Tag: Concert

  • Des stars du rap pour un concert solidaire

    Des stars du rap pour un concert solidaire

    À l’initiative de la Fédération des mutuelles de France, et avec le soutien de la Ville de Marseille, une 3e édition du Concert solidaire pour sauver des vies en mer est organisé, samedi, au Dôme (4e), entre 19h et minuit. Plusieurs têtes d’affiche participeront à cet événement, qui a pour but de sensibiliser le public à la crise humanitaire en mer.

    Parmi elles, Alonzo, célèbre interprète marseillais, détenteur d’un disque d’or pour cinq de ses albums. Mais aussi Békar, rappeur auteur de Mirasierra et Plus fort que l’orage, respectivement certifiés disque d’or en août et septembre 2024. Rim’k, rappeur franco-algérien et interprète du morceau King lors de la cérémonie d’ouverture des JO en 2024 et enfin Kore, DJ, compositeur et producteur du premier album du rappeur SCH. Youssef Swatts, vainqueur de la 3e saison de la série Nouvelle école et Bianca Costa, chanteuse brésilienne, proposeront également une performance.

    Zamdane, chanteur marocain d’expression française, mis en cause par l’association féministe Nous Toutes « pour violences sexistes et sexuelles », passera lui aussi sur scène. Cible d’un appel à la déprogrammation lors de la Fête de l’Humanité en septembre, le rappeur avait reconnu, lors de son passage dans le festival, « amèrement regretter » des tweets « comportant des propos inacceptables » publiés il y a 8 ans et supprimés depuis les accusations.

    L’argent récolté sera reversé à diverses structures. Parmi elles, la Société nationale de sauvetage en mer. Sa mission est de secourir gratuitement les vies humaines en danger, en mer et sur les côtes. Le MV Louise Michel, bateau de sauvetage qui intervient en Méditerranée pour faire respecter le droit maritime et secourir toute personne en détresse, fera aussi parti des bénéficiaires, tout comme le Projet Aquarius, qui permet à des personnes issues d’un parcours migratoire de se réapproprier le milieu aquatique. Dernier bénéficiaire, Aide aux populations précaires et immigrées, association qui accompagne les personnes exilées dans leurs recours aux droits et démarches administratives.

    Billets disponibles en ligne à 15 euros.

  • Rap : Kery James sur un mode acoustique à Martigues

    Rap : Kery James sur un mode acoustique à Martigues

    Lui qui s’est même autorisé certaines incursions dans le monde du cinéma en tant que réalisateur et scénariste (Banlieusards), et au théâtre avec des pièces telles que À vif ou À huis clos. Désormais, il est actuellement en tournée, augurant un prochain album acoustique R.A.P., acronyme de Rap, amour, poésie, qu’il défend vendredi 24 octobre au Théâtre des Salins. Sur la scène nationale de Martigues, il sera accompagné de Pierre Caillot aux percussions, de Nicolas Seguy aux claviers, ainsi que d’un petit chœur, pour « se dévoiler sans artifice dans une ambiance intimiste au service de sa plume et de sa voix profonde qui se hissent au-delà d’un simple registre musical », indique la production du spectacle.

    Vendredi 24 octobre à 20h30. 25 euros

    www.les-salins.net

  • Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials est au funk ce que les Harlem Globetrotters sont au basket-ball. Pas forcément sous les projecteurs de la compétition, mais tout de même aguerri, un collectif de musiciens aux influences mondiales qui font valdinguer et vrombir les cordes de leurs guitares et basses de manière jubilatoire depuis plus de 30 ans.

    Fondé par le bassiste Lati Kronlud et le producteur Arthur Baker, ce groupe qui est en concert samedi 25 octobre au Cargo de nuit d’Arles, avait alors explosé à la face du globe avec l’album Cool and Steady and Easy, sur lequel figure le tube The Creator has a Masterplan, reprise vigoureuse du titre éponyme imaginé une vingtaine d’années plus tôt par le saxophoniste de jazz hallucinant, Pharoah Sanders. Sept opus depuis au compteur d’une carrière discontinue, les voilà de retour avec un nouveau morceau, avec la même recette du sample, cet art d’échantillonner une boucle sonore déjà existante : cette fois, à partir de Life During Wartime, que les rockers du groupe Talking Heads avaient sorti en 1979. Dopé à l’afrobeat injecté par les cuivres de Loïc Gayot, Ebba Asman et Jessica Pina, un son réarrangé qui démontre que Brooklyn Funk Essentials garde son amour du mélange des genres, en dépit d’une formation changeante au fil du temps, la chanteuse Alison Limerick ayant rempli avec succès la mission périlleuse de succéder à Shä-Kay. Comme le précisait le collectif en 2016, lors de ce changement, « une fonction qu’elle partage avec Desmond Foster, membre de longue date et guitariste du groupe ».

