Tag: communication

  • Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    « On est dans un marathon. Il faut pouvoir courir, tenir la distance et de temps en temps accélérer. C’est ce que nous faisons depuis trois semaines avec l’opération Octopus », explique le préfet de région, Jacques Witkowski, devant la presse convoquée sur un parking entre les cités du Mail et de la Busserine (14e), ce mardi.

    « Tous les jours, jusqu’à 300 policiers sont engagés sur le pilonnage des points de deal, des opérations judiciaires de fond et des opérations sur des commerces que nous visons. Ce matin, 900 policiers se sont engagés. Neuf personnes ont été mises en garde à vue pour un trafic de stupéfiants dans une opération conduite par l’Ofast. Un important trafic de voitures volées à destination des pays du Maghreb a été démantelé », détaille le préfet dans ce qui est aussi une opération de communication.

    Signe d’une « accélération concrète » à ses yeux, 660 personnes ont été mises en garde à vue à Marseille depuis le début de l’année, pour 1 370 sur l’ensemble de l’année 2025. « C’est 8 personnes par jour pour trafic de stupéfiants. 500 000 euros de liquidités ont déjà été saisis en trois mois dans les poches des trafiquants et plus de 50 millions d’euros d’avoirs criminels saisis uniquement sur le trafic de stupéfiants. Il faut ajouter 42 millions de marchandises contrefaites sur le Marché du Soleil. C’est du concret. On oppose aux trafics la férocité républicaine et nous continuons, non pas pour faire du spectaculaire, mais pour rendre la ville aux habitants et faire place nette. Il y avait 180 points de deal à Marseille il y a trois ans, nous en avons 80 aujourd’hui », souligne le préfet ravi.

    Sous les yeux d’habitants qui peuvent être choqués par ce safari policiaro-médiatique, deux boulangeries sont investies par des brigades spécialisées sous les caméras et micros tendus. « Le but, c’est de contrôler si les gens sont déclarés socialement, fiscalement. On checke les documents du gérant, son Kbis, si les règles d’hygiène, d’affichage, etc. sont respectées », explique un brigadier, tandis que l’employé farfouille dans ses tiroirs à la recherche d’un tampon. « Aucun policier ne peut être filmé ! », tonne une gradée moquée par les jeunes pour son chapeau. « Eh bien nous aussi on a un droit à l’image ! », réplique une habitante refoulée du magasin. « Bonjour. Bon, tout est carré là derrière ? » sourit le préfet au boulanger, d’abord ébahi d’avoir un si haut représentant de l’État dans son échoppe, avant de se ressaisir : « Oui oui, mais bon, pendant ce temps-là, on vend pas. »

    « Ce n’est pas que du pilonnage de points de deal. On regarde aussi les commerces, le travail dissimulé, s’il n’y a pas de protoxyde d’azote, de vente illégale d’alcool, de tabac », explique Cédric Esson, patron interdépartemental de la police nationale. Le primeur a disparu après avoir baissé le rideau. « Il m’a dit de garder les légumes » bafouille un mineur. À côté, ça se passe mal pour l’autre boulanger et sa femme, qui tient la caisse. « J’ai signé un compromis de vente il y a douze jours, mais je vais créer la société », blêmit le boulanger. « Il y a un truc qui ne va pas. Qui a les clés ? Qui vous dit quoi faire ? Qui a acheté le matériel ? Aujourd’hui, vous n’êtes pas déclarés », bondit un inspecteur du travail. Le préfet découvre, horrifié, les sacs de farine stockés devant les WC au milieu de dizaines de cafards morts.

    « Je suis une habitante du Mail. J’ai trois enfants. Ici, c’est beaucoup dégradé, insalubre. Il y a des fuites de partout. La plupart des appartements sont sans courant », intervient une mère de 35 ans. « Les enfants, ils n’ont pas un endroit où jouer, pas une aire de jeux, parce que voilà, c’est tout le temps pourri. Personne respecte personne. Le gardien, il nettoie, mais il n’y arrive pas tout seul. Moi, je vous dis la vérité, je vois même plus le narcotrafic, je vois plus rien de tout ça. Moi, je vois l’état des appartements. »

  • À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    Tania Teixier assure que c’est possible, « puisque les finances de la Ville sont très saines ». La candidate, qui porte une liste sans étiquette face à la maire sortante Séverine Dellanegra, annonce qu’en cas de victoire, elle baissera le taux de taxe foncière. « C’est le seul levier que nous avons pour redonner du pouvoir d’achat aux habitants, et vraiment, on a tous des problèmes à ce niveau-là », affirme la fille de l’ancien maire.

    Aujourd’hui, cette taxe s’élève à 41,41%. À titre de comparaison, pour des communes qui font sensiblement la même taille, elle est de 41,55% à Fos-sur-Mer, 48,65% à Port-de-Bouc et 44,02% à Berre-l’Étang. « Je ne veux pas m’avancer sur des chiffres, mais la baisse sera effective dès notre arrivée », affirme-t-elle.

    « On a une épargne de gestion et une capacité de désendettement qui sont au vert. Mais au-delà de ça, on fera des économies de marge. Je vais baisser les indemnités des élus, revenir à l’indemnité du maire précédent, c’est-à-dire la diminuer de plus de 21%. »

    Tania Teixier veut aussi réduire le budget de communication de la municipalité et réduire la consommation énergétique des bâtiments communaux. Sur ce dernier point, la candidate assure : « Ça va arriver assez rapidement, on pourra avoir des subventions à hauteur de 80% puisque la transition écologique est mise en avant est fait partie des critères premiers du Département comme de la Région, mais on va aussi réorganiser notre gestion de ces bâtiments communaux, ils vont être moins utilisés que ce qu’ils le sont actuellement. » Cette mutualisation se fera « sans pénaliser personne », promet-elle.

  • Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Le sénateur Stéphane Ravier (ex-RN ex-Reconquête) et sa nièce Sandrine d’Angio, actuelle tête de liste RN dans les 13-14, qui lui avait succédé en septembre 2017 en mairie du 7e secteur, ont été déclarés coupables de favoritisme dans trois marchés publics passés entre 2016 et 2019 et artificiellement fractionnés pour échapper au seuil de mise en concurrence.

    La procédure découle d’un audit en 2019 de l’Agence française anticorruption qui découvre que des marchés ont été attribués sans publicité ni mise en concurrence : un marché de 24 000 euros à une société qui s’était déjà vu attribuer des marchés de 15 200 euros, 24 000 euros et 7 560 euros pour les mêmes prestations, ce qui aboutissait, compte tenu de l’homogénéité des services fournis, à un marché public global dépassant largement le seuil de 25 000 euros HT à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’impose. Ces contrats qui portaient sur la stratégie digitale, la communication sur les réseaux sociaux, le référencement et la mise à jour du site internet, présentaient en outre un coût élevé et non justifié.

    « Je signe mécaniquement »

    Alors qu’il vient de voir une condamnation confirmée en appel la semaine dernière pour prise illégale d’intérêt -le recrutement irrégulier de son fiston en mairie- Stéphane Ravier a écopé hier de 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Sa nièce Sandrine d’Angio, toujours conseillère régionale et départementale et tête de liste RN dans les 13-14, est condamnée à 5 000 euros d’amende dont 2 000 euros avec sursis. La même peine complémentaire obligatoire d’un an d’inéligibilité, sans exécution provisoire au vu de l’ancienneté des faits, leur est infligée. Ils devront verser 1 500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Selon le jugement rendu mardi, « Stéphane Ravier a engagé un montant substantiel d’argent public en violation des règles de la commande publique, qui approche du double du seuil à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’imposait ». Ravier avait dit à l’audience s’en remettre à son administration « point barre » (sic). « Je signe mécaniquement parce qu’il faut ma signature pour payer », avait précisé M. Ravier au tribunal qui lui a répondu mardi que c’était précisément à lui de « déterminer de manière adéquate les besoins de la mairie de secteur et d’établir un cahier des charges ». Pour les juges, ces deux anciens maires de secteur « n’ont pas fait un usage adapté de l’argent public qui leur était confié en tant qu’élus » alors que les règles de la commande publique ont pour objectif aussi de « contribuer à l’effort de moralisation tant de la vie politique que de la vie économique ». « Ces atteintes à la probité contribuent à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et la cohésion sociale. »

  • La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    Un candidat sans projet pour le droit à la communication est un candidat déjà dépassé. » Le message est passé. Le syndicat CGT des Activités postales et de télécommunications (CGT Fapt) et l’Union syndicale des retraités (USR) des Hautes-Alpes lancent une campagne pour interpeller les candidats aux municipales sur l’absence de mesures destinées à réduire la fracture numérique. La fermeture progressive d’infrastructures du service public menace l’inclusion de chaque citoyen. Avec seulement 29 bureaux de Poste pour les 162 communes dans le département (), le droit à la communication représente un enjeu territorial. La cosecrétaire de la CGT 05, Alexandra Pourroy, juge que les programmes électoraux portent « peu » sur cette thématique : « C’est l’étincelle qui a fait démarrer cette campagne. »

    Un kit pour les citoyens

    La CGT Fapt et l’USR 05 s’engagent à interpeller les candidats lors des réunions de campagne des grandes communes. Ces syndicats, qui « ne peuvent pas être présents sur toutes les communes », proposent un kit d’interpellation aux citoyens. Lettre type, argumentaire, chiffres-clés… Ce kit présente « le nécessaire pour pouvoir se faire l’émissaire de cette campagne ».

    La représentante syndicale renchérit : « Le but est de permettre à Monsieur-tout-le-monde de pouvoir intervenir dans cette campagne. »

    Le droit à la communication est menacé lorsque le numérique devient l’unique moyen d’accès aux services. Cela concerne particulièrement les habitants des zones blanches – 20% du territoire départemental – ainsi que les personnes âgées. À titre d’exemple, 33% des usagers déclarent avoir déjà abandonné une démarche administrative en ligne par manque d’accompagnement.

    « Le droit à la communication est un service public. Par définition, c’est plus un impensé de la droite et quelque chose qui doit infuser dans les listes de gauche », note Alexandra Pourroy. Ces revendications s’adressent à tous les candidats du cercle républicain, à l’exception du RN, qui propose « une politique générale complètement opposée à ce que [le syndicat] porte ». La CGT Fapt et l’USR 05 attendent un sursaut de la part des candidats pour réduire cette fracture numérique.

  • Un ministre vante les bienfaits du standard des services publics

    Un ministre vante les bienfaits du standard des services publics

    À quelques mètres du hall d’accueil de la CPAM de Vaucluse, derrière deux portes grisâtres, des dizaines d’employés, casques audio sur la tête et micro devant les lèvres, enchaînent les appels de bénéficiaires devant leurs écrans qui affichent des données des heures durant. Cet endroit, c’est la plateforme téléphonique du relais local de l’Assurance maladie, et elle est portée « en exemple » par le ministre de la Fonction publique, David Amiel (Ren.).

    La structure a effectivement mis en place un « plan téléphone » ces deux dernières années. Ce moyen de rentrer en contact avec les services de la CPAM a été de plus en plus utilisé ces dernières années, avec un pic lors de la crise du Covid. Alors qu’en 2019 en France, l’organisation recevait 19 millions d’appels, ce chiffre a doublé en trois ans, avec 38 millions d’appels en 2022. C’est même, d’après la direction de la CPAM, le premier mode de communication utilisé en Vaucluse, avec pas moins de 370 000 appels traités en 2025, contre 235 000 mails et 25 000 accueils physiques par les 128 agents du service.

    Mais cette augmentation a engrangé en premier lieu une baisse des décrochages du téléphone. Il y avait alors un taux de traitement d’environ 60% des appels. Et vu que « quand la plateforme téléphonique s’enrhume, c’est toute la CPAM qui est malade », comme l’a affirmé Sophie de Nicolaï, directrice de la structure, un plan a été lancé pour « lancer la remontada » des réponses, poursuit l’administratrice. Avec la mise en place d’une harmonisation des horaires, du lancement de « plateformes de délestage » qui permettent de remplacer efficacement les absences, et des plans personnalisés, ce pourcentage de réponse est remonté en Vaucluse à 86%.

    Un modèle

    Le ministre a donc, après une séquence d’immersion auprès d’une standardiste qui lui a montré les rouages et les difficultés du métier, loué cette amélioration qu’il érige en « modèle pour l’ensemble des services publics ». « Moi, je ne crois pas au tout-digital, je pense au contraire qu’il est extrêmement important de pouvoir renforcer à la fois la présence humaine, et c’est ce qu’on déploie dans le cadre notamment des maisons France Service. L’ennemi, c’est la musique d’attente ou le répondeur automatique. Quand vous avez une situation difficile, comme c’est le cas pour de nombreuses personnes dans ce département, vous avez besoin d’avoir un visage, une voix », appuie-t-il.

    Il a aussi affirmé qu’un travail était engagé dans la lutte contre les incivilités que subissent les agents des services publics. Celui-ci consisterait à « muscler la réponse » à ces agressions. « Ce serait une vraie reconnaissance, car cela arrive trop souvent », glisse une employée au haut fonctionnaire.

  • Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Dans les locaux de l’administration du centre hospitalier d’Avignon, une douzaine de membres de la direction et du corps médical de l’établissement se sont présentés à la presse au lendemain de la communication d’un rapport d’un cabinet d’expertise agréé qui mettait en avant des « indicateurs alarmants » sur les conditions de travail. « Il a eu un effet de résurgence plutôt négatif car le travail mis en place a été un peu pris à défaut », regrette le docteur Jean-Pierre Meunier, chirurgien et chef de pôle de chirurgie et du bloc opératoire.

    Certains chiffres présentés dans ce même document comme des éléments inquiétants sont notamment contestés, tels que le taux d’absentéisme de 15,10%, qui serait en réalité de 10,81%, « soit, selon le barème du cabinet, un taux normal », assure Pierre Pinzelli, directeur de l’hôpital. Mais aussi le taux de turnover de 43% chez les infirmiers en soins généraux (IDE), de 25% chez les aides-soignants ou de 11% chez les infirmiers anesthésistes, qui serait en réalité respectivement de 10%, de 13% et de 7,5%. Tout en concédant un taux de 50% chez les encadrants d’unité de soins, « qui peut paraître élevé », mais qui serait « sur trois personnes dont l’une part à la retraite », et qu’il y a « une réelle difficulté à recruter des cadres de proximité dans les hôpitaux », précise le centre hospitalier dans sa présentation.

    Une divergence sur les données que l’hôpital explique en remettant en doute la neutralité du rapport d’expertise, en évoquant notamment l’appartenance de l’expert à la CGT. « Un article du règlement sur la déontologie rappelle que l’indépendance du cabinet doit être totale vis-à-vis de l’employeur mais aussi vis-à-vis des représentants du personnel. On ne peut pas passer au-dessus du sujet de la neutralité. La conduite de l’audit est menée par un monsieur impliqué dans diverses mobilisations sociales. Ce n’est pas une critique de la personne car on a bien travaillé ensemble. Mais sur le point idéologique, permettez-moi de faire part d’une petite interrogation », tout en confiant qu’il « ne balaie pas d’un revers de main » tout ce qui y figure.

    Travail en cours

    En amont, une longue présentation du fonctionnement du bloc opératoire, avec les nombreux changements récents, a été donnée par l’équipe de direction, notamment la mise en place depuis plus d’un an d’un « pilotage médico-soignant » du service. « On sort d’un état de crise, donc c’est sûr que tout n’est pas blanc. Mais il faut avancer dans un climat serein et cette situation ternit l’image du bloc. On souhaite ici insister sur la qualité du bloc opératoire car ce qui est décrit blesse ceux qui y travaillent », avance le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » va être présenté lors de la prochaine formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), programmée en février. Il comporte sept propositions de la gouvernance du service, dont certaines convergent avec celles du rapport, telles que la poursuite des recrutements, l’engagement « rapide » de l’analyse du travail, ou la mise en œuvre « rapide » d’un suivi des risques psychosociaux par des professionnels rompus à l’exercice et indépendants. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise. Plusieurs indicateurs nous le font penser. Nous ne sommes pas dans un état de chaos comme il est décrit par la CGT. Nous sommes toujours face à des difficultés et nous essayons de nous en défaire », ajoute le docteur Vincent Pestre.

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • Le collectif Réfléchissons Vitrolles restitue ses idées

    Le collectif Réfléchissons Vitrolles restitue ses idées

    Ce moment de la fin de mandat permet de voir en arrière le chemin parcouru et en avant ce qu’il reste à faire » pour le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, entouré de participants à la soirée de restitution qui s’est déroulée, vendredi soir, à l’espace Mandela. Depuis septembre, plusieurs ateliers participatifs ont été organisés avec la population sur plusieurs thèmes.

    Les propositions fusent. Martine Miglior rapporte celles de « créer une mutuelle communale de proximité » ainsi qu’une « bourse au bénévolat pour aider les associations et les bonnes volontés qui se cherchent ». Anthony Moreau, militant PS, indique pour l’atelier vie de quartier qu’« il faut développer la communication et l’organisation dans les quartier » par l’intermédiaire de « gens qui s’impliquent et des comités d’intérêt de quartier ».

    « Un travail essentiel »

    Attentif aux propositions, le maire de Vitrolles salue la participation « entre 80 et 100 personnes par atelier », parlant d’« un travail collectif essentiel » qui doit « se mêler avec ce qui se fait déjà ou qui va se faire » notamment en réponse à une proposition d’aménagement du plateau qui est en cours de réflexion selon Loïc Gachon.

    Toutes ces propositions seront ensuite « chiffrées afin de les rendre réalistes », explique l’édile, « c’est le travail qui suit pour aboutir au projet de mandat 2026 ». Car si plusieurs candidats se sont déjà déclarés face au maire sortant, ce dernier l’affirme : « Il n’y a pas de suspens ni de doute me concernant », mais « le temps de la candidature et de la campagne électorale débutera après la trêve des confiseurs. » Loïc Gachon donne comme prochain rendez-vous le 18 janvier dans un lieu à déterminer.

    Aucun suspens, mais du temps pour cogiter.

  • Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Un rassemblement d’une cinquantaine de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, de personnels de direction, de personnels administratifs, de personnels de surveillance, personnels socio-éducatifs, psychologues venus prêter serment comme un décret le leur impose désormais, s’est tenu jeudi à 12h45 devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, boulevard Carnot, pour dénoncer les « pressions et intimidations » dont ils sont l’objet en haut lieu.

    La CGT insertion probation et le Snepap-FSU, avec le soutien du Syndicat des avocats de France (section de Marseille) et du Syndicat de la magistrature (section régionale Aix-en-Provence) ont voulu ainsi dénoncer les « attaques et dénigrements » dont ces agents sont l’objet. Depuis le début de l’année, « Gérald Darmanin a multiplié les interventions et instructions dénigrant et fragilisant le travail des personnels chargés de l’application des peines, qu’il s’agisse des personnels de surveillance, des services d’insertion et de probation ou des juridictions de l’application des peines », dénoncent-ils dans un communiqué commun.

    « Des attaques

    sans précédent »

    « À Aix ou à Marseille, un conseiller de probation suit 130 personnes. Est-ce que le garde des Sceaux qui parle de sécurité à tout va devant les caméras de télévision va parler de ça alors que 200 détenus à Luynes dorment sur un matelas au sol ? », déclare Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. « Des collègues sont KO quand ils entendent les déclarations de leur ministre de tutelle dénonçant des “activités ludiques et provocantes”. Ils ont le sentiment d’être insultés, eux qui travaillent depuis des semaines en amont. Des permis de sortir sont annulés au dernier moment que personne ne comprend. »

    Sentiment partagé par Élodie Bartolini de la CGT Insertion Probation selon laquelle « le moral des agents est très très bas car ils se sentent dans le viseur. Il faut sortir des réactions à chaud et retrouver un cadre de travail serein. Pour cela, il faut faire confiance aux professionnels. Notre métier, c’est d’accompagner les gens, de travailler sur le passage à l’acte, la gestion des émotions pour les réintégrer, pour qu’ils redeviennent des citoyens. On ne peut pas continuer à mettre au ban de la société des gens, les entasser en détention. Trois personnes dans une cellule de 9 m², c’est indigne. »

    Marie-Blanche Régnier, co-déléguée de la section régionale du Syndicat de la magistrature, les comprend. « On est là pour soutenir les agents face aux attaques sans précédent sur les permissions de sortir sous couvert dans la communication politique d’être des narcotrafiquants, alors qu’en fait les personnes en détention sous main de justice ne sont pas majoritairement de ce profil. » Ces attaques qui ont débuté en février se sont accentuées ces dernières semaines. Le garde des Sceaux critique les activités socio-éducatives culturelles en détention qui sont freinées voire ont disparu. « La hiérarchie pénitentiaire ajoute des critères pour contrecarrer des permissions de sortie accordées par les juges d’application des peines. Les détenus étrangers en situation irrégulière sont particulièrement visés même lorsqu’ils ne font même pas encore l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », observe-t-elle.

  • Var Tourisme présente son plan d’attaque pour 2026

    Var Tourisme présente son plan d’attaque pour 2026

    La principale période d’afflux touristique terminée, l’heure était au bilan et surtout, aux projections pour Var Tourisme et les acteurs locaux du secteur, qui représente « 100 milliards d’euros en France, soit 5 points de PIB », insiste Jean-Louis Masson, président du Département et de la commission tourisme des Départements de France.

    Ce secteur concerne particulièrement le Var, première destination touristique nationale avec un record de 83 millions de nuitées en 2024, dont devrait s’approcher le cru 2025. Cela grâce au renforcement du tourisme quatre saisons, qui va se poursuivre en 2026 : « On a capitalisé sur nos marchés prioritaires, mais on déploie un plan d’actions ambitieux pour ouvrir les perspectives », introduit Anthony Matteuzzi, directeur adjoint de Var Tourisme.

    Une stratégie

    en six piliers

    Comme en 2025, Var Tourisme a défini une stratégie en six piliers. Le premier consiste à « structurer », à partir du « lien de confiance institutionnel au profit des acteurs privés », définit Martine Felio, directrice de Var Tourisme. À ce titre, plusieurs baromètres (prix, hospitalité, agritourisme…) vont être mis en place pour modeler l’offre, avec deux axes prioritaires : les activités de pleine nature et le luxe.

    Le deuxième, « fédérer », place au centre le réseau d’acteurs Destination Var, afin de valoriser l’offre à travers 550 sites annualisés. Un guide et trois rencontres verront le jour, avec, notamment, les premières assises départementales du tourisme en avril.

    Après avoir fédéré, il faut « séduire ». La communication va être renforcée et un accent sera mis sur le patrimoine. Enfin, la campagne « Le Var, l’unique : 365 jours de bonheur » sera diffusée via la presse et la publicité.

    Le quatrième pilier, « amplifier », implique de « renforcer la visibilité auprès des Franciliens, soit 25% de la clientèle française », précise Martine Félio, grâce à une présence accrue à Paris, via des événements et deux chartes : une pour attirer les télétravailleurs sur des lieux de vacances et une autre pour structurer une offre spécifique LGBT.

    Les deux derniers points, « préserver » et « renouveler », font appel aux échanges. Pour le premier, avec les territoires frontaliers, notamment les Alpes-Maritimes, avec le projet de géoparc, et les Alpes-de-Haute-Provence autour des voies cyclistes du Verdon. Pour le second, il s’agira d’élargir l’influence à d’autres milieux en étant présent sur des événements (Salon de la plongée de Paris, Salon de l’agriculture, Salon du randonneur à Lyon…). Et pour la première fois, sur trois missions fédérées avec les acteurs touristiques, aux États-Unis en mai, en Scandinavie en juin et en Italie en décembre. Var Tourisme se rendra également, en son nom, en Europe de l’Est en février.