Tag: collectivités

  • L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    « On a trois salariés sur la sellette, dont deux sûrement mis au chômage en septembre. Des dossiers en cours ne pourront potentiellement pas aboutir. C’est compliqué », se désole Charles-Henri Tavernier, président de l’Ardear, un réseau associatif qui œuvre dans l’installation en agriculture paysanne et agroécologique depuis plus de vingt ans.

    En cause, la suppression d’une subvention de 100 000 euros versée à l’association par la Région Sud depuis 2008. « On n’a pas eu de discussion avec la Région. Béatrice Martin [vice-présidente en charge de l’agriculture, Ndlr] nous a simplement envoyé une lettre en disant qu’elle avait décidé de son propre chef de mettre l’installation et la transmission uniquement dans les mains des chambres d’agriculture. On est un peu surpris du manque de concertation », exprime ce vigneron des Hautes-Alpes. Dans cette lettre, adressée au président de l’Ardear, le 27 avril, l’élue explique les raisons de cette décision : « Cette politique volontariste s’inscrit dans un cadre budgétaire extrêmement contraint. »

    Depuis sa création, le réseau associatif indique avoir accompagné plus de 1 000 installations, soit un tiers des porteurs de projet de la région. « On nous parle toujours du renouvellement des générations d’agriculture, ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire », estime Charles-Henri Tavernier. Dans un communiqué, daté du 24 juillet, l’Ardear demande à la Région Sud de « revenir sur cette décision et de maintenir son soutien financier ». La Région n’a pas encore répondu à nos sollicitations à ce sujet.

  • Dans le Vaucluse, un collectif dénonce la baisse des indemnisations des malades

    Dans le Vaucluse, un collectif dénonce la baisse des indemnisations des malades

    Face aux réductions demandées par l’État sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, le Collectif Amiante Pays de Sorgues (Caps) 84 se mobilise. L’association assure en effet que le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de trouver 800 millions d’euros d’économies sur ces branches, « pile le montant des recettes supprimées pendant la réforme des retraites de 2023 », regrette Guy de Zordi, président de la structure.

    « Dites aux victimes de l’amiante, aux familles endeuillées, que l’on veut réduire les dépenses sur leur dos. Que les malades coûtent trop cher. Alors que ce sont parfois des ouvriers exposés à des substances cancérigènes depuis des années. Ce sont des attaques contre le monde du travail », poursuit-il, excédé. « On a déjà les personnes qui sont touchées par la maladie, et là, elles vont être touchées encore deux fois parce qu’on va refuser les indemnités », abonde Michel Solbès, secrétaire de la Caps.

    Une politique qui influe sur le travail des membres de la Caps, qui s’occupent des dossiers de familles touchées par l’amiante. « Avant, on avait une réponse en trois mois. Maintenant, on attend souvent pas moins d’un an et demi », illustre Édouard, membre actif. Pour le président de la Caps, « ça passera forcément par le portefeuille des Français ». Et il constate avec ses compères qu’il y a « de plus en plus d’entraves », avec « de plus en plus de justificatifs » demandés aux victimes.

    La Caps alerte les élus

    Face à cette possibilité, la structure tente de se mettre en relation avec les personnalités politiques locales. Après des discussions prévues avec plusieurs parlementaires, tels que le sénateur Lucien Stanzione (PS) ou le député Raphaël Arnault (LFI-NFP), des échanges sont également mis en place avec les maires du département. Le maire de Sorgues, Thierry Lagneau (LR), dans un courrier que La Marseillaise a pu consulter, a demandé le soutien de l’Association des maires de Vaucluse (AMV84). Il y « tient à souligner l’importance du travail accompli » par les bénévoles de la structure, « tant dans l’accompagnement des victimes de l’exposition à l’amiante que dans les actions d’information, de prévention et de sensibilisation menées auprès des collectivités et du grand public ».

