Tag: collectivités

  • Stop-LGV poursuit sa lutte contre le projet de ligne Marseille-Nice

    Stop-LGV poursuit sa lutte contre le projet de ligne Marseille-Nice

    Malgré le feu vert donné par le tribunal administratif de Marseille pour le lancement du projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Marseille et Nice, et malgré le rejet de son recours en juillet dernier, le Collectif Stop LGV Sud Sainte-Baume n’a pas l’intention de rendre les armes. Il tenait, ce jeudi, son assemblée générale, en présence du maire du Beausset, édouard Friedler, ainsi que de membres du collectif « Stop LNPCA », mobilisé contre le même projet dans l’est Var. La réunion a débuté par un hommage à Thierry Dubois, disparu le 30 juillet, membre actif du collectif, « qui a lutté contre la maladie comme il a lutté contre le projet de LGV », salue le président, Didier Cade.

    Ce dernier est ensuite revenu sur le rejet du recours, annonçant que le collectif avait décidé de faire appel : « En première instance, la requête a été jugée recevable. Il a été déclaré que le public était régulièrement informé par la concertation continue, alors qu’on se rend compte, en discutant, qu’ils ne sont pas au courant. Les impacts environnementaux sont jugés acceptables pour les bénéfices attendus, ce que nous réfutons eu égard aux milliers de tonnes de CO2 produites. On n’a pas eu de réponse sur les dangers, alors qu’il y a une faille sismique présente sous le projet. »

    « Les élus ne font rien, même s’ils ne sont pas d’accord »

    Didier Cade évoque ainsi un « problème global sur le ferroviaire en France. Jean-Pierre Farandou, quand il était patron de la SNCF, disait qu’il fallait 100 milliards d’euros pour éviter que le réseau ne s’effondre. Les lignes nouvelles rajoutent des coûts d’entretien, on se met dans une impasse en les créant ».

    La question du financement, pour un projet qui coûtera au minimum 14,8 milliards d’euros, « bien plus que des lignes de même envergure » avance le président du collectif, reste également en suspend. Les 20% supposément apportés par l’Europe restent incertains, « puisquil n’y a rien pour l’instant ». Pour y répondre, la société de financement du projet, dirigée par Renaud Muselier, aussi président (Ren.) de la Région Sud, envisage quant à elle « une modification du protocole, faisant passer la part des collectivités de 40 à 50%, ce qui va peser sur le contribuable. On parle à nouveau de partenariats public-privé, qui vont permettre à des entreprises privées de gagner de l’argent ».

    Concernant la gouvernance de cette société, la Région dispose de la plus grande influence sur les délibérations, avec plus d’un tiers des voix, en tant que principal financeur. La collectivité Sud-Sainte-Baume ne finançant pas le projet, « cela peut coûter cher », estime Didier Cade, car celle-ci n’a pas voix au chapitre. Mais, quoi qu’il en soit, « jusqu’ici, les collectivités et les élus ne font rien, même s’ils ne sont pas d’accord », affirme-t-il.

    La dette de la France, aujourd’hui estimée à 3,482 milliards d’euros, soit 117% du PIB, pourrait-elle freiner le projet ? Selon le président du collectif, « l’expérience montre que non, que les agences de notation n’ont pas d’impact et que les prêteurs ont peut-être intérêt à prêter avec des taux d’intérêt qui explosent ».

    Didier Cade et le collectif invitent à « adapter l’existant ». Selon eux, le problème du fret pourrait être résolu « en achetant des rames et en doublant le nombre de trains », et en entretenant mieux les infrastructures, rappelant que « le Mistral mettait 2h07 pour faire Marseille-Nice en 1970, contre 2h40 aujourd’hui pour le TGV ».

  • La mairie de Manosque déplore le « désengagement de l’état »

    La mairie de Manosque déplore le « désengagement de l’état »

    La mairie de Manosque s’est vantée, mercredi, d’une « épargne record » malgré « le désengagement rituel de l’état ». Le maire, Camille Galtier, et le conseiller municipal délégué au budget, Pascal Antiq, ont présenté « des comptes au vert » et ont affirmé avoir fait mieux que leurs prédécesseurs. « On laissera les marges de manœuvre à la prochaine équipe municipale pour faire un budget modificatif », a promis le maire, par ailleurs candidat à sa succession, à quelques jours des élections municipales.

    « Le budget gouvernemental nous assèche encore une fois. On considère que le Manosquin est un sous-citoyen puisque les ponctions sur la ville sont bien plus importantes que sur l’ensemble du reste du département », a regretté Camille Galtier. Malgré cela, « depuis 2023, la progression des recettes a été supérieure à l’augmentation des dépenses », ce qui permet « d’investir de manière importante sans attaquer notre capacité d’emprunt » et de « faire baisser notre endettement », s’est félicité Pascal Antiq.

    « On est passé de 0,6 million d’euros d’épargne en 2019 à plus de 2 millions depuis 2023, a ajouté le maire. Sur l’investissement en 2025, on est sur une dynamique inédite, puisqu’on a un niveau d’investissement historiquement élevé », avec 19,5 millions d’euros, notamment pour les écoles, les sports, les loisirs, le stationnement et la voirie, ce qui permet « d’attirer les gens sur Manosque », a affirmé le conseiller municipal délégué au budget.

    « Un endettement maîtrisé »

    La mairie a présenté « un endettement maîtrisé », ce qui « préserve les capacités d’action de la future équipe municipale, quelle qu’elle soit ». L’équipe municipale table sur un budget de 80,4 millions d’euros, avec 49,8 millions d’euros en fonctionnement et 30,6 millions d’euros en investissement. La mairie s’est par ailleurs fixé un objectif de 17 millions d’euros de dépenses d’équipement en 2026, « sans nouvel emprunt ». « Ceux qui s’installeront à notre place auront les caisses pleines et démarreront avec des finances saines », a insisté Pascal Antiq.

    L’équipe municipale s’est par ailleurs félicitée de n’avoir jamais augmenté les impôts, restés inchangés « depuis 1996 ». Le maire s’est vanté d’avoir doublé les investissements par rapport au mandat précédent. « On est sur des bases solides, sans être à l’abri du désengagement de l’état. Il faudra malgré tout continuer à avoir une gestion saine », a estimé le conseiller municipal délégué au budget. La mairie aurait 9 millions d’euros d’épargne en réserve « pour aborder 2026 sereinement ». « Les ponctions de l’état ont asséché la commune au fur et à mesure », a déploré Camille Galtier.

