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  • [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    La Marseillaise : En quoi la baisse de moyens rapportée à la baisse d’effectifs n’est pas une bonne chose ?

    Pascale Thoirey : On a une logique comptable d’un côté et une logique pédagogique de l’autre, forcément ça coince. Il arrive que des gens en poste au ministère n’aient pas été confrontés à la gestion d’une classe, à ce que c’est qu’enseigner. On a des théoriciens de la pédagogie qui sont déconnectés de la réalité. Nos élèves ont changé, c’est générationnel. Depuis 30 ans, les sollicitations sont différentes. Avant c’était papier/crayon. Les élèves d’aujourd’hui sont sursollicités depuis la naissance par les écrans. C’est la société du zapping. La nuit, les enfants dorment moins, ils arrivent à l’école dans d’autres dispositions. L’école ne fait plus sens comme avant avec son rôle d’ascenseur social. Il y a aussi une perte de repères. Il suffit de regarder ce que certains médias nous donnent à voir. Les gens s’invectivent, lâchent des gros mots en toute tranquillité. Regardez les attaques racistes contre les maires sans que le gouvernement ne réagisse. On accable les familles en disant que les parents sont démissionnaires. Pas du tout, c’est sociétal. Tout cela participe de la perte de statut, de la désacralisation de l’enseignant.

    Quel est votre regard sur l’école inclusive ?

    P.T. : Je suis évidemment pour, tous les enfants ont droit à l’école de la République. Tous sont capables et on va les amener d’un point A à un point B, même s’il ne sera pas le même pour tous. Sauf que l’école inclusive, nous y avons vu une possibilité d’avancer alors que l’État y a vu une possibilité de faire des économies. Tout se fait toujours à moyens constants. Ces enfants porteurs de handicap qui étaient accueillis dans des établissements spécialisés avec un enseignant spécialisé, à 8 par classe, avec des éducateurs, des thérapeutes… sont aujourd’hui en écoles ordinaires sans rien. À charge pour les familles de se débrouiller pour assurer les soins. Les AESH sont aussi un grand mensonge. On oblige ces femmes à travailler à temps partiel sans statut, avec un salaire de misère. Le Code du travail s’applique au privé mais pas ici. Et on leur demande d’être des magiciennes. Avec la mutualisation, elles doivent s’occuper d’enfants, sans formation, dans plusieurs établissements. Certains enfants n’ont certes pas besoin d’être accompagnés toute la journée. Mais si vous avez un handicap reconnu par la Maison départementale des Personnes handicapées (MDPH) qui donne droit à 6h le lundi, il ne disparaît pas par miracle le mardi ni les jours suivants. C’est un mensonge institutionnel, on n’accomplit pas une mission de service public. On a besoin de personnels formés. La santé mentale s’est aussi nettement dégradée depuis le Covid. Avec moins d’élèves dans les écoles, on pourrait garder le même nombre de personnels pour avoir des groupes allégés.

    Les idées reçues sur les enseignants sont tenaces…

    P.T. : On est des nantis ! Quand j’ai commencé il y a 30 ans, un enseignant qui débutait gagnait 2,5 fois le Smic, aujourd’hui c’est 1,2 fois le Smic. Pourtant ceux qui présentent le concours cette année sont plus diplômés qu’avant (Bac+5 au lieu de Bac+3). J’ai préparé le concours avec une licence de droit sauf que j’ai eu ensuite une vraie année de formation avec une réflexion sur le métier et de la pédagogie. Désormais, la formation se vide de plus en plus. Quant aux contractuels, c’est « à la va comme je te pousse ». On est pourtant le métier le plus important pour l’avenir de la République et on recrute sans formation.

    Qu’est-ce qui explique la crise des « vocations » ?

    P.T. : Une multitude choses. Dans l’idée des gens, c’est facile d’être enseignant, on est tous allés à l’école, voyons. On a tellement dévoyé ce métier… Le prof-bashing est réel, plus personne ne nous respecte. Pourquoi les jeunes nous respecteraient ? Pendant le Covid, sur les réseaux sociaux, des gens nous disaient : « Promis je ne critiquerai plus jamais la maîtresse d’école ». Ils s’étaient aperçus qu’on fait un vrai métier. Trois jours après c’était reparti. On est soi-disant des privilégiés avec des vacances tout le temps. Alors que souvent on finance nos formations et même du matériel dans nos classes sur nos propres deniers.

    L’agression au lycée Jules Guesde* à Montpellier est-elle la conséquence du manque de moyens ?

