Tag: classes

  • FO ne lâche pas sur les suppressions de classes

    FO ne lâche pas sur les suppressions de classes

    Un an après son dernier congrès de mai 2025, le Snudi-FO (Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles de l’enseignement public) de Vaucluse tenait, vendredi dernier à Avignon, son assemblée générale. Avec, d’une année sur l’autre, des problématiques qui s’étirent.

    Comme la révision de la carte scolaire, entraînant son lot de suppressions de classes et de postes malgré quelques ouvertures (nos éditions des 9 et 11 avril). Dans une riche résolution, l’AG a donné quitus au conseil syndical de plaider pour « la restitution des 12 postes retirés au département, l’annulation des fermetures et l’ouverture des classes demandées, et pour l’abaissement des effectifs dans toutes les écoles », mais aussi « la création d’au moins 5 postes de titulaires remplaçants de plus par circonscription et l’abandon de la départementalisation du remplacement ».

    Autre sujet fort de mobilisation, le rôle des AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap). Un rassemblement en intersyndical se tient d’ailleurs ce mardi (12h30) devant la direction académique afin que les AESH soit reconnus comme des fonctionnaires de catégorie B, « avec un temps plein de 24 heures hebdomadaires », précise le Snudi-FO. Dans la même veine, le syndicat demande « la scolarisation adaptée à chaque élève, en milieu ordinaire chaque fois que possible, en établissement spécialisé chaque fois que nécessaire » et dénonce « des situations ingérables et/ou dangereuses pour les personnels comme pour les élèves qui résultent de l’inclusion systématique ».

    En présence aussi d’Étienne Raoul, secrétaire général de l’UD FO 84, FO espère le retour de la semaine à 4 jours à Avignon à la rentrée 2027 et, plus largement, prépare les élections professionnelles qui se tiendront, du 3 au 10 décembre, dans toute la fonction publique.

  • [Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »

    [Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »

    La Marseillaise : Qu’aborde concrètement le livre « La matrice des classes sociales » de Vivek Chibber, dont vous avez écrit la préface ?

    Florian Gulli : Déjà, il faut souligner que, malgré ce que pourrait suggérer le titre, il ne s’agit pas de dire qu’il faut revenir à la façon dont la gauche parlait de classes sociales dans les années 1950. L’ambition est d’intégrer toutes les critiques qui ont été adressées à l’analyse de classe pour proposer une version plus robuste du matérialisme.

    Le cœur du livre part d’une question classique du marxisme. Karl Marx défendait que le capitalisme allait forcément s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions. L’idée est qu’il fait mécaniquement souffrir de plus en plus de monde et qu’il crée, du même coup, ses propres fossoyeurs. Mille fois, on a annoncé que le capitalisme allait s’effondrer. Ça ne s’est jamais produit. Pour le justifier, des explications ont commencé à émerger à partir de la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que le non-avènement de la révolution résulterait de l’émergence de médias manipulateurs. L’aspect matérialiste a été progressivement abandonné, pour laisser place à une gauche plus élitiste, qui perd progressivement le lien avec les classes populaires. Ici, l’auteur tente de donner une explication de classe au non-effondrement du capitalisme.

    Quelle explication propose-t-il ?

    F.G. : Lui, en suivant le schéma classique du marxisme, dit qu’en effet le capitalisme nous paupérise, nous prolétarise et nous fait souffrir. Une situation qui produit effectivement une résistance, mais individuelle, pas collective. La thèse est que l’erreur de Marx et des marxistes a été de croire que le capitalisme produirait forcément une résistance collective. Les gens souffrent du capitalisme et essaient de s’en sortir, mais en tentant de grimper à l’intérieur de leur entreprise, pour obtenir une meilleure position. Donc, s’ils n’ont pas fait la révolution, ce n’est pas parce qu’ils ont été abrutis par les mass media mais parce qu’ils se sont résignés. Cette perspective est compatible avec une certaine bienveillance à l’égard des classes populaires. C’est un phénomène de résignation générale.

    Comment expliquer l’émergence de cette résistance individuelle quand on sait qu’une résistance collective a pu exister ?