    La mairie mise sur cinq projets dans lesquels investir pour 2026 : la maison du patrimoine, la glacière, le parc forum, l’espace Lemoyne et le dôme tournesol. La Ville continuera par ailleurs à financer les écoles, l’église Saint Sauveur et le quartier de la Ponsonne.

    Le Regain manosquin, une liste de rassemblement de gauche, se présente face au maire sortant pour les élections municipales. Le syndicaliste Patrick Rousset en est la tête de liste et est soutenu par plusieurs partis de gauche, dont le Parti communiste, les écologistes, l’Après et Génération.s. Une autre liste de gauche est menée par Sébastien Aubert.

    Conseil municipal de Manosque ce jeudi à 18h, salle Osco-Manosco, 570 chemin du Moulin Neuf.

  • [Salon de l’agriculture] Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture

    [Salon de l’agriculture] Fabien Roussel appelle à consommer français pour relever l’agriculture

    Comme chaque année, le Salon de l’agriculture constitue un passage incontournable pour Fabien Roussel. Mardi, le secrétaire national du PCF a passé de longues minutes sur le stand de sa région, les Hauts-de-France, où il a rencontré élus et artisans locaux. Mais avant cela, le maire de Saint-Amand-les-Eaux a échangé, pendant une large partie de la matinée, avec les principaux syndicats agricoles (Confédération Paysanne, FNSEA, Coordination Rurale, Jeunes Agriculteurs) au sujet de la crise que traverse le monde agricole.

    « Il faut faire confiance à nos agriculteurs, comme on a confiance en nos aides-soignants, nos enseignants, tous ces métiers indispensables à la France. Nous sommes une nation agricole et un pays sans paysan, c’est un pays qui meurt », a-t-il martelé. Il a ensuite « lancé un appel aux Français pour qu’ils contribuent à la relance de l’agriculture en consommant français et local. C’est un geste citoyen qui va garantir la production française et donc des revenus pour nos agriculteurs ».

    Fabien Roussel en appelle aussi au soutien des collectivités, crucial pour créer de nouvelles rentes pour les agriculteurs : « Il y a besoin d’étiqueter et tracer nos produits, de les valoriser. Les collectivités, les Villes, Départements, Régions, doivent participer à les financer et à les promouvoir, comme nous le faisons dans les Hauts-de-France, en leur offrant des débouchés dans les cantines scolaires et en restauration collective, par exemple. »

    « Le libre-échange affaiblit l’agriculture française »

    Dans son viseur également, les traités de libre-échange, « qui ont mis en concurrence notre pays avec d’autres nations et ont affaibli l’agriculture française. Il y a besoin de les revoir, et, à défaut, de protéger l’agriculture française ».

    Pour y parvenir, Fabien Roussel évoque « une série de leviers à actionner. Il faut garantir un revenu aux agriculteurs. Pour cela, nous défendons le principe des prix planchers et du coefficient multiplicateur pour faire en sorte qu’entre la fourche et la fourchette, la valeur ajoutée soit mieux distribuée entre toutes les professions qui interviennent ». Cela passe aussi par une loi d’urgence, annoncée par le gouvernement, mais dont les communistes « craignent qu’elle arrive bien tardivement. Nous en voulons une dans les semaines qui viennent au Parlement ».

    Enfin, le chef de file des communistes est également revenu sur la très critiquée politique d’abattage systématique mise en œuvre contre la dermatose nodulaire contagieuse, « vécue comme un traumatisme, d’autant plus que dans d’autres pays, ce n’est pas cette politique qui est appliquée. Je comprends les interrogations des éleveurs français, de savoir si c’est bien la bonne méthode ». Pour prévenir au mieux la circulation de la maladie, il faut, selon lui, « mieux répartir les élevages dans toute la France, y compris dans les territoires où ils ont disparu. Les éleveurs ont aussi pris conscience du danger qu’il y a à avoir de gros élevages et des concentrations dans des territoires, [qui favorisent] les risques de propagation de l’épidémie. Il y a tout un travail à faire pour protéger nos élevages des épidémies car on va en souffrir encore ».

  • [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    S’il est un département maritime, le Var n’en demeure pas moins – et avant tout – un territoire forestier : plus de 70% de sa surface, soit quelque 420 000 hectares, est recouverte de forêt. Une richesse qui offre de somptueux paysages, mais engendre un nombre d’incendies important. En un peu plus de vingt ans, trois d’entre eux – deux à Vidauban en 2003 et un à Gonfaron en 2021 – ont, à eux seuls, ravagé plus de 20 000 hectares boisés.

    Ces chiffres imposent de s’adapter et de trouver des solutions viables pour l’avenir. L’une d’elles pourrait venir de l’agroforesterie, thème d’une table ronde organisée, mardi, sur le stand du Département du Var au Salon de l’agriculture, en présence de plusieurs acteurs du secteur. Cette méthode, qui consiste à mener de front activité agricole et activité forestière (lait-bois, viande-châtaigne…), ne date cependant pas d’hier. Il s’agit d’une pratique méditerranéenne ancestrale, notamment dans des espaces forestiers naturels, où des éleveurs ont, en tout temps, établi leurs pâturages sous les arbres. Dans le massif des Maures, principal espace forestier du département, on relève deux formations particulières : les forêts de chênes et les espaces plus agricoles que sont les châtaigneraies.

