Tag: Copropriétés dégradées

  • Logement social : le préfet du Var pourrait prendre la main

    Logement social : le préfet du Var pourrait prendre la main

    Le préfet du Var a présenté mercredi matin, devant la presse, les enjeux de la production de logements sociaux dans le département pour répondre aux besoins des ménages varois mais aussi comme vecteur important de développement et d’attractivité économique du territoire.

    « Nous allons commencer nos entretiens à partir de la semaine prochaine avec les maires des communes soumises à la loi SRU et qui n’atteignent pas leurs objectifs », explique le préfet du Var Simon Babre. Le début d’un processus qui, à l’aide d’un bilan statistique et des éléments d’appréciation qualitatifs sur les efforts fournis pour se rapprocher des objectifs de loi SRU va conduire à prononcer, ou non, le constat de carence et les pénalités associées.

    L’objectif étant d’augmenter la production de logements sociaux et tenter de réduire le nombre de demandes insatisfaites qui s’établit aujourd’hui à 36 826. Des ménages qui ne peuvent ni accéder à la propriété ni répondre en termes de revenus aux exigences du secteur privé, souvent bloqués dans des logements inadaptés et parfois indignes.

    Mais le représentant de l’État préfère voir le verre à moitié plein et mettre en avant un record, de 2 173 logements agréés en 2025. Le meilleur chiffre depuis 2018.

    Une progression qui s’explique, argumente-t-il, par le très grand nombre de Contrats de mixité sociale , 26 exactement, signés dans le département. Le classant en première position en France.

    Pour mémoire, ils permettent grâce à un dialogue avec les élus de définir des objectifs intermédiaires consensuels et réalistes, qui vont permettre d’apprécier le volontarisme des communes. Avec de très bons résultats enregistrés par endroits, comme à Toulon. La ville préfecture pourrait cette année sortir de la carence.

    Reste les communes réticentes, qui comme La Crau (qui n’atteint pas les 8%) et Carqueiranne n’ont pas signé de contrat de mixité sociale et s’obstinent à refuser d’appliquer la loi.

    Toulon pourrait sortir

    de la carence

    Là, le préfet prévient qu’il existe pour les contraindre à l’action des outils d’urbanisme opérationnels qui seront si besoin utilisés. « Ils vont être au cœur de la stratégie de l’État pour les prochains mois », annonce-t-il.

    Le premier consiste à récupérer le droit de préemption urbain. Ce qui veut dire que toute transaction immobilière doit être portée à la connaissance de la Direction département des territoires et de la mer (DDTM) qui regarde de quels fonciers et de quels bâtiments il s’agit et vérifie si on pourrait y faire des logements sociaux. Dans les communes où la production qui est restée atone, un examen systématique de toutes les déclarations d’intention sera effectué.

    Le préfet peut également reprendre la compétence de délivrance des permis de construire, considérant que s’il ne prend pas la main, rien ne se fera.

    Cette possibilité a déjà théoriquement été utilisée pour Carqueiranne. Mais « il pourrait y avoir d’autres communes concernées en fonction de la teneur des discussions que nous aurons avec les maires dans les semaines à venir », prévient-il.

    Et de se faire plus précis : « On peut focaliser notre attention et notre action sur les communes où rien ne se passe, où on a trop de demandes de logements sociaux insatisfaites, des problèmes de dignité de certains de nos concitoyens et qu’il est absolument nécessaire d’accroître le parc social. »

    À bon entendeur !

    Pour en revenir aux élus de bonne volonté, le représentant de l’État veut mettre en avant ce qu’il appelle « une révolution de financement », avec la décision du préfet de région en 2025 de réorienter une partie des aides à la pierre vers le logement social diffus et les réhabilitations de bâtiments pour en faire des logements sociaux.

    Celles-ci pouvant atteindre 35 000 euros par logement social dès lors qu’on démontre qu’on est dans une opération d’acquisition-réhabilitation. Ce qui va permettre de réorienter les choix des bailleurs sociaux qui, jusqu’à présent se focalisaient sur des programmes neufs et les grands ensembles, plus rentables économiquement, et pour ça, avaient besoin d’identifier du foncier vierge. Ce qui était contradictoire avec les objectifs de l’État de sobriété foncière, notamment le zéro artificialisation nette. « Cela permet de crédibiliser le modèle économique pour des petits programmes de logements sociaux ou des opérations réhabilitation », souligne Simon Babre.

    Pour en revenir au bilan de cette période triennale qui s’achève, il montre qu’il y a des communes qui acceptent de jouer le jeu, et les aménagements leur permettant de combler en partie leur déficit pour lesquelles l’accompagnement bienveillant de l’État va continuer. Et puis il y a des cas où les choses n’avancent pas, et où il y a besoin de débloquer les situations par la contrainte faute de volonté politique.

    Plus diplomate, Simon Babre préfère présenter ces interventions à venir comme « des outils d’aide apportée aux équipes municipales qui ont des difficultés à envisager certains scénarios ». Pourquoi pas. Le tout c’est de ne plus hésiter à « aider » les contrevenants qui se vantent de ne pas respecter la loi par pure idéologie et contre l’intérêt général.

    Leurs jérémiades ont assez duré.

    CHIFFRES

    38 826

    ménages ont fait une demande d’accès à un logement social dans le Var, pour seulement 3 730 attributions en 2025.

    Et sur les 11 982 demandes de changement, 781 ont été acceptées.

    22 millions

    d’euros ont été engagés par la Direction départementale des Territoires et de la Mer du Var (DDTM) pour le financement de nouveaux logements locatifs sociaux (LLS) en projet par des bailleurs sociaux et 4,5 millions d’euros de subventions leur ont

    été versés pour des projets en cours de réalisation.

    26

    communes varoises, sur les 44 soumises à la loi Solidarité renouvellement urbain (SRU) ont signé des contrats de mixité sociale (CMS) pour la période 2023-2025.

    Et concernant les copropriétés dégradées ?

    Interrogé sur le cas des copropriétés dégradées comme Pontcarral – là où la jeune mère de famille s’est donné la mort avec ses enfants – et la Grande Plaine, à Toulon, deux ensembles où la misère et le mal logement prospèrent, le préfet du Var Simon Babre, a répondu que « la politique qui consiste à traiter le sujet des copropriétés dégradées en faisant rentrer des bailleurs sociaux dans la propriété de ces ensembles est une politique gagnant-gagnant ».

    Puisque cela va permettre d’améliorer le sort des populations concernées, éviter les drames humains, et remettre aussi de l’objectivité dans la façon de comptabiliser l’habitat social, explique-t-il. Et de poursuivre : « Ce sont des logements pour populations modestes avec parfois des abus de la part des propriétaires privés. Et donc agir sur ces copropriétés, c’est une de nos politiques claires, et on le fait main dans la main avec certaines municipalités. »

  • À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    La défaillance du syndic de cette copropriété du 11e arrondissement et les lourdes dettes accumulées ont conduit à une dégradation du bâti et de graves dysfonctionnements qui ont conduit la justice à la placer sous administration provisoire, confiée à AJAssociés en 2023. Le 3 avril dernier, un plan de sauvegarde a été décidé par la préfecture en coordination avec les collectivités pour permettre d’engager des travaux d’urgence, notamment la remise en fonctionnement des huit ascenseurs qui desservent 16 étages.

