Tag: classement

  • Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Le Saint-Siège dissout et vend la Grande compassion à Marseille

    Leur départ était prévisible. Installée depuis 1845 sur les hauts de la Blancarde, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion n’existera bientôt plus. Avec son majestueux portail, se refermera fin juin un grand livre d’histoire. L’annonce émeut et inquiète les riverains de la longue allée de la Compassion. Ce territoire bastidaire suspendu au-dessus de la ville, constitue un havre de verdure et de quiétude hors du commun.

    Après la fermeture et la vente l’an dernier du foyer pour étudiants de la rue Saint-Savournin (1er) que la Ville a pu préempter, et la cession en cours du couvent de la Petite Compassion avec son domaine fermier d’un hectare, rue du Docteur Cauvin (12e), la fermeture de la Grande compassion et de son domaine unique de trois hectares, scelle le dernier acte et la dissolution d’une congrégation dont les religieuses s’éteignaient les unes après les autres.

    Le vaste domaine bastidaire des Blancard

    Les familles des dix derniers seniors de cette résidence autonomie qui en avait compté jusqu’à trente, doivent leur trouver une nouvelle destination. Les deux dernières religieuses vont s’en aller comme les huit personnels de ce domaine qui vivait aussi de la location des chambres de deux hôtelleries aménagées dans des corps de ferme. Ce serait d’ailleurs une piste de développement idéal pour un futur acquéreur.

    Cet enclos religieux est le fleuron d’un territoire unique et confidentiel qui compte plusieurs bastides et maisons de maître protégées, un étang. La Grande compassion, c’est une suite de quatre bâtiments reliés avec la chapelle de 1848 à la bastide Blancard posée sur un promontoire avec vue imprenable sur la Bonne mère. Elle possède même un petit musée. Orienté sud-ouest, son jardin à la française est organisé autour d’un bassin rond, des bosquets de buis et des pins centenaires remarquables. Les Blancard étaient une riche famille qui possédait au XVIIe les terres agricoles et des vignes le long de la vallée du Jarret. Le bâti le plus ancien est en réalité antérieur à la bastide. Sa cave exceptionnelle et remarquablement conservée sur double voûte en berceau brisé est de la fin du XVe siècle.

    La congrégation a été fondée en 1843 par Jean-François Régis Barthès (1790-1861) un père jésuite qui repose dans une petite chapelle du parc aux côtés de nonnes. Sa vocation initiale était de s’occuper des enfants. C’est en 1907 qu’elle se transforme en maison de repos pour dames âgées. Plus tard en 1930, elle est reconnue de droit pontifical, ce qui explique que la décision de fermeture a été prise directement au Vatican par le Dicastère des Instituts de Vie Consacrée. Contactée, la Prieure générale de la Congrégation, Marisa Adami, n’a pas répondu à notre demande d’entretien.

    « Que la beauté du lieu soit préservée »

    Une période d’incertitude s’ouvre pour ce site exceptionnel à forte valeur patrimoniale et historique, convoité par les promoteurs et marchands de biens. La reprise idéale par un Ehpad exigerait de lourds investissements. « On nous a dit que la décision a été prise au Vatican et que la résidence devait fermer fin juin », confie une des propriétaires croisée dans l’allée. « On accueille cette nouvelle avec beaucoup de tristesse et de préoccupation aussi, car c’est un pan de l’histoire de notre allée qui s’en va. Ce n’était pas une maison de retraite comme une autre. Il y a une sérénité, une ambiance très particulière. On est éminemment triste et dans l’incertitude de ce que cela va devenir. Nous voulons que la beauté du lieu soit préservée, que ce ne soit pas rasé et loti » nous dit-elle, ne nous cachant pas qu’à ses yeux, « il y a péril en la demeure ».