    P.T. : Forcément, c’est une responsabilité collective globale. Je ne connais pas les détails mais c’est le résultat d’un mépris social, d’une perte de sens. Des jeunes ne savent plus pourquoi ils viennent à l’école. Je pose parfois la question à mes élèves de 4e Segpa. Ils répondent : « pour voir mes copains », « sinon ma mère va me punir, me prendre mon téléphone », « parce que je n’ai pas le choix », « parce que je m’ennuie à la maison ». Il y a une forme de désenchantement. Ce n’est pas toujours clair, y compris dans des familles où l’École fait sens. Dans le secondaire, on cumule des problématiques : classes surchargées, élèves allophones et l’adolescence qui s’en mêle. La montée hormonale c’est compliqué à gérer. Dans les écoles, on peut avoir le soutien d’un Rased [réseau d’aides spécialisé pour élèves en difficulté] en éducation prioritaire, en collège, il n’y a rien du tout. Les psychologues et infirmières scolaires sont à temps partiel et sur plusieurs établissements. L’ancien pôle médico-social est réduit à peau de chagrin. Avec le phénomène des réseaux sociaux où on se filme sans arrêt pour devenir le héros du quartier, on en arrive à ce genre d’agressions.

    Y a-t-il une volonté de casser l’École publique ?

    P.T. : Notre analyse c’est qu’effectivement ils veulent faire la part belle à l’école privée. On n’arrête pas de nous dire que les services publics coûtent de l’argent. Il n’y a qu’à voir dans quel état l’Hôpital se trouve. Si vous n’êtes pas contents, on vous encourage à aller voir les cliniques ou les écoles privées. C’est une casse organisée de l’École publique. Les écoles privées perdent aussi des élèves mais moins vite que nous. Le comble c’est que les établissements privés sous contrat sont financés par de l’argent public.

    *Le ministère a ouvert une enquête après les violences entre un groupe d’élèves et un enseignant, le 10 avril

  • Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    « Le diesel a augmenté en moyenne de plus de 45 cts au litre depuis le début de l’année et dépassé les 2 euros le litre ; idem pour l’essence, qui a augmenté de plus de 25 cts et a également parfois dépassé les 2 euros le litre ; le fioul, lui, a augmenté de 50% depuis le début du conflit ; quant au gaz, il a déjà augmenté de 35% et la répercussion sur son prix chez le consommateur va se faire sentir plus ou moins rapidement suivant la nature des contrats souscrits », liste Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. En faisant grimper les prix de l’énergie, la guerre au Moyen-Orient éprouve méchamment le porte-monnaie des Français, dont le pays paie sa trop grande dépendance aux énergies fossiles. L’État engrangeant, de son côté, des recettes fiscales supplémentaires grâce à la TVA (270 millions d’euros au mois de mars).

    Face à ce constat, l’association de consommateurs appelle de ses vœux des mesures qui permettraient de contenir l’impact de cette flambée sur le quotidien des ménages. « Dans votre facture d’électricité, de gaz ou quand vous allez à la pompe, une taxe est pratiquée sur la consommation de produits énergétiques, taxe sur laquelle vous payez, en plus, la TVA… Nous réclamons depuis toujours la suppression de cette taxe sur la taxe (5 à 6 milliards d’euros par an), qui permettrait de rendre une part non négligeable de pouvoir d’achat aux consommateurs », estime Claude Gaubert.

    Sortir de la dépendance aux énergies fossiles

    De façon plus ponctuelle, l’UFC Que Choisir plaide en faveur d’« aides ciblées », comme l’augmentation du nombre de bénéficiaires et du montant du chèque énergie. « Un dispositif équivalent » pourrait également, estime Claude Gaubert, être mis en place à destination « des professionnels particulièrement impactés par l’augmentation, notamment, du prix de l’essence (transports routiers, agriculteurs, taxis…) ».

    Enfin l’association de consommateurs n’oublie pas « les raffineurs, transporteurs et distributeurs, qui profitent de l’opportunité pour gonfler leurs marges. On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère Claude Gaubert.

    Au-delà de ces mesures conjoncturelles, le représentant montpelliérain de l’UFC pointe un problème de fond sur lequel, estime-t-il, l’État doit agir : la trop grande dépendance de la France aux énergies fossiles. « On l’a vu avec la guerre en Ukraine, on le voit aujourd’hui avec le conflit au Moyen-Orient : il faut sortir au maximum de cette dépendance. Cela permettrait à la fois d’accroître notre autonomie énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre », souligne Claude Gaubert. « Ça veut dire renforcer tout ce qui est électrification des usages : aides pour l’achat d’une voiture électrique, renforcer la rénovation énergétique, l’isolation des bâtiments, encourager l’utilisation des pompes à chaleur… En somme inciter les gens à abandonner le gaz et le fioul au profit de l’électricité. Cela relève d’abord de politiques publiques mais aussi de choix individuels. »

  • Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Voilà maintenant deux mois, et une victoire au forceps (30-27), face à Montpellier, le 25 janvier, à Mayol, que le RC Toulon n’a plus goûté aux joies du succès. Une éternité, pour les joueurs, le staff, et les supporters, malgré les seuls quatre matches qui ont eu lieu depuis, en raison de la période internationale. Quatre matches qui ont cependant changé – négativement – le cours de la saison du club de la Rade. Défaits par trois fois, dont deux de suite à Mayol, ce qui ne leur était pas arrivé depuis près de dix ans, et deux revers contre le Racing en fin de saison 2015-2016, et Brive au début de la suivante, les coéquipiers de David Ribbans, qui n’avaient jamais quitté le top 6 depuis le début de la saison, ont inexorablement glissé de la 4e à la 9e place.