    F.G. : Il y a eu des transformations des conditions historiques et sociales. Au début du XXe siècle, la grande industrie rassemblait 30 000 ouvriers au même endroit, ce qui facilitait de fait le militantisme. On touche 30 000 personnes avec un tract en une heure, quasiment. Alors que dorénavant, les unités sont beaucoup plus petites, tout est très déconcentré. Donc, forcément, c’est plus difficile. Vivek Chibber parle aussi de l’évolution des villes et de la disparition des quartiers ouvriers, où il pouvait se créer des sentiments de solidarité et de proximité. Tout ça a disparu. L’idée n’est pas de dire que tout est foutu, mais qu’il faut trouver un moyen de briser la résignation.

    Et les partis et les syndicats sont dans ce cadre un outil indispensable pour l’auteur…

    F.G. : La perte de crédibilité de la gauche auprès des classes populaires vient d’abord de l’abandon de la conception matérialiste, mais aussi de la disparition des partis dans le quotidien des gens, avec des cellules de quartiers, ce genre de choses. Lui suggère d’y revenir. En fait, tant qu’on n’a pas créé une culture de partis, ce n’est pas très rationnel de faire grève. Autant ne pas y aller et laisser les autres s’engager. S’ils gagnent un truc, tant mieux. S’ils perdent, je n’ai rien perdu. Le seul truc qui a permis de mettre un terme à la logique du « passager clandestin », ce sont les partis, qui lient les uns avec les autres par des liens moraux.

  • Martigues : une charte lie agents et profs en maternelle

    Martigues : une charte lie agents et profs en maternelle

    « Le travail conjoint constitue un pilier de la sécurité affective et matérielle des enfants et des adultes » fréquentant les écoles maternelles de Martigues, selon le maire (PCF), Gaby Charroux. Une vision qui conduit l’assemblée d’une partie des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) de la Ville à entamer une démarche de co-écriture d’une charte de collaboration, ce mercredi matin, salle Dufy.

    L’idée de cette charte est de « formaliser le travail complémentaire des Atsem et des enseignants au sein de l’école », d’après Estelle Vidal, du service enfance famille de la Ville, notamment pour clarifier les missions de chacun. Avec 72 classes de maternelles et 67 Atsem, le travail s’étend sur un an pour déboucher sur une mise en application de la future charte à la rentrée 2027.

    Un outil de référence

    Cette future charte « n’est pas un document administratif de plus sur le bureau, mais un outil de référence utile et vivant qui fixe des principes de respect, d’écoute et de reconnaissance », selon Nicolas Bouland, inspecteur de l’Éducation nationale représentant la direction académique. C’est dans ce sens aussi que Gaby Charroux insiste sur « le partenariat étroit et constant de la Ville avec l’éducation nationale » pour « garantir le cadre bienveillant et adapté aux besoins de chaque enfant ».

    Une collaboration à deux étages, dans la classe et les institutions, fruit d’une « spécificité de l’école maternelle française d’avoir deux agents de deux employeurs différents », note Thierry Vasse, vice-président de l’Association nationale des directeurs et des cadres de l’éducation, des villes et collectivités territoriales (Andev). Ex-directeur d’école, inspecteur et directeur général adjoint d’une collectivité, ce dernier est revenu sur l’histoire de la profession, débouchant en 2018 sur l’« appartenance à la communauté éducative » des Atsem et de « l’institutionnalisation du dialogue avec les parents ». Une montée en compétences qui s’accompagne de responsabilités à réglementer en bonne intelligence.

  • Pique-nique revendicatif à Lurçat

    Pique-nique revendicatif à Lurçat

    « Rien ne justifie la baisse de moyens dans les lycées Lurçat et Langevin », tance Philippe Sénégas du Snes-FSU, se demandant : « La priorité est-elle un porte-avions à 12 milliards d’euros ou une école publique ayant les moyens d’emmener les élèves à la réussite ? » « Ça veut dire moins d’heures de cours pour les élèves, donc plus de demi-groupes, de dispositifs de soutien ou d’options de langues » avance ce professeur de collège venu en soutien, car ses élèves « subiront ces baisses à leur arrivée au lycée » regrette-t-il.

  • À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    Bis repetita. Après un premier rassemblement fin mars, dès l’annonce de prévisions de moyens « en baisse drastique » pour la rentrée, professeurs et élèves du lycée Mistral ont remis le couvert ce jeudi midi. Et ce, quelques heures avant une audience des représentants syndicaux avec le rectorat.

