il alerte sur la situation : « Ce qui est en train de se passer est d’une gravité inouïe et je veux que chacun en mesure toutes les conséquences. » Petit à petit, les marques de prêt-à-porter françaises disparaissent, laissant derrière des employés mais aussi des consommateurs qui peinent à trouver des alternatives.

  • L’eau potable sous haute surveillance après l’épidémie

    L’eau potable sous haute surveillance après l’épidémie

    Je suis soulagé que les administrés aient cette information », résume Philippe Pignon, maire de la commune. Depuis plusieurs semaines, ce dernier gère lui aussi ce qu’il qualifie de « crise majeure ». Pour rappel, une épidémie de gastro-entérite avait frappé la commune, mi-avril. Une enquête épidémiologique, lancée le 17 avril, avait recensé 895 personnes déclarant des symptômes entre le 2 et le 22 avril, sur 1 182 répondants. « Au total, 32 personnes ont été hospitalisées et aucune forme grave n’a été signalée », conclut le rapport de Santé publique France, publié le 7 mai, qui confirmait une origine hydrique de l’épidémie. Ce rapport révélait la présence de pathogènes tels que l’Escherichia ou la salmonelle, « une pollution microbiologique » et un dysfonctionnement du système de chloration. « Dans les annales, on n’avait jamais entendu parler de ça », précise le premier magistrat de la ville, aussi pharmacien. Ce dernier rapporte s’être rendu, sur invitation de la Société des eaux de Marseille, exploitante du réseau d’eau portable de la commune, sur la station d’eau potable du quartier du Sauvet, au nord de la N7. « On a pu voir ou tout cela s’est passé, de façon à mettre le doigt sur le dysfonctionnement. Nous avons pu constater quelles sont les adaptations du système, et quelles transformations ont eu lieu sur “l’usine”, à la suite de cet épisode. Nous avons désormais le traitement de l’eau le plus moderne à Rousset ! », rapporte Philippe Pignon. De son côté, la Société des eaux de Marseille présente un « remplacement intégral du matériel : l’ensemble des appareils automatiques de mesure de chlore de la station a été remplacé par des équipements neufs ». Elle indique également qu’une « sécurité automatique anti défaillance a été installée : en cas de taux de chlore insuffisance, le système déclenche l’arrêt automatique de la station ». La SEM ajoute que « la fréquence des analyses bactériologiques a été considérablement renforcée, là ou la réglementation prévoit un contrôle trimestriel, un suivi est désormais effectué chaque semaine ». Ces éléments permettent, en partie, de répondre aux interrogations, notamment, du Collectif Vérité Eau Rousset. Sa priorité « reste la transparence, la sécurité sanitaire des habitants et la prévention de tout nouvel incident. Nous sommes actuellement en démarche avec l’association Que choisir ensemble et également avec la Maison de la justice et du droit de Gardanne. Ces réponses rapides [aux interrogations diverses, Ndlr] sont nécessaires et les victimes attendent également réparation ».

  • [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    La Marseillaise : En quoi la baisse de moyens rapportée à la baisse d’effectifs n’est pas une bonne chose ?

    Pascale Thoirey : On a une logique comptable d’un côté et une logique pédagogique de l’autre, forcément ça coince. Il arrive que des gens en poste au ministère n’aient pas été confrontés à la gestion d’une classe, à ce que c’est qu’enseigner. On a des théoriciens de la pédagogie qui sont déconnectés de la réalité. Nos élèves ont changé, c’est générationnel. Depuis 30 ans, les sollicitations sont différentes. Avant c’était papier/crayon. Les élèves d’aujourd’hui sont sursollicités depuis la naissance par les écrans. C’est la société du zapping. La nuit, les enfants dorment moins, ils arrivent à l’école dans d’autres dispositions. L’école ne fait plus sens comme avant avec son rôle d’ascenseur social. Il y a aussi une perte de repères. Il suffit de regarder ce que certains médias nous donnent à voir. Les gens s’invectivent, lâchent des gros mots en toute tranquillité. Regardez les attaques racistes contre les maires sans que le gouvernement ne réagisse. On accable les familles en disant que les parents sont démissionnaires. Pas du tout, c’est sociétal. Tout cela participe de la perte de statut, de la désacralisation de l’enseignant.

    Quel est votre regard sur l’école inclusive ?