    Relégués à 7 points des places qualificatives pour les phases finales, et à 12 points d’une deuxième place désormais occupée par Montpellier, qui se trouvait pourtant à trois longueurs au soir de sa défaite à Mayol lors de la 15e journée, les Varois ont vu leurs objectifs s’éloigner, au cours d’une période de crise inédite depuis que Pierre Mignoni a repris les rênes de l’équipe première en 2022. À force de tirer sur la corde, entre les professionnels et le pilotage de la stratégie rugby de l’ensemble du club, le manager toulonnais a été contraint de prendre du repos pendant deux semaines, victime d’un burn-out que personne n’avait pourtant vu venir.

    « Continuer à y croire »

    Revenu avec la résolution de davantage se reposer sur son staff, l’ancien demi-de-mêlée n’a pas fait de miracle, dans une équipe qui semble encore bien loin des moyens qu’elle a pu afficher par séquences cette saison. Face au Stade Français samedi dernier, bien qu’en supériorité numérique pendant près de 20 minutes en première période, le RCT a à nouveau sombré. Avec 41 points encaissés, et une incapacité chronique à se montrer dangereux, les Rouge et Noir ont encore fait montre de leurs limites du moment sur le plan collectif et psychologique. Malgré l’envie apparente de bien faire, ils n’ont pas su réagir dès que le doute s’est installé, en fin de première période, et surtout, en début de seconde, quand les Parisiens ont pris le large, multipliant les erreurs défensives et balle en main.

    En stage cette semaine, le groupe a pu prendre l’air avant d’aller affronter Perpignan ce samedi. « On sait ce qu’il nous reste à faire. Il nous reste sept matches à jouer. Tout est encore possible même si forcément beaucoup de monde en doute. Mais il faut continuer à y croire, rester positif, et faire bien mieux les choses », martelait l’entraîneur du RCT en conférence de presse. Sept matches couperets, qui auront tous des airs de finale, pour renverser une situation bien mal embarquée.

    Perpignan – Toulon

    20e journée de Top 14

    Samedi 28 mars, 16h35

    Stade Aimé Giral, Perpignan

    Arbitre : Thomas Charabas

    USAP : Tetrashvili, Ruiz, Ceccarelli ; Yato, Warion ; Hicks, Van Tonder, Oviedo ; Ecochard (c), Urdapileta ; Forner, Mascarenc, Buliruarua, Joseph ; Fahy

    RCT : Priso, Lucchesi, Gigashvili ; Mézou, Alainu’uese ; Ludlam, Coulon, Shioshvili ; White, Albornoz ; Ferté, Frisch, Brex, Tuicuvu ; Jaminet.

    En bref

    Frisch et Halagahu de retour

    Blessé au pied et opéré en octobre, Antoine Frisch est de retour après 5 mois d’absence et sera titulaire au centre. Il en va de même pour Mathias Halagahu, sur la touche depuis 6 mois après avoir été opéré d’un orteil. Nacho Brex et Ben White font aussi leur retour après avoir disputé le tournoi des VI nations.

    Pas de luxation ni de fracture pour Serin

    Nouvelles rassurantes pour Baptiste Serin. Touché à l’épaule face au Stade Français, le demi-de-mêlée ne souffre ni d’une luxation ni d’une fracture, mais passera des examens supplémentaires la semaine prochaine.

  • La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    Nous ne laisserons jamais déposséder l’UL CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 126 ans », assène Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT lors de la conférence de presse, vendredi midi, à la Bourse du travail d’Arles. Les six unions départementales de la région, le comité régional et plusieurs syndicats CGT en lien avec le sujet de la défense ont participé à une journée d’étude sur la paix et le désarmement à la Bourse.

    Un lieu hautement symbolique. « Il faut bien comprendre la détermination de l’ensemble de la CGT à défendre cet outil de lutte qu’on occupe depuis 126 ans », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’Union locale CGT d’Arles, au regard des menaces répétées du maire Patrick de Carolis (Horizons) d’expulser le syndicat pour y implanter de l’Office de tourisme.

    En réponse, la CGT a adressé début février un courrier au préfet de région, Jacques Witowski, pour y dénoncer « la volonté de Patrick de Carolis de réduire notre activité syndicale et d’invisibiliser la CGT » lorsqu’il propose « deux bureaux de 11m² chacun » en remplacement de la Bourse du travail. « Nous envoyons un message à Patrick de Carolis : il prendrait une lourde responsabilité à s’en prendre à l’une des dernières organisations en capacité de réunir autant de monde pour préserver la paix et la démocratie », complète Nathalie Bazire, « ce serait un signe énorme politiquement à l’encontre de l’organisation qui a la paix entre les peuples pour étendard ».

