Tag: collectif

  • Un concert au Dôme pour sauver des vies en mer

    Un concert au Dôme pour sauver des vies en mer

    Pas plus tard que ce mercredi 22 octobre, 40 exilés originaires d’Afrique subsaharienne, dont des bébés, ont péri en mer, au large de la Tunisie, alors qu’ils tentaient de rejoindre clandestinement les côtes européennes à bord d’une embarcation de fortune… À l’initiative de la Fédération des mutuelles de France et avec le soutien de la Ville de Marseille, un grand concert est organisé, pour la troisième année consécutive, permettant de récolter des fonds pour les associations qui viennent au secours des réfugiés en mer.

    Parmi les bénéficiaires, la Société nationale des sauveteurs en mer, particulièrement impliquée auprès des exilés qui tentent de traverser la Manche et au large de Mayotte, l’AAPPI (Aide aux populations précaires et immigrées), association marseillaise qui accompagne les réfugiés dans leur recours aux droits.

    8 500 spectateurs attendus

    Ce sera cette fois-ci sans SOS Méditerranée, préférant se retirer de l’aventure après une « controverse concernant un artiste de la programmation ». En clair, le rappeur Zamdane, proche de l’association, accusé de violences sexuelles et sexistes par le collectif féministe « Nous toutes », lors de la Fête de l’Humanité, en septembre.

    Les deux précédentes éditions, à guichets fermés, avaient réuni plus de 12 000 personnes pour une recette de 210 000 euros. Quelque 8 500 spectateurs sont attendus, samedi, avec pour objectif de collecter 150 000 euros.

    À partir de 19h.
    Billetterie : dome.marseille.fr

  • Le collectif de l’Huveaune s’inquiète pour des arbres du parc de la Botte

    Le collectif de l’Huveaune s’inquiète pour des arbres du parc de la Botte

    Dans un communiqué envoyé hier à la presse, le collectif de l’Huveaune écrit : « Le projet d’aménagement des berges de l’Huveaune au parc de la Botte [porté par l’Établissement public d’aménagement et de gestion des eaux Huveaune – Côtiers -Aygalades ou Epage Huca, la Ville d’Aubagne, la Métropole Aix-Marseille, Ndlr] a suscité en 2023 un émoi considérable à Aubagne. » Le collectif embraye : « Des rassemblements et une pétition ont permis de voir le projet initial, qui prévoyait l’abattage de 234 arbres significativement modifié. Une quinzaine d’arbres ont été au final détruits. Les travaux sont en voie d’achèvement sous la responsabilité de l’Epage Huca. »

    Il continue : « Mais voilà que depuis quelques jours, les usagers du parc ont observé le marquage pour abattage d’un grand nombre d’arbres adultes à proximité du chantier, sans aucune explication fournie par la mairie (l’Epage Huca s’étant déclaré extérieur à cette opération et sans information à ce sujet). Nous refusons ces abattages dans l’urgence et l’opacité. Nous exigeons, si ces arbres sont malades et constituent un danger pour les usagers, que les diagnostics soient rendus publics et que des échanges aient lieu sur site pour évoquer les solutions possibles avec les citoyens. »

    Interrogée par nos soins, la Ville répond : « Parmi les arbres marqués dans le parc, neuf vont être abattus car ils sont morts et présentent un danger pour les usagers à cause des chutes de branches. D’autres vont être taillés et élagués, comme cela se fait chaque automne. »

  • L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’exploitation industrielle à Châteauvallon pose question

    L’opposition progressiste d’Ollioules alerte les habitants de la commune, ainsi que ceux de la métropole toulonnaise, sur les conséquences « d’un projet industriel » au pied du patrimoine culturel emblématique de Châteauvallon, scène nationale. « Un site niché dans un amphithéâtre naturel, au cœur d’un somptueux massif forestier, qui fait l’objet de nombreuses protections », précise l’élu municipal Christian Bercovici (PCF).

    « Ce projet prévoit la transformation d’un ensemble bâti en activité de métallurgie, de peinture industrielle et de logistique, ce qui constitue une rupture radicale, voire une atteinte directe, non seulement à la nature, mais aussi une atteinte symbolique et culturelle », ajoute sa collègue, la conseillère d’opposition (Les Écologistes) Claudie Cartereau, en pointant « le bruit des camions et des machines remplaçant le bruissement des pins et des voix d’artistes ». Et d’ajouter : « Pour nous, ce projet ne relève pas d’un aménagement compatible, mais constitue une dissonance écologique et culturelle totale. »

    Enquête publique

    Le groupe d’opposition appelle donc les Ollioulais à mettre leur grain de sel dans ce dossier et à intervenir dans le cadre de l’enquête publique actuellement en cours, portant sur la modification du Plan local d’urbanisme n°3. Ce dernier comprend Le changement d’affectation du zonage UDp en Udpb, c’est-à-dire en secteur toujours majoritairement pavillonnaire, mais autorisant une densification plus importante. « Cela permettrait notamment la régularisation d’actes contestables au regard de la légalité », précise Christian Bercovicci.

