Tag: Conseil Départemental

  • Les agents des Flamants interpellent le Préfet pour être regroupés sur Arenc

    Les agents des Flamants interpellent le Préfet pour être regroupés sur Arenc

    La voix est fatiguée mais la détermination reste entière. Après avoir occupé jusqu’à 4 heures du matin, vendredi, les anciens locaux de la Direction générale adjointe de la solidarité, à Arenc, les agents de la Maison départementale des Solidarités des Flamants ont repris leur travail depuis le siège du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. « On veut être relogé temporairement là-bas. Il y a quatre étages de libre, une salle d’attente, des bureaux, c’est l’idéal », explique une travailleuse sociale.

    « Unité de lieu protégeante »

    Le 13 octobre dernier, ces agents du Département s’étaient mis en grève après des menaces de mort proférées contre un membre de l’équipe par le réseau de narcotrafic implanté sur le secteur. Depuis, la structure était fermée l’après-midi. Puis un nouvel incident, début novembre, avait eu pour conséquence leur rapatriement à l’Hôtel du département. Mais les réponses apportées par le Conseil départemental, l’assurance de patrouilles de police, l’installation de caméras et le réaménagement de la liaison piétonne, ne satisfont personne. « Deux caméras… c’est une plaisanterie », glisse Valérie Marque, la responsable de la CGT.

    « Nous on reste sur nos positions. On n’a pas dormi de la nuit, on va voir avec les collègues, on agit au jour le jour, mais on n’a pas le choix », reprend cette dernière, précisant qu’une Assemblée générale est prévue lundi. « Elles répondent toujours au téléphone et essaient de se dépatouiller. Mais la Collectivité s’était engagée à nous mettre sur Arenc l’après-midi, c’est que c’est possible. »

    « On veut retourner aux Flamants mais le temps que cela se calme, on souhaite pouvoir travailler dans une unité de lieu protégeante. Les agents sont ciblés par le réseau, ils les connaissent ou leur ont fait des menaces et des intimidations. Des gardiens encore ont été menacés… Ils nous demandent de nous calmer parce que ça parasite leur trafic », explique encore la déléguée syndicale.

    Les services préfectoraux ont été saisis afin que le Préfet « intercède » auprès de Martine Vassal, la présidente (DVD) du Conseil départemental et de son cabinet. La situation serait presque un cas d’école alors que les pouvoirs ont le devoir de répondre au défi que lance les narcotrafiquants à la République assurait ce jeudi, le ministre de l’Intérieur, venu à Marseille pour rassurer une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci.

    « On parle d’union sacrée depuis ce dramatique évènement, c’est le moment de voir ce qu’il en est », conclut Valérie Marque. « Pour que le service public dû aux habitants se fasse, il doit être garant d’un lieu. La visite d’un côté, les services de l’autre, ce n’est pas possible. Il faut une unité, c’est cela respecter les habitants. On est tous à Arenc, on reçoit tout le monde à Arenc. »

  • Le Département de Vaucluse a encore de la chair budgétaire autour de l’os

    Le Département de Vaucluse a encore de la chair budgétaire autour de l’os

    La Gironde qui frise la mise sous tutelle avec un budget déséquilibré de 112 millions d’euros, la dette des Bouches-du-Rhône qui a explosé en dix ans (+244%), la litanie des conseils départementaux « en grande difficulté » est longue. « Le modèle économique des départements se désagrège là où la gestion n’a pas été solide », constate Dominique Santoni, présidente (LR) du département de Vaucluse, au moment ce vendredi, d’ouvrir la séance plénière largement consacrée au rapport d’orientations budgétaires.

    Un sombre tableau global qui permet, à l’inverse, de mettre en lumière que « le Vaucluse n’est pas dans cette situation, nos indicateurs financiers restent globalement positifs et solides ». « Nous avons un endettement et une capacité de désendettement inférieure à la moyenne et un investissement par habitant supérieur », se targue Jean-Baptiste Blanc, vice-président LR en charge des finances. Et la majorité de droite compte bien maintenir un « faible endettement ». C’est d’ailleurs l’un des trois piliers des orientations 2026.

    La gauche dubitative

    sur le RSA

    Un « pôle de stabilité » proclamé qui passe par la contraction des dépenses de fonctionnement, et donc une baisse du nombre d’agents. Pan sanctuarisé, celui de l’investissement à 132 millions d’euros dont l’aide aux communes (28,4 millions d’euros). « Nous maintiendrons nos subventions », insiste aussi Dominique Santoni. Histoire de ne pas rester sur une sensation de légère rigueur, la présidente annonce augmenter les dépenses sociales « de 12 millions d’euros pour atteindre 258 millions d’euros ». Attaquée ces derniers mois sur l’aide sociale à l’enfance (ASE) avec, en toile de fond, la réorganisation au sein du centre départemental enfance famille, la présidente érige le dossier en priorité. « Protéger les enfants, ce n’est pas une ligne budgétaire, c’est une responsabilité morale : j’ai décidé de reprendre personnellement la délégation de l’ASE », s’enorgueillit-elle, au moment où devant l’Hôtel du département, la CGT manifestait sur le sujet (lire ci-contre).

    Deux types d’interventions ont ensuite animé ce ROB. Des propos plutôt d’ordre général sur la politique nationale et le rôle même des départements : « On fait perdre beaucoup d’influence aux départements, on voudrait les tuer que l’on ne s’y prendrait pas autrement », estime Anthony Zilio, maire (SE) de Bollène. Jean-François Lovisolo, macroniste repenti, aura une intervention du même acabit. « On ne peut être que très inquiet sur le devenir de la collectivité », pense l’ex-député. À gauche, c’est le social qui domine : marotte de l’opposition, le RSA a été soulevé par Samir Allel (EELV) et Rémy Blanc (PCF). Alors que Dominique Santoni se targue d’un « succès sur le taux de retour à l’emploi de 60% après un an », les deux élus de gauche émettent de forts doutes. « Je ne peux pas croire que dans le contexte actuel de grande précarité, autant d’allocataires retrouvent un emploi », se montre sceptique Samir Allel. Rémy Blanc aussi soulève ce « paradoxe » entre « niveau de pauvreté, faible dynamisme d’emploi et remontées du terrains », se demandant si cette baisse n’est pas liée « à des radiations arbitraires ».

  • Vaucluse : une petite éclaircie financière en vue dans le budget du Département

    Vaucluse : une petite éclaircie financière en vue dans le budget du Département

    L’an dernier, au moment d’aborder l’exercice du rapport d’orientations budgétaires (ROB), Dominique Santoni évoquait « l’art difficile de gouverner, encore plus pour construire un ROB quand tant d’informations divergentes ajoutent encore à l’incertitude… ». La présidente LR du Département tablait sur 15 millions d’euros d’économies, actés finalement en janvier lors du vote du budget.

    Ce vendredi matin, lors d’une séance plénière consacrée en ouverture au ROB, le ton sera certainement plus adouci qu’il y a un an. Le climat est loin d’être au beau fixe non plus. « L’exercice 2026 semble à ce jour extrêmement incertain notamment en raison du contexte parlementaire qui complique l’adoption d’une loi de finances avant fin décembre », lit-on dans le document. Si le Département redoute toujours une ponction de l’État sur ses recettes de fonctionnement [baptisée Dilico], le discours, la semaine passée, du Premier ministre lors de l’assemblée des Départements de France, a plutôt rassuré. Sébastien Lecornu a ainsi confié que le Dilico ne concernerait que les Départements les plus riches.

    « Les notes de conjoncture laissent augurer une tendance pour les finances locales 2025 plus favorable qu’espérée en début d’exercice », relève le ROB. Pour 2026, le conseil départemental table sur des recettes en hausse à 791 millions d’euros contre 776 l’an dernier, quand elles n’avaient progressé que de 10 millions entre 2024 et 2025. Le Vaucluse s’en sort mieux que la moyenne « grâce à la discipline budgétaire ». Les divers indicateurs en termes d’en-cours de dette ou de capacité de désendettement [1,9 an contre 6,7 en moyenne pour les départements] restent largement en dessous des ratios nationaux. Reste à connaître ensuite les choix politiques qui en découleront, le ROB restant très flou en la matière.

    La CGT encore sur le pont

    Cela devient une habitude. Depuis plusieurs séances, le syndicat CGT des territoriaux installe un barnum revendicatif devant l’hôtel du Département pour inviter les agents à faire part de leurs doléances et poser une heure de grève. Un nouveau rendez-vous est fixé ce vendredi (10h30). Dans un communiqué, le syndicat relaie également une lettre ouverte adressée à la présidente Dominique Santoni (LR) « à la suite du retrait abusif d’un agrément d’assistant familial ». Une décision, retoquée par la justice, mais qui selon la CGT est le symbole « de choix arbitraires et inhumains, contraires à l’intérêt supérieur des enfants ». Et de réclamer plus de « dignité dans la protection de l’enfance ».

  • La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    Pour les professionnels de la protection de l’enfance, c’est une décision rarissime. Le jeudi 13 novembre, le conseil départemental a décidé de placer sous administration provisoire la Maison d’enfants à caractère social (Mecs) de Bois fleuri, à Saint-Loup (10e). Une décision motivée par une « situation d’urgence […] toujours d’actualité, en raison de carences manifestes » dans la gestion de l’établissement, pointe l’arrêté pris par le directeur général adjoint de la solidarité publié ce mercredi. Le cabinet DirecTransition disposera ainsi de tous les pouvoirs nécessaires à la direction des différents services de la Mecs pour « mettre fin aux difficultés constatées ».

    Dès le mois d’avril, une inspection de trois jours avait été diligentée par le conseil départemental au sein de l’Association Bois fleuri, qui gère 54 places d’hébergement pour enfants et 24 autres pour les mineurs non accompagnés de plus de 15 ans. Quatre mois plus tard, le 18 août, la collectivité adressait cette fois un courrier d’injonctions, dont certaines ne sont toujours pas satisfaites. « Les administrateurs de l’association ne s’impliquent pas dans le suivi de l’établissement de manière à garantir son bon fonctionnement ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des personnes qui y sont accueillies », torpille le Département dans son arrêté.

    Des signalements d’agressions sexuelles

    Il décrit ainsi « la rupture actuelle dans le pilotage et la gestion quotidienne » avec des plannings désorganisés, des difficultés de recrutements sur les postes vacants, des conflits entre la direction et les professionnels, des carences de gestions budgétaires, le non-respect des obligations légales… Mais surtout, la collectivité pointe « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles sur mineurs pendant près de quatre mois concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». Sollicitée, la collectivité indique ne pas pouvoir s’exprimer davantage, une procédure étant en cours.

    Dès le mois de juin les salariés avaient donné l’alerte, fait remonter des difficultés à fonctionner, à habiller, voire à fournir des repas corrects aux enfants. « Quand il manque des serviettes périodiques pour les ados, c’est nous qui en amenons, quand il faut conduire un enfant en rendez-vous, hormis l’essence, c’est encore de notre poche », explique un éducateur. Un autre confirme : « On manque de tout. Depuis juin, on ne fête plus un seul anniversaire, faute de bougie, de gâteau. » Les budgets ont tellement dégringolé que les crédits sont bloqués.

    Les effectifs ont également beaucoup varié dans les derniers mois, avec un énorme turn-over. « Beaucoup d’anciens ont craqué, d’autres sont partis en maladie. On rogne sur les postes donc on fait des contrats à des jeunes sans expérience, sans formation ni motivation. Les enfants sont laissés sans surveillance », déplore encore une éducatrice. « Quand il y a des enfants tellement traumatisés, atteints psychologiquement, qu’il faut une prise en charge spécifique et que rien n’est fait, on expose tous les autres au danger », regrette le directeur d’une structure associative.

    Le directeur général adjoint de l’association de son côté se borne à constater : « Nous avons été mis sous tutelle. » Et renvoie à plus tard toute communication.

  • Des menaces contre les agents des Flamants

    Des menaces contre les agents des Flamants

    L’emprise du narcotrafic à Marseille, les agents de la maison départementale des solidarités (MDS) des Flamants (14e) ne la connaissent que trop bien. Ce jeudi soir, ils ont décidé avec la CGT d’occuper les locaux du Département à Arenc et de s’y maintenir jusqu’à ce que la collectivité leur accorde de s’y installer pour recevoir les familles en sécurité. Une action lancée après de nouvelles intimidations dans leurs propres locaux, le 6 novembre dernier. « Trois personnes se sont présentées à l’accueil pour rencontrer la directrice, relate d’une voix blanche une agente de la MDS, sous couvert d’anonymat. Ils lui ont demandé de calmer les agents, lui ont dit qu’ils avaient fait un exemple avec un gars du réseau, et qu’ils offriraient des fleurs et des chocolats en gage. Mais ils demandaient de ne plus parler aux médias, de ne plus faire de vagues. » Déjà au début du mois d’octobre, des menaces de mort contre l’une d’entre eux avaient conduit à fermer l’après-midi (notre édition du 14/10). Désormais, les agents sont rapatriés au siège du conseil départemental, recevant les familles dans les autres MDS alentour. Leurs fenêtres, à l’hôtel du Département, donnaient sur le rond-point où Mehdi Kessaci a été assassiné. « Des patrouilles de police ont été renforcées et une demi-unité de CRS a été plusieurs fois mobilisée », assure la collectivité, alors que sa présidente (DVD) Martine Vassal, candidate aux municipales, a indiqué vouloir maintenir les travailleurs sociaux aux Flamants. Et le Département de promettre que le parking voisin de 13 Habitat sera rouvert, des caméras de vidéosurveillance installées, la liaison piétonne qui relie la MDS à l’avenue George-Braque, réaménagée pour « revenir bientôt à un mode de fonctionnement normal ». Pas de quoi rassurer les agents. « Nous avons peur des représailles, nous sommes tous identifiés », glisse une travailleuse sociale. « Nous ne paierons pas ce lourd tribut de l’angoisse », maintient la responsable de la CGT Valérie Marque.

    ET AUSSI

    La piste d’un crime commandité par « Mamine », le chef de la DZ mafia

    L’enquête sur l’exécution du frère d’Amine Kessaci à Marseille s’oriente, d’après les informations du Parisien, vers un contrat commandité par un détenu extrêmement dangereux : Amine O., considéré comme le vrai patron de la DZ. Multi-mis en examen, ce personnage apparaît dans l’enquête sur le meurtre d’un autre proche du militant anti-narcos, affaire fondatrice de son ascension criminelle. À 31 ans, Amine O., né à Marseille, est soupçonné d’être le véritable chef opérationnel de la DZ Mafia en France, un gang de narcotrafiquants historiquement phocéens.

    Royer-Perreaut propose d’ouvrir le débat sur la « dépénalisation du cannabis »

    S’il a pris du recul avec la politique, l’ancien maire des 9-10 et député (Ren), Lionel Royer Perreaut, est sorti de sa réserve jeudi. Dans un long post Facebook, LRP fait trois propositions « pour lutter contre cette hydre des temps modernes ». D’abord, la création d’une « Force d’intervention républicaine », composée d’anciens militaires ou légionnaires qui pourrait s’implanter durablement dans un quartier. Il propose aussi de confier au maire le pouvoir de réguler les commerces de proximité pour éviter les lessiveuses. Enfin plus inattendu, tant il a longtemps été contre cette mesure, il pense venu le temps « de poser le débat de la dépénalisation du cannabis et de la maîtrise de ce marché par l’État au même titre que celui de l’alcool ou du tabac ? »

    Un drame qui laisse « sans voix » Roberto De Zerbi

    Lors de la conférence de presse de présentation du match de l’OM face à Nice vendredi, l’entraîneur italien des Olympiens n’a pas manqué de réagir au drame. « Ce qui s’est produit me laisse sans voix. J’ai vécu des situations similaires dans ma ville, en Italie » a-t-il raconté. Pour lui, « ces choses-là ne devraient pas se produire. » Et de poursuivre : « Dans cette ville, le football n’a pas le même sens qu’ailleurs. À travers les performances que l’OM peut offrir, c’est l’occasion de donner des satisfactions qui vont au-delà d’un simple match de football pour les Marseillais. »

  • Nora Preziosi perd ses délégations au conseil départemental

    Nora Preziosi perd ses délégations au conseil départemental

    Une réponse directe à l’acte de candidature de l’ex-présidente de 13 Habitat, qui a annoncé, la veille, s’allier avec l’ancien directeur des relations internationales au Département, Erwan Davoux, en conflit ouvert lui aussi avec la présidente de la collectivité, pour une candidature aux prochaines municipales à Marseille. Dans un communiqué, celle-ci dénonce « un acte de vengeance de la part de Martine Vassal », précisant que le badge lui permettant d’accéder à ses bureaux a lui aussi été désactivé. Et s’interroge sur le fait que de telles mesures n’ont pas été prises à l’encontre du vice-président éric Le Dissès, après sa bascule à l’extrême droite. Et Nora Preziosi de réaffirmer que de tels actes « ne la feront pas reculer, bien au contraire ».

  • L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    Tambours, bénitiers, trompettes et pancartes. L’inauguration officielle du collège Loyola au cœur d’Euroméditerranée 2, dans les quartiers nord de Marseille (15e), laisse un goût amer. Ouvert en septembre avec 49 élèves répartis dans deux classes de 6e, l’établissement privé catholique ambitionne d’en accueillir 500 d’ici 2032. Conçu par le cabinet Dosse, le bâtiment de 4 500 m2 se veut, sur le papier, une « fenêtre » sur un quartier appelé à accueillir 30 000 nouveaux habitants.

    Écologie intégrale

    et spiritualité

    Loyola revendique une pédagogie inspirée de la tradition jésuite, basée sur la responsabilité, la coopération et l’ouverture à la diversité. « Apprendre aux élèves à aller vers les autres et à s’enrichir de la différence », résume le Père Aimé Yoh, son directeur. « Une pédagogie innovante et une éducation de qualité », dont le but vise notamment à accompagner chaque élève à « œuvrer en faveur de l’écologie intégrale et à découvrir sa voie personnelle vers Dieu », précise encore un communiqué. Si le second concept est évident, le premier, popularisé par le pape François en 2015, est plus ambivalent. En lien pour certains avec la pensée maurrassienne et une frange de la droite réactionnaire.

    Forcément, l’inauguration suscite la controverse. L’observatoire sur le financement des établissements scolaires privés (Ofsep), qui tiendra une conférence de presse en marge de celle-ci, a choisi de dénoncer « des choix politiques et financiers lourds de conséquences ». En cause, le soutien du Département apporté à ce projet privé, alors que les subventions aux collèges publics, qui viennent d’être versées, sont jugées « insuffisantes » par l’Ofsep qui réunit syndicats (Unsa, Sud, FSU, CGT) et associations (FCPE, LDH, Attac, Vigie laïcité, DDEN, LP13).

    Loyola a, en effet, bénéficié d’une subvention de 1,95 million d’euros du Conseil départemental et d’une garantie d’emprunt couvrant entièrement un prêt de 10 millions contracté par l’école de Provence. À cela s’ajoute la vente du terrain initialement destiné à un collège public par Euromed, l’établissement public d’aménagement conduisant une opération de rénovation urbaine du secteur.

    Pour l’Offset, ces financements, bien que légaux, « ne sont pas obligatoires » et traduisent un choix politique : privilégier un établissement confessionnel privé, non soumis à la carte scolaire, dans une zone parmi les plus sous-dotées en collèges publics. « L’argent public pour l’École publique », martèle l’Ofsep dans son communiqué, dénonçant un « séparatisme social et scolaire » et réclamant la construction d’un établissement public.

  • [Entretien] Hervé Cilia : « Nous voulons maintenir l’activité de l’Entraide »

    [Entretien] Hervé Cilia : « Nous voulons maintenir l’activité de l’Entraide »

    La Marseillaise : Le tribunal des affaires économiques a placé l’Entraide en redressement judiciaire, le 15 octobre dernier. Quelle est la suite pour vous ?

    Hervé Cilia : Il faut remonter au début. Il y a d’abord eu une conciliation qui n’a pas fonctionné. Ce que nous demandions, c’était de vendre notre établissement du Roy d’Espagne pour une somme aux alentours de 12 millions d’euros, afin de sauver L’Entraide et de pouvoir effectuer tous les investissements qu’il fallait. Si cela avait marché, nous n’en serions pas là maintenant. Nous avons basculé sur une procédure de sauvegarde de justice qui aurait pu aller jusqu’au mois de janvier 2026, mais nous ne l’avons pas souhaité. Le fait que le Département des Bouches-du-Rhône et la Ville de Marseille nous empêchent de vendre notre bien au Roy d’Espagne, et des visites de l’Agence régionale de santé (ARS) sur certains de nos établissements qui nous ont obligés à réduire notre activité tout en maintenant les personnels, ont fait qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Cela avait un deuxième intérêt, de pouvoir renouer un dialogue avec nos autorités de tutelle, l’ARS et le conseil départemental. D’après ce que nous avons cru comprendre, ces deux autorités auraient une « perte de confiance » vis-à-vis de l’Entraide. Je ne comprends pas pourquoi. Nous sommes historiquement un partenaire, nous nous occupons d’un service public de santé vis-à-vis de nos seniors. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’un appel d’offres a été fait, soit pour assurer un partenariat avec notre association et redresser l’Entraide, soit pour pouvoir racheter tout ou une partie de notre activité. Ce qui nous importe, c’est de maintenir les 900 résidents sur place et les 700 salariés, de pérenniser leurs emplois. Que ça s’appelle Entraide ou autre, peu nous importe : nous voulons maintenir l’activité, qui est nécessaire et utile au département. C’est pour cela que nous ne comprenons pas la position du Département.

    En juin, le conseil départemental évoquait des solutions, et au mois d’octobre, il ne veut rien d’autre qu’un repreneur. Que s’est-il passé entre-temps ?

    H.C. : Rien justement. Les réunions prévues n’ont jamais eu lieu. Nous avons fait un plan avec nos administrateurs judiciaires, avec différentes options à proposer. Ce n’est que la veille de la séance que le Département nous a envoyé un courrier pour nous dire qu’ils réfutent toutes les options proposées et refusent de nous parler. Et on arrive comme ça au tribunal des affaires économiques. Le président était furieux, le procureur encore plus !

    Comment l’expliquez-vous, ce revirement ?

    H.C. : Je pense que le Département des Bouches-du-Rhône se ment à lui-même et n’a pas les moyens. En revanche, ce qu’ils peuvent faire, c’est nous autoriser tout simplement à augmenter le prix de journée. Non seulement on nous interdit de vendre nos propres biens, mais en plus, c’est le Département et l’ARS qui nous fixent nos tarifs, et à chaque fois qu’on demande une augmentation, ils refusent.

    Vous avez aussi évoqué la situation de l’Ehpad de Pélissanne, dont l’ARS demande la fermeture…

    H.C. : Nous avons appris la nouvelle par une publication Facebook du maire de Pélissanne qui, lui, a prévu un Ehpad privé dans son plan local d’urbanisme. Nous avons des résidents qui sont là depuis plus de vingt ans, nous avons une résidente de 104 ans ! Est-ce que vous pensez vraiment qu’on peut déplacer une dame de 104 ans sans qu’il n’y ait des conséquences dramatiques ? Personne n’a compris. L’ARS dit qu’il y a une urgence à fermer, mais on se donne six mois. Alors, je ne vois plus le caractère d’urgence ! Ils parlent de maltraitance institutionnelle, parce que le jour où ils sont venus, il y avait moins de personnel avec les vacances et des arrêts maladie. Mais les soins étaient assumés dans la journée. Et ils se basent sur cette unique journée pour nous faire fermer six mois reconductibles !

    L’ARS parlait quand même de trois décès « potentiellement évitables » en un été…

    H.C. : Nous ne sommes pas en prison, nous ne fliquons pas les résidents ! Le fils d’un autre résident a ouvert le portail et l’a laissé partir. Quand on s’en est aperçus, on a immédiatement appelé la gendarmerie, ils ont fait une battue et ils l’ont retrouvé le lendemain, décédé. Pour le deuxième, est-ce que c’est évitable un suicide, quand une personne l’a décidé… Ceux-là, on n’a pas pu les éviter, mais il n’y a pas eu de négligence ou de maltraitance de notre part. En revanche, ce qui va être entraîné par le déplacement des personnes, là, c’est évitable ! Les familles sont remontées et nous sommes main dans la main avec les syndicats, nous sommes dans la même galère.

    Que va-t-il se passer après l’audience du 7 janvier ?

    H.C. : Le redressement court jusqu’en juillet. En janvier, on verra les offres sur la table. Elles vont être soumises à l’agrément du conseil départemental. Même là, on ne peut pas choisir qui va reprendre ! Si tout était refusé, le bout du bout, c’est une liquidation. Mais nous avons 50 millions d’actifs, nous serions les morts les plus riches du cimetière ! Si le conseil départemental et sa présidente souhaitaient mettre 700 personnes au chômage du jour au lendemain, ils auraient affaire aux syndicats. En pleine campagne des municipales, ce serait maladroit.

  • Le groupe Entraide placé en redressement judiciaire

    Le groupe Entraide placé en redressement judiciaire

    Moins de neuf mois après l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, le groupe Entraide a été placé en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Marseille le 15 octobre dernier. Un jalon de plus pour l’association qui gère sept Ehpad et autant de résidences autonomie dans les Bouches-du-Rhône. Grevée aujourd’hui par une dette de 37 millions d’euros, celle-ci devait assumer ses lourds investissements alors que l’activité s’était effondrée avec le Covid, s’alarmait le commissaire aux comptes qui avait rendu une « opinion avec réserve » sur le bilan de l’année 2023 face à une « incertitude significative liée à la continuité d’exploitation ».

    Pour le groupe Entraide, cet automne avait été fixé comme la période ultime pour recevoir un projet de plan de sauvegarde en raison des délais légaux, retraçait lors de l’audience du 6 octobre dernier l’administratrice judiciaire nommée au début de l’année. « Malgré des relances avec une certaine insistance, les administrateurs judiciaires n’ont pas été destinataires d’un projet de plan à ce jour », s’alarmait-elle. Et pour cause. Alors même que le conseil départemental assurait au mois de juin, au travers d’une délibération pour rembourser des dettes de l’Entraide, que « des scénarios sont désormais à l’étude pour une pérennité du groupe » à travers des cessions, des revalorisations des prix, de nouvelles subventions (notre édition du 27/06), celui-ci semble avoir changé de braquet.

    Ainsi lors de l’audience, le président de l’association Hervé Cilia craignait qu’il y ait une volonté de « tuer l’Entraide », partageant son sentiment « que l’association est mise à l’épreuve et que des obstacles lui sont ajoutés jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus les relever », comme le reprend le jugement. En filigrane, on retrouve les deux dossiers qui ont mis l’association sous les projecteurs médiatiques. La vente de la résidence autonomie du Roy d’Espagne, dans les pinèdes du 8e arrondissement de Marseille, et la fermeture ordonnée par l’agence régionale de santé de l’Ehpad du Clos Saint-Martin à Pélissanne le 12 septembre après les décès considérés comme « potentiellement évitables » de trois résidents cet été (notre édition du 30/10).

    En face, la représentante du conseil départemental jurait que celui-ci « est très préoccupé par la situation », mais qu’il reprochait à l’Entraide « des carences dans la planification ainsi que la gestion de ses budgets depuis plusieurs années ». De quoi étonner le président du tribunal. Alors que la procédure avait été ouverte au mois de janvier, celui-ci n’entendait que lors de l’audience « qu’un plan de continuation ne serait pas intéressant ». Et de s’interroger ouvertement « sur la vision du donneur d’ordre ». L’administratrice judiciaire elle-même indique qu’elle a sollicité la collectivité pour déterminer le nombre d’établissements à maintenir, sans réponse. La représentante du Département balaie : celui-ci « n’a plus confiance et ne souhaite pas soutenir un plan de continuation ». Ne laissant la porte ouverte qu’à d’éventuels repreneurs.

    Salariés éprouvés

    À l’audience, les administrateurs judiciaires minimisaient la situation à l’Ehpad de Pélissanne avec des mots dans la presse « qui n’ont pas lieu d’être ». Mais sans cacher leurs inquiétudes « sur la situation des autres établissements et sur l’accélération de la dégradation constatée ». « Les salariés se sentent, eux, abandonnés », alertait de son côté la représentante du conseil social et économique. Et de rappeler que la situation de l’association résulte « uniquement des conséquences de décisions politiques » faute de soutien du Département ou de l’ARS.

    Face à « son périmètre humain trop important pour ne pas utiliser tous les outils à la disposition du tribunal afin de trouver des solutions de sortie positive », celui-ci a donc prononcé le redressement judiciaire, donnant un pouvoir de représentation aux administrateurs judiciaires « pour tous les actes de gestion ». Rendez-vous est donné le 7 janvier pour apprécier la capacité de l’association à maintenir son activité. « La liquidation judiciaire potentielle sera également abordée », prévient le jugement.

    Sollicité, le Département n’a pas donné suite. L’association a indiqué qu’elle répondrait ultérieurement.

  • Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    L’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne a été reconnu coupable mercredi d’escroquerie aggravée au préjudice de notre système de protection sociale : plus de 400 000 euros détournés en trois ans en explosant son activité libérale et en double facturant des actes fictifs. Il écope de deux ans de prison avec sursis et de 100 000 euros d’amende. La condamnation est assortie d’une interdiction d’exercer pendant 5 ans sa profession en activité libérale au sein d’un hôpital public et à 5 ans d’inéligibilité.

    Le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, qui plaidait l’erreur, l’ignorance et le complot à son procès le 21 octobre, était le seul des 7 médecins avec activité libérale au sein de l’hôpital d’Aubagne, à avoir explosé le volume de remboursement d’interventions par la Sécurité sociale : 313 actes en 2019 pour 98 000 euros d’honoraires libéraux, 569 actes pour 159 000 euros en 2020 et 845 en 2021 pour 327 000 euros, soit cette année-là 113% d’activité libérale, un taux surréaliste et incompatible avec la limitation à 20% pour un praticien hospitalier public à temps plein déjà rémunéré 10 000 euros par mois.

    « Le volume de ces facturations indues exclut la simple erreur », considère le tribunal pour qui le chirurgien n’a pas seulement facturé en libéral des actes relevant du public, mais a également facturé des actes accomplis par des confrères à lui, leur « volant des malades », des actes fictifs remboursés une seconde fois par la Sécurité sociale. Ainsi des actes sur 57 patients du docteur Roge qui découvrait le pot aux roses, que le prévenu réussissait à se faire rembourser en faussant des feuilles de soins.

    « Ces comportements démontrent une réelle volonté de frauder, dans un objectif purement financier », énonce le jugement rendu par la 6e chambre correctionnelle qui observe que le praticien « se présente comme un médecin dédié au service public et ne faisant pas ce métier par appât du gain, alors que le tribunal peine à voir quel autre intérêt il y aurait dans ces actions, qui n’ont aucune plus-value pour le patient ».

    Les CPAM des Alpes-Maritimes, du Bas-Rhin, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, les moins impactés ont obtenu la fixation de leurs dommages-intérêts pour une poignée d’actes frauduleux. En revanche, les intérêts civils des CPAM les plus lourdement touchés, celles du Var, des Bouches-du-Rhône, de l’Ardèche et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, seront examinés à l’audience du 7 mars 2026. Le conseil départemental de l’Ordre des médecins obtient un euro symbolique.