Tag: cohésion sociale

  • En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En Occitanie, plus de 230 organisations privées à but non lucratif travaillent sur le handicap, l’exclusion, le grand âge ou l’enfance. Elles s’estiment aujourd’hui à bout de souffle. Faute de moyens, ces associations, mutuelles ou fondations ont de moins en moins la capacité de répondre aux besoins croissants de leurs bénéficiaires.

    L’organisation qui les représente, l’Uniopss*, et son antenne régionale, l’Uriopss Occitanie, ont préparé une grande campagne de sensibilisation intitulée « Et si nous arrêtions vraiment ? ». L’objectif est de faire réagir l’opinion sur les conséquences qu’occasionnerait la disparition de ces structures. Du 12 au 17 octobre, elles sont appelées à ouvrir leurs portes au grand public, à s’exprimer sur les réseaux sociaux et à s’adresser aux décideurs politiques.

    L’Uriopss Occitanie compte sur cette mobilisation pour interpeller les parlementaires de la région, qui débattent actuellement du budget. L’organisation professionnelle demande une hausse des crédits publics afin d’accompagner l’évolution démographique et notamment le vieillissement de la population. « Le minimum serait que les moyens suivent le niveau de l’inflation », avance son directeur Guillaume Fritschy. Au niveau national, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, espère provoquer un sursaut chez les candidats à la présidentielle. « Nous voulons poser une question très simple à toute la société : et si nous arrêtions vraiment, que deviendrait notre cohésion sociale ? Qui ferait ce que nous faisons aujourd’hui ? », questionne-t-il dans un communiqué.

    Le scénario d’une disparition relève de moins en moins de la science-fiction. Le secteur associatif est confronté à un effet de ciseau. Les crédits publics, dont il dépend largement, connaissent une érosion. En 2025, la moitié des associations ont fait état d’une perte de financements publics, selon l’Uriopss. En face, les dépenses s’accroissent. À la faveur de l’ancienneté, une partie des salaires augmentent. Les employeurs de l’économie sociale et solidaire doivent également assumer la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage. L’inflation aggrave le tout.

    Contre-attaque

    Les associations sont d’autant plus fragilisées qu’elles sont mises en concurrence avec des opérateurs à but lucratif, par exemple dans le cas des crèches. Leur modèle économique n’est pas adapté aux lois du marché. Car, comme le rappelle le directeur de l’Uriopss Occitanie, elles ne peuvent pas jouer sur les prix. Pire, leur vocation d’intérêt général est invisibilisée. « Les pouvoirs publics vont considérer les associations par leurs prestations et beaucoup moins pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des espaces de construction citoyenne », pointe Guillaume Fritschy.

    L’Uriopss Occitanie entend aussi riposter à la suite de la parution, le 20 septembre, de la Une du Journal du dimanche titrée « 60 milliards engloutis par les associations ». L’organisation professionnelle estime que le secteur a été injustement mis en cause par l’hebdomadaire, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « Les associations n’engloutissent rien », clarifie Guillaume Fritschy. « Leurs financements sont réinjectés dans le service rendu aux personnes les plus vulnérables. »

    *Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux

  • La Semaine Bleue, sept jours pour le bien vieillir

    La Semaine Bleue, sept jours pour le bien vieillir

    Lancée en 1951, la Semaine bleue, qui fête ses 75 ans cette année, est une opération nationale dédiée aux seniors et aux retraités. Elle a pour objectif d’impulser la dynamique du bien vieillir, et de proposer aux aînés des activités diverses et variées, bénéfiques psychologiquement, physiquement et sur le plan de la cohésion sociale. Mais aussi, et surtout, à mettre en lumière leur contribution à la vie économique, sociale et culturelle du pays, quels que soient leur âge ou leur niveau d’autonomie. L’événement entend également porter un autre regard sur le vieillissement, renforcer les liens intergénérationnels et nourrir la solidarité envers les plus fragiles.

    Au sortir d’un été caniculaire qui n’a guère favorisé les sorties, dans un département où plus d’une personne sur quatre est retraitée et où un habitant sur trois aura plus de 60 ans d’ici à 2030, cet événement semble particulièrement idoine. Un aspect démographique qu’il faut « anticiper dès aujourd’hui pour éviter un “mur de la dépendance” », appuie Jean-Louis Masson, le président (LR) du conseil départemental du Var.

    Sport, art, conférences…

    Du 5 au 11 octobre, le Département propose ainsi un très large panel d’activités sur l’ensemble du territoire, qui s’inscrivent dans sa politique en matière d’inclusion sociale des seniors : « Avec un budget de 370 millions d’euros consacré au grand âge et au handicap en 2025, notre ambition est claire : faciliter l’accès aux droits, aux dispositifs d’autonomie et permettre le maintien à domicile, accompagner les proches aidants et favoriser une véritable inclusion sur l’ensemble de notre territoire », appuie Jean-Louis Masson.

    Et il y en aura pour tous les goûts : activités sportives, méditation, art-thérapie, initiation à diverses disciplines créatives et artistiques (guitare, tricot, chant…), ateliers autour de l’alimentation, sensibilisation à certaines pathologies comme la maladie d’Alzheimer, conférences, loto gourmand ou encore escape game. Ces animations sont organisées en partenariat avec de nombreuses associations, le Comité départemental d’éducation pour la santé (Codes) du Var et la Maison départementale des aidants, elles aussi impliquées dans le programme. Plusieurs stands d’information seront également installés sur les marchés communaux afin de renseigner le public sur l’accès aux droits et les dispositifs d’autonomie liés au grand âge et au handicap.

    Enfin, plusieurs moments forts marqueront cette semaine : un forum « Bien vivre sa retraite à Draguignan » (5 octobre), une « Dictée pour tous » à Toulon (8 octobre), et enfin, la Grande randonnée départementale, au Muy, le 11 octobre dès 9h, pour clôturer ce riche programme.

    Informations et programme sur var.fr/la-semaine-bleue

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.

  • Jeux 2030 : la Région Sud mobilise les entreprises

    Jeux 2030 : la Région Sud mobilise les entreprises

    À l’issue des échanges, la Région et plusieurs représentants du monde économique régional ont signé un accord de partenariat visant à mobiliser les entreprises dans la perspective des Jeux 2030 dans les Alpes. à travers cet accord, « la Région s’engage à accompagner les entreprises pour (…) saisir les opportunités économiques « olympiques », estimées à plus de 2 milliards d’euros, dans des secteurs tels que infrastructures, mobilités, bâtiment, travaux publics, ingénierie ou services ». Une gouvernance dédiée sera mise en place.

  • À Aubagne, la cohésion sociale au cœur des projets du Charrel

    À Aubagne, la cohésion sociale au cœur des projets du Charrel

    Alors qu’un appel à projets a été lancé le 18 juin dans le cadre du Contrat de Ville – dispositif alliant l’État et les collectivités territoriales et cherchant à améliorer la cohésion sociale, l’insertion professionnelle et le cadre de vie dans les quartiers prioritaires – plusieurs rencontres sont prévues entre habitants, acteurs associatifs et représentants institutionnels pour identifier les besoins concrets des territoires concernés.

    Lundi matin, c’est dans la maison de quartier du Charrel, seul quartier prioritaire d’Aubagne, qu’associations et collectivités se sont réunies pour échanger sur les actions susceptibles d’être mises en place dans le secteur. « On entre dans la phase de coconstruction, qui correspond à la suite de l’appel à projets, explique Karim Bentahar, chargé de mission politique de la Ville d’Aubagne. On va dans chaque quartier [concerné par le Contrat de ville, Ndlr] pour reconstruire avec les habitants et les associations la future programmation de 2027. Ce matin, nous étions au Charrel, cet après-midi, nous serons en centre-ville et mercredi matin à la Tourtelle [qui entre dans des poches de précarité, Ndlr]. »

    L’objectif du représentant de la Ville est également d’évaluer les niveaux de subventions à accorder aux différentes associations, en fonction des besoins identifiés.

    Au cœur des échanges de la matinée : la volonté d’adapter l’offre associative afin d’inciter les résidents à davantage vivre leur quartier. « Nous sommes passés par des périodes où un sentiment d’insécurité a poussé les habitants du quartier à se replier chez eux », juge Miguel Nosibor, installé au Charrel depuis 30 ans et fondateur de la compagnie En phase, association culturelle imaginée pour créer du lien social grâce à la danse hip-hop. « Mais je constate, depuis un certain temps, que les familles s’emparent de nouveau des espaces communs. Les questions à se poser sont les suivantes : qu’est-ce qui a permis ça ? Comment faire grandir cette dynamique et s’assurer qu’elle ne retombe pas ? »

    Parmi les solutions envisagées : renforcer la présence des associations afin de créer, avec les habitants, une relation de confiance durable. « La base de tout est le lien que l’on arrive à établir avec les habitants », insiste une représentante de l’École des parents et des éducateurs (EPE) 13, structure d’éducation populaire au service des parents, des jeunes, des familles. « Sur tous les quartiers où l’on intervient, c’est un travail de longue haleine. Il faut être patients et occuper l’espace, déambuler dans le quartier et poser des tables en pied d’immeuble. »

    « Il ne faut pas les décevoir »

    Réfléchir aux méthodes qui permettent de « rencontrer un quartier », c’est ce pour quoi ont plaidé de nombreux participants. L’une des clés réside, selon Slimane Boughanemi, directeur de Contact Club, une association de prévention accompagnant les jeunes et les familles, dans la mise en place d’actions concrètes répondant aux premières demandes exprimées. « La semaine dernière, on a pu rencontrer une cinquantaine de jeunes. C’était un vrai plaisir car on a pu recueillir des demandes concrètes. Il y a une véritable dynamique sur le territoire que je n’observe pas ailleurs. Mais il ne faut pas les décevoir, car s’ils se prennent un mur, nous perdrons le lien », souligne-t-il.

  • Karim Bentahar : « On fait remonter les besoins des habitants d’Aubagne »

    Karim Bentahar : « On fait remonter les besoins des habitants d’Aubagne »

    La Marseillaise : Comment fonctionne le Contrat de Ville ?

    Karim Bentahar : C’est un dispositif de l’État, de travail entre plusieurs partenaires institutionnels : l’État, la préfète déléguée à l’égalité des chances, la Métropole, le Département et la Ville d’Aubagne. Il est basé sur trois piliers : la cohésion sociale, l’insertion socioprofessionnelle, et le cadre de vie. Nous travaillons dans le quartier prioritaire du Charrel, qui est le seul quartier prioritaire d’Aubagne, sur le quartier de la Tourtelle, qui rentre dans des poches de précarité, et sur le centre-ville.

    Quel est votre rôle dans cet appel à projets ?

    K.B. : C’est de représenter la ville d’Aubagne dans le cadre de la Politique de la ville, de mettre en place les subventions pour les associations du quartier prioritaire du Charrel, de la Tourtelle et du centre-ville. C’est vraiment un rôle de technicien d’ingénierie sociale et de terrain auprès des habitants et des associations. C’est aussi un rôle de bilan pour savoir qui on va subventionner, qui on ne renouvellera pas.

    Comment se passe le lancement de l’appel à projets ?

    K.B. : On va dans les quartiers avec les partenaires, avec l’État, le Département, la Métropole, et le Conseil citoyen du Charrel. On invite les habitants et on travaille avec eux toute la matinée, on fait remonter leurs besoins. Ensuite, on propose des actions et on demande à des associations de répondre à cet appel à projet pour que ces besoins puissent aboutir pour les habitants.

    Quelle est la situation économique de ces quartiers ?

    K.B. : On a de moins en moins de subventions. Donc, ce n’est pas facile de pouvoir financer, parce que l’objectif du Contrat de Ville, c’est la réduction des inégalités sociales entre les territoires. Avec la nouvelle majorité municipale, l’objectif est d’augmenter ces subventions aux associations pour justement réussir à réduire les inégalités sociales.

    Quels sont les besoins que les habitants évoquent en priorité ?

    K.B. : La santé mentale, l’emploi aussi, qui est un objectif qui ne change pas. Ces quartiers sont très précaires sur la cohésion sociale, donc une des priorités, c’est de travailler sur les fêtes de quartier. On veut que les habitants puissent bien vivre ensemble. On veut aussi permettre aux habitants du Charrel, de la Tourtelle, d’utiliser le tramway le soir pendant l’été pour pouvoir aller en centre-ville et participer aux activités, parce que le tramway s’arrête à 21h.

  • Vaucluse : un forum pour guider les mairies dans leurs projet

    Vaucluse : un forum pour guider les mairies dans leurs projet

    « Quand on devient maire, il y a des paramètres que l’on ne prend pas en compte, avec pas mal de dossiers en cours et surtout les nombreux problèmes du quotidien », glisse ce mercredi Adrien Vogel, maire depuis deux mois de Villelaure – le plus jeune de Vaucluse à 28 ans – dans le hall d’entrée de la salle polyvalente de Montfavet. C’est justement pour accompagner au mieux les municipalités que la préfecture de Vaucluse organisait un « forum État-Territoires » pour permettre aux élus vauclusiens de découvrir leurs possibles interlocuteurs dans divers domaines.

    Ainsi, un peu plus de 120 représentants de mairies de tout le département étaient réunis toute la journée pour rencontrer les services de gendarmerie, la Banque de France, France Travail mais aussi l’Agence de l’eau ou les finances publiques. « Au cours du dernier mandat, beaucoup de maires nous remontaient qu’ils ne savaient pas vers qui se tourner pour réaliser des projets. On tente de répondre à ces enjeux de cohésion du territoire », précise ainsi Juliette Paradis, chargée de mission territoriale à l’Agence nationale de la cohésion des territoires PACA, qui participait à l’organisation de l’événement.

    « On ne peut pas se comparer à de plus grandes villes avec différents services. Nous, on est souvent seuls », témoigne Gérard Martin, maire (SE) de Saint-Romain-en-Viennois, petite commune de moins de 900 habitants. Avec seulement quatre adjoints, l’édile confie se sentir parfois « seul » face à ses administrés. Et, tout en estimant que ce genre de journée « nous aide en nous donnant des réponses et des contacts », il confie aussi être « assailli de communications » et ne sait parfois pas vers qui se tourner. « On apprend sur le tas et on s’améliore chaque semaine. L’association des maires nous accompagne aussi avec des formations », ajoute Adrien Vogel. Ce dernier pointe également la distance avec Avignon, à plus d’une heure en voiture, ce qui limite parfois les possibilités d’échanger ou de rencontrer les services.

    Tables rondes

    Pendant l’après-midi, plusieurs tables rondes ont été proposées sur divers thèmes tels que la sécurité, l’emploi, la santé ou la cohésion sociale. Devant une vingtaine d’élus en début d’après-midi, les responsables départementaux des forces de sécurité ont ainsi exposé les différentes thématiques sur lesquelles ils peuvent échanger. Comme Christophe Paichoux, directeur départemental des services d’incendie et de secours de Vaucluse, qui a rappelé que ces derniers doivent avoir des responsables incendie. Mais aussi que ce sont eux qui doivent superviser l’urbanisme. Ou encore le directeur de cabinet du préfet, Thibaut de Cacqueray, qui insiste pour « aller voir les bars dansants, parfois en sous-sol, pour voir ce qu’il s’y passe car il y a pas mal de lieux qui passent sous les radars », en résonance avec l’incendie du bar à Crans-Montana (Suisse), qui avait fait plus de 40 morts lors du dernier jour de l’an.

  • Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    « On ne laissera pas tomber le territoire de Carpentras et les personnes vulnérables qui ont besoin que l’on soit auprès d’elles », clame Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial en Vaucluse, trois jours après que la municipalité RN de Carpentras a voté en conseil municipal la suppression des subventions qu’elle accordait à l’association.

    Une aide de 3 000 euros par an qui ne sera donc plus versée. « Le Planning familial n’arrête pas de taper gratuitement sur le Rassemblement national », reprochait ainsi ce vendredi 5 juin le premier magistrat, qui est aussi député (RN), Hervé de Lépinau. Une somme « qui ne représente pas grand-chose dans notre budget de 900 000 euros. C’est plus symbolique », regrette la présidente, qui rétorque qu’elle ne « tape pas gratuitement » sur le parti à la flamme, mais que « c’est parce que nous défendons les droits fondamentaux que sont pour nous l’IVG, l’égalité hommes-femmes, la contraception, l’éducation à la sexualité. Des droits acquis en termes de santé sexuelle qui peuvent être en danger. On a des idées fondamentalement opposées », pose-t-elle.

    Le maire s’est également permis comme commentaire que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant. « Cette affiche peut, sortie de son contexte, questionner », concède la responsable associative. Mais elle explique que cette communication avait été réalisée dans le cadre d’une formation destinée à des personnes déjà en transition de genre. « L’information n’est ni triée, ni sélectionnée, ni expliquée, ni contextualisée. On les accompagne plus qu’on ne les bouleverse », conclut Anne-Lise Nadaud.

    « Conséquences sanitaires »

    Plusieurs formations politiques de gauche ont dénoncé cette décision. Le Parti socialiste regrette dans un communiqué que cela « apparaît comme un mauvais signal envoyé aux acteurs associatifs et à tous ceux qui œuvrent au quotidien pour la cohésion sociale et l’émancipation de chacun ». « En réalité, ce n’est pas le Planning familial qui n’aime pas le RN, mais le RN qui n’aime pas le Planning familial. La liberté pour les femmes, leur libre choix, n’est donc pas dans l’ADN du RN et donc de Monsieur de Lépinau. Chacune, chacun devra s’en souvenir », pointe de son côté la section vauclusienne du PCF. Tandis que la Ligue des droits de l’Homme rappelle que « cette décision ne peut être dissociée des positions publiques du député RN Hervé de Lépinau sur l’interruption volontaire de grossesse. Il a notamment qualifié l’avortement de “délit“ et comparé l’IVG à des génocides tels que la Shoah ».

    Dons sur helloasso.com

  • Le demi-siècle des centres sociaux fêté

    Le demi-siècle des centres sociaux fêté

    Les acrobaties qui s’enchaînent au rythme du hip-hop, sur la scène installée au théâtre de verdure, ont donné la victoire aux Racailles et aux MNN lors des finales de battle de breakdance, organisées à l’occasion des 50 ans de l’Association des centres sociaux de Martigues.

    Une grande fête, marquée notamment par la présence de la quasi-totalité de l’équipe municipale. « 50 ans, ça veut dire qu’en 1976, on avait déjà pensé à faire de l’éducation populaire dans les quartiers », remarque l’adjointe de quartier (PCF) Marceline Zéphir, bandeau orange de l’AACS sur la tête. « On voit le résultat avec cette fête intergénérationnelle et mixte de femmes et hommes », observe-t-elle, sur un théâtre de verdure envahi de monde assistant aux démonstrations de danse.

    C’est bien le rôle de l’AACS que d’organiser ce type de fêtes de quartier ou le carnaval, comme l’illustre la présidente, Joëlle Campo-Piscione. « Nous sommes là en soutien contre l’isolement et la précarité, au quotidien comme dans l’urgence » rappelle-t-elle dans son allocution, assurant que « la mixité sociale est indispensable au vivre ensemble ».

    À dans 5 ans !

    Ces « cinquante premières années de vivre ensemble », soulignées par le maire (PCF) Gaby Charroux, en appellent de nombreuses autres. C’est pourquoi le maire et la présidente de l’AACS ont scellé une capsule temporelle à destination des futurs dirigeants de la Ville et de l’AACS, qui ne sera ouverte que dans cinq ans. Le rendez-vous est pris.

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.