    P.T. : Je suis évidemment pour, tous les enfants ont droit à l’école de la République. Tous sont capables et on va les amener d’un point A à un point B, même s’il ne sera pas le même pour tous. Sauf que l’école inclusive, nous y avons vu une possibilité d’avancer alors que l’État y a vu une possibilité de faire des économies. Tout se fait toujours à moyens constants. Ces enfants porteurs de handicap qui étaient accueillis dans des établissements spécialisés avec un enseignant spécialisé, à 8 par classe, avec des éducateurs, des thérapeutes… sont aujourd’hui en écoles ordinaires sans rien. À charge pour les familles de se débrouiller pour assurer les soins. Les AESH sont aussi un grand mensonge. On oblige ces femmes à travailler à temps partiel sans statut, avec un salaire de misère. Le Code du travail s’applique au privé mais pas ici. Et on leur demande d’être des magiciennes. Avec la mutualisation, elles doivent s’occuper d’enfants, sans formation, dans plusieurs établissements. Certains enfants n’ont certes pas besoin d’être accompagnés toute la journée. Mais si vous avez un handicap reconnu par la Maison départementale des Personnes handicapées (MDPH) qui donne droit à 6h le lundi, il ne disparaît pas par miracle le mardi ni les jours suivants. C’est un mensonge institutionnel, on n’accomplit pas une mission de service public. On a besoin de personnels formés. La santé mentale s’est aussi nettement dégradée depuis le Covid. Avec moins d’élèves dans les écoles, on pourrait garder le même nombre de personnels pour avoir des groupes allégés.

    Les idées reçues sur les enseignants sont tenaces…

    P.T. : On est des nantis ! Quand j’ai commencé il y a 30 ans, un enseignant qui débutait gagnait 2,5 fois le Smic, aujourd’hui c’est 1,2 fois le Smic. Pourtant ceux qui présentent le concours cette année sont plus diplômés qu’avant (Bac+5 au lieu de Bac+3). J’ai préparé le concours avec une licence de droit sauf que j’ai eu ensuite une vraie année de formation avec une réflexion sur le métier et de la pédagogie. Désormais, la formation se vide de plus en plus. Quant aux contractuels, c’est « à la va comme je te pousse ». On est pourtant le métier le plus important pour l’avenir de la République et on recrute sans formation.

    Qu’est-ce qui explique la crise des « vocations » ?

    P.T. : Une multitude choses. Dans l’idée des gens, c’est facile d’être enseignant, on est tous allés à l’école, voyons. On a tellement dévoyé ce métier… Le prof-bashing est réel, plus personne ne nous respecte. Pourquoi les jeunes nous respecteraient ? Pendant le Covid, sur les réseaux sociaux, des gens nous disaient : « Promis je ne critiquerai plus jamais la maîtresse d’école ». Ils s’étaient aperçus qu’on fait un vrai métier. Trois jours après c’était reparti. On est soi-disant des privilégiés avec des vacances tout le temps. Alors que souvent on finance nos formations et même du matériel dans nos classes sur nos propres deniers.

    L’agression au lycée Jules Guesde* à Montpellier est-elle la conséquence du manque de moyens ?

    P.T. : Forcément, c’est une responsabilité collective globale. Je ne connais pas les détails mais c’est le résultat d’un mépris social, d’une perte de sens. Des jeunes ne savent plus pourquoi ils viennent à l’école. Je pose parfois la question à mes élèves de 4e Segpa. Ils répondent : « pour voir mes copains », « sinon ma mère va me punir, me prendre mon téléphone », « parce que je n’ai pas le choix », « parce que je m’ennuie à la maison ». Il y a une forme de désenchantement. Ce n’est pas toujours clair, y compris dans des familles où l’École fait sens. Dans le secondaire, on cumule des problématiques : classes surchargées, élèves allophones et l’adolescence qui s’en mêle. La montée hormonale c’est compliqué à gérer. Dans les écoles, on peut avoir le soutien d’un Rased [réseau d’aides spécialisé pour élèves en difficulté] en éducation prioritaire, en collège, il n’y a rien du tout. Les psychologues et infirmières scolaires sont à temps partiel et sur plusieurs établissements. L’ancien pôle médico-social est réduit à peau de chagrin. Avec le phénomène des réseaux sociaux où on se filme sans arrêt pour devenir le héros du quartier, on en arrive à ce genre d’agressions.

