Tag: chômage

  • Des jeunes en première ligne de la précarité

    Des jeunes en première ligne de la précarité

    La conjoncture se dégrade. Encore. Selon la Dares, le chômage des moins de 25 ans, qui frappe environ un jeune sur cinq dans le pays, a progressé sur le trimestre de 6,8% pour la catégorie A et de 4,4% pour les catégories A, B et C. Sur un an, il a bondi de 29,8% pour ceux sans aucune activité et de 19,5% en incluant l’activité réduite.

    La hausse du chômage des jeunes n’est pas un accident. Elle est le résultat d’un système qui les abandonne. Dans un communiqué, la CGT dénonce cette situation sociale, dont les jeunes sont « les premières victimes », évoquant une « précarité qui explose ».

    Investir dans l’avenir

    Derrière les chiffres, une réalité brutale : contrats courts, absence de perspectives, précarité durable. Les réformes de l’assurance chômage ont aggravé la situation, pénalisant les plus fragiles, notamment les jeunes, les saisonniers et les intérimaires. La politique de l’offre menée depuis de nombreuses années aboutie à une impasse.

    Pendant que France Travail voit ses moyens fondre alors que les besoins augmentent, les missions locales tentent de maintenir le cap avec des initiatives, comme le « Lab de l’engagement » à Marseille, qui redonnent confiance et envie d’agir à une jeunesse trop souvent abandonnée.

    Mais ces efforts locaux ne suffisent pas à compenser une politique nationale défaillante. Il s’agit désormais d’investir dans l’accompagnement, la formation, les services publics. Et cesser de culpabiliser une jeunesse qui subit les choix politiques. Car investir dans la jeunesse, c’est aussi investir dans l’avenir.

  • La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La pression monte sur le dossier ArcelorMittal. Une proposition de loi portée par le PCF est examiné, ce jeudi 30 octobre à l’Assemblée nationale, un autre sera présenté le 27 novembre par la France insoumise, sans compter le projet de mise sous tutelle du site de Dunkerque émanant du PS… Si la gauche saisit à bras le corps la question d’une nationalisation des actifs stratégiques du sidérurgiste, le débat ne se limite pas à la sphère politique. La CGT est en train de « monter un projet et de mener des études », affirme Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général du site de Fos-sur-Mer.

    « On porte la revendication de nationaliser les usines du territoire parce qu’il n’y a pas d’investissements à la hauteur des enjeux pour pérenniser les outils, les installations et assurer la santé et la sécurité des salariés au travail depuis des dizaines d’années », explique-t-il, faisant part d’une inquiétude particulière pour l’enjeu de décarbonation, condition indispensable pour se maintenir en Europe après 2030.

    À Dunkerque, le groupe a suspendu un projet d’investissement massif d’1,7 milliard d’euros, dont près de 850 millions d’aide promise par l’État, qui consistait à construire une unité de réduction directe de fer et deux fours électriques, justifiant cette décision par la non-compétitivité de l’acier produit en Europe. Finalement, ArcelorMittal a annoncé qu’il « avait l’intention » d’investir 1,2 milliard d’euros, à condition de la mise en place de mécanismes de protection de l’acier européen.

    Nécessaire décarbonation

    À Fos-sur-Mer, outre l’inauguration du four poche en septembre 2024 à l’occasion des cinquante ans du sidérurgiste, la CGT déplore « aucun projet de décarbonation ». La direction, elle, dit « travailler à un projet de four à arc électrique », mais des études complémentaires seront nécessaires avant d’arriver à une décision finale d’investissement. « La nationalisation permettrait d’engager les financements nécessaires, affirme le secrétaire général CGT du site. Selon les études de nos experts, si on décarbone et qu’on nationalise les actifs de l’entièreté des sites, il y en a pour 4,6 milliards d’euros. Si on ne le fait pas, en cas de désengagement d’ArcelorMittal, ça coûtera 7,7 milliards d’euros par an aux contribuables et à l’État, car il faut bien comprendre qu’on ne pourra pas continuer avec des hauts-fourneaux traditionnels vu les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l’UE. Donc les instances vont être plus coercitives pour forcer les entreprises à réduire leur empreinte carbone en 2030 puis à atteindre la neutralité 2050. »

    Réduction de 10% des effectifs à Fos-sur-Mer

    Reprendre le contrôle public de ces unités permettrait également de sauvegarder l’emploi dans les usines, mises à mal ces derniers mois. Le site dunkerquois est sous le coup d’une restructuration dans le cadre d’un vaste plan de suppression de plus de 600 postes au niveau national. À Fos, en septembre 2024, la direction avait annoncé réduire ses effectifs de 10%, après avoir pérennisé le fonctionnement à un seul haut-fourneau en juillet, « ce qui correspond à une baisse d’activité du site d’environ 40% », précise-t-elle.

    Le 8 octobre, un incendie a contraint le site à arrêter le haut-fourneau et l’aciérie et à prolonger l’arrêt programmé de la chaîne d’agglomération. Les équipes ont été réorganisées. « On est passé de 2 jours de chômage partiel à 9 ou 10 par mois selon les salariés postés ou les journaliers », détaille Stéphane Martins de Araujo. La direction du site envisage le redémarrage de l’aciérie début décembre, dans un mode temporaire. Malgré ce calendrier, « les travailleurs sont dans un état de stress », assure le secrétaire général CGT.

