Tag: citoyens

  • À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    Pour sa première campagne municipale, Caroline Moulin peut compter sur le soutien d’une gauche varoise qui a tenté l’union tant que faire se pouvait. « On a cravaché pour rassembler », affirme Jean-Pierre Luquand, coanimateur des Écologistes du Var et candidat à Solliès-Pont. Car à onze jours des municipales, c’est une autre échéance électorale qui imprègne les esprits : « On veut une issue autre aux présidentielles que le pire qui peut arriver. On a besoin d’union, de se connaître, créer des solidarités. Et même si on n’est pas d’accord sur tout, certains enjeux dépassent nos différences. »

    En marge de son meeting de présentation de ses colistiers, et pour symboliser la représentativité des forces à ses côtés (PCF, LFI, REV, l’Après, Debout !, Génération.s), la tête de liste écologiste de Hyères, unie à gauche, était ainsi entourée de candidats des villes voisines qui, comme Jean-Pierre Luquand, ont répondu à l’appel donné sur la plage de l’Almanarre, un lieu qui n’a pas été choisi au hasard. « Ce site est emblématique avec ce tombolo ouest, ce bras de terre qui rejoint Giens, menacé par le dérèglement climatique », appuie Caroline Moulin. « On ne peut pas éternellement sauvegarder quelque chose sans étudier la faisabilité technique. »

    Des désaccords, mais un process démocratique

    Pour trouver des solutions, cette professeure de biologie promet des études et un référendum citoyen « pour savoir ce qu’on fait de cet élément difficile à entretenir, qui sert de desserte à la route de la Capte, via la route du Sel, et est saturé de voitures en été. » Et si les associations écologistes, du côté desquelles elle semble pencher, veulent en faire « un lieu réservé aux cyclistes et aux piétons » plutôt que créer « la digue en béton immergée proposée par le maire actuel », elle reconnaît que ses colistiers « ne sont pas tous d’accord entre eux », y compris sur les autres aspects liés à la préservation du tombolo (activités, biodiversité…).

    « Et le fait qu’il n’y ait pas d’accord est rassurant », veut croire Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale, présente à Hyères pour soutenir la candidate. « On est sur une liste de citoyens qui se mobilisent, qui peuvent avoir des avis différents mais proposent une méthode : plutôt qu’arriver avec une idéologie à appliquer coûte que coûte, ils ont l’écoute, la consultation, qui va se baser sur des faits et études scientifiques, puis la délibération. C’est un changement de méthode avant d’imposer des solutions. » Avec la démocratie comme juge de paix.

  • Auriol en commun veut maîtriser le développement de la commune

    Auriol en commun veut maîtriser le développement de la commune

    « À Auriol on paie chaque jour l’incohérence totale de l’aménagement du territoire », observe un homme dans le public.

    Il s’agit de Thierry Fabre, un des 33 colistiers de la liste Auriol en commun. Celle-ci, emmenée par André-Pierre Dufresne, 35 ans, se retrouve « autour des valeurs républicaines et laïques qui feront d’Auriol une ville citoyenne, solidaire et durable ». Un peu avant, Bruno Mathieu, également sur la liste, a lui aussi constaté : « Auriol s’est développée trop rapidement, sans cohérence. Des quartiers se sentent déconnectés. » Aujourd’hui ville de 14 000 habitants, Auriol en comptait 9 005 en 2000, et 3 000 en 1968. « Il faut arriver à conjuguer vitalité économique et maîtrise de l’urbanisme », a-t-il prôné. L’équipe s’engage à « sensibiliser les habitants à la fragilité de la ressource en eau, réduire les fuites sur les réseaux. » Pour « l’Huveaune, nous souhaitons entretenir, curer le réseau pluvial, et éviter que la rivière ne s’assèche l’été ».

