Tag: Conseil régional

  • Alerte sur une « catastrophique » baisse de financement de la formation à la Région

    Alerte sur une « catastrophique » baisse de financement de la formation à la Région

    Ce vendredi matin, seules deux délibérations sont inscrites dans l’ordre du jour minimaliste du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. En pleine campagne des municipales, l’institution doit en effet débattre de ses orientations budgétaires pour l’année. Un débat qui avait été repoussé l’année précédente faute de budget adopté au Parlement. Passé au forceps du 49.3, celui-ci tombe avec de nouvelles coupes budgétaires pour la Région.

    « Nous étions, l’année passée, avec un M. Barnier qui nous avait fait une saignée pour nos territoires, nous sommes partis avec la même musique avec M. Bayrou », déplore le président (Ren.) de la collectivité, Renaud Muselier. Les mesures du projet de loi finances se traduisent ainsi par un manque de recettes de 51,5 millions hors investissement pour la Région. « On garde notre ligne de conduite, celle de la Cop d’avance : réindustrialisation, décarbonation, innovation et opérations d’intérêt régional », notamment pour l’industrie militaire, promet son président, qui souligne les investissements pour les Jeux d’hiver 2030, pour le rail. En coupant dans les « doublons ».

    Désengagement de l’État

    Face à cette situation, le Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) pointe, dans un avis publié jeudi, « une dégradation prévisible de certains indicateurs financiers ». La dette de la Région va passer de 3 milliards d’euros fin 2024 à 3,5 milliards en 2026, loin cependant de la cote d’alerte.

    « Les trois derniers exercices budgétaires ont été marqués par des baisses conséquentes du budget consacré à la formation professionnelle, qui ont eu pour conséquence la disparition d’un certain nombre d’organismes », déplore surtout l’institution consultative. Et d’alerter : « Une nouvelle baisse serait catastrophique pour les publics comme pour les entreprises. » Cela vaut en particulier pour les professions du sanitaire et du social. « L’absence de visibilité sur le maintien des engagements de l’État au titre du Ségur implique nécessairement un ajustement de la carte des formations, après plusieurs années de hausse très significative », explique le rapport d’orientations budgétaires. Après une coupe de 4,3 millions d’euros en 2025, la dotation devrait encore reculer de 3,1 millions d’euros. « On a fixé un plan avec l’État, et l’État se désengage ! » déplore Renaud Muselier. Pendant que les besoins, sur le territoire, restent de plus en plus criants.

  • Mobilisés pour briser le silence et lutter contre l’excision

    Mobilisés pour briser le silence et lutter contre l’excision

    « On doit tous se sentir concernés », avertit Jennifer Salles, conseillère régionale et avocate, lors de la 19e Journée mondiale de lutte contre l’excision, vendredi dernier. Dans la seule région Paca, 3 000 femmes victimes de mutilations sexuelles ont été recensées.

    Une réalité sous silence. « J’ai rencontré des femmes qui avaient vécu ça en France. On pense que ça se passe dans le pays d’origine mais c’est encore perpétué sous silence ici », témoigne la psychologue clinique Kawiyat Mohamed. Cette pratique d’ablation de l’appareil génital externe, touche majoritairement les femmes de culture africaine, depuis des générations. Condamné par la loi française et 18 pays d’Afrique, cet acte social ancré par les traditions reste pourtant toujours pratiqué.

    L’association Gams SUD s’engage dans la lutte contre l’excision, avec des actions qui se définissent en 3 mots :
    « Prévenir, protéger et reconstruire ». Les onze Maisons régionales des femmes font le relais pour la prise en charge de ces femmes. Ces institutions, unies contre les violences faites aux femmes, sont soutenues à hauteur de 10 millions d’euros par la Région Paca.

    Sensibilisation et prise en charge des victimes

    Méconnue par la population, le milieu médical et institutionnel, l’association Gams SUD s’engage à sensibiliser sur l’excision dès le plus jeune âge. Les bénévoles interviennent dans les lycées de Provence pour informer sur ces mutilations sexuelles féminines, comme au lycée Monnet de Vitrolles. Mais aussi auprès des parents et famille : le programme « Les vacances, c’est fait pour s’amuser, pas pour être mutilée » est mis en place pour repérer les signes précurseurs du risque d’excision pour une fille. Départ au pays, mention de « l’attachement aux traditions » : ces détails doivent alerter l’entourage. « Il faut sensibiliser auprès des familles », rappelle une participante, victime d’excision. « Une fois l’excision faite, on peut réparer mais il y a quelque chose de brisé. »

    La gynécologue Emmanuelle Cohen-Solal détaille la prise en charge de ces femmes, prévue par la Maison des femmes 13 :
    « Psychologique, sexologique, sociale, parfois juridique, et lorsque c’est nécessaire, je m’occupe de la réparation chirurgicale », précise-t-elle. Et d’affirmer qu’il faut améliorer les « actions de prévention dès le plus jeune âge, et renforcer la formation des personnels de santé ».

  • La majorité régionale fête dix années au pouvoir

    La majorité régionale fête dix années au pouvoir

    Le film promotionnel projeté devant la presse, ce mercredi midi, a beau ne pas être totalement fini, assure le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, la majorité régionale de droite et du centre est bien prête pour fêter ses dix ans à la tête de la collectivité. « On s’est dit à l’époque : ça va changer, ça a quand même bien changé », célèbre le président qui a inscrit ce bilan en tête de l’ordre du jour de la séance plénière ce jeudi.

    « Nous ne sommes plus le tiroir caisse des autres collectivités et de l’État », vante-t-il, en assurant avoir « restauré la justice territoriale ». Et d’énumérer les actions menées d’abord sous Christian Estrosi, puis sous son égide, avec le « premier budget vert d’Europe » qui certifie un impact au moins neutre pour chaque dépense, le développement du tourisme, le « meilleur contrat de plan État -Région de l’histoire », les milliards obtenus de l’Union européenne, les subventions pour les équipements de police municipale, les investissements dans les transports. « Nous avons doublé les lignes de train sur les réseaux ouverts à la concurrence », pointe-t-il. Et de célébrer les dernières victoires obtenues : 90 millions de subventions supplémentaires de l’Europe sur la Ligne nouvelle Provence – Côte d’Azur, la validation de l’État sur le pipeline d’hydrogène Barmar. Avec bien sûr le regard rivé sur les Jeux d’hiver des Alpes françaises en 2030. « On m’accuse d’être macroniste, finalement, sur les arbitrages, c’est pas mal », rit-il en visant son opposition RN.

    C’est l’occasion pour lui de défendre « un modèle politique qui gagne, autour du rassemblement et de l’addition ». Sans s’attarder sur le barrage républicain qui a empêché la Région de basculer à l’extrême droite.

  • [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Votre parcours en quelques mots ?

    Amal Couvreur : Mon engagement fut d’abord professionnel. Pendant vingt-sept ans, j’ai été assistante sociale, notamment auprès des personnes sans domicile fixe, à Nîmes et à la Croix-Rouge. Ensuite, j’ai coordonné un réseau de parentalité, ce qui m’a permis de rencontrer énormément de familles gardoises. En 2015, on est venu me chercher pour être conseillère départementale sur le canton Nîmes-2. J’ai accepté au lendemain des attentats de Charlie, qui m’ont beaucoup marquée et convaincue d’agir. Et depuis dix ans, je suis vice-présidente du Gard en charge des quartiers prioritaires et de la jeunesse, et conseillère régionale pour la solidarité.

    ENGAGEMENT

    LM : On vous qualifie régulièrement de « femme d’action », ça vous correspond ?

    A.C. : Je ne sais pas si c’est le terme exact, mais ce qui me porte, c’est d’améliorer le quotidien des gens, quand je le peux. Je garde toujours en tête que je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens. J’ai besoin de répondre aux gens : même si je ne sais pas, je me renseigne. L’écoute active, c’est essentiel. Le problème, c’est que le temps des habitants n’est pas celui de l’administration, ni celui des politiques. Mais je veux que les réponses soient rapides, sincères, et qu’on cherche réellement des solutions. Pour moi, l’action, c’est ça : répondre, accompagner, ne jamais laisser quelqu’un sans retour.

    Comment concilier écoute du terrain et décisions politiques ?

    A.C. : C’est un aller-retour incessant. Certains trouvent étonnant qu’on reçoive autant individuellement, mais c’est ce travail en face-à-face qui permet de construire du collectif. Avec nos permanences cantonales, que nous avions promises dès 2015 avec Christian Bastid, je vois entre dix et douze personnes par séance : plus de 3 000 personnes reçues. Ça donne une vision très précise du quotidien : logement, emploi, formation. Et parfois, quelqu’un me dit : « Vous n’avez rien fait », et ajoute aussitôt : « Mais vous avez écouté, vous avez appelé. » C’est ça ma façon de faire de la politique : partir du réel, comprendre les situations concrètes et ne jamais décider depuis un bureau sans entendre d’abord la parole des habitants. Ces échanges sont modestes mais essentiels pour bâtir une réponse collective. C’était notre seule promesse de mandat, et nous l’avons tenue.

    MUNICIPALES 2026 ET NÎMES EN COMMUN

    LM : Pourquoi être devenue n°2 sur la liste de Vincent Bouget ?

    A.C. : Je n’ai pas une grande culture partisane, je le reconnais, mais je fais partie des gens engagés. Et dans cette ville, il y a des centaines de bénévoles, d’associations, de citoyens qui aiment profondément Nîmes. C’est eux que je veux représenter. Dans le travail mené par Vincent et les équipes, avec le questionnaire citoyen, les réunions publiques et d’appartement, il y a cette idée de rassembler des personnes engagées pour leur ville, pas un « gros mot » de société civile, mais des gens qui agissent vraiment. C’est ce que je veux apporter : une ville où l’engagement individuel est reconnu et valorisé, où chacun peut se sentir légitime à participer, à proposer, à contribuer à l’avenir collectif.

    Vos priorités pour Nîmes en tant que n°2 de la liste ?

    A.C. : D’abord, aller au bout de la consultation : plus de 250 propositions ont été remontées, et tant que les questionnaires ne sont pas totalement analysés, on ne peut pas décréter des priorités. Mais je parle souvent de trois axes. Le premier : les services de proximité, indispensables pour la vie quotidienne et la sécurité globale. La sécurité, c’est être bien chez soi, sur le trottoir, avec un travail commun entre médiateurs, éducateurs, police municipale, et tous ceux qui connaissent vraiment le terrain. Le deuxième axe, ce sont les associations, qu’il faut soutenir et simplifier : trop passent plus de temps à remplir des dossiers qu’à agir, alors qu’elles sont l’un des piliers de la cohésion nîmoise. Le troisième, c’est l’éducation : notre parc scolaire est délabré, et chaque été ou hiver, on repart des mêmes constats. Il faut agir vite, vraiment, et remettre la jeunesse au centre des décisions municipales.

    MANDATS

    LM : Comment articulez-vous vos mandats actuels ?

    A.C. : Mes deux mandats, départemental et régional, sont très complémentaires, et ils me passionnent. Mais si nous sommes élus en 2026 – il paraît que je dois dire « quand nous serons élus » – je devrai choisir entre les deux. Je prendrai le temps nécessaire, car ce choix doit être réfléchi. Ce qui compte, c’est que chaque échelon permet une vision différente et utile : le département pour la proximité, la région pour la cohérence et l’ensemble. L’enjeu, ce sera de mettre ces expériences au service de la commune.

    Avez-vous un mot d’ordre qui relie ces mandats ?

    A.C. : Ma grande bataille, c’est l’égalité des territoires. Le centre-ville de Nîmes est magnifique, personne ne le nie. Mais notre problème, c’est que les enfants ne se rencontrent plus comme avant. Il y a une vraie fracture territoriale. Je veux que le gamin de Vacquerolles ait les mêmes conditions que celui du Mas de Mingue. On ne peut pas avoir une ville où tout se concentre dans un périmètre restreint et où les autres quartiers décrochent. Une ville apaisée, c’est une ville où les habitants se croisent et vivent dans des conditions équitables. Et c’est la même chose pour toutes les échelles où je travaille.

    UN MESSAGE AUX NÎMOIS ?

    A.C. : Je pense sincèrement que la politique n’est pas faite pour commenter les problèmes, mais pour trouver des solutions. Ce qu’on vit à Nîmes en ce moment ne donne pas un bon exemple. Pour moi, la politique est un service public, pas un spectacle. Le seul engagement que je prends, c’est une attention égale pour toutes les Nîmoises et tous les Nîmois, pas seulement pour nos électeurs. Je veux une ville qui protège, qui rassure, qui ne divise pas.

  • Comment détecter et prouver la soumission chimique

    Comment détecter et prouver la soumission chimique

    « Âgé de quatre jours à plus de 90 ans ! », déclare Leila Chaouachi lors de ce « Forum Respect pour les Femmes, pour en finir avec la soumission chimique ». L’information est choquante, mais ce sont bien les âges des victimes, majoritairement des individus de sexe féminin et de tout genre.

    Pour cette table ronde sur la détection des signes et le recueil des preuves, 420 personnes emplissent le hall comble. Mais alors, que faire ? « Lorsqu’on suspecte une soumission chimique, trois signes sont à repérer, informe le professeur Leonetti, médecin légiste et doyen de la faculté de médecine de Marseille. La sédation, les troubles de mémoire concernant des moments bien précis, ainsi que la désinhibition ou des attitudes inhabituelles. » Conséquence de tout cela, « l’anxiété », se greffe aussi.

    Le premier réflexe à adopter est de contacter le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS). Il oriente vers des centres spécialisés, dotés d’experts formés pour interpréter finement les résultats complexes des prélèvements. Il existe certes des kits de dépistage, mais ils sont incapables de détecter les dosages faibles. Or les molécules utilisées pour la soumission chimique peuvent être en quantité infime et s’éliminent très rapidement.

    Recueillir la preuve

    « Il faut recueillir la preuve avant qu’elle ne disparaisse », met en garde Anne-Laure Pelissier, professeur en Toxicologie Médico-légale au Centre hospitalier universitaire de la Timone. Trois types de prélèvements sont réalisables. « Du jour 1 au jour 3, il faut faire des analyses de sang et d’urine, ces dernières étant valides jusqu’au cinquième jour. Dès un mois, les prélèvements de cheveux sont possibles, jusqu’au sixième mois. Au-delà, les traces se raréfient », énonce-t-elle. Entre-temps, les coupes de cheveux, colorations ou décolorations sont à proscrire. « C’est bien plus tard que la victime pourra prendre le recul nécessaire et porter plainte », conclut la spécialiste. « Le vrai parcours pour beaucoup de victimes commence après », admet Leila Chaouachi, la fondatrice du CRAFS.

    CRAFS : 01.40.05.42.70 www.lecrafs.com

  • La grève continue au lycée du Golfe de Saint-Tropez

    La grève continue au lycée du Golfe de Saint-Tropez

    En grève dès le premier jour de cette rentrée pour s’opposer à la réintégration de leur chef d’équipe dont les agissements, disent-ils, portent atteinte à leur santé, les personnels techniques du lycée du Golfe de Saint-Tropez étaient à nouveau mobilisés mardi. Pour mémoire, ce cadre mis en cause avait été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire en novembre 2024 par le proviseur du lycée. Or, la Région a décidé de le réintégrer dans ce même établissement.

    « La vice-présidente s’est déplacée hier, nous a écoutés mais apparemment ne nous a pas entendus, puisque la collectivité reste sur ses positions », lâche Éric Moretti pour le syndicat CGT des personnels du conseil régional.

    Visiblement donc, le mouvement est parti pour être reconduit si rien ne bouge. Pas ce mercredi puisque les personnels sont reçus par la Région pour leur demande de protection fonctionnelle. Mais sans avancée… « La demi-pension a été fermée jusqu’à ce qu’une décision favorable pour les agents soit prise », confirme Florence Capello, en expliquant que « des alertes, au niveau du syndicat, ont été faites auprès des instances sur la protection des agents concernant la maltraitance ».

    « On vit ça au quotidien avec eux et on les soutient à 100%. Comme d’ailleurs toute la communauté scolaire, parce que tout le monde sait ce qui se passe au sein d’un établissement scolaire, les choses sont connues de tous », déclare une secrétaire sortie devant l’établissement pour accrocher une banderole.

    Elle ajoute : « Quand on voit les agents en pleurs, dépités, dans l’incompréhension… ça laisse peu place au doute ! Ce qu’ils vivent, c’est abominable ! »

    « En tout cas lorsque ce monsieur est absent, ils viennent au lycée avec le sourire », confirme Carine, agent administratif également. Et de poursuivre : « On ne peut pas aller au travail en ayant peur, en ayant une boule au ventre. »

    Des élèves de BTS venus exprimer leur solidarité sont visiblement choqués par ce que vivent leurs aînés. « Ça, c’est du harcèlement psychologique », tranche Ambre. « Et vous imaginez un harceleur qu’on remettrait à côté de la victime… »

    « Il faut soutenir tout le monde. Élèves comme profs ou agents du lycée. Pour moi tout le monde est au même niveau », insiste Lisa approuvée par Léa et Émile.

    La CGT rappelle que dans leurs revendications adressées à la collectivité, les agents ne demandent pas de sanction mais se contentent de demander la mutation de ce chef de service pour pouvoir exercer leurs missions sereinement.

    « Si le proviseur a pris cette décision l’année passée, c’est qu’il y avait des raisons sérieuses ou un dysfonctionnement grave », insiste Florence Capello.

    La vice-présidente Florence Bulteau-Rambaud, contactée hier par téléphone, a confirmé que le retour de ce cadre aux méthodes peu conventionnelles a bien été acté au sein de l’établissement. « Mais avec une fiche de poste adaptée, c’est-à-dire qu’il n’aura plus de fonction d’encadrement auprès des agents », précise-t-elle. Et de concéder également qu’« il est apparu au cours de l’enquête administrative qu’il y avait certains points sur lesquels cet agent devait être accompagné ». Visiblement, oui. Pour le moins.

    Pas sûr que cette position soit acceptable par les agents d’entretien.

    À suivre, donc.

  • Ouverture à la concurrence : les cheminots plus que vigilants

    Ouverture à la concurrence : les cheminots plus que vigilants

    Après l’annonce de l’attribution du troisième lot de lignes de Trains express régionaux à la SNCF, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence dans la Région Sud, les syndicats de cheminots montent au créneau.

    Voté vendredi dernier lors de l’assemblée plénière du conseil régional, c’est l’opérateur public historique qui a remporté le bras de fer face à Transdev, dans le cadre d’un nouvel appel d’offres. Concrètement, la SNCF garde la main sur cinq lignes, celles de l’est de la Provence et situées autour de Marseille (Marseille-Hyères, Marseille-Les Arcs, Marseille-Pertuis), mais aussi la fameuse ligne des Alpes, au cœur de la planification en vue des Jeux olympiques d’hiver 2030 (Marseille-Briançon et Briançon-Valence). Elle garde la main ou presque, puisque c’est encore via une filiale que l’entreprise a candidaté. « La société dédiée SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée opérera, pour le compte de la Région Sud et pour une durée de 10 ans, à compter de décembre 2029 », explique SNCF Voyageurs dans un communiqué de presse.

    De quoi inquiéter les cheminots. « On est très mitigés. On se satisfait que l’entreprise historique remporte cet appel d’offres. Mais on est très critiques sur cette fragmentation du réseau », analyse François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Il en veut pour preuve « les premières conséquences sur les lots 1 et 2 déjà ouverts à la concurrence », c’est-à-dire les lignes de l’étoile niçoise de la filiale de la SNCF Sud Azur et le Marseille-Nice de Transdev. « Il y a des difficultés dues au cloisonnement du service public, du fonctionnement par monceau. Le système ferroviaire n’est pertinent qu’avec un phénomène de mutualisation et de réseau unifié », développe-t-il. Des ateliers différenciés pour les sociétés respectives, et donc plus coûteux, mais aussi « des problèmes à la fois de correspondance et d’information aux voyageurs » sont cités comme points noirs.

    Un dumping social

    à venir ?

    Dans les deux cas, son syndicat pointe « des résultats similaires » en comparaison avec la période où la SNCF historique était aux manettes en matière de retard et de ponctualité. « Le service rendu n’est pas au rendez-vous tel que la Région le prévoyait, ils sont dans le positivisme permanent », tonne-t-il.

    Mais c’est surtout la question du transfert de compétences et des cheminots qui inquiète le plus les syndicats. Dans un communiqué de presse, Sud-Rail Paca s’interroge quant aux promesses de la Région pour ce troisième lot : « 30% de trains en plus, 30% moins cher ? Mais comment ? » Avant d’avancer une piste de réponse : « Le fait de créer une filiale pour chaque appel d’offres correspond à la volonté de remettre en cause les droits des salariés et de mettre en place le dumping social. » Car, comme pour la filiale Sud Azur, un transfert des cheminots de la SNCF historique est à prévoir, d’une entité à une autre. Et qui dit transfert, dit volontariat, ou pas, mais aussi remise en cause des accords d’entreprise. « Il y a environ 650 agents concernés par le transfert. (…) Suite au transfert, tous les anciens accords collectifs SNCF cesseront après un délai de 15 mois », développe l’organisation.

    En résumé : « C’est sur le dos des cheminots qu’ils cherchent à réduire les coûts pour être conformes au contrat », selon François Tejedor.

  • Entre ferroviaire et sports alpins, la Région tout schuss vers les JO

    Entre ferroviaire et sports alpins, la Région tout schuss vers les JO

    Le fil rouge, c’est la préparation des Jeux olympiques. » Pour l’avant-dernière assemblée plénière du conseil régional de l’année, la majorité de Renaud Muselier (Ren.) entend « accélérer » sur les différents projets en lien avec les JO d’Hiver 2030 dans les Alpes françaises en entérinant moult dispositifs.

    Le symbole de cette politique est évidemment la poursuite de l’ouverture à la concurrence des TER avec l’attribution d’un nouveau lot de lignes à la SNCF suite à un appel à manifestation (lire notre article du 17/10) dont la fameuse ligne des Alpes. Attribution votée suite à une passe d’armes avec son opposition d’extrême droite qui dénonce un « cirque coûteux pour n’avoir qu’une seule ligne régionale hors SNCF ». Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports (Ren.), artisan de l’ouverture de la concurrence, a paradoxalement défendu la SNCF : « Dans la concurrence, c’est le meilleur qui gagne. Tant mieux si la SNCF gagne deux fois sur trois. » Une référence au bras de fer autour de l’arrivée de Transdev pour la ligne Marseille Nice. De quoi faire le lien avec un autre rapport voté qui acte le déploiement de 522 millions d’euros pour « le désenclavement des Alpes ». Avec au programme : la régénération ferroviaire de l’Étoile de Veynes, et des conventions de financement des études de faisabilité pour plusieurs gares (celles de Chorges, Embrun, Les Ecrins et de Gap). En bref, l’exécutif régional vante « un programme ferroviaire plus ambitieux que prévu ».

    Parallèlement, le conseil régional a aussi voté une enveloppe de 9,6 millions d’euros pour les espaces valléens et les stations de ski en vue de « soutenir 52 opérations en faveur des stations, vallées et refuges ».

    Du fret pour Arles et Arenc

    Pas qu’en lien avec les JO, la Région fait aussi un grand pas dans le développement du fret ferroviaire avec le déblocage d’1,9 million d’euros pour le développement ferroviaire à Arles et à Marseille. Concrètement, la collectivité s’engage sur une convention de financement avec l’État pour la réalisation d’un terminal de transport combiné sur le port d’Arles. Même principe pour les études d’avant-projet pour l’allongement des voies de fret d’Arenc.

    Côté infrastructure sportive pour 2030, l’exécutif de Renaud Muselier tient à rassurer. D’où le vote d’un partenariat avec la Fédération française de ski, le Comité régional de ski Provence Alpes et le Comité de ski Côte d’Azur. Lesquels prennent la forme d’une convention pluriannuelle où la Région s’engage à soutenir la FFS et les deux comités. Autre dispositif d’importance en vue des JO, celui du « Pass sports de montagne » pour les lycéens du territoire. « L’ambition est de permettre à tous les jeunes, quels qu’ils soient d’accéder au sport sans barrière sociale et géographique. Et faire découvrir nos massifs alpins », explique Ludovic Perney, vice-président de Région en charge de la Jeunesse, des Sports. Avant de conclure : « Chaque jeune de notre région disposera d’un porte-monnaie numérique de 100 euros par an. Il servira à financer les forfaits de remontées mécaniques, les cours de ski, licences sportives ou l’achat d’équipement. »

  • La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    « On garde le cap et on assure la stabilité. » À la veille de la plénière du conseil régional, le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), ne semble pas perturbé par l’instabilité politique nationale et internationale. Au contraire, il y oppose « son fil conducteur : la COP d’avance, la préparation des JO d’Hiver et une politique financée et finançable, opérationnelle avec un calendrier rigoureux ».

    Le tout, symbolisé par la poursuite de sa « révolution ferroviaire », alias l’ouverture à la concurrence des lignes TER dans la région. Après l’attribution de deux premiers lots en 2021, les lignes de l’étoile niçoise à une filiale de la SNCF (Sud Azur) et Marseille-Toulon-Nice à l’opérateur privé Transdev, il annonce la mise au vote de l’attribution d’un nouveau lot lors de la séance plénière du conseil régional, ce vendredi. « Pour le 3e lot, on va avoir 30% de trains en plus et 30% moins cher », promet-il. « Dans cet appel à manifestation d’intérêt, le vainqueur est la SNCF, face à Transdev. La SNCF arrive en tête dans 4 critères sur 5, et ex æquo pour le 5e. » Sans surprise, il se dit « satisfait » des résultats de l’opérateur privé pour le Marseille-Nice, mais il note tout de même que « la SNCF, quand ils accélèrent, ça marche ».

    Des investissements massifs en lien avec les JO

    Comme quoi le service public a bon dos. « Dans la compétition qui a été engagée grâce à l’appel à projet, on se retrouve avec une SNCF qui est imbattable pour ce 3e lot », développe-t-il. Concrètement, ce lot concerne cinq lignes d’importance, dont la fameuse ligne des Alpes, qui est au cœur de la desserte des prochains JO d’hiver et qui va bénéficier de centaines de millions d’euros d’investissements, en vue de l’événement. Dans le détail, les lignes concernées sont donc celles de Marseille-Aubagne-Toulon-Hyères, de Marseille-Toulon-Les Arcs, de Marseille-Aix-Pertuis, de Marseille-Gap-Briançon et enfin celle de Briançon-Gap-Valence.

    Côté chiffres, Renaud Muselier annonce un coût de « 2,5 milliards d’euros ». Lesquels se décomposent en 1,8 milliard pour l’exploitation, 328 millions pour l’achat de 25 rames neuves, mais aussi « 48 millions pour la rénovation des centres de maintenance de Marseille-Blancarde et Briançon », toujours selon le président de Région. Il prévoit 4 ans de préparation jusqu’en décembre 2029, pour 10 ans d’exploitation. Reste à connaître la réaction des cheminots et de leurs organisations syndicales, bien peu friands de la filialisation de la SNCF, qui va de pair avec l’ouverture à la concurrence.

    De quoi faire le lien avec les Jeux d’Hiver 2030, chers au président de région, et d’autres mesures qu’il va mettre au vote ce vendredi : « Je suis content car j’ai le plan trains qui arrive avec, ça me permet de justifier la baisse du versement mobilité des entreprises. »

  • La Région réinterroge son soutien à l’insertion

    La Région réinterroge son soutien à l’insertion

    La Région va-t-elle sortir la tronçonneuse pour tailler une fois de plus dans les budgets de l’insertion ? Six mois après avoir approuvé une baisse drastique de 32 % de ses financements aux missions locales, le conseil régional de Provence Alpes-Côte d’Azur vient de lancer, ce lundi, une consultation afin de réaliser, d’ici juillet 2026, une mission d’évaluation de ses politiques d’accompagnement aux jeunes en difficulté d’insertion, dans un contexte « de contraction des finances locales », explique le cahier des charges. En ligne de mire, son soutien aux missions locales, écoles de la deuxième chance et écoles de production. Parmi les objectifs, la Région veut savoir si ces structures pourraient survivre « en cas de retrait partiel ou total de tout ou partie des financeurs publics actuels ».

    « L’exécutif régional avait inscrit ce sujet comme un enjeu de la mandature, proposant l’objectif d’un doublement du nombre de jeunes bénéficiaires d’un accompagnement en cinq ans », rappelle la collectivité. Mais, après avoir taillé dans ses budgets, elle s’appuie sur le dernier rapport annuel de la Cour des comptes dédié à l’emploi des jeunes, qui pointait « un lien de causalité incertain entre l’effort financier et l’amélioration de l’emploi des jeunes » ainsi qu’une « absence de stratégie d’ensemble ».

    Financement « à la prestation réalisée »

    Or, la collectivité finance à hauteur de 11 %, en moyenne, les 28 missions locales de son territoire à travers des subventions globales de fonctionnement. Elle est aussi, à travers un mandat de Services d’intérêt économique général (Sieg), le « dernier financeur » des six écoles de la deuxième chance et de leurs vingt antennes : les crédits régionaux représentent ainsi de 35 à 60 % de leur budget.

    Alors, la Région veut « harmoniser » et mieux cibler son soutien « pour maximiser l’effet de levier du financement régional ». Elle demande ainsi à la mission d’évaluation « de mettre en évidence, le cas échéant, d’éventuels frottements/doublons » entre les dispositifs, de « mettre en lumière la couverture territoriale » face à leur concentration sur Marseille. En particulier, elle réfléchit à faire évoluer le cadre juridique de son soutien aux écoles de la deuxième chance et, après avoir coupé dans les dotations aux missions locales, cherche des « modalités pour “relancer” le partenariat et établir une plus-value renouvelée de la présence régionale dans le pilotage de ce réseau ».

    Le futur modèle est déjà suggéré. « La Région attend, tout particulièrement, une réflexion sur la faisabilité juridique d’un soutien “à la prestation réalisée” », réclame-t-elle au cabinet qui devra réaliser cette évaluation.

    Les reproches de la collectivité sont translucides. « Le coût total d’accompagnement d’un jeune, d’une école à l’autre, et tous financeurs confondus, peut varier du simple au triple », déplore-t-elle. Réclamant d’interroger sur ces écarts les responsables des structures pour expliquer « en quoi ils relèvent d’anomalies ».

    Pas de quoi rassurer les acteurs du secteur, alors que l’union régionale des missions locales craignait, au début de l’année, la disparition de 10 % de leurs emplois, et que même les services de l’État, dans une note confidentielle, regrettaient « un ensemble de marqueurs du désintérêt de la collectivité pour les politiques de l’emploi, malgré le niveau historiquement élevé du chômage dans la région » (notre édition du 25/06).

    « L’ensemble de la stratégie de développement économique de la Région a pour objectif le dynamisme de l’économie locale et ses créations d’emploi, se justifie déjà celle-ci, dans son cahier des charges. Or, il est largement démontré que toute conjoncture favorable a un effet notable sur l’emploi des jeunes. » Tant pis pour ceux qui en sont le plus éloignés.

    « Le coût total d’accompagnement peut varier du simple au triple. »