    Pour sauver ArcelorMittal, la CGT et la gauche poussent pour une nationalisation. Ainsi, les sénateurs communistes présentent ce jeudi lors de leur niche parlementaire, une proposition de loi visant à la « nationalisation des actifs stratégiques d’ArcelorMittal situés sur le territoire national » (lire ci contre), cosignée par les socialistes et les écologistes. Si l’idée fait son chemin, le gouvernement s’y refuse. Lors d’un débat télévisé le 13 mai, interrogé par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, le président Emmanuel Macron avait balayé cette revendication d’un revers de main : « Je ne vais pas nationaliser ArcelorMittal, parce que ce serait dépenser des milliards d’euros. » Pourtant, le groupe, qui se goinfre d’argent public, a dégagé un bénéfice net de 805 millions de dollars au premier trimestre 2025, tout en prévoyant plus de 600 suppressions d’emplois sur sept sites français.

    REPÈRES

    600

    C’est le nombre d’emplois que la direction d’ArcelorMittal a annoncé, en avril dernier, vouloir supprimer sur sept sites français : Dunkerque et Mardyck (Nord), Florange (Moselle), Basse-Indre (Loire-Atlantique), Mouzon (Ardennes), Desvres (Pas-de-Calais) et Montataire (Oise). Parmi lesquels 200 seront délocalisés.

    Les syndicats appelés à se prononcer le 7 novembreLes syndicats du groupe sont appelés à se prononcer sur le projet d’accord de plan social, le 7 novembre prochain, selon les informations de l’AFP. Pour être conclu, le texte devra être signé par des syndicats représentants au moins 50% du personnel. Avant ça, une dernière réunion de négociation est fixée le 4 novembre. La CGT ArcelorMittal, qui n’a pas l’intention de signer le document, pousse pour la nationalisation et soutient la proposition des sénateurs communistes soumise au vote ce jeudi dans le cadre de leur niche parlementaire.

    298

    millions d’euros. C’est le montant des aides publiques dont a bénéficié le groupe sur la seule année 2023, dont 195 millions à titre de taux réduits sur les factures d’énergie. Cette somme a été révélée par l’entreprise elle-même lors de l’audition de son président Alain Le Grix de la Salle par la commission d’enquête sénatoriale.

    Le plan protectionniste de l’UE pour « sauver » le secteur

    Le 7 octobre, la Commission européenne a présenté une batterie de mesures pour sauver le secteur de l’acier sur le continent qui compte plus de 2,5 millions d’emplois directs et indirects, en particulier en Allemagne, en Italie et en France. Sur l’année 2024 seulement, quelques 18 000 emplois directs ont été supprimés, une véritable saignée. Ainsi Bruxelles entend, entre autres, faire passer les droits de douane de 25% à 50% et diminuer de moitié les quotas d’acier étranger pouvant être importé sans surtaxe dans l’Union européenne.

  • Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Toujours pas de rebond économique notable en Occitanie, qui néanmoins ne s’en sort pas si mal comparé au reste de l’Hexagone. Voilà la tendance issue de la dernière note de conjoncture de l’Insee pour le deuxième trimestre 2025.

    Comme les autres régions, l’Occitanie souffre d’une mauvaise conjoncture. « En France, il n’y a pas de confiance et peu de croissance », résume Katia Le Goaziou (Insee) qui avance deux causes majeures. D’abord le fait que « le protectionnisme des États-Unis [les droits de douane de Trump, Ndlr.] a mis à mal le commerce mondial. La zone Euro est fortement affaiblie ». Ensuite la morosité dans l’Hexagone due à l’impasse politique. Malgré une moindre inflation (+0,8% en août), « les taux d’épargne battent des records. Les ménages ne consomment pas et les acteurs économiques hésitent à investir ». Et la cheffe du service études et diffusion de l’Insee de préciser : « Il existe un attentisme traditionnel avant les périodes électorales, et le contexte budgétaire peut jouer sur les investissements. »

    Malgré tout, l’Occitanie tire plutôt son épingle du jeu. Le second trimestre est synonyme de « léger mieux » côté emploi salarié qui s’accroît de 0,3% (+5 700 emplois), soit 0,1 point de mieux qu’en France. Une légère hausse due à un rebond dans le tertiaire marchand hors intérim (+0,4% ; +3 600 emplois), essentiellement grâce à l’hôtellerie-restauration (+2 400 emplois). L’intérim progresse lui aussi (+1% ; +500 emplois). En revanche, en dépit d’une hausse dans l’aéronautique et le spatial, l’emploi industriel reste stable comme en France et se contracte dans la construction (-0,6% ; -800 emplois). À noter qu’avec les Hautes-Pyrénées (+0,5%) et le Gard (+0,4%), l’Hérault (+0,6%) fait partie des trois bons élèves d’Occitanie.

    Le taux de chômage régional n’en reste pas moins « très élevé » (8,9% contre 7,5% en France) tout en étant stable car « la population active continue d’augmenter en Occitanie », explique François Hild, chargé d’études. La Lozère est épargnée (4,7%) mais les Pyrénées-Orientales conservent leur bonnet d’âne national avec un chômage qui culmine à 11,9%.

