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  • Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Coup de tonnerre sur les bancs de l’Assemblée nationale, le 14 janvier. Alors que la veille, les députés votaient pour une revalorisation de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), un amendement déposé par le Rassemblement national (RN) et ses alliés ciottistes – prévoyant de réduire de 4,9 milliards d’euros la DGF – a été adopté. Pour cause, la faible présence de députés dans l’hémicycle (57 voix pour et 47 contre). Le RN a pu compter sur la docilité des députés gardois et héraultais puisque Stéphanie Galzy (RN, 5e circo de l’Hérault) et Yoann Gillet (RN, 1ère circo du Gard) ont voté pour le texte.

    Une mesure justifiée par le fait de lutter contre « le millefeuille territorial français […] source d’une véritable gabegie pour les finances publiques ». Dans le viseur, les Régions et les Établissements publics de coopérations intercommunales (EPCI) – on retrouve notamment les Communautés de communes, d’Agglomération ou encore les Métropoles. Une victoire pour le groupe présidé par Marine Le Pen, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy fanfaronnait même « les autres partis blablatent et dépensent à tout va, le RN vote 5 milliards de dépenses en moins » sur son réseau X.

    Augmenter les impôts ?

    Pourtant, ces EPCI sont importants pour la vie locale. Ils permettent d’élaborer des projets d’aménagement, d’urbanisme que seule la Commune ne pourrait tenir. De plus, ceux-ci rendent possible la gestion commune de compétences telles que le ramassage des ordures ménagères, l’assainissement, les transports en commun. D’autres vont même plus loin en mettant en commun des compétences facultatives. À l’instar de la Communauté de communes de Cèze-Cévennes. « Nous exerçons ensemble la politique culturelle et celle concernant l’enfance-jeunesse. Ce sont des choix politiques forts. Nous gardons le même niveau d’engagement cette année car c’est important. Mais demain, si on a des recettes qui diminuent, on ne pourra pas garder ce même niveau d’engagement », soupire Olivier Martin, président de Cèze-Cévennes et maire de Gagnières.

    Et ainsi de se retrouver avec le dilemme entre une baisse des services publics – déjà mis à mal par le désengagement de l’État, notamment en ruralité – ou augmenter les impôts locaux, au risque de se mettre à dos ses propres administrés. Dans les deux cas, les citoyens sont les grands perdants de cette combine de l’extrême droite. Si le recours à l’article 49-3 par Sébastien Lecornu pour adopter le budget – le soutien du PS au gouvernement semble éloigner le risque de censure – a permis de ne pas retenir l’amendement décrié, l’affaire montre le vrai visage de l’extrême droite, qui, une fois au pouvoir, aura les mains libres pour mettre à mal les services de proximité.