Tag: conflit

  • La droite condamne la rupture du Mucem avec Digital Realty

    La droite condamne la rupture du Mucem avec Digital Realty

    Les présidents de deux des trois des institutions qui siègent au conseil d’administration du Mucem ont annoncé, ce jeudi 12 décembre, qu’ils interrompaient « toute forme ou perspective de coopération » de leurs collectivités avec le Mucem. « Nous refusons toute compromission avec l’antisémitisme et le racisme dans les structures que nous finançons, précisent de concert Martine Vassal et Renaud Muselier. Cette décision a été prise sous la pression d’activités d’extrême gauche qui veulent importer le conflit israélo-palestinien en France. »

    Dans un communiqué, la direction du Mucem justifie une décision commune qui visait « à ce que le musée poursuive ses missions de service public dans un contexte apaisé ». Le mécénat du géant des centres de données était en effet ciblé par des collectifs l’accusant d’être impliqué dans la colonisation en Cisjordanie, ce que contestait le Mucem lui-même dans nos colonnes, le 24 octobre dernier. Les collectifs impliqués célèbrent de leur côté « une grande première dans l’histoire des partenariats et mécénats culturels ».

    Un musée national

    Pour la Ville, qui siège également au conseil d’administration du Mucem, « la Région et le Département transforment les subventions en outil de chantage politique », a réagi Samia Ghali, première adjointe (DVG) au maire de Marseille. Rappelant : « Soupçon contre un collège ? financement suspendu », elle estime que « ce n’est plus de la gestion publique, c’est de la punition idéologique ».

    Quant à Audrey Gatian, élue (PS) en charge de la politique de la Ville, elle préférait ironiser sur « un gros potentiel comique de la droite marseillaise », qui oublie que « le Mucem est musée national et dépend du ministère de la Culture ».

  • L’urgence à libérer Marwan Barghouti

    L’urgence à libérer Marwan Barghouti

    Sharaf Barghouti, son fils et porte-parole, s’est engagé dans un marathon international pour la libération de Marwan Barghouti et des 10 000 Palestiniens encore dans les geôles israéliennes. Invité par le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) dans les locaux de la Fraternité, à la Belle de Mai, il a évoqué un nouveau durcissement des conditions de détention. « La cause des prisonniers, c’est la colonne vertébrale du combat des Palestiniens », a insisté Sharaf Barghouti, en soulignant « une recrudescence des tortures et des passages à tabac de prisonniers affamés ». Fin novembre, un cri pour la libération des otages palestiniens s’est élevé dans les rues de Londres. Et, publiée le 3 décembre, une lettre ouverte signée par plus de 200 personnalités du cinéma, de la musique et du sport demande aux Nations unies et dirigeants du monde de faire pression sur Israël pour qu’il libère le « Mandela palestinien ». Quarante villes françaises avaient fait citoyen d’honneur Marwan Barghouti. Certaines sont revenues sur leur décision. Aujourd’hui, « le rôle de la France est important dans cette lutte contre le colonialisme. Montrer qu’il y a une résistance ici nous aide à tenir, à garder espoir », a plaidé Sharaf Barghouti.

  • Inquiétude chez les anciens combattants

    Inquiétude chez les anciens combattants

    « Accepter de perdre nos enfants. » Président de l’Arac d’Aix-en-Provence, Serge Lejeune accueille avec « beaucoup d’inquiétude » les propos du Chef d’état-major des armées, Fabien Maudon, vaguement nuancés par Emmanuel Macron. « Ce qui déclenche les guerres est presque toujours de nature économique, rappelle l’ancien combattant. étant donné la situation européenne, les déclarations de Macron font forcément peur et je les prends très au sérieux. » Il précise : « C’est le propre du capitalisme de régler ses problèmes par la guerre, ne l’oublions pas. »

    Évoquant le profil des chefs d’État, russe comme américain, il estime « qu’en attaquant la Russie de front, nommément, Macron prend le risque d’exciter les velléités bellicistes. Or, si l’ours est piqué et répond, cela risque de nous amener très loin et nous ne sommes pas en capacité de répondre à l’attaque, car les Russes ont tout un arsenal nucléaire tactique. » Serge Lejeune ajoute à cette analyse « la montée des extrêmes droites et de l’ultra nationalisme en Europe, aux États-Unis et dans les pays de l’ex-URSS ».

    « Un service d’appelés »

    Le président de l’Arac se dit plus mitigé sur la question du rétablissement du service militaire en France. Emmanuel Macron a demandé au ministère des Armées de travailler sur « un projet de service militaire volontaire », a indiqué Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées. Ce « Service national volontaire », serait en « réflexion dans plusieurs pays européens en ce moment », a-t-elle précisé : « La semaine dernière, j’ai reçu mon homologue suédois, qui a un modèle en train en cours de développement dans pas mal de pays européens. Tout le monde y travaille, donc nous aussi, on y travaille. »

    Une annonce « à la fois inquiétante et qui mérite que l’on s’y penche ». Inquiétante dans ce tableau pessimiste du monde, « où on assiste à la faillite de la France dans sa défense de la notion de laïcité, où la planète est aussi dans un état d’urgence absolu et où les dirigeants entraînent leurs populations vers la guerre ». Mais qui interroge, dans le sens où « la suppression de l’armée d’appelés a été quelque chose de dangereux. Car quand le contingent est insuffisant pour rétablir la paix, les appelés sont une force. » Seulement, cette interrogation arrive à un moment peu propice à une réflexion désintéressée, « dans un contexte d’une spirale générale vers la guerre dans laquelle on cherche à nous entraîner ».

  • [Entretien] Didier Quattropani : « Ils sont devenus complètement fous »

    [Entretien] Didier Quattropani : « Ils sont devenus complètement fous »

    La Marseillaise : « Accepter de perdre ses enfants pour protéger ce que l’on est. » Cette déclaration a choqué beaucoup de monde…

    Didier Quattropani : Plus que ça même. D’ailleurs, le jour même, on a fait une expression sur la base, en réaction à cette déclaration qui nous paraît complètement lunaire. Car tenir ce genre de propos dans une réunion devant les militaires, c’est une chose, mais devant des élus locaux, venir dire : « prévenez les familles que dans les 4 ans, il y aura une guerre et qu’ils vont perdre leurs enfants », c’est insensé.

    Quelle est votre analyse sur sa finalité ?

    D.Q. : On est dans une période où on essaie encore plus de faire peur à tout le monde, de manière à faire accepter tout ou n’importe quoi. Faire accepter le budget des Armées, pour commencer, qui va être supérieur à tous les budgets au détriment des autres postes régaliens, comme la sécurité, l’éducation, les hôpitaux… ça me paraît irréel.

    En même temps, cette rhétorique guerrière ne date pas d’hier…

    D.Q. : Elle a commencé à l’arrivée de Macron, quand il a changé le nom du ministère de la Défense en ministère des Armée. Depuis, on n’est plus dans la défense du territoire, mais dans la projection. Ce qui est plus choquant, c’est qu’au début de la guerre en Ukraine, Lecornu, alors ministre des Armées, a dit ouvertement que c’était une opportunité pour nos industriels de l’armement. Pitoyable. Malheureusement, ça continue avec les propos du chef d’état-major des Armées, ça veut dire qu’ils sont devenus fous. Quand j’étais embauché à Arsenal dans les années 80, on était là pour entretenir la Marine, défendre les intérêts français, le territoire, mais pas pour que ça devienne un salon de l’armement à ciel ouvert. Pour nous, ce n’était pas une gloire d’être passé deuxième vendeur d’armes, l’an passé. Quand tu vends des armes, tu entretiens la guerre. Malheureusement, c’est la politique de la France.

  • Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    « La communauté internationale, elle est où ? » Rassemblés aux Réformés, à l’appel de l’Association des Soudanais des Bouches-du-Rhône, du Var, ou encore de l’association de la Cantine soudanaise en France, ils sont venus rendre visible « le massacre. »

    « On essaie de faire en sorte que le monde tourne ses yeux vers le Soudan pour trouver une solution de paix car les victimes sont des femmes, des enfants, ce n’est pas une guerre mais un génocide », alerte Tamzain, un des manifestants. Pas plus tard que vendredi, l’ONU a mis en garde contre des « préparatifs en vue d’une intensification » des hostilités dans un Soudan déchiré par une guerre entre l’armée et les paramilitaires, malgré l’annonce par ces derniers de leur accord à une proposition de trêve humanitaire.

    Le troisième plus grand pays d’Afrique est ensanglanté depuis avril 2023 par une lutte pour le pouvoir opposant l’armée du général Abdel Fattah Al-Burhane aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son ancien adjoint, Mohamed Hamdane Daglo, tous deux accusés d’exactions.

    Des milliers de morts

    « En juin 2023, 15 000 membres de la population masalit d’El Geneina, dans l’Ouest du Darfour, ont été tués et des milliers d’autres ont été contraints de fuir vers le Tchad voisin », indiquent les manifestants marseillais, rapportant le récit d’une humanitaire sur place, en date du 6 novembre. Depuis le 26 octobre, la FSR a pris le contrôle de la ville d’El Fasher après un siège complet de 18 mois empêchant l’entrée de toute nourriture, ajoutent-ils évoquant des viols, tueries de civils, de journalistes, d’activistes. Des « horreurs » constatées dans des vidéos postées par les combattants de la FSR eux-mêmes. Sur leurs pancartes, les Soudanais exilés ont d’ailleurs apposé des images terribles d’enfants pendus, de corps ensanglantés. Des atrocités auraient été aussi commises dans la ville de Bara, dans la région du Nord-Kordofan.

    Le conflit a déjà fait des milliers de morts, forcé le déplacement de 12 millions de personnes et plongé le pays dans la plus grande crise humanitaire au monde selon l’ONU.

    Pour les manifestants marseillais, le soutien des Émirats arabes unis à la FSR lui permet de disposer d’« armes en nombre et récentes » en échange d’accès aux richesses du sol, « de l’or dans l’Ouest ». Pour Tamzain, les Émirats visent une scission du pays pour s’emparer définitivement de cette manne économique. Des mobilisations ont été organisées aussi à Paris ou Mulhouse, toujours « pour faire parler du conflit. » D’autres rassemblements ne sont pas exclus, « il faut que ça s’arrête, qu’on envoie des vivres et des médicaments », intime-t-il.