    Plusieurs centaines de milliers d’euros ont été mobilisés par l’État, à travers en particulier des subventions de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) mais la situation financière non redressée plombait l’avancée des travaux. L’État a donc engagé en mars une nouvelle étape avec la décision prise en avril d’élaboration d’un plan de sauvegarde. À cet effet, un opérateur, dont la désignation organisée par la Métropole est prévue à l’automne, sera chargé d’assurer un accompagnement portant à la fois sur les aspects financiers et le suivi des travaux.

    Le 19 mai, face à l’inquiétude des copropriétaires et locataires de la résidence qui ne voient pas d’amélioration dans leur quotidien, une réunion initiée par Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, faisait un nouveau point d’étape sur l’avancement du dossier. L’Anah a accordé en octobre 2025, comme l’État s’y était engagé, rappelle la préfecture, « une subvention à hauteur de 50% du montant du devis de l’ascensoriste AMS proposé par les copropriétaires, soit plus de 700 000 euros ». L’administrateur a reçu l’agrément ainsi que l’avance de 70%, soit plus de 500 000 euros en janvier dernier. AJAssociés a lancé les appels de fonds auprès de l’ensemble des copropriétaires, « 3 580 euros en moyenne par copropriétaire, au lieu de 7 000 précédemment » précise l’administrateur. Cependant, AJA « n’est pas en mesure de signer les devis faute de fonds suffisants, seuls 19 copropriétaires sur 247 ont versé leur quote-part à date, soit 70 000 euros », indique la préfecture.

    Des procédures longues

    Auxiliaire de justice, le cabinet AJA est le seul en capacité de représenter juridiquement la copropriété, de rendre compte de sa gestion et d’engager des décisions opérationnelles. Parmi les copropriétaires, 64% sont bailleurs contre 36% occupants. « Mais nous sommes aujourd’hui tous coincés, or nous refusons de laisser sombrer Bel Ombre, de laisser les marchands de sommeil et le deal s’emparer de nos immeubles, comme c’est le cas dans d’autres copropriétés dégradées », plaide Yoann Titous, porte-parole de 130 signataires d’une pétition pour exiger des réponses d’urgence et être associés au comité de suivi du plan de sauvegarde.

    « Ces copropriétés présentent des dysfonctionnements depuis des décennies. Cela témoigne d’une fragilisation sociale sur un temps long de certains copropriétaires qui n’ont pas eu les moyens d’assumer leurs responsabilités d’entretien de leur bien, souligne la préfecture, ces renoncements aboutissent à un mur des investissements pour remettre aux normes les équipements qui se conjugue à un mur des impayés des charges ».

    Pour désenrayer la spirale, « nous voulons la transparence sur les devis car il y a un écart énorme entre celui présenté par AJA et ceux des copropriétaires et c’est en raison de ce désaccord que les fonds n’ont pas été réunis », objecte Radhouane Ouachani, membre de LFI, en soutien à l’association Préservons Bel Ombre qui réunit 148 propriétaires et locataires, sur 233 appartements. La transparence sera faite, s’est engagée Isabelle Epaillard.

  • Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    « On a abordé la réunion sous le prisme de la méfiance, il y a eu des moments houleux où les habitants en souffrance ont exprimé leur amertume », résumait Yoann Titous devant la salle archi-comble du centre social d’Air Bel, ce mardi. Porte-parole des 130 pétitionnaires, locataires et copropriétaires de Bel Ombre, il reconnaissait : « à la sortie, on avait une opinion plus favorable des institutions publiques, mais il reste qu’AJA pourrait faire un effort de communication. »

    Pour rappel, en 2023, les dettes cumulées de la copropriété du 11e arrondissement, des travaux urgents, mais impossibles à financer sur la remise en état des ascenseurs qui desservent 16 étages, la dégradation du béton sur les balcons et divers autres dysfonctionnements, avaient conduit le tribunal à en confier la gestion à l’administrateur judiciare AJA. Pour autant, en juillet 2025, confrontés à l’installation d’un point de deal, à la dégradation continue du bâti, à un seul des huit ascenseurs en état de marche et à des charges à la hausse, les copropriétaires et les locataires avaient alerté les pouvoirs publics.

    En octobre, une nouvelle séance de travail avait débouché sur des engagements. « L’Agence nationale de l’habitat (Anah) financera à hauteur de 50% les travaux urgents, notamment la modernisation et les réparations des ascenseurs. L’administrateur provisoire s’engage à solliciter d’autres devis permettant l’amélioration pérenne des conditions de vie des occupants », avait annoncé la préfecture.

    Vers un calendrier

    Plus de six mois ont passé, les impayés de charges s’élèvent encore à 750 000 euros, augmentés d’une « dette fournisseurs d’environ 250 000 euros », indique l’arrêté préfectoral. « Les comptes sont bloqués donc rien n’avance », déplorent les copropriétaires et locataires, qui se sont organisés en association et craignent de s’enfoncer encore. « On n’obtient aucune réponse d’AJA qui a décidé de remplacer les ascenseurs sur la base d’un seul devis alors qu’il s’agissait d’une modernisation », déplore Mohamed Ramdani, représentant de Préservons Bel Ombre. Les copropriétaires ont demandé d’autres évaluations et notent « des factures bien moindres ». Quant à la demande de transparence des copropriétaires, le représentant d’AJA a balayé : « Nous gérons 500 mandats sur le territoire français. nous n’avons de comptes à rendre qu’au tribunal. » Au regard des situations dans lesquelles les habitants des Rosiers, du Mail, du Parc Corot, de la Maurelette, de la Mazenaude, de la Sauvagère ou de Benza s’enlisent, un membre du collectif intercopro Marseille interroge : « Mais ils en sauvent combien ? »

    Autant dire que ce dernier tour de table initié, mardi, par la préfète déléguée pour l’égalité des chances, était nécessaire. Isabelle Epaillard a réaffirmé sa volonté de trouver des solutions, « il y a urgence à avancer ». Elle a proposé un diagnostic par un tiers afin d’avoir de quoi établir un calendrier des travaux. Pour sa part, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge du logement et nouvellement élue à la présidence du bailleur social métropolitain PML, précisant que « la Ville intervient au titre de son pouvoir de police lorsqu’un désordre est constaté », a prorogé pour la 4e fois, la phase contradictoire déjà engagée. Une décision « assise sur l’acceptation du plan de sauvegarde ». De quoi voir s’éloigner la crainte, chez les copropriétaires, d’un arrêté de mise en sécurité qui aurait de fait entraîné le gel des loyers, l’obligation de relogement et un endettement plus fort.

  • Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Adjointe chargée du logement
    Les moyens d’action

    Didier Gesualdi : On vous a confié l’une des délégations les plus délicates, celle du logement. Quels sont vos objectifs ?

    La question du logement est une priorité de l’action municipale depuis 6 ans. Évidemment parce que notre ville a des spécificités lourdes et parce qu’elle est impactée comme l’ensemble des grandes villes de France par des phénomènes qui sont liés à l’augmentation des meublés de tourisme, l’augmentation des loyers, la rareté du foncier… De façon très caricaturale, ma feuille de route a trois axes : premièrement la question du logement abordable avec l’encadrement des loyers, la production de logements sociaux, deuxièmement la question du logement indigne qui est très fort dans notre ville et dont la vacance se nourrit et troisièmement la question du parcours dans le logement. Vous l’avez noté, dans ma délégation il y a la question de l’hébergement d’urgence, ce n’était pas le cas dans la délégation de mon prédécesseur. Pourquoi ? Parce que précisément nous avons souhaité nous inscrire dans une prise en compte transversale du logement qui va de la rue jusqu’au logement privé. Le parcours du logement c’est ça mais aussi à travers les différents âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à celui des seniors.

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2020. Le logement, c’était l’un des moteurs du vote Printemps marseillais. Est-ce que le compte y est ?

    Nous avons énormément travaillé car nous avons hérité de pas grand-chose. Nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques et de services qui n’existaient pas. Je pense notamment à toute la politique d’hébergement d’urgence avec la mise à disposition de 15 sites et de 600 places. Je rappelle aussi l’ensemble des actions menées par mon prédécesseur sur la question du logement indigne avec la mise en place d’équipes dédiées pour traiter les périls, accompagner les ménages évacués, engager des politiques de travaux d’office. On partait de pas grand-chose, ça a été très long à mettre en place. Aujourd’hui nous avons des dispositifs qui fonctionnent, qui demeurent à amplifier bien évidemment, et des équipes efficaces.

    Didier Gesualdi : La semaine dernière sur ce plateau, Romain Simmarano disait que le Printemps marseillais avait désormais l’ensemble des mannettes.

    M. Simmarano a le mérite de faire de la politique et d’en faire plutôt bien mais nous n’avons pas l’ensemble des mannettes. Si c’était le cas, nous aurions l’ensemble des institutions publiques qui concourent aux politiques publiques sur notre territoire et donc le Département, la Région et pourquoi pas l’État ? Ça ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas. Pour autant, le travail que nous avons engagé avec la Métropole vise à nous délier les mains sur un certain nombre de sujets : propreté, transports en commun, voirie, logement… Cela va permettre des avancées notables pour la vie quotidienne des Marseillais. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que durant ces six dernières années, ce n’est pas sur le logement que la Ville et la Métropole ont le moins bien travaillé ensemble. Un certain nombre d’outils ont été créés. Le plan local de l’habitat a été voté. La Ville entre enfin dans la Soléma, la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, Provence Métropole Logement… Elle va irriguer la réflexion de ces outils avec ses objectifs municipaux.

    Léo Purguette : Rénovation des copropriétés dégradées, rénovation urbaine… Comment reloger les personnes ?

    Les besoins sont énormes on va avoir besoin de l’ensemble des outils pour reconstituer l’offre. On a relevé la jauge d’agrément des logements sociaux pour y arriver.

    Le logement indigne

    Léo Purguette : La lutte contre le logement indigne semble sans fin. Quand des logements sont réhabilités d’autres entrent dans l’indignité. Comment entendez-vous mener la bataille pour que le nombre de logements indignes soit réduit réellement ?

    Il commence à réduire. Nous avons moins de stock de logements indignes depuis quelques mois, moins de signalements. Preuve que le travail très pro-actif que nous menons depuis 6 ans commence à porter ses fruits mais on part de très très loin. Le travail qui est devant nous est encore énorme, c’est pour ça qu’on avait besoin de la société publique locale SPLAIN à qui nous avons transmis 34 immeubles de centre-ville à réhabiliter intégralement. On avait besoin de la puissance publique parce qu’il s’agit d’opérations lourdes, extrêmement onéreuses et qui nécessitent un volontarisme très fort. On a eu six ans de mise à plat, aujourd’hui on a des outils qui commencent à prendre leur pleine mesure, ça va nous permettre de démultiplier nos actions en maintenant un très haut niveau d’engagement. Nous maintiendrons un très haut niveau de contrainte également, je pense notamment au travail que nous menons contre les marchands de sommeil et qui est concomitant de notre politique de lutte contre le logement indigne. L’enjeu pour nous, c’est d’accompagner l’ensemble des ménages qui souffrent de ce fléau dans notre ville.

    Didier Gesualdi : Le permis de louer, c’est satisfaisant ? C’est suffisant ?

    Non on souhaite très clairement l’étendre pour, a minima, coller à la cartographie de l’indécence des logements dans l’hypercentre ou les quartiers nord. C’est une des réponses à ce problème.

    Le cadre de vie

    Léo Purguette : La précédente ministre du Logement, Juliette Méadel, avait mis la pression sur les bailleurs HLM sur la question de vie quotidienne : poubelles, boîtes aux lettres fracturées, ascenseurs en panne… Est-ce que ça a porté ses fruits ? Que ferez-vous en tant que présidente du bailleur PML ?

    C’est un peu récent pour en tirer un bilan mais l’angle est le bon. Effectivement, les pieds d’immeuble participent de la qualité de vie que l’on doit à nos résidents. Ça fait partie des premiers échanges que j’ai eu avec les équipes de PML et plus généralement avec les équipes de la politique de la ville. Nous avons eu un certain nombre de remontées d’habitants de logements sociaux qui étaient dégradés soit en extérieur soit en intérieur. Et le fait que nous ayons une relation plus apaisée avec la Métropole va notamment permettre d’avancer sur les encombrants…

    Les meublés touristiques

    Léo Purguette : À quoi bon construire des logements privés s’ils sont accaparés par les meublés de tourisme ? Que comptez-vous faire ?

    C’est un vrai enjeu. On estime qu’environ 2 000 logements sont concernés par an, donc si vous rapportez ça au nombre de logements construits par an, ça fait un sur deux qui disparaît. La Ville est quasiment au taquet de ce que la loi permet en matière de contraintes. Nous avons fait baisser le nombre de jours quand on est sur une résidence principale de 120 à 90 jours avec obligation de déclaration et pour les résidences secondaires, il faut une demande de dérogation et reconstituer l’offre c’est-à-dire mettre un bien équivalent dans le marché locatif traditionnel. La dernière option qui reste mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à avancer, c’est de modifier le plan local d’urbanisme pour interdire, comme à Paris, certains arrondissements complètement aux meublés de tourisme. Là on est sur une échéance un peu plus loin. Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est contrôler et c’est judiciariser les abus. Il y a des règles, elles doivent être respectées, on n’est pas un el dorado du tourisme mais une ville qui a des besoins de logements.