    Meeting régional

    pour la paix

    C’est en ce sens qu’à l’avant-veille du second tour des élections municipales, Nicolas Bourcy indique que « l’union locale CGT d’Arles, en toute indépendance politique mais non neutre, appelle à voter pour l’Union pour Arles, seule liste à défendre l’UL CGT dans son programme » pour conserver cet outil.

    Un outil qui a permis l’échange. Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT Paca, parle d’une « cinquantaine de conflits dans le monde », citant le ministre allemand appelant sa population à se préparer à la guerre, Emmanuel Macron « disant que les dividendes de la paix, c’était terminé » en 2025, ou le général Mandon pour qui la France devait « accepter de perdre ses enfants ».

    « La guerre est une perspective sérieuse, une opportunité économique pour le grand capital, dans une crise qu’il a du mal à dépasser autrement que par la guerre et le fascisme », analyse le syndicaliste, dans une « Région qui se positionne clairement pour ». Surtout au regard de Toulon défense event le 23 avril. « C’est la première fois qu’un général est recruté par France Travail pour aller chercher des jeunes pour les industries de l’armement et l’armée », remarque Nathalie Bazire, annonçant « une initiative régionale, sans doute sous la forme d’un meeting, pour que la voix des travailleurs s’exprime face à l’idéologie dominante de la guerre « inévitable et bénéfique» » qui se tiendrait à Toulon, le 23 avril.

    Dans les Bouches-du-Rhône, un premier rendez-vous pour la paix a lieu le 28 mars à 10h sous l’ombrière du Vieux-Port à Marseille à l’initiative de l’UD CGT 13 répondant à un appel confédéral.

  • McCourt mise sur Benatia et déclasse Pablo Longoria

    McCourt mise sur Benatia et déclasse Pablo Longoria

    Nouveau coup de théâtre à l’Olympique de Marseille. Alors que Medhi Benatia a annoncé sa démission du poste de directeur du football dimanche, le dirigeant marocain conserve finalement ses fonctions au sein de l’état-major olympien.

    « Déterminé à assurer l’intérêt supérieur de l’Olympique de Marseille et afin d’atteindre les objectifs sportifs de la saison en cours, Frank McCourt a demandé à Medhi Benatia de conserver ses fonctions jusqu’à la fin de la saison. Conscient de ses responsabilités vis-à-vis de l’institution, Medhi Benatia a accepté d’étendre son préavis jusqu’au mois de juin et pilotera l’ensemble des activités sportives », peut-on lire dans un communiqué du propriétaire américain, rendu public mardi.

    Une promotion pour l’ancien défenseur du Bayern Munich, tandis que le président espagnol voit son champ d’action redéfini et surtout réduit. « Le rôle de Pablo Longoria devrait évoluer vers ses responsabilités institutionnelles, afin de maintenir la représentation de l’Olympique de Marseille au sein des instances françaises et notamment européennes », a précisé Frank McCourt, qui aurait rendu « inactif et inaudible » son fidèle protégé. « Dès qu’il y a un impact politique, le nom qu’on entend pour l’OM est celui de Shéhérazade [Semsar-de-Boissésson, vice-présidente du conseil de surveillance de l’OM, Ndlr]. Pablo n’existe pas, n’est pas écouté et n’a plus de poids dans les instances. À un moment, il avait une influence grandissante, mais il a perdu cette crédibilité. Il faut se poser des questions » , a déclaré un membre du conseil d’administration de la Ligue à L’Équipe.

    Déclassé, Pablo Longoria semble être poussé vers la sortie. Des tags demandant sa démission ont par ailleurs été découverts sur les murs du centre de la Commanderie, mardi matin.

    Appel à la mobilisation

    Le milliardaire bostonien, qui est arrivé dans la cité phocéenne mardi pour faire le point sur la situation, a donc choisi son camp. « En tant que propriétaire du club, je viens à Marseille et prends, une fois de plus, mes responsabilités pour que le club reste concentré sur ses objectifs, particulièrement la qualification pour la prochaine Ligue des champions et un parcours exemplaire en Coupe de France. Sous la supervision de Medhi Benatia, la nomination d’un nouvel entraîneur sera bientôt annoncée », a-t-il assuré.

    Entre-temps, Frank McCourt et Medhi Benatia ont parlé dans la matinée avec les joueurs, à la Commanderie, pour remobiliser les troupes sur cette fin de saison et sur l’avenir, selon RMC Sport. Le propriétaire américain de l’OM et Medhi Benatia se sont également adressés aux leaders des groupes de supporters, comme McCourt l’avait fait après la dernière crise majeure de gouvernance après les incidents de la Commanderie en 2021. « Mon ambition pour le club reste intacte. Mobilisons-nous, au service de l’OM », lance l’homme d’affaires, qui fêtera, dans huit, mois ses 10 ans à la tête de l’institution phocéenne.

  • Longoria seul face au chaos après le départ de Benatia

    Longoria seul face au chaos après le départ de Benatia

    L’avenir à court terme de l’Olympique de Marseille n’a jamais été aussi sombre. Après la démission de Roberto De Zerbi en cours de saison, mercredi dernier, Medhi Benatia, directeur du football depuis un peu plus d’un an, a lui aussi décidé de quitter son poste, cinq jours plus tard. Deux départs qui présagent, encore une fois, une refonte totale du projet olympien. Une grande question persiste à la vue de ce contexte : est-ce Pablo Longoria, dernier rescapé de l’état-major marseillais, va lui aussi jeter l’éponge ?

    Le président espagnol, qui en a pourtant vu de toutes les couleurs depuis son arrivée dans la cité phocéenne, semble plus que jamais sur un siège éjectable. Aujourd’hui, l’OM se retrouve orphelin d’un entraîneur et d’un directeur sportif, alors que la qualification en Ligue des Champions est loin d’être acquise. Sans oublier le périple en Coupe de France toujours d’actualité, avec la future réception des Toulousains, le 4 mars. La perte de Pablo Longoria redémarrerait le système phocéen à zéro, ce qui permettrait à une potentielle future direction d’avoir quelques mois d’avance pour prendre ses marques. Et, ainsi, espérer recommencer un cycle dès l’entame de la saison prochaine.

    « On en a marre de toujours revenir au point de départ », martèle Loïc, supporter marseillais et membre des Dodger’s, dans le virage nord. « On n’arrête pas de dire qu’il faut de la stabilité dans ce club, mais si l’on continue de changer constamment les dirigeants, aucun projet ne pourra marcher », poursuit-il, inquiet à l’idée de voir Pablo Longoria faire ses valises dans les prochaines semaines. Si ce n’est pas dans les prochains jours à ce rythme-là.

    « On joue avec la peur »

    Le match de samedi face à Strasbourg a une nouvelle fois mis en évidence les problèmes psychologiques de cette formation olympienne, qui ont permis aux Alsaciens d’aller chercher le point du match nul alors qu’ils étaient menés par deux buts d’écart jusqu’à la 73e minute au Vélodrome. « Parfois même, pour être honnête, on joue avec la peur, même quand on gagne. C’est pour ça qu’il y a parfois des joueurs qui ne signent pas à Marseille : parce qu’ils ont peur. Il faut avoir un mental d’acier pour assumer ce magnifique club. Et on commence à penser négativement en se disant : “Bon, on gagne 2-0, mais si on en prend un, on est cuit”. C’est grave de penser comme ça », soulignait Adil Rami, ancien défenseur de l’OM et désormais consultant pour Ligue1+.

    Un constat qu’avait également établi dans nos colonnes Alain Soultanian, kinésithérapeute historique de l’institution phocéenne : « Il y a des joueurs qui, dans leur tête, peuvent jouer à Marseille, peuvent jouer à Naples, Liverpool, Manchester, au Bayern Munich… Dans leur tête, ils sont prêts. Il y a des joueurs qui sont faits pour jouer à Toulouse, qui sont faits pour jouer à Nantes, à Bordeaux ou à Lille, mais pas pour Marseille. »

  • RC Toulon : Après la chute de Mayol, Pierre Mignoni sur le point d’abdiquer ?

    RC Toulon : Après la chute de Mayol, Pierre Mignoni sur le point d’abdiquer ?

    On avait fini par le croire imprenable, après 20 mois d’invincibilité et 21 victoires de rang en championnat. Mais après plusieurs succès au forceps ces dernières semaines, Mayol est tombé face à un assaillant clermontois qui a pris possession d’une forteresse bien mal défendue samedi soir, même s’il ne faut pas galvauder la qualité de sa prestation. « Ça nous pendait au nez depuis quelque temps. C’est dur, mais il va falloir repartir », concédait Teddy Baubigny. « Ça arrive (de perdre à domicile). Après, la manière est dure à accepter. Ce n’est pas digne de Toulon et de notre équipe », commentait après le match un Pierre Mignoni à la mine déconfite.

    Car il n’aura fallu que 12 minutes aux Auvergnats pour envahir la Rade, et mettre K-O debout ses hommes, qui ont semblé jouer à l’extérieur au vu de la flagrante fragilité affichée. 12 minutes et trois essais, dont les deux premiers consécutifs à des pénaltouches, alors que l’entraîneur varois avait insisté, après la déconvenue paloise d’il y a 15 jours, sur cet aspect-là, qui coûte souvent cher au RCT depuis le début de saison. À la question de savoir si son message était passé, ce dernier a laconiquement répondu « non ». « La discipline a pêché, il y a eu des plaquages manqués mais ce n’est pas le rugby ça, c’est juste la tête », complétait, plus longuement, Teddy Baubigny.

    Si on a cru au sursaut avec le doublé de Priso (26e, 47e), qui a ramené les siens à 5 points, le contenu n’a jamais laissé place au doute, tant les Rouge et Noir ont manqué de tout, entre fautes de mains, touches gâchées, et manque d’intensité dans les rucks et en mêlée.