    Tarification sociale

    À ce respect de l’environnement, s’ajoute l’impératif social. C’est un des chevaux de bataille de Pascale Fréchet. Dans une commune où il y avait 9% de chômeurs en 2023, où vivent « 550 familles monoparentales », la liste citoyenne de sensibilité progressiste veut par exemple instaurer « une tarification sociale pour la cantine, l’accès à la culture. Nous voudrions créer un centre municipal de santé, car Auriol compte 10 médecins, il en faudrait 17 pour une ville comme la nôtre. » L’équipe entend augmenter le nombre de logements sociaux, mettre en place des « loyers solidaires ». « Il faut renforcer le rôle du centre communal d’action sociale et ses moyens », poursuit la colistière. Auriol en commun veut également mettre les crèches en régie publique. La liste prévoit de nouveaux équipements sportifs. Elle veut agir dans le sens d’un accès à la culture « égal et égalitaire ». Elle envisage « une bibliothèque itinérante ». Mais aussi « un grand festival qui mette en valeur notre patrimoine exceptionnel », a détaillé Jean-Philippe Gros, colistier. La jeunesse sera placée « au cœur de nos projets », a-t-il également promis.

  • La liste de Nicolas Koukas présentée aux Arlésiens

    La liste de Nicolas Koukas présentée aux Arlésiens

    Deux ans après l’élan du Nouveau front populaire qu’il conduisait contre l’extrême droite aux législatives, Nicolas Koukas veut transformer l’essai. « Le peuple de gauche est revenu » sur la place Voltaire ce samedi matin, a-t-il lancé au moment d’introduire ses colistiers de l’Union pour Arles. Un accord « historique depuis 1995 » clame la tête de liste, lorsque l’union de la gauche d’alors affrontait la droite. Rebelote trente ans plus tard, quand la gauche et les citoyens issus de l’Appel d’Arles challengent la droite incarnée par le maire (Horizons) Patrick de Carolis.

    Une large place a été accordée à l’Appel d’Arles. C’est le cas d’Isabelle Grémillet, professionnelle du livre retraitée et présidente de l’association Paroles Indigo, organisatrice d’un festival littéraire arabe et africain. « Une initiatrice de l’Appel d’Arles dont la présence est importante », souligne Nicolas Koukas. Même idée pour Dominique Sigaud, dont le candidat salue l’engagement au collectif de l’Appel d’Arles. Farid Ouramdane, agent de la Région dans les lycées est présenté comme « un atout » pour Nicolas Koukas au regard de « son parcours sportif en rugby à 13 ».

    Il y a aussi Bouzid Sabeg, ancien directeur du patrimoine de la Ville, Lucille Venet, professeure de SVT, de Julie Bonato-Dallet, sage-femme et militante féministe tout comme Sylvette Carlevan, directrice d’une structure d’insertion. C’est aussi le cas de Nadia Chebil, aide-soignante en unité protégée Alzheimer et initiatrice de la maison d’accueil « Les papillons de Marcelle », à Trinquetaille, dédiée aux patients et à leurs aidants.

    Un contrat d’engagement

    Les quartiers et villages sont également représentés, avec Michel Monnier pour Mas Thibert, Sandra Monteils de Monplaisir, Céline Montes de Raphèle, Katy Vrontos et Charly Scandagliari pour Salin-de-Giraud, Marie-Carmen Orta-Cesaridis de Moulès, Yvan Laville de Pont-de-Crau ou encore Estelle Espejo de Barriol.

    Tous les candidats ont signé, sur la scène installée place Voltaire, un contrat d’engagement pour leur liste et pour le futur mandat devant les participants. Nicolas Koukas l’affirme : « Notre équipe va s’engager pour six ans […] engagée pour être solide, loyale, et durer sur les prochaines années pour ne pas vivre les mêmes démissions » que dans la majorité de Carolis, le quorum au conseil municipal n’a été atteint « que grâce à l’opposition pendant ce mandat », tance le chef de file de l’Union pour Arles.