    Le logement social

    Léo Purguette : Dans le précédent mandat, la Ville a été critiquée pour l’insuffisance de construction de logements sociaux, le tir a ensuite été corrigé. Quels sont vos objectifs en la matière ?

    Nous les avons votés avec le programme local de l’habitat en 2024 : construire chaque année, 4 500 logements en tout dont 2 300 logements sociaux. Oui, nous avons rattrapé le tir puisqu’en 2025, la Ville a autorisé la construction de 2 480 logements sociaux dont les trois quarts sont des logements sociaux ou très sociaux, car vous le savez il existe des nuances au sein de la grande catégorie logement social. Si Marseille avait d’ailleurs un taux de logements sociaux acceptable au regard de la loi avant notre arrivée, c’est qu’il était essentiellement le fait de la construction de logements dits PLS, le plus haut niveau de logements sociaux. Or nous souhaitons que ce soit PLAI et PLUS, les catégories très sociales qui puissent être construites sur tout le territoire. Nous avons une dynamique de rattrapage qui est bonne puisque nous sommes à 103% de réalisation de nos objectifs triennaux. Nous les avons donc atteints et même dépassés.

    Léo Purguette : Allez-vous continuer à faire inclure des logements sociaux dans les programmes de construction ou des bâtiments de logements sociaux vont-ils sortir de terre ?

    L’un et l’autre ne s’excluent pas. On est plutôt dans une logique de maillage et donc de seuil dans chaque construction. Aujourd’hui à partir de 30 logements construits, il y a 30% de logements sociaux dus dans le programme. Je pense que c’est un bon outil pour favoriser la mixité sociale. Ça permet de construire du logement social partout. Il peut, demain, y avoir un objet de promotion unique sur la question sociale mais globalement, on est sur de petits lots qui viennent renforcer l’offre dans l’ensemble des arrondissements.

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous que des maires dans le département, dont le programme était de ne pas faire de logements sociaux, aient été réélus ?

    Leur programme était dans l’illégalité. Je le juge sévèrement parce qu’on a un objectif d’équilibre territorial à atteindre. Aujourd’hui, la Ville de Marseille a considérablement relevé le nombre de permis attribués à des logements sociaux et elle produit à elle seule 55%des logements sociaux de la Métropole alors qu’elle pèse 46% de la population. C’est Marseille la locomotive mais on ne peut pas tout faire à Marseille, j’appelle l’ensemble des maires à l’entendre.

    Didier Gesualdi : Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le foncier…

    On peut entendre toutes les limites de l’exercice mais on voit bien qui sont celles et ceux qui ont de vraies contraintes. Quand il y en a, il n’y a pas de constat de carence parce que l’État en tient compte.

    La vacance

    Didier Gesualdi : Des professionnels de l’immobilier disent que les règles anti-meublés touristiques sont telles que les propriétaires préfèrent garder leur logement vide plutôt que de jouer le jeu ?

    Ce n’est pas tout à fait les chiffres dont on dispose. La vacance se nourrit davantage de l’indignité. On est sur un phénomène de marchandisation du logement. Moins d’un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. On voit bien que c’est un investissement locatif avec des gens qui cherchent de la rentabilité. Nous, on cherche l’intérêt général.

    Léo Purguette : Allez-vous réquisitionner les logements vides ?

    J’aimerais beaucoup. La loi ne permet pas aux communes la réquisition. Elle est cassée immédiatement par le tribunal administratif car c’est un outil à la main du préfet. Il en existe d’autres comme le doublement de la taxe sur la vacance après deux ans et l’intermédiation locative qui permet à des propriétaires frileux d’avoir un tiers pour gérer la relation avec un locataire.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie : Pourquoi ne pas fixer le taux de logements sociaux par arrondissement ?

    Ce n’est pas le cadre de la loi, pour autant c’est l’objectif qu’on se fixe. L’objectif de mixité, on le pense à l’échelle de la ville. On ne souhaite pas que les logements sociaux soient tous dans les mêmes arrondissements ce qui a été le cas pendant très longtemps. C’est pour ça que nous avons souhaité faire baisser le seuil de construction de logements sociaux aux opérations de 30 logements pour que nous puissions égrener dans toute la ville des logements sociaux à l’inverse de ce qui a été fait par nos prédécesseurs. J’aurais une attention particulière sur les arrondissements très déficitaires. Je pense au 7e ou au 12e arrondissements, qui sont en très grande tension. Pas plus tard que lundi matin, j’étudiais un projet dans le 12e. Sans la baisse du seuil que j’évoquais, ce type de projets n’aurait jamais pu exister. C’est parce qu’on l’impose qu’il arrive dans l’objet de promotion, sinon, le promoteur n’aurait jamais fait cette proposition. C’est donc un dispositif très utile. Sera-t-il suffisant ? Je ne sais pas. À titre personnel je suis favorable à une évolution de la loi pour que l’objectif passe à 25% de logements sociaux par secteur municipal.

  • [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    [Rue de la République] Audrey Garino : « Le fil rouge, c’est le droit au logement »

    La Marseillaise : Comment travailler la question du coût du logement ?

    Audrey Garino : Ce problème est la conséquence de problématiques qu’on doit travailler avec de la production évidemment de logements sociaux mais aussi sur son coût propre et donc l’encadrement des loyers. La ville le demande depuis longtemps et on sera proactif pour que le gouvernement l’accorde à Marseille. C’est un des premiers combats politiques que nous porterons. Cela s’inscrit aussi dans la question de la transparence et des critères d’attribution de logements sociaux, et la régulation des meublés de tourisme.

    Et en matière d’habitat indigne ?

    A.G. : Dans la continuité de ce qui a été engagé sur la réhabilitation du parc ancien, sur la lutte contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil, on souhaite faire avancer certaines mesures comme l’extension du permis de louer. Il y a aussi pour les copropriétés dégradées le suivi des Orcod-IN. Comme l’encadrement des loyers elles ont été demandées par la ville, pas par dogmatisme mais parce qu’on a besoin de ces outils pour permettre aux Marseillais de mieux se loger. Puis on parle souvent du parc privé mais il y a aussi le parc social qui est dégradé. C’est une préoccupation et une réflexion globale pour accompagner ces locataires et rétablir le rôle de gendarme de la Ville sur tous les lieux de vie.

    Votre délégation comporte aussi la question de l’hébergement ?

    A.G. : Elle intègre les sujets d’hébergement d’urgence. Cela pose la question de l’adaptation du logement et ouvre la réflexion sur un véritable parcours dans le logement aux différentes étapes de la vie. Tout ça fait partie d’un plan d’action vaste avec une vraie réflexion sur un parcours de la rue jusqu’au logement. On a, à Marseille une réalité de sans-abrisme extrêmement forte, il faut adapter la réponse politique. Il ne faut pas simplement créer des places d’hébergement d’urgence, et on le fera parce que ça fait partie de nos engagements, mais aussi voir évoluer certains dispositifs comme Logement d’abord. Tout ça fait partie d’un plan d’action d’ensemble. Le fil rouge, c’est le droit au logement. Le logement est un droit dans la loi mais malheureusement pas un droit dans les faits. L’ensemble de nos réflexions doivent concourir à ce qu’il le devienne.

  • Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Huit ans après le drame de la rue d’Aubagne, la question du logement reste brûlante dans une ville touchée comme le reste du pays par la crise de la construction. Avec ici un gros enjeu : répondre à l’urgence sociale. Si la Métropole détient la compétence logement, la municipalité de gauche, l’origine des États généraux du logement en 2022, a activé plusieurs leviers depuis 2020.

    Objectif de 4 500 logements par an

    En matière de lutte contre l’habitat indigne, elle agit d’abord avec le pouvoir de police du maire. Plus de 3 300 signalements de logements potentiellement dangereux ont été traités par la Ville en 2024 pour un total 254 arrêtés de mise en sécurité, 220 arrêtés de mainlevée, 45 arrêtés d’insalubrité et 900 mises en demeure pour non-respect du règlement sanitaire, conduisant à la mise en conformité de 700 logements.

    Pour garantir la sécurité des habitants, Marseille recourt aussi aux travaux d’office lorsque les propriétaires défaillants n’agissent pas. En 2024, 102 procédures ont été engagées, pour un investissement de 3,9 millions d’euros. Depuis 2025, la baisse de ces procédures témoigne, selon la Ville, d’un effet dissuasif auprès des copropriétaires et bailleurs concernés.

    La lutte contre les marchands de sommeil constitue un autre pilier de l’action municipale. 194 propriétaires ont été signalés au procureur de la République et la Ville s’est constituée partie civile dans 14 affaires. Depuis 2020, 29 marchands de sommeil ont été condamnés.

    La transformation de l’habitat passe aussi par une rénovation urbaine de grande ampleur. À Marseille le programme est doté de 2,5 milliards d’euros, dont 650 millions de subventions Anru. Il concerne 14 quartiers NPNRU et 41 quartiers prioritaires, avec 3 450 logements à réhabiliter, 3 600 logements reconstruits pour compenser 3 000 démolitions. Parallèlement, plus de 32 millions d’euros de travaux urgents ont été engagés depuis 2023 sur des copropriétés dégradées. Fin 2025, les décrets déclarant d’intérêt national des opérations de requalification des copropriétés du Mail, des Rosiers, de la Maurelette et de Consolat, ont enfin été signés. Ils étaient attendus depuis 2022.

    Sur le volet de la production, la Ville s’est engagée à atteindre 4 500 logements par an. En 2024, 3 340 logements ont été autorisés, et 1 315 logements sociaux ont été agréés.

    Enfin, afin de contenir la tension locative, la Ville a renforcé la régulation des meublés touristiques. En 2024, 80% des 800 demandes de changement d’usage ont été refusées et 130 boîtes à clés illégales, retirées de l’espace public. En février, deux propriétaires à plus de 255 000 euros d’amendes pour des locations illégales. En parallèle, l’encadrement des loyers, en attente de validation ministérielle, constitue l’un des leviers majeurs envisagés pour préserver l’accès au logement des Marseillais.

  • Une troisième vague de rénovation urbaine

    Une troisième vague de rénovation urbaine

    Dans le salon de la Paix de la préfecture de région à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas attendu, comme il était prévu, la fin du second comité de pilotage national du logement pour faire sa principale annonce. « Nous allons avoir une troisième édition de l’Anru [les opérations de renouvellement urbain, Ndlr.] », lâchait-il tout de go face aux acteurs nationaux du logement social, de l’immobilier, du bâtiment réunis là. Une nouvelle vague de rénovations qu’il a souhaité lancer en urgence avant la présidentielle, « pour nous adapter aux rythmes des mandats municipaux ». De quoi accompagner les mesures qui figureront dans le projet de loi présenté en première lecture, avant l’été, pour faciliter la production de logements et atteindre un objectif de 2 millions d’ici l’horizon 2030.

    150 quartiers concernés

    « Jean-Pierre Raffarin avait décidé d’un premier Anru, avec le parti pris de venir traiter l’ensemble des logements d’après-guerre, Manuel Valls avait décidé d’un deuxième Anru tourné vers la mixité sociale. Il nous appartient de lancer cette troisième génération, qui permettra de traiter la période 2030-2040 », décrit le Premier ministre, face à la presse. La feuille de route esquissée lors du comité national prévoit cette fois d’intégrer aussi bien les enjeux de sécurité que de changement climatique, d’électrification des logements pour ne plus exposer leurs locataires aux flambées du prix du gaz, d’accès aux soins et aux différents services. « Jusqu’ici, l’Anru se basait uniquement sur un diagnostic bâtimentaire, explicitait le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun. Si on y met un critère fort de sécurité, un bâtiment qui crée de l’impasse, favorise le narcotrafic, on peut se dire que ça vaut le coup de le démolir. »

    Au total, quelque 150 quartiers à l’échelle nationale pourraient être concernés par cette nouvelle vague de renouvellement urbain, avec une ambition de pouvoir adapter les périmètres pour toucher les petites villes de moins de 25 000 habitants. Parmi les dossiers qui doivent être déposés avant l’automne, le Premier ministre évoque « 3, 4 ou 5 quartiers dans une ville comme Marseille ».

    C’est que son maire (DVG), Benoît Payan, a profité de ce comité de pilotage pour rappeler que « pendant des années, les acteurs locaux ont eu du mal à présenter des dossiers, avec des dossiers parfois inconsistants ». Et des centaines de millions d’euros de perdus derrière. Alors il accueille avec un large sourire cette nouvelle vague. « On sait qu’à Marseille, il y a des milliers et des milliers de logements indignes, qu’il y a des bailleurs sociaux qui ne font pas le travail, qu’il y a des copropriétés qui sont lourdement dégradées et notamment sous l’impulsion malsaine et malfaisante des marchands de sommeil », insiste-t-il face à la presse. Après la validation, en décembre, de quatre opérations d’intérêt national pour la requalification des copropriétés dégradées (Orcod-IN) à Marseille, il a profité de ce comité de pilotage pour défendre un renforcement de l’arsenal législatif. S’il est trop tôt pour indiquer où se porteront cette fois les chantiers du renouvellement urbain, il n’en souligne pas moins : « Il y a la question du centre-ville qui est très dégradé, et c’est vrai aussi pour le 3e arrondissement, mais il y a aussi des poches de pauvreté très fortes dans le 9e arrondissement. »

    Derrière l’annonce de la rénovation urbaine, le Premier ministre compte aussi, à travers son projet de loi, redonner la main aux intercommunalités sur les aides à la pierre et à la rénovation, donner le pouvoir aux communes de peser davantage sur les critères d’attributions de logements sociaux, y compris avec un veto sur celles-ci « qui puisse absolument être justifié par un trouble à l’ordre public ». C’est aussi la promesse de pouvoir créer des opérations d’intérêt local pour accélérer drastiquement les procédures administratives et restreindre les recours en justice en les unissant, l’allègement des critères d’aides pour la rénovation. Et le recul pour trois ans de l’interdiction des passoires thermiques, pourvu que les propriétaires promettent d’y faire des travaux. « Des propriétaires devraient dire à plus de 2 millions de personnes de sortir de leur logement, ce sera dramatique », justifie Vincent Jeanbrun. Dans une ville qui ne connaît que trop bien l’indécence de ces logements.