    « Funk cosmopolite »

    Mêlant soul, hip-hop, jazz et même musique house à leur cœur de métier, c’est-à-dire le funk, Brooklyn Funk Essentials garde la réputation de bête de scène. Une assurance parfaite depuis leurs débuts, le groupe ayant accompagné en tournée des légendes comme James Brown, Kool & the gang ou encore The Meters et Parliament-Funkadelic. « Une légende du funk cosmopolite », comme on veut bien aguicher du côté du Cargo de nuit, qui avait fait un retour remarqué en 2023 avec l’album Intuition, signe que le groove, c’est comme le vélo, on ne l’oublie jamais.

    Samedi 25 octobre à 21h30.
    22-25 euros. www.cargodenuit.com

  • Un concert au Dôme pour sauver des vies en mer

    Un concert au Dôme pour sauver des vies en mer

    Pas plus tard que ce mercredi 22 octobre, 40 exilés originaires d’Afrique subsaharienne, dont des bébés, ont péri en mer, au large de la Tunisie, alors qu’ils tentaient de rejoindre clandestinement les côtes européennes à bord d’une embarcation de fortune… À l’initiative de la Fédération des mutuelles de France et avec le soutien de la Ville de Marseille, un grand concert est organisé, pour la troisième année consécutive, permettant de récolter des fonds pour les associations qui viennent au secours des réfugiés en mer.

    Parmi les bénéficiaires, la Société nationale des sauveteurs en mer, particulièrement impliquée auprès des exilés qui tentent de traverser la Manche et au large de Mayotte, l’AAPPI (Aide aux populations précaires et immigrées), association marseillaise qui accompagne les réfugiés dans leur recours aux droits.

    8 500 spectateurs attendus

    Ce sera cette fois-ci sans SOS Méditerranée, préférant se retirer de l’aventure après une « controverse concernant un artiste de la programmation ». En clair, le rappeur Zamdane, proche de l’association, accusé de violences sexuelles et sexistes par le collectif féministe « Nous toutes », lors de la Fête de l’Humanité, en septembre.

    Les deux précédentes éditions, à guichets fermés, avaient réuni plus de 12 000 personnes pour une recette de 210 000 euros. Quelque 8 500 spectateurs sont attendus, samedi, avec pour objectif de collecter 150 000 euros.

    À partir de 19h.
    Billetterie : dome.marseille.fr

  • Masta Ace voyage en rimes à Marseille avec Marco Polo

    Masta Ace voyage en rimes à Marseille avec Marco Polo

    Après avoir tant apporté au hip-hop depuis 45 ans, quelle heureuse surprise de voir Masta Ace toujours actif. Du mythique Juice crew guidé par le pionnier Marley Marl dont il a été un compagnon de route à la fin des années 1980, jusqu’à l’album intime et adolescent The falling season (2016), un maestro. Avec des rimes dangereusement mélodieuses attestées par les opus Slaughta house et Sittin’ on chrome, lors de son climax dans les « nineties ». Du rap dansant au rap de rue. Des airs qui ont marqué New York et le monde du rap, que le public marseillais aura peut-être l’occasion d’entendre mardi 21 octobre au Molotov. Sur cette scène située à la jonction de la rue d’Aubagne et de Notre-Dame du Mont, Masta Ace se produira aux côtés du rappeur et producteur canadien Marco Polo.

    Boom bap

    Si leurs routes s’étaient croisées sur le son Do it man en 2004, augurant des multiples collaborations, les revoilà 20 ans plus tard à signer Richmond Hill, album dont les « rythmes incisifs rencontrent des paroles encore plus percutantes sur la vie, les classes sociales et la culture », stipule le programme.

    Le Mc made in Brooklynn y délivre ses couplets comme une série d’uppercuts. Toujours asséné dans un calme olympien, un punch qui se boit comme du petit-lait sur les instrus de Marco Polo, « producteur qui honore la tradition du sample avec style, sans s’enliser dans la nostalgie ». Du boom bap dans la tradition du rap new-yorkais, modèle inaliénable depuis des lustres, où la grosse caisse et la caisse claire servent la rime. Pas étonnant que Masta Ace soit un modèle pour plusieurs générations de rappeurs, et même d’un certain Eminem.

    Mardi 21 octobre à partir de 20h30. Entre 19 et 21 euros. www.lemolotov.com

  • [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement en tournée pour votre dernier album, « Charlotte ». Un album intimiste où vous vous dévoilez. C’était un besoin pour vous à ce stade de votre carrière ?

    Vitaa : Oui, complètement, cet album est celui où je suis allée le plus loin. Déjà par le titre de l’album, je révèle mon vrai prénom et c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire pendant ces années de carrière, tellement je me suis attachée à créer une armure derrière Vitaa. Pour cet album, je me suis dit qu’il était temps de tout révéler. Mes failles, les doutes, les complexes. C’est mon dernier album solo et j’avais besoin de cette mise au point, de vider mon sac. Je suis en train d’organiser la suite, on me verra moins sur le devant de la scène, mais je me mettrai davantage au service des autres tout en continuant à faire ce que j’aime.

    Montrer votre vulnérabilité, vos failles au grand public, est-ce aussi un moyen d’aider les femmes
    à s’accepter
    ?

    Vitaa : J’ai réalisé, avec le temps et quand je suis sur scène, que j’ai la chance d’avoir un public qui a grandi avec moi. Ce sont essentiellement des femmes de ma génération qui sont devenues mamans parfois, qui font 5 000 choses en même temps, qui travaillent, qui sont éprouvées et c’est aussi ce que je raconte dans cet album, en tournée et dans un documentaire disponible sur TF1+ . En fait, je veux dire que je suis une femme comme tout le monde. Personnellement, je ne m’aime pas. J’essaie d’être la meilleure des mamans possibles, mais je suis en tournée tout le temps, j’ai une culpabilité énorme de rater des moments avec mes enfants… Je sais qu’on ressent toute la même chose.

    Vous ne cachez
    plus vos échecs,
    vous racontez votre parcours et les remarques qui
    ont été faites
    sur votre physique notamment, au-delà de la chanson. C’est quoi être une femme dans l’industrie musicale
    ?

    Vitaa : C’est très dur d’être une femme dans ce métier. On vieillit, et je crois que les regards portés sur nous sont cent fois plus durs que sur les artistes masculins. On est dans une ère de viralité violente, cruelle, et je me dis que si j’avais dû démarrer ma carrière dans cette ère-là, je n’en aurais pas été capable. Je n’aurais pas eu les épaules pour subir les critiques permanentes des gens sur les réseaux. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on passe notre temps à se regarder le nombril, à critiquer et je crois que ce n’était pas comme ça il y a 20 ans. Ce qu’il y a de plus compliqué, c’est de durer dans le temps en tant que femme, artiste et moi, j’ai décidé de le faire. Je ne voulais plus dépendre de personne, alors avec mon mari, on a décidé de lancer notre propre label, c’est un immense chemin que nous avons parcouru. J’ai vécu tant de traversées du désert et quand je vois mon public qui me suis depuis toutes ces années, qui chante mes chansons par cœur comme Confessions nocturnes, je ne peux être que pleine de gratitude, donc je m’arrête à ça et je laisse les méchancetés derrière, parce que la finalité est de faire ce qu’on aime.

    Vous répétez souvent que vous
    faites de la musique populaire,
    c’est important pour vous
    ?

    Vitaa : Pour certains, le populaire, c’est presque une insulte malheureusement. Nous, artistes populaires, nous faisons des chansons pour toucher les gens, on ne fait pas des chansons pour être branchés et aimés des médias. Je peux vous dire que quand vous faites une chanson qui raconte votre vie et que 8 000 personnes en concert la reprennent, c’est le plus beau des cadeaux. Je n’ai jamais fait de la musique pour les chiffres, j’ai fait de la musique pour partager avec les gens, alors je suis très fière d’être une artiste populaire aujourd’hui et j’en aurais jamais honte !

    Vous avez toujours raconté votre vie dans vos chansons. Pensez-vous que c’est l’une des raisons qui fait votre succès et votre longévité ?

    Vitaa : Je pense que la clé, c’est d’avoir toujours été une artiste qui ne triche pas. J’ai commencé dans ma chambre à raconter mes histoires chaotiques, la rupture la plus difficile de ma vie, c’est ce que raconte À fleur de toi et l’album est un journal intime, les chansons ont traversé le temps et, aujourd’hui, c’est toujours le cas, j’ai toujours raconté ce qui me touchais, ce que je vivais et je continue au-delà des rapports hommes-femmes, qui est un peu mon thème de prédilection, avec mes enfants, ma vie en tant que mère, etc. Ce n’est pas un choix, c’est juste parce que je ne sais pas faire de la musique autrement qu’en étant moi-même.

    Les premières images du reportage
    de TF1 parlent de l’acceptation de la différence, alors que votre fils raconte une poésie. Vous aviez repris, aux côtés de Camélia Jordana et Amel Bent, la chanson «
    Marine » de Diam’s. Que pensez-vous de la montée des extrêmes en France et de la situation politique actuelle ?

    Vitaa : Je pense que les extrêmes ne seront jamais la solution, c’est ce que je pense du plus profond de mon cœur. C’est une priorité pour moi d’apprendre à mes enfants que le but dans ce monde, c’est le respect et la tolérance, donc le jour où ces valeurs-là seront respectées, le monde ne s’en portera que mieux.

    Est-ce que Marseille est une ville
    que vous appréciez particulièrement
    ?

    Vitaa : Marseille est ma ville de cœur, ma famille est à Marseille, on va souvent au Vélodrome et le public est mon préféré en France parce qu’il y a une ferveur particulière. Je me sens très bien dans le Sud et je ne m’en cache pas.

  • [Le Grand entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    [Le Grand entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement en tournée pour votre dernier album, « Charlotte ». Un album intimiste où vous vous dévoilez. C’était un besoin pour vous à ce stade de votre carrière ?

    Vitaa : Oui, complètement, cet album est celui où je suis allée le plus loin. Déjà par le titre de l’album, je révèle mon vrai prénom et c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire pendant ces années de carrière, tellement je me suis attachée à créer une armure derrière Vitaa. Pour cet album, je me suis dit qu’il était temps de tout révéler. Mes failles, les doutes, les complexes. C’est mon dernier album solo et j’avais besoin de cette mise au point, de vider mon sac. Je suis en train d’organiser la suite, on me verra moins sur le devant de la scène, mais je me mettrai davantage au service des autres tout en continuant à faire ce que j’aime.

    Montrer votre vulnérabilité, vos failles au grand public, est-ce aussi un moyen d’aider les femmes à s’accepter ?

    Vitaa : J’ai réalisé, avec le temps et quand je suis sur scène, que j’ai la chance d’avoir un public qui a grandi avec moi. Ce sont essentiellement des femmes de ma génération qui sont devenues mamans parfois, qui font 5 000 choses en même temps, qui travaillent, qui sont éprouvées et c’est aussi ce que je raconte dans cet album, en tournée et dans un documentaire disponible sur TF1+ . En fait, je veux dire que je suis une femme comme tout le monde. Personnellement, je ne m’aime pas. J’essaie d’être la meilleure des mamans possibles, mais je suis en tournée tout le temps, j’ai une culpabilité énorme de rater des moments avec mes enfants… Je sais qu’on ressent toute la même chose.

    Vous ne cachez plus vos échecs, vous racontez votre parcours et les remarques qui ont été faites sur votre physique notamment, au-delà de la chanson. C’est quoi être une femme dans l’industrie musicale ?

    Vitaa : C’est très dur d’être une femme dans ce métier. On vieillit, et je crois que les regards portés sur nous sont cent fois plus durs que sur les artistes masculins. On est dans une ère de viralité violente, cruelle, et je me dis que si j’avais dû démarrer ma carrière dans cette ère-là, je n’en aurais pas été capable. Je n’aurais pas eu les épaules pour subir les critiques permanentes des gens sur les réseaux. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on passe notre temps à se regarder le nombril, à critiquer et je crois que ce n’était pas comme ça il y a 20 ans. Ce qu’il y a de plus compliqué, c’est de durer dans le temps en tant que femme, artiste et moi, j’ai décidé de le faire. Je ne voulais plus dépendre de personne, alors avec mon mari, on a décidé de lancer notre propre label, c’est un immense chemin que nous avons parcouru. J’ai vécu tant de traversées du désert et quand je vois mon public qui me suis depuis toutes ces années, qui chante mes chansons par cœur comme Confessions nocturnes, je ne peux être que pleine de gratitude, donc je m’arrête à ça et je laisse les méchancetés derrière, parce que la finalité est de faire ce qu’on aime.

    Vous répétez souvent que vous faites de la musique populaire, c’est important pour vous ?

    Vitaa : Pour certains, le populaire, c’est presque une insulte malheureusement. Nous, artistes populaires, nous faisons des chansons pour toucher les gens, on ne fait pas des chansons pour être branchés et aimés des médias. Je peux vous dire que quand vous faites une chanson qui raconte votre vie et que 8 000 personnes en concert la reprennent, c’est le plus beau des cadeaux. Je n’ai jamais fait de la musique pour les chiffres, j’ai fait de la musique pour partager avec les gens, alors je suis très fière d’être une artiste populaire aujourd’hui et j’en aurais jamais honte !

    Vous avez toujours raconté votre vie dans vos chansons. Pensez-vous que c’est l’une des raisons qui fait votre succès et votre longévité ?

    Vitaa : Je pense que la clé, c’est d’avoir toujours été une artiste qui ne triche pas. J’ai commencé dans ma chambre à raconter mes histoires chaotiques, la rupture la plus difficile de ma vie, c’est ce que raconte À fleur de toi et l’album est un journal intime, les chansons ont traversé le temps et, aujourd’hui, c’est toujours le cas, j’ai toujours raconté ce qui me touchais, ce que je vivais et je continue au-delà des rapports hommes-femmes, qui est un peu mon thème de prédilection, avec mes enfants, ma vie en tant que mère, etc. Ce n’est pas un choix, c’est juste parce que je ne sais pas faire de la musique autrement qu’en étant moi-même.

    Les premières images du reportage de TF1 parlent de l’acceptation de la différence, alors que votre fils raconte une poésie. Vous aviez repris, aux côtés de Camélia Jordana et Amel Bent, la chanson « Marine » de Diam’s. Que pensez-vous de la montée des extrêmes en France et de la situation politique actuelle ?

    Vitaa : Je pense que les extrêmes ne seront jamais la solution, c’est ce que je pense du plus profond de mon cœur. C’est une priorité pour moi d’apprendre à mes enfants que le but dans ce monde, c’est le respect et la tolérance, donc le jour où ces valeurs-là seront respectées, le monde ne s’en portera que mieux.

    Est-ce que Marseille est une ville que vous appréciez particulièrement ?

    Vitaa : Marseille est ma ville de cœur, ma famille est à Marseille, on va souvent au Vélodrome et le public est mon préféré en France parce qu’il y a une ferveur particulière. Je me sens très bien dans le Sud et je ne m’en cache pas.

  • [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    La Marseillaise : Peut-on le voir votre « Best of studio » comme un retour aux sources ou bien une renaissance ?

    Sinclair : Des deux manières. C’est un moyen de faire partager aux gens qui m’ont un peu oublié, ou qui ne savaient plus trop ce que j’étais, ce que j’avais fait auparavant. Quand on a décidé de repartir sur les routes faire des concerts, je me suis dit que le moyen le plus sain et évident était de sortir un best of. J’ai rajouté des inédits, des versions démo de certains titres emblématiques. Il faut savoir que moi, je suis producteur et éditeur de ma musique. C’est de l’artisanat.

    Vous retrouvez l’ADN du funk français qui vous a caractérisé. Quelle est la différence avec le funk américain, si ce n’est la langue ?

    Sinclair : Le funk reste un style difficile à définir en France, car il est rarement arrivé ici, hormis des choses très commerciales, mais malgré tout superbes, comme Earth Wind & Fire, Kool & the gang ou Prince. Le funk, à la base, est un mélange de rock, de jazz, de soul…. c’est une fusion. Le funk français, c’est ce mélange de musiques avec des paroles et une façon de chanter en français. Avec, parfois, d’autres influences : certains de mes titres comportent, par exemple, de l’accordéon.

    L’époque qui vous a vu cartonner, celle des années 1990-2000, a été le climax, puis le déclin du disque. Avez-vous eu, à l’époque, le sentiment d’être avalé par l’industrie musicale et les majors, qui ne voient les musiciens que comme un produit de consommation ?

    Sinclair : Ce qui est sûr, c’est que cela n’a pas changé. C’est même devenu encore pire avec les plateformes. Après, en ce qui me concerne, j’ai eu la chance que mon père soit ingénieur du son et baigne dans ce milieu. J’ai donc pu faire un premier album de manière artisanale. Beaucoup de gens à l’époque m’ont dit : « reste producteur et éditeur, ça te sauvera la vie un jour. » Si je n’avais pas été artiste indépendant, je ne serai pas là depuis longtemps. La vie, c’est une bataille. Si vous ne vous battez pas, quelqu’un le fera pour vous. Mais du coup, il mangera aussi à votre place. De nos jours, on ne gagne pas bien sa vie en vendant des albums ou en passant sur des plateformes. Mais, à mes yeux, ce qui a été le nerf de la guerre n’a jamais été l’argent, mais plutôt la liberté artistique. C’est comme ça qu’on devient indépendant.

    Après votre apogée, le public vous a connu dans des émissions de télécrochet ou téléréalité. Regrettez-vous certains choix ?

    Sinclair : Mon choix de faire La nouvelle star était intéressant à l’époque, car j’avais besoin de faire une pause dans mes concerts. Je ne regrette absolument rien. ça a surtout témoigné de la possibilité de faire d’autres choses après de gros passages à vide. Dans l’ensemble, je suis quand même content d’avoir eu ce parcours et d’être encore là aujourd’hui, de savoir que des gens m’attendent encore dans les salles. Une espèce de cycle vient de passer. J’ai l’impression d’avoir traversé l’épreuve du temps. Je me dis que, quand on reste sincère, qu’on bosse ce qu’on aime, on ne meurt pas.

    Après votre traversée du désert, le public est de retour dans vos concerts. Une reconnaissance de votre authenticité ?

    Sinclair : Il y a de ça. Le monde dans lequel on vit est devenu tellement fou qu’on ne peut pas distinguer, si on n’a pas l’œil averti, une vidéo en intelligence artificielle d’un discours de haine déguisé en discours populiste. On est envahi par les réseaux sociaux. Il faut être sincère et humble. Et c’est ce que le public a envie d’entendre sur scène, de la musique. Il y a bien sûr un côté nostalgique, mais je propose de la musique au présent avant tout. ça peut paraître bizarre de dire ça mais, dans mon concert, tout est joué en direct. Il n’y a aucun playback et de l’humain partout.

    Vous êtes aussi installé à Arles depuis 7 ans, où vous avez monté le label Rocket records. Une ville qui a aussi joué un rôle dans votre renaissance ?

    Sinclair : Je me suis toujours dit qu’un jour, j’y habiterai. au premier regard. Cette ville m’a permis de me reconstruire car elle est à taille humaine, avec une énergie particulière. On y a monté un petit collectif pour faire des soirées DJ. Grâce à cela, j’ai repris confiance et j’ai produit un artiste, Aissa Malouk, qui va partager la scène avec moi lors de la tournée. J’ai trouvé à Arles quelque chose de rassurant.

    Dans votre tube « Tranquille », sorti en 1994 et que vous reprenez dans votre « Best of studio », vous chantez : « on ne choisit pas sa mentalité, c’est pourquoi je trouve bien troublant que des gens se fassent insulter pour des questions d’identité. » Des paroles qui trouvent hélas toujours un écho dans la société actuelle, avec l’extrême droite plus que jamais aux portes du pouvoir…

    Sinclair : Ce qui est étrange, c’est qu’il y a 30 ans, je chantais la liberté et la tolérance en imaginant que les choses allaient bien évoluer. Malheureusement, c’est quelque chose qui décline. Aujourd’hui, les gens ne pensent qu’à l’argent. ça ne peut pas marcher comme ça. Ils s’accrochent à des idées reçues et à leur téléphone, où ils ne reçoivent que de la merde. Moi, avec mes concerts, je veux leur donner la possibilité de kiffer l’instant présent pendant une heure et demie.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • À la Fiesta, le son de l’amour en rempart aux crises

    À la Fiesta, le son de l’amour en rempart aux crises

    « Ce qui nous a guidés pour construire cette édition de la Fiesta des Suds », rappelle son programmateur, Frédéric André, « c’est de partager des émotions avec le maximum de gens. Depuis de nombreuses années, on assiste à des crises perpétuelles mais on entend peu de discours qui tournent autour d’un avenir commun ». Un constat ayant infusé dans le programme du rendez-vous phare de l’automne marseillais, qui accueillera vendredi 10 octobre sur l’esplanade du J4, le rappeur Youssoupha, récemment à l’origine de l’album Amour suprême. Un besoin d’affection dans ce monde de brutes, également matérialisé par Aïta mon amour, « projet maroco-tunisien » qui pioche dans l’électro, le rock et le blues. Au XIIe siècle, « Aïta était une manière d’interpeller les gens avec des poèmes chantés par des femmes pour afficher leur liberté et volonté d’aimer, souvent après la perte d’un être proche dans un contexte de guerre », éclaire Frédéric André.

    « Rhythm is love »

    La soirée de ce vendredi verra aussi se produire le guitariste nigérian Keziah Jones. Inventeur du « bluefunk » et auteur du tube intemporel Rhythm is love il y a plus de 30 ans, il viendra prouver au public marseillais qu’il est toujours Alive & kicking, comme le suggère le titre de son dernier album. Une nuit décidément pleine de « love » avec la venue du duo « afro punk » Tshegue, de la chanteuse La Chica, aux envolées latines et suaves, ou encore de la Mc aux paroles franco-espagnoles, La Valentina, qui louvoie entre « rap et salsa ».

  • [Fiesta des Suds] Youssoupha : « Décrispez-vous. N’écoutez pas ceux qui vous parlent de camps »

    [Fiesta des Suds] Youssoupha : « Décrispez-vous. N’écoutez pas ceux qui vous parlent de camps »

    La Marseillaise : Sur le titre « Suprême », vous confiez votre rapport à la France et rappez : « dîtes à ce pays que je l’ai quitté pour mieux m’en rapprocher ». Peut-on dire que vous, l’enfant né à Kinshasa, venu vivre en France à 10 ans et qui habite désormais en Côte d’Ivoire, ne se sent jamais autant chez lui que lorsque qu’il est éloigné de la terre à laquelle il est attaché ?

    Youssoupha : Il y a un peu de ça. Je me rends compte que je suis un peu plus nomade que ce que j’aurais imaginé avant. Je ne me déconnecte jamais des endroits qui m’ont accompagné. Je ne suis par exemple plus au Congo, mais je reste très attaché à ce pays et j’y retourne régulièrement. Pareil pour la France. Peut-être que j’y reviendrai un jour de manière plus permanente. Mais pour l’instant, pour continuer à l’aimer, j’ai besoin de voir autre chose. Sinon, j’ai le sentiment de la subir et pour de mauvaises raisons. L’éloignement m’a rapproché de la France. Même si tout n’est pas réglé, on peut parler d’une forme de réconciliation.

    Les supporters de l’OM, club auquel vous êtes attaché, ont l’habitude de clamer : « partout, c’est chez nous »…

    Youssoupha : Depuis petit, je me suis toujours senti proche de ce club. Même si je suis connu pour être un fan de Liverpool, l’OM reste dans mon cœur. J’aime le fait qu’on puisse utiliser encore ces expressions de « partout, c’est chez nous » ou de « citoyen du monde ». Certains disent que c’est une formule facile, voire démagogique. Mais en fait, on n’a pas à se remettre en cause. Les frontières, ça reste des concepts théoriques. En revanche, nos vies, elles sont bien réelles. Je ne vais donc pas laisser un concept théorique renfermer ce que mon cœur et mon cerveau ressentent et pensent. Vous me parliez de l’OM : je n’ai jamais vécu à Marseille, je n’y ai pas de famille et je ne connais pas la ville plus que cela. Mais, à mon arrivée en France, enfant, quelque chose m’a rattaché à la ferveur de ce club. Pendant longtemps, j’ai pu complexer, car on nous intime de choisir. On en a entendu des formules bizarres comme « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » ou « il faut choisir entre tes origines ». Eh bien, moi, j’ai choisi de ne pas choisir. Ou plutôt, je choisis tout.

    « Amour suprême » condense vos influences rap, africaines, mais aussi gospel et symphoniques. Ce qui ne date pas d’hier, quand on regarde les samples de vos débuts, parmi lesquels Nina Simone ou Edith Piaf…

    Youssoupha : C’est un album décomplexé. On a l’habitude d’entendre qu’on ne peut pas être telle et telle chose à la fois. Soi-disant, on ne pourrait pas être profondément Français et avoir des références Nina Simoniennes, être Africain et avoir pour référence le rap américain. Moi, j’aime Nas, Jay-Z, mais j’ai aussi la rumba congolaise dans le sang. La chanson française de Brel et Brassens me fascine. Le symphonique me porte en live et a changé ma vie. La soul music, c’est l’essence du rap que j’ai aimé. Pour le gospel, ce sont mes cousins à l’église qui m’ont mis dedans. J’ai décidé de faire tout cohabiter.

    Il y a aussi « Dieu est grande », morceau dédié à votre fille devenu viral, mais perçu comme un blasphème par des intégristes. Et dans « God bless », vous chantez « le chemin de dieu est simple, mais c’est les religieux qui le compliquent »…

    Youssoupha : Je suis quelqu’un de spirituellement hybride. J’ai grandi avec ma mère qui est sénégalaise musulmane. Mon père est, lui, chrétien, comme ma femme. Quand on a décidé de se marier, au niveau de nos familles et communautés, c’était un peu compliqué. D’un côté comme de l’autre, on a voulu installer un problème qui n’en était pas un pour nous. J’ai aussi vécu à Créteil dans un quartier juif. J’ai toujours été amené à me mélanger. ça m’a permis de me rendre compte que, dès que les gens se mélangent, ils sont souvent amenés à bien s’entendre. C’est quand les gens mettent la logique de camps et de dogmes, qui vient souvent des religieux, que la crispation s’installe. Si j’avais appris la religion à travers ceux qui prétendent en être les garants, je serais même devenu agnostique ou athée. Je pense que la religion et la spiritualité élèvent et que ce sont les gens qui rabaissent. Je veux transmettre cela dans mes textes en disant aux gens : « décrispez-vous. N’écoutez pas ceux qui vous parlent de camps. »

    Le titre « Prose combat » est aussi marqué par votre appel pour « une terre pour le peuple palestinien » ou le soutien au peuple congolais. Deux massacres desquels les dirigeants détournent le regard. Pourquoi ?

    Youssoupha : Car c’est logiciel du monde d’avant, qu’on a du mal à mettre à jour car il faudrait réinterroger nos civilisations. Dénoncer les pratiques du régime actuel en Israël, notamment sur la bande de Gaza et son génocide, remet en cause une interrogation. Auparavant, on présentait Israël comme une démocratie. On a lié cela à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, où les juifs ont été des victimes, parmi les pires de l’histoire. Ce logiciel de l’établissement d’Israël a persisté, ce qui fait qu’aujourd’hui, tout est confondu par les principaux médias et institutions. Pour le Congo, pareil. Aux yeux des gens, le pillage et les guerres en Afrique étaient quelque chose d’établi. Et quand on se met à dénoncer le génocide au Congo, pour l’exploitation des minerais, on entend : « ça a toujours été comme ça. » Pourtant, la prise de conscience doit se faire et les massacres doivent s’arrêter. On doit changer ce monde-là. Maintenant.