    Y a-t-il une volonté de casser l’École publique ?

    P.T. : Notre analyse c’est qu’effectivement ils veulent faire la part belle à l’école privée. On n’arrête pas de nous dire que les services publics coûtent de l’argent. Il n’y a qu’à voir dans quel état l’Hôpital se trouve. Si vous n’êtes pas contents, on vous encourage à aller voir les cliniques ou les écoles privées. C’est une casse organisée de l’École publique. Les écoles privées perdent aussi des élèves mais moins vite que nous. Le comble c’est que les établissements privés sous contrat sont financés par de l’argent public.

    *Le ministère a ouvert une enquête après les violences entre un groupe d’élèves et un enseignant, le 10 avril

  • Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    « Le diesel a augmenté en moyenne de plus de 45 cts au litre depuis le début de l’année et dépassé les 2 euros le litre ; idem pour l’essence, qui a augmenté de plus de 25 cts et a également parfois dépassé les 2 euros le litre ; le fioul, lui, a augmenté de 50% depuis le début du conflit ; quant au gaz, il a déjà augmenté de 35% et la répercussion sur son prix chez le consommateur va se faire sentir plus ou moins rapidement suivant la nature des contrats souscrits », liste Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. En faisant grimper les prix de l’énergie, la guerre au Moyen-Orient éprouve méchamment le porte-monnaie des Français, dont le pays paie sa trop grande dépendance aux énergies fossiles. L’État engrangeant, de son côté, des recettes fiscales supplémentaires grâce à la TVA (270 millions d’euros au mois de mars).

    Face à ce constat, l’association de consommateurs appelle de ses vœux des mesures qui permettraient de contenir l’impact de cette flambée sur le quotidien des ménages. « Dans votre facture d’électricité, de gaz ou quand vous allez à la pompe, une taxe est pratiquée sur la consommation de produits énergétiques, taxe sur laquelle vous payez, en plus, la TVA… Nous réclamons depuis toujours la suppression de cette taxe sur la taxe (5 à 6 milliards d’euros par an), qui permettrait de rendre une part non négligeable de pouvoir d’achat aux consommateurs », estime Claude Gaubert.

    Sortir de la dépendance aux énergies fossiles

    De façon plus ponctuelle, l’UFC Que Choisir plaide en faveur d’« aides ciblées », comme l’augmentation du nombre de bénéficiaires et du montant du chèque énergie. « Un dispositif équivalent » pourrait également, estime Claude Gaubert, être mis en place à destination « des professionnels particulièrement impactés par l’augmentation, notamment, du prix de l’essence (transports routiers, agriculteurs, taxis…) ».

    Enfin l’association de consommateurs n’oublie pas « les raffineurs, transporteurs et distributeurs, qui profitent de l’opportunité pour gonfler leurs marges. On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère Claude Gaubert.

    Au-delà de ces mesures conjoncturelles, le représentant montpelliérain de l’UFC pointe un problème de fond sur lequel, estime-t-il, l’État doit agir : la trop grande dépendance de la France aux énergies fossiles. « On l’a vu avec la guerre en Ukraine, on le voit aujourd’hui avec le conflit au Moyen-Orient : il faut sortir au maximum de cette dépendance. Cela permettrait à la fois d’accroître notre autonomie énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre », souligne Claude Gaubert. « Ça veut dire renforcer tout ce qui est électrification des usages : aides pour l’achat d’une voiture électrique, renforcer la rénovation énergétique, l’isolation des bâtiments, encourager l’utilisation des pompes à chaleur… En somme inciter les gens à abandonner le gaz et le fioul au profit de l’électricité. Cela relève d’abord de politiques publiques mais aussi de choix individuels. »

  • Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Voilà maintenant deux mois, et une victoire au forceps (30-27), face à Montpellier, le 25 janvier, à Mayol, que le RC Toulon n’a plus goûté aux joies du succès. Une éternité, pour les joueurs, le staff, et les supporters, malgré les seuls quatre matches qui ont eu lieu depuis, en raison de la période internationale. Quatre matches qui ont cependant changé – négativement – le cours de la saison du club de la Rade. Défaits par trois fois, dont deux de suite à Mayol, ce qui ne leur était pas arrivé depuis près de dix ans, et deux revers contre le Racing en fin de saison 2015-2016, et Brive au début de la suivante, les coéquipiers de David Ribbans, qui n’avaient jamais quitté le top 6 depuis le début de la saison, ont inexorablement glissé de la 4e à la 9e place.