    « C’est inimaginable d’avoir une rentrée avec ce qui est prévu », prévient Stéphane Geslin, délégué FO et professeur d’histoire-géographie. À savoir 120 heures de moins de dotation horaire globale [DHG], ce qui se traduirait par une perte de classe en seconde, mais aussi « la fin de certains demi-groupes pour des cours de travaux pratiques », précise Stéphane Geslin.

    Avec une moyenne actuelle de 31 à 32 élèves par classe, les syndicats redoutent de monter à 35. « Depuis trois ans, on perd des moyens, mais là, c’est la douche froide avec des coups de rabot encore plus francs », s’alarme Sylvain Bartet, délégué FSU. Selon lui, « même au regard de leur calcul de la DHG, avec la baisse démographique, cela va bien au-delà : on devrait être à moins 80 heures et pas 120 ».

    Idéalement, les professeurs aimeraient ne pas dépasser 25 élèves par classe pour un encadrement optimum, « surtout en seconde, pour un meilleur accompagnement car, en 12 ans ici, c’est la première année où on doit gérer autant de débordements et conseils de discipline », constate Stéphane Geslin.

    « Le gouvernement fait des économies sur l’éducation, la santé, pour dépenser beaucoup ailleurs comme sur les armées, cela obère l’avenir de la jeunesse », dénonce celui qui a aussi été candidat aux dernières municipales (Parti des travailleurs). En fonction des conclusions de l’audience de ce jeudi avec le rectorat, les enseignants se disent prêts à se mobiliser une nouvelle fois. Fin mars, à Carpentras, une opération « lycée mort » avait également eu lieu devant la mairie pour protester contre la baisse des moyens dans les établissements Victor-Hugo et Jean-Henri-Fabre.

  • Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Non à la fonte des classes ! » Même si la situation est grave, le syndicat Sud Education de l’Hérault ne perd pas son humour pour dénoncer les fermetures de classes qui se profilent pour la rentrée 2026. Les cartes scolaires se préparent maintenant. Les bras de fer aussi. « Comme dans le second degré, la baisse démographique va servir de prétexte au gouvernement pour réaliser de grosses économies », analyse le syndicat. « Dans l’Hérault, la saignée se traduit par la fermeture de dizaines de classes : 111 fermetures pour seulement 39 créations, y compris dans des écoles rurales isolées, dans des écoles dont les IPS [indice de position sociale] sont très bas, ou même en éducation prioritaire, qui n’est malheureusement pas épargnée », explique encore Sud 34 éducation sur son site internet.

    Dans le Gard, les fermetures de classes en primaire (maternelle et élémentaire) inquiètent aussi. « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! », prévient l’Unsa éducation du département.

    Ce vendredi 17 avril, veille des vacances de Pâques dans l’académie de Montpellier, le Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) devait se prononcer sur les décisions présentées le 9 avril en Comité social d’administration spécial départemental (CSA-SD), seule instance de négociation entre syndicats et académie. Pour le premier degré (maternelle et élémentaire) hors zone d’éducation prioritaire, la carte scolaire 2026 envisagée se traduit pour l’Hérault par 28 créations de classes, dont 13 en maternelle mais surtout par 52 fermetures, dont 11 en maternelle, selon les documents rendus publics par les syndicats. Les écoles en zone d’éducation prioritaire (ZEP) ne sont pas épargnées : 31 classes seraient supprimées dont au moins 17 en maternelle ! Parmi les écoles élémentaire touchées : Franklin Roosevelt à Montpellier avec 6 classes supprimées, ce qui va entraîner la fermeture pure et simple de l’école.

    Autre exemple, l’école Les Romarins à Béziers perd une classe mais grâce aux syndicats la suppression prévue à l’école Gaveau-Macé a été retirée de la liste. Ce n’est pas le cas pour les écoles Galilée , Daubié et Bolivar à Montpellier. Pour les écoles maternelles, la saignée est forte en ZEP : Carnot à Béziers est placée « sous surveillance » (une classe pourra ou pas être supprimée). À Lunel, trois écoles maternelles sont touchées par des fermetures : Gambetta, Pont de Vesse et Arc-en-ciel. À Montpellier, les écoles Virginia Woolf et Vincent Van Gogh seront fermées après la suppression de 2 et 3 classes. Côté créations, 12 classes sont prévues au sein du Pôle éducatif Halles Nord à Montpellier, une classe à l’école Samuel Paty à Béziers et une autre à Hypatie à Montpellier. Mais ces 14 créations de classes sont loin de compenser les suppressions dénoncent les syndicats.

    Dans le Gard, 21 fermetures sont prévues en zone d’éducation prioritaire en maternelle, élémentaire et primaire. Saint-Gilles, Nîmes, Alès et Beaucaire sont les communes concernées. Hors éducation prioritaire, ce sont 38 fermetures de classes qui seront effectives à la rentrée 2026 avec, parmi les communes touchées, Nîmes, Beaucaire, Alès, Saint-Gilles, Bessèges, Bagnols, Pont-Saint-Esprit ,Saint-Laurent-d’Aigouze , Saint-Jean-du-Gard, Caissargues, Vergèze, Bouillargues, Les Salles-du-Gardon Laudun, Pont-Saint-Esprit, Aimargues – Fanfonne Guillierme, Manduel… Côté créations de classes, 14 seulement au total sont envisagées dans le département du Gard. Si des ajustements sont possibles en juin et septembre, « toute ouverture serait compensée par une fermeture », aurait déclaré le Directeur académique aux syndicats. Ambiance. L’argument massue du ministère de l’Éducation pour justifier ces fermetures est toujours le même : la baisse des effectifs. Mais pour la première fois, le service statistiques du ministère a fait des projections à 10 ans et estime, selon ses calculs, que d’ici 2035 les écoles primaires auront perdu au moins 933 000 élèves.

    Moins 9 635 élèves d’ici 2035 dans le Gard et moins 13 868 dans l’Hérault

    Ces projections ont été déclinées par académie et par département et sont autant d’épées de Damoclès. Ainsi, selon les documents consultés par La Marseillaise, le Gard passerait de 59 005 élèves de primaire en 2025 à 49 370 élèves en 2035, soit une baisse de 9 635 enfants de la maternelle au CM2. En avant les fermetures ! Pour l’Hérault, qui compte 94 508 élèves scolariés en 2025, seulement 80 640 enfants seront en maternelle et élémentaire en 2025, soit une baisse de 13 868 élèves en dix ans. Sur l’ensemble de l’Académie de Montpellier, au moins 35 521 élèves seront perdus d’ici 2035, passant de 221 424 enfants scolarisés en primaire en 2025 à 185 903 dix ans plus tard. De quoi justifier l’injustifiable ?

    « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! »

  • Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    « Une gifle. » Voici comment le syndicat Unsa a qualifié l’annonce jeudi 9 avril du Dasen qui prévoit de fermer 59 classes sur tout le département. Nîmes, Alès, la ruralité, les maternelles, les primaires, l’éducation prioritaire, aucun secteur n’est épargné. Face à cette présentation, les syndicats ont évidemment voté contre cette carte scolaire alors qu’une manifestation réunissant enseignants, parents et syndicats se tenait devant le siège du Dasen.

    Dans le détail, le Dasen prévoit 14 ouvertures de classes dont dix à Nîmes (neuf en éducation prioritaire) mais aussi à Saint-Ambroix, Beaucaire (éducation prioritaire), Milhaud et Redessan. Le Dasen a aussi consenti à revenir sur trois fermetures prévues à Nîmes (à Georges-Bruguier, Mont-Duplan et Rangueuil). Mais il reste tout de même 59 classes menacées de fermeture dont 17 à Nîmes, six à Alès ou encore deux à Saint-Gilles.

    « La baisse démographique est réelle mais on n’améliore pas les conditions d’enseignement. Il y a des points comme Bessèges par exemple où on avait sauvé la classe l’an dernier mais il prévoit à nouveau de la fermer sauf que ça va faire des classes en maternelle à 25 ou 26 avec des cas pas possibles et une misère sociale importante… C’est une catastrophe. On fait tout peser sur la maternelle alors que c’est le début de la scolarité », fustige Myriam Vermale, co-secrétaire du Snuipp-FSU du Gard.