    L’intérêt de cette pratique est multiple et repose sur une logique gagnant-gagnant. « Cette alliance est au bénéfice de tous : le troupeau y trouve de l’alimentation et un abri et, par son action, limite la repousse des semis concurrents », explique Charles Dereix, président de l’association Forêt méditerranéenne. « En Corse, par exemple, quand on régénère les pins laricio, les troupeaux vont boulotter les petits semis de chênes ou de hêtres qui font concurrence. Ils produisent aussi du débroussaillement, réduisent ainsi le risque d’incendie et créent de l’activité économique. »

    Dans le Var, « 100 000 hectares sont déjà pâturés, soit près d’un quart de l’espace boisé », précise Christine Amrane, conseillère départementale varoise, maire de Collobrières et présidente du Syndicat du massif des Maures. Dans sa commune et aux alentours prospèrent les châtaigneraies, « très importantes économiquement avec les Fêtes de la châtaigne », rappelle-t-elle. Le sylvopastoralisme – le pâturage en milieu forestier –, représente ainsi une voie d’avenir pour la filière après avoir fait son succès : « La châtaigneraie du massif des Maures représentait 3 000 hectares entretenus il y a quelque temps. Moins aujourd’hui, mais il y a un enjeu car les consommateurs reviennent à des produits traditionnels. Cette châtaigneraie est un verger planté depuis 500 ans. Les castanéiculteurs travaillent depuis longtemps avec les bergers. Leurs animaux broutent, déposent leurs excréments qui font la fumure [enrichissement du sol, Ndlr] des châtaigniers. C’est une symbiose », développe Raphaël Louat, castanéiculteur, président du Syndicat des producteurs de châtaignes du Var.

    Les solutions doivent être « appuyées par les élus »

    Claude Audibert, propriétaire forestier de chênes, président de l’Association syndicale libre de la Suberaie varoise et producteur de liège, y voit lui aussi « une solution économique et écologique. L’élevage prend le relais pour nourrir les hommes, entretenir écologiquement les espaces boisés et favoriser la récolte de liège, d’arbouses et autres produits forestiers ».

    L’agroforesterie fonctionne. L’agroforesterie s’applique également aux productions fruitières et potagères, permettant de créer des écosystèmes nourriciers favorables à la biodiversité. « L’agroécologie répond aux enjeux de dépassement des limites planétaires, ajoute Séverine Cachod de l’association Les Résilients. Elle repose sur trois piliers : écologique, en s’inspirant des écosystèmes pour préserver l’environnement ; social, par la création d’emplois ; et économique, en créant des filières où chacun est rémunéré pour ce qu’il produit. » Pour la rendre efficiente, il faut « embarquer les entreprises et les collectivités ».

    Dans cette logique, son association travaille avec le SL du massif des Maures « sur une autre manière de rémunérer les agriculteurs : sur ce qu’ils produisent, mais aussi sur les effets utiles qu’ils génèrent d’un point de vue socio-environnemental. On prototype un modèle à visée générative pour renforcer tous les maillons de la chaîne ». Des solutions d’avenir que Charles Dereix souhaite voir « appuyées par les élus ».

    « C’est à partir des incendies de 2003 qu’on a travaillé sur la mutualisation des services. On a fait de petits pas en 23 ans. J’espère qu’on pourra en faire un plus grand désormais », conclut Christine Amrane.

  • Serge Andrieu face aux lecteurs à Carpentras

    Serge Andrieu face aux lecteurs à Carpentras

    Rémi Martin : Dans mon quartier, au hameau des Vignes, je suis confronté à un problème de ramassage des déchets. On a l’impression d’être les vilains petits canards sans containers de tri. Que comptez-vous mettre en place sur ce sujet ?

    Serge Andrieu : Ce n’est pas la compétence de la ville, c’est celle de l’intercommunalité. Je ne peux rien faire. Si ce n’est tirer les oreilles du président qui gère tout ça, et c’est le maire du Barroux. Donc lui, c’est judicieux de l’appeler en disant : « Nous, on voudrait ça, ça, ça et ça. Si tu le fais, moi, après, j’appuie ». Mais ça, c’est parce que des malins, là-haut, ont décidé de nous enlever la compétence. On avait investi dans une station d’épuration pour 26 millions d’euros, pour l’équivalent de 70 000 habitants. Et du jour au lendemain, la Communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (Cove) a décidé d’y raccorder 4 communes voisines. Ce qui veut dire qu’en un rien de temps, elle sera obsolète et la population devra encore payer. Il y a des malins là-haut qui ont décidé ça comme ça. Mais je n’irai jamais à la tête de la Cove. Pas parce que je ne les aime pas, mais parce que je considère que c’est beaucoup de travail des deux côtés et que celui qui prétend pouvoir faire convenablement les deux, c’est un menteur.

    Rémi Martin : Avez-vous prévu de mettre en place plus de consultations avec les habitants dans les projets municipaux ?

    Serge Andrieu : Tous les ans, on tire au sort 35 personnes afin de participer à la coalition citoyenne. Et pendant cette année, un professeur de l’Université d’Avignon vient expliquer le fonctionnement de la collectivité, sans aucune intervention d’une personnalité politique. Et ce groupe a beaucoup de pouvoir. Je leur donne 700 000 euros par an pour gérer des projets qui ont un intérêt public. Il faut bien expliquer le concept. Au début, ils ont du mal, mais à la fin, ils adorent. Et je les rencontre avant chaque conseil municipal, avant tout le monde, et je leur explique chaque délibération. Car si vous ne faites pas souvent ça, vous ne savez pas forcément ce que telle ou telle chose veut dire. Et ils ont un droit d’amendement sur une délibération et même un droit de référendum. Ce qui est arrivé une fois. Donc j’ai retiré la délibération et hop, on n’en parle plus. Donc je donne vraiment le pouvoir à la population qui propose des projets et nous, on fait les travaux. Ce qu’on fait n’est pas totalement original. C’est surtout la somme qu’on donne aux gens qui représente un vrai projet. Si on avait donné 100 000 euros, ça ne ressemblerait à rien. À chaque fois, on sort des choses conséquentes, avec beaucoup de jeunes qui votent. Question démocratie, on a même reçu un prix à Grenoble.

    Sylvain Espenon : On a la sensation d’un manque de dialogue entre usagers et services publics. Que comptez vous faire pour leur amélioration ?

    Serge Andrieu : Le gros projet est dans la santé. On a un terrain de 2 000 mètres carré à proximité de l’hôpital où on veut construire un bâtiment où les médecins qui ne veulent plus s’enquiquiner avec la gestion et les factures s’installeront. Ils veulent juste faire leur métier et pourront le faire à cet endroit, tandis que nous, on fait tout le reste. On va faire autant de bureaux que l’on peut. On prendra rendez-vous auprès du personnel de la mairie. « Vous voulez qui ? Le docteur Dupont ? Venez à telle heure. ». Mais on n’est pas fermé à l’idée que s’il y a une urgence et plusieurs médecins, on pourrait aussi s’y rendre. Et le médecin aura comme seule charge de payer un loyer chaque mois, car il faut quand même amortir la construction du bâtiment. On est naïfs mais pas à ce point ! Ce service qu’on leur apporte, il faudra le payer. On est en train d’évaluer les coûts et de voir ce qu’il faut faire sur ce fameux terrain. On a pour l’instant échangé avec trois médecins qui nous ont énormément aiguillés sur ce qu’il faudrait faire. Et eux, ça les arrange car on va tout faire pour eux. On souhaiterait qu’il soit sous la forme d’une sorte de fleur. Le cœur de la fleur, c’est là où il y a le personnel. Et dans les feuilles, les médecins. On doit encore faire un plan, savoir où mettre des stationnements. Le terrain doit être nivelé car il est par endroits un peu bosselé. Le but est de faire un bâtiment en rez-de-chaussée. Surtout pas d’étages. Ce sont des escaliers donc pas accessibles à tout le monde, sauf avec un ascenseur qu’il faut entretenir, qui peut tomber en panne…

    Pour ce qui est de La Poste, nous avons mis en place il y a quelques années, au hameau de Serres, un bureau de poste avec une employée communale qui gère le lieu. Les gens viennent aussi bien y chercher le courrier que les recommandés et déposer ce qu’ils veulent expédier. Et ce avec les horaires de la mairie, pas ceux de La Poste. On l’a mis en place à cet endroit car c’est un peu excentré du centre-ville. Les habitants peuvent venir chercher sans avoir à prendre leur voiture et se garer là où ils peuvent. C’est vraiment un service à la population.

    Joëlle Guerrin : Il y aura seulement des médecins généralistes dans ce bâtiment médical ?

    Serge Andrieu : Pour ce qui est des autres spécialités médicales, il y a juste à côté le bâtiment Atlas. Et il y aura Axis, une clinique sœur, qui est en train de se construire juste à côté, qui ne concernera pas la tête et le cou, spécialité d’Atlas, mais le reste du corps. On ne va pas créer de doublon.

    Ludovic Lemaître : On voit beaucoup de commerces fermés en centre-ville, comme si les Carpentrassiens n’avaient pas envie de l’investir et c’est assez triste. Avez-vous prévu quelque chose pour redonner aux habitants l’envie de vivre leur ville ? Que les gens de l’extérieur arrêtent de se dire : « Qu’est-ce que c’est que cette ville ? »

    Serge Andrieu : Notre ville est une pépite, entre l’Inguimbertine et la synagogue qui est la plus ancienne de France en activité, qui est une merveille. Il faut la visiter ! On tente d’éduquer les commerçants parce qu’on a l’impression que ce sont les premiers à dire du mal de leur ville. On demande qu’ils changent de discours car c’est comme s’ils disaient à leurs clients : « Ne venez plus chez nous. » Mais certains ne comprennent pas. On a 2 600 places de parking gratuites. Cherchez une autre ville de 32 000 habitants qui a autant de places. Mais ça ne suffit pas pour le commerce. Il n’y a aucun stationnement payant. Zéro ! Le centre-ville est aussi entouré d’une voie rapide qui est un frein pour y entrer. Moi, je suis assez naïf en me disant qu’en mettant du stationnement, les gens prennent la peine de se garer dans une ville qui est piétonne. Et ça, c’est confortable. Plutôt qu’une ville où tu te croises, tu te mets sur le bord pour laisser passer les voitures. Ce qui engendre aussi des nuisances. Il y a des bornes qui empêchent les véhicules de rentrer. Après, je les ouvre de temps en temps et je laisse rentrer tout le monde. Donc on fait énormément d’animations qui ramènent du monde et c’est aussi aux commerçants de faire en sorte que ces gens rentrent dans leurs commerces, de faire le nécessaire. Après, être commerçant, c’est un métier. Et beaucoup se disent commerçants mais ne savent pas faire…

    Après, je pense que les loyers sont exagérés, notamment dans la rue de la République où c’est calme, avec, par exemple, 40 mètres carrés à 2 600 euros par mois, donc c’est normal si ça ne marche pas. Mais les propriétaires ne veulent rien savoir et préfèrent attendre plutôt que de baisser les prix. Donc ce que l’on fait et que l’on souhaite poursuivre, c’est de racheter les commerces qui se vendent. On les réhabilite, et après on les loue à 5 euros le mètre carré pendant 3 ans. Ensuite, on adapte au chiffre d’affaires. On en a huit et ils sont tous occupés. Ce que l’on veut faire aussi, c’est aider à réhabiliter les bâtiments mal entretenus par leurs propriétaires. Et après les travaux, on demande que les loyers soient baissés en contrepartie pour que les commerces restent. Quelque part, ils vont payer ce qu’on leur a donné. On va aider les propriétaires bailleurs à améliorer leurs commerces. Et ceux qui ne veulent pas ouvrir, nous, on les prend. Je sais que c’est parfois difficile de trouver un restaurant ouvert le soir. Mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi. Pourtant, tous les restaurateurs, je les connais. On me dit que le personnel coûte cher et que l’on ne veut pas ouvrir pour faire quatre repas. Ce n’est pas le rôle de la municipalité mais si on ne le fait pas, personne ne le fait.

    Alain Bottgen : Il y a la question des espaces de démocratie. Par exemple avec la mobilité, on aimerait bien plus d’échanges sur le sujet. Je suis pour les pistes cyclables mais il y a des soucis, avec des chicanes trop étroites, il y a quelques mois avec une nouvelle voie. Un espace démocratique est-il prévu là-dessus ?

    Serge Andrieu : Pour ce qui est de cette piste, je suis allé voir chaque habitant en trois soirs pour expliquer ce qui allait se passer. J’ai dit ce qui allait se passer dans la rue avec un prospectus, un plan, tout. Après, ils ne l’ont pas adoptée pour des raisons qui leur sont propres. Nous, on a continué notre projet. On a recruté une personne qui travaillait à Avignon et qui nous a expliqué comment faire avec telle ou telle norme. Ça n’a pas plu donc on a enlevé, à la demande générale, les éléments qui posaient problème, à savoir les ralentisseurs. Pourtant, on s’était mis en relation avec l’association des cyclistes. Et c’est obligatoire car ils étaient mis à des sorties de propriété. S’ils sortent en marche arrière, ce qui n’est pas improbable, ils ne voient pas arriver le cycliste. Les gens savent que c’est la loi. Mais il y a des lois stupides ou inapplicables… S’il y a un accident, je suis responsable. Si j’avais su que ça allait être décrié comme ça, je ne l’aurais pas fait. Tant pis si ce n’est pas confortable, mais je ne pourrai pas faire une autoroute. S’il y a un accident, j’y ai droit.