    Relégués à 7 points des places qualificatives pour les phases finales, et à 12 points d’une deuxième place désormais occupée par Montpellier, qui se trouvait pourtant à trois longueurs au soir de sa défaite à Mayol lors de la 15e journée, les Varois ont vu leurs objectifs s’éloigner, au cours d’une période de crise inédite depuis que Pierre Mignoni a repris les rênes de l’équipe première en 2022. À force de tirer sur la corde, entre les professionnels et le pilotage de la stratégie rugby de l’ensemble du club, le manager toulonnais a été contraint de prendre du repos pendant deux semaines, victime d’un burn-out que personne n’avait pourtant vu venir.

    « Continuer à y croire »

    Revenu avec la résolution de davantage se reposer sur son staff, l’ancien demi-de-mêlée n’a pas fait de miracle, dans une équipe qui semble encore bien loin des moyens qu’elle a pu afficher par séquences cette saison. Face au Stade Français samedi dernier, bien qu’en supériorité numérique pendant près de 20 minutes en première période, le RCT a à nouveau sombré. Avec 41 points encaissés, et une incapacité chronique à se montrer dangereux, les Rouge et Noir ont encore fait montre de leurs limites du moment sur le plan collectif et psychologique. Malgré l’envie apparente de bien faire, ils n’ont pas su réagir dès que le doute s’est installé, en fin de première période, et surtout, en début de seconde, quand les Parisiens ont pris le large, multipliant les erreurs défensives et balle en main.

    En stage cette semaine, le groupe a pu prendre l’air avant d’aller affronter Perpignan ce samedi. « On sait ce qu’il nous reste à faire. Il nous reste sept matches à jouer. Tout est encore possible même si forcément beaucoup de monde en doute. Mais il faut continuer à y croire, rester positif, et faire bien mieux les choses », martelait l’entraîneur du RCT en conférence de presse. Sept matches couperets, qui auront tous des airs de finale, pour renverser une situation bien mal embarquée.

    Perpignan – Toulon

    20e journée de Top 14

    Samedi 28 mars, 16h35

    Stade Aimé Giral, Perpignan

    Arbitre : Thomas Charabas

    USAP : Tetrashvili, Ruiz, Ceccarelli ; Yato, Warion ; Hicks, Van Tonder, Oviedo ; Ecochard (c), Urdapileta ; Forner, Mascarenc, Buliruarua, Joseph ; Fahy

    RCT : Priso, Lucchesi, Gigashvili ; Mézou, Alainu’uese ; Ludlam, Coulon, Shioshvili ; White, Albornoz ; Ferté, Frisch, Brex, Tuicuvu ; Jaminet.

    En bref

    Frisch et Halagahu de retour

    Blessé au pied et opéré en octobre, Antoine Frisch est de retour après 5 mois d’absence et sera titulaire au centre. Il en va de même pour Mathias Halagahu, sur la touche depuis 6 mois après avoir été opéré d’un orteil. Nacho Brex et Ben White font aussi leur retour après avoir disputé le tournoi des VI nations.

    Pas de luxation ni de fracture pour Serin

    Nouvelles rassurantes pour Baptiste Serin. Touché à l’épaule face au Stade Français, le demi-de-mêlée ne souffre ni d’une luxation ni d’une fracture, mais passera des examens supplémentaires la semaine prochaine.

  • La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    Nous ne laisserons jamais déposséder l’UL CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 126 ans », assène Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT lors de la conférence de presse, vendredi midi, à la Bourse du travail d’Arles. Les six unions départementales de la région, le comité régional et plusieurs syndicats CGT en lien avec le sujet de la défense ont participé à une journée d’étude sur la paix et le désarmement à la Bourse.

    Un lieu hautement symbolique. « Il faut bien comprendre la détermination de l’ensemble de la CGT à défendre cet outil de lutte qu’on occupe depuis 126 ans », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’Union locale CGT d’Arles, au regard des menaces répétées du maire Patrick de Carolis (Horizons) d’expulser le syndicat pour y implanter de l’Office de tourisme.