    « On se méfie des promoteurs » claque un autre propriétaire qui tient à souligner que lui et ses voisins ont toujours eu à cœur de laisser l’allée ouverte aux promeneurs. « On n’a pas voulu garder jalousement l’allée pour nous en installant un portail à digicode comme on le voit dans tant d’endroits à Marseille. C’est un joyau patrimonial dans la ville qui doit le rester et on aimerait que cette maison protégée reste telle qu’elle est. »

    Le domaine constitue un ensemble paysager exceptionnel qui jouit de protections au PLUi : les bois centenaires de haute tige sont classés en EBC et les bâtiments reconnus comme des éléments bâtis remarquables (EBR) du patrimoine bastidaire. La protection s’étend au portail du couvent orné d’une pietà avec l’inscription en latin « Monstra Te Esse Matrem » (montre que tu es mère) mais aussi aux piliers monumentaux près de l’avenue de Saint-Barnabé, vestiges du grand domaine agricole originel. En cas d’urgence, une instance de classement aux monuments historiques préserverait l’intégrité du site.

  • Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Des logements sociaux dans l’ancien chai Cazel à Septèmes

    Le bailleur social Logis Méditerranée programme la création d’un immeuble de 20 logements sociaux et d’un équipement d’intérêt collectif à Septèmes-les-Vallons dans l’ancien chai Cazel jeune à l’abandon. Un projet de reconversion de ce vieux commerce de vin très attendu dans le contexte où la commune rattrape sa carence en logements sociaux avec un taux qui se situe déjà à 18% contre 25% attendus par la loi SRU.

    Cet ancien bâtiment a été racheté par l’Établissement public foncier Paca à la demande de la commune. Il est au cœur du centre ancien, le long de l’avenue du 8-Mai 1945. Ce n’est pas le premier projet porté par la commune qui a inauguré lundi dernier la fin de la réhabilitation de 20 logements sociaux répartis sur 6 sites du centre ancien. 9 autres logements sociaux seront encore livrés en décembre dans l’ancienne bastide Val Fleuri, chemin de la Bédoule.

    Pour l’ancien chai Cazel, il s’agit d’insérer dans ce bâtiment proto-industriel 12 logements sociaux, d’en créer 8 autres sur un nouveau bâtiment au sud, d’y adjoindre en rez-de-chaussée un local d’activité de 203 m² dont la destination et de créer 28 places de stationnements en sous-sol tout en conservant le jardin. « On réhabilite, on travaille sur les friches inutilisées » explique Sophie Celton (PCF), première adjointe. « On est aussi au démarrage de la reconversion de l’ancienne friche Duclos avec 350 logements attendus dont 40% de logements sociaux. Ce nouveau quartier va permettre d’éviter une dent creuse entre le centre-ville ancien et le quartier des Caillols. Et sur l’ancien chai, on garde l’histoire de ce bâtiment », se réjouit-elle. Dans quelle proportion conserver cette histoire ? Alertée par des habitants, Sites & Monuments a demandé au maire de retirer ce permis, certes purgé de tout recours, mais qui a enjambé allègrement trois avis défavorables consécutifs de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) des 2 avril, 30 juin et 31 juillet 2025 qui ne sont même pas mentionnés aux visas de l’arrêté accordant le permis. Or l’ABF est en avis conforme pour cet édifice en covisiblité avec un monument historique, la cheminée-colonne qui domine la commune. Aussi, l’association a saisi la ministre de la Culture d’une demande d’instance de classement le temps de « trouver une solution alternative ».

    « La destruction de la toiture et de la façade nord de cet édifice à fort caractère patrimonial, alliant bâtiment proto-industriel et maison de maître, revenant à une démolition quasi totale, altérerait les abords proches de la cheminée-colonne dont elle est contemporaine », écrit en effet l’ABF dont le dernier avis concluait qu’« un projet de reconversion plus respectueux du caractère patrimonial et historique du lieu formant abords du monument historique serait susceptible de recevoir un avis favorable ».

    « On est au point d’équilibre entre la protection, les enjeux d’avenir et la forme urbaine », assure Patrick Magro (PCF), conseiller municipal délégué à l’histoire et à la mémoire locale. Il est à l’origine de la protection au PLUi de la façade et de la grille du chai. À ses yeux, le projet est dans « le respect absolu de la façade principale qui sera à l’identique de ce qu’elle était historiquement et aussi de la grille. Avec ce projet, on laisse une vraie trace de la mémoire. » Tant pis si la toiture et la façade arrière doivent être détruites. D’ajouter : « L’intégrisme ne vaut rien sur ces questions. On a sauvé cet édifice qui aurait pu devenir une ruine ou être livré au squat en le faisant protéger et acquérir par l’EPF pour du logement social. Et en plus on a pris la décision politique de ne pas artificialiser le jardin dans le respect total de l’objectif du zéro artificialisation nette. »

  • Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Quoi de mieux pour échapper aux poursuites que de mettre à néant la procédure. Ce fut le cas lundi devant la chambre de l’urbanisme. D’entrée, un avocat fait mouche en lançant que l’inspecteur de l’urbanisme de la Ville de Marseille a pénétré au domicile de son client et pris des photos depuis sa terrasse. « L’inspecteur de l’urbanisme n’a effectivement pas relevé votre consentement écrit pour pénétrer dans votre propriété. Il ne fait même pas état de l’accord oral donné. Le procès-verbal de constat des infractions du 14 septembre 2020 est donc nul. C’est la seule pièce du dossier. Vous êtes relaxé de toutes les infractions », doit admettre la présidente face au prévenu qui fond de bonheur.

    Venue personnellement défendre à la barre ses dossiers, la directrice de l’urbanisme de la Ville de Marseille s’incline et s’entend rappeler du tribunal que depuis la loi Elan de novembre 2018, l’article L480-17 du code de l’urbanisme stipule que « les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d’habitation ne peuvent être visités qu’entre 6h et 21h, avec l’assentiment de l’occupant ou, à défaut, en présence d’un officier de police judiciaire (…). Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé. » Une petite note de service ?

    Un cabanon à l’Estaque

    Dossier suivant. « Je m’étais déplacé au service de l’urbanisme. On m’avait dit oralement que pour moins de 5 m², je n’avais pas besoin de déclaration préalable », explique avec une apparente bonne foi le propriétaire d’un cabanon à l’Estaque (16e). Mais l’extension de 4,95 m² réalisée début 2015 sur son cabanon de 13 m² en rez-de-jardin viole le PLUi. 4 ans plus tard, un inspecteur de l’urbanisme vient dresser un PV d’infraction. Le propriétaire tente en vain de régulariser. Le parquet débordé propose un classement sous condition mais le prévenu refuse l’amende-cadeau de 5 000 euros, arguant qu’il a saisi le tribunal administratif. Ce dernier tranche 4 ans plus tard en donnant raison à la Ville : c’est une construction nouvelle détachable du cabanon faute de porte. « Si chacun se dit que pour moins de 5 m², on peut ne pas respecter le PLUi alors plus aucune norme n’est respectée. La règle est là pour tout le monde et pour préserver notre environnement », sermonne la présidente. La directrice de l’urbanisme réclame la démolition de l’extension, « cet avantage que n’auraient pu obtenir ceux qui respectent la règle ». La plus-value de ce bien résulte aussi de l’infraction : le cabanon acheté 195 000 euros en 2011 est à vendre aujourd’hui 365 000 euros. Le tribunal a écarté la démolition, considérant la bonne foi du prévenu qui ressort de sa prise de contact initiale avec le service de l’urbanisme. C’est donc une amende de 10 000 euros calculée sur le prix au mètre carré dans le quartier.

  • Amiante à Arcelor : la CGT interpelle l’État

    Amiante à Arcelor : la CGT interpelle l’État

    La CGT d’ArcelorMittal Fos passe la seconde. Après avoir demandé le classement du site comme amianté, le syndicat avait été reçu au ministère du Travail le 17 novembre et avait obtenu un délai pour apporter des pièces justificatives supplémentaires prouvant l’exposition « quasi quotidienne » de près de 600 travailleurs au matériau cancérogène.

    Ces documents ont été envoyés le 2 décembre. « Ils ont accusé réception le 5 décembre par mail », détaille Stéphane Martins De Araujo, représentant CGT de l’aciérie.

    En attendant la décision, l’organisation syndicale n’est pas restée les bras croisés. Elle a adressé une lettre au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, lue dans l’hémicycle par la députée LFI Alma Dufour lors des questions au gouvernement, mardi 9 décembre.

    Des preuves

    Elle rappelle que, « depuis près de trente ans », les travailleurs du site « ont œuvré dans l’ignorance du danger, contraints par la nécessité de faire fonctionner l’usine, tandis que la protection élémentaire qui aurait dû leur être garantie était systématiquement absente », accusant : « Aucune cartographie fiable n’a été produite avant 2025, aucun repérage systématique avant 2019, les documents techniques dérayent et sont incomplets et les fiches d’exposition n’ont été délivrées que très tardivement et à trop peu de salariés. »

    La CGT affirme que les éléments remis à la direction générale du Travail « comprennent des attestations de salariés, des rapports de désamiantage lourds, des données médicales attestant d’expositions intermédiaires répétées, ainsi que des constats établis par l’inspection du travail ». « Si, malgré ces preuves, le ministère devait s’orienter vers une décision défavorable, elle ne pourrait reposer ni sur le droit, ni sur l’expertise technique », et serait « en opposition complète avec l’avis favorable de l’inspection du travail (…) à classer notre site », prévient-elle, arguant : « Elle ne pourrait être que
    politique.
     »

  • L’hommage à Georges Aillaud

    L’hommage à Georges Aillaud

    « Papa aurait été très ému de voir tant de monde dans ce qui a été ici sa deuxième maison », a dit sa fille Isabelle Aillaud, qui a rappelé sa carrière de ce botaniste, spécialiste de la morphogenèse végétale à la faculté des sciences de Saint-Charles. Profondément humaniste, érudit d’une rare gentillesse, Georges Aillaud a mené des combats pour la préservation de la nature et du patrimoine historique, dénoncé en 2003 la destruction de la Memoria de la rue Malaval, un site majeur avec 228 sarcophages du IVe siècle. Il avait mobilisé contre l’écocide de 300 pins d’Alep par Kedge à Luminy, en 2017, et dénoncé le saccage par Vinci de la Carrière antique de la Corderie.

    Le président du Comité, Yves Davin, a rappelé qu’il a permis le classement du marégraphe de la Corniche, de la salle de banquet grec mise au jour rue des Martégales et du phare de Planier. L’historien Georges Reynaud a souligné l’éminent ouvrage collectif publié sous sa direction en 2011 Marseille un terroir et ses bastides.

  • Vers l’inscription au titre des monuments historiques

    Vers l’inscription au titre des monuments historiques

    Assumant de forcer un peu les choses, la ministre de la Culture, Rachida Dati, avait exprimé lors de son premier déplacement à Marseille le 16 janvier 2025 sa volonté de protéger la Bonne Mère, prenant de court le diocèse plutôt réticent. Après tout, la Bonne Mère n’offre-t-elle pas déjà une protection ?

    La seule protection juridique dont jouit à ce jour la Colline de Notre-Dame de la Garde, c’est celle de « site classé » comme le Vieux-Port, la corniche Kennedy ou encore la Pointe Rouge. La Ville de Marseille l’avait demandé et obtenu en 1917 pour prévenir l’atteinte occasionnée par les carrières de la butte qui compromettaient la solidité de la Basilique, et qui produisaient « les résultats les plus désastreux contre l’esthétique d’un des plus jolis sites de Marseille ». Une protection qui ne vaut pas grand-chose, le béton sauvage coulant dans son dos.

    Après des mois d’échanges avec les services du cardinal-archevêque Jean-Marc Aveline qui a donné son accord, le dossier de protection au titre des monuments historiques a avancé. La commission régionale de l’architecture et du patrimoine s’est réunie jeudi et a donné un avis favorable avec vœu de classement. Le nouveau préfet de région officialisera le périmètre de l’inscription dans un arrêté qu’il pourrait signer dans quelques semaines.

    La protection de la basilique de la Bonne Mère se justifie par son histoire, sa charge symbolique et spirituelle. C’est un édifice emblématique du grand paysage marseillais et de son patrimoine. La Basilique a été érigée entre 1853 et 1870 sur un site où se trouvait un ouvrage fortifié sous François Ier destiné à protéger la ville après le siège de 1524 par les troupes de Charles Quint et une chapelle remplaçant un monument daté de 1214, propriété des moines de l’abbaye Saint-Victor. Cette combinaison entre le militaire et le religieux a ancré dans l’esprit des Marseillais cette double protection spirituelle et matérielle.

    Pour les historiens de l’art, Notre-Dame de la Garde constitue en outre un jalon important dans le développement du style romano-byzantin en France au XIXe siècle, issu des recherches néo-romanes commencées à Saint-Paul de Nîmes, aux côtés de la cathédrale de la Major à Marseille. La conception et les qualités imaginées et réalisées par le premier architecte, Henry-Jacques Espérandieu (1829-1874), se combinent avec la variété et l’esthétique des décors de mosaïque et de marbre, dus à son successeur Henry Révoil (1822-1900), dans une œuvre d’art total.

  • La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    Pas plus tard qu’hier, un salarié est venu nous voir au local syndical : il a un cancer dû à l’amiante, à 57 ans. » Le ton grave, Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, rappelle les conséquences concrètes de la présence d’amiante dans les sites industriels.

    Son organisation, engagée de longue date dans un combat pour le classement du site de l’étang de Berre comme « amianté », espère prochainement voir le bout du tunnel. Entre un communiqué de presse diffusé cette semaine, qui fait part « d’un scandale sanitaire » et l’envoi d’une délégation syndicale à la Caisse primaire de l’assurance maladie (CPAM), elle met les bouchées doubles avant un rendez-vous déterminant, ce lundi, au ministère du Travail.

    « Ce n’est pas une faveur qu’on demande : quand on est touché par ces maladies, on ne voit pas la retraite, ou on ne la voit que pour quelques années », martèle le syndicaliste. Il donne des chiffres qui font froid dans le dos : « Plus de 150 salariés ont été reconnus et mis en suivi médical renforcé pour l’amiante, seulement pour le courant de l’année 2025. […] 7 maladies professionnelles sur 10 sont en lien étroit avec l’amiante sur le site. » Au total, son organisation dénombre « plus de 600 salariés en suivi médical renforcé ». Pour rappel, le suivi médical renforcé est un dispositif qui prévoit une batterie de consultations médicales. « Il y a des examens à faire régulièrement, au départ, des scanners tous les 6 mois, puis étalés tous les 5 ans. À chaque fois, on a peur d’avoir une mauvaise nouvelle, l’inquiétude est réelle », développe Stéphane Martins de Araujo.

    Un combat pour un départ plus tôt à la retraite

    Contactée, ArcelorMittal précise que « ce suivi médical ne signifie pas que les salariés ont été exposés au risque, mais est mis en place dans un souci de prévention ». Et assure que c’est « conformément à la réglementation et en coordination avec la médecine du travail, pour certains salariés affectés à des postes à risques compte tenu de leur période d’emploi et des postes occupés ». Reste que, pour la CGT, derrière ces chiffres et ces dispositifs, il y a « des familles brisées, des malades, des futurs malades et des morts ».

    Concrètement, l’organisation demande « que le site soit classé amianté, au titre de l’Acaata ». L’Acaata est l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante. Ce dispositif permet aux salariés exposés à l’amiante de bénéficier d’une retraite anticipée. « Si le site est classé, au lieu de partir à 64 ans, c’est 60 ans. Et ensuite, c’est un an de moins d’âge de départ pour tous les 3 ans d’ancienneté sur la période, avec un seuil maximum à 50 ans », explique Stéphane Martins de Araujo.

    Il avance un autre argument : « L’inspection du travail a validé, après enquête cet été, la demande de classement et la période qui va de 1997 à 2025 », explique Stéphane Martins de Araujo. Là encore, ArcelorMittal tient à apporter des précisions : « Le ministère du Travail avait refusé l’inscription de l’établissement de Fos-sur-Mer sur la liste des établissements susceptibles d’ouvrir droit à l’Acaata, pour la période 1972-1997, décision confirmée par la Cour administrative d’appel de Marseille et le Conseil d’État. » Avant de conclure : « Les salariés de l’établissement n’effectuent pas de travaux de calorifugeage sur des matériaux contenant de l’amiante. » Or l’entreprise note que le classement d’un site comme amianté nécessite « une activité significative de calorifugeage à l’amiante », selon « des critères précis qui résultent de la loi et de la jurisprudence ».

    Dans tous les cas, la balle est dans le camp du ministère.

  • Vers un classement en site de la Sainte-Baume pour la protéger

    Vers un classement en site de la Sainte-Baume pour la protéger

    Lancée le 6 octobre, l’enquête publique se déroule dans les communes suivantes : Auriol, Gémenos, Roquefort-la-Bédoule et Roquevaire dans les Bouches-du-Rhône ; Le Castellet, La Celle, Mazaugues, Méounes-lès-Montrieux, Nans-les-Pins, Plan-d’Aups, Riboux, La Roquebrussanne, Rougiers, Saint-Zacharie, Signes et Tourves dans le Var. Toutes font partie ou sont associées (comme Roquefort-la-Bédoule) au Parc naturel régional de la Sainte-Baume, qui couvre 84 200 hectares dont 80% se situent en espaces naturels. La Sainte-Baume, elle, compte deux points culminants à 1 148 mètres : Signal des Béguines et Jouc de l’Aigle.

    Alors que le siège de cette enquête a été fixé à l’hôtel de ville de Plan-d’Aups, un agent explique : « L’objectif du classement est la conservation, la préservation d’espaces naturels ou bâtis qui présentent un intérêt certain au regard des critères prévus par la loi, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. » Il développe : « Conduire une Opération Grand Site, c’est-à-dire une démarche contractuelle entre l’État et les collectivités locales pour la gestion de sites classés à forte fréquentation, vise à restaurer et protéger activement la qualité paysagère, naturelle et culturelle du site. » Il s’agit aussi « d’améliorer la qualité de la visite, stationnement, circuits, information, animations, dans le respect du massif de la Sainte-Baume ».

    Bien commun

    Sans oublier « favoriser le développement social et économique dans le respect des habitants ». Il ajoute : « L’Opération Grand Site (OGS) aboutit à un programme d’études et de travaux qui permettra à terme de prétendre au label Grand Site de France qui a une durée de six ans. »

    Si, en effet, le massif de la Sainte-Baume était classé au titre des sites, trois interdictions s’imposeraient : la création d’aires de camping ou de caravaning, la publicité, l’implantation de pré-enseignes et le déploiement de nouvelles lignes aériennes. « Le classement est un outil de protection sur le long terme. À travers celui-ci, l’État accompagne nos territoires pour préserver le paysage de toute évolution qui porterait atteinte à ce bien commun et encourage des aménagements de qualité », développe l’agent.

    Une fois le site classé, des contraintes supplémentaires s’appliqueraient. Par exemple, une procédure d’autorisation pour les particuliers désirant faire des travaux de rénovation. Pour donner son avis, le public peut, par exemple, consulter le registre* dématérialisé de l’enquête.