    Parmi les points signifiants de ce contrat mis à disposition de la presse figure l’engagement à « être présent à toutes les séances du conseil municipal, sauf empêchement grave et justifié », ainsi qu’aux commissions, réunions d’équipe et cérémonies officielles. Également, les colistiers promettent de « lutter contre la corruption et toutes formes de violences (sexuelles, sexistes, etc.) dans toutes les instances où ils interviendront ».

    Le compte rendu est de mise. « Nicolas Koukas et les membres de l’équipe municipale s’engagent à suivre, évaluer et rendre compte régulièrement de l’application de ce contrat au sein de réunions d’évaluation des actions entreprises. » Dans le cas d’un « manquement grave aux engagements stipulés dans le contrat », à l’image des conflits qui ont secoué la majorité de Carolis, l’exclusion est possible « après donné un droit de réponse dans le respect du contradictoire ».

    À noter que la 2e place sur la liste revient à la docteure Malika Lagneau, médecin angiologue libérale installée aux anciens ateliers SNCF. « Un choix politique » défend-elle : « Notre priorité est de refaire venir des médecins à Arles. Ça ne se fera pas d’un claquement de doigts, mais on va aller dans les facs et recréer des liens avec l’hôpital pour un parcours santé. » Reprenant, en quelque sorte, le flambeau transmis par le Dr Dominique Bonnet, en dernière position, non éligible.

    « Notre équipe s’engage à rester présente pour 6 ans »

  • À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    « Un meeting extraordinaire. » Pour Christine Romano (PCF), tête de liste de Fréjus Riposte qui a réussi à rassembler à gauche en réunissant communistes, insoumis, écologistes, socialistes et membre de l’Après, la réunion de ce vendredi, dans la salle Sextant, aura été un moment qui compte. D’abord parce qu’elle a rassemblé 150 personnes, mais aussi de par la présence de soutiens comme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, ou Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Nous avons aussi beaucoup de colistiers issus de la société civile, syndicaliste ou association, qui ont pu prendre la parole », précise l’ancienne retraitée de la Poste en retrait de la présidence de l’UL-CGT Saint-Raphaël-Fréjus.

    Les sujets évoqués auront été nombreux avec une priorité : libérer une ville aux mains du maire d’extrême droite, David Rachline, depuis 12 ans, et candidat à sa réélection pour un 3e mandat. « Il n’est pas officiellement investi par le RN, mais le parti est derrière », assure la candidate, qui dénonce un bilan catastrophique entre urbanisation à outrance et creusement de la dette qui dépasse les 150 millions d’euros. Une gestion municipale dénoncée dans leur rapport par les magistrats de la Chambre régionale des comptes, en mars dernier.

    Si le programme de Fréjus Riposte est en cours de finalisation, il s’agit déjà de « rétablir une démocratie participative », martèle la candidate, en remettant notamment les comités de quartier en place, où les habitants éliront eux-mêmes leurs représentants.

    Favoriser l’accès au logement

    Finie aussi la bétonisation à tout crin. L’hôtel de luxe sur Fréjus plage « disparaît », « nous sommes aussi favorables à un pôle universitaire sur la base nature, centrée sur les métiers de la mer et la restauration » des milieux, détaille Christine Romano. Terminé la fusion de quatre écoles en un seul et même lieu, dans le secteur de Caïs Nord, soit pas moins de 1 000 élèves, concentrés à côté de l’autoroute. « Un projet énorme qui n’a pas de sens », commente-t-elle.

    Sur cette commune de près de 60 000 habitants, deuxième bassin d’emplois du département du Var avec deux grandes ZAC, la tête de liste entend également améliorer l’accès au logement. « Nous ne sommes pas en pénurie, de 8 à 9% de logements sont vacants, beaucoup sont consacrés aux locations de vacances ou Airbnb », assure Christine Romano, qui mise notamment sur la taxation des résidences secondaires pour « créer les conditions au vrai locatif ». Sans oublier la mise en place de 3 000 logements sociaux « quand la municipalité préfère actuellement payer une amende de 882 000 euros plutôt que de respecter la loi SRU qui fixe à 25% le ratio de logements sociaux », dénonce-t-elle.

    Sur la santé, les colistiers souhaitent l’implantation d’un centre avec des salariés. La gestion de l’eau se ferait en régie et sur les transports, « nous avons plein d’idées », indique Christine Romano, entre pistes cyclables, gratuité et réorganisation de dessertes pas toujours adaptées quand il faut attendre le bus une heure. Une compétence de la communauté d’agglomération, sur laquelle « nous comptons peser si nous remportons la ville ». Enfin, sur la sécurité, sujet qui préoccupe les citoyens, c’est sur la police nationale qu’elle veut s’appuyer, « des gardiens de la paix » qui agissent aussi sur la proximité et la prévention « que nous comptons demander à l’État ».

  • Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des similitudes dans les programmes qui donnent de l’espoir pour une union à gauche… Pour le groupe citoyen « Faisons Front Commun », créée en juin et qui rassemble notamment les associations des Hirondelles, des amis du programme du Printemps marseillais, Réinventer la gauche, les collectifs du Nouveau front populaire, ou encore la Réserve citoyenne, rien n’est perdu.

    « La seule alternative politique de lutte contre l’extrême droite, c’est une gauche unie dans sa totalité, dans le respect de ses composantes, sur la base d’un projet résolument de gauche, construit avec le monde associatif, syndical et avec l’expertise du monde universitaire », pose Alexandre Jurado, membre du conseil d’administration de Faisons front commun.

    Une convergence « nette »

    Après un comparatif minutieux entre les propositions insoumises et du Printemps marseillais, de l’école aux questions sanitaires et sociales en passant par le logement, les transports ou la culture, « la convergence est nette », assène un autre adhérent, José Rose, sans nier des « divergences, mais qui ne sont pas rédhibitoires ».

    Avec une grande mobilisation, ce dimanche 1er mars à 11h sur le Vieux-Port, « ce que nous voulons faire, c’est préparer la discussion du second tour », explique Hélène Goldet, membre du CA. Si, au soir du premier, il s’agira forcément de négociations d’appareil, estime-t-elle, « nous devons avoir ce débat avant ». Pour elle, Marseille est majoritairement de gauche et ces municipales auraient pu être le moment de l’emporter dès le 1er tour, mais cette occasion ratée ne doit pas empêcher d’être « responsable » au second.

    Au sein de l’association, le résultat des sondages avec un RN potentiellement en tête, en cas de quadrangulaire, inquiète. « Il s’agit de redonner de l’espoir quand une partie de l’électorat en a marre de la guerre des gauches et de cette campagne de bas niveau », ajoute Pauline Delage (Ensemble !), adjointe à la maire d’arrondissement des 6-8.

  • « Nous savons travailler aux côtés de la médecine libérale »

    « Nous savons travailler aux côtés de la médecine libérale »

    La Marseillaise : Que dira votre ambassade le 23 février à Alès ? Êtes-vous ouvert à une mission de médecins cubains en France et notamment à titre de test à Alès ?

    Otto Vaillant Frias : Des communes, des maires et des collectifs citoyens nous ont sollicités pour faire venir des médecins cubains. Nous avons examiné la situation des besoins liés à des déserts médicaux et confirmé la disponibilité de Cuba pour intervenir là où les besoins sont identifiés. Mais la loi française ne permet pas à des médecins non diplômés en Europe d’exercer. Il faudrait un décret spécial du Premier ministre, comme pendant la covid, qui avait autorisé des médecins hors UE à intervenir en Outre-mer. En cas d’urgence, un cadre juridique pourrait être établi. Cuba est prête, si l’autorisation est donnée.

    Il faudra donc des discussions entre les gouvernements français et cubain ?

    O.V.F. : Oui, entre gouvernements ou agences sanitaires. Côté cubain, cela passe par le Service médical cubain, chargé de la contractualisation internationale. Nous avons des accords avec des cliniques privées, des hôpitaux publics et des structures communautaires dans une centaine de pays. Dans certains cas, plusieurs centaines de nos médecins assurent le fonctionnement d’un hôpital entier.

