Tag: chanson

  • [Entretien] Bertrand Belin : « Chanson et poésie entretiennent un rapport évident »

    [Entretien] Bertrand Belin : « Chanson et poésie entretiennent un rapport évident »

    La Marseillaise : Vous avez dévoilé l’an dernier votre 8e projet musical. Comment tout a commencé ?

    Bertrand Belin : J’avais 12 ans et demi quand j’ai commencé la musique. La guitare m’est apparue comme objet de magie, je m’en suis emparé et c’est devenu pour moi un petit feu vers lequel je suis toujours revenu.

    Depuis, vous évoluez musicalement parlant :
    vous explorez de nouvelles sonorités au fil des disques…

    B.B. : Il y a quelque chose qu’on ne peut pas réduire, c’est notre rapport au monde : il demeure d’un disque à l’autre. D’un album à l’autre, on a quand même envie de porter ce qui fait un peu notre essence. Mais on peut apporter des variétés à la forme, aux couleurs instrumentales, aux mélodies, aux rythmes, que ce soit le plus qualitatif possible. C’est ce que j’ai essayé de faire avec chacun de mes disques, tout en poursuivant une certaine intuition. Rien n’est réellement programmé. C’est un noyau qui me guide, qui se construit à partir de ce que je suis et de ce que ne sont pas mes voisins. On a beaucoup en commun, mais on a aussi quelque chose de propre et c’est ce qui fait les individualités. Quand on fabrique des formes artistiques, ça transparaît dans le processus. On ne peut pas s’inventer et devenir un autre de ce point de vue.

    Vous êtes à la fois auteur et compositeur. Comment articulez-vous ces deux travaux d’écriture ?

    B.B. : En vérité, je ne travaille pas tellement différemment. Quand on fait une maison, il faut savoir en construire le toit, mais aussi les murs. Quand on fait une chanson il faut savoir créer les paroles et la musique. Quand j’écris une chanson je ne sépare pas les deux : j’essaie de faire avancer les deux aspects simultanément et de la façon la plus cohérente possible, en suivant des pistes, des plaisirs, des instincts, des logiques, du sens. Ce n’est pas la seule façon de faire mais pour mes disques, je n’écris jamais sur une musique déjà faite, j’avance petit à petit.

    Vous chantiez « La chanson de Prévert » avec Stephan Eicher, aussi à l’affiche du festival vendredi : quel rapport entretenez-vous avec la poésie ?

    B.B. : J’aime toutes sortes de formes poétiques, y compris celles qui ne sont pas verbales. La poésie est pour moi tout ce qui peut échapper au discours ordinaire informatif, c’est là qu’elle se trouve, aussi, dans des choses techniques. La poésie, je la cherche et je la trouve où je veux. La poésie et le chant entretiennent un lien historique, permanent, concret, radical. Chanson et poème sont historiquement semblables : La Chanson de Roland, c’est un poème, La Divine Comédie, c’est un chant. Avec l’industrie de la chanson, de façon plus récente, on a vu les deux formes se séparer, mais elles entretiennent un rapport évident.

    Qu’est-ce que le public marseillais découvrira sur votre scène lors de la Fiesta des Suds ?

    B.B. : Que le public vienne avec curiosité, on réserve la surprise pour le moment venu. Un concert, c’est ce qu’il y a sur scène, mais c’est aussi le public et la manière dont il se manifeste. On réagit avec lui sur le moment et c’est ce qui fait la beauté du spectacle vivant. Ce n’est pas quelque chose qui est prévisible, immuable. J’ai joué à l’espace Julien au printemps, au cours de cette tournée : ferveur, chaleur humaine, excitation, plaisir… Je me réjouis de venir jouer à Marseille, à l’affiche avec mon camarade Stephan Eicher. Qu’on se fasse plaisir en se rassemblant pour essayer de s’évader, pour faire une pause dans les humeurs et la rudesse du monde.

    Entretien réalisé par Oriane Castan

  • Véronique Sanson pour donner le la de la Fiesta des Suds

    Véronique Sanson pour donner le la de la Fiesta des Suds

    Véronique Sanson est née en 1949, fruit de l’union entre René Sanson et Colette Lucas. Deux résistants sous l’Occupation qui donnèrent à leur progéniture des prénoms commençant par la lettre V, comme victoire, pour célébrer la fin du nazisme. En cette époque où le fascisme rampe à nos portes, de quoi redonner un peu d’espoir et de gaieté aux spectateurs de la Fiesta des Suds qui viendront fredonner en compagnie de cette icône de la chanson française, ce jeudi 8 octobre, certains de ses tubes intemporels, tels que Besoin de personne, Chanson sur ma drôle de vie et autres Vancouver ou Bahia. À l’heure du « repli sur soi et des conflits mondiaux, nous voulons maintenir la lumière sur notre étoile », image la directrice du festival, Nathalie Solia.

    Saudade et fiesta

    C’est donc sur l’esplanade du J4, « à l’entrée du port et de notre ville, là où tout arrive et tout part », situe-t-elle, que la Fiesta des Suds, 35e du nom, plante ses jalons pour une soirée inaugurale pleine de promesses. Si Véronique Sanson et la chanteuse Imany trustent le haut de l’affiche (heures de passages respectivement prévues à 19h30 et 21h15), les découvertes ne manqueront pas par ailleurs. Sur la scène « Club Major », Sharouh lancera les festivités à 18h30 et fera d’autres apparitions tout au long de la soirée. Une DJ qui remixe notamment des « chanteuses iconiques d’Afrique du Nord » pour les mêler à des « samples de discours féministes », indique le programme.

    Vers 19h15, au tour de la chanteuse marseillaise de musique soul Kena Womo d’entrer en piste, avant la prestation du groupe Ao à 20h45. Menée par « une chanteuse belge d’origine mozambicaine et portugaise », précise le programmateur de la Fiesta des Suds, Frédéric André, une formation qui « mélange saudade, fado, folk et electro ». À noter également, la prestation d’Habibisly à 22h45, quintette dont le leader « franco-syrien » offre un mélange de musiques « disco et orientales ».

    Programme complet sur www.fiestadessuds.com

  • À Pézenas, le Printival joue son avenir

    À Pézenas, le Printival joue son avenir

    Le contraste est saisissant. Au printemps dernier, près de 12 000 festivaliers se pressaient à Pézenas pour l’édition 2026 du Printival Boby Lapointe. Quelques mois plus tard, l’association qui porte ce rendez-vous consacré à la chanson francophone se retrouve pourtant au bord du précipice.

    « Le Printival traverse aujourd’hui la période la plus difficile de son histoire », confie l’équipe dans une lettre ouverte publiée le 9 septembre. Début août, l’association, en grandes difficultés financières, a en effet déposé une demande de mise en redressement judiciaire auprès du tribunal. « Deux scénarios sont désormais possibles : un plan de continuation permettant de poursuivre l’activité après restructuration, ou une liquidation judiciaire mettant fin à l’association. »

    Pour tenter de favoriser le premier scénario, le Printival lance une campagne de soutien dans l’objectif de récolter 50 000 euros. « Cette mobilisation doit permettre de contribuer à stabiliser la situation financière de l’association », expliquent ses responsables. Elle doit également témoigner « du soutien dont bénéficie le Printival auprès de son public, de ses partenaires et de l’ensemble de son écosystème ».

    Un déficit lié à plusieurs recettes manquantes

    Le Printival a vu le jour en 2000 sous l’impulsion de Jacky Lapointe, fils de Boby Lapointe, et Sam Olivier, avec l’objectif de célébrer l’œuvre du chanteur piscénois. À partir de 2009, la petite-fille de Boby, Dany Lapointe, a repris la direction du festival, dont elle a largement élargi les horizons, fidèle toutefois à l’esprit initial de la manifestation : l’amour des mots, de la poésie et du partage. Depuis plus de vingt-cinq ans, le Printival défend donc la chanson francophone, faisant vivre la mémoire de Boby Lapointe tout en accompagnant de nouvelles générations d’artistes. Son activité dépasse les quelques jours du festival : l’association mène également des actions culturelles tout au long de l’année et développe des projets d’accompagnement et de création.

    Comment expliquer cette situation après une édition 2026 à succès ? Le festival a en effet enregistré un résultat positif d’environ 6 000 euros. Les difficultés actuelles proviennent plutôt d’un cumul d’écarts entre les prévisions budgétaires de la saison 2025-2026 et les recettes finalement perçues. L’association évoque « environ 12 000 euros de mécénat en moins que prévu, près de 10 000 euros de recettes en moins sur l’accompagnement d’artistes et environ 28 000 euros de subventions qui n’ont finalement pas été obtenues. Ces écarts, pris ensemble, ont fortement fragilisé l’équilibre financier de l’association ».

    L’équipe, le conseil d’administration et les partenaires travaillent désormais à un plan de restructuration. « Des décisions difficiles ont déjà été prises [trois contrats n’ont déjà pas été renouvelés, Ndlr.]. Certaines activités vont être revues et plusieurs postes sont concernés afin d’adapter le fonctionnement de l’association à sa nouvelle réalité économique. » Les 50 000 euros recherchés doivent permettre de « consolider la situation financière de l’association, de faire face à ses engagements les plus urgents et de lui donner les meilleures chances de poursuivre ses activités ».

    L’équipe a choisi de rendre publique sa situation avant même la décision du tribunal. « Nous ne savons pas encore de quoi demain sera fait. Mais tant qu’il existera une possibilité de faire vivre le Printival, nous mettrons toute notre énergie à la défendre. »

    * La collecte « Ensemble, unis pour le Printival » est ouverte sur HelloAsso

  • [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    Le public a gardé en mémoire d’elle son Aigle noir et ses robes sombres. Pourtant, « Barbara a une joie et un humour que les gens ont oublié. On a juste retenu la femme triste et mélancolique alors que ce n’est pas du tout le cas », rappelle Emmanuel Noblet, metteur en scène de Barbara (par Barbara) qui se joue du 29 septembre au 3 octobre sur la scène des Bernardines. Pouvant aussi bien susciter les rires que les larmes, un spectacle musical incarné par Marie-Sophie Ferdane, d’une clarté profonde, qui puise sa matière dans des interviews, « lettres inédites et intimes de la correspondance amoureuse de Barbara ».

    « Il y a cette pénombre,

    et je vais en liberté »

    « J’ai choisi de chanter et tout d’abord il y a cette pénombre, et je vais en liberté. Là, vous m’avez emprisonné dans cette lumière, là, dans un lieu qui est le mien mais que vous avez refait vôtre. Moi, je suis quelqu’un d’autre, là, en quelque sorte », affirme Barbara en direction d’un journaliste à quelques heures de se produire au Théâtre Bobino. Sur les lèvres de Marie-Sophie Ferdane, et accompagnée par le pianiste Olivier Marguerit, des propos qui illustrent toute la profondeur et la sensibilité d’une icône de la chanson trop souvent réduite à son allure austère. « On convoque l’âme de Barbara. On entend sa plume, ses sentiments, son rapport aux hommes, un chapitre important de sa vie », résume Emmanuel Noblet.

    P.A.
  • La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    Comme le rappelle d’emblée Nathalie Solia, « la fabrique de la Fiesta des Suds s’est faite dans un contexte pas forcément favorable, avec des échéances électorales, des problématiques climatiques, l’inquiétude du secteur, le repli sur soi, les conflits mondiaux… ». Selon la directrice de cet événement qui sonne les trois coups de l’automne culturel marseillais, « une ambiance devenue hélas structurelle au milieu de laquelle nous voulons maintenir la lumière de notre étoile, celle du meilleur festival au monde ». Des étoiles, il y en aura toute une constellation, du 8 au 11 octobre sur l’esplanade du J4, à l’instar de Véronique Sanson, tête d’affiche de la soirée inaugurale de la Fiesta des Suds. « Une icône de la chanson », qualifie Frédéric André, programmateur de l’événement, un demi-siècle de carrière dans le rétroviseur et des tubes en pagaille, de Besoin de personne en 1972 à Chanson sur ma drôle de vie en passant par Vancouver ou Bahia.

    « J’ai lu une étude de l’université de Londres selon laquelle, quand on regarde un concert, on ne fait pas que regarder un concert. Les rythmes cardiaques des spectateurs se synchronisent tous ensemble. N’est-ce pas cela la Fiesta ? », s’adresse Frédéric André qui, fidèle à l’ADN du festival, veut aller à rebours de « la culture capitaliste. On essaye toujours de mettre de l’humain, des émotions, tout ce qui n’est pas monétisable ». Parmi les astres musicaux programmés cet automne, Imany. Une évidence au sujet de cette chanteuse « née à Martigues, qui a grandi à Istres, d’origine comorienne. Son nouvel album [Women deserve rage, ndlr] parle d’une relation toxique, qui lui a valu de la colère mais aussi de la guérison qui infuse dedans », développe celui qui a aussi programmé pour cette édition le « dandy rock » Bertrand Belin et Stephan Eicher. L’occasion de découvrir l’éventail musical étonnant de ce guitariste-baroudeur, surtout connu du grand public pour des titres tels que Déjeuner en paix ou Combien de temps dans les années 1990, mais qui vient de sortir son 18e album Poussière d’or. Au menu également, le groupe le plus moustachu et funky d’Aix, Deluxe, ou encore Selah Sue. La soulwoman belge sera accompagnée par The Gallands, duo du batteur virtuose Stéphane Galland et son fils Elvin. « La Fiesta, c’est s’ouvrir à d’autres cultures, aux autres. Ici, le public n’est pas considéré comme des consommateurs mais des citoyens », estime Nathalie Solia.

    Soirées et jours heureux

    Conseiller artistique du festival, Olivier Rey fait quant à lui part de sa volonté de « perpétuer l’héritage de nos pères fondateurs. Dans une société plus fragmentée que jamais, la Fiesta, cet espace de dialogue et parenthèse enchantée automnale, semble plus que jamais essentielle ». Autant d’horizons et de brèches également esquissés sur la « Scène Major » de la Fiesta, où se produiront de 19h à 2h du matin des groupes ouverts aux rythmes mondiaux. Au programme notamment, HabibiSly, franco-syrien qui « mélange disco, électro et musique orientale », le rock d’inspiration sahraoui du trio Sidiaz, ou encore la transe afro-colombienne luxuriante du groupe Ghetto Kumbé. « Le J4, c’est l’entrée du port et de notre ville, là où tout arrive et tout part. Ici, nous accueillons tout le monde dans une Fiesta engagée », résume Nathalie Solia. Illustration supplémentaire avec la désormais traditionnelle Fiesta du dimanche, entièrement gratuite, le 11 octobre. Davantage tournée vers les « familles », une journée de « découvertes, rencontres et musiques », jalonnée par de nombreuses animations telles que des ateliers culinaires, des parties de pétanque et des battles de danse hip-hop. Et des temps forts artistiques comme La Fiesta des jours heureux, comédie musicale de Christina Rosmini autour des « airs populaires des années 1930 », indique la coordinatrice de la journée, Marion Bergé-Lefranc, dans le but de célébrer « les 90 ans du Front populaire ».

  • Voulzy, Chamfort, deux étoiles pour illuminer la Pyramide bagnolaise

    Voulzy, Chamfort, deux étoiles pour illuminer la Pyramide bagnolaise

    Mais force est de constater qu’avec le basculement de la mairie à l’extrême droite, le budget de la Pyramide a été revu à la baisse tout comme la programmation en comparaison avec la saison passée. Pourtant, pour cette deuxième saison, la première en année pleine, les chiffres étaient plutôt positifs avec un taux de remplissage de 83,25 % et des recettes de 277 507 euros (pour un budget de 345 000 euros).

    Deux monuments de la chanson française vont tout de même tirer le programme vers le haut cette année. En effet, la saison s’ouvre le vendredi 25 septembre avec le concert de Laurent Voulzy. Le compère d’Alain Souchon âgé aujourd’hui de 77 ans viendra fêter ses cinquante ans de carrière accompagné de six musiciens. Pour l’occasion, deux séances de répétitions seront ouvertes à plus de 1 000 enfants.

    Ensuite, ce sera à l’orchestre national d’Avignon Provence de se produire sur la scène bagnolaise le 2 octobre, suivi le 6 octobre par le spectacle « Détours de Fables » à l’adresse des enfants de plus de six ans. Puis, l’autre moment fort de ce début de saison sera indéniablement la venue d’Alain Chamfort qui jouera les grands morceaux de sa carrière accompagné de son pianiste et de sa complice la chanteuse et animatrice franco-américaine Valli.

    Le programme laisse une belle place

    À la jeunesse avec notamment « Les Misérables » (dès huit ans, le 16 octobre), « Bébéluga » (de 18 mois à 7 ans, le 20 octobre), « Cha cha cha » (dès 6 ans, le 27 novembre), « L’Esprit de Noël » (dès 5 ans, le 20 décembre) ou encore « Les 3 petits cochons en chanson » (le 13 février).

    Côté théâtre, deux pièces vont particulièrement marquer la saison. D’abord, « Le procès d’une vie » qui retrace le combat de Gisèle Halimi en 1971 sur l’avortement. Cette pièce a reçu trois Molières en 2026 et sera programmée le 21 novembre. À ne pas manquer non plus la pièce « Le chant des lions », elle aussi récompensée d’un Molière cette année. La pièce retrace l’histoire d’amour de Joseph Kessel et Germaine Sablon alors que la seconde Guerre mondiale approche. Au milieu de cette période tragique, les deux amants créeront « Le Chant des Partisans ». Trois tributes, à Pink Floyd (le 14 novembre), à Piaf (le 6 décembre) et à U2 (le 23 avril), un one woman show de Bénédicte Bousquet (4 décembre), un spectacle de magie en musique de David Blanchard (11 décembre) et trois comédies musicales complètent la programmation.

  • Benjamin Biolay en clôture des soirées ICI Live à La Ciotat

    Benjamin Biolay en clôture des soirées ICI Live à La Ciotat

    Après les performances scéniques de Soprano et Jenifer, au tour d’abord de la lauréate 2025 de la Star Ac’, Marine, de dévoiler quelques-unes de ses pépites et notamment son dernier titre « Tricheur », sorti cette semaine et joué pour la première fois en live. Puis Benjamin Biolay a pris la suite, pour un set électrique, tour à tour intimiste, entraînant et plein d’énergie. L’artiste sétois a enchaîné les tubes, en débutant en ouverture par « Los Angeles », issu de son premier album concept Rose Kennedy, jusqu’au bien nommé « Écran total » sorti en mai dernier. Une masterclass. Rendez-vous l’année prochaine !

  • [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    La Marseillaise : Votre nouvel album s’intitule « Je rentre à la maison ». Que signifie la maison pour des artistes qui partent régulièrement en tournée comme vous ?

    Florent Dasque : C’est un sujet qu’on interroge tout au long de l’album, notamment dans une chanson qui s’intitule elle-même « Je rentre à la maison ». Dans la chanson, notre personnage part de chez lui et repense à l’endroit où il a grandi, à tous ceux qu’il laisse derrière lui. Il doit se reconstruire ailleurs. C’est une question très présente chez les artistes : on vit dans les tourbus, on se reconstruit un peu à chaque endroit où l’on se produit. On a choisi ce thème en le laissant ouvert à toute interprétation, parce que c’est très difficile de définir ce qu’est une maison. Ce n’est pas une maison maçonnée, avec quatre murs et un toit. C’est un refuge intérieur, invisible, dans lequel on peut enfermer des visages, des souvenirs, des paysages, des couleurs, des saveurs, une langue, une région, un pays, peu importe. Notre identité transite dans notre maison au fil de la vie.

    Cette réflexion s’accompagne d’un projet pédagogique et culturel inédit. En quoi consiste-t-il ?

    F.D. : Ça fait des années qu’on est sollicité pour rendre visite à des publics scolaires ou associatifs, ces échanges nous plaisaient tellement qu’on s’est dit qu’il fallait leur consacrer davantage de temps. On s’est donc entourés d’enseignants, de chercheurs et de formateurs, qui ont créé des fiches pédagogiques autour des questionnements sur l’identité. C’est devenu un espace d’expression pour les scolaires, mais aussi pour n’importe quelle association, des personnes en situation de handicap, des foyers, etc. Aujourd’hui, n’importe quel enseignant ou éducateur peut trouver ces fiches sur le site du ministère. Ce sont des déroulés de séances adaptés pour des enfants de 8 ans jusqu’à des ados de 18 ans, voire des publics de 30 ou 40 ans. Il y a des exercices qui posent des questions comme : Qui suis-je ? Qu’est-ce qu’il y a dans ma maison ? Peut-on avoir plusieurs maisons ? Peut-on reconstruire une maison quand on a quitté la sienne ? C’est un support qui s’adresse à des publics très divers, pour que chacun, peu importe son parcours, d’où il vient, où il va, puisse réfléchir à ce que représente la maison pour lui. L’an dernier, avec l’aide du ministère de l’Éducation Nationale, on a récolté des milliers de projets de jeunes sur ce sujet. À chaque concert, on a réservé nos premières parties aux projets qui nous ont le plus interpellés, que ce soit de la poésie, du slam, de la lecture, de l’art plastique, de la musique… On a par exemple reçu des réécritures de couplets de « Je rentre à la maison » en roumain, en arabe ou en suédois. C’était une façon pour ces jeunes qui parlaient une langue différente chez eux de se rapprocher d’une maison qui leur ressemble et qui les rassure. Beaucoup de projets portaient aussi sur la lutte contre le harcèlement scolaire. Chez les plus grands, on a eu des réflexions plus philosophiques sur la quête d’identité, en perpétuelle construction tout au long de la vie. C’est un grand projet culturel qu’on mène depuis un an maintenant, on le reconduit à la rentrée avec l’Éducation nationale.

    Partager autant avec le public, notamment avec les jeunes, a-t-il influencé votre rapport à la musique ?

    Initiales : On dit souvent que Boulevard des Airs a été créé pour être sur scène, pour partager avec les gens. Effectivement, ce projet était aussi un prétexte pour aller à la rencontre d’un public nouveau, de faire de la musique différemment et ne pas s’enfermer entre concerts, tournées et studios. Ça a donné beaucoup de sens à notre démarche d’artiste et à cet album. Et puis les jeunes, c’est un public qu’on adore. À cet âge-là, il n’y a pas de filtre. Se poser des questions aussi intimes que les questions sur l’identité, qui interrogent en profondeur le parcours des gens, ça soulève des réflexions très intéressantes et très inspirantes pour nous.

    C’est la première fois que vous vous produisez à Ici Live La Ciotat. Pourquoi être présents cette année ?

    F.D. : On est un groupe qui vient du sud de la France, on a collaboré avec plein d’artistes du sud, notamment Carbonne. Donc on a hâte d’y être pour partager avec le public. En plus, l’endroit est superbe, avec la scène sur l’eau. On va passer un beau moment de partage ! C’est toujours un plaisir d’aller à la rencontre de nouvelles personnes, de nouveaux endroits et de nouvelles équipes.

    Après la tournée des festivals, vous avez prévu un voyage aux États-Unis. À quelle occasion ?

    F.D. : Notre projet pédagogique autour de l’album s’est largement exporté puisque l’on part à la rencontre de jeunes américains mais aussi de jeunes d’autres horizons en fin d’année. On va sur une dizaine de villes de la côte ouest pour faire de la musique autrement, avec un public différent. Ce projet a énormément grandi, il n’avait pas du tout vocation à devenir ce qu’il est aujourd’hui ! C’est vraiment une réussite pour nous de pouvoir prendre conscience des questionnements sur l’identité qui ont lieu ailleurs que chez nous. À notre retour, on réattaque la tournée des salles début 2027. On est déjà en train d’écrire la suite, donc on a hâte de continuer notre histoire avec le public.

    Propos recueillis par Andréa Goyard-de castro

  • [C’est l’été] Une Yael Naim sublime pour lancer le festival de Gordes

    [C’est l’été] Une Yael Naim sublime pour lancer le festival de Gordes

    La chanteuse Yael Naim a fait l’ouverture avec « brio », lundi au théâtre des terrasses de la 43e édition du festival de Gordes. Elle est arrivée sur scène en tenue de mariée, entourée de deux musiciens, au clavier et à la batterie.

    Elle a donné d’emblée le ton du spectacle en interprétant le titre phare de son album : Solaire, avec un punch remarquable qui a, d’entrée, séduit le public. La chanteuse a envoûté l’auditoire par sa prestation pleine de talent. Et avec ses chansons sur le changement climatique ou sur sa relation avec « les autres », elle finira d’ailleurs par adresser au public un : « Les autres c’est nous ». Elle évoqua également avec humour « sa crise de la quarantaine ».

    Yael Naim est une musicienne franco-israélienne, qui est toujours en recherche de textes et de sons nouveaux, à souligner d’ailleurs le talent musical de ses deux musiciens, qui ont donné toute la dimension de leur art durant cette prestation. La chanteuse interprète des textes en anglais, en hébreu, en espagnol et en français. Elle a remporté trois victoires de la musique : album musique du monde en 2008, artiste interprète féminine de l’année en 2011 et 2016. Porté par la chanson « New Soul », l’album Yael Naim qui l’a fait connaître est sorti en France en août 2007 et a atteint la 6e place des ventes avant de sortir dans 18 pays. C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’elle saluera le public avant d’aller à sa rencontre et de se prêter au jeu des photos et dédicaces. Pour la dernière date de sa tournée.

  • Les années 80 à l’honneur pour la tournée d’été La Marseillaise à L’Estaque

    Les années 80 à l’honneur pour la tournée d’été La Marseillaise à L’Estaque

    C’est avec la vue sur la mer que se fera le prochain show gratuit de la tournée d’été de La Marseillaise, ce lundi 3 août au Parc Mistral à l’Estaque à partir de 20h15.

    Le groupe Jukebox entrera en premier sur scène à 20h30. Le concert de 45 minutes s’adapte aux préférences du public. Grâce à des QR codes distribués avant le show, le public choisit dans le répertoire proposé les titres qui vont être joués par le groupe. L’idée et le nom du groupe proviennent de l’époque où était glissé un franc dans un jukebox pour choisir sa chanson.

    « On s’inspire de cet esprit des années soixante-dix : “faites l’amour et pas la guerre“. On veut donner aux gens l’occasion de sortir de l’actualité pesante pour faire la fête ensemble », avait expliqué à La Marseillaise Éric Navarro, le chanteur du groupe, lors de leur premier concert pour la tournée d’été de La Marseillaise.

    Tout pour le public

    C’est le groupe Fahrenheit, nom inspiré du degré Fahrenheit et du parfum Dior, qui poursuivra le concert avec des reprises des chansons françaises et anglaises des années 1980. « On va jouer du Eddy Mitchell, Laurent Voulzy, Barry White, etc. », raconte Philip Sanders, fondateur et batteur-choriste du groupe. Il sera accompagné du chanteur Jean-Luc Portero, du guitariste Gabriel Carillo et de l’ancien pianiste de Gilbert Montagné Hervé Cosentino. « Je dansais sur ces musiques quand j’étais jeune et aujourd’hui, on continue de le faire, même avec les 18- 20 ans », se réjouit-il. Philip Sanders met en avant le chanteur Jean-Luc Portero, affirmant « qu’il sait faire une très belle animation, parler aux gens, pour qu’ils s’éclatent ».

    « Quand je mixe, je ne le fais pas pour moi seulement, je le fais avant tout pour le public », confie DJ Bobzilla qui poursuivra la soirée jusqu’à minuit au parc Mistral à l’Estaque. « Ce que je veux, c’est m’adapter à ce que les gens aiment. S’ils passent une bonne soirée, je le vois à leurs sourires, je les vois danser et c’est ce qui me fait plaisir », conclut-il.

    Au mois d’août, La tournée d’été La Marseillaise se poursuit encore. À Martigues, le 12 août, joueront Sabotaaage, MagicQueen, et DJ Bobzilla. L’été se terminera le 28 août au parc Font Obscure. Sur la scène, se produira Sabotaