Tag: congrès de la CGT

  • Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    Sophie Binet à l’offensive pour le 54e congrès de la CGT

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    « Un congrès de la CGT, c’est 1 000 luttes en puissance. » C’est devant plus de 1 000 délégués et avec un discours enflammé que Sophie Binet a officiellement ouvert le 54e congrès de la CGT, ce lundi. Lequel se déroule « dans un contexte inédit ». « Les bruits des bottes s’amplifient. Jamais l’extrême droite n’a été au pouvoir dans autant de pays », s’inquiète-t-elle. Une situation qu’elle lie avec la crise du capitalisme. « Pour le capital, la démocratie est maintenant un problème, c’est la raison pour laquelle l’alliée indispensable du capital, c’est l’extrême droite », analyse Sophie Binet. Elle prend pour exemple concret « le Medef qui, pour la première fois depuis 1945, traite le RN comme un parti comme les autres ». Et martèle : « L’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail. Face à elle, l’antidote c’est le syndicalisme CGT. »

    Des messages pas anodins puisqu’ils sont en lien avec les échéances électorales françaises à venir : « Nous allons nous mêler du débat présidentiel pour remettre les travailleurs et travailleuses au centre du jeu. » Elle s’adresse d’ailleurs à Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (EELV), Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), tous présents ce jour : « Je note que la CGT fait l’unité, pourvu que ça dure ! ». Et de lancer un « appel de Tours » : « aucun candidat n’aura les voix de la CGT, des travailleurs, sans s’engager à abroger la réforme des retraites ».

    Mais ce discours est aussi, et surtout, le moment pour elle de faire le bilan de son mandat. « Faisons les comptes, depuis 2023, quatre Premiers ministres contraints à la démission, cinq réformes enterrées, deux budgets d’austérité en partie vidés de leur contenu », énumère-t-elle. La secrétaire générale revient sur l’exemple de la réforme des retraites. « Nous avons refusé de tourner la page, nous avons fait échouer le conclave et décalé l’application de la réforme des retraites », se félicite-t-elle. Elle réalise aussi un bilan plus critique : « Il y avait plus de manifestants que de grévistes. Nous n’avons pas réussi à étendre la grève le jour où l’intersyndicale avait appelé à mettre le pays à l’arrêt […] Tous les syndicats CGT n’ont pas appelé à la grève. »

    FSU et Ictam comme dossiers chauds

    Le lien est tout trouvé avec les propositions émises par la direction sortante : « Nous sommes rassemblés pour adopter notre plan de bataille pour les trois prochaines années. Pour cela, tirons les leçons de la mobilisation contre la réforme des retraites. » Outre les orientations générales sur lesquelles les congressistes doivent se prononcer comme « socialiser les richesses pour mieux protéger » ou tendre vers une « planification industrielle et écologique », Sophie Binet évoque sans détour les propositions qui peuvent provoquer le plus de remous. Comme le rapprochement avec la FSU : « Il ne s’agit ni d’une fusion, ni de la création d’une superstructure, mais d’un cadre de coopération permanent. » Ou le développement de la CGT auprès des Ictam (ingénieurs, cadres, techniciens, agents de maîtrise) : « La mission des Ictam n’est pas de mener les luttes à la place des ouvriers, c’est de développer les luttes chez les cadres et professions intermédiaires. »

    De quoi occuper les congressistes pour les prochains jours.

    AU PROGRAMME

    Mardi. Les congressistes entrent dans le dur des débats avec le vote du rapport d’activité, qui permet de juger l’appréciation du bilan de la direction sortante. Vient ensuite une initiative autour de la Palestine en présence d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France, de Yousef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et de Luc Triangle, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI). Avant un meeting « international » contre l’extrême droite en présence de nombreux syndicalistes venus du monde entier.

  • La stratégie de la CGT en débat lors de son 54e congrès

    La stratégie de la CGT en débat lors de son 54e congrès

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    Pendant une semaine, Tours devient la capitale du syndicalisme à l’occasion du 54e congrès de la CGT.

    Du 1er au 5 juin, l’organisation syndicale va débattre de son bilan et définir sa stratégie pour les trois années à venir. « C’est un grand moment démocratique. On se réunit pour faire le point sur l’activité du mandat écoulé mais aussi pour discuter des orientations qu’on mettra en application », résume, ce dimanche au parc des expositions de Tours, Fabienne Rouchy, secrétaire confédérale. La CGT doit aussi élire sa future direction confédérale, incarnée actuellement par Sophie Binet, secrétaire générale qui a pris le relais de Philippe Martinez lors précédent congrès à Clermont-Ferrand en mars 2023. Si ce dernier avait été pour le moins houleux, ce nouveau temps crucial pour l’organisation s’annonce plus calme. « Il va être apaisé. Mais heureusement, la CGT avec 600 000 adhérents, n’est pas monolithique. L’objectif c’est de se renforcer et de se rassembler, de s’écouter et de dépasser les divergences », poursuit Fabienne Rouchy.

    Mais ce congrès n’en sera pas moins intense puisque l’objectif affiché est de faire face à plusieurs enjeux majeurs. « On porte des orientations fortes et on travaille sur ce qu’on va cibler comme combat. Je pense à la lutte contre les idées d’extrême droite, on a l’élection présidentielle qui se profile », développe Fabienne Rouchy, également membre de la commission chargée du document d’orientation. De plus de 80 pages, c’est ce dernier qui va être en débat lors de ce marathon syndical. Concrètement, les congressistes doivent se prononcer, amender et travailler sur 3 thèmes du document : « renforcer notre organisation », « peser syndicalement sur les transformations du travail » et « stratégie des luttes ». Au sein de ces thèmes, on retrouve des résolutions qui traitent d’organisation interne comme « doubler la tournée confédérale des saisonniers sur le mandat », jusqu’à la mise en place d’une « planification CGT pour poursuivre le travail sur l’interdépendance des filières […] comme cela a pu être fait jusqu’à la victoire pour la centrale de Gardanne ». Mais aussi des propositions sur le rôle politique et social de l’organisation.

    L’international au cœur

    de la démarche

    In fine, c’est la manière dont la CGT entend se développer et lutter contre la régression sociale qui va être déterminée lors du congrès. Par exemple, les congressistes doivent se positionner sur plusieurs revendications offensives : « campagne sur les 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire » ou encore « travailler les moyens de coordonner des actions bloquantes sur l’économie ». Les sujets épineux qui avaient agité les débats lors du congrès précédent, comme le rapprochement avec la FSU, sont aussi au programme puisqu’il est proposé de « développer le lien avec la FSU à travers la “maison commune” ».

    De même que les questions internationalistes et le lien de la CGT avec les organisations CSI et CES (Confédération syndicale internationale et de la Confédération européenne des syndicats) plutôt que la FSM (Fédération syndicale mondiale) est aussi au menu. Car une large part des débats est dédiée à l’international, entre montée mondiale de l’extrême droite et « guerre commerciale ». Dès dimanche, l’organisation a mis les petits plats dans les grands avec un « meeting international pour la paix » qui a rassemblé des syndicalistes du monde entier : Palestine, Burkina Faso, Japon, Ukraine… Plus tôt, c’est l’économiste Gabriel Zucman qui était à la tribune pour évoquer sa taxe éponyme. De même que deux tables rondes se sont déroulées dimanche avec la participation de syndicalistes népalais, indiens, marocains, cubains ou encore égyptiens… De quoi mettre en jambes les congressistes avant le gros du morceau. Et notamment le vote du rapport d’activité, le mardi, qui permet de juger l’appréciation du bilan de la direction sortante.

    AU PROGRAMME

    Lundi. Accueil des délégués puis début du 54e congrès, avec un discours d’ouverture de Sophie Binet.

    Mardi. Débats et vote du rapport d’activité, puis temps fort sur la Palestine. Conclusion avec un « grand meeting international contre l’extrême droite ».

    Mercredi. Travail sur le document d’orientation avec débats et vote du thème 1 « renforcer notre organisation ». Puis vote du thème 2 « peser syndicalement sur les transformations du travail » avec un « temps fort féministe » entre les deux.

    Jeudi. Poursuite du travail avec le vote du thème 3 « stratégie des luttes ». Puis vote global du document et présentation et vote de la direction confédéral.

    Vendredi. Présentation de la nouvelle direction, avec discours du, ou de la, secrétaire général(e).

  • [Entretien] Julien Bouillé : « Le projet de la CGT, c’est obtenir de nouveaux droits pour les salariés » dans les Hautes-Alpes

    [Entretien] Julien Bouillé : « Le projet de la CGT, c’est obtenir de nouveaux droits pour les salariés » dans les Hautes-Alpes

    La Marseillaise : Vous rempilez comme secrétaire général, seul cette fois. Quelle va être la feuille de route après ce 33e congrès ?

    Julien Bouillé : Les dossiers courants ne vont pas être mis de côté, les luttes pour l’amélioration des conditions de travail, le respect de l’environnement, l’égalité femme-homme, toutes ces questions-là sont notre leitmotiv. Mais, cette fois, on a voulu plus axer notre congrès sur les valeurs de la CGT, redonner du sens à ce qu’on fait et surtout le collectif. Il faut vraiment qu’on arrive à développer le collectif. On a fait notre table ronde, avec les camarades, et c’est clair : tout seuls, on n’y arrive pas. Notre but est de réunir, que ce soit des collectifs, des associations, des syndicats… Il faut qu’on frappe fort si on veut être entendus en face. Ce n’est pas faire du bruit, c’est porter des réclamations haut et fort, qu’on les martèle.

    Avez-vous discuté des enjeux spécifiques au territoire, comme la situation des saisonniers ?

    J.B. : Sur ce sujet, la tournée des saisonniers a été prise comme exemple de lutte, je ne dis pas à améliorer, mais à mieux faire, à rendre plus efficiente. Ne pas chercher à faire plus, mais mieux. La tournée des saisonniers, c’est quand on se déploie dans les stations en été-hiver sur plusieurs jours. On part du principe qu’il y a des salariés qui ne viendront pas nous voir, nous la CGT. Du coup, on va sur les lieux de travail, on se fait octroyer un emplacement. On reste une demi-journée, on fait plusieurs jours sur plusieurs stations. On distribue de la documentation, on est attendus dans certaines stations, même les employeurs sont contents de la doc’ qu’on leur donne, car souvent dans les petites entreprises, le RH, c’est le comptable, mais ce n’est pas son métier. Le travail saisonnier est une activité ponctuelle, en dent de scie, il faut peut-être qu’on réfléchisse autrement, ne pas faire des coups de rush et faire mieux.

    Serez-vous au congrès confédéral du 1er au 5 juin, à Tours ?

    J.B. : Oui, de par ma position au sein de l’organisation, chaque union départementale a un représentant au CCN (Comité confédéral national). Comme au congrès de l’UD, on attend que le congrès valide notre bilan d’activité. On fait un rapport et si les congressistes en sont satisfaits, ils le votent largement. Au dernier congrès, le bilan avait été approuvé entre 50 et 60%, ce qui veut dire que presque un congressiste sur deux est en désaccord avec ce qui est présenté. Mais ce n’est pas au congrès qu’on convainc, c’est tout au long de l’année. Moi, j’attends qu’on en ressorte boostés avec l’envie de vaincre, l’envie d’obtenir de nouveaux droits pour les salariés, pour les privés d’emplois, pour les retraités. C’est peut-être utopique, mais on fait ça que pour les gens vivent bien. On en a marre d’être dans la réaction à ce qui nous est imposé. J’aimerais être à l’offensive, qu’on arrive à porter plus, en étant à l’initiative. Notre difficulté, c’est qu’on a un gouvernement qui est tellement offensif et qui a bien plus de moyens, qui n’a pas nos limites d’argent ou de communication, et qui ne s’expose pas aux mêmes sanctions que nous de la part de la justice.

    La table ronde de jeudi a abordé la lutte contre l’extrême droite. Serez-vous à l’offensive sur ce terrain-là ?

    J.B. : Il faut ! On l’a vu sur Tallard, Gap, Chorges, La Bâtie, ils collent beaucoup alors qu’ils ne collaient pas avant. On le sait, c’est le RN Jeunes qui colle, ils font leur pub sur Facebook, c’est normal. Ils ont une activité régulière. Nous, on souhaite faire comprendre aux gens que leurs idées sont dangereuses. Le projet de la CGT, c’est l’émancipation, c’est faire comprendre ce qui est bon ou non pour les gens. On doit montrer que le RN, ce n’est pas quelque chose de social. On doit agir là-dessus, on a lancé un « codex » sur le département, un collectif de lutte contre les idées d’extrême droite. On a la volonté de développer cette activité, de s’outiller et d’être à l’offensive, pas que dans la réaction.

  • [Entretien] Julien Bouillé (CGT) : « Le capitalisme se sert des guerres pour diviser »

    [Entretien] Julien Bouillé (CGT) : « Le capitalisme se sert des guerres pour diviser »

    Dans le cadre de ce 33e congrès de la CGT des Hautes-Alpes, son co-secrétaire, Julien Bouillé, fixe les grands enjeux et principaux thèmes des débats à venir pour ces trois prochains jours.

    La Marseillaise : Quels sont les principaux enjeux de ce congrès ?

    Julien Bouillé : Refaire, réaffirmer les bases, nos valeurs, si la maison n’a pas de bonnes fondations elle ne tiendra jamais. Le retour au B.A-BA : quelles sont les valeurs de la CGT ? Qu’est-ce qu’une union départementale ? Qu’est-ce qu’un syndicat ? On se rend compte que pendant quelque temps ce qu’on appelle la formation initiale, le front commun, a été moins suivi que le reste de nos formations plus techniques. Il y a une forme d’oubli de ce qu’est la CGT, pourquoi elle a été créée… On a un peu perdu le lien, on a des camarades en responsabilité dont on s’aperçoit qu’ils n’ont pas fait les formations initiales. Le congrès permettra de fixer cette orientation.

    Comment va-t-il se dérouler ?

    J.B. : Dans un premier temps un rapport d’activité est dressé et voté par l’ensemble des congressistes. Ensuite, le congrès est découpé en trois parties. La première, c’est « redonner du sens à nos actions ». Après, on se réunit au Buffet de la gare de Veynes, lieu historique qui propose des produits locaux en circuit court. Le lendemain, on abordera le deuxième thème : « la protection sociale, notre bien à défendre ». Un focus sur les luttes menées autour de la protection sociale, en lien avec l’action sur la réforme des retraites, avec l’IHS 05, l’Institut d’Histoire sociale de la CGT, la branche départementale. Le dernier thème c’est « une organisation démocratique construite par et pour chacun et chacune ». Ces thématiques seront débattues, et de là seront établies des orientations pour les trois années à venir. À l’issue de ces débats, on mettra également au vote la future équipe de direction de l’Union départementale, composée d’une trentaine de personnes parmi lesquelles sera désigné un bureau et le ou la secrétaire générale de l’Union départementale.

    Il y aura un débat sur la montée des guerres et de l’extrême droite, les deux sont liées ?

    J.B. : On a pour habitude d’associer un moment culturel à notre soirée fraternelle et on a choisi de dédier un débat sur le thème « Guerre/Migration, qui profite des guerres, qui subit ? » Nous avons choisi ce thème qui est d’actualité, de par les guerres qui se multiplient et de l’extrême droite qui monte partout. Pour nous, la CGT, le lien entre les deux est évident, c’est le capitalisme. Il se sert des guerres, des extrêmes droites pour diviser, grignoter tout ce qu’il peut et produire de l’argent. La CGT, en combattant les idées d’extrême droite sur le lieu de travail, peut entraver la progression de ses idées en France. C’est pour cela qu’on fait intervenir la Cimade, Visa [Vigilance et initiatives syndicales antifascistes] et le Mouvement de la paix, pour montrer que le syndicat et le mouvement social, s’ils sont seuls de leur côté, ne peuvent rien. Si on n’est pas capables de s’unir, on n’y arrivera pas.

  • [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    Après 3 jours de débats intenses, l’Union Départementale CGT 13 a élu son nouveau secrétaire général, ce mercredi en début de soirée. C’est Marc Pietrosino, qui prend la tête de l’organisation syndicale et qui succède ainsi à Olivier Mateu.

    Travailleur de la Fnac, Marc Pietrosino est bien connu des salariés des secteurs du commerce et du service. Il a mené plusieurs mouvements de grève, notamment sur les questions de hausse de salaires et de conditions de travail dans son enseigne et sur le magasin de la Valentine à Marseille. Fusion entre Fnac et Darty, fermetures d’enseignes et rapport de force dans un secteur où la syndicalisation est souvent difficile, il a l’habitude de faire face à tous les aspects des politiques néolibérales. En charge des questions de commerce à l’UD CGT 13, il est également secrétaire général de l’Union locale CGT de la Vallée de l’Huveaune, une des UL de la cité phocéenne. « Il faut rester sur le ciment de notre organisation, les idées qui ont fait la gloire de la CGT, et aller les diffuser sur le terrain au plus près des salariés », insiste-t-il.