    Mignoni : « Je me laisse 48 heures pour réfléchir »

    Mais ce qui a sans doute le plus coûté est l’apathie défensive face à la vitesse et la connexion des Jaunards, qui ont réalisé deux fois plus de franchissements (8 contre 4) que leurs homologues toulonnais, semblant créer le danger sur chaque incursion. Une domination qui leur a permis de reprendre le large grâce à Zamora, qui y est allé de son doublé, avant de résister -sans trop de difficultés- pendant 20 minutes, puis de porter l’estocade en fin de match grâce à l’excellent Hamdaoui, lui aussi auteur d’un doublé.

    Pour expliquer, partiellement, cette nouvelle déception, Pierre Mignoni invoque un manque de solidarité : « Pour aller au paradis il faut mourir, et personne ne veut le faire, en tout cas pas sur ce match. On dit, mais on ne fait pas les efforts. On ne donne pas tout ensemble, c’est la vérité », pointait-il. Et pour la première fois, l’homme fort du RCT s’avouait à court de solutions : « À chaud, je n’ai pas d’options. Je ne peux pas dire ce que je vais faire. Mais là, ça ne répond pas. » Au point de remettre en cause son avenir au club : « J’ai connu des moments comme ça à Toulon, même avec la grande équipe de l’époque. Seulement, on avait réagi. Est-ce que les joueurs me suivent encore ? Je vais bien réfléchir. La première responsabilité c’est moi. Je vais me laisser 48h, et après on verra. »

    « Le vestiaire est à 3 000 % avec Pierre. Ce n’est pas parce qu’on a perdu un match à domicile qu’on doit tout remettre en question », balayait son talonneur, conscient du manque de solidarité dont souffre le groupe, contrastant avec la saison passée : « C’est le ressenti commun. Peut-être qu’on ne s’aime pas assez, qu’on n’est pas l’équipe de Toulon qu’on devrait être, à faire les efforts pour le mec d’à côté. On va passer du temps ensemble pour retrouver la flamme qu’on n’a pas ces derniers temps. » Tel un couple en crise qui veut sauver ce qui peut l’être en ce triste soir de Saint-Valentin, qui boute le RC Toulon hors du top 6. « Si j’avais la solution je la partagerais, ce soir je ne l’ai pas. J’ai juste envie de croire qu’on va réagir. On ne va pas tout mettre à plat ce soir. Il faut que cette défaite soit une vraie étape. La saison n’est pas finie, loin de là », concluait Teddy Baubigny, avant 48 heures qui promettaient d’être brûlantes.

  • OM : un successeur qui se doit de bien connaître le contexte

    OM : un successeur qui se doit de bien connaître le contexte

    Qui sera le nouveau Sisyphe sur le banc phocéen ?

    La tâche qui attend l’heureux (?) élu est aussi gigantesque que celle à laquelle était condamné le Titan qui avait défié Zeus. Sauf qu’il ne s’agira pas de remonter un rocher au sommet d’une côte abrupte, mais permettre à l’OM de s’asseoir durablement au sommet de la Ligue 1, en évitant d’en dégringoler au dernier moment.

    Même si elle est très compliquée à assumer, la place n’en suscite pas moins la convoitise de plusieurs stratèges en quête de rebond. Ils aimeraient utiliser l’OM, montrant qu’en étant capable de relancer le club dans sa course à la Ligue des Champions, ils peuvent également redorer leur blason.

    Des grands noms étrangers sont spontanément sortis du chapeau. Ruben Amorim et Xabi Alonso, cherchent un banc après avoir été éjectés de celui de Manchester United et du Real Madrid. Des noms d’entraîneurs Français exilés sont aussi évoqués. Mais Laurent Blanc et Christophe Galtier risquent de ne pas être compatibles avec certains dirigeants actuels au sein de l’OM.

    D’autres fraîchement remerciés en Ligue 1 voient leur nom circuler. à l’image de Franck Haise, déjà pressenti avant l’arrivée de Roberto De Zerbi, dont l’expérience niçoise a tourné court. Ou bien Habib Beye, qui a perdu son fauteuil à Rennes, quelques heures avant son compère marseillais. Les deux hommes étaient encore côte à côte lors du huitième de finale de Coupe de France, qui a vu la facile qualification olympienne aux dépens des Bretons (3-0), le 3 février.

    Habib Beye avait fait des offres de service quand l’OM cherchait un successeur à Gennaro Gattuso. Jean-Louis Gasset lui avait été préféré.

    Après avoir fait monter le Red Star en Ligue 2, l’ancien capitaine de l’OM a fini sur le banc rennais où il a connu des hauts et des bas. Peut-être cette fois sera la bonne ? Réponse dans les prochaines heures.

    Celui qui héritera du poste devra bien connaître le contexte marseillais. Sa mission sera claire. En championnat, il faudra absolument aller chercher une place qualificative pour la Ligue des Champions, vitale pour les finances du club. Et gagner, enfin, une Coupe de France.

