Tag: Consommation

  • [Procès Félix Bingui] Mohamed H. , un « Pirate » qui la joue profil bas

    [Procès Félix Bingui] Mohamed H. , un « Pirate » qui la joue profil bas

    Casier, parcours professionnel, personnel… À la barre de la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille, ce mardi 19 mai, deuxième jour de procès du clan Yoda, les co-prévenus défilent, sous le feu des questions de la présidente qui tente d’en savoir plus sur leur profil. Après Félix Bingui, présenté par les enquêteurs comme le chef de la bande la veille, et qui a consciencieusement nié en bloc toute implication dans le narcotrafic, est venu le tour de Mohamed H., dit le « Pirate » présumé bras droit du « Chat », qui aurait été en charge du ravitaillement en cannabis du réseau.

    Il fait plus que profil bas, rendant ses réponses inaudibles malgré les demandes réitérées de la présidente de hausser le ton et de parler dans le micro. À 33 ans, mis en examen pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment d’un délit de trafic de stupéfiant, il comptabilise neuf mentions à un casier judiciaire démarré en 2012, avant de passer en cours d’assises trois ans plus tard. Aujourd’hui au RSA, papa d’un petit de 3 ans qu’il n’a pu reconnaître, il tente de justifier ses allers-retours en Algérie, à Dubaï, en Thaïlande durant le temps de l’enquête, menée de 2021 à 2023.

    Un discours

    de circonstance ?

    S’il a traversé la Méditerranée, c’est en raison de sa séparation avec sa compagne et pour suivre une formation « sur la promotion immobilière. » Mais « cela n’existe pas en France ? Vous vivez de quoi à Oran ? », questionne la présidente, qui s’inquiète de savoir comment il se logeait sur place. « J’avais peu de moyens, mais des économies et puis aussi [le gain de] paris sportifs », lui lance-t-il. De quoi financer aussi des séjours au ski. « Il y a beaucoup de gens qui ont des économies monsieur dans ce dossier, vous avez les justificatifs de ces gains ? » rétorque la présidente, face à un prévenu bien en peine de lui répondre.

    Dubaï, où il a pourtant le titre de résident confirme-t-il, c’était au départ pour un mois de vacances. Avant de trouver un emploi de serveur par le biais d’un ami. Où alors c’est pour y faire des escales, dans le cadre de vacances en Thaïlande. Mais il en est revenu après avoir « réfléchi 6 mois », déplorant le niveau du loyer.

    Confus, dans un chuchotement, il évoque la gestion de magasins, la vente de cigarettes, des activités de taxi, dit miser sur son BEP carrosserie obtenu à l’âge de 18 ans, qu’il n’a pas terminé faute de stage pratique pour l’avenir.

    « En France, je souhaite assumer pleinement mon rôle de père », balance-t-il devant une présidente dubitative. Ses demandes de levée des obligations de contrôle judiciaire, refusées, et de pouvoir retourner dans les Bouches-du-Rhône, c’est pour « mon fils », insiste-t-il. « Ce n’est pas de circonstance ce discours-là ? Cela a beaucoup évolué dans le temps », constate-la présidente. Sur son parcours judiciaire, il se dit influencé. « J’étais mineur, j’ai eu de mauvaises fréquentations, mais j’ai essayé de trouver du travail », avance-t-il.

    Quand le procureur lui demande des précisions sur son rôle éventuel dans une affaire en date de 2010, dans laquelle Félix Bingui a été désigné notamment comme numéro 2 de la bande des Carmes, il réfute avoir été ravitailleur, assurant que ce dernier était son ami du point de vente. Son avocat, Gaëtan Poitevin, en rajoute une couche : « On essaie de vous associer à ce dossier où cette affaire ne serait que la continuité de la bande des Carmes et un trafic généralisé. »

    Et d’insister sur la bonne volonté de son client qui, après une consommation de cannabis importante, ne fume plus. Il faudra attendre les débats sur le fond de l’affaire, prévus pour la fin de semaine prochaine le concernant, pour rentrer dans le vif du sujet…

  • Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Au péage Prado-Carénage, les policiers du Groupe de lutte contre la délinquance routière (GLDR), effectuent leurs contrôles routiers habituels. Ils arrêtent une voiture « en fonction des signes visibles de manque d’entretien », souligne l’un d’entre eux, avant de sortir un test de dépistage de stupéfiants. 50 à 60 conducteurs sous stupéfiants sont arrêtés chaque mois, « une augmentation considérable », affirment-ils. Ces équipes sont rejointes dès aujourd’hui par des centaines de policiers, de gendarmes et de CRS, mobilisés jusqu’à dimanche autour de Marseille dans le cadre du renforcement des contrôles routiers sur tous les axes principaux et secondaires du département.

    Corinne Simon, la préfète déléguée des Bouches-du-Rhône, présente au péage Prado-Carénage mardi, explique que « l’objectif est de rappeler les règles principales pour les personnes qui entrent et sortent du département, à savoir le port de la ceinture, le contrôle de la pression des pneus et l’importance de s’arrêter toutes les deux heures ».

    Le protoxyde d’azote,

    un « véritable fléau »

    Depuis le 1er janvier, 30 personnes ont perdu la vie à cause d’accidents de la route à Marseille. Ce travail de prévention et de répression vise à « responsabiliser les automobilistes », dans un contexte de hausse des délits, selon la préfecture de police. Hervé, officier de police judiciaire présent au contrôle du péage ce mardi, explique que 80% des contrôles effectués sur les motos sont liés à des défauts de permis voire à l’absence de permis.

    Jusqu’à dimanche, l’accent sera mis sur les contrôles intensifs liés à la consommation d’alcool, de stupéfiants et notamment de protoxyde d’azote, « un véritable fléau » responsable de plus en plus d’accidents de la route, a souligné la préfète. « Depuis le 1er janvier, 25 automobilistes ont été arrêtés avec des bouteilles de protoxyde d’azote, un gaz qui vous fait complètement perdre vos moyens », a-t-elle déploré. La semaine dernière, un automobiliste sous protoxyde d’azote a provoqué un accident, son pronostic vital est toujours engagé. Le gouvernement entend d’ailleurs sévir sur le sujet, la loi Ripost, présentée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, entend punir de 9 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement la conduite après avoir consommé du protoxyde d’azote. Pour l’instant, les forces de l’ordre n’ont reçu aucune formation pour reconnaître et prévenir les risques liés à ce gaz, dont la consommation est en hausse.

  • La « consommation responsable », nouvel axe d’action affirmé

    La « consommation responsable », nouvel axe d’action affirmé

    Alerte sur la pollution des plages (1975), boycott du veau aux hormones (1988), interdiction du phosphate dans les lessives (2007), scandale des lasagnes au cheval (2014), lancement du Nutriscore (2017), encadrement des loyers dans les grandes Agglos (2020)…

    Depuis sa création en France en 1951, l’UFC Que Choisir a été de tous les grands combats contre l’industrie de la malbouffe et dans le souci de protéger les consommateurs des dérives de la société de consommation. À l’occasion de ses 75 ans, la célèbre association loi 1901 qui regroupe 4 500 bénévoles, 120 000 adhérents (dont 1 600 dans l’Hérault), 325 000 abonnés et 1 million d’inscrits à sa newsletter, a décidé de changer de nom et de logo mais pas de combat. Désormais, ce sera Que Choisir ensemble. À l’antenne de Montpellier qui fête ses 50 ans, Gilbert Rieu justifie la démarche. « On a un public plus âgé (en moyenne 69 ans) que celui des consommateurs (42 ans). On a voulu une image plus engageante, plus moderne pour nous rapprocher des jeunes et de leurs modes de consommation », justifie le président.

    1 598 litiges traités

    en 2025 dans l’Hérault

    Il est formel. Face à l’explosion du e-commerce, « les consommateurs se sentent parfois impuissants face au système. Ils ont besoin de se protéger, d’être briefés ». Pour l’association, cette étape est aussi l’occasion de compléter ses statuts. Ainsi l’objectif de tendre vers une « consommation responsable » fait son apparition. De même que les impacts de nos achats sur l’environnement et la santé sont gravés noir sur blanc. Pour une meilleure proximité, des abonnés et des personnalités qualifiées seront intégrés au conseil d’administration national de l’association.

    L’an passé, les achats groupés d’énergie de l’association ont fait économiser à 160 000 consommateurs quelque 25 millions d’euros dont 509 000 euros à 3 111 Héraultais. Dans ce département, 1 598 litiges ont été traités en 2025 (90 000 en France). À l’avenir, les achats groupés d’énergie et les tests comparateurs de prix seront maintenus. De nouveaux services (application « Quel produit », nouvelle plateforme « Que Choisir réclamations ») sont déjà proposés. Parmi les futurs combats figurent l’encadrement strict du démarchage téléphonique, la traque des frais bancaires injustes, un meilleur accès aux soins, la lutte contre les clauses abusives ou encore la réduction des emballages plastiques.

    « Notre combat ne change pas mais nous souhaitons agir davantage sur le système », insiste le responsable communication, Claude Gaubert. Que Choisir ensemble qui se bat contre les projets de retenues d’eau du Département de l’Hérault, contre le projet de forage de la Castillonne à Montagnac ou encore les déserts médicaux et les pesticides, serait-elle anticapitaliste ? « Nous n’avons pas d’a priori anticapitaliste. Mais on considère qu’il existe des besoins et droits essentiels qui sont altérés par des déséquilibres », répond Gilbert Rieu. Et Claude Gaubert de conclure. « Savoir choisir, c’est savoir dire stop. »

  • Hydrogène : un conduit XXL jusqu’à Barcelone

    Hydrogène : un conduit XXL jusqu’à Barcelone

    Ils promettent « une infrastructure stratégique transfrontalière pour l’hydrogène en Europe » dans laquelle Fos-sur-Mer aura toute sa place. Réunis sous la bannière du consortium H2Med, les sociétés espagnole Enagas et françaises NaTran et Teréga présentent leur projet BarMar à la population, ce mercredi, à l’occasion de l’ouverture de la concertation publique, qui s’achèvera le 6 juillet.

    BarMar, pour Barcelone et Marseille. Pourtant, c’est bien à Fos-sur-Mer, dans la zone du Caban, que cette canalisation sous-marine XXL devrait vraisemblablement arriver. Longue de 400 km, elle aura une capacité de transmission de 2 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an, d’ici 2032, soit « un quart de la consommation actuelle en Europe », précise le secrétaire général du projet, François Dedieu. Une station de compression sera installée sur la péninsule ibérique pour collecter la molécule et la pousser dans le tuyau d’un mètre de diamètre, posé dans le fond de la mer, à 120 m de profondeur maximum.

    Une autoroute énergétique prioritaire

    À l’origine du projet, un constat : le Portugal et l’Espagne augmentent significativement leurs capacités de production d’énergie solaire et éolienne et prévoient d’exporter plus de 1,6 million de tonnes d’hydrogène par an, d’ici 2030, « à des prix compétitifs ». De l’autre côté, la demande de certains pays européens, au premier rang desquels la France et l’Allemagne, devrait augmenter.

    « Ce projet répond à deux enjeux : celui de la décarbonation, puisque l’hydrogène renouvelable va contribuer au remplacement des énergies fossiles dans l’industrie ; mais aussi celui de la résilience et de la souveraineté du territoire, puisqu’il va permettre de remplacer les importations par des productions européennes », note François Dedieu.

    Dans les quantités projetées, l’hydrogène vert transporté par BarMar doit permettre d’éviter 1 à 2 milliards de tonnes de CO2 sur la durée de vie de l’installation. « Le bilan carbone de la construction de l’infrastructure représente 0,1% de cette prévision », affirme-t-il. BarMar s’inscrit dans le programme H2Med. Il a été désigné comme une autoroute énergétique prioritaire et reconnue par la Commission européenne comme l’un des projets d’infrastructure hydrogène les plus avancés en Europe. Un statut qui lui permet de bénéficier d’une procédure d’autorisation accélérée.

    Cette canalisation doit « faire émerger tout un tas d’infrastructures hydrogène dans le sud de la France », en se connectant à HySoW, projet qui vise à créer une dorsale de 670 km d’installations de stockage en région Occitanie, reliant les principaux pôles industriels de Bordeaux, Lacq, Toulouse et Port-la-Nouvelle, mais également à Hy-Fen, côté Rhône, et HYnframed, vers Manosque.

    Localement, beaucoup d’acteurs pourraient être alimentés dans le bassin de Fos. « Nous sommes soumis à des contrats de confidentialité, mais les principaux secteurs consommateurs sont la pétrochimie, la chimie et la production d’ammoniaque, confie François Dedieu. Les nouvelles activités comme la production d’acier bas carbone ou de carburants de synthèse en auront aussi besoin. »

    Pour le moment, H2Med est « en plein dans les études environnementales pour avoir un état initial de l’environnement bien détaillé », détaille Thomas Aüllo, directeur du projet BarMar. Mais il annonce déjà que le projet sera « neutre » en phase d’opération. La décision finale d’investissement devrait être donnée en 2029.

  • Énergie solaire collective : à Vitrolles, la boucle nord entre en service

    Énergie solaire collective : à Vitrolles, la boucle nord entre en service

    C’est l’aboutissement de longs mois de travaux. Début mai, la communauté d’énergie vitrollaise franchira une étape décisive : quatorze sites municipaux ainsi que des acteurs privés de proximité seront alimentés en électricité grâce aux panneaux solaires implantés sur les équipements publics de la boucle nord.

    Dans ce secteur, certains groupes scolaires sont déjà bénéficiaires de cette énergie locale et durable depuis peu : 70% des besoins de l’école Martine-Morin sont couverts par sa propre toiture, idem pour 65% de ceux de la crèche Renoir. Du côté de l’hôtel de ville, la solarisation couvre environ 30% de la consommation annuelle électrique du bâtiment.

    Dès ce printemps, le surplus produit sera donc partagé avec des acteurs du territoire situés à proximité, marquant le lancement de l’opération d’autoconsommation collective de la ville. Les boucles du centre et du sud-est de la commune suivront et seront mises en service pendant l’été, celle du sud-ouest sera quant à elle opérationnelle au printemps 2027.

    À l’abri des fluctuations

    du marché

    C’est en mars 2025 que la Ville avait signé une concession de 30 ans avec le groupement SerenySun-Watteos pour déployer une communauté d’énergie de grande envergure et produire de l’énergie de façon durable et locale grâce à l’installation de centrales photovoltaïques d’une capacité de 6 MWc. Une première, là où la plupart des initiatives existantes affichaient jusqu’alors une puissance inférieure à 1 MWc.

    À terme, près de 8 GW/h d’électricité renouvelable seront générés chaque année, soit l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de plus de 2 000 foyers. Répartie sur 25 sites municipaux pour plus de 26 000 m² de surface solarisée en toitures, ombrières de parking et bassins, cette production permettra de couvrir 29% des besoins de la commune tout en valorisant 90% de l’énergie produite directement sur le territoire. « Pour le moment, sept sites sont équipés », précise le conseiller municipal délégué à la transition énergétique Fouad Benihya (EELV).

    Si le bénéfice financier (estimé à 40 000 euros par an) peut ne pas paraître énorme, l’intérêt est surtout de « se mettre à l’abri des fluctuations du marché et de diminuer notre impact énergétique », détaille l’élu.

    Donald François, président de SerenySun, estime que « ce type de projet illustre une évolution concrète de notre modèle : une énergie plus locale, mieux répartie et plus accessible, au bénéfice des collectivités, des habitants et des entreprises ».

    Une réunion publique est organisée mardi 28 avril à 18h à la Maison de quartier du Roucas pour « faire point d’avancement de ce projet et expliquer aux habitants comment participer, que ce soit pour installer des panneaux chez soi ou s’alimenter », précise Fouad Benihya.

  • Une laine de verre locale et plus verte à Isover

    Une laine de verre locale et plus verte à Isover

    Les trois grandes cheminées blanches et rouges surplombant Orange, qui dégagent de la fumée 24 heures sur 24, sont celles du fabricant de laine de verre Isover. Et celle-ci, portée sur la diminution de sa consommation d’énergie et la conception de produits moins polluants, a ouvert ses portes ce mardi 21 avril pour faire découvrir le processus de fabrication, mais aussi ses derniers investissements et innovations.

    Le site de fabrication de la cité des Princes, construit en 1972, a connu de nombreuses évolutions depuis sa création. Ce que le directeur du site, Gilles Pfingstag, guide pour l’après-midi, n’a pas manqué de faire remarquer après avoir expliqué que l’usine produit chaque année de quoi isoler 170 000 maisons. Une visite commencée par l’extérieur et le nouveau parc à calcin, c’est-à-dire les matériaux issus du verre. « On en avait deux, maintenant on en a onze. C’est un stock tampon », explique-t-il. Avec le Mont-Ventoux en arrière-plan, ces stocks sont d’immenses tas de sortes de sable marron et de différentes teintes de vert. « Chaque calcin a des propriétés chimiques différentes », pointe Quentin Hérault, ingénieur et responsable fusion composition du site.

    Recyclage sur place

    S’ensuit le vif du sujet, à savoir la transformation des petits granules en laine de verre. Au sein de l’usine de plusieurs dizaines d’hectares, le directeur monte au deuxième étage. Là, un four électrique dernière génération, construit en 2023, où la matière est déposée à l’aide d’un grand bras mécanique automatisé posé sur un rail, fait fondre des centaines de kilos de calcin 24 heures sur 24. « Ces fours ne supportent pas le refroidissement, donc on ne peut pas vraiment les éteindre de toute manière », explique Quentin Hérault. Puis la matière en fusion est acheminée dans un dédale de tuyaux vers ce que l’ingénieur appelle des « assiettes trouées ». Ces dispositifs, où la matière entre à environ 1 000 degrés, font tourner le verre qui sort à travers de petits trous en filaments. Ce sont ceux-ci qui, en s’entremêlant en couches multiples, donnent l’apparence que l’on connaît de la laine de verre. Un coup de découpe, d’emballage et de compression plus tard, et les rouleaux sont sur une palette, prêts à être envoyés. Le tout est supervisé par une équipe d’une demi-douzaine d’employés dans une grande salle avec une multitude d’écrans et de données en tout genre.

    La direction du site a souhaité mettre l’accent sur sa volonté de diminuer son impact environnemental, notamment avec l’aide d’une nouvelle génération d’isolation, Lanaé. Cette nouvelle laine de verre, de couleur crème, moins jaune que l’habituelle, devrait totalement remplacer l’ancienne génération « d’ici un ou deux ans », espère Gilles Pfingstag. Le liant, qui permet aux fibres de rester collées entre elles, est biosourcé. Est aussi mise en avant la « technologie Oxymelt », à savoir le processus qui permet de recycler sur place la laine de verre utilisée et le calcin. « Si on mettait de la laine de verre directement dans le four, ça ne serait pas stable », explique Quentin Hérault. « Le verre, c’est recyclable à l’infini, il ne faut pas arrêter de le rappeler », abonde son directeur pour conclure. Avec l’objectif de fonctionner avec 80% de matière recyclée d’ici quelques années.

  • [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    [Entretien] Julien Guimard : « Réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain »

    La Marseillaise : Vous êtes un militant associatif très engagé. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

    Julien Guimard : Oui, d’autant que les réalisations d’aujourd’hui sont l’aboutissement de 20 ans de travail sur le terrain, que ce soit avec la foire bio que j’ai lancée en 2003, mais aussi par rapport à tout ce que j’ai mis en place pour créer du lien sur le territoire. Notamment avec l’association la Vallée du Gapeau en transition, qui a fait plein d’étincelles. Toujours dans cette idée de donner des moyens d’agir concrets aux acteurs d’un territoire. C’est comme ça qu’on a créé, entre autres, le magasin biocoopératif et la monnaie locale : la Fève.

    Et aujourd’hui, vous publiez
    «
     À l’aube de nos territoires »*, votre nouveau livre…

    J.G. : C’est un livre de portraits conçu à quatre mains avec des amis tout autant engagés, qui souhaitent, eux aussi, à leur échelle, répondre aux enjeux de notre époque. Je me suis occupé de l’écriture des textes, qui sont accompagnés des photographies de Virgil Prudhomme et des aquarelles de Canelle Mingo. L’ensemble a été construit, mis en page et articulé par Aurélien Prudhomme, designer graphique. J’ajoute qu’il a été imprimé dans la région. Il est le reflet de toutes ces années de militantisme pour montrer toutes les richesses du territoire, mettre en lien les consommateurs et les producteurs. C’est un petit peu l’actualité du moment.

    Que raconte ce livre ?

    J.G. : Nos rencontres avec des producteurs de la région, du département. Et parmi ces personnes, il y en a que je connais depuis 2 ans, 6 ans, 10 ans… Ce qui m’a permis de prendre le temps de vraiment avoir des discussions profondes avec eux.

    J’avais vraiment envie de raconter leur histoire et de montrer qu’ils ont un savoir-faire extraordinaire. On a l’une des meilleures permacultrices de France, un apiculteur formateur qui a une connaissance incroyable de l’abeille. Ou encore, par exemple, des gemmothérapeutes qui font du soin avec les bourgeons. Je voulais vraiment mettre en lumière tous ces gens-là. Sans cacher, bien sûr, leurs difficultés, mais on a souhaité surtout montrer de belles choses. Et je pense qu’à l’époque qu’on traverse, c’est important de montrer aussi de belles choses sur le territoire, de créer du lien et des rencontres plutôt que d’attiser les peurs. C’était ça, l’idée première.

    L’échelle locale trouve sa véritable valeur correctrice lorsque nous remettons en cause nos systèmes de production ravageurs et nos habitudes de consommation à outrance. Au-delà du simple « faire et consommer local », la dimension nourricière implique de réfléchir ensemble aux manières de produire et de se nourrir autrement, en respectant le vivant et les communs sur un territoire donné. Appuyés par des dynamiques citoyennes, de nombreuses villes et territoires prennent ainsi conscience des enjeux du système alimentaire, pour la prospérité des sociétés à venir, et tentent d’y répondre, affichant ainsi une volonté commune forte. L’objectif étant de mutualiser nos connaissances, agir d’une même voix, ici ou ailleurs, riches de nos origines, cultures ou situations socio-économiques variées. Vitaliser le territoire et réinventer ici et ensemble, à son échelle, le monde de demain… Un programme vaste et motivant !

    J’imagine que ces alternatives seront au cœur de la prochaine foire bio de Signes…

    J.G. : Bien sûr, d’autant que, pour cette nouvelle édition qui va se dérouler les 23 et 24 mai, nous aurons comme invité d’honneur l’écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste Cyril Dion. Il donnera deux conférences ayant pour thème « D’un monde à l’autre : le péril écologique nous confronte aux limites de notre planète ». La première sur place le samedi à 11h et le soir au jardin remarquable de Baudouvin, à La Valette.

    L’occasion, là encore, de montrer que nous sommes au bout d’un modèle et qu’il reste une nouvelle société à inventer en remettant l’économie à sa juste place. En attendant, pendant deux jours 100 à 120 exposants seront présents, avec des producteurs bio, des artisans-créateurs et beaucoup d’associations. L’idée est de créer une bulle qui montre un petit peu tout ce qu’il y a sur le territoire en matière de savoir-faire et de créativité, tout en offrant des moyens d’agir à celles et ceux qui souhaitent s’engager.

    *Précommandes sur : ulule.com/alaubedenosterritoires

  • Le Port de Marseille lauréat d’un appel à projet pour l’éolien offshore

    Le Port de Marseille lauréat d’un appel à projet pour l’éolien offshore

    « Le Grand Port Maritime de Marseille fait partie — ne le répétez pas, je vous le dis en exclusivité — des cinq ports lauréats de l’appel à projets pour le développement d’activités industrielles liées à l’éolien offshore » a annoncé le ministre des Transports, Philippe Tabarot lors de l’inauguration du branchement électrique des navires de croisière à quai ce samedi 11 avril à Marseille. Pas moins de « 82 millions d’euros seront investis par l’État pour permettre l’assemblage d’une trentaine de flotteurs par an et le stockage d’une dizaine » a-t-il complété, estimant que « Fos sera une place forte de l’éolien en mer en Méditerranée. »

    Les appels d’offres relancés par l’État le 2 avril dernier représentent une puissance cumulée d’environ 10 GW (5 GW d’éolien posé et 5 GW d’éolien flottant), répartis sur l’ensemble des façades maritimes: Fécamp-Grand-Large, Bretagne-Nord-Ouest, Bretagne-Sud, Oléron, Narbonnaise Sud Hérault, Golfe du Lion Centre et Golfe de Fos. Soit l’équivalent de six réacteurs nucléaires nouvelle génération d’EDF, les EPR2.

    L’objectif est d’inverser la tendance actuelle, en passant de 60% de pétrole et de gaz dans la consommation finale d’énergie en France à 60% d’énergie décarbonée d’ici 2030.

  • [Justice] Jusqu’à 30 mois requis au procès des anciens « bars à bouchons » de Marseille

    [Justice] Jusqu’à 30 mois requis au procès des anciens « bars à bouchons » de Marseille

    Des peines de 5 000 euros d’amende à 30 mois de prison très largement assortis du sursis, pour couvrir parfois des détentions provisoires, ont été requises, mercredi, à l’encontre des quinze prévenus du procès des anciens « bars américains » de l’Opéra.

    « C’est le dossier d’une époque révolue où les amateurs d’opéra croisaient ces dames aux vêtements tapageurs pour une clientèle plus toute jeune », a résumé la procureure, Soraya Ahras. « Ces bars sur deux rues pourries du Vieux-Port qu’on fait passer pour Broadway sont comme une valise à double-fond, où les prestations sexuelles tarifées sont directement indexées sur le niveau de consommation du client. » Et de citer l’un d’eux : « C’est comme si la fellation était incluse dans le prix des bouteilles. »

    Insensible aux postures d’innocence des tenancières, barmaids et hôtesses convoquées, la procureure a préféré souligner que « dans leur monde et leur mentalité, ces bars à bouchons dessineraient une zone de non-droit, donc de la loi du plus fort, pour que les hommes s’amusent, une zone où l’on veut créer un écrin de romantisme alors que s’y exerce le plus vieux métier du monde, avec celles qu’on appelle les “jolies filles” qui perdent leur nom pour un surnom ». Pour la procureure, « c’est du proxénétisme, même s’il s’est présenté à cette audience sous la forme d’une galerie de portraits joyeux ». D’où 7 peines mixtes requises comprenant 4 mois de prison ferme.

    « Les grands absents

    du procès »

    Seules parties civiles, alors que 52 filles entendues comme victimes dans l’information judiciaire ne réclament rien, les Équipes d’action contre le proxénétisme, représentées par Me Alain Lhote, ont rappelé la réalité criminologique du proxénétisme et réclamé 5 000 euros à chacun des quinze prévenus.

    Proposant au tribunal un « voyage au bout de la nuit » pour « tourner la page de ces bars », Me Alain Lhote a d’abord exprimé son regret sur « les grands absents du procès, ces hommes qui, dans l’ombre, étaient les organisateurs, les profiteurs d’une exploitation de ces femmes, hôtesses, barmaids, gérantes de fait ou de paille, ces protecteurs si mal nommés qui tiraient profit de ce commerce sordide ».

    Jusqu’à leur fermeture administrative définitive en 2016, une dizaine d’enseignes tournaient avec des clients qui réglaient rubis sur l’ongle des consommations surfacturées avant des passes à la sauvette, derrière un rideau ou dans les toilettes. « Tout est déguisé derrière le paiement salé des boissons. Quand la note arrive, 500 ou 1 000 euros, on rigole moins. La surfacturation est le cœur du business. On escorte même les clients au distributeur de billets »

    De rappeler que 40 000 personnes se prostituent en France, la quasi-totalité sous la contrainte d’un proxénète ou d’un réseau. Selon l’Office central de lutte contre la traite des êtres humains, 94% sont des femmes, 42% sont mineures. 51% ont subi des violences physiques. 64% sont insultés ou subissent des humiliations. 8% de la prostitution est réalisée dans des bars et salons. 62% sur internet. « L’exploitation sexuelle est la deuxième forme de criminalité la plus lucrative après les stupéfiants, dégageant 100 milliards de dollars de profit », a redit Alain Lhote.

  • Un projet pour sécuriser l’irrigation des agriculteurs en Vaucluse

    Un projet pour sécuriser l’irrigation des agriculteurs en Vaucluse

    Que les pluies abondantes des dernières semaines en Provence ne trompent personne. « Si on ne fait rien sur ce territoire en matière d’eau, c’est toute sa valeur économique qui s’effondre », alerte André Bernard, président de la Chambre d’agriculture de Paca et élu en charge de l’eau à celle de Vaucluse, en évoquant le projet Hauts de Provence Rhodanienne (HPR). Celui-ci vise à mieux irriguer et distribuer l’eau aux agriculteurs sur un territoire allant de Sorgues à une bonne partie du sud de la Drôme.

    68 000 hectares de terres agricoles concernés

    « L’idée est de prendre l’eau des affluents du Rhône et de l’amener à l’intérieur des terres dans un volume d’eau minime comparé au passé », précise celui qui est également président du canal de Carpentras et porte ce projet. Le territoire concerné représente 81 communes, 68 000 hectares de terres agricoles et 3 100 exploitations. L’urgence se fait sentir, avec « trois cours d’eau principaux (Eygues, Ouvèze, Lez) en déficit et une nappe souterraine du Miocène à préserver », dans un contexte de réchauffement climatique, précise la Chambre d’agriculture. « Ce territoire n’est pas sécurisé, contrairement au nord des Bouches-du-Rhône ou aux alentours de Carpentras, par exemple. Alors que son poids économique est supérieur à celui de l’Aude », précise le responsable de la Chambre d’agriculture.

    Ce qui passe également par des techniques d’irrigation plus contemporaines. Finis les sillons en plein champ qui entraînent une perte d’eau conséquente. La Chambre d’agriculture appelle à développer l’irrigation au goutte-à-goutte « quand il faut là où il faut », aidée par des outils de pilotage comme des sondes dans la terre pour être au plus proche des besoins. Mais, aussi, en cherchant à « améliorer la structure des sols pour retenir plus d’eau quand il pleut », abonde André Bernard. Le coût du projet, divisé en plusieurs tranches, est évalué à plusieurs centaines de millions d’euros. Pour ce faire, les responsables agricoles cherchent des subventions, avec l’idée d’en trouver auprès des Fonds européens de développement régional.

    Diversification

    Une zone dont 60% de la surface agricole est constitué de vignes. Or, les vignobles traversent une crise avec la diminution de la consommation de vin dans le monde. Dans ce même plan stratégique, le sujet de la diversification des cultures est également abordé. « Mais cela ne se fait pas sans d’eau à disposition », insiste André Bernard. Parmi les pistes évoquées : développer les légumineuses ou les plantes aromatiques, « pour contribuer à notre souveraineté alimentaire, notamment quand on voit la situation à travers le monde ».

    La Chambre d’agriculture a ainsi mis en place un « Point d’accueil diversification » pour les exploitants intéressés. Ils peuvent être conseillés par un spécialiste afin « d’avoir des premières pistes et préconisation pour bâtir un plan d’action », de « fournir les premières informations techniques, économiques, réglementaires et de financement, ainsi que les contacts clés pour avancer ». Ou encore « d’identifier les points forts et de vigilance », précise la Chambre d’agriculture. Même si les vignes devraient rester majoritaires.