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  • [Entretien] Antoine Boudet : « Apporter de la sérénité dans le débat à Orange »

    [Entretien] Antoine Boudet : « Apporter de la sérénité dans le débat à Orange »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre désignation et comment appréhendez-vous cette mission ?

    Antoine Boudet : Avant les fêtes, on a fait un processus de vote. Chaque membre du collectif désignait la personne qu’il estimait être plus représentative pour la liste. Deux noms sont sortis [outre le sien, celui de Gilles Taillardas]. Cela a donné lieu à un second tour pour nous départager. Être tête de liste est une responsabilité que j’ai acceptée sans hésitation. Je suis aussi entouré de personnes d’expérience, comme Anne-Marie Hautant, qui a été vice-présidente de la Région [sous Michel Vauzelle] et conseillère municipale lors du précédent mandat. De nouveaux colistiers nous ont rejoints aussi, comme Pénélope Nardo, infirmière à la retraite, Fabienne Fauré, directrice financière à la retraite ou Aziz Yahyouy, chef d’entreprise employant 15 personnes à Orange. La liste, qui n’est pas encore figée, se veut riche d’expériences et d’ancrages dans tous les secteurs de la vie orangeoise : associatif, sportif, économique, social, environnemental, culturel et celui de la santé.

    Vous êtes à la tête d’un collectif qui se veut hors des partis. Comment vous présentez-vous à la population ?

    A.B. : Les gens ne nous questionnent pas réellement sur si on est de gauche ou de droite. Notre liste sera composée majoritairement de personnes qui ne sont pas encartées, comme moi qui n’ai jamais adhéré à un parti. Évidemment, il y a des gens qui vont être très identifiés à gauche, d’autres qui vont être plutôt au centre ou un peu plus à droite. On a nos fibres qui caractérisent et qui sont diverses. On a tous nos combats qu’on essaie de rassembler pour construire le programme qui ira avec. De par mon engagement associatif et sportif, et puis ma qualité d’ostéopathe, je suis très attaché à redonner de l’accès aux soins et au sport-santé.

    Alors que le 26 janvier, la justice se prononcera sur une possible inéligibilité du maire d’extrême droite Yann Bompard, sentez-vous un dégagisme ambiant ?

    A.B. : En toute honnêteté, c’est ce qu’on aimerait entendre, mais ce n’est pas toujours le cas. L’effet Bompard a encore un petit peu de crédit, mais il en perd beaucoup. À l’heure où la confiance en la politique n’est pas très élevée, ça les décrédibilise, mais presque aussi tous les politiques. On ne se présente pas comme des politiciens de métier et essayons d’apporter de la fraîcheur et d’apparaître comme la liste qui va redonner de la sérénité dans le débat public. J’ai un caractère assez apaisé, j’aime bien dialoguer, je tends des perches. Il faut redonner plus de vie démocratique et démontrer aux gens qu’on n’est là pas pour des intérêts personnels mais pour défendre des intérêts communs. Le tumulte actuel au conseil municipal avec les départs, les changements [démission au sein de la majorité Bompard pour rejoindre l’opposition RN et son candidat], est un mauvais spectacle.

    Outre une éventuelle condamnation du maire, quels éléments sont susceptibles de faire basculer la campagne ?

    A.B. : On suit attentivement ce qui se passe et ça va impacter forcément la manière dont l’élection va se dérouler. On continue notre chemin comme on l’a toujours fait. On va présenter rapidement quelques grands axes de programme pour, ensuite, à la fin du mois exposer un programme complet. On entend ramener de la fraîcheur dans les personnes qui vont s’impliquer dans la vie communale. Notre force, c’est la variété de contacts.

  • « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    En plus de son poste de coprésidente du collectif Épices, Floriane Rieu est directrice de la Table de Cana, l’un sept restaurants membres de l’association, dans la cité phocéenne. En 35 ans, l’établissement a accompagné 1 500 profils en réinsertion.

    La Marseillaise : À qui s’adressent vos programmes de réinsertion ?

    Floriane Rieu : Notre objectif est de proposer un accompagnement professionnel et social à des personnes qui soit n’ont pas travaillé depuis plus de deux ans, soit sont aux minima sociaux et ne parviennent pas à retourner sur le marché de l’emploi. Nous proposons de les former à un métier en lien avec la cuisine. Cela peut être commis de cuisine, pâtissier, chauffeur-livreur, serveur, magasinier, plongeur… L’accompagnement social permet, lui, de travailler sur les problématiques périphériques, parfois responsables de l’éloignement de l’emploi : endettement, problèmes de logement, accident de la vie… L’idée est qu’en deux ans maximum, les personnes puissent retourner sur le marché de l’emploi.

    Quelles sont les particularités d’une réinsertion par la cuisine ?

    F.R. : La cuisine se prête bien à la réinsertion, déjà parce que c’est beau et bon, donc c’est valorisant pour les personnes qui viennent. Ensuite, c’est un travail qui se fait en équipe, ce qui permet de retrouver du lien social, pour des personnes qui ont souvent subi beaucoup de solitude. La cuisine permet d’échanger, de vivre des moments de convivialité. C’est aussi un métier évolutif, c’est-à-dire qu’on peut commencer par exécuter des tâches très simples, avant d’évoluer vers des choses plus complexes. On peut commencer par éplucher les légumes, puis progressivement avancer vers de nouvelles compétences. Et, enfin, c’est un marché en tension. Un secteur qui recrute donc, notamment depuis la crise Covid.

    Les employeurs avec lesquels vous travaillez ont-ils des réticences à embaucher des profils en réinsertion ?

    F.R. : Oui, il y a beaucoup de préjugés sur l’insertion. C’est un peu tout le travail qu’on veut mener, notamment avec le collectif. Nous voulons briser ces images fausses et accompagner les entreprises qui recrutent en les incitant à appliquer de bonnes méthodes d’intégration. C’est important que le secteur de la restauration se remette aussi en question, pour accueillir les personnes dans de bonnes conditions. Notre idée est aussi de défendre une cuisine inclusive et participative, ce qui veut dire ouvrir la cuisine à des profils avec des parcours de vie différents.

    Combien de personnes a accompagnées le collectif depuis sa création en 2022 ?

    F.R. : Par an, le collectif accompagne environ 100 personnes. Dans le cas de la Table de Cana, 65% des personnes trouvent ensuite un emploi stable.

    Propos recueillis par Margot Milhaud

  • A Marseille, Martigues, Toulon ou La Seyne-sur-Mer, le premier bain de l’année se fête

    A Marseille, Martigues, Toulon ou La Seyne-sur-Mer, le premier bain de l’année se fête

    Marseille : jeudi 1er janvier 2026 à 12h. Plage Prado-Nord, lieu dit plage du Petit-Roucas blanc (13008).

    Organisée par les Libres nageurs et les Nageurs du Prado, un bain populaire, gratuit et festif, accessible à tous, attend les plus courageux pour sa 2eme édition.

    Bain de pieds, trempette ou petite baignade, rien de tel pour « réveiller les sens et la santé, et se serrer les coudes pour l’an qui vient », annonce l’association, sur le ton joyeux qui les caractérise.
    Un détail ? C’est « esprit carnaval » ! Les bonnets de bain de « Papa Noël » ou chapeaux pointus, langues de belles mères sont les bienvenus. Plumes et paillettes aussi !

    Un pique-nique sur les estrades en haut de la plage après le bain clôture l’initiative. A chacun d’amener des victuailles.

    Attention, aucun encadrement n’est prévu dans l’eau, aucune nage loin du rivage n’est autorisée.

    Marseille: jeudi 1er janvier à 12h. Plage des Catalans (13007)

    Comme chaque année, les Fronts runners Marseille (FRM) association sportive LGBT+ se réunissent à la plage des Catalans pour le premier bain de l’année !

    Pour commencer cette nouvelle année sous le signe du partage, un apéro festif est prévu sur la plage.
    Boissons chaudes et variées. De quoi grignoter aussi pour tous les goûts.

    Marseille : samedi 3 janvier 2026 à 12h. Cercle des nageurs. 140-150 Bd Charles Livon (13007).

    Le bain du 1er samedi de l’année au CNM est un des plus anciens, et des plus renommés de la ville. Il est suivi d’un verre de vin chaud bien mérité.
    Attention seul les membres du cercle sont invités pour ce bain un brin select.

    Martigues : dimanche 11 janvier 2026 à 11h – Plage de la Couronne.

    Soupe, et échauffement en musique, pour une ambiance festive.

    Toulon : 1er janvier à 10h30. Anse des Pins, plages du Mourillon. Séance d’échauffement et top départ du Grand bain.

    Venez- vous jeter à l’eau dans la joli anse des Pins et profiter des bienfaits de la mer poussé par l’élan collectif. Un diplôme attestant de la participation sera remis à tous, avant de partager un chocolat chaud, un café et une petite collation pour se réchauffer.

    La Seyne-sur-Mer: samedi 3 janvier 2026à 10h – Esplanade Boeuf – les Sablettes.

    Vin chaud et récompenses à la clé.

  • Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage commandé par nos confrères de La Provence, publié ce samedi 20 décembre, place le candidat socialiste David Fournier en tête des listes de gauche. Avec 18% des intentions de vote, il se place à la troisième position derrière Olivier Galzi (DVD) avec 21% et Anne-Sophie Rigault (RN) avec 22%.

    Tandis que derrière se suivent l’insoumise Mathilde Louvain avec 14% et Stéphan Fiori (DVD) avec 10%. Puis, plus loin, se talonnent Joël Peyre (PRG) avec 5%, Paul Roger Gontard (Convention) avec 4,5%, Zinèbe Haddaoui (ex-PS), pourtant pas officiellement candidate, avec 3,5%, et Benoît Belvalette (Place publique) avec 2%.

    Rassemblement attendu

    Si ces chiffres, issus d’un échantillon d’un peu plus de 600 personnes, ne donnent qu’une photographie incomplète à plus de trois mois du scrutin, ils doivent cependant alimenter les discussions. Notamment à gauche, où tous les candidats appellent au rassemblement. Comme Joël Peyre, dont certains, lors de l’inauguration de son local de campagne ce mercredi 17 décembre, envisageaient une entente avec Avignon Collectif, le mouvement du PCF et de Génération.s, avec Zinèbe Haddaoui. Tandis que celui qui serait en tête à gauche, David Fournier, assure dans un communiqué émis ce lundi 21 décembre que sa liste, à laquelle se sont joints notamment EELV, l’Après ou encore le Parti animaliste, « apparaît comme la seule option crédible et la plus rassembleuse pour l’avenir de notre ville ».

    Avant d’insister que « face à la menace du Rassemblement national et à une droite libérale déconnectée de toute réalité avignonnaise, l’union est la seule option et la condition de la victoire ».

  • Fin de grève à Arkema et une « victoire collective » pour la CGT

    Fin de grève à Arkema et une « victoire collective » pour la CGT

    Pas d’effusion de joie mais une « victoire sur la forme » pour les salariés marseillais d’Arkema. Ce mardi a marqué la fin du mouvement social entamé le 11 décembre dernier sur le site marseillais de l’entreprise de chimie. Les travailleurs ont voté la fin de la grève en assemblée générale après treize jours de grève à l’appel de la CGT, sur fond de bras de fer pour des augmentations de salaires.

    « Nous ne sommes pas complètement satisfaits des résultats des négociations. La proposition de la direction générale est entendable mais on est surtout satisfaits de l’avoir obligé à renégocier », expose Sébastien Jonas. Preuve de la difficile équation à laquelle ont fait face les grévistes : « La reprise n’a été votée que d’une courte majorité, ça s’est joué à 6 voix près. Les salariés sont partagés ». Pour rappel, la CGT avait appelé à la grève suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » où la direction ne proposait que 1,2% de hausse de salaire et un « talon », c’est-à-dire l’augmentation plancher de salaire, à 35 euros, la plus basse depuis 2002 selon les calculs syndicaux. Suite au bras de fer, ce talon passe à 50 euros, ce qui bénéficie « largement aux salaires médians » de l’entreprise [lire notre article du 23/12, Ndlr.]. Cerise sur la gâteau avant les fêtes de fin d’année : la CGT arrache aussi une « prime de résultats de 400 euros » alors qu’elle n’était pas prévue à l’origine.

    « Des convictions »

    « On est fiers du travail collectif et de la mobilisation qui a été menée. Pour tenir 13 jours d’arrêt de fabrication, il faut avoir des convictions », positive Sébastien Jonas. Si son organisation revendiquait 160 euros de hausse de salaire pour tous, elle faisait face au départ à une direction générale « qui ne voulait pas réouvrir les NAO ». D’où la satisfaction « de l’avoir forcé à bouger ». Autre « victoire » syndicale : des bougés au niveau des emplois. « Il n’y a pas d’engagement écrit mais on avance sur la question des départs à la retraite non remplacés. La direction en évoque 150, mais on a maintenant bon espoir de réduire largement ce chiffre », développe le syndicaliste.

    En contact direct avec les autres sites en grève de l’entreprise grâce à un système de visioconférence, les salariés marseillais ont fait remonter leur décision à la coordination CGT. Avant que cette dernière appelle officiellement à « suspendre le mouvement de grève ». Puisque la majorité des assemblées générales qui se tenaient au même moment dans les usines homologues se sont aussi prononcées en faveur de la reprise du travail. « Les résultats des assemblées ont été serrés sur tous les sites, tous sauf un ont voté contre la reconduction », expose Sébastien Jonas. « On a gagné la bataille psychologique, on les a fait revenir à la table des négociations », se félicite Emmanuel Grandjean, coordinateur CGT, lors de la visioconférence.

    Au pic du mouvement, les travailleurs de plus d’une dizaine d’usines suivaient la grève, avec des appels aux débrayages de quelques heures pour certaines ou un arrêt total de la production pour d’autres. Une première depuis belle lurette pour l’un des leaders mondiaux des matériaux de spécialités : la dernière grève d’ampleur à Marseille remontant à 2021. D’où la conclusion de la coordination CGT qui évoque « une victoire collective », insistant sur « l’unité des sites » dans cette bataille.

  • Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Alors que le collectif CANBUS s’active et mobilise pour empêcher le prolongement du Boulevard Urbain Sud (un linéaire prévu sur 8,5 km de l’échangeur Florian jusqu’à la traverse Parangon) et épargner le jardin de la Mathilde, les jardins familiaux Joseph-Aiguier et la pinède du Roy d’Espagne, la Métropole lance un marché pour poursuivre l’isolation acoustique des bâtiments impactés sur les 3 km de la section livrée en 2021 jusqu’au boulevard de Sainte Marguerite.

    A ce jour, les menuiseries de 126 logements ont déjà été remplacées via un dispositif de subventions que la Métropole veut étendre. Pour s’assurer de l’impact réel de l’infrastructure décriée, une mise à jour en juin 2021 de l’étude acoustique de 2016, a mis en évidence « la nécessité de traiter 570 bâtiments supplémentaires par rapport aux 117 bâtiments initialement prévus » et ce en dépit de 5 kilomètres de murs de clôture acoustiques déjà posés.

    La réglementation impose au maître d’ouvrage des mesures de protection en cas de dépassement des seuils de 60/65 décibels le jour (6h-22h) et 50/55 décibels la nuit (22h-6h). Pour donner un ordre d’idée, le niveau sonore à moins de 8 mètres d’un véhicule roulant à 50 km/h se situe autour de 70/75 décibels. La somme de 10 véhicules augmente le niveau de bruit global de 10 décibels, soit 80/85 décibels. Le bruit montant, sa perception est amplifiée aux étages. D’où l’isolation acoustique des façades proposée.

    Un trafic encore sous-estimé

    Autre problématique soulevée, la sous-estimation du trafic pris en compte dans les études. Si du côté de l’A50, il est projeté que le BUS passerait de 40 000 véhicules/jour en 2021 à près de 49 000 en 2040, il était observé en 2021 que du coté de Sainte Marguerite (où les travaux d’aménagement d’un rond-point débutent), le BUS était déjà parvenu à son niveau projeté de trafic 2040 avec près de 28.000 véhicules/jour. « Il est donc possible que le trafic sur le BUS soit sous-estimé sur certaines sections », analyse l’étude de 2021 qui recommande de « refaire une étude de trafic pour mieux apprécier les trafics de long terme, voire de majorer les isolements des bâtiments à traiter dans cette éventualité, surtout que le BUS doit être prolongé vers le sud, ce qui risque d’induire des trafics supplémentaires. »

    D’où la possibilité qui est donnée de réaliser de nouvelles mesures acoustiques par logement « à la demande des propriétaires notamment au regard d’une éventuelle évolution du trafic routier », propose la Métropole.

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »

  • Un Samu tout neuf pour le printemps

    Un Samu tout neuf pour le printemps

    Tout ne sera livré qu’au printemps, mais l’essentiel des murs du futur Samu « zonal », dont le périmètre s’étend de Marseille à la Corse en passant par l’Occitanie, a été monté. Implantés à la Timone, à deux pas du futur pôle Femmes Parents Enfants, les 7 500 mètres carrés de ce bâtiment aux dernières normes environnementales accueilleront également le centre de régulation des réception et de régulation des appels au 15, le centre anti-poison et les équipes du Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Un bond dans la modernité, conviennent les équipes médicales. Et une immense satisfaction pour le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), qui a participé à hauteur de 6 millions d’euros sur les 23 millions de coût du projet.

    « J’ai fait toutes mes études dans les urgences et je me souviens, on se reposait sur des brancards », commente l’élu en découvrant les chambres de garde. Espace de coworking, vaste salle de régulation et PC de crise, parking pour les 16 ambulances… Des dimensions adaptées à l’activité du « deuxième Samu de France derrière celui de Lille », explique le docteur Fouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13, avec 800 000 appels au 15 et 40 000 interventions par an. « Et cela ne fait que monter, nous prévoyons dans nos projections d’atteindre le million », ajoute-t-elle.

    Un engagement collectif

    « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de l’AP-HM », précise François Crémieux, son directeur général, rappelant qu’au sortir du Covid, le système était « déstabilisé », même s’il se félicite que les bâtiments des années 60 aient « tenu le coup ». Mais « on est arrivé a une fin de cycle », estime-t-il. C’est aussi pour lui le résultat d’un « engagement collectif ». D’abord de l’État avant 2020, assorti d’une rallonge dans le cadre du plan Marseille en grand, puis des collectivités territoriales, souligne-t-il, avec 31 millions d’euros de la part de la Région, « quand partout ailleurs c’est quelques centaines de milliers d’euros ».

    Un investissement justifié estime Renaud Muselier. Si ce n’est pas dans ses compétences, « j’ai la charge de l’aménagement et du développement de ce territoire et ce n’est pas possible de ne pas avoir de réponse sur la santé », déclare-t-il, ajoutant que 130 millions d’euros ont été débloqués pour ce faire. « On a ventilé sur les 6 départements, on avait 15 maisons de santé ouvertes, on en a maintenant 124 », détaille-t-il. Et d’insister sur sa volonté pour le Samu, d’avoir « quelque chose d’efficace tout de suite » et qui serve à toute la région.

  • Un collectif issu de la majorité du Printemps marseillais entre en lice

    Un collectif issu de la majorité du Printemps marseillais entre en lice

    Le collectif « Ambition citoyenne » a officiellement annoncé lundi sa candidature dans les 13e et 14e arrondissements. « Cette démarche s’inscrit dans une volonté claire : redonner ses lettres de noblesse à la politique, en la rendant à celles et ceux qui la vivent et souvent la subissent au quotidien. Une politique faite par les Marseillais, pour les Marseillais », indique un communiqué.

    Le texte du collectif mené notamment par Sami Benfers, membre de la majorité du Printemps marseillais, n’exclut pas d’élargir cette dynamique à l’échelle de la ville. L’attaque peut paraître sévère contre la majorité de gauche.

    « Notre démarche est simple et saine, le Printemps a fait des bonnes choses mais il lui manque un volet de ces territoires et de leurs franges populaires », promet l’élu. « Les 13-14 sont très emblématiques de la ville, on se prétend humblement la pièce manquante. » Un territoire qui a notamment fourni à l’extrême droite un maire devenu sénateur, deux conseillers départementaux, une députée… et ou le risque RN est grand. « On nous accuse de faire la part belle au RN mais ce sont les mécanismes d’appareils qui le font. On ne peut pas améliorer ces territoires en excluant des postes décisionnels ceux qui portent leur voix et les font », martèle Benfers, se défendant de toute arrière-pensée. « Ce n’est pas en prévision d’une quelconque alliance et Benoît Payan est le meilleur candidat. On ne peut juste pas cautionner un système qu’on trouve incomplet. »

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.