    Aziz El Ghaddar : On entend beaucoup parler de l’insécurité. Qu’en est-il et que souhaitez-vous faire ?

    Serge Andrieu : C’est à 80% du ressenti. J’ai toujours habité en centre-ville et mes filles allaient au lycée à pied de jour comme de nuit, été comme hiver, et il n’y a jamais eu de problèmes. Il y a des gens qui disent, et je peux les comprendre, que quand ils marchent, ils voient des attroupements de trois ou quatre hommes et qu’ils ressentent de l’inquiétude. Mais ça, c’est partout. C’est national, voire même international. J’ai fait beaucoup de choses et j’ai été très critiqué, comme avec le couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans dans certains quartiers par exemple. Si on les croise après 23 heures non accompagnés, on les arrête, les amène au commissariat et on appelle les parents. C’était sur une durée de 6 mois et on a voulu le reprendre. Et pour cela, il fallait le justifier. La police a noté une baisse de délinquance de 76%. Et l’administration nous a répondu qu’on n’en a pas besoin, parce que tout va bien. Alors que ça marche. Alors j’ai dit que si on ne le remettait pas, ça va revenir comme c’était avant-hier et on devra recommencer. On nous a finalement autorisés à le remettre en place. Car on voit des jeunes de 13 ou 14 ans qui ont été happés par le trafic de drogue moyennant de l’argent. Quand ils essaient d’en sortir, ils se font tabasser dans des caves. Aujourd’hui, tous les jeunes qui font les choufs, c’est-à-dire les guetteurs sur les points de deal, ce sont des mineurs. Pour la bonne raison qu’on ne peut rien leur faire. On a aussi agi contre les braseros. Ils les font quand même, mais quand on les attrape, on verbalise. Ce que l’on ne pouvait pas faire avant.

    On a également interdit les épiceries de nuit après 22 heures et ça, ça a été un grand moment. C’est très efficace et ça permet surtout à la police de pousser la porte de ces établissements. Le trafiquant qui la journée est dehors, le soir, il est dans les épiceries et on sait qu’il y a du trafic dans certains d’entre eux. J’ai même été menacé par des gens à cause de cette décision. On a également énormément de caméras, environ 250. Cela nous permet aussi, quand on a des mariages difficiles, de noter les plaques d’immatriculation et de savoir qui traverse la ville à une vitesse monstrueuse. J’aurais voulu installer un radar, mais on m’a dit que je n’ai pas le droit. On les sécurise en fermant le centre-ville pour éviter qu’il n’y ait trop de panique.

    J’ai aussi interdit le protoxyde d’azote. Et quand on attrape des mineurs qui en consomment, on appelle les parents. Dans la même rengaine, on reçoit les élèves souvent absents dans les lycées. On les convoque avec leurs parents devant un policier municipal qui les gronde et ça les marque. J’ose espérer que l’on sauve des enfants comme ça.

    Si j’en ai sauvé un seul, c’est déjà une réussite. Le jour où j’ai sorti l’arrêté sur la fermeture des épiceries, j’ai reçu des coups de fil de beaucoup de villes de France. Comme il avait été attaqué et qu’il est passé, car il est inattaquable. De La Ciotat à Rennes. Donc je l’ai diffusé à travers le pays.

    Sylvie Montard : Je m’occupe de nourrir des chats de rue et je rencontre des soucis quand ils ont besoin de soins. Qu’est-il fait dans ce sens ?

    Serge Andrieu : Il y a des conventions avec des associations et des vétérinaires. On leur donne une somme précise et ils s’occupent des stérilisations. Et ces subventions n’ont jamais baissé. Bien sûr, on contrôle si ces investissements sont utilisés correctement, avec la présence d’élus aux assemblées générales par exemple. En étant « mairie », on vous ouvre la porte. Vous n’êtes pas dehors. C’est notamment le cas avec les associations sportives où l’adjoint au sport sait que l’on a donné tant d’argent à telle structure et demande puis justifie cette somme.

    Sylvie Montard : On a entendu que l’association Art et Vie était en difficulté à cause d’une baisse de subventions…

    Serge Andrieu : Ce n’est pas nous. Ce sont les autres collectivités qui ont baissé les subventions.

    Sylvie Montard : J’ai vu dans le programme que vous souhaitez accueillir des animaux sauvés. Vous pouvez nous en dire plus ?

    Serge Andrieu : On possède 6 hectares de terres cultivables. Au-dessus, on a du maraîchage pour les cantines des écoles. Vous savez, on a fait un miracle. On a fait manger de la salade aux enfants à l’école primaire. Comment ? On les a emmenés là-bas et on leur a donné une graine chacun. Dans les rangées ouvertes, ils ont tous posé une graine. Et ils sont revenus couper la salade dont ils se rappelaient que c’était la leur. Puis à la cantine, les petits disaient que c’était une bonne salade. Ils ont adoré et reviennent chaque année. Tout est bio. Pour qu’elles soient classées bio, on a dû laisser « dormir » le terrain pendant 6 ans. Il n’y a aucun produit, juste des haies et quelques herbes folles dans lesquelles il y a toutes les bêbêtes. Le souci, c’est qu’on produit trop et que les cantines sont fermées quand les enfants sont en vacances. Donc on donne à toutes les associations de la ville. Et puis quand c’est tardif, on donne à ce fameux espace où on aide les animaux. Qui accueille de tout, que ce soit poules, moutons et animaux domestiques. Celui-ci est pour l’instant chez un particulier. Mais on va le basculer sur ces 6 hectares de terrain. Et quand il y aura de la salade en trop, on la donnera à ces chèvres ou cochons et tout le monde va se régaler. D’autant qu’on va cultiver de plus en plus d’hectares. On va partir sur 5 000 mètres carré. Il faut faire en fonction du nombre de stagiaires que nous avons. Quand ça va s’étoffer, on poussera la clôture.

    Sylvie Montard : La mairie financerait cela ?

    Serge Andrieu : La mairie, elle fait tout ! Elle clôture, elle possède le foncier et elle nourrit. Même si je ne suis pas sûr que les canards aiment bien les poireaux. Car on produit vraiment trop. À un point où on va créer une cuisine pour pouvoir stocker les produits en surplus dans des frigos, notamment en juillet et en août. Ça pousse, ça pousse et on en donne un peu à tout le monde. Mais il faut aussi qu’on en garde.

    Sylvie Montard : Et le projet d’un cimetière pour animaux ?

    Serge Andrieu : Les gens achèteront une concession, comme dans tous les cimetières. Des tombes voire des caveaux si les gens veulent faire des caveaux. On n’a pas encore défini le coût selon les moyens. Il faudra se rapprocher des associations qui sont en capacité de nous aiguiller.

    Rémi Martin : Je me fais le porte-parole des associations sportives qui voudraient un espace pour dialoguer avec la mairie. Pouvez-vous l’envisager ?

    Serge Andrieu : Je discute avec elles. Ceux qui ont un problème ont un rendez-vous avec moi ou un adjoint, ici l’adjoint au sport. L’une des priorités est aussi de reconstruire l’espace Auzon qui a brûlé à cause de trois jeunes qui y ont mis le feu sans aucune raison. Sur les 14 millions d’euros que cela a coûtés, les assurances nous ont donné 4 millions.

    Sylvie Montard : Dans les écoles, l’été dernier, il a fait très chaud. Travailler dans ces conditions-là est très compliqué. Dans des villes comme Aubignan, les écoles sont climatisées. Y a-t-il une réflexion à ce sujet ?

    Serge Andrieu : Je vais le dire tout de suite, on ne va pas climatiser les écoles. Pourquoi ? Car il y aura des parents qui porteront plainte à la mairie car leurs enfants seront malades. Ce n’est pas moi qui gère les climatisations. Si l’instituteur a chaud, il va appuyer sur le bouton, mais on ne sait pas comment les enfants vont réagir. Ils rentrent, ils sortent et ils tombent malades. Et je serai responsable. Ce que l’on va faire, c’est installer de gros ventilateurs qui ne tournent pas très vite et qui brassent l’air. Et c’est très efficace. Par contre, il faut les laisser en marche sinon, le temps que l’inertie arrive… Donc selon la taille de l’école, on en mettra deux ou trois. Ce sont de gros engins d’un mètre cinquante de diamètre.

    Rémi Martin : Il faudrait aussi végétaliser les cours d’école…

    Serge Andrieu : On va s’occuper de ça également. Il y a 21 groupes scolaires à Carpentras. Tous sont aux normes en termes d’isolation. Mais il faut d’abord s’assurer de l’isolation. On les isole depuis l’extérieur désormais, on l’a déjà fait. Car à l’époque de la construction des bâtiments, les murs en parpaing avec un doublage en briques rouges, il y avait aussi 10 centimètres de laine de verre. Je suis convaincu qu’aujourd’hui, cette laine de verre est descendue. Il faudra peut-être y revenir, mais je ne me vois pas casser toutes les cloisons.

    Sylvain Espenon : Est-ce que les écoles privées reçoivent des financements ?

    Serge Andrieu : Elles reçoivent 1 000 euros par an et par enfant. C’est la loi. Ça fait partie des lois particulières que j’évoquais tout à l’heure, sans vouloir en dire plus. Il n’y en a qu’une ici, mais c’est un monstre. On donne plus de 500 000 euros par an. On donne beaucoup d’argent. Mais attention, on n’est pas des sauvages ! S’ils ont besoin d’un gymnase, on le prête. S’ils ont besoin d’aide, on la donne volontiers, car ce sont des enfants.

    Nos lecteurs de Carpentras

    Sylvain Espenon, employé à Etex et représentant CGT

    Rémi Martin, retraité

    Ludovic Lemaître, antiquaire

    Sylvie Montard, retraitée

    Aziz El Ghaddar, chauffeur de bus

    Alain Bottgen, retraité de Eurenco

    Joëlle Guérin, retraitée

  • Var : Un comité de lutte contre les espèces envahissantes

    Var : Un comité de lutte contre les espèces envahissantes

    Dans un département à la biodiversité remarquable (50% des espèces de l’hexagone y sont présentes, dont 61% des espèces végétales), et qui offre un cadre propice à la prolifération des espèces exotiques envahissantes (EEE), la lutte contre ces dernières demeure un enjeu important, tant en matière de préservation des écosystèmes que de santé publique. C’est pourquoi le Préfet du Var a organisé, le 13 février, le premier comité départemental de lutte en la matière, avec l’ensemble des services de l’État concernés. Celui-ci était présidé, en visioconférence, par la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat, Monique Barbut.

    Quatre espèces dans le viseur

    Ce premier comité a permis de faire un point de situation dans le département, de recenser les dispositifs existants, et d’engager une organisation pour une réponse plus cohérente et réactive. Quatre espèces ont fait l’objet d’une attention particulière. Pour la première, le frelon asiatique à pattes jaunes, le préfet devra coordonner la stratégie visant, notamment, à mieux protéger la filière apicole.

    Pour la deuxième, la fourmi électrique, le Var est le seul département présentant deux foyers détectés à Toulon et à La Croix-Valmer. La ministre a demandé la création d’une zone réduite exempte de risques pour la santé humaine et permettant le saupoudrage du produit Campaign, qui a prouvé son efficacité. Après une analyse intégrant l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), émis en septembre 2025, son utilisation pourrait être autorisée avant la période d’activité de la fourmi. S’agissant de la troisième espèce, la cochenille tortue du pin, il convient d’accélérer la recherche de nouveaux traitements, dont l’expérimentation pourrait être conduite dans le Var.

    Rien n’a encore été évoqué concernant la quatrième espèce, le crabe bleu. Ce sera peut-être le cas lors du prochain comité, au début du printemps, qui sera élargi aux collectivités territoriales et au monde associatif afin de fédérer l’ensemble des compétences.

  • Une exposition à Marseille sur le retour du transbordeur

    Une exposition à Marseille sur le retour du transbordeur

    Une étonnante exposition sur un éventuel retour du transborder, infrastructure permettant de transporter des véhicules d’un quai du Vieux-Port à un autre, s’ouvre ce samedi à la Consigne sanitaire, 3 quai du port (2e). En place jusqu’au 27 février, elle présente l’historique du pont, en place à Marseille pendant 40 ans avant d’être détruit par l’armée allemande en 1944. Mais aussi le projet de sa réhabilitation envisagé au niveau de son ancienne localisation, à l’entrée du port.