    En réponse, la CGT a adressé début février un courrier au préfet de région, Jacques Witowski, pour y dénoncer « la volonté de Patrick de Carolis de réduire notre activité syndicale et d’invisibiliser la CGT » lorsqu’il propose « deux bureaux de 11m² chacun » en remplacement de la Bourse du travail. « Nous envoyons un message à Patrick de Carolis : il prendrait une lourde responsabilité à s’en prendre à l’une des dernières organisations en capacité de réunir autant de monde pour préserver la paix et la démocratie », complète Nathalie Bazire, « ce serait un signe énorme politiquement à l’encontre de l’organisation qui a la paix entre les peuples pour étendard ».

    Meeting régional

    pour la paix

    C’est en ce sens qu’à l’avant-veille du second tour des élections municipales, Nicolas Bourcy indique que « l’union locale CGT d’Arles, en toute indépendance politique mais non neutre, appelle à voter pour l’Union pour Arles, seule liste à défendre l’UL CGT dans son programme » pour conserver cet outil.

    Un outil qui a permis l’échange. Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT Paca, parle d’une « cinquantaine de conflits dans le monde », citant le ministre allemand appelant sa population à se préparer à la guerre, Emmanuel Macron « disant que les dividendes de la paix, c’était terminé » en 2025, ou le général Mandon pour qui la France devait « accepter de perdre ses enfants ».

    « La guerre est une perspective sérieuse, une opportunité économique pour le grand capital, dans une crise qu’il a du mal à dépasser autrement que par la guerre et le fascisme », analyse le syndicaliste, dans une « Région qui se positionne clairement pour ». Surtout au regard de Toulon défense event le 23 avril. « C’est la première fois qu’un général est recruté par France Travail pour aller chercher des jeunes pour les industries de l’armement et l’armée », remarque Nathalie Bazire, annonçant « une initiative régionale, sans doute sous la forme d’un meeting, pour que la voix des travailleurs s’exprime face à l’idéologie dominante de la guerre « inévitable et bénéfique» » qui se tiendrait à Toulon, le 23 avril.

    Dans les Bouches-du-Rhône, un premier rendez-vous pour la paix a lieu le 28 mars à 10h sous l’ombrière du Vieux-Port à Marseille à l’initiative de l’UD CGT 13 répondant à un appel confédéral.

  • McCourt mise sur Benatia et déclasse Pablo Longoria

    McCourt mise sur Benatia et déclasse Pablo Longoria

    Nouveau coup de théâtre à l’Olympique de Marseille. Alors que Medhi Benatia a annoncé sa démission du poste de directeur du football dimanche, le dirigeant marocain conserve finalement ses fonctions au sein de l’état-major olympien.

    « Déterminé à assurer l’intérêt supérieur de l’Olympique de Marseille et afin d’atteindre les objectifs sportifs de la saison en cours, Frank McCourt a demandé à Medhi Benatia de conserver ses fonctions jusqu’à la fin de la saison. Conscient de ses responsabilités vis-à-vis de l’institution, Medhi Benatia a accepté d’étendre son préavis jusqu’au mois de juin et pilotera l’ensemble des activités sportives », peut-on lire dans un communiqué du propriétaire américain, rendu public mardi.

    Une promotion pour l’ancien défenseur du Bayern Munich, tandis que le président espagnol voit son champ d’action redéfini et surtout réduit. « Le rôle de Pablo Longoria devrait évoluer vers ses responsabilités institutionnelles, afin de maintenir la représentation de l’Olympique de Marseille au sein des instances françaises et notamment européennes », a précisé Frank McCourt, qui aurait rendu « inactif et inaudible » son fidèle protégé. « Dès qu’il y a un impact politique, le nom qu’on entend pour l’OM est celui de Shéhérazade [Semsar-de-Boissésson, vice-présidente du conseil de surveillance de l’OM, Ndlr]. Pablo n’existe pas, n’est pas écouté et n’a plus de poids dans les instances. À un moment, il avait une influence grandissante, mais il a perdu cette crédibilité. Il faut se poser des questions » , a déclaré un membre du conseil d’administration de la Ligue à L’Équipe.

    Déclassé, Pablo Longoria semble être poussé vers la sortie. Des tags demandant sa démission ont par ailleurs été découverts sur les murs du centre de la Commanderie, mardi matin.

    Appel à la mobilisation

    Le milliardaire bostonien, qui est arrivé dans la cité phocéenne mardi pour faire le point sur la situation, a donc choisi son camp. « En tant que propriétaire du club, je viens à Marseille et prends, une fois de plus, mes responsabilités pour que le club reste concentré sur ses objectifs, particulièrement la qualification pour la prochaine Ligue des champions et un parcours exemplaire en Coupe de France. Sous la supervision de Medhi Benatia, la nomination d’un nouvel entraîneur sera bientôt annoncée », a-t-il assuré.

    Entre-temps, Frank McCourt et Medhi Benatia ont parlé dans la matinée avec les joueurs, à la Commanderie, pour remobiliser les troupes sur cette fin de saison et sur l’avenir, selon RMC Sport. Le propriétaire américain de l’OM et Medhi Benatia se sont également adressés aux leaders des groupes de supporters, comme McCourt l’avait fait après la dernière crise majeure de gouvernance après les incidents de la Commanderie en 2021. « Mon ambition pour le club reste intacte. Mobilisons-nous, au service de l’OM », lance l’homme d’affaires, qui fêtera, dans huit, mois ses 10 ans à la tête de l’institution phocéenne.

  • Longoria seul face au chaos après le départ de Benatia

    Longoria seul face au chaos après le départ de Benatia

    L’avenir à court terme de l’Olympique de Marseille n’a jamais été aussi sombre. Après la démission de Roberto De Zerbi en cours de saison, mercredi dernier, Medhi Benatia, directeur du football depuis un peu plus d’un an, a lui aussi décidé de quitter son poste, cinq jours plus tard. Deux départs qui présagent, encore une fois, une refonte totale du projet olympien. Une grande question persiste à la vue de ce contexte : est-ce Pablo Longoria, dernier rescapé de l’état-major marseillais, va lui aussi jeter l’éponge ?

    Le président espagnol, qui en a pourtant vu de toutes les couleurs depuis son arrivée dans la cité phocéenne, semble plus que jamais sur un siège éjectable. Aujourd’hui, l’OM se retrouve orphelin d’un entraîneur et d’un directeur sportif, alors que la qualification en Ligue des Champions est loin d’être acquise. Sans oublier le périple en Coupe de France toujours d’actualité, avec la future réception des Toulousains, le 4 mars. La perte de Pablo Longoria redémarrerait le système phocéen à zéro, ce qui permettrait à une potentielle future direction d’avoir quelques mois d’avance pour prendre ses marques. Et, ainsi, espérer recommencer un cycle dès l’entame de la saison prochaine.

    « On en a marre de toujours revenir au point de départ », martèle Loïc, supporter marseillais et membre des Dodger’s, dans le virage nord. « On n’arrête pas de dire qu’il faut de la stabilité dans ce club, mais si l’on continue de changer constamment les dirigeants, aucun projet ne pourra marcher », poursuit-il, inquiet à l’idée de voir Pablo Longoria faire ses valises dans les prochaines semaines. Si ce n’est pas dans les prochains jours à ce rythme-là.

    « On joue avec la peur »

    Le match de samedi face à Strasbourg a une nouvelle fois mis en évidence les problèmes psychologiques de cette formation olympienne, qui ont permis aux Alsaciens d’aller chercher le point du match nul alors qu’ils étaient menés par deux buts d’écart jusqu’à la 73e minute au Vélodrome. « Parfois même, pour être honnête, on joue avec la peur, même quand on gagne. C’est pour ça qu’il y a parfois des joueurs qui ne signent pas à Marseille : parce qu’ils ont peur. Il faut avoir un mental d’acier pour assumer ce magnifique club. Et on commence à penser négativement en se disant : “Bon, on gagne 2-0, mais si on en prend un, on est cuit”. C’est grave de penser comme ça », soulignait Adil Rami, ancien défenseur de l’OM et désormais consultant pour Ligue1+.

    Un constat qu’avait également établi dans nos colonnes Alain Soultanian, kinésithérapeute historique de l’institution phocéenne : « Il y a des joueurs qui, dans leur tête, peuvent jouer à Marseille, peuvent jouer à Naples, Liverpool, Manchester, au Bayern Munich… Dans leur tête, ils sont prêts. Il y a des joueurs qui sont faits pour jouer à Toulouse, qui sont faits pour jouer à Nantes, à Bordeaux ou à Lille, mais pas pour Marseille. »

  • RC Toulon : Après la chute de Mayol, Pierre Mignoni sur le point d’abdiquer ?