    Au deuxième trimestre, l’activité économique régionale est donc relativement stable
    (-0,1%). Elle diminue dans la construction, les services marchands (communication, informatique…), les services immobiliers et aux ménages. L’activité progresse dans les services non marchands et l’industrie, notamment la fabrication de matériel de transports « malgré les difficultés d’approvisionnement d’Airbus », précise François Hild. À noter des disparités : l’Hérault accuse un léger retrait (-0,2%), le Gard un regain (+0,4%).

    Concernant les secteurs d’activité, le tourisme affiche la meilleure santé avec 7,2 millions de nuitées (hors campings), avec un rebond pour les hôtels (+2,2%). Le littoral et les zones urbaines (surtout Montpellier et Toulouse) profitent d’une recrudescence des touristes étrangers (+7,6%). En dépit d’un niveau encore « historiquement faible » (36 200 logements en un an, soit -4,5%), la construction amorce peut-être sa reprise. Entre avril et juin, 10 800 logements ont été mis en chantier (+18%).

    Enfin, on note un dernier contraste chez les entreprises. Si les créations (26 300 ; +0,7%) se maintiennent à un niveau élevé en Occitanie, la hausse reste supérieure en France (+4,2%). Quant aux défaillances d’entreprises, elles continuent de croître. En un an, la région a ainsi perdu 6 100 sociétés. C’est de 10 points de plus que l’année précédente.

    « En France il n’y a pas de confiance et peu de croissance »

  • Sanctions contre les chômeurs : l’État attaqué en justice

    Sanctions contre les chômeurs : l’État attaqué en justice

    Dix associations, dont le Secours catholique, Emmaüs France et ATD Quart-Monde, ainsi que plusieurs syndicats (CFDT, CGT, Unsa, Solidaires), ont déposé quatre recours devant le Conseil d’État contre le décret du 31 mai 2025. Ce dernier instaure un nouveau régime de sanctions pour les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires du RSA.

    Ce texte, issu de la loi « plein emploi » de décembre 2023, prévoit notamment des suspensions d’allocations pouvant aller de 30 à 100%, pour une durée d’un à quatre mois, en cas de manquement aux obligations définies dans un « contrat d’engagement ». Un demandeur d’emploi doit, en effet, élaborer ou actualiser un contrat d’engagement prouvant qu’il recherche bien un travail.

    Les associations dénoncent une atteinte aux droits fondamentaux et une logique punitive qui fragilise les plus précaires. Le décret introduit le principe de « suspension-remobilisation », censé éviter les radiations automatiques. Mais, dans les faits, les sanctions peuvent être déclenchées pour des absences à des rendez-vous, des formations non suivies ou encore des démarches jugées insuffisantes. Cette disparité territoriale est pointée comme source d’inégalités.

    Lors d’une conférence de presse, Denis Gravouil, pour la CGT, a rappelé que « le non-recours aux droits est déjà considérable », indique Le Parisien. Elie Lambert, secrétaire national de l’union syndicale Solidaires, a accusé le gouvernement de provoquer « le découragement des allocataires, pour les dissuader de solliciter ce filet de survie », rapporte Le Parisien.

    « Une culture du contrôle »

    La « suspension-remobilisation » permet de sanctionner « plus, plus fort et plus vite », a dénoncé Lydie Nicol pour la CFDT, citée par Les échos. « Alors que ça devrait être une question de principe, ça devient une sorte de rétribution au mérite », a critiqué de son côté Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme.

    Le collectif argumente dans un communiqué que le décret porte « atteinte au droit et à des moyens convenables d’existence » avec la suppression du RSA. Il épingle un manque de proportionnalité et des inégalités entre les différents départements.

    Les Départements, compétents pour le RSA, disposent d’une large autonomie pour fixer les seuils de suspension ou déléguer cette tâche à France Travail.

    Luc Chevalier, syndiqué à Sud et agent à France Travail, a cité des cas de départements dans lesquels le taux de sanction était systématiquement maximal. « Il y a un arbitraire total au service de la volonté de la direction de France Travail d’instaurer une culture du contrôle », a-t-il critiqué après des échos.

    « L’objectif, c’est de viser l’abrogation »

    Une fois notifié, le demandeur d’emploi a dix jours pour contester la décision, « ce qui, par rapport à la difficulté de vie de ces personnes, paraît complètement inadapté », selon Isabelle Doresse, vice-présidente d’ATD Quart-Monde. « Les moyens n’ont pas été mis au regard de la charge de travail supplémentaire », a estimé Vincent Lalouette, représentant de la FSU et agent de France Travail, appuyé par Elie Lambert, lui aussi employé de l’opérateur public, qui a critiqué luis aussi « une culture du contrôle ».

    Cette mesure appauvrit encore plus les plus précaires, selon ces associations. « L’objectif, c’est de viser l’abrogation de ce décret », insiste auprès de Radio France Sophie Rigard, chargée de plaidoyer au Secours Catholique. Travail pointe, au contraire, un nouveau barème de sanctions plus juste et progressif.