    À travers cette aide de l’AMV84, la Caps pourrait sensibiliser l’ensemble des édiles vauclusiens sur ces questions. « On estime qu’il y a 70 % des écoles qui n’ont pas encore été diagnostiquées alors que c’est censé être obligatoire », précise Michel Solbès. Le collectif sera aussi présent au forum des associations de Sorgues, le samedi 5 septembre. « Il faut penser à renouveler les membres pour cette bataille », glissent les responsables. Mais pas question de stopper la mobilisation. D’autres actions sont envisagées dans les mois à venir afin d’alerter sur la problématique.

  • Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Ils ne lâcheront rien. Après Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, les salariés de Fibre Excellence de l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, ont débuté, jeudi, l’occupation de leur site « à durée indéterminée ». « Notre mobilisation se poursuivra aussi longtemps que la situation l’exigera, jusqu’à ce que de véritables réponses soient apportées », prévient la Filpac CGT Fibre Excellence Provence, dans un communiqué.

    Les travailleurs du groupe de pâte à papier placé en redressement judiciaire, en avril dernier, entendent ainsi maintenir la pression avant l’examen lundi, par le tribunal de commerce de Toulouse, de l’offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse. Ce projet est le seul qui garantissait la reprise de la totalité des salariés, soit 660 personnes, auxquels s’ajoutent les 228 de la papeterie de la Chapelle-Darblay – dont Fibre Excellence est repreneur – et plus de 10 000 emplois indirects. Sur les banderoles déployées sur les sites, le ton est accusateur : « Macron va-t-il tuer 10 000 emplois ? », interrogent les protestataires.

    « Quels sont les engagements de l’État pour rééquilibrer le marché du bois et garantir la viabilité du projet de reprise ? », écrivent dans un courrier adressé au couple exécutif Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et les numéros un de la CGT, Sophie Binet, de la CFDT, Marylise Léon, et de FO, Frédéric Souillot. Ces derniers se sont prononcés en faveur du projet du banquier d’affaires dit « de gauche » avec Combat Holding.

    Mais le gouvernement se montre très critique. Interrogé lors de l’ultime séance de questions au gouvernement, mardi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, estime que « l’offre de reprise (…), à ce stade, n’est pas au niveau parce qu’elle demande une aide supplémentaire de l’État ». Si l’on suit les calculs du locataire de Bercy, l’État, qui a déjà engagé plus de 90 millions d’euros dans le sauvetage du groupe et se dit prêt à ajouter 100 millions d’euros supplémentaires, devrait mettre 100 millions d’euros de plus pour suivre le plan de Matthieu Pigasse. Tandis que ce dernier alignerait « cinq misérables millions d’euros », dixit le ministre, « ça me rappelle non pas Robin des bois, mais le shérif de Nottingham qui fait des actions avec l’argent des autres », tacle-t-il. Sur franceinfo ce jeudi matin, il accuse le patron auquel on prête des ambitions élyséennes de « faire de la politique sur le dos des salariés ».

    Le temps presse. L’État doit se positionner et vite. « S’il y a liquidation, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas sur la disparition de près de 80% de la capacité française de production de pâte marchande, de 660 emplois directs, de plusieurs milliers d’emplois indirects et d’un outil industriel stratégique qu’il sera pratiquement impossible de reconstruire », préviennent les syndicats et les collectivités.

  • Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Festival d’Avignon, In et Off, se termine ce samedi 25 juillet après trois semaines intenses sur les planches, entre les remparts (et un peu au-delà) de la Cité des Papes. Ce jeudi 23 juillet, l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C) a indiqué que, selon ses estimations, environ 54 % des places mises en vente par les 141 théâtres avaient été vendues. Ces salles ont réalisé 27 000 levers de rideau de 1 812 spectacles.