    Mais ces arguments n’ont pas influencé le Dasen. « Le Dasen, il est honnête, il nous l’a dit, s’il ouvre une classe, il doit en fermer une. S’il ne ferme pas une classe, il en fermera une autre ailleurs. Aujourd’hui, aucune école n’est tranquille parce que la carte scolaire n’est pas arrêtée », avertit Myriam Vermale. D’ailleurs, dix classes sont « sous surveillance » des syndicats dont des classes à Barjac, Vénéjean ou Lassalle qui pourraient avoir de mauvaises surprises.

    Sur ces 59 fermetures, toutes ne sont pas non plus à défendre. Les syndicats ont contacté les écoles concernées et tentent d’influer sur celles qui affirment avoir des effectifs suffisants pour s’opposer aux fermetures.

    Nouvelles négociations

    le 17 avril

    La FSU du Gard regrette également les suppressions de postes d’enseignants : « Le Dasen appuie les directives ministérielles donc il crée des postes mais hors de la classe avec les pôles d’appui à la scolarité pour la gestion des élèves en difficulté. Il dit que ça va tout révolutionner mais il pompe neuf postes d’enseignants sur le premier degré. On part avec une dotation de moins 27 postes. »

    Le Dasen a aussi prévu de créer à nouveau trois classes Ulis, poursuivant la dynamique de déploiement de ces Unités localisées pour l’inclusion scolaire dans le département. Mais ces ouvertures pèsent aussi sur le nombre d’enseignants puisque ces postes sont ponctionnés dans les effectifs des enseignants. « Puisqu’il crée des Ulis dont on a besoin, il crée aussi un poste de coordonnateur Ulis ce qui nous fait encore perdre un poste d’enseignant », s’agace Myriam Vermale.

    Une nouvelle réunion s’est tenue jeudi 16 avril mais la nouvelle véritable négociation se déroulera vendredi 17 avril en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). L’occasion de voir si les nombreuses mobilisations à Aimargues, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Bessèges, Moulézan, Tornac, les Salles-du-Gardon, Cavillargues, Saint-Julien-de-Peyrolas ou encore Vers-Pont-du-Gard influeront sur les choix du Dasen.

  • Josée Massi confirme la feuille de route pour ses cent premiers jours

    Josée Massi confirme la feuille de route pour ses cent premiers jours

    Après ses deux victoires consécutives, à la tête de la Ville puis de la Métropole, la première magistrate de Toulon a le vent en poupe pour poursuivre la transformation de la ville. Et ce sans attendre. C’est ce qu’elle a rappelé jeudi soir devant la presse en déclinant aux côtés de son premier adjoint Julien Orlandini la feuille de route des 100 premiers jours du nouveau mandat.

    « Parmi les 110 engagements de campagne, voici les mesures prioritaires sur lesquelles nous travaillons déjà », commence-t-elle après avoir rappelé sa méthode basée sur l’écoute et la concertation avant la prise de décision.

    Au niveau de la sécurité, les premières actions portent notamment sur l’augmentation des effectifs de police municipale et leur intégration renforcée dans les quartiers en proximité avec les habitants, en priorité Saint-Jean-du-Var et le Pont du Las.

    Mais également est-il précisé l’analyse complète de l’éclairage public pour identifier les zones à sécuriser. Ainsi que l’installation d’un conseil de rappel à l’ordre dans une démarche de prévention de la délinquance des mineurs et de la récidive des auteurs d’incivilités, avec la convocation des parents et le rappel des droits et des devoirs.

    Concernant la proximité ensuite, la majorité engage, entre autres, le lancement d’une concertation sur les marchés, en commençant par celui du cours Lafayette. Ainsi que les aménagements des espaces dédiés aux maisons de santé à Claret et au Pont du Las.

    Mais aussi le très attendu déploiement de la démarche « Toulon&Vous » avant le lancement de l’application éponyme. L’objectif étant, rappelle Julien Orlandini, « de faciliter la saisine de la ville par les habitants et valoriser ce qui a été fait ». On note également la mise en place des budgets participatifs et la préparation d’une consultation citoyenne.