  • L’OM et Roberto De Zerbi, la fin d’une idylle

    L’OM et Roberto De Zerbi, la fin d’une idylle

    Roberto De Zerbi ne sera pas le Diego Simeone de l’OM.

    Deux semaines après avoir déclaré, dans les pages du Telegraph, qu’il souhaitait ancrer la mission de l’Italien dans la durée sur le banc de l’OM, sur le modèle de Diego Simeone à l’Atlético de Madrid, Pablo Longoria s’est dédit. En signifiant la fin de sa mission à l’ancien entraîneur de Brighton, le président marseillais alimente l’idée d’un club instable. Incapable de gérer une crise.

    Celle déclenchée par l’humiliation au Parc des Princes, dimanche dernier, aura été celle de trop. La défaite historique concédée face au PSG (5-0) a donc scellé l’histoire d’amour entre le gamin des rues de Brescia et un club qui continue de vivre sur son glorieux passé. Et perd au fil des ans les dorures de son blason.

    L’OM demeure bien un club unique en son genre. Mais en cultivant le passé, il en oublie que, depuis 1993, le football a changé. Et avec lui la recette pour rester un grand d’Europe. Tel ces généraux romains portés en triomphe au Capitole et qui finissaient au pied de la roche Tarpéïenne pour avoir abusé de leurs privilèges.

    à son arrivée, Roberto De Zerbi était vu comme celui qui devait ramener une certaine stabilité. « Je signe comme si j’allais rester dix ans. L’idée est de remettre Marseille à sa place et lutter pour le titre », confiait-il, lors de sa première prise de parole officielle, le 9 juillet 2024.

    Si les premières semaines furent idylliques, la première sortie de route, contre Auxerre au Vélodrome le 8 novembre, a valu une mise au point de sa part. L’OM venait d’être puni (1-3) au Vélodrome. Et l’entraîneur de dire, « si le problème, c’est moi, je suis prêt à partir. Rompre mon contrat et partir sans argent ! »

    Il parviendra à sortir indemne de sa première tempête. Après une retraite à Mallemort et une série de bons résultats. Jusqu’à ce qu’une autre rouste, à Reims, n’entraîne de nouveaux propos forts, alors que ses joueurs avaient boycotté l’entraînement. « Je passe pour un criminel, un délinquant. Mais je ne suis pas ça », lâchait-il. Avant de poser la question : « Pourquoi un entraîneur ne dure pas plus de deux ans à Marseille ? »

    Retraite romaine

    Dans la foulée, une seconde retraite, cette fois dans la banlieue de Rome, lui permettait de remobiliser ses hoplites. à la clé, une fin de saison qui, si elle ne permettait pas à l’OM d’aller chercher le PSG, le voyait terminer deuxième. Avec un billet pour la phase de poule de la Ligue des Champions.

    Les clignotants étaient au vert à l’orée de la nouvelle saison. Après une victoire de prestige contre Aston Villa au Vélodrome (3-1), les Olympiens étaient prêts à chasser le titre. Mais, dès la sortie à Rennes
    (1ère journée), la crise est revenue. Une bagarre entre Jonathan Rowe et Adrien Rabiot dans le vestiaire entraînait le départ des deux hommes et un affolement de dernière minute dans le mercato d’été.

    L’OM a pourtant retrouvé un équilibre et entretenu l’illusion d’être un candidat crédible à la succession du PSG, grâce au succès du Vélodrome contre les Parisiens (1-0) et un Trophée de Champions qu’ils ont failli ramener du Koweït. Jusqu’aux deux dernières journées de la Ligue des Champions, où Roberto De Zerbi va toucher du doigt les limites de ses plans de jeu.

    En concédant deux défaites 3-0 contre Liverpool et Bruges, l’OM a été renvoyé à ses chères études. Entre les deux matches, et une victoire face à Lens au Vélodrome, Roberto De Zerbi martelait : « Je suis lié à Marseille. C’est un endroit spécial où beaucoup peuvent critiquer, se sentir le patron. Mon seul patron, c’est Frank McCourt. »

    Après l’improbable élimination de Bruges, il était encore optimiste. « J’étais l’entraîneur de Marseille et je le reste. Je pense encore rester cinq ou six ans parce que j’aime ça. Les joueurs me suivent », disait-il, alors que la rumeur de sa démission courrait. Avant de « demander pardon aux supporters », après la déroute au Parc des Princes, dimanche.

    Il ne pourra pas se racheter une nouvelle fois. Il quitte ses fonctions au petit matin d’un triste mercredi, tel un condamné à la peine capitale. Son adjoint Pancho Abardonado, épaulé par Romain Ferrier, entraîneur de la Pro 2, va relever le gant. Ce départ peut-il en amener d’autres ? En disant « dans pas longtemps, vous verrez qu’il y aura d’autres personnes à notre place », au soir du Trophée des Champions, Medhi Benatia a suscité les doutes.

    « Si le problème, c’est moi, je suis prêt à partir, rompre mon contrat
    et partir sans argent ! »

  • Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Des jeunes avec des idées, prêts à aller aux urnes pour peu qu’on s’intéresse à eux. Selon les conclusions de l’enquête lancée par Aix-Marseille Université (AMU) avec le concours de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Ifop, présentées mardi 10 février, 67% des étudiants se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter pour les élections municipales.

    Menée du 24 novembre au 22 décembre par le biais d’un questionnaire envoyé par courriel ou un QR code mis à disposition, sur un échantillon de 5 190 étudiants répartis sur dix villes, cette étude, « issue d’une démarche scientifique », insiste Éric Berton, président d’AMU, s’est intéressée à « la manière dont ils vivent leur vie d’étudiants et leur état d’esprit actuel ». « On considère qu’il y a une sorte d’invisibilité de la jeunesse, étudiante en particulier, et on voulait qu’elle soit vue et entendue, en particulier dans le cadre des élections municipales, car il nous semble qu’elles sont à une échelle concrète, qu’elles ont une réelle incidence sur la vie des étudiants dans la ville », explique-t-il.

    Le président d’AMU assumant dans nos colonnes, le 3 février, que le rôle de l’université était de « redonner le goût du vote ». En ressort le portrait d’une jeunesse « dynamique, mais aussi en colère », qui a « du mal à aller voter, mais s’il y a une offre politique correspondant à ses aspirations, elle n’est pas loin » de retourner aux urnes, résume Éric Berton. Une génération « confinée » qui a
    vécu « une succession de crises majeures », ajoute Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès.

    Un fort sentiment de solitude

    Un jeune de 22 ans aujourd’hui a connu la crise de l’euro à 8 ans, celle des attentats à 11 ans, le Covid à 16 ans, la guerre en Ukraine à 18 ans, détaille-t-il. De quoi expliquer la priorité donnée à la santé quand 85% des étudiants jugent la thématique prioritaire pour les politiques publiques. Il y a aussi « le sentiment de solitude » : 66% de l’échantillon disant l’éprouver, « soit 20 points de plus que l’ensemble de la population », note Gilles Finchelstein, ainsi qu’un écart marqué entre « bonheur personnel et pessimisme collectif ». Pas moins de 79% des jeunes se disent heureux, 86% sont optimistes pour eux-mêmes, mais seulement 21% le sont pour l’avenir de la France, 18% pour celui du monde. Où une vie réussie, selon eux, c’est d’abord « avoir une famille heureuse » pour 58% des sondés, à égalité avec « avoir du temps libre pour profiter de la vie » suivi par « avoir de vrais amis » (51%).

    Les étudiants n’en n’oublient pas pour autant les autres : 79% d’entre eux ont apporté une aide financière directe à une personne dans le besoin, 61% ont fait un don à une association ou une fondation, 57% ont fait du bénévolat, 50% ont déjà créé ou rejoint une association. Leurs préoccupations sont diverses : droits des femmes et lutte contre le sexisme (97%), droits de l’homme (96%), environnement (95%), ou encore lutte contre le racisme (94%).

    Intéressés par l’élection présidentielle

    S’ils se sentent concernés par la chose politique, c’est au niveau national, 84% se disant intéressés par l’élection présidentielle contre 46% par les municipales. Seulement 40% des participants à l’enquête savent qu’il faut se rendre aux urnes en mars, 25% disent ne pas être inscrits sur les listes municipales, 28% envisagent l’abstention. Ce qui pourrait motiver les troupes : « Une offre politique qui correspond à [leurs] attentes » pour plus de 70% des étudiants. Au-delà de la santé qui arrive en première position, les thématiques de politiques publiques devraient porter sur la sécurité (69%), à égalité avec la lutte contre la pollution. La lutte contre le dérèglement climatique arrive en troisième position.

    Le timing pourrait aussi jouer. L’enquête ayant été réalisée en novembre et décembre dernier, « au fur et à mesure que les semaines vont passer, que la campagne va se lancer, ils vont s’y intégrer », estime Gilles Finchelstein. « Ce n’est pas une jeunesse perdue pour le vote », veut croire Éric Berton : « Aux politiques de prendre la responsabilité de faire des propositions. »

    Après cette enquête, un débat est organisé avec des représentants des candidats marseillais, mercredi 11 février, en présence d’une centaine d’étudiants.

    En chiffres

    67%

    des jeunes ayant répondu à l’enquête lancée par AMU se déclarent engagés pour une cause. Un chiffre qui monte à 70% chez les 22-24 ans, 72 chez les plus de 25 ans. Les causes défendues : l’urgence climatique, la lutte contre le sexisme ou la défense des droits humains.

    73%

    des abstentionnistes du panel de l’enquête menée par AMU déclarent qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les faire changer d’avis.

    87%

    des étudiants de l’enquête se disent prêts à renoncer à la livraison de fast-fashion au nom d’une « conscience écologique », transformant la consommation « en levier d’action civique », estime AMU dans son analyse.