    RC Toulon : Après la chute de Mayol, Pierre Mignoni sur le point d’abdiquer ?

    On avait fini par le croire imprenable, après 20 mois d’invincibilité et 21 victoires de rang en championnat. Mais après plusieurs succès au forceps ces dernières semaines, Mayol est tombé face à un assaillant clermontois qui a pris possession d’une forteresse bien mal défendue samedi soir, même s’il ne faut pas galvauder la qualité de sa prestation. « Ça nous pendait au nez depuis quelque temps. C’est dur, mais il va falloir repartir », concédait Teddy Baubigny. « Ça arrive (de perdre à domicile). Après, la manière est dure à accepter. Ce n’est pas digne de Toulon et de notre équipe », commentait après le match un Pierre Mignoni à la mine déconfite.

    Car il n’aura fallu que 12 minutes aux Auvergnats pour envahir la Rade, et mettre K-O debout ses hommes, qui ont semblé jouer à l’extérieur au vu de la flagrante fragilité affichée. 12 minutes et trois essais, dont les deux premiers consécutifs à des pénaltouches, alors que l’entraîneur varois avait insisté, après la déconvenue paloise d’il y a 15 jours, sur cet aspect-là, qui coûte souvent cher au RCT depuis le début de saison. À la question de savoir si son message était passé, ce dernier a laconiquement répondu « non ». « La discipline a pêché, il y a eu des plaquages manqués mais ce n’est pas le rugby ça, c’est juste la tête », complétait, plus longuement, Teddy Baubigny.

    Si on a cru au sursaut avec le doublé de Priso (26e, 47e), qui a ramené les siens à 5 points, le contenu n’a jamais laissé place au doute, tant les Rouge et Noir ont manqué de tout, entre fautes de mains, touches gâchées, et manque d’intensité dans les rucks et en mêlée.

    Mignoni : « Je me laisse 48 heures pour réfléchir »

    Mais ce qui a sans doute le plus coûté est l’apathie défensive face à la vitesse et la connexion des Jaunards, qui ont réalisé deux fois plus de franchissements (8 contre 4) que leurs homologues toulonnais, semblant créer le danger sur chaque incursion. Une domination qui leur a permis de reprendre le large grâce à Zamora, qui y est allé de son doublé, avant de résister -sans trop de difficultés- pendant 20 minutes, puis de porter l’estocade en fin de match grâce à l’excellent Hamdaoui, lui aussi auteur d’un doublé.

    Pour expliquer, partiellement, cette nouvelle déception, Pierre Mignoni invoque un manque de solidarité : « Pour aller au paradis il faut mourir, et personne ne veut le faire, en tout cas pas sur ce match. On dit, mais on ne fait pas les efforts. On ne donne pas tout ensemble, c’est la vérité », pointait-il. Et pour la première fois, l’homme fort du RCT s’avouait à court de solutions : « À chaud, je n’ai pas d’options. Je ne peux pas dire ce que je vais faire. Mais là, ça ne répond pas. » Au point de remettre en cause son avenir au club : « J’ai connu des moments comme ça à Toulon, même avec la grande équipe de l’époque. Seulement, on avait réagi. Est-ce que les joueurs me suivent encore ? Je vais bien réfléchir. La première responsabilité c’est moi. Je vais me laisser 48h, et après on verra. »

    « Le vestiaire est à 3 000 % avec Pierre. Ce n’est pas parce qu’on a perdu un match à domicile qu’on doit tout remettre en question », balayait son talonneur, conscient du manque de solidarité dont souffre le groupe, contrastant avec la saison passée : « C’est le ressenti commun. Peut-être qu’on ne s’aime pas assez, qu’on n’est pas l’équipe de Toulon qu’on devrait être, à faire les efforts pour le mec d’à côté. On va passer du temps ensemble pour retrouver la flamme qu’on n’a pas ces derniers temps. » Tel un couple en crise qui veut sauver ce qui peut l’être en ce triste soir de Saint-Valentin, qui boute le RC Toulon hors du top 6. « Si j’avais la solution je la partagerais, ce soir je ne l’ai pas. J’ai juste envie de croire qu’on va réagir. On ne va pas tout mettre à plat ce soir. Il faut que cette défaite soit une vraie étape. La saison n’est pas finie, loin de là », concluait Teddy Baubigny, avant 48 heures qui promettaient d’être brûlantes.