  • Un plan de sauvegarde en septembre pour les Rosiers

    Un plan de sauvegarde en septembre pour les Rosiers

    Quatre mois après la validation du Conseil d’État et la publication des décrets qualifiant d’intérêt national quatre opérations de requalification de copropriétés dégradées (notre édition du 29/12/2025), c’est un pas supplémentaire qui vient d’être franchi pour redonner de la dignité aux plus des 3 000 habitants des ensembles des Rosiers et du Super Belvédère, dans le 14e arrondissement de Marseille. Le 3 avril, à la demande de la Métropole Aix-Marseille, la préfecture de région a mis en place les commissions chargées de préparer les plans de sauvegarde de ces copropriétés dégradées, associant les habitants aux pouvoirs publics. Dans la foulée, l’établissement public foncier (EPF) Paca, chargé de piloter les quatre opérations d’intérêt national (Orcod-IN), a lancé vendredi les marchés publics pour rédiger les documents qui piloteront à la fois les lourds chantiers de rénovation (environ 600 millions d’euros sont prévues pour les quatre Orcod-IN) et l’accompagnement des résidents. De quoi pouvoir lancer, dès septembre, les premiers travaux d’urgence avec la signature du plan de sauvegarde. « Nous voulions que ça aille rapidement », confirme l’ex-vice-président (LR) au logement David Ytier. Avant deux ans d’études, et un chantier qui pourra s’étaler sur cinq ans.

    Marchands de sommeil

    L’urgence est bien connue. Le cahier des charges établi par l’EPF dresse un état des lieux détaillé de ces deux ensembles voisins, 723 logements répartis dans neuf bâtiments pour les Rosiers, « l’une des copropriétés les plus dégradées de Marseille », auxquels s’ajoutent 160 logements dans les petits immeubles du Super Belvédère.

    « Depuis une vingtaine d’années, la copropriété des Rosiers est entrée dans une spirale de dégradation », introduit l’EPF qui décrit les risques de chute de blocs de béton, les infiltrations d’eau depuis les toitures, les risques d’incendie depuis les gaines électriques, l’affaissement du sol, les fuites des canalisations, les ascenseurs vétustes, le manque d’isolation… S’y ajoute la « présence d’humidité dans quasiment tous les logements, amplifiée par la présence de ménages en suroccupation », des « nuisibles en abondance ». Et les trafics qui se sont installés. Alors les propriétaires occupants sont partis, ne représentant plus que 8% des habitants. « Des propriétaires bailleurs, profitant de l’effondrement des valeurs immobilières et de taux de rentabilité élevés les ont remplacés », explique l’EPF. Les multi-propriétaires représentent 54% des copropriétaires, avec parmi eux, de nombreux marchands de sommeil pointe son état des lieux. De quoi accélérer la chute, alors que les impayés, à hauteur de 1,4 million d’euros, représentent 107% du budget annuel, auxquels il faut ajouter 600 000 euros de dette auprès des fournisseurs. Un premier plan de sauvegarde avait été lancé entre 2001 et 2006. Le deuxième, entre 2006 et 2008, a échoué. « Quand on confie un plan de sauvegarde à un syndic qui ne fonctionne pas et contient en son sein un nombre de marchands de sommeil important, il ne peut pas fonctionner », pointe la maire (DVG) des 13e et 14e arrondissements, Tina Biard-Sansonetti. En 2024, la justice avait débouté la Métropole qui voulait nommer un administrateur judiciaire. Alors que deux syndics se sont succédé depuis 2017, elle a finalement réussi à en nommer un le 24 novembre dernier, tandis que l’EPF, après avoir freiné, s’est vu confier une enveloppe de 2 millions d’euros pour préempter les biens. « Une dizaine de lots ont à ce jour été préemptés par l’EPF », indique l’établissement.

    « L’activation du plan de sauvegarde en septembre est une bonne nouvelle, la puissance publique va pouvoir intervenir pour faire les travaux d’urgence », se réjouit désormais la maire des 13-14, qui espère voir débloqués rapidement les crédits de l’agence nationale de l’habitat (Anah), que devra réclamer l’administrateur provisoire. « L’enveloppe budgétaire du plan de sauvegarde ne peut pas être déterminée à ce stade », précise cependant l’EPF. Les études devront se pencher sur les volets techniques, financier, social, juridique, avec l’objectif de scissionner la copropriété.

    Aménager le quartier

    « Au-delà de la bataille sur les Orcod-IN, la Ville depuis cinq ans intervient de manière globale sur ce site pour porter un projet d’ensemble », précise aussi Tina Biard-Sansonetti. Le dernier conseil municipal du mandat avait notamment ouvert la voie pour transformer l’ancien Casino en halle sportive et culturelle. De quoi espérer redonner de la dignité pour ces habitants en grande précarité, « pour qui les Rosiers constituent la seule voie d’accès possible au logement », rappelle l’EPF.

  • [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    Ce week-end, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence et candidat à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    Sa Candidature

    Didier Gesualdi : Avant le vote de mardi pour choisir le futur président de la Métropole, vous avez construit votre candidature depuis longtemps. Pourquoi souhaitez-vous que ça change ?

    Avant d’être candidat, il faut savoir si la candidature que l’on veut porter a du sens. Je voulais être, j’espère être, je veux être, le candidat des 92 maires de cette Métropole. L’idée était de savoir ce qu’ils voulaient, s’ils avaient la même vision de ce qu’ils espèrent pour la Métropole. Donc, oui, j’ai essayé de voir le maximum de mes collègues sur ces dernières semaines, ces derniers mois, et j’ai même envie de dire, ces dernières années. J’ai pu échanger, j’ai senti qu’il y avait l’espérance d’une autre Métropole. C’est cette candidature que je veux porter, celle d’une Métropole des maires.

    Didier Gesualdi : La Métropole ça a l’air compliqué mais c’est le quotidien des habitants.