    Les citoyens sont invités à déposer leurs commentaires et réserves, au plus tard ce jeudi 23 octobre au service de l’urbanisme de la ville d’Ollioules, ou à les adresser directement en ligne au commissaire enquêteur à l’adresse suivante : mtpm.plu@metropoletpm.fr en précisant en l’objet de leur requête.

    Le collectif Sauvons Châteauvallon*, composé de riverains, est également fortement mobilisé contre le projet qui, dénonce-t-il, « prévoit de transformer le chemin de Châteauvallon en autoroute à camions pour un complexe métallurgique ».

    Pour le maire (LR) de la commune, Robert Beneventi, il s’agit sauver de l’industrie à Châteauvallon. « Mais celle-ci est éteinte depuis plus de 30 ans », répliquent les opposants, jugeant un tel retour au cœur de la forêt et dans des quartiers résidentiels totalement inapproprié.

    *Contact mail :

    sauvons.chateauvallon@gmail.com

  • L’avenir de la mobilité sur la table des débats à Luynes

    L’avenir de la mobilité sur la table des débats à Luynes

    L’épineuse question des transports et des embouteillages, qui affectent régulièrement le quartier de Luynes, est de nouveau saisie par l’association locale Luynes en Action. En parallèle des ateliers mis en place par la mairie d’Aix-en-Provence, organisés après une réunion publique au printemps dernier, le collectif lance une enquête citoyenne sur le sujet. Ouverte depuis le 7 octobre, en place jusqu’au 4 novembre, cette évaluation permet de « comprendre comment les Luynois utilisent les transports en commun, ce qu’ils en pensent et quelles améliorations ils souhaitent pour mieux répondre aux besoins d’aujourd’hui », précise l’association, dans un contexte ou « la circulation se densifie et que la recherche d’alternatives à la voiture devient urgente ».

    Il suffit pour les usagers de se rendre sur le site de l’association pour remplir un questionnaire en ligne. L’enquête close, les retours seront dépouillés et étudiés sous deux angles. Le premier étant celui de la « satisfaction » (avis et attentes des usagers, améliorations envisagées…), le second une « analyse des usages » (identifier les lignes de transports empruntées, dans quelles directions…).

    « à cet instant, les données récoltées sont largement représentatives. Plusieurs centaines de réponses ont été reçues, estime Rémi Girardin, co-président de l’association. Elles proviennent de Luynois, mais aussi d’usagers qui travaillent, passent ou étudient à Luynes. (…) Ces données seront précieuses pour alimenter nos prochaines rencontres la Métropole Mobilité, mais aussi pour faire un parallèle avec l’étude globale du village pilotée, en ce moment, avec l’Agence d’urbanisme du pays d’aix (AUPA). »

  • Biomim’expo 2025 explore l’innovation inspirée du vivant

    Biomim’expo 2025 explore l’innovation inspirée du vivant

    Après Paris en 2024, c’est une première dans la cité phocéenne. Cet événement, à la fois salon et showroom, explore le vivant comme source d’inspiration pour l’innovation, la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la restauration de la biodiversité.

    Avec 130 exposants et 80 intervenants, le Biomim’expo s’adresse à un large public : chercheurs, scientifiques, équipes en recherche & développement, dirigeants, managers, représentants d’organismes publics, économistes, sociologues, universitaires et étudiants.

    Agriculture, biomimétisme, climat, eau ou encore intelligence artificielle font partie des thèmes abordés tout au long de la journée. Natural Solution, entreprise marseillaise, participera à une conférence-débat sur le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans la préservation de la biodiversité. « Notre ambition, c’est de donner aux écologues des outils d’IA qui parlent leur langue et respectent la nature », explique Olivier Rovellotti, directeur général de Natural Solution et fondateur du projet nommé All Life Intelligence (ALI). Il poursuit : « Concrètement, ALI repose sur des agents intelligents capables d’analyser automatiquement des rapports écologiques, de cartographier des habitats ou de générer des recommandations de restauration. »

    Pour la première fois, la question d’une mode durable s’invite au salon. Un défilé est proposé par Biomim’expo pour stimuler la réflexion et la créativité autour d’une mode plus résiliente et régénérative, avec la nature comme directrice artistique.

    La science invite la mode

    Longtemps centrée sur le modèle de la fast fashion, l’industrie de la mode commence à repenser ses méthodes de conception et de production. En juin dernier, Marseille a accueilli la slow fashion week, semaine de la mode responsable et engagée. Une initiative du collectif Baga. Le thème central : le kimono, décliné en cinq concepts, vernaculaire, symbiotique, circulaire, bio-architecturé multifonctionnel et vivant non humain.

    « à ce jour, 12 kimonos venus d’un peu partout en France nous sont parvenus. Ce n’est pas juste un défilé, mais un parcours réflexif sur ce que la nature nous apprend », relate Jocelyn Meire, membre du comité du pilotage du défilé, fondateur de FASK et président du syndicat Mode in Sud.

    Le 28 octobre au Palais du Pharo. Programme sur le site biomimexpo.com

  • La gauche en reconquête à Althen-des Paluds

    La gauche en reconquête à Althen-des Paluds

    Depuis deux mandats, Michel Terrisse (DVD) préside aux destinées d’Althen-des-Paluds (3 000 habitants entre Monteux et Entraigues). Si le maire sortant n’a pas encore fait part de ses intentions pour mars prochain, la gauche, elle, se met en ordre de marche pour reconquérir l’Hôtel de ville. Entre 2001 et 2014, Lucien Stanzione en a été le maire. Toujours conseiller municipal, le sénateur PS vient d’apporter son soutien au collectif Ambition Althen, qui, sans revendiquer d’étiquettes, entend porter « une liste progressiste ».

    Elle est notamment le fruit d’un rapprochement entre les deux listes d’opposition, celle de Lucien Stanzione et celle d’Yvan Capo. Une trentaine de personnes participe au collectif, qui promet « une gouvernance honnête, transparente et démocratique », selon Jean Maître, conseiller municipal d’opposition. « Ce projet est l’affaire de tous, il ne se concentre pas dans les mains d’un seul homme, mais d’un collectif volontaire et solidaire », poursuit-il.

    Ciblant des « gaspillages » d’argent public (manière dont le projet de nouvelle cantine a été monté, lotissement de 50 lots en jachère), Yvan Capo parle de « dépenser autrement avec une approche qui repose sur la compétence, la rigueur et l’efficacité ». Davantage de poids pour le CCAS, un lieu d’accueil pour les jeunes ou « des festivités fédératrices » sont quelques-unes des premières propositions de campagne.

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »

  • Une liste « verte et sociale » alternative à la majorité

    Une liste « verte et sociale » alternative à la majorité

    Elle est clairement l’outsider des prochaines élections municipales. Entre François Bernardini, le maire d’Istres en poste depuis 2008 candidat à sa propre succession, et son principal opposant politique Robin Prétot (LR), Catherine Mickus, tête de liste du collectif créé en mars 2025 « Istres verte et sociale », voudra se frayer un chemin grâce à une campagne de qualité « menée sur les idées ».

    Arrivée à Istres en 2016, l’interprète de conférence à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) porte une alternative à la majorité sortante. « On ne dit pas que le maire a tout fait faux, ce n’est pas vrai, explique-t-elle. Il y a tout un réseau d’actions sociales qui sont tout à fait remarquables, et ça, on ne le remet pas en question. » Mais la presque retraitée, encartée chez la France insoumise, veut aller plus loin, avec un projet inscrit dans la « ligne du Nouveau front populaire ».

    Ses priorités : l’écologie et la transparence. « La surbétonisation de la ville n’est pas durable, il faut que ça cesse, affirme-t-elle. Et puis il y a l’enquête du Parquet national financier à l’encontre du maire (*) qui pose question. Ce n’est plus acceptable d’avoir ce type de gouvernance au XXIe siècle, il faut que ce soit moins horizontal en associant beaucoup plus les citoyens, donc en mettant en place des outils de concertation, de consultation et de participation. »

    Pour incarner l’orientation de cette liste de rassemblement de gauche, à laquelle se sont alliés Europe Écologie-les Verts, Génération.S et le Parti socialiste, Catherine Mickus a lancé une série d’actions concrètes, comme des ramassages de déchet, afin d’allier « l’utile à notre programme ». Les événements sont à retrouver sur les réseaux sociaux d’Istres verte et sociale.

    (*) Poursuivi pour des faits supposés de corruption, favoritisme et abus de biens sociaux, François Bernardini, présumé innocent, comparaîtra en juin 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris, selon La Provence.

  • Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Il y avait comme un goût de bonheur ce vendredi à la Centrale de Gardanne. Un mélange de fierté, de fraternité et de soulagement.

    Au bout de 7 ans de lutte, les salariés ont non seulement obtenu le maintien de leur site avec le passage du charbon à la biomasse mais aussi la réembauche de leurs collègues licenciés grâce à un projet de biométhane porté par l’association des travailleurs de la centrale.

    Dans un contexte national marqué par l’incertitude et l’attentisme d’une partie du monde du travail, les leçons de Gardanne sont précieuses.

    Oui la lutte paie. Elle nécessite de l’opiniâtreté, du collectif et de la solidarité. La victoire des salariés de la Centrale est une victoire de classe : elle a été obtenue avec l’appui des travailleurs du Port, des docks, mais aussi des cheminots et de l’énergie qui avaient intérêt pour l’avenir de leurs propres emplois à refuser la fermeture.

    Organisés

    La lutte a payé aussi pour les agents RTM qui empêchaient il y a 20 ans, le tramway marseillais d’être confié au privé. 10 ans plus tard, ce sont 1 336 jours de lutte qui ont permis aux Fralib de mettre sur pied Scop-TI, leur entreprise de thé et d’infusions à Gémenos. Il y a 5 ans, c’était au tour des ouvriers du livre, au sortir d’une liquidation, de donner vie la coopérative de distribution de la presse CPMM qui diversifie aujourd’hui ses activités.

    D’autres victoires, sur le terrain judiciaire cette fois, ont été arrachées par des saisonniers de notre région, dont les droits étaient niés.

    Toutes et tous ont gagné grâce au collectif organisé dans leur syndicat CGT et à leur détermination.

    Comme le rappelle la citation de Bertolt Brecht à la Une de notre journal, chaque jour : « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

  • Les nouvelles pages de la maison d’édition phocéenne

    Les nouvelles pages de la maison d’édition phocéenne

    Cela ne fait que 4 ans et demi que la maison d’édition le Bruit du monde existe. Pourtant, une cinquantaine de livres porte déjà le nom de la maison d’édition. Et le 2 octobre, ce sont trois nouveaux livres qui vont rejoindre son catalogue, dont deux non-fictions écrites et pensées à Marseille.

    C’est en mars 2021 que Marie-Pierre Gracedieu et Adrien Servières, tout deux salariés chez des grands éditeurs à Paris, montent leur propre édition dans la cité phocéenne. « Nous voulions publier peu mais mieux », explique la fondatrice. L’ambition, comme l’indique son nom, est de faire voir aux lecteurs « des mondes qui leur sont inconnus », d’après les mots de l’éditrice. Tout en mettant l’accent sur la narration.

    Si c’est à Marseille qu’ils ouvrent leur boutique, ce n’est pas un hasard. « On a choisi la ville pour son histoire, qui remonte à l’antiquité et ses migrations, explique Marie-Pierre Gracedieu. C’est aussi pour sa dimension internationale que l’on est venu. Ici, on entend parler de nombreuses langues. C’est ce que l’on espérait, et ça s’est concrétisé en allant au-delà de nos espérances », affirme-t-elle.

    La publication le 2 octobre du récit d’Amine Kessaci Marseille essuie tes larmes est un aboutissement pour la petite maison d’édition. « On suit depuis le tout début de notre maison d’édition l’écriture de ce livre. On a rencontré Amine Kessaci grâce à Philippe Pujol il y a quatre ans, se souvient Marie-Pierre Gracedieu. Pour nous, il traduit ce que l’on voulait faire avec notre édition : faire voir des univers inconnus et casser les préjugés. » Ce récit à la première personne prend la forme de lettres adressées à son frère mort d’un narcomicide. L’auteur y raconte les conséquences de ce trafic sur sa vie et celle des habitants de son quartier.

    Le deuxième ouvrage, Mazan, anthropologie d’un procès pour viol, d’un collectif de 14 chercheurs et chercheuses sort également le 2 octobre. Un livre né entre les murs de la veille charité, où travaille le collectif. Il donne à voir « un sujet que l’on pense connaître d’une autre façon », explique l’éditrice. « Le but était de s’intéresser aux interstices, d’aller voir là où personne ne va voir : au café en face du tribunal, dans le procès d’à côté… Pour raconter les conséquences de ce procès pour les gens », explique Riwanon Gouez, l’une des autrices.