  • Liquidation aux Galeries Lafayette et la fin d’une époque

    Liquidation aux Galeries Lafayette et la fin d’une époque

    « Je suis furieuse, vraiment. C’est un si bel établissement… des produits de qualité, des vendeuses toujours attentives », lâche depuis les rayons du Centre Bourse Fadila la cinquantaine, « cliente marseillaise du 7e » précise-t-elle avant de poursuivre : « Je compare, puis j’attends les soldes. Je ne vais pas sur internet. » Tout à côté, dans le rayon foulards, où les étiquettes annoncent le -70% dès mercredi, se trouve Marie-Anne, 75 ans : « Ici, tout me plaît. C’est de la qualité, certes pas forcément à portée de bourse. Je venais déjà rue Saint-Ferréol aux Nouvelles Galeries avec ma mère qui m’habillait à Noël et à Pâques pendant les périodes de promotion. »

    Parquet au sol, tout est bien rangé par thème et mis en valeur dans les vitrines. Daniella, la vingtaine est plongée dans un bac de sacs à main. « J’aimais bien venir. Je rêve un peu dans ce magasin », lâche la jeune fille.

    Véritable vitrine pour les fabricants locaux représentant pour certains jusqu’à 50% du chiffre d’affaires, le grand stand central de créateurs marseillais accueille les visiteurs. Cigale, hirondelle, fleurs de badiane fluo, les objets de décoration signés Monochromic sont des produits d’appel avec ses classiques jamais ringard. Marseille en vacance invite à apprendre les expressions locales les plus typiques, les plus drôles. Ou encore Theline et sa signature avec un trait métallique qui symbolisent la ville. La vendeuse responsable y était… pour tout. Après le 29 novembre, ce sera le chômage, où la retraite pour nombre des salariés, majoritairement des femmes. Les 145 travailleurs des magasins du centre-ville et du Prado seront licenciés.

    La fin d’une époque

    Beaucoup d’émotion dans les rayons, pour les clientes, mais aussi pour celles qui travaillent et étiquettent la liquidation.

    Entre 1850 et 1930 parallèlement à l’essor des transports et de l’industrie, c’est l’âge d’or, les grands magasins reflètent l’évolution de la société. Ils ont révolutionné les modes de consommation tout en inventant une organisation sociale nouvelle, souvent comparée à une ruche, avec une multitude d’employés. À Marseille, ce sera 1925 pour les Dames de France rue Saint-Ferréol, devenues Nouvelles Galeries, puis fermées en 2018, pour renaître dans le centre commercial Prado la même année. Le centre Bourse inauguré en 1977, à l’époque se veut futuriste. En 2015, il fait peau neuve, avec une nouvelle façade en forme de vague, puis un agrandissement l’année suivante assorti d’une rénovation de l’intérieur entamée en début d’année 2017. Huit ans plus tard, rien n’y aura fait. Les Galeries Lafayette tirent le rideau pour laisser la place aux magasins discounts, au grand dam des pouvoirs locaux impuissants devant ce raz-de-marée.

    L’OM au Prado Shopping ?

    Au centre commercial Prado Shopping, les milliers de mètres carrés sur 4 niveaux laissés vacants par les Galeries Lafayette sont à portée de crampon du Stade Vélodrome, sur le boulevard Michelet. Selon nos confrères d’Ici Provence, l’Olympique de Marseille serait très intéressé pour créer une nouvelle boutique OM plus grande, mais aussi un restaurant aux couleurs du club. Reste à savoir ce qu’en pense le groupe Klépierre propriétaire des lieux.

  • Chez les seniors, des clés pour ne pas battre en retraite

    Chez les seniors, des clés pour ne pas battre en retraite

    Laurence attend un beau cadeau d’anniversaire. Ce jeudi, cette Avignonnaise fêtait ses 51 ans et espérait retrouver un travail. « Je suis au chômage depuis juin, je n’avais quasiment jamais connu cette situation jusque-là. Je suis assistante polyvalente, on m’avait rassuré en disant qu’il y avait des offres mais c’est compliqué », constate-t-elle. Son âge est un frein selon elle. « Je l’ai enlevé de mon CV depuis peu pour passer un premier filtre et avoir des entretiens », expose-t-elle.

    Des Laurence, le bassin du Grand Avignon en compte 6 400. Autant de seniors, soit plus de 50 ans selon France travail, en recherche d’emploi. Autres éléments chiffrés : 32% des seniors du territoire sont à France travail depuis plus d’un an, contre 21% en moyenne pour les autres catégories. Enfin, 28% d’entre eux ont un taux de retour à l’emploi sur un mois contre 38% pour les moins de 50 ans. Des statistiques éloquentes exposées ce jeudi matin à l’hôtel de ville d’Avignon. Dans le cadre de la Semaine bleue, la municipalité y organisait avec France travail une matinée dédiée à l’emploi des seniors. « Cela conjugue la volonté de la Ville d’offrir ce service à ses habitants, au moment où le gouvernement dit qu’il n’y a pas de fatalisme sur l’emploi et alors que France travail déploie une offre de services renforcée pour les seniors où on met le paquet sur l’accompagnement personnalisé », campe Jean-Louis Peignien, directeur de l’agence France travail d’Avignon.

    Bientôt un actif sur trois

    à plus de 50 ans

    Lors de la table ronde, on cajole ces jeunes seniors à coups de « talents expérimentés » en insistant dans la vie des entreprises à lutter contre les stéréotypes sur l’âge, à encourager le partage des compétences et former sur la 2e partie de carrière. « D’ici à 2030, un actif sur trois aura plus de 50 ans, rappelle Fabrice Greffet, directeur des relations publiques du groupe d’insertion La Varappe, et président du comité inclusion du Medef Sud. On a longtemps perçu les seniors comme trop chers et moins adaptables, or c’est une ressource à ne pas négliger. » « L’âge n’est pas un sujet dans l’entreprise », assure la DRH d’ID Logistics qui constate « un frein » chez les seniors à candidater. Présent au job dating, Rémi Marconnet, directeur de l’agence Laforêt à Avignon, note que « 70% de ses employés ont plus de 50 ans ». Il recherche tous les profils. « Dans l’immobilier, avoir du vécu est rassurant aussi bien pour nos acheteurs que nos vendeurs », plaide-t-il.

    Micro en main, Marie-Ange, « licenciée après 38 ans de boîte au sein d’une entreprise qui a été liquidée », vient apporter des bémols. « L’expérience peut être un moins, j’ai eu de multiples entretiens dont un où on n’était plus que deux et c’est la plus jeune qui a eu le poste, l’âge a pesé dans la balance », témoigne-t-elle et perdant « un peu confiance » au bout d’un an de chômage. Une autre parle « d’une convention d’immersion de 15 jours réussie » qui a débouché sur un emploi pérenne. « On sait qu’après 50 ans ça peut être compliqué quand on est charpentier par exemple mais ces profils-là peuvent ensuite former les plus jeunes », fait valoir Anne Chabrier, chargée de mission chez France travail. Et montrer ainsi que la valeur traverse le nombre d’années.

  • [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    [Grand Entretien] Alexandre Gautier, directeur Insee Occitanie : « Donner le goût des vrais chiffres aux citoyens »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre
    à nos questions. Ce vendredi, Alexandre Gautier, nouveau directeur régional de l’Insee Occitanie. L’économiste de formation explique en quoi l’institut de la statistique éclaire les politiques publiques à l’heure de l’IA, du scepticisme et des fake news.

    PARCOURS

    LM : Vous êtes à l’Insee depuis 1997. C’est une vocation ?

    Alexandre Gautier : Je suis un pur produit de l’Insee, formé dans ses écoles. J’ai assez peu quitté l’Insee et jamais la statistique publique. Économiste de formation, j’ai travaillé à la direction générale en début de carrière. Puis mon parcours m’a fait passer par l’Outre-Mer à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie (directeur), en Corse (directeur adjoint). Puis récemment directeur adjoint en Paca. Dernièrement j’étais retourné aux affaires financières à la direction générale. Je connais bien la maison, ses envies, projets, problématiques… En Occitanie, ce sont 280 personnes. Je vais faire les trajets entre Montpellier et Toulouse. Il y a des convergences à trouver, des points à mutualiser avec de la solidarité.

    RÉGION OCCITANIE

    LM : Des créations d’emplois mais un taux de chômage élevé. D’où vient ce paradoxe régional ?

    A.G. : Ce paradoxe a une explication assez simple et contre laquelle on ne peut pas grand-chose. C’est que l’Occitanie est extrêmement attractive. La croissance démographique y est très rapide (+1,2% par an), la plus élevée en France continentale. Cela signifie qu’il faut créer beaucoup d’emplois pour absorber cette croissance. Il s’en crée plus de 30 000 en moyenne par an. C’est énorme, probablement suffisamment dans les phases ascendantes du cycle économique mais pas assez dans la phase descendante. Historiquement, les régions du Sud de la France qui sont moins industrielles, on a des taux de chômage plus élevés. Les salaires sont généralement liés au tissu productif. L’industrie est plutôt rémunératrice. On le voit vers Toulouse avec Airbus, un peu à Montpellier avec l’informatique.

    L’industrie du Gard va mal…

    A.G. : Je n’ai pas de données pour l’instant. Mais l’emploi industriel, facteur d’appréciation de la vitalité économique, est l’un des indicateurs que l’on regarde en premier. On va aussi finement regarder les saisonniers pour le tourisme, l’agriculture. Il y a plusieurs angles sur les saisonniers : le revenu, le logement, les transports.

    Vos prochaines études ?

    A.G. : Les grands axes restent la statistique démographique et sociale avec des projections, pas des prévisions. On sait de quels scénarios, hypothèses on parle. Que se passe-t-il si la fécondité diminue, se maintient, repart ? À 30 ans, les résultats diffèrent. On va travailler sur le numérique, l’aéronautique, la filière automobile. On s’intéresse aussi à la réindustrialisation.

    Fonctionnement

    L.M : Comment choisissez-vous vos sujets d’étude ?

    A.G. : Nous avons des travaux d’enquête réalisés partout comme le recensement, le calcul du taux de chômage… Et puis il y a les études que l’on produit localement. On choisit nos sujets en fonction des politiques publiques. De quoi ont besoin la Dreal, le rectorat, la Région, le conseil départemental… ? On a aussi des sujets plus généraux comme la démographie. La moitié de nos travaux reste du national pur. À Montpellier, on est spécialistes de la statistique d’entreprises liées au tourisme, des infographies numériques.

    Comment conserver votre objectivité quand une étude vous est commandée par un partenaire, une collectivité ?

    A.G. : Nous faisons des partenariats public/public. Il peut y avoir des contreparties financières mais pas systématiquement. L’idée c’est de mettre deux matières grises en commun pour éclairer un sujet. S’ils font appel à nous c’est pour la rigueur de notre expertise. Notre réputation s’appuie sur l’absence de biais de nos travaux. Nous conservons notre objectivité totale et nous publions systématiquement, y compris des résultats qui pourraient déplaire à nos partenaires. Tous nos travaux sont rendus publics sur notre site.

    Que change l’IA pour vous ?

    A.G. : Nous développons des modèles fondés sur l’intelligence artificielle (IA) depuis déjà plusieurs années. L’IA grand public est générative. Est développé à l’Insee le « machine learning », qui permet de coder automatiquement pour aller plus vite. Nos emplois se transforment. On a eu bien sûr une décroissance rapide de nos agents de l’Insee. La société se transforme, les outils sont différents d’il y a 20 ans. On a moins besoin de reprise manuelle. Notre structure a changé : on a plus de cadres, de data scientists, d’ingénieurs et moins d’agents de gestion. Nos travaux sont rédigés par des humains.

    INSEE

    LM : Qu’est-ce que l’Insee ? À quoi ça sert ?

    A.G. : Il y a souvent confusion, on pense que l’Insee est une agence, un établissement public. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est une direction du ministère de l’Économie et des Finances. La loi précise que l’Insee est indépendant. Il n’y a donc aucune collusion entre les données produites et par exemple l’administration fiscale ou autre. Il n’y a jamais de données nominatives permettant de recouper des informations. Nos études et analyses produites en région ont un objectif : éclairer les politiques publiques, donner un cadrage. Par exemple, on va travailler avec le rectorat et le conseil régional à projeter la population des lycées à l’horizon 20-30 ans.

    Rencontrez-vous du scepticisme vis-à-vis de l’Insee ?

    A.G. : La question est moins celle de l’appartenance à un ministère que de la transformation numérique de la société. Le rapport du citoyen à la donnée, à l’information, a complètement éclaté avec Internet. Il peut y avoir de la défiance dans nos enquêtes en face-à-face un peu plus difficiles qu’avant. Il faut prendre le mal à la racine. Essayons de réussir une certaine acculturation des jeunes publics à la statistique, à la donnée, qu’on sait distinguer de la fake news, du chiffre sorti de nulle part. Lire une statistique, ça s’apprend. On a des partenariats avec les Rectorats dans toutes les régions. On livre des kits aux enseignants de tous niveaux, on est en appui. Il faut réussir à donner le goût des vrais chiffres à ceux qui seront les citoyens de demain.

    Comment entre-t-on à l’Insee ? Un conseil à donner ?

    A.G. : L’Insee c’est la fonction publique, donc les concours toutes catégories, on a des écoles. L’Insee recrute aussi des contractuels. Nos annonces sont sur le site choisirleservicepublic.fr Je conseillerais à un lycéen de postuler à un stage d’observation chez nous.

    Comment marche le recensement ?

    A.G. : Depuis 2004, le recensement n’est plus exhaustif dans les villes de plus de 10 000 habitants. On interroge 8% de la population par an. Au bout de 5 ans on a environ 40% d’une ville ce qui donne une très bonne idée de la population. Il n’est donc pas anormal qu’en 5 ans on puisse ne pas avoir été interrogé. Dans les communes de moins de 10 000 habitants, le recensement a lieu tous les 5 ans de manière exhaustive. La réponse est obligatoire, le recensement est encadré par la loi. La logistique est largement à la charge des communes qui recrutent et rémunèrent les agents recenseurs.

  • « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre sur Ambroise Croizat et les 80 ans de la Sécurité sociale ?

    Emmanuel Defouloy : Dans les tout prochains jours, on va célébrer les 130 ans de la CGT et les 80 ans de la Sécu. Dans ce double contexte, il m’a paru intéressant de retrouver la mémoire sur le personnage qui relie les deux histoires. Ambroise Croizat. Au fil de sa vie, on perçoit bien, l’immense apport du mouvement ouvrier à travers ces organisations syndicales et politiques au modèle social français. Je pensais qu’il était très important de souligner d’où était partie l’idée de la Sécurité sociale.

    C’est quoi exactement ce modèle bien français ?

    E.D. : À travers la vie de Croizat, on peut retrouver la mémoire des principes originels de la Sécu telle qu’elle a été bâtie en 1945-1946 par ce ministre cégétiste et communiste et par le haut fonctionnaire Pierre Laroque. Les piliers sont au nombre de 4. D’abord, c’est la centralité de la cotisation. Ça ouvre des droits pour un système qui socialise des moyens entraînant une grande puissance redistributrice – ce qui n’a rien à voir avec l’impôt. Ensuite c’est le besoin humain qui l’emporte sur le financement qui doit suivre. Et cela a formidablement bien marché pendant 30, 40 ou 50 ans. En 2000, le système français était encore placé n°1 dans le monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aujourd’hui c’est l’inverse. On fixe un plafond de dépense quitte à baisser les prestations. Les cotisations sont passées de 94% en 1980 à 57% en 2025. Le troisième principe repose sur le fait que Croizat, comme Laroque, était très attaché à la gestion des caisses de Sécu par les assurés, à travers le représentant qui étaient les syndicats. Fin de ce système en 1967, pour étatiser la Sécu en 1995-1996, et abandonner la gestion socialisée. Voilà pourquoi, il est très important de revenir aux principes originels. Enfin, en regard avec les lacunes des caisses d’assurances sociales qui dépassaient le millier et marchaient mal, il a été décidé d’une organisation unique. Une grosse bataille portée par Pierre Laroque et soutenue par une majorité de gauche, soit la CGT, le PCF, le SFIO, de l’Assemblée consultative provisoire (ACP) dans un vote important dès le 31 juillet 1945. Croizat était alors président de la commission du travail et des affaires sociales de cette ACP. Juste avant d’être ministre.

    L’empreinte de Gaulle dans tout ça ?

    E.D. : À la demande des milieux chrétiens familialistes, de Gaulle leur a accordé l’autonomie des caisses d’allocations familiales. Après la guerre, il y a donc environ 138 caisses de Sécu, soit un peu plus d’une par département et 111 caisses d’allocations familiales. Attention la Sécu, c’est 4 branches, l’Assurance maladie, le versement des retraites, les allocations familiales et la couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles. Du fait du plein-emploi d’après guerre, l’assurance chômage n’a pas été incluse, et elle ne l’est toujours pas. Alors qu’elle pourrait l’être.

    Pourquoi Croizat est-il surnommé le ministre des travailleurs ?

    E.D : Depuis 1936, Croizat est secrétaire général de la CGT Métallurgie. Il sera nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale en novembre 1945. À partir des ordonnances de 1945, il bâtit la Sécu en 18 mois. On ne se rend pas bien compte de l’incertitude des lendemains sans protection sociale dans laquelle vivaient les classes populaires. Si votre enfant avait une maladie grave, si vous n’aviez pas les moyens, pas d’opération possible. C’était la mort. S’il n’y avait pas de système de retraites, du jour au lendemain, vous n’aviez plus de moyens pour vivre. Il voulait mettre les Françaises et les Français à l’abri du besoin. Ses réformes ont transformé leurs vies, avec une augmentation très forte de l’espérance de vie, et lui ont fait gagner le surnom de “ministre des travailleurs”. Depuis 1906, c’est le seul ministre du travail qui a été un ouvrier. La Sécu est une œuvre civilisatrice. Aujourd’hui encore, réformer cet héritage est très impopulaire pour près de 70% des Français.

    Présentation débat du livre d’Ambroise Croizat. Aux Rotatives de La Marseillaise. Le 25 septembre à 18h30. Entrée gratuite.

  • À Brignoles, à l’épreuve de la difficile mobilisation des salariés du privé

    À Brignoles, à l’épreuve de la difficile mobilisation des salariés du privé

    Jeudi, après les manifestations de Saint-Raphaël et Draguignan (10h), puis celle de Toulon (14h), c’est celle de Brignoles qui fermera la marche, à partir de 15h, au départ des berges du Caramy. L’intersyndicale CGT et Unsa espère y voir 700 personnes, tenant à conserver une dimension locale, notamment en raison de la présence de la Confédération paysanne, qui s’est jointe au mouvement. « Un mouvement social s’ancre localement. On a l’ambition, par la grève, de le construire par le haut. Mais on veut surtout le construire par le bas, que les salariés se réunissent en assemblée générale, discutent », détaille Quentin Dauphiné, délégué FSU et enseignant au lycée Janetti de Saint-Maximin.

    D’autant plus que le territoire brignolais, et les 102 000 habitants de la communauté de communes de la Provence verte, n’échappent pas à la paupérisation latente : « 40% des familles du territoire ne partent pas en vacances, 59% de la population de l’arrondissement se posent des questions sur les frais de soin et de loisir. Et on a 12% de chômeurs. Le revenu médian est de 1 634 euros », alerte Michel Debruyne, retraité de la Poste et militant CGT.

    « Un rapport de personne à personne »

    Mais mobiliser n’est pas chose aisée. Les autres forces syndicales (CFDT, FO, Solidaires…), pour certaines peu ou pas présentes sur le territoire, n’ont pas donné de réponse. Néanmoins, le problème réside surtout dans la dépossession des salariés de leur pouvoir de décision, du fait, notamment, de la pression supplémentaire exercée sur eux avec la réforme de l’assurance chômage, et la crainte de perte d’emploi. « Il y a une pression permanente sur les conditions de travail des salariés. Elle ne redescend pas quand ils sont demandeurs d’emploi, avec toutes les épées de Damoclès comme celle de la rupture conventionnelle pour laquelle le Medef veut supprimer l’assurance chômage. C’était ce qui permettait de se réorienter avec un revenu garanti. Mais depuis 2017, le salarié ne cotise plus à l’assurance chômage, seul le patronat le fait. Le rapport de force est biaisé », fustige Céline Germain, déléguée CGT France Travail Paca. « Si on prend l’exemple de la Poste, elle discute avec l’État et l’Association des maires de France. Les organisations syndicales ne sont pas invitées, bien que porteuses de propositions », déplore Michel Debruyne.