    Aujourd’hui, la Métropole est souvent pointée pour ses dysfonctionnements, j’espère qu’un jour elle sera pointée pour ses réussites. La Métropole s’occupe de beaucoup de choses qui font notre qualité de vie au quotidien, le meilleur exemple étant la propreté de nos rues, mais il y a aussi la voirie, l’environnement, les transports… C’est pour ça qu’il faut améliorer le service qu’elle rend. Pourquoi ça doit être la Métropole des maires ? Parce que lorsque vous êtes maire vous voulez que vos concitoyens vivent bien, qu’ils vous disent que la ville est propre, entretenue, qu’on circule bien… On veut le meilleur pour nos habitants.

    Léo Purguette : Si on vous entend bien, vous êtes porteur d’une rupture. Martine Vassal était pourtant de votre famille politique. Vous en avez parlé avec elle ?

    Oui, on a parlé de cela avec Martine à plusieurs reprises et avec Jean-Claude Gaudin avant elle. Il faut remettre en perspective ce qu’ils ont eu à faire : installer la Métropole que personne ne voulait, moi le premier. Fusionner de force les six intercommunalités, nous n’en voulions pas. Nous avions un fonctionnement en bassins de vie qui était optimal. On nous a imposé un changement. Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont eu à gérer cette installation, ils ont fait ce qu’ils ont pu dans les conditions que je viens d’énoncer. On ne va pas refaire l’histoire mais ils ont eu le mérite d’installer cette Métropole. Maintenant qu’elle est là et que nous allons la garder, il faut la transformer pour qu’elle soit plus efficace, à notre service.

    la Métropole « des maires »

    Léo Purguette : Vous défendez un fonctionnement réellement intercommunal, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires. La Métropole, demain, sera un outil. C’est-à-dire, par exemple, que lorsqu’un camion-poubelle va passer dans une rue, il va passer à la demande d’un maire, à l’horaire que souhaite le maire…

    Léo Purguette : C’est possible sans évolution de la loi ?

    Bien sûr. Prenons la propreté. Les décharges, le traitement des déchets, les incinérateurs, ça restera une compétence métropolitaine, et nous devrons le décider ensemble mais le passage des cantonniers dans nos rues, certaines villes comme la mienne ont la chance de l’avoir en gestion directe, d’autres ne l’ont pas. Demain, les villes qui voudront récupérer la gestion de ces hommes et de ces femmes méritants, qui nettoient nos rues au quotidien, auront la possibilité de le faire. En gestion directe, ils pourront décider des jours et des heures où passeront les cantonniers. Il n’y a pas besoin de révolution législative pour cela.

    Didier Gesualdi : Vous avez vu les maires de Marseille ? Aix ? Martigues ?

    J’ai vu tous les gros, tous les grands mais aussi le maire de La Barben, d’Aurons, de Saint-Paul-lès-Durance. J’ai vu ceux qui sont là depuis 30 ans et ceux qui viennent d’arriver. J’ai vu tous ceux que je pouvais, mille excuses à ceux que je n’ai pas encore rencontrés. Dans une Métropole des maires, tout le monde sera considéré. Il n’y a pas les uns contre les autres. Les ruraux contre les urbains, l’ouest contre l’est, Marseille contre le département… Tout ça, c’est fini. On est 92 ensemble, condamnés à réussir et à avancer dans un pack, un front commun.

    Didier Gesualdi : Les gens ont voté et élu des majorités différentes selon les communes. Il faudra quand même faire des choix, ce n’est pas pareil quand on est de droite ou de gauche ?

    Je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des sujets sur lesquels la droite et la gauche, ça compte. Par exemple, l’âge de départ à la retraite, on a des visions différentes. Mais pardon, quand il s’agit de circuler, tout le monde veut la même chose : qu’on aille le plus vite, le plus sereinement, le plus respectueusement possible d’un point à un autre. Qui dit aujourd’hui qu’il trouve très bien de mettre 2h30 en partant de Salon pour aller voir un match de foot au stade Vélodrome ? Et à l’intérieur des villes, les maires élus décideront comment on circule dans leur commune. Ce sont des sujets ni de droite ni de gauche.

    Léo Purguette : Quid de la gratuité en Pays d’Aubagne ? C’est un débat droite-gauche.

    C’est un débat à 92 maires. La gratuité, sur le papier c’est bien mais derrière il y a quelqu’un qui paye, donc il faut voir les avantages et les inconvénients. Je n’ai surtout pas à dire « ça va être comme ça », la Métropole des maires, c’est 92 qui décident œcuméniquement, dans l’intérêt général.

    le RN

    Didier Gesualdi : Que ferez-vous avec le RN qui pèse dans l’assemblée métropolitaine comme il a pesé dans ces élections ?

    Le RN et ceux qui le représentent dans cet hémicycle seront respectés. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu : moi président de la Métropole, on ne va pas arrêter de ramasser les poubelles à Rognac ou d’y faire passer des bus. Les Rognacais seront traités comme les autres. Pour autant, la participation du RN dans l’exécutif n’est pas possible. Tout le monde en convient. D’ailleurs ils ne l’ont pas demandé. Le RN a choisi lors des dernières élections de faire le maximum de listes dans le maximum d’endroits pour s’opposer au maximum à ceux qui sont maires aujourd’hui. On ne peut pas essayer de changer les maires en place et puis leur dire ensuite « on vient travailler avec vous ». Il faut être dans la cohérence, ils ne peuvent bien évidemment pas participer à l’exécutif.

    le Logement

    Léo Purguette : Le logement était attribué à David Ytier, un Salonnais, à qui reviendra-t-il ? Pour mener quelle politique ?

    Comme dans tous les autres domaines, c’est un expert qui s’en occupera. Je suis président de l’établissement public foncier, dans cette région il faudra construire 30 000 logements par an pour satisfaire les demandes locales, on n’en produit que 18 000. Nous n’avons même plus de quoi loger nos enfants, il faut produire du logement, c’est mon avis. Pas n’importe comment. Des logements, oui. Dans le respect des maires, oui.

    Léo Purguette : On vous accuse d’avoir freiné la rénovation des copropriétés dégradées.

    L’établissement public foncier marche très bien, c’est une de mes fiertés personnelles. Cela fait 10 ans que j’en suis aux commandes. On travaillait avec 150 villes, c’est maintenant 300. On avait 1,4 milliard de budget, c’est 2,5 aujourd’hui. C’est un outil utile mais on l’a chargé. Au début on lui a dit de faire du logement social, puis du logement tout court, puis du développement économique et maintenant les copropriétés dégradées. Attention à ne pas charger la mule. On a trouvé un compromis avec l’État pour éviter de tirer vers le bas cet établissement avec une mission trop lourde pour lui.

    Salon-de-Provence

    Didier Gesualdi : Ce vendredi vous avez annoncé l’arrivée d’une grande enseigne à Salon, qu’est-ce que cela dit de votre ville ?

    C’est extraordinaire. C’est le reflet d’une ville qui avance et qui réussit. Decathlon qui ouvre un magasin en cœur de ville, c’est une reconnaissance pour le dynamisme de Salon. Nous avions déjà eu des locomotives remarquables comme la Fnac, Nature & Découvertes, et désormais parmi les 600 commerces de cœur de ville, nous compterons Decathlon, qui figure parmi les deux enseignes préférées des Français. Avoir un tel aspirateur à clients, ça va être énorme. Pour moi, le commerce de proximité est un bien sacré. Salon ne sera pas ce qu’elle est sans lui, c’est un art de vivre, un vivre ensemble. J’en suis très fier.

    le rapport à Marseille

    Didier Gesualdi : Benoît Payan s’estimait maltraité par la Métropole. Vous en pensez quoi ?

    Chacun interprétera ce mot comme il l’entend. Effectivement, on peut se demander s’il est bien légitime qu’un maire – quel qu’il soit – n’ait pas la possibilité de décider de la surface des terrasses dans sa ville. Dans la mienne, je les gère et j’entends bien continuer à le faire. Il n’est peut être pas normal que dans sa ville, le maire ne puisse pas décider des heures auxquelles passent le métro ou le tramway… On va remettre l’église au centre du village. Ce sont désormais les maires qui décideront chez eux ce qui est bon pour leur commune, parce qu’ils sont légitimes. Derrière les maires, il y a les habitants qui les ont choisi. Ceux qui portent la voix du peuple seront respectés, nous suivrons leur desiderata, avec le plus d’efficacité et de loyauté possibles.

    Léo Purguette : Il faut tout de même construire un exécutif métropolitain. Y aura-t-il des Marseillais ?

    Oui, il y aura des Marseillais parce que Marseille, c’est une grande ville et qu’elle mérite d’être respectée. L’idée c’est qu’il y ait des représentants de tous les territoires à l’origine de la création de la Métropole. Il y aura des petits, des gros, des gens de l’ouest, de l’est, des sans étiquette, des sensibilités différentes mais il y aura surtout, ce sera le maître-mot, des compétences. Personne ne peut avoir la prétention de maîtriser tous les domaines, mais les élus qui vont s’occuper de chaque domaine auront toutes les compétences pour le faire. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que personne n’a dit « je veux X place » mais que tout le monde se demande qui est la meilleure candidature dans chaque domaine. Il y a beaucoup de talents vous verrez.

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le maire de Marseille lui-même participe à l’exécutif ?

    C’est à lui que revient la réponse à cette question mais pour que les choses soient clairement dites, oui je le souhaite. Pour autant, il a beaucoup de responsabilités, la deuxième ville de France à gérer. S’il est avec moi, comme le maire d’Aix et les grands maires du territoire, je crois que ce serait un joli signal. Après je comprends que les responsabilités quotidiennes ne sont pas les mêmes à Marseille ou Aix qu’à Lamanon, sans faire offense à quiconque.

    Didier Gesualdi : La présidence de la RTM reviendra-t-elle à un Marseillais ?

    C’est réglé. La question ne se pose même pas. Il y aura dans le conseil d’administration des représentants d’autres communes mais la RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. Elle s’est posée par le passé, elle ne se posera plus parce que ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin. Idem pour le centre de formation des apprentis d’Aix. Idem pour les conseils de surveillance de chaque hôpital. Trouveriez-vous normal qu’à celui de Salon, les deux représentants de la Métropole soient le maire de Cadolive et celui de Peynier ? Moi je ne me mêlerai pas de la gestion de l’hôpital d’Aubagne ou de Martigues. C’est du bon sens. On va remettre tout ça en ordre.

    Didier Gesualdi : Toucherez-vous aux « attributions de compensation », utiles aux maires mais parfois au détriment de l’intérêt métropolitain ?

    On ne touchera jamais un euro des attributions de compensation. C’est l’intérêt d’avoir un maire qui soit président de la Métropole. Nous avons bâti nos budgets sur cette recette, si on nous l’enlève, ce sont des services publics en moins. Ce n’est pas possible.

    Léo Purguette : Et l’État ?

    Même s’il les a regretté, je pense qu’il a profité des fameuses chicayas dénoncées par le président de la République pour dire « on versera de l’argent quand vous vous serez mis d’accord ». Ça tombe bien : nous sommes d’accord. L’État va venir nous aider, aider ce territoire. Le nerf de la guerre c’est la mobilité, l’habitat, l’environnement, le développement économique. Nous avons deux millions d’habitants c’est autant que la Slovénie, c’est un pays ici !

    la question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Diane :

    Bonjour, Monsieur Isnard, si vous êtes élu à la présidence de la Métropole, qui vous remplacera à votre fonction de Maire de Salon-de-Provence ?

    Personne, parce que c’est le plus beau mandat que je puisse avoir, être maire de sa ville c’est vraiment le mandat suprême que l’on puisse espérer. D’ailleurs, si je suis intéressé pour piloter la Métropole c’est parce que ce mandat est compatible avec la continuité de mon mandat de maire.

    Je pense d’ailleurs qu’il est essentiel que ce soit un maire, qui vit le quotidien de la Métropole, qui puisse la piloter. Je pense que c’est particulièrement complémentaire. Je resterai maire de Salon-de-Provence, cette ville à qui je dois tout, qui m’a fait. J’essaye au quotidien de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Je pense qu’en étant président de la Métropole, je pourrai faire bénéficier cette institution de la vie quotidienne d’un maire pour en améliorer le fonctionnement au jour le jour.

  • L’établissement public foncier va changer de tête

    L’établissement public foncier va changer de tête

    Un temps sous le feu des critiques pour avoir traîné des pieds face au dossier des copropriétés dégradées, l’établissement public foncier régional (EPF Paca) va changer de tête. Ce mardi a été publié au Journal officiel un appel à candidatures pour le poste de directeur général de l’établissement public chargé d’acquérir des terrains pour construire du logement social. Cela alors même que l’actuelle directrice générale Claude Bertolino, en poste depuis 2013, avait vu son mandat renouvelé pour cinq ans le 15 juillet 2023, et qu’un premier avis de vacance du poste avait été publié au mois de juillet dernier.

    Le changement de direction, prévu pour le mois de mai ou juin prochain, intervient au moment où s’accumulent les dossiers, après l’adoption d’un nouveau programme pluriannuel d’intervention 2026-2030. L’ordre de mission donne comme priorité le pilotage « à fort enjeu » des quatre opérations de requalification de copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-IN) à Marseille, mais aussi le rattrapage du retard sur la production de logement social dans les communes carencées alors que doivent être signés, après les municipales, de nouveaux arrêtés de carence, ainsi que l’accompagnement de la réindustrialisation et décarbonation du golfe de Fos « en facilitant la maîtrise du foncier à caractère économique et industriel ». Avec, pour agir, un budget de 190 millions d’euros dont 37 millions d’euros issus de la taxe spéciale d’équipement qu’ont refusé d’augmenter les collectivités, et une équipe de 93 salariés. Et pour la motivation, une part variable pouvant atteindre 25% du traitement « liée aux résultats obtenus au regard d’objectifs fixés annuellement par la tutelle ».