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  • Un ouvrier de Lhoist Chaux de Provence se tue dans une chute de 30m

    Un ouvrier de Lhoist Chaux de Provence se tue dans une chute de 30m

    Le drame s’est noué tôt, ce mardi matin. C’est vers 8 heures qu’un ouvrier a fait une chute mortelle d’une trentaine de mètres. La victime, âgée d’une quarantaine d’années, intervenait au troisième niveau du four sur le site de Lhoist Chaux de Provence la Mède, une carrière située à Châteauneuf-les-Martigues. Sur place, les pompiers ont tenté de le ranimer, en vain.

    L’usine, détenue par le groupe familial belge Lhoist, emploie une petite trentaine de salariés et produit des solutions à base de chaux destinées principalement au génie civil, au traitement des fumées, des eaux usées et des boues, au papier et à la sidérurgie.

    Michel Bianco, co-président du Carrefour citoyen de Venelles et membre d’un collectif de familles de victimes, note : « Les chutes de hauteur sont l’une des principales causes d’accident de travail. On dénombre deux accidents mortels par jour en France, on est l’un des pays les plus mal classés en Europe. »

    En cause, selon lui, un manque de culture de la prévention et, parfois, une pression managériale sur les délais de production. « Il faut aussi poser la question de la sous-traitance : quand les entreprises externalisent, elles externalisent aussi la santé et la sécurité », souligne-t-il.

    En 2024, l’Assurance maladie a dénombré 710 000 accidents du travail, dont plus de la moitié a entraîné un arrêt. La même année, près de 800 décès sont survenus sur un lieu de travail.

  • Total s’associe à Air Liquide pour décarboner son process

    Total s’associe à Air Liquide pour décarboner son process

    Total La Mède poursuit sa mue. Après avoir transformé la raffinerie fossile en bioraffinerie en 2019, la direction avait annoncé un projet de décarbonation de 14% de l’hydrogène nécessaire au process grâce à un électrolyseur de 50 MW en 2021. « Finalement le projet qu’on vous présente a évolué : il va couvrir 100% des besoins en hydrogène avec un partenaire, Air Liquide », annonce Guillaume Eveno, à la tête de la plateforme depuis le 1er février dernier, lors de la réunion publique de lancement de l’enquête publique ce lundi 13 octobre.

    Concrètement, le groupe international spécialiste des gaz industriels va construire et exploiter une unité de production d’hydrogène d’une capacité de 25 000 tonnes par an sur le site de Châteauneuf-les-Martigues qui recyclera les coproduits issus de la bioraffinerie. Cet investissement permettra à Total de mettre à l’arrêt son reformer, un appareil qui reforme de l’hydrogène « à partir d’une partie du pétrole ». « Ce qu’on propose dans ce projet-là c’est de ne plus dépendre des carburants fossiles pour faire cet hydrogène, mais de le faire à partir de nos bioproduits, avec cet impact : 130 000 tonnes de CO2 en moins par an », poursuit le directeur.

    Total ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et prévoit également d’installer deux électrolyseurs, l’un de 20 MW et l’autre de 50 MW d’ici 2030. « L’objectif c’est de pouvoir alimenter la région en hydrogène décarboné », explique Guillaume Eveno en précisant néanmoins : « Ce projet ne fait pas partie de la concertation. »

    Le PPRT inchangé

    Dans la salle peu remplie, les interrogations portent sur les nuisances et les risques d’un tel projet. En parallèle de cette nouvelle unité de production et des deux électrolyseurs, trois unités de Total devenues inutiles seront mises à l’arrêt. En additionnant les impacts « il y aura une vingtaine de phénomènes dangereux en moins, et ils seront plus éloignés de la commune », affirme François Wioland, responsable de projet au sein de la raffinerie. En d’autres termes, il n’y aura « pas de renforcement du risque, ni en distance ni en intensité, donc le Plan de prévention des risques technologiques ne bouge pas ». Côté impact sanitaire et odeurs, le volume de fumée sera réduit de 25% selon les calculs des industriels, et le gaz naturel, moins chargé en soufre et en particules d’oxyde d’azote, se substituera au gaz de raffinerie.

    Total doit cependant faire face à un défi : ces changements engendreront une explosion de la consommation d’eau (+38 m3 par heure). « En parallèle le site s’est engagé à ne pas augmenter sa consommation globale, donc il va falloir trouver des moyens », résume Guillaume Eveno.