    Consultation citoyenne

    Josée Massi a bien entendu annoncé la poursuite de la rénovation et la végétalisation des écoles, avec en 2026, Jean-Aicard et Brusquet, et l’équipement de brasseurs d’air dans 58 classes. Des améliorations vont également être apportées au niveau des inscriptions périscolaires.

    La culture poursuit également sa tournée obligée dans les quartiers avec cet été « Jazz à Toulon » qui s’étend hors du centre-ville.

    Pour ce qui est de l’attractivité, un point d’étape sur les travaux du stade Mayol va être réalisé et une nouvelle pelouse hybride installée dès cet été, pour un montant de 817 000 euros.

    Autre gros morceau d’importance : l’étude et la conception des grands projets structurants comme Mayol-Pipady, la cité judiciaire, le pôle social et culturel de la Beaucaire ou encore le Jardin Verlaque.

    Les usagers du vélo vont également recevoir très positivement l’identification annoncée de nouvelles pistes cyclables, notamment sur l’avenue de la République, ainsi qu’un marquage sur le boulevard de Strasbourg pour réduire les conflits d’usage et rappeler la présence tout aussi légitime des cyclistes urbains sur cette artère.

    La gratuité du stationnement pour les professionnels de santé en exercice est également actée.

    Ainsi que le lancement d’études sur les concessions des quartiers Pont du Las et Saint-Jean du Var, un peu sur le même modèle que le centre-ville, afin d’avoir des opérateurs capables de préempter du foncier dans une démarche d’aménagement, de dynamisation et d’animation, sans attendre un plan d’actions prioritaires pour ces quartiers.

    « En parallèle, nous poursuivons et accélérons les projets déjà engagés dans le budget 2026 », reprend Josée Massi. Comme celui de la Base nautique de la 4e anse du Mourillon où l’opération de désenvasement vient de se terminer le mois dernier.

    Concernant le complexe sportif de la Casa Italia, la première magistrate explique que le dépôt de permis est prévu pour la fin de l’année. L’occasion de rappeler que celui concernant la médiathèque Trucy, à Saint-Jean-du-Var l’a été en décembre dernier. « Par ailleurs, un des événements qui me tient particulièrement à cœur, Dimanche en roue libre sera expérimenté avant la fin de l’année 2026 », conclut Josée Massi. Force est de constater que, non seulement l’équipe est bien en place mais qu’elle est en plus bien lancée.

  • En Vaucluse, la carte scolaire revue ne passe toujours pas

    En Vaucluse, la carte scolaire revue ne passe toujours pas

    La trêve de deux semaines qui démarre avec les vacances risque d’être provisoire sur le front de la carte scolaire de septembre. Car, ce jeudi, après un comité social d’administration puis un comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN), l’insatisfaction domine toujours au sein des syndicats. « 43 fermetures de classes, seulement 21 ouvertures, aucun poste de remplaçant créé alors qu’il en faudrait 50 a minima…, c’est toujours inacceptable », peste FO Éducation dans un communiqué. Le CDEN a massivement rejeté la nouvelle mouture de carte scolaire par 10 voix contre (représentants du personnel) et 3 abstentions (2 conseillers départementaux et la Ligue de l’enseignement).

    Pour rappel, la première version du projet présentée par l’inspection académique prévoyait la fermeture de 44 classes dans le département contre 19 ouvertures. Mercredi, une soixantaine de personnes avaient manifesté devant la direction académique à Avignon. Parmi les avancées saluées, l’annulation de la fermeture à l’école primaire du village de Rasteau, l’ouverture d’une classe à l’école élémentaire Saint-Saturnin-lès-Avignon mais aussi la non-fermeture d’une classe à l’école Pierre-de-Coubertin à Avignon. L’inspection académique « propose une mesure neutre l’ouverture d’1 CE1 dédoublé et une fermeture d’un CP dédoublé. L’école gardera donc le même nombre de classes à la rentrée prochaine », précise FO.

    Unsa Éducation juge aussi que « les moyens attribués restent insuffisants face aux besoins réels des élèves et des équipes », bien que le Vaucluse perde à la rentrée 1 260 élèves. FO prévient déjà que « ce n’est pas la fin de la mobilisation » et enjoint à signer une pétition ayant recueilli quelque 500 signatures.

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »