Tag: CNRS

  • Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Le plan d’investissement France 2030, doté de 54 milliards d’euros sur 5 ans et dévoilé en 2021, « doit permettre de rattraper le retard industriel français, d’investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique », indique le ministère de l’Économie. Il se base sur dix objectifs, parmi lesquels la relance du nucléaire, devenir le leader de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables, réduire de 35% les émissions carbone industrielles, ou encore investir dans le champ des grands fonds marins.

    C’est à ce titre qu’Ifremer, centre de recherche océanographique basé à la Seyne-sur-Mer (Var), a confié à Alseamar, entreprise roussetaine leader mondial dans la production de matériaux de flottabilité pour véhicules sous-marin, reconnue pour ses planeurs autonomes et véhicules sous-marins pour les forces spéciales, la conception d’un planeur sous-marin grands fonds, capable d’explorer l’océan jusqu’à 3 500m de profondeur. Un projet financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), et auxquels s’associent le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et le Service national d’hydrographie et d’océanographie (SHOM). Objectif : collecter des données au large de Mayotte pour renforcer la connaissance des aléas et risques géologiques et sismiques liés au volcan sous-marin Fani Maoré, découvert en 2019.

    Déploiement en 2031

    La conception d’un tel engin constitue un défi de taille pour Alseamar, qui n’a jusqu’ici jamais dépassé 1 250m de profondeur sur ses planeurs Seaexplorer, utilisés dans la même optique depuis septembre 2021. Les données acquises lors du déploiement de ces prototypes pourront compléter celles déjà recueillies, à la demande d’Ifremer, dans le cadre du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA). « Il y a déjà eu 1 400 jours et plus de 200 millions de points de mesure dans la zone », précise Laurent Beguery, directeur du Département des services et études scientifiques d’Alseamar. « Il y a un besoin de rassurer la population », détaille Christian Tamburini, délégué scientifique CNRS-INSU. « Le programme REVOSIMA émet des bulletins quotidiens et mensuels. Le flanc de Mayotte présente de nombreuses structures volcaniques, ainsi qu’une caldera volcanique appelée “Fer à Cheval”. Le planeur permet l’identification d’émanations de gaz (CO2, méthane), qui peuvent être un indicateur d’activité volcanique, et d’analyser des paramètres physiques et chimiques de la colonne d’eau afin d’identifier des anomalies et anticiper un changement dans le système pour évaluer les risques potentiels. »

    La conception du planeur devrait être achevée en mars 2028, et la production de trois prototypes, ainsi qu’une phase de tests en Méditerranée d’ici décembre 2029. À l’issue de celle-ci, deux nouveaux prototypes seront conçus et déployés à Mayotte en novembre 2031, pour une année de mission.

  • L’extension du centre de primatologie fait toujours débat

    L’extension du centre de primatologie fait toujours débat

    Rappel des faits. En avril, la presse rapportait largement le projet d’extension de la station de primatologie, gérée par le CNRS et basé sur la commune. Les animaux élevés sur ce site permettent notamment de répondre aux besoins d’instituts de recherche publique dans la recherche biomédicale. Or, depuis l’interruption d’importations chinoises de primates, post-Covid, l’État renforce sa « souveraineté nationale » dans ce domaine. C’est dans ce contexte qu’une extension estimée à 6 000 m² de plancher, pour l’élevage d’environ 1 800 primates doit voir le jour. Le projet a largement fait couler de l’encre, notamment du côté des associations animalistes, malgré les assurances du CNRS de « conditions optimales » pour les primates. De son côté, le CNRS organise depuis le 16 octobre une large concertation préalable et ce, jusqu’au 16 novembre. Le 3 novembre, le tribunal administratif de Marseille examinait un recours déposé par One Voice « contre le refus du CNRS et de l’université Aix-Marseille de communiquer l’ensemble des documents publics relatifs aux primates exploités dans leurs laboratoires », indiquait l’association.

    Toujours des questions

    Ce mercredi, c’est dans une salle Emile-Ventre sous surveillance policière, que les équipes et les associations animales se sont retrouvées pour débattre, au lendemain d’une visite organisée sur les lieux. « (Le projet) a encore du sens, ne cessera de répéter Bruno Lucas, responsable du bureau éthique et consultation pour le CNRS, rappelant que les primates représentent 0,2% des animaux dans la recherche. Dans certains cas, les méthodes alternatives ne sont pas prêtes à répondre à l’immunologie et aux neurosciences. » « Ce ne sont pas des objets, ce sont des êtres sensibles ! », lance l’une des participantes. Si les enjeux médicaux du projet ont largement été réitérés par les équipes, le sujet de l’impact territorial a occupé les trois quarts de la présentation. Emplois, environnement, avec de premiers résultats d’un premier diagnostic faune et flore… « Il est incomplet, puisque les périodes de prospection ne sont pas indiquées », pointe une militante environnementale. « Il sera mis à jour avant la fin de la concertation », assure Nicolas Auroy, adjoint responsable au service technique du CNRS. « Ce projet ne devrait pas voir le jour, le dossier ne contient aucune vision prospective. Qu’en sera-t-il dans 5 ou 10 ans ? interroge Denis Schmid, président du Collectif vauclusien de protection animale. La meilleure façon de préserver la biodiversité est de ne pas réaliser le projet. On nous parle du bien-être animal, mais que deviennent les animaux une fois sortis de ce qu’on nous présente comme le club Med pour macaques ? »

  • [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    Isabelle Merle, organisatrice de l’évènement et historienne au CNRS, spécialiste de l’histoire coloniale de Nouvelle-Calédonie, a répondu aux questions de La Marseillaise.

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette réunion publique maintenant ?

    Isabelle Merle : Car les trois militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), accusés d’avoir été commanditaires du mouvement social de mai 2024, ont été libérés de leur astreinte à rester en France. C’est l’opportunité d’alerter sur la situation de la Nouvelle-Calédonie, avant qu’ils ne repartent. Pour qu’ils nous donnent leur point de vue sur le processus de passage de l’accord Bougival avec la loi sur le report des élections provinciales [étudiée en commission parlementaire mixte depuis ce lundi, Ndlr.].

    Si la loi passe, les élections devraient se tenir en juin 2026 au lieu du 30 novembre 2025. En quoi ce report pose-t-il problème ?

    I.M. : Ces élections sont très importantes, parce qu’elles permettent d’élire les membres des assemblées de province et du Congrès. Si la loi passe, ce serait la troisième fois qu’elles sont reportées. Les élus auront donc un mandat qui aura excédé deux ans, car ils ont été élus en 2019. Le pays a besoin d’un souffle démocratique et d’avoir des représentants légitimés par une nouvelle élection. Car les élus du Congrès vont porter le processus d’organisation du référendum sur l’accord de Bougival, qui n’est pas consensuel.

    Pourquoi cet accord, signé le 12 juillet dernier, ne fait-il pas consensus ?

    I.M. : Une partie du FLNKS le rejette. Il a été extrêmement critiqué sur la forme : insuffisamment préparé, insuffisamment négocié, passé dans des conditions de contraintes fortes, ce qui a entraîné le retrait du FLNKS. Ce texte est aussi problématique sur le fond : il propose un État, mais sous un fort contrôle de la France, crée une nationalité, mais indexée à la française, ce qui en fait une nationalité subalterne. Le dégel du corps électoral est aussi prévu dans cet accord. Les indépendantistes ne sont pas opposés à la discussion sur un élargissement des électeurs, mais se le voir imposer par Paris sans négociation est problématique, car le dégel ne fait pas consensus.

    Maintenir la date des élections provinciales est donc important ?

    I.M. : Le pays a besoin de ce souffle démocratique pour apaiser les tensions. Sans cela, cet accord de Bougival sera pris comme un passage en force. Plus on restreint les formes de contestations démocratiques, plus elles risquent de s’exprimer autrement. Les braises sont encore chaudes dans l’archipel.

  • Débat autour du centre de primatologie de Rousset

    Débat autour du centre de primatologie de Rousset

    La concertation publique sur le projet d’extension du centre national de primatologie (CNP) se poursuit. Une table ronde s’est tenue ce samedi après-midi au sein du site marseillais du CNRS (9e). Les chercheurs ont ainsi tenté de répondre aux questions de ceux qui s’y opposent.

    C’est la station déjà existante de Rousset, implantée en 1978, qui a été choisie pour ce projet. Quelque 300 primates y sont déjà accueillis, le but est d’étendre la capacité jusqu’à 1 800 animaux. « On a une équipe sur place d’animaliers qui sont spécialisés dans le soin aux primates et de vétérinaires qui travaillent à plein temps pour le suivi médical de ces animaux », explique Alexia Cermolacce, vétérinaire et directrice de la station de primatologie de Rousset. Selon les graphiques présentés au public, les critères et exigences au sein du CNP seront même supérieurs au cadre réglementaire européen. Les primates ne souffriront pas de « stress lié au transport aérien », étant donné que l’élevage sera local et pourront bénéficier de socialisation.

    Alors, pourquoi les primates ? Les exemples sont nombreux, Emmanuel Procyk, directeur de recherches au CNRS détaille leurs spécificités s’agissant du système nerveux. « Les primates ont évolué et ont un cortex frontal qui est spécifique et qu’on ne retrouve pas chez d’autres espèces. C’est une structure qui participe à la prise de décision et au comportement de résolutions de problèmes », indique-t-il avant de préciser : « C’est une structure très fragile qui est impliquée dans quasiment toutes les maladies psychiatriques et peut nous aider à comprendre comment y remédier. » Puis, il rappelle le rôle de ces primates dans la production des vaccins pour la polio, la fièvre jaune et pour le Covid-19.

    « Où ça va s’arrêter ? »

    Lors des sessions de questions / réponses, de nombreux défenseurs de la cause animale ont exprimé leurs inquiétudes. « C’est frappant de voir que le Royaume-Uni et l’Allemagne ont commencé leur baisse il y a trois ans et la France est restée au même niveau », proteste Roland Cash, médecin vice-président de l’association Transcience. « Où ça va s’arrêter ? », questionne un participant dans l’audience. « Pourquoi ne pas utiliser de l’intelligence artificielle ? », demande une internaute. À plusieurs reprises, les chercheurs ont rappelé que lorsqu’il est possible, d’autres alternatives sont privilégiées.*

    Le coût total du projet est estimé à 31 millions d’euros. La concertation, initiée par le CNRS, est prévue pour durer un mois, jusqu’au 16 novembre. Deux réunions publiques sont organisées les 5 et 13 novembre, après une visite de la station de primatologie fixée au 4.

    * La totalité des échanges et du projet est disponible sur www.cnrs-concertation-cnp.fr

    CHIFFRES

    1 800

    C’est le nombre de primates qui devraient être élevés et hébergés au sein de ce centre – en majorité des macaques cynomolgus – dont la superficie est estimée à quelque 6 033 m2 en surface de plancher. Actuellement peut accueillir 600 primates.

    80

    C’est le nombre de professionnels qui exerceront au sein du site de Rousset, dédiés exclusivement à ces animaux et à leur bien-être.

    31

    En millions, c’est le montant de ce site au total. En détail, 30 millions d’euros proviennent de l’Agence nationale de la recherche (ANR) à travers le plan France 2030 et le million d’euros restant émane des fonds propres du CNRS.

  • La très lente régulation du TFA, produit depuis 43 ans à Salindres

    La très lente régulation du TFA, produit depuis 43 ans à Salindres

    Si Solvay a fermé à Salindres, la pollution au TFA est toujours d’actualité. L’association Générations futures avait en effet révélé une « contamination record » à l’acide trifluoroacétique, plus communément appelé TFA, classé depuis 2021 parmi les polluants éternels (ou Pfas).

    En réalité, les taux révélés par l’association écologiste ne sont pas nouveaux. En tout cas, pas autour de la plateforme chimique à Salindres. Depuis 1982, du TFA est en effet produit par Rhodia (dont le site avait été cédé en 2011 à Solvay) sans qu’aucune norme ne soit fixée sur les rejets dans l’environnement. En 2011, le rejet de TFA est évalué à 80kg par jour, sans qu’aucune surveillance des eaux ne soit lancée. Mais l’année suivante, une étude d’interprétation de l’état des milieux (IEM) a été réalisée à l’initiative des industriels de la plateforme suite à plusieurs plaintes de l’Agence régionale de santé (ARS) et l’inquiétude suscitée par sa décharge interne.

    Transmise à la Dreal (la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), cette étude se concentrait surtout sur tout un tas de polluants mais évaluait aussi le taux de TFA. Elle révèle ainsi des taux de TFA atteignant plus de 40 000 microgrammes par litre sur plusieurs prélèvements de surface, notamment du côté de l’Avène. Sur les captages souterrains, des niveaux atteignant 13 000 μg/L et 16 000 μg/L ont été signalés à l’est et à l’ouest de la plateforme. À titre de comparaison, les prélèvements révélés en 2024 par Générations futures étaient compris entre 4 000 et 7 000 μg/L. Ils étaient alors qualifiés de « record ».

    La difficile régulation

    Si ces chiffres peuvent aujourd’hui être jugés inquiétants, ils n’ont à l’époque suscité aucun émoi. Contactée, la Dreal précise ainsi qu’« il était impossible à l’époque de l’étude d’évaluer l’impact du TFA », celui-ci ne « disposant pas de valeurs limites de rejet encore aujourd’hui ». Dans ces conditions se pose donc la question de savoir pourquoi le TFA était analysé, puisqu’aucune valeur n’aurait entraîné une alerte.
    « Les relevés permettent d’avoir un historique et de faire avancer les études au long cours », répond la Dreal.

    Sans étude, la préfecture du Gard va tout de même limiter les rejets de TFA à 40 kg par jour en 2017 puis 20 kg en 2023 et prévoyait 5 kg en 2027. « Quelles sont les bases sur lesquelles la préfecture a pris ces limites de rejet ? On n’a jamais eu de réponse. Quand on leur dit que c’est potentiellement dangereux, ils disent qu’il n’y a pas d’étude pour le prouver. De l’autre côté, ils limitent les rejets sans raison donc », explique Laurent Emorine, ancien chercheur au CNRS qui analyse le TFA dans le Gard depuis plusieurs années et qui vient de lancer une pétition pour interdire la production de Pfas.

    Aujourd’hui se pose donc la question du taux acceptable dans l’eau potable. L’une des seules valeurs sanitaires indicatives connues pour le TFA se trouve en Allemagne, qui l’avait établie dans un premier temps à 3 microgrammes par litre avant de l’augmenter 4 ans plus tard, à 60 microgrammes par litre, en s’appuyant sur une étude de… Solvay. Depuis plusieurs mois, l’UE travaille aussi à l’évaluation d’une mesure limite. C’est dans ce cadre que l’ONG Pesticide Action Network a analysé des documents confidentiels fournis par les industriels (comme Bayer, BASF, Corteva, Syngenta) aux instances européennes. L’ONG révèle ainsi que ces études ont montré de graves malformations des yeux et du squelette des lapins exposés in utero à de fortes doses de TFA, mais aussi des anomalies du cœur, de la moelle épinière, des hypertrophies du foie et des altérations de la biochimie du sang. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) doit établir la norme définitive début 2026.

    « Le TFA se retrouve un peu partout sur Terre et pas que dans l’eau. On en retrouve dans l’air, dans nos légumes et surtout dans le vin. Le problème c’est que si on interdit le TFA, ça veut dire qu’on interdit certains pesticides et certains produits », explique Michel Tachon, membre de Générations futures dans le Gard.

  • #DisMoiPourquoi les poissons ne se noient-ils pas ?

    #DisMoiPourquoi les poissons ne se noient-ils pas ?

    La très grande majorité des poissons possèdent des branchies qui permettent de respirer dans l’eau. Tout comme nos poumons avec l’air, les branchies permettent de capter le dioxygène (O2) et de rejeter le dioxyde de carbone (CO2), mais dans l’eau. Les branchies ne fonctionnent que dans l’eau, tout comme nos poumons ne fonctionnent que dans l’air. C’est pour ça que les poissons ne se noient pas dans la mer, tout comme nous, les humains, ne nous étouffons pas dans l’air. »

    Christophe Lejeusne, enseignant-chercheur à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (CNRS, IRD)

  • #DisMoiPourquoi dit-on que quand nous tombons dans le triangle des Bermudes, nous ne pouvons plus remonter à la surface ?

    #DisMoiPourquoi dit-on que quand nous tombons dans le triangle des Bermudes, nous ne pouvons plus remonter à la surface ?

    À ma connaissance, aucune anomalie de nature scientifique n’a été mesurée dans le triangle des Bermudes : ça reste un mystère ! Peut-être que le témoignage d’un « survivant » permettrait de nous éclairer ! Certains évoquent une réponse beaucoup plus terre à terre : s’il y a autant de disparitions de navires et d’avions perdus dans le triangle des Bermudes, c’est peut-être que la zone est un carrefour très important de circulation aérienne et navale… et donc que le risque d’accident y est plus élevé ! Ça fait moins rêver… »

    Didier Vandamme. Maitre de Conférences au Centre de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (AMU, CNRS, IRD, INRAE, Collège de France).

  • [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    Ses recherches portent sur les mécanismes cérébraux qui régulent les comportements alimentaires et particulièrement l’obésité.

    La Marseillaise : Parle-t-on d’intelligence ou de régulation ?

    Carole Rovère : J’essaie de comprendre comment notre cerveau arrive à contrôler les dérégulations du comportement. L’hypothalamus est la partie du cerveau qui contrôle cet équilibre physiologique. On peut parler d’intelligence alimentaire ou nutritionnelle. C’est essayer de manger le meilleur pour notre corps, tout en gardant le plaisir des saveurs.

    Vous insistez sur la prévention ?

    C.R. : Car revenir en arrière est très compliqué lorsque le cerveau est dérégulé. Si les causes de l’obésité sont multiples, soit génétiques (5%) ou hormonales ( 5%), l’alimentation demeure la cause principale avec 90% des cas. Les régimes hyper lipidiques sont dangereux, mais c’est le sucre le plus mauvais, car beaucoup plus addictif.

    Comment se rend-on compte que l’hypothalamus est déréglé ?

    C.R. : Les neurones qui le composent expriment des peptides (soit des neuro hormones), qui sont normalement à l’équilibre. Si elles sont anorexigènes, elles coupent l’appétit et on maigrit. Si elles sont orexigènes, c’est la prise de poids.

    Peut-on les réguler ?

    C.R. : Ces hormones ont d’autres fonctions physiologiques. Elles sont impliquées dans le sommeil ou l’humeur. Les modifier peut faire intervenir des signes d’anxiété ou de dépressions. C’est l’exemple du médicament Médiator, qui à l’origine était prévu pour réguler le diabète et a été détourné pour la perte de poids. N’étant ni étudié, ni quantifié pour agir sur l’obésité, toute une série de problèmes sont apparus.

    Comment agir autrement ?

    C.R. : Au laboratoire, nous travaillons plus sur des approches nutritionnelles. On a enrichi les croquettes des souris en huile de colza, de tournesol ou de soja-maïs, en jouant sur les rapports Oméga 6-Oméga 3 du régime alimentaire. L’OMS préconise un résultat autour de 5. Si le taux est très inférieur, c’est très bénéfique. C’est par exemple le résultat avec de l’huile de colza, riche en Omega 3. En revanche, à l’inverse, avec trop d’huile de tournesol, le taux peut approcher les 17. Une IRM révèle que le cerveau est alors inflammé au bout de 4 mois de ce régime, il y a une prise de poids, des troubles anxieux et de mémoires, selon notre étude publiée en 2024.

    Y a-t-il des aliments qui rendent intelligents ?

    C.R. : (Rires) Sur le Vieux-Port, il y a les poissons bleus, qui sont riches en Omega 3, bénéfiques pour développer la mémoire, un des critères de l’intelligence. Il faut essayer de manger des aliments sains, non transformés, bon pour notre cerveau tout en gardant le plaisir de manger.

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • La science en fête autour des intelligences

    La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.