    Si certaines cellules syndicales, comme celle de Primark à Avenue 83, se mobilisent, ce n’est pas le cas partout. « On manque de syndicats organisés », regrette Corinne Perrier, déléguée CGT éduc’action et enseignante au collège d’Arbaud de Barjols. Ce qui mène à des situations critiques, comme à Nicopolis : « On a des échos de salariés qui parlent de dictature. Un jour, l’un d’eux est venu nous voir avec un coquard. On est confronté à un salariat éclaté dans des petites et moyennes entreprises. La mobilisation collective a perdu ses repères, la solidarité s’est étiolée et les gens sont confrontés à un rapport de personne à personne, ce qui fait que c’est compliqué pour les salariés de venir à la grève. Il faut voir comment créer une organisation syndicale dans ces entreprises en partant des besoins des salariés », milite Michel Debruyne.

  • Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Il est 10h ce jeudi, l’antenne d’urgence du Secours populaire n’a ouvert que depuis une trentaine de minutes mais il y a déjà du monde dans les rayons de la braderie solidaire. Ouverte du mardi au jeudi, de 9h30 à 12h, cette antenne est située juste en dessous du siège départemental, sur le chemin de Gibbes (14e) à Marseille. Un lieu qui permet aux personnes du quartier de venir trouver des habits contre une participation solidaire, des colis alimentaires ou un accompagnement juridique.

    Entre les placards remplis de jouets pour les enfants et les portants d’habits, Mustapha, la cinquantaine, est à la recherche de chaussures. Cela ne fait que deux ans que ce père de cinq enfants vient chercher des habits à la braderie. « Depuis le coronavirus, tout a augmenté. Ça fait deux ans qu’on a besoin de venir ici, parce que c’est la crise. Ici je trouve des vestes, des habits et des chaussures pour moi ou pour mes enfants », explique-t-il, gêné. Mais il ne vient pas prendre de colis alimentaires, précise-t-il. Le point de vente solidaire du Secours populaire ne nécessite pas d’être inscrit, chacun peut donc venir y faire ses achats et participer à hauteur de ses moyens.

    Porte d’entrée

    Le lieu est aussi la porte d’entrée des nouveaux aidés, puisque c’est ici que les inscriptions se font pour avoir accès aux colis alimentaires. « On fait une dizaine de nouvelles inscriptions tous les jours [d’ouverture] », explique Samira, en charge des inscriptions ce matin. Bénévole depuis 2018, elle remarque que les personnes qui viennent demander de l’aide ont des profils de plus en plus divers. « Il y a ceux qui n’ont pas de carte de séjour ou qui demandent l’asile, mais il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir », témoigne-t-elle. Face à la montée de la précarité étudiante, l’association a d’ailleurs développé le Solidar’bus qui fait des distributions de colis à la sortie des cours.

    Ce matin ce sont Zorha, Naima et Samira qui assurent l’accueil et la distribution de la nourriture. Après avoir demandé les papiers d’identité des nouveaux « accueillis », Samira vérifie sur une base de données que les personnes ne sont pas déjà inscrites. Elle s’assure ensuite qu’elle ne touche pas plus de 1 000 euros par mois, ce qui est la condition pour avoir le droit à l’aide.

    Ce matin-là, c’est une bénévole du Secours populaire qui vient demander de l’aide à Samira. Habitant avec son mari et sa fille, avec un revenu de 800 euros par mois, elle a décidé de s’inscrire pour recevoir des colis alimentaires. « Je connaissais le lieu, parce que j’aide à la distribution de nourriture. Mais c’est la première fois que je viens demander de l’aide », explique la mère de famille, d’une voix timide. Comme elle ce jeudi, ils sont cinq à avoir fait leur première inscription pour l’aide alimentaire.

    Dans les Bouches-du-Rhône, de nombreux aidés par le Secours populaire deviennent par la suite bénévoles. Naima a par exemple d’abord été aidée par l’association, avant de passer de l’autre côté du comptoir, il y a trois ans. « Dès que j’ai su qu’ils faisaient des cours d’aide au numérique, j’ai voulu participer parce que je suis informaticienne », affirme fièrement Naima.

    Coupures de droits

    L’antenne offre également un accompagnement juridique. « Cela va de la prise de rendez-vous avec la Sécu, aux demandes d’asile, en passant par le droit à la culture ou aux vacances, explique Djazia, juriste de profession. Tout ce dont la famille peut avoir besoin, on est là pour les accompagner. J’aide aussi beaucoup sur les coupures de droits », précise la bénévole. Selon la juriste, le changement de politique pour toucher le RSA a impacté beaucoup de ses bénéficiaires. « Certains n’ont jamais été inscrits à France Travail et donc ne savent pas faire, ce qui entraîne la fin de leurs droits », se désole-t-elle. Des coupures dans les aides de plus en plus fréquentes qui obligent certains à se tourner vers la distribution alimentaire du Secours populaire en l’absence de tout revenu…

    « Il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir »