Tag: citoyenneté

  • Des ateliers pour conjuguer police, prévention et proximité

    Des ateliers pour conjuguer police, prévention et proximité

    L’initiative peut paraître légère, mais l’objectif poursuivi est majeur. Ce vendredi après-midi, de 13h30 à 17h30, des activités sportives et citoyennes gratuites seront proposées au centre social Nelson-Mandela, dans le quartier des Comtes. Au programme : initiation aux gestes de premiers secours, présentation des missions de la police, mur d’escalade mobile, structures gonflables, tatamis, présentation du matériel spécifique au métier de policier ou encore parcours de sensibilisation à l’alcool et aux drogues.

    Derrière cet après-midi porté par la Métropole, il y a l’association Raid aventure organisation, qui œuvre au rapprochement police-population depuis plus de trente ans. L’événement porte d’ailleurs le nom de « Prox », pour proximité. Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc, explique : « C’est un moment ludique pour découvrir les missions des différents métiers de la sécurité, plus du côté de la prévention, de l’éducation, de la médiation et faire en sorte de casser les clichés et les a priori qu’il peut y avoir entre la jeunesse et la police, mais dans les deux sens. »

    « C’est vrai qu’il y a de ça quelques années, on avait une police de proximité, qui avait ce rôle-là d’aller vers la jeunesse des quartiers et les habitants, de ne pas faire que de la répression, mais aussi de la présence et de la prévention », note Valérie Rambaud, responsable de la Gestion urbaine et sociale de proximité de la Maison des projets, qui avait organisé la première édition de cette action, en août, aux Aigues-Douces. Mises en place en 1998, sous le gouvernement de Lionel Jospin, ces brigades locales, qui comptaient 13 500 agents, avaient été supprimées en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur.

    Ces ateliers Prox ne remplacent pas cette unité, mais ont l’ambition de participer aux bonnes relations entre police et population. « Le fait de briser les appréhensions autour de l’uniforme permet aussi de désamorcer en amont d’éventuelles problématiques », affirme Laurent Belsola.

    Susciter des vocations

    Mais l’après-midi est aussi dédiée au recrutement, avec la présence des partenaires de l’emploi et de l’insertion comme la Mission locale. « Lors de la première édition à Fabien Menot, on était très agréablement surpris de voir que des jeunes des Aigues-Douces s’étaient attablés avec les recruteurs de la police nationale et de la gendarmerie et ont même, pour certains, signé des contrats et se sont engagés, se remémore Laurent Belsola. Cette initiative est aussi faite pour montrer que les forces de l’ordre, c’est aussi des débouchés, des métiers divers et variés qui peuvent présenter un intérêt et c’est pas parce qu’on vient d’un quartier qu’on ne peut pas intégrer la police. »

  • Une sensibilisation à la démocratie pour 200 jeunes

    Une sensibilisation à la démocratie pour 200 jeunes

    Ils sont venus de Nantes, Nîmes, Alès, Digne-les-Bains… 200 élèves issus des structures d’insertion des quatre coins de la France ont déambulé, ce mercredi, dans le camp des Milles. Pour ce jeune public, issu de structures d’insertion comme l’École de la deuxième chance, l’Institut Télémaque et autres associations, fouler le sol du site mémoriel est une première. D’autres n’en avaient jamais entendu parler. Ignoraient même, le rôle de la France dans la déportation des juifs, entre 1939 et 1945. Ce bout d’histoire, ils ont pu le découvrir par le biais d’une journée « d’engagement et de réflexion citoyenne » autour du thème de la démocratie, coorganisée par le Camp des Milles et la Fondation groupe EDF.

    « C’est une journée de lancement. 3 000 au total répartis dans une vingtaine d’associations spécialisées dans l’insertion des jeunes vont vivre la même journée », précise Alain Perra, délégué général pour la Fondation EDF. Au programme de la journée, visite guidée des lieux, de l’exposition de La Vie Dessinée de Joann Sfar et séquences d’ateliers et d’échanges axés sur les thèmes de la « citoyenneté, la mémoire et la fraternité ». Objectif, décrypter les mécanismes qui mènent aux actions de discriminations et fournir des outils de lutte contre l’extrémisme et la haine dans leur globalité.

    L’« espoir » de demain

    « J’ai été touchée, on parle souvent du rôle des nazis et des étrangers dans la déportation, mais on oublie de rappeler qu’on a eu notre rôle aussi, pointe Margaux, 20 ans. On nous le cache presque et on préfère accuser les autres. » En « temps de crise », terme régulièrement revenu au cours des ateliers et terreau des discriminations, Margaux estime que la « fraternité » est nécessaire. « Il y a beaucoup d’injustices en ce moment : sexisme, racisme, violences envers les femmes et hommes, les homosexuels. On peut se soutenir malgré nos différences. » « On se met à la place des gens qui ont été enfermés ici (…) En termes d’informations, j’avais l’impression qu’il manquait quelques éléments (…) C’est bien de parler du site, mais il faudrait qu’on ramène les propos de ce qu’il se passe aujourd’hui. On doit parler de ce qu’il se passe aujourd’hui, ne pas laisser faire. Par exemple, sur l’affiche à l’entrée (traitant du 7 octobre 2023), il aurait fallu rappeler le contexte », ajoute Guillaume, 22 ans.

    Pour Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles, l’engagement citoyen de la jeunesse est « un espoir » pour assurer la démocratie de demain. « Ce qu’il faut retenir avant tout, des leçons de cette venue au Camp des Milles, c’est que la haine de l’autre peut mener au pire pour chacun d’entre nous, au pire pour la société, la liberté, la démocratie. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte en France ou l’on voit se développer les haines identitaires, le rejet de l’autre et ce lieu est une alerte terrible (….) Il ne faut plus rien laisser passer dans ce domaine. »

  • Une journée ensemble face à la délinquance

    Une journée ensemble face à la délinquance

    Devant le restaurant d’insertion la Graine de Piment, qui emploie des jeunes passés par la PJJ, ce jeudi 25 septembre en fin de matinée, des représentants d’entreprises se mêlent aux jeunes de la Mission locale pour une journée dédiée à la prévention de la délinquance.

    Une journée pour illustrer notamment « les liens étroits entre insertion sociale et insertion professionnelle », confie ainsi, dans un tract, la Mission locale jeunes Grand Avignon, en précisant que les échanges « seront autant d’occasions pour les jeunes des quartiers prioritaires de mettre en avant leurs atouts professionnels, de découvrir la transférabilité de leurs compétences et de bénéficier de conseils concrets pour leur future insertion dans l’emploi ».

    « Il faut absolument privilégier la prévention à la sanction. Et on ne le montre pas n’importe où, car on montre ici que l’insertion par le travail de jeunes, au passé parfois délinquant, ça marche. Ils apprennent un métier et montrent qu’on peut avoir confiance en eux », souligne ainsi Isabelle Gineste, directrice de la Mission locale jeunes Grand Avignon.

    « Produire un déclic »

    Une journée qui a commencé par un débat sur la prévention de la récidive, de la réinsertion et de la citoyenneté, animé par Yazid Kherfi, ancien braqueur passé par la prison, devenu écrivain et médiateur dans les quartiers populaires. « Cette journée va permettre à chacun de réfléchir aux postures qu’il faut avoir. J’ai été délinquant de mes 15 à mes 30 ans. Et j’en suis sorti quand le maire de ma ville a témoigné en ma faveur et m’a fait comprendre que j’avais plus de qualités que de défauts », raconte l’intervenant.

    Un message qui a résonné chez les jeunes avignonnais, comme pour Lukman, habitant du quartier des Rocades et aujourd’hui étudiant, qui assure, avant de partir en cours, « que ce discours résonne quand c’est une personne issue, comme nous, des quartiers qui le raconte ». Mais aussi pour Kaïs, jeune habitant lui aussi de la Rocade, qui a longuement échangé avec l’intervenant, s’interrogeant sur le fait que « la prévention a des effets positifs », car « les gens ne changent que quand ils ont eu des galères », estime-t-il. « Il faut produire un déclic. Et ceux qui sont passés par là peuvent transmettre leur savoir », confie l’intervenant.

  • Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    « Cela fait depuis mars que l’on travaille pour faire une belle fête pour tous les Marseillais », se félicite Nacer Azzoug, directeur du centre social de la Rouguière. Sur le Vieux-Port, à côté de l’hôtel de ville, les centres sociaux vont investir l’espace pour proposer des animations et présenter à tous les Marseillais leur travail. De 11h30 à 20h30, des repas, spectacles, ateliers et DJ sets seront organisés sur la place Bargemon. Un emplacement stratégique pour Nacer Azzoug : « de la Solidarité à Bonneveine, on se retrouve au milieu et tout le monde se rencontre ».

    Lancé pour la première fois il y a trois ans à l’initiative de la ville de Marseille, cet événement est financé par la Municipalité, mais entièrement organisé par les centres sociaux. Après la ligue de l’enseignement et l’Ifac, c’est l’association Synergie family qui prend cette année en charge l’organisation en travail étroit avec les autres fédérations.

    « L’objectif de cet événement, c’est quand même de valoriser le travail qui est fait, qui est dans l’ombre, explique Joseph Richard-Cocher, délégué départemental de l’Union des centres sociaux. Parce que les centres sociaux ont toujours été au cœur des territoires et sont essentiels dans l’animation des quartiers. » Des villages santé, sport, culture ou encore petite enfance seront présents pour montrer les différentes facettes de ce travail.

    Diversité des activités

    Pour le délégué de l’Union des centres sociaux, la force de ces structures est leur diversité. « Tout le monde connaît les centres sociaux de son quartier, mais ils ne savent pas nécessairement tout ce qu’ils font de la garde d’enfant à l’informatique, en passant par la citoyenneté », insiste-t-il.

    Une soixantaine de centres sociaux seront présents. Un repas partagé « autour du monde » est prévu par les farandoleurs, avec des spécialités thaïlandaises, comoriennes, guyanaises et françaises. Chaque centre a pu inscrire 20 personnes pour participer gratuitement à ce repas « On aurait aimé faire plus mais en termes de logistique ça aurait été compliqué », sourit Nacer Azzoug. Pendant le repas un DJ set est prévu par The Only One Geemoney, ancien animateur en centres sociaux. À 15h30, ce sont d’autres talents issus de ces structures qui seront mis en avant grâce à une scène ouverte. Théâtre, humour, musique, de nombreux numéros d’environ huit minutes chacun vont s’enchaîner, créés par des jeunes qui fréquentent ces maisons pour tous.

    Casser les préjugés

    Pour l’adjoint (RDG) au maire chargé des Centres sociaux, Ahmed Heddadi, cet événement est aussi l’occasion de casser les préjugés qui entourent ces lieux. « Beaucoup pensent qu’ils sont réservés aux personnes précaires ou marginales. Mais ces maisons de quartiers sont pour tous les Marseillais », insiste-t-il. Il rappelle que bien qu’il y en ait plus « dans les quartiers prioritaires de la ville car ce sont des endroits où les populations sont précaires, il y en a dans tous les quartiers de la ville. Ils sont là pour tout le monde ».

    Pour le directeur de Synergie family, Frank Tortel, « c’est une belle journée qui s’annonce festive et conviviale. » Un événement qui prend chaque année un peu plus d’ampleur. Les organisateurs attendent ce samedi entre 3000 et 4000 participants sur le Vieux-Port.

    Plus d’informations sur l’Instagram @fetedesc.s.marseille

  • Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Vingt minutes. Si peu de temps pour raconter le lourd passé du Camp des Milles, d’où 2 000 juifs ont été déportés, dont des enfants, sous l’autorité de Pétain. Pour la première fois, un court-métrage, réalisé par Sébastien Nourian, 28 ans, et produit par les équipes de Sina Films dont il est cofondateur, a été tourné sur les lieux. Dévoilé en avant-première lundi 15 septembre à la Manufacture en présence d’élus locaux et de représentants d’associations, l’œuvre capture ce qui a pu être la terreur d’enfants déportés au travers du jeu de Léo et Max Garcia, jeunes acteurs choisis pour incarner Isaac et Joseph.

    Au travers d’un genre bien spécifique, celui de l’épouvante-horreur, Sébastien Nourian livre une fiction qui a pour vocation de stimuler la conscience du public sur les conséquences extrêmes des mécanismes de haine qui gangrènent une société. Un sujet mêlé au scénario fictif dans lequel deux jeunes frères, en visite au Camp des Milles, explorent les lieux en s’adonnant à une partie de cache-cache. Lorsque Joseph disparaît, Isaac se retrouve propulsé en 1942. Rapidement, les images en noir et blanc de déportation, de biens dépouillés, de cris jalonnent une scène de course-poursuite entre le jeune garçon et un SS.

    « Capter l’attention »

    « Le genre ici n’est pas une supercherie esthétique : on cherche à faire sursauter le spectateur. Ce n’est pas un sursaut purement d’effroi, mais éthique. Ce genre semblait être la forme cinématographique la plus adaptée à cela, explique Sébastien Nourian. D’autant plus que le film a vocation à être diffusé dans les établissements scolaires. Il faut pouvoir capter l’attention des jeunes générations en leur offrant un spectacle qui va les saisir au niveau des émotions. C’est peut-être par l’émotion qu’on va les ramener au discours sur la citoyenneté, le vivre-ensemble. Plus par la théorie. »

    L’idée du court-métrage a, elle aussi, été pensée pour s’adapter au jeune public, au-delà de sa diffusion prochaine dans des festivals « nationaux et internationaux », promet le réalisateur. Derrière la façade culturelle du projet se dresse surtout l’enjeu « d’éveiller » le spectateur. Un travail de recherche en lien avec le Camp des Milles a permis de respecter, plan par plan, une réalité historique. Doublé de rencontres régulières avec Denise Toros-Marter, résistante et ancienne déportée, qui prête sa voix en ouverture et clôture du court-métrage. Invitée pour l’avant-première, elle n’a pu se déplacer pour des raisons de santé.

    « L’art permet de toucher quelques personnes et de les éveiller à des thématiques auxquelles ils n’auraient pas pensé avant », estime Sébastien Nourian. Mêler « Art et mémoire » est un thème qui a d’ailleurs été débattu en fin de projection.

  • Le PCF appelle à l’union sur un projet citoyen

    Le PCF appelle à l’union sur un projet citoyen

    À sept mois des élections municipales, dont le premier tour est fixé au dimanche 15 mars 2026, le PCF se lance dans la bataille à Cuers où aucune liste de gauche n’avait été présentée en 2020. « On fait partie d’un processus de construction avec l’ensemble de la gauche. Celle-ci a une légitimité importante à Cuers. Aux législatives, le Nouveau front populaire (NPF) est arrivé deuxième derrière le RN » avance Alain Bolla, l’un des initiateurs du projet.

    Pour vaincre l’extrême droite, qui a recueilli 54% des voix sur la commune aux législatives anticipées en juin 2024, les communistes lancent un appel au rassemblement : « On propose de construire des ateliers avec les gens pour monter un projet. À partir de là, on constituera la liste », explique Alain Bolla. Il envoie un message aux élus de gauche présents sur la liste de la majorité actuelle : « S’ils veulent nous rejoindre, il en va de leur responsabilité. Des gens de gauche sur une liste de droite (sic), ça brouille le message. » Et affirme cependant que « l’objectif n’est pas de faire tomber le maire Bernard Mouttet. Il a rattrapé une partie de l’inaction des deux derniers mandats, mais il faut aller plus loin. »

    Relancer des industries sur la commune

    Pour ce faire, le PCF promeut quelques axes de travail, en se basant sur la progression démographique de cette commune de quelque 11 500 habitants (+0,3% chaque année) : « La politique sur les écoles est importante, mais aussi dans le sport, la culture, l’éducation populaire, la citoyenneté. Toutes les politiques municipales doivent être traversées par le bien vivre à Cuers en travaillant les questions de prévention, de médiation, de sécurité et de justice, à travers le tissu associatif, et les services publics tels que l’école » affirme Alain Bolla, tout en précisant être « très réservé sur la sécurité “sécuritaire”. Il y a souvent un décalage entre le sentiment d’insécurité et la réalité. Il n’y a pas plus d’insécurité ici qu’ailleurs. » En filigrane, l’immigration, thème de campagne favori de l’extrême droite : « On en fait toute une histoire alors qu’il n’y en a pas plus qu’ailleurs. Il faut des outils pour accueillir et créer du lien », appuie Amaryllis Cimbron, autre porteuse du projet.

    Parmi les domaines d’actions concrets, est évoqué le renforcement de la politique éducative, avec la création d’un centre aéré et d’une piscine intercommunale « pour le savoir nager », ajoute la militante.

    Autre priorité : du pouvoir d’achat, notamment à travers les services publics (lire ci-dessous), et des politiques en matière d’emploi, via la création d’industries de véhicules anti-incendies, et de déconstruction des aéronefs. « C’est considéré comme non rentable par les industriels, mais c’est vertueux écologiquement et donc, à long terme, économiquement », insiste Alain Bolla.

    La gratuité des transports et la mise en place de moyens doux (pistes cyclables, bus verts…) sont aussi évoquées.

    Des mesures qui seront financées sans renoncer à l’impôt : « Nombre de maires font un budget et n’augmentent pas le taux d’imposition, par populisme. Mais l’augmentation est votée par les mêmes au niveau de la communauté de communes. L’impôt, c’est important, il faut le faire comprendre. C’est le socle de la solidarité », conclut le militant communiste.