La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.
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La Région met la main à la poche pour les associations
Le secteur associatif tire la langue. Premières victimes de la cure d’austérité ayant frappé les collectivités territoriales de plein fouet, les associations doivent maintenant se plier en quatre pour garder la tête hors de l’eau. Avec 160 000 structures en Occitanie, ces dernières représentent un pan non négligeable de l’économie régionale, avec pas moins de 5 milliards d’euros de budget cumulé. Dès lors, il devient nécessaire de sauver le secteur. « Les choix budgétaires 2025
-que ce soit pour les associations ou les collectivités- ont entraîné l’aggravation des difficultés et posent des problèmes. Nous avons souhaité maintenir nos politiques publiques, bien qu’il y ait eu une baisse budgétaire de 5%. Mais nous avons amplifié nos relations politiques pour être le plus efficace possible avec les associations », soutient Pierre Lacaze, vice-président PCF de la Région, chargé de la vie associative. Comprendre, plus les associer sur le processus de décision. « Le réseau associatif a un rôle considérable dans la République, c’est un interlocuteur à part entière pour travailler les politiques publiques », poursuit le vice-président.Malgré cette baisse, l’Occitanie contribue à hauteur de 33 millions d’euros pour le secteur associatif. Et lance pour la seconde année un appel à projets « pour une Région Occitanie plus inclusive et solidaire » d’une enveloppe de 700 000 euros, qui bénéficiera à 134 lauréats.
13 000 emplois menacésParmi eux, l’Association d’entraide et de reclassement social (AERS), qui lutte contre l’exclusion – 40 000 personnes ont été aidées dans l’Hérault. « Nous avons créé un partenariat avec d’autres associations pour la collecte et la distribution des produits de première nécessité hors alimentation. Les petites et moyennes associations sont souvent confrontées à des problèmes de logistique et cette synergie a permis de distribuer 220 000 produits », détaille Charlotte Cedo, directrice générale de l’AERS. Grâce à ce dispositif, pas moins de 700 000 euros auraient été économisés.
L’appel à projets bénéficie également au mouvement associatif de l’Occitanie, qui œuvre à accompagner les associations sur le territoire et représente près de la moitié des structures régionales. « Nous avons lancé plusieurs dispositifs, dont Prev’asso pour accompagner les associations au bord d’une procédure judiciaire. Dépendant des tribunaux judiciaires, les associations n’ont pas d’interlocuteur quand elles sont en mauvaise santé financière. L’idée était de proposer un espace avec des professionnels pour échanger afin de faciliter la prise de décision en ayant une meilleure visibilité sur leur modèle économique », développe Erwann Favre, délégué régional du mouvement. Une aubaine pour le secteur, car près de 13 000 emplois associatifs seraient menacés en Occitanie. Au vu de leur apport dans la société, il est primordial de les sauver.
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« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »
Vivre bien de son travail et être au service des usagers : les travailleurs du secteur de l’énergie, en grève depuis le 2 septembre, notamment à Marseille, conjuguent défense des salaires et du pouvoir d’achat. Un combat essentiel alors que, comme l’a révélé
le Secours populaire, 39% des Français ont du mal à payer leur facture d’électricité.Cette lutte, déterminée et joyeuse, pétrie de générosité et de solidarité, les énergéticiens l’inscrivent dans la durée, au moins jusqu’au 18 septembre. Une journée où l’ensemble des syndicats appellent à
la grève, dans les entreprises et les services publics, et aux manifestations dans la rue.Provocation
Une date décidée après l’annonce, au mitan de l’été, d’un budget 2026 frappé du sceau de l’austérité : quelque 44 milliards d’euros d’économies à trouver au prétexte d’une dette insoutenable selon l’ex-Premier ministre François Bayrou, remplacé cette semaine par un macroniste pur jus, Sébastien Lecornu, ex-ministre des armées.
Cette antienne de la dette est une provocation inouïe pour les travailleurs et leurs représentants. Elle est aussi l’illustration de l’échec cuisant de la politique pro-business d’Emmanuel Macron. Car l’assèchement des budgets publics et, par conséquent
le creusement de la dette publique, sont
le direct des cadeaux fiscaux faramineux aux possédants, au détriment des travailleurs.En réponse,
le mouvement social, méprisé par la macronie, exige la justice sociale, la justice fiscale et veut faire plier ce pouvoir minoritaire. Il incarne parmi les plus beaux vers de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. » -

Le Premier ministre François Bayrou renversé par les députés
Le rideau est définitivement tombé sur François Bayrou à l’issue d’un dernier acte provoqué par lui-même, lundi 8 septembre, à l’Assemblée nationale. 364 députés ont voté « contre » la confiance, dont l’ensemble des députés des quatre groupes de gauche : PS, FI, Les Écologistes, Gauche démocrate et républicaine (qui comprend les communistes). Ils ont été 194 députés à voter « pour ». Très largement insuffisant pour François Bayrou, qui doit quitter Matignon. Comme le stipule la Constitution, François Bayrou doit, en effet, remettre sa démission et celle de son gouvernement, au président de la République, à peine neuf mois après sa nomination. Il devrait le faire mardi 9 septembre.
En engageant sa responsabilité, le Premier ministre savait qu’il allait à l’échec, ne disposant pas de majorité. « Cette épreuve de vérité, je l’ai voulue » a lancé, bravache, le maire de Pau avant d’enfourcher son dada : la dette. « La France n’a pas connu de budget à l’équilibre depuis 51 ans », a déclaré le Premier ministre pour justifier son « plan pour aller vers le désendettement ». Un plan d’austérité budgétaire d’un montant de 44 milliards d’euros pour l’année 2026 qu’il a révélé le 15 juillet. « Vous avez le pouvoir de faire tomber le gouvernement, mais vous n’avez pas le pouvoir d’effacer le réel », a-t-il encore déclaré aux députés en guise d’oraison funèbre.
Désormais, la balle est dans le camp du président de la République. Emmanuel Macron, qui exclut de démissionner, a deux options : nommer un nouveau Premier ministre ou dissoudre l’Assemblée nationale.
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Des Olympiades sur le fil des coupes budgétaires
Les spectaculaires démonstrations de breaking terminées sur les terrains de la Plaine des sports et des loisirs de la Busserine (14e), les premiers minots s’avancent déjà pour s’échauffer. Ce samedi, près de 800 jeunes sont venus participer à la finale des Olympiades interquartiers, qui pour la première fois rassemblaient les jeunes des quartiers prioritaires de la ville originaires aussi bien des arrondissements du Sud et de l’Est de Marseille que du Nord.
« Dans le cadre de la politique du contrat de ville et des Quartiers d’été, nous proposons des activités pour ceux qui ne peuvent pas partir en vacances, raconte sur place la préfète déléguée à l’égalité, des chances, Isabelle Epaillard. Ces olympiades s’inscrivent dans la continuité, elles ont été lancées en 2021 dans le 14e arrondissement. » Au total, l’État a apporté 1,1 million d’euros cet été pour aider centres sociaux et associations à rester ouverts et proposer des activités pendant ces vacances, dont 112 000 euros pour ces seules Olympiades qui regroupent une quarantaine de structures. Des financements qui ont dégringolé de 32% en un an, contraignant les organisateurs à mutualiser, à rogner sur l’accueil, même si l’essentiel a été conservé pour les Olympiades.
« Ouvrir les horizons »Malgré ça, les différentes associations se sont démenées pour organiser ces quatre semaines d’activités avec la Cité des arts de la rue, les Olympiades nautiques à l’Estaque… « Des mamans de Jean-Jaurès m’ont sauté dessus pour me dire : merci d’organiser ça, je n’ai pas eu le souci de ce qu’on allait faire le lendemain », sourit Thibaut Blum, délégué du préfet dans le 14e arrondissement, parmi les organisateurs. Les efforts en particulier ont été mis pour les quartiers les plus enclavés, ceux qui se vidaient le moins pendant l’été, faute, pour les habitants, de pouvoir partir en vacances. « Les prix des bateaux ont fortement augmenté, beaucoup de familles m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas partir cette année », soupire-t-il.