    En Europe, c’est notamment le cas en Italie, en Calabre. Comment cela s’est-il déroulé ?

    O.V.F. : Pendant la covid, nous sommes intervenus à Crémone qui ne disposait ni de vaccin ni de traitement. Les médecins ont été envoyés au cœur du danger et leur courage a été salué. Ensuite, la Calabre a demandé près de 400 médecins ; environ 300 y travaillent aujourd’hui. De nombreux témoignages de médecins italiens louent leur préparation et leur engagement.

    Si cela se faisait en France, faudrait-il une formation préalable ?

    O.V.F. : En urgence, certains médecins ont pu intervenir sans maîtriser la langue par exemple. Mais en règle générale, ils suivent une formation linguistique avant leur départ. Nous pouvons envoyer aussi des médecins francophones. Dans les pays d’Asie, ils ont acquis l’expérience d’instruments de pointe dans des hôpitaux modernes et se forment dans tous les cas aux équipements de chaque pays. Les retours sont en général très favorables. Ils viennent toujours en appui des équipes locales, qui restent responsables de l’organisation.

    La France a un système libéral. Les médecins cubains sont salariés de l’État. Comment éviter la concurrence ?

    O.V.F. : Nos médecins travaillent déjà dans des pays à médecine libérale, aux côtés des praticiens locaux. Leur rémunération est fixée par contrat : une part leur revient, une autre soutient le système de santé cubain, notamment pour l’achat de médicaments. Les niveaux varient selon les pays, mais le salaire est correct.

    Ils ne remplaceraient donc pas des médecins libéraux ?

    O.V.F. : Non. Ils interviennent là où des médecins manquent ou bien quand des postes restent vacants. On m’a montré en France des services de néonatologie ou des unités d’accouchement ferment faute de personnel. Nous disposons de spécialistes – chirurgiens, orthopédistes, néonatologues- dans toutes les disciplines.

    Qui choisit les spécialités ?

    O.V.F. : La partie demandeuse précise ses besoins. Les médecins sélectionnés passent des examens de langue et de compétence. La sélection relève d’une commission du pays d’accueil – en France, probablement régionale – incluant les représentants hospitaliers.

    Ces départs ne fragilisent-ils pas le système de santé à Cuba ?

    O.V.F. : Après 1959, la moitié des six mille médecins ont quitté le pays ; il en restait trois mille. Cuba a alors massivement investi dans la formation, jusqu’à dix mille médecins par an. Plus de 150 000 médecins étrangers ont été formés gratuitement. L’École latino-américaine de médecine accueille encore des étudiants d’Afrique, d’Europe, des îles du Pacifique et des États-Unis, souvent issus de milieux modestes. Des bourses sont aussi accordées aux enfants de Cubains nés à l’étranger.

    Ces étudiants américains exercent ensuite aux États-Unis ?

    O.V.F. : Ils retournent dans leurs communautés d’origine. Des responsables cubains les ont rencontrés à New York lors de sessions à l’ONU : ils exercent aujourd’hui, notamment dans les quartiers défavorisés.

    « Nous avons
    des accords avec
    des cliniques, des hôpitaux dans une centaine de pays »

  • [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    [Entretien] « Notre objectif à Carnoux, c’est essayer de promouvoir le vivre-ensemble  »

    La Marseillaise : Pouvez-vous vous présenter?

    Marc Vincent : Je suis ingénieur de formation et je travaille dans des collectivités territoriales depuis maintenant une quinzaine d’années. Actuellement en poste à la ville de Marseille, je dirige un pôle de lutte contre l’habitat indigne. J’habite à Carnoux depuis vingt-cinq ans. C’est une commune où deux tiers des habitants votent pour le RN. C’est aussi tout l’enjeu pour nous de monter une liste citoyenne pour essayer de mettre en avant d’autres valeurs. La commune, c’est un peu l’échelon de base de la démocratie. Notre objectif, c’est essayer de promouvoir ce vivre-ensemble. C’est ce qui manque dans la gestion municipale depuis vingt-cinq ans. L’équipe sortante s’est toujours placée dans une position de décision en disant en gros, les électeurs nous ont fait confiance, on va décider pour eux. Il n’y a pas de concertation, pas de dialogue. Dans l’opposition, minoritaire, on a beaucoup de mal à s’exprimer.

    Quelles sont les grandes lignes de votre projet municipal?

    M.V : On souhaite vraiment que les habitants de Carnoux soient beaucoup plus acteurs de la vie communale, en étant davantage associés aux décisions. Par exemple, le centre-ville a été récemment réaménagé avec la reconstruction complète de l’hôtel de ville. Pour autant, il reste derrière la mairie un certain nombre de salles communales qui servent pour les associations. Elles sont complètement vétustes et demandent à être reconstruites. Il y a besoin de se concerter pour en définir l’aménagement. La participation, c’est aussi informer davantage sur les conseils municipaux. Nous voulons créer un conseil municipal des jeunes, peut-être mettre en place des budgets participatifs. Et rendre l’accès plus facile aux équipements sportifs et culturels de Carnoux à l’ensemble des associations. Les deux grands stades de foot pour lesquels la commune a investi énormément d’argent sont par exemple réservés à une association sportive quasi-professionnelle. Nos équipements culturels sont en délégation de service public à un gestionnaire privé. Ces salles sont très sous-utilisées, ça coûte cher à la commune, parce que c’est elle qui paye l’essentiel du fonctionnement et tout l’investissement qui va avec. On veut aussi recréer un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

    Une commune peut porter un tel projet?

    M.V : Pas seule. Puisque tout ce qui est social dépend plutôt du Département, ça suppose effectivement des liens entre d’autres acteurs. On voudrait en recréer un parce que le précédent, du groupe Korian, a fermé il y a deux ans. La population à Carnoux est assez âgée. Les gens ont envie de rester sur place. Mais il n’y a pas forcément de structure pour les accueillir. Et donc l’idée ce serait de créer un nouvel établissement qui pourrait être justement en centre-ville, dans les salles communales évoquées tout à l’heure. On peut imaginer des activités intergénérationnelles qui permettent aux résidents de l’Ehpad de ne pas se retrouver à l’écart.

    Quelle politique souhaitez-vous mener pour la jeunesse carnussienne?

    M.V. : La commune a une population assez âgée et un de nos objectifs est justement de favoriser le maintien des jeunes sur Carnoux. On est actuellement à 16% de logements sociaux contre 25% exigés, c’est à dire qu’en gros, il nous manque 300 logements sociaux. Mais la ville est relativement restreinte en termes d’espace. Cependant on a encore des possibilités, pas pour faire de grandes barres d’immeubles, mais quelques logements par-ci par-là et plutôt des logements sociaux parce que c’est une vraie demande. Les jeunes carnussiens ont beaucoup de mal à se loger, à rester en ville. C’est aussi ce qui contribue au vieillissement de la population, au manque de dynamisme culturel. L’objectif est qu’on puisse trouver des solutions pour développer un peu plus de logements accessibles aux plus jeunes.

    Quelles sont vos orientations en matière d’environnement?

    M.V : Avec le changement climatique, il faut que les communes s’adaptent, et peut-être ici mieux prendre en compte les risques feux de forêt, et inondations. Le centre-ville est très minéralisé, avec des esplanades bétonnées. En période de canicule, ça fait des îlots de chaleur avec des habitants dans les immeubles à côté qui souffrent. On pourrait donc développer un peu la végétalisation de ce centre-ville. On a par ailleurs un jardin partagé, qu’on a mis en place il y a quelques années, qui pourrait être agrandi. On pourrait peut-être même en utiliser une partie pour la confier à un maraîcher, pour alimenter un peu le marché de Carnoux en circuit court ou les cantines scolaires.

  • À gauche, Aubagne en commun a composé une liste « équilibrée »

    À gauche, Aubagne en commun a composé une liste « équilibrée »

    Je sens qu’on n’est pas mal, on est mieux que quand on a commencé avec Maurice et Jean-Luc », blague mardi soir, devant plus de 100 personnes réunies au Cercle de l’harmonie, Jean-Pierre Squillari.

    La tête de liste de Aubagne en commun, rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes, fait référence aux débuts, lorsque lui-même, Maurice Marsiglia et Jean-Luc Dimitri, il y a deux ans et demi se disent « comment faire pour chasser l’imposteur ». Il veut parler du maire sortant (LR) Gérard Gazay, élu depuis 2014 et candidat à sa réélection. Un peu avant, David Chiousse, directeur de campagne, apprécie : « On peut être fiers de ce qu’on a fait. » Et notamment de la composition de la liste, dévoilée ce soir-là aux soutiens. Elle le sera au public lors du meeting du samedi 28 février, à 11h au Bras d’Or. « C’est une liste qui ressemble à Aubagne, à la diversité de notre ville », souligne-t-il. « Construire une telle liste, c’est forcément un compromis, sans faire de compromissions », ajoute-t-il.

    « On va gagner »

    Jean-Pierre Squillari la juge « équilibrée ». David Chiousse précise : « Nous avions plusieurs contraintes : la parité hommes/femmes, la représentation de tous les quartiers, le renouvellement… » Il détaille : « La liste est composée de 43 personnes, dont 12 encartés et 31 citoyens. Sur les 43 candidats, seuls 7 ont déjà été élus. » Pour ménager l’effet de surprise le 28, la presse a dû accepter de ne donner que les 7 premiers noms de la liste : Jean-Pierre Squillari, Gaëlle Rodeville, directrice du festival ciné musique à Marseille, Denis Grandjean (Écologistes), directeur de l’école Nelson-Mandela quartier du Charrel, Hélène Di Vita (PCF), infirmière, Arthur Salone (PS), Clémentine Fardoux, enseignante, et François Otchakovsky-Laurens, enseignant-chercheur à l’université d’Aix-en-Provence, en histoire. Sûr de lui, Jean-Pierre Squillari a déclaré : « On va gagner, car sur le terrain les gens nous disent en avoir marre de Gazay et on nous dit : “on compte sur vous !” ».

  • Stéphane Ravier et sa nièce Sandrine d’Angio condamnés pour favoritisme

    Stéphane Ravier et sa nièce Sandrine d’Angio condamnés pour favoritisme

    « C’est bien en connaissance de cause que Stéphane Ravier a violé les règles de la commande publique et commis ce favoritisme. C’est une atteinte à la probité qui fragilise la confiance des citoyens dans les institutions », a déclaré la présidente du tribunal correctionnel, ce mardi matin, à Marseille.

    Le dossier concerne une affaire de favoritisme sur des marchés publics lorsqu’ils étaient maires de secteur des 13e et 14e arrondissements de la ville.

    En cause ? Le recours à deux sociétés, « liées car présidées par le même couple » comme le notait la présidente du tribunal lors de l’audience, pour la création d’un nouveau site web pour la municipalité et la gestion de celui-ci entre 2016 et 2018. Le tout « en n’ayant recours à aucune procédure de marché public, aucune mise en concurrence, aucune publicité ».

    Outre leurs condamnations, Stéphane Ravier et Sandrine d’Angio devront verser 1500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Relire notre article du 11 février : Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

  • « La dynamique citoyenne » fait souffler l’espoir à Bédarieux

    « La dynamique citoyenne » fait souffler l’espoir à Bédarieux

    En 25 ans de métier au sein de la Poste, Dimitri Estimbre a mesuré l’évolution de sa commune chérie, Bédarieux (Hérault). Il y est né, y a grandi, vit et travaille au pays, arpente ses rues et rencontre ses habitants au quotidien.

    Il a vu le centre-ville du gros bourg de 6 000 habitants, devenir désertique au profit de zones commerciales sans âme. Les jeunes et moins jeunes souffrir de la privation d’emplois : 13,9% de taux de chômage. Alors, depuis quelques années, Dimitri Estimbre et ses camarades de la section du PCF, mais aussi de nombreux citoyens non encartés dans une organisation politique, se retroussent les manches. En 2020, il lui a manqué une poignée de voix (65) pour gagner l’élection municipale face à l’actuel maire sortant, Francis Barsse, 76 ans, qui se représente.

    « Pendant six ans de mandat dans l’opposition et avec Françoise Bousquet au conseil communautaire, nous avons rendu compte de notre mandat lors de réunions publiques et nous avons gardé autour de nous le collectif. Nous ne sommes pas repartis de zéro en 2026 », souligne l’élu qui a toujours siégé au conseil municipal. « Il y a deux ans, nous avons vraiment réactivé le collectif avec pour objectif de retravailler comme en 2020, c’est-à-dire, à partir des membres du collectif on a identifié des thématiques de travail. Là nous sommes à 17 thématiques. Chaque membre du collectif s’inscrit dans le thème qui l’intéresse et, à son tour, invite des personnes intéressées. Bien sûr avec comme préalable un prisme à gauche ». Une méthode qui a permis aux citoyens engagés de prendre part au programme.

    Ce vendredi 13 février, la liste de 31 candidats sera présentée lors d’une grande réunion publique, salle Léo Ferré. « Nous avons travaillé la composition de la liste de façon collégiale », précise Dimitri Estimbre. Outre le maire sortant, l’extrême droite présente une liste nommée « union des droites patriotes à Bédarieux » dont la tête de liste a été conseiller municipal Front national et récemment le délégué d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle.

    Pour un service municipal des pompes funèbres

    En six ans, Dimitri Estimbre a gagné en notoriété. Dans la vie publique du conseil municipal et notamment lors de la bataille des retraites dans laquelle ce militant CGT s’est totalement investi lors des grandes manifestations organisées à Bédarieux. La question sociale et les réponses à y apporter irriguent d’ailleurs le programme de la liste « Bédarieux la dynamique citoyenne » (lire détails ci-dessous), notamment sur les services publics. « Nous proposons un service public municipal des pompes funèbres. Ensuite, en accord avec l’intercommunalité, nous proposons la création d’un réseau intercommunal de transports en lien avec la ligne SNCF qui traverse notre territoire ». Dimitri Estimbre a d’ailleurs sur sa liste Jacky Tello, président du comité pluraliste de réhabilitation, de défense et de promotion de la ligne SNCF Béziers-Millau-Neussargues. On y trouve aussi des syndicalistes CGT de l’hôpital de Bédarieux. « C’est le premier employeur de la ville. Nous nous sommes opposés au projet de groupement de coopération sanitaire qui est, en fait, un partenariat public-privé entre le groupe Cap santé et l’hôpital. Cela revient à démanteler l’hôpital public ». Des syndicalistes de l’Éducation nationale qui se sont mobilisés contre des fermetures de classes, sont aussi colistiers. Bref, les forces vives du mouvement social sont là. Autre grand sujet, la gestion de l’eau avec une proposition utile pour les habitants : la gratuité des premiers m³ d’eau. Autant d’idées concrètes qui font souffler l’espoir à Bédarieux.

    *18h à Bédarieux, salle Léo-Ferré

    En chiffres

    Bédarieux compte quelque 6 000 habitants. Son taux de chômage en 2022 était de 13,9% selon l’Insee. Sur le plan socioprofessionnel, Bédarieux comptait aussi en 2022 2 006 retraités soit 40% de sa population. 535 ouvriers, soit 10,7% des habitants et 796 employés soit 15,9% de la population. 20 agriculteurs exploitants sont installés, 235 Artisans, commerçants, chefs d’entreprise. 385 sont dans des professions intermédiaires et 192 exercent des fonctions de cadres et professions intellectuelles supérieures (CPS).