    Des « chiffres stables », ont estimé, lors d’une conférence de presse, les dirigeants de la structure qui gère et organise l’événement. C’est en effet la première fois, depuis sa création, qu’ils parviennent à disposer d’un chiffre plus précis de la situation. « Il n’y a pas de billetterie centralisée, donc c’est compliqué d’avoir les données exactes. Mais cette année, oui, grâce aux remontées des différents prestataires », détaille Harold David, directeur délégué de l’AF&C. Les chiffres recueillis représentent 52 % de la billetterie totale au 21 juillet, soit 1 371 000 billets sur 2 600 000. Ce qui est « assez représentatif, car il y a une grosse variété et ça va du plus grand, la Scala, au plus petit, le Chapeau Rouge », estime le directeur délégué. Avec des calculs supplémentaires, il est aussi estimé que la billetterie représente 22 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Vision du futur

    Un peu plus de la moitié du taux de remplissage donc. Si, de l’extérieur, les rues pleines, les tractages à la pelle par des compagnies déguisées, souriantes, et les multiples spectacles de rue animent joyeusement les rues d’Avignon, le bilan est cependant presque systématiquement salé pour les compagnies. « Même si c’est tout le temps complet, c’est dur d’être à l’équilibre économiquement. 54 %, ce n’est pas satisfaisant », confirme Harold David, qui a lui-même été comédien et patron de théâtres. « Avignon, c’est stricto sensu déficitaire. Parce que c’est basé sur l’espoir que l’on va être programmé plus tard dans d’autres théâtres et se refaire, en quelque sorte », ajoute Laurent Domingos, coprésident de l’AF&C.

    En fin de conférence de presse, plusieurs compagnies ont également tenu à témoigner. David Nathanson, des Ailes de Clarence, estime que les « chiffres ne disent pas grand-chose de la suite des diffusions des spectacles » et que les « compagnies ne se payent pas à Avignon ».

    Une réflexion sur l’avenir est ainsi nécessaire. Car les budgets ne cessent de diminuer, tout comme les subventions versées par les collectivités. Selon l’AF&C, 80 % des compagnies ne percevaient aucune subvention en 2026, contre 78 % en 2025. « On est à la croisée des chemins. Il faut se rendre compte de la gravité de la situation. Moins d’aides, c’est aussi moins de programmateurs. Ce qui veut dire moins de théâtres et moins de compagnies. Et, à terme, plus de Off si on se projette dans 5, 10 ou 15 ans », alerte Raymond Yana, autre coprésident de l’AF&C. L’organisation rappelle qu’elle a adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle et que huit d’entre eux, surtout des personnalités de gauche, se sont rendus à Avignon pour échanger sur la question de la place de la culture dans leur programme. « Il faut interpeller ceux qui font les lois, car on dépend d’eux malgré tout », glisse Raymond Yana.

    Pistes d’amélioration

    D’autres pistes d’amélioration ont été évoquées, notamment concernant l’accueil et les transports, tant pour les spectateurs que pour les compagnies et leurs équipes. « Mon spectacle se tient à 21h. Mais pour rentrer à Nîmes, par exemple, les derniers trains sont dans ces eaux-là et ça me fait perdre des ventes », glisse un festivalier au micro. D’autant que 41 % du public provient du quart sud-est de la France. Un travail est en cours avec le Grand Avignon, notamment sur les transports en commun pour se rendre dans les villes environnantes. « Les habitants des villages d’à côté aimeraient bien pouvoir louer leurs apparts ou leurs maisons. Mais il n’y a souvent pas de transports. Parfois, il y en a même moins que le reste de l’année puisque l’on est en horaires d’été », pointe Laurent Domingos. Il reste un peu moins d’une année pour réfléchir à ces enjeux. Avec, entre-temps, une élection qui risque de tout chambouler.

    REPÈRES

    54 %

    de taux de remplissage estimé dans les salles de théâtre du Off.

    1 400 000

    billets vendus, d’après ces mêmes estimations.

    27 000

    levers de rideau pendant les trois semaines de l’événement.

    22 000 000

    d’euros de chiffre d’affaires ont été générés grâce à la seule vente de billets.

  • Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Douleurs pelviennes, abdominales, nausées, céphalées, troubles hormonaux, mal-être… La liste des effets indésirables liés aux menstruations est malheureusement longue pour de nombreuses femmes. Pourtant, en société, cette douleur est souvent tue. Dans une étude de l’Ifop datant de 2022, 65% des femmes salariées interrogées disent avoir déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail, 53% confient avoir des règles douloureuses et 35% déclarent que leurs douleurs menstruelles impactent négativement leur travail.

    Suite à l’interpellation, en séance plénière, de Marielle Garonzi, élue d’un groupe d’opposition de droite, sur la capacité de la collectivité à répondre aux besoins des femmes souffrant notamment d’endométriose -dont les règles douloureuses sont le principal symptôme- la Région a décidé de se saisir de la question. Le 4 juin, l’ensemble des groupes politiques -sauf le RN -ont ainsi adopté un vœu visant à « mieux reconnaître les problématiques hormonales impactant la santé des femmes dans l’organisation de l’administration régionale ». Pour ce faire, un groupe de travail transpartisan -à l’exception, là encore, du RN-, impulsé par la présidente de Région PS Carole Delga, a planché sur le sujet, auditionnant durant trois mois les services juridiques de la collectivité, des associations de lutte contre l’endométriose, des professionnels de santé ou encore les syndicats de la Région.

    Un plaidoyer auprès du gouvernement

    « L’endométriose touche aujourd’hui une à deux femmes sur dix. C’est tout sauf un phénomène anodin. Sachant que la dysménorrhée (les règles douloureuses), la périménopause, la ménopause, impactent également lourdement la santé des femmes au travail. Il s’agit donc d’un vrai sujet de société, qui concerne des centaines de milliers de femmes en Occitanie et des centaines de femmes dans l’administration régionale », souligne Pierre Lacaze, vice-président de la Région à l’égalité hommes-femmes et président de ce groupe de travail.

    « Il y a quelques années, plusieurs collectivités avaient mis en place des congés hormonaux sur prescription médicale. On s’est aperçu qu’il n’y avait pas d’abus : une partie des salariées y avait recours, mais en proportion assez faible. Hélas, suite à des consignes nationales, les préfectures ont ensuite cassé toutes ces décisions dans le cadre du contrôle de légalité. Les services juridiques de la Région nous ont assuré que si nous mettions en place un tel congé, il connaîtrait le même sort », explique Pierre Lacaze. La Région a donc décidé de porter un plaidoyer auprès du gouvernement et des parlementaires pour faire évoluer la loi. « Cette évolution est indispensable pour permettre la création d’une Autorisation spéciale d’absence (ASA) liée aux pathologies hormonales féminines », indique l’élu communiste, qui a porté, le 8 juin, ce plaidoyer auprès de la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, à l’occasion d’une rencontre de l’association Régions de France. « Nous attendons un retour pour, nous l’espérons, un rendez-vous à la rentrée avec le gouvernement afin de discuter de la possibilité de légiférer. »

    Dans l’attente, plusieurs dispositifs vont être mis en place au sein de la collectivité, notamment une enquête interne auprès des agentes concernées et le recours ponctuel au télétravail supplémentaire sur prescription médicale. « On va se lancer dans une adaptation, dans tous les services, des conditions de travail pour ces femmes et former l’ensemble des dirigeants de services à cette problématique », promet Pierre Lacaze.

  • Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Si elle confesse volontiers avoir apprécié ces trois jours « dans (son) élément », Catherine Chabaud n’était pas en vacances dans le Var. La ministre déléguée en charge de la Mer et de la Pêche, ancienne navigatrice – elle fut la première femme à terminer un tour du monde à la voile, en 1996-1997, sur le Vendée Globe – est arrivée mercredi dans le département, pour l’inauguration de la plateforme scientifique de l’institut océanographique Paul Ricard, sur l’île des Embiez. Cet outil, dédié à la recherche dans différents domaines (aquaculture innovante, sécurité alimentaire, conservation d’espèces menacées…) avec l’objectif de sensibiliser les décideurs politiques, a particulièrement plu à la ministre : « On a besoin de vision, et Patricia Ricard [présidente de l’institut, ndlr] fait partie des visionnaires. Cette plateforme permet de faire de la recherche et d’identifier les sujets d’urgence comme le fait de développer une aquaculture plus durable, et de les expérimenter », dans un esprit de « mobilisation collective des entreprises, des scientifiques et des ONG » qui lui est cher.

    Jeudi, elle a embarqué à bord du catamaran We Explore de son confrère navigateur Roland Jourdain, double vainqueur de la Route du Rhum, fabriqué à 50 % en fibre de lin. Ils y ont repéré un cachalot blessé par une hélice de bateau aux abords du Parc national de Port-Cros. Un sujet qu’a abordé le navigateur vendredi, lors d’une série d’échanges consacrés à la protection de la mégafaune marine vendredi au Fort du Pradeau, à Hyères.

    « Nous sommes colocataires de la planète »

    « On raconte les histoires des courses, des quarts de seconde décisifs, mais la victoire peut se faire à vitesse réduite. Il faut inventer le modèle de demain », milite-t-il. Car la vitesse demeure un véritable sujet, sur lequel une forme de législation existe par endroits, notamment dans le cadre de la Zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV) établie entre la France et l’Espagne en 2023, avec une réduction entre 10 et 13 nœuds dans certains espaces sensibles. « Il faut trouver le bon curseur, la mer ce n’est pas la route », temporise Catherine Chabaud, qui reconnaît toutefois « d’autres enjeux comme la réduction des émissions de CO2 et une opportunité à mieux connaître le milieu marin ».

    Et à « cohabiter ». « Il faut se rendre compte que nous sommes colocataires de cette planète », clame, avec véhémence, l’océanologue François Sarano en conclusion des échanges de vendredi, au cours desquels la cohabitation a pris une large place. D’abord, à travers des discussions sur les conséquences des bruits anthropiques sur la megafaune, qui peuvent entraver, entre autres, la chasse pour les animaux marins. Ensuite, sur les effets des sports nautiques, même ceux qui ne polluent pas ou peu directement (wingfoil, voile). Enfin, sur le rôle des collectivités, engagées dans des démarches collectives comme le sanctuaire Pelagos, espace maritime de 87 500 km² établi entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection de la biodiversité marine, et le programme Caret, mené par le Parc National de Port-Cros, visant à protéger et restaurer les écosystèmes littoraux sableux, pour favoriser la reproduction de la tortue caouanne.

    Une approche qui doit, selon la ministre, permettre de sensibiliser les individus : « La problématique, c’est la capacité des citoyens à changer de comportement. On est en train de rentrer dans la partie exponentielle des courbes du GIEC ». Et pour cela « il faut aussi des décisions politiques fermes ». À l’opposé de la loi Duplomb ou de la loi d’urgence agricole dont le texte, assoupli en commission mixte paritaire jeudi sur le volet de la réintroduction de pesticides interdits et du stockage d’eau, doit être présenté au Sénat et à l’Assemblée nationale lundi et mardi.

  • [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent
    le président de la République

    Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.

    Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.

    C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.

    Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?

    De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.

    Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?

    C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.

    Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.

    Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.

    Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.

    Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.

    Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre

    Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole

    Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte

    Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France

    Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires

    Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires

    Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir

    Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon

    Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux

    Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole

    Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille

    Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels

    Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair

    Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon

    Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires

    Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris

    Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon

    Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture

    Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg

    Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole

    Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune

    Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole

    Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy

    Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble

    Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie

    Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole

    Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen

    Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen

    Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille

    Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie

    Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon

    Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis

    Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO

    Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims

    Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole

    Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble

    Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture

    Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture

    Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie

    Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis

    Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne

    Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne

    Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national

  • La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    Après la mairie RN de Carpentras, qui supprime les subventions du Planning familial, c’est au tour de la municipalité de Monteux, également passée RN en mars dernier, de réduire de 90 % celle accordée à la Maison des Jeunes et de la Culture de sa ville.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux, la structure, qui accueille un peu plus de 500 personnes à travers des activités sportives et des événements divers, explique que cette aide passe de 45 000 euros à 5 000. Elle ajoute que les subventions de fonctionnement et celle du festival des cultures urbaines des vacances d’automne, respectivement de 1 350 et 1 500 euros, sont, elles, supprimées. Et explique prendre acte de cette décision et que le conseil d’administration va se réunir en cette fin de semaine « pour mesurer l’impact sur la vie de l’association ».

    Répartition

    Le maire d’extrême droite, Patrice de Camaret, a justifié, lors du conseil municipal, cette décision en s’appuyant sur les comptes de l’association. Ceux-ci étant, d’après lui, assez fournis. « La collectivité doit soutenir en priorité les associations qui en ont réellement besoin, et non celles qui disposent d’une trésorerie solide », stipule la collectivité. Et assure que cette « décision ne remet pas en cause l’utilité de la MJC ni son travail auprès des Montiliens », mais « traduit une volonté de justice dans la répartition de l’argent public, au bénéfice d’associations qui, elles, ont un besoin réel et immédiat de soutien ».

    Les élus d’opposition ne l’entendent pas de cette oreille. « Il le vend comme une nécessité économique, mais pour moi, c’est idéologique », glisse Michel Mus (DVG). Car, dans le même temps, les subventions aux associations sportives augmentent de 8 %.

  • Le financement du futur hôpital d’Aubagne en pleine négociation

    Le financement du futur hôpital d’Aubagne en pleine négociation

    Petit à petit, l’hôpital fait son nid. Après la signature de la Déclaration d’utilité publique (DUP) la semaine passée, indispensable pour engager les négociations sur l’acquisition du foncier, le projet de construction d’un hôpital, dans la zone de Gargues à Aubagne, a passé, mercredi, une nouvelle étape. Les maires des 19 communes concernées par l’arrivée potentielle d’un nouvel établissement sur le territoire se sont réunis en fin d’après-midi, à la demande de Stéphanie Luquet, directrice et représentante légale de l’actuel centre hospitalier de la ville. Au menu : état des lieux détaillé du niveau d’avancement du projet et discussions autour de l’achat du terrain. À l’origine prévu à la seule charge d’Aubagne, le maire (DVG) Jean-Pierre Squillari avait invité, début juin, les autres municipalités à mettre au pot. « Puisque cet hôpital dessert 19 communes, ces [dernières] doivent s’impliquer activement dans le projet, mais aussi dans son cofinancement. Nous ne pouvons plus être les seuls à porter la charge financière d’équipements dont bénéficie l’ensemble du bassin de vie », avait-il alors déclaré. Et cette première assemblée des maires semble de bon augure pour ses réclamations : trois communes se sont engagées à participer financièrement et plusieurs promettent d’y réfléchir. Parmi les mairies d’ores et déjà motivées : celle de Gémenos, dirigée par Roland Giberti, maire (DVD) de la ville depuis 2001. « C’est une très bonne nouvelle, très symbolique », s’enthousiasme une source proche de la mairie d’Aubagne. Et de poursuivre : « Il est normal qu’il y ait un temps de réflexion, mais au moins les choses sont présentées de manière officielle et les maires peuvent y voir plus clair. C’est une première approche, le début de quelque chose ».

    Réduire les frais,

    sans brusquer

    Restent les municipalités qui, dès mercredi, ont exposé leurs réticences, ne voyant pas « comment faire un effort dans le cadre de leur budget et des difficultés financières auxquelles sont confrontées les collectivités », est-il rapporté de la réunion. Quoi qu’il en soit, les négociations s’annoncent complexes pour une mairie qui cherche à amoindrir les dépenses tout en ménageant les actuels propriétaires de la zone. « Il faut qu’on parvienne à être au prix le plus bas possible tout en trouvant un accord avec les propriétaires, note la ville d’Aubagne. Parce que s’il n’y a pas d’accord, la DUP pourrait être attaquée en justice, ce qui nous ferait perdre de précieux mois et poserait une incertitude réelle sur le projet. » D’autant que d’autres frais connexes accompagnent l’acquisition du terrain : le déplacement de la ligne à haute tension actuellement en place sur la zone prévue ainsi que la réalisation de réseaux et de routes pour aménager le site l’hôpital. « L’idée est pour nous de travailler sur le financement de ces coûts-là, qu’on aimerait faire porter à d’autres opérateurs, pour réduire la participation des communes au simple achat des lieux », poursuit la municipalité. La mairie d’Aubagne espère régler ces questions de financement avant la fin de l’année, afin que les budgets des communes puissent être votés en conséquence.

  • Les collectivités au chevet des plus fragiles

    Les collectivités au chevet des plus fragiles

    Quand le thermomètre grimpe, la solidarité ne peut pas rester un slogan. Depuis le 1er juin, CCAS, écoles, crèches, piscines et médiathèques sont redevenus les avant-postes d’un service public de proximité que la canicule met à l’épreuve. Dans le Gard comme dans l’Hérault, les collectivités activent leurs plans de protection des plus vulnérables : personnes âgées isolées, enfants, habitants précaires, agents exposés. Héritiers de la loi de 2004, née après le drame sanitaire de 2003, les maires ont aussi une responsabilité concrète : repérer, prévenir, appeler, ouvrir des lieux de répit.

    À Nîmes, le CCAS s’appuie sur le dispositif Allô Seniors pour appeler les personnes inscrites au registre canicule, organiser des visites si nécessaire et distribuer près de 1 100 colis alimentaires en juillet-août. La Ville recense aussi ses îlots de fraîcheur sur son application : fontaines, jardins publics, lieux climatisés. En vigilance rouge, musées et piscines municipales peuvent devenir gratuits, tandis que les centres sociaux élargissent leurs horaires. Dans les écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, faute d’un bâti partout adapté. Les crèches, elles, bénéficient d’une climatisation intégrale, quand certains groupes scolaires disposent déjà d’espaces rafraîchis.

    L’urgence faute d’anticipation

    Montpellier pousse plus loin la logique des lieux refuges : appels de courtoisie du CCAS, clubs seniors, médiathèques, piscines, musées, fontaines publiques, mais aussi 83 écoles déjà équipées d’une salle rafraîchie à 25°C. Les crèches disposent chacune d’une pièce refuge. À Béziers, le plan canicule cible les bénéficiaires de l’aide à domicile et du portage de repas, avec un espace senior climatisé. À Alès, le CCAS adapte ses horaires d’été et s’appuie sur le plan communal de sauvegarde. Même les préfectures ajustent les règles, comme dans l’Hérault, où les chantiers peuvent démarrer dès 6h en vigilance orange ou rouge pour épargner les ouvriers des heures les plus brûlantes.

    Reste le fond du problème : ces dispositifs reposent souvent sur l’inscription volontaire, laissant parfois hors radar les plus isolés. Et les collectivités bricolent avec des budgets contraints face à des bâtiments conçus pour l’hiver, pas pour l’été. « On a travaillé sur l’économie d’énergie l’hiver mais pas du tout l’été », résume Philippe Ribot, président des maires du Gard. Ventiler, appeler, ouvrir des salles : nécessaire. Mais sans rénovation thermique massive, débitumisation et végétalisation, la protection restera trop souvent une réponse d’urgence à une crise devenue permanente.