« L’objectif, c’est de fournir des activités aux jeunes et pouvoir ouvrir les horizons, montrer ce qu’il est possible de faire, d’avoir des loisirs avec une logique éducative et sportive », appuie l’adjointe (PS) chargée de la politique de la ville, Audrey Gatian. « Cela permet d’avoir un autre regard sur les quartiers populaires, complète le conseiller métropolitain (DVD) chargé de la politique de la ville, Denis Rossi. Certains disent que ça coûte cher, on fait la démonstration que c’est utile. »
Pratique sportive menacéeMais cela permet aussi d’occuper le terrain. « La nature a horreur du vide, c’est le premier qui occupe l’espace qui s’installe », soupire Thibaut Blum. Les précédentes éditions, certains réseaux du narcotrafic avaient pu se montrer menaçants. « On n’a eu aucun incident cette année », se réjouit le délégué du préfet.
Cet été, l’accent a tout particulièrement été mis sur la pratique sportive, sur l’apprentissage du vélo et de la natation. « Le sport apprend la persévérance, contribue à un bien-être social, mental », sourit la préfète déléguée, encourageant les minots qui se jettent dans le bassin de la Busserine. Les responsables des fédérations sportives sont là, pour inciter les parents à inscrire leurs enfants. Mais alors que le gouvernement a supprimé les aides du Pass’sport pour les enfants de 6 à 13 ans, « cela va être un carnage », craint un bon connaisseur. Surtout après la baisse des enveloppes des contrats de ville. « Nous sommes dans une période budgétaire compliquée, mais nous devons faire preuve d’initiative, souligne Isabelle Epaillard. Il faut qu’on y arrive, nous avons un devoir de résultat pour accompagner ces jeunes. »
« Il faut qu’on y arrive, nous avons un devoir de résultat pour accompagner ces jeunes. »
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L’école, à l’os, exige un budget à la hauteur
La rentrée scolaire de 12 millions d’élèves, le 1er septembre, risque de passer au second plan après l’annonce surprise de François Bayrou, d’engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale, le lundi 8 septembre. Minoritaire, le locataire de l’Élysée a donc choisi de dramatiser son départ, inéluctable. Le Premier ministre n’a pas attendu une motion de censure qui viendrait sanctionner le futur budget d’austérité pour 2026 et préfère se faire hara-kiri. Mais cet écran de fumée, symptomatique d’une crise politique majeure depuis la dissolution ubuesque de juin 2024, ne doit pas masquer les enjeux concrets de cette rentrée.
L’enjeu du budget
« Avec ou sans François Bayrou, avec ou sans Élisabeth Borne [ministre de l’Éducation], l’enjeu principal, c’est le budget. C’est vraiment ce qui va guider nos mobilisations et nos interventions les prochaines semaines », martèle le Snes-FSU. Pour le syndicat, le budget proposé, en tout cas « la logique budgétaire pour l’Éducation nationale », est « à rebours des besoins du service public d’éducation ». Des craintes fondées : en 2018, en dépit d’une hausse de la démographie scolaire de +8 029 élèves dans le second degré, 8 865 postes ont été supprimés, soit l’équivalent de 197 collèges, a calculé le syndicat, y voyant le symbole de la politique d’Emmanuel Macron depuis 2027. Aucun effort budgétaire significatif n’a été réalisé contrairement à l’affichage du gouvernement : en 2025, la hausse de 1,95 milliard, s’est limitée à +0,48% du budget de l’Éducation nationale une fois corrigé de l’inflation. De plus, avec pas moins de six ministres depuis le début du second quinquennat, la communauté éducative est aussi très lasse d’être si peu considérée.
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Moins de lumière, plus d’étoiles : pourquoi de plus en plus de villes provençales éteignent leurs lampadaires
L’allumeur de réverbères de Saint-Exupéry, aujourd’hui, aurait peut-être du mal à trouver de l’emploi. En six mois, à partir de l’automne 2022, près de 30% des communes des Bouches-du-Rhône, et 20% dans le Var comme en Vaucluse, ont éteint leur éclairage public. Désormais, quatre communes sur dix, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, n’allument plus leurs lampadaires au cœur de la nuit, révèle une étude du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) réalisée à partir d’observations satellites et publiée le 30 juillet.
« Le sud de la région n’était pas un territoire qui éteignait beaucoup la nuit, pour des questions de ressenti sur l’insécurité notamment, explique Paul Verny, responsable de la mission éclairage du Cerema Méditerranée. La crise de l’énergie de 2022 a levé le verrou. Beaucoup de communes y sont arrivées, forcées par les difficultés financières. » C’est que l’éclairage public représente, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), 30% de la consommation d’électricité des collectivités, jusqu’à 18% de leur facture d’énergie.
Pièges à biodiversitéLes comptes sont rapides pour des municipalités frappées par les restrictions budgétaires. Dans le même temps, la rénovation des lampadaires s’est aussi accélérée : près de la moitié des communes des Bouches-du-Rhône ont réalisé de tels travaux lors de la dernière décennie, plus d’un tiers dans le Var et en Vaucluse. Saint-Paul-lez-Durance faisant figure de pionnière en France. Gérant l’éclairage de 23 communes, dont Marseille, la Métropole Aix-Marseille a ainsi déjà équipé 49% de ses 121 067 points lumineux de LEDs (contre 40% au niveau national). En plus du chantier lancé pour des « trames noires », elle a voté, en décembre dernier, un programme de près de 50 millions d’euros d’investissements pour rénover 20% de son parc.
Au-delà des enjeux budgétaires et de la sobriété énergétique, ces décisions apportent une nouvelle respiration à la biodiversité sur le territoire. « L’éclairage peut avoir des impacts forts sur les espèces la nuit, rappelle Paul Verny. Vous créez des pièges lumineux pour tout un tas d’insectes, qui deviennent des garde-mangers avec une surprédation, et vous créez des barrières lumineuses pour d’autres espèces obligées de les contourner. »
Lumières lucrativesCela d’autant plus que les abus ont été nombreux par le passé. « La compétence a disparu dans les collectivités, explique le responsable du Cerema. Alors les études sont faites gratuitement par les fabricants d’éclairages. » Dès lors, pourquoi se priveraient-ils d’ajouter quelques lampadaires de plus sur les chantiers qui leur sont confiés ? « Cela a généré des dérives, nous sommes parfois sidérés des niveaux lumineux que l’on mesure », souffle Paul Verny. S’ajoutent les demandes des habitants, y compris pour des hameaux en pleine campagne, mais aussi la multiplication des maîtres d’ouvrage. À Saint-Estève-Janson, si la municipalité travaille à la réduction de l’éclairage, c’est la Métropole qui a aménagé l’entrée de ville… avec force réverbères.
Mais les collectivités ne sont pas seules à illuminer la nuit. À Gignac-la-Nerthe, le dépôt logistique de Decathlon apparaît ainsi nettement sur les images satellites, fonctionnant 24 heures sur 24. « C’est plus compliqué de travailler avec ces acteurs parce qu’il faut aller voir chaque industriel et le coût est minime pour eux par rapport au reste », raconte le responsable du Cerema. Le parking de la gare TGV d’Aix-en-Provence en est un exemple. « Il est éclairé de façon catastrophique avec des projecteurs visibles de très loin, alors que c’est reconnu comme un secteur à enjeu environnemental », s’agace Paul Verny.
S’ajoute, enfin, l’échéance des élections municipales. « Cela fait plaisir aux habitants quand on rallume », reconnaît le responsable. Sur les 23 communes où la Métropole est compétente en la matière, quatre ont d’ores déjà réclamé le retour de la lumière. Les allumeurs de réverbères, finalement, trouveront encore du travail.