    Portée par l’association Les transbordés de Marseille et l’architecte Paul Poirier, l’idée est affichée comme aboutie, prête clés en main pour les collectivités, avec des financeurs privés décidés à investir. Car le coût d’un ouvrage de cette ampleur est colossal : 100 millions d’euros selon les chiffres communiqués par l’association. De quoi justifier l’appel à des firmes internationales pour aménager la ville selon l’architecte.

    Balade payante

    « On sait que Marseille, en tant que tel, n’a pas les moyens de financer un tel projet. On a donc imaginé un objet qui s’autofinance avec les entrées », détaille Paul Poirier sans révéler le nom des entreprises motivées pour régler la note. Une passerelle financée par des privés donc, à laquelle le public accéderait par des ascenseurs payants. à ce sujet, Paul Poirier imagine un tarif différencié pour les Marseillais et les touristes, même si cet aspect reste flou. « Les Marseillais ne devront pas payer le prix de ceux qui viennent de l’extérieur. On pourrait imaginer que ça soit inclus dans le pass RTM », suggère l’architecte nantais. Pour les autres, il table sur un ticket à 10 euros. En plus des promeneurs clients, la passerelle, hissée à 60 mètres de haut, accueillerait des commerces : restaurants, rooftop et hôtel de 60 à 80 chambres. Les locaux aériens sont tout de même imaginés « en transparence » pour ne pas « barrer la vue », précise Paul Poirier. Une nacelle suspendue au pont par câbles permettrait par ailleurs de faire passer des véhicules d’un quai à l’autre.

    Le projet n’est pas neuf

    Né dans les années 2010 en même temps que l’association Les transbordés de Marseille, le projet s’était déjà vu rejeté en 2017 par Jean-Claude Gaudin (LR), alors maire de la ville. Dans un entretien accordé à Made in Marseille , il assurait à l’époque : « Le conseil municipal est contre et seul Renaud Muselier (LR) continue à parler de ce sujet. » Encore aujourd’hui vif soutien du projet, l’actuel président (Ren.) de Région publiait vendredi, sur X, un message incitant les Marseillais à visiter la nouvelle exposition, évoquant un « pont qui fera de Marseille une ville-monde ». Dans une interview elle aussi publiée par Made in Marseille, Martine Vassal (DVD), candidate à la mairie, assure à propos du transborder qu’il n’y « aura pas les moyens de tout faire » et qu’il faut « faire les choses dans l’ordre ». De quoi, peut-être, se laisser le temps, et l’argent, de s’occuper du reste des modes de transports marseillais. Aucun autre candidat ne s’est engagé à défendre ce projet.

  • Mutation profonde pour l’offre de soins à l’ouest de l’étang

    Mutation profonde pour l’offre de soins à l’ouest de l’étang

    Le site des Rayettes de l’hôpital de Martigues ne sera pas le seul à évoluer. Après avoir présenté, fin janvier, le projet immobilier d’un nouveau bâtiment de 60 millions d’euros (notre édition du 22/01), le centre hospitalier de Martigues a détaillé l’ensemble des projets associés lors d’une conférence de presse, lundi matin.

    À commencer par l’Ehpad public (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) des Magnolias, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, totalement reconstruit, dont l’ouverture est prévue pour l’été prochain. La capacité d’accueil est presque doublée, passant de 46 à 80 résidents, et l’établissement désormais climatisé. « Ce projet titanesque a demandé beaucoup d’efforts », selon la directrice, Kadija Arab. Elle poursuit : « Cela va améliorer significativement le confort des résidents avec des chambres individuelles pour tous, avec vue sur le Rhône, ainsi qu’un espace arboré à l’intérieur. »

    Une nouvelle unité fermée pour les patients atteints d’Alzheimer est également prévue, ainsi que trois places d’hébergement temporaire « pour permettre aux aidants de souffler ou faire des travaux d’adaptation chez soi », précise la directrice.

    100 millions d’euros cumulés

    À Istres, l’Ehpad des Cardalines connaîtra lui aussi une reconstruction complète, avec un chantier démarrant avant l’été et une ouverture programmée début 2028. La capacité est maintenue avec 82 lits, de même que l’unité protégée. Nouveauté : l’ouverture d’un service d’accueil de jour « pour prendre en charge les troubles du comportement, proposer des activités à la journée et libérer du temps pour les aidants », indique la directrice Sophie Fabre.

    Au-delà du volet médico-technique, l’établissement bénéficiera de nombreux espaces dédiés au bien-être et au lien social : un tiers-lieu, un salon de coiffure, un espace de coworking, ainsi qu’une salle de spectacle polyvalente accessibles aux non-résidents. Un centre de consultation de médecins généralistes et de spécialistes de l’hôpital viendra compléter l’offre.

    Accolés à l’établissement, quinze logements sociaux sur deux niveaux, gérés par Ouest Provence Habitat, sont prévus « pour les proches de résidents ou pour de futurs patients », précise la directrice. Le directeur du Centre hospitalier de Martigues, Loïc Mondoloni, précise : « Si, dans un couple, l’un est résident et l’autre logé dans ces appartements, ils pourront tous deux profiter des installations. »

    Au total, près de 40 millions d’euros ont été mobilisés pour l’ensemble du programme immobilier hors les murs de l’hôpital des Rayettes, financés pour plus de moitié par l’État et les collectivités. Un programme « enthousiasmant » partagé entre le président de la communauté médicale, Stéphane Luigi, et le directeur du Centre hospitalier de Martigues, Loïc Mondoloni. « Les Ehpad sont souvent le dernier domicile des patients », rappelle ce dernier. « Le sentiment d’être chez-soi passe par l’hôtellerie, la qualité des repas, l’ergonomie de la chambre », mais aussi avec « des lieux de vie ouverts ». Un enjeu essentiel pour éviter « le syndrome de glissement » si l’établissement paraît trop « institutionnel », souligne Kadija Arab.

    Ces améliorations contribuent enfin à rendre le territoire plus attractif pour les médecins, dont l’arrivée est très attendue.

  • À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    Une plateforme de vente chérie des collectivités et établissements publics programme la vente aux enchères, le 10 mars prochain, d’un bien immobilier des Domaines. En l’espèce une cave de 20 m2 située en sous-sol du 106 avenue des Chartreux (4e), à Marseille, et donnant sur une cour. Mise à prix initiale : 18 750 euros.

    Rien d’anormal de prime abord, mais des détails font vite piquer les yeux. à la lecture de l’annonce, le mot « appartement » surgit, puis la mention « destination : habitation ». L’État, pilote de la lutte contre l’habitat indigne, invite sans rougir ses concitoyens à acquérir une cave « par nature impropre à l’habitation », pour y loger. La cave, dans un « état dégradé », est vantée comme un « bien atypique » pour « projet audacieux » et même un « bien d’exception ».

    Une erreur pas vraiment rectifiée

    Est-ce parce que cette cave, située deux niveaux sous terre par rapport à l’avenue, est dotée d’une ouverture donnant sur une cour intérieure en partie commune, que cela suffirait à la rendre habitable ? Dans le règlement de copropriété, c’est une cave. Pour rappel, des marchands de sommeil, qui arguaient que leur cave aménagée bénéficiait d’un éclairage naturel, ont été condamnés au pénal. Il en va ainsi de la cave du 18, rue Briffaut (4e), louée durant des années par un marchand de sommeil à une personne vulnérable. Le jugement souligne que l’éclairage naturel par un soupirail n’effaçait pas le sentiment angoissant d’enfouissement, ni le froid, ni l’humidité, ni les nuisibles.

    Interrogée, la préfecture a transmis à La Marseillaise la réponse de la Direction des Finances publiques : « L’État a récupéré ce bien dans le cadre d’une succession vacante. [Sa] vente a été confiée à un prestataire de services, Agorastore, qui effectue des ventes pour le service des Domaines dans le cadre d’un marché national. Lors de la publication de l’annonce, Agorastore a coché par erreur la case “habitation”, mais il s’agit bien d’une cave. L’annonce a été rectifiée. »

    Une erreur rectifiée, vraiment ? Si les mentions « appartement » et « destination : habitation » ont soudain disparu, le local tout pourri reste néanmoins rangé dans la catégorie « bien atypique » et, il faut oser, « bien d’exception ». Le dossier technique téléchargeable, qui comprend les diagnostics réglementaires, mentionne toujours qu’il s’agit d’un « appartement-studio » et mentionne un mesurage de « surface loi Carrez habitable de 20 m2 ». Faut-il rappeler que l’article 46 de la loi Carrez de 1965 exclut à dessein les « caves, garages, emplacements de stationnement » de son application car ce ne sont tout simplement pas des surfaces habitables. L’article R1331-17 du Code de la santé publique stipule que « sont par nature impropres à l’habitation et ne peuvent en conséquence être mis à disposition aux fins d’habitation, à titre gratuit ou onéreux, par application de l’article L. 1331-23 : 1° Les caves, quels que soient les aménagements et transformations qui leur sont apportés ». L’article 27 du Règlement sanitaire départemental des Bouches-du-Rhône, bible des inspecteurs de salubrité, souligne « l’interdiction d’habiter dans les caves, sous-sols ». D’ailleurs, ce local ne dispose d’aucun sanitaire et pour cause.

    L’habitat souterrain encouragé

    L’annonce a été tellement été rectifiée qu’Agorastore a cru bon de créer un nouvel onglet qui suggère désormais que la cave pourrait être habitable : « Changement de destination possible sous réserve de l’obtention des autorisations de la copropriété et de l’urbanisme », peut-on lire.

    L’habitat souterrain est en plein essor à Marseille, boosté par la crise du logement. Un marchand de sommeil vient encore d’être condamné pour avoir loué à un malheureux une cave au 48 rue Curiol (1er). Il est mis en cause pour une autre cave habitée rue Saint-Savournin. Est-il nécessaire que les pouvoirs publics participent à ce phénomène, même si on l’a bien compris, l’objectif du vendeur est d’appâter le chaland pour se débarrasser d’un encombrant immobilier. Est-on conscient du pouvoir d’attraction d’une telle annonce sur les prédateurs de l’immobilier dégradé. Ne vaudrait-il pas mieux se prémunir de tout risque d’une mise en location qui nourrit le cycle de l’habitat indigne, en offrant cette cave à une association qui pourrait y stocker son matériel ? Ce n’est pas le chemin pris.

    En octobre dernier, La Marseillaise avait déjà pointé la mise aux enchères risquée, sur Agorastore, d’un studio avec son box confisqué par la Justice au Campus 1, avenue du Merlan (14e), une copropriété dégradée en péril et en plein naufrage. Aucune offre ne s’était exprimée.

  • La FSU veut une enquête sur le financement du privé

    La FSU veut une enquête sur le financement du privé

    « En général, la mixité scolaire n’est pas dans le privé. » C’est le constat de Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13. Il s’appuie notamment sur « l’Indice de Position Sociale (IPS) des établissements scolaires dans le département ». Une donnée statistique qui « résume les conditions socio-économiques et culturelles des familles des élèves accueillis » et dont les résultats sont parlants : « Dans les Bouches-du-Rhône, 15 écoles primaires privées sur 90 ont un IPS supérieur à 140, donc relativement haut. Quand 5 écoles publiques sur 586 dépassent 140 ». Et cela se retrouve aussi pour les collèges et lycées. « Prenons l’exemple du collège Loyola [établissement jésuite dans le 15e arrondissement de Marseille qui a ouvert en septembre 2025] : l’engagement est d’avoir 30% d’élèves boursiers, alors que les pourcentages sont largement supérieurs dans les établissements alentour », développe le syndicaliste. De quoi pointer une mixité sociale au rabais mais surtout faire le lien avec un financement à deux vitesses du public et du privé. « Beaucoup de collectivités, vont au-delà des obligations légales dans le financement du privé », déplore-t-il. Et reprend le même exemple : « le conseil départemental a financé 10% de la construction du collège Loyola ». Un comble alors même que « les trois quarts du financement d’un établissement privé sont payés par le contribuable : les personnels sont payés par l’État ou les collectivités territoriales, le pédagogique aussi ».

    D’où la demande « d’une enquête à la cour régionale des comptes sur le financement des établissements privés » suite au rapport de la Cour des comptes de juin 2023 où « elle expliquait qu’il n’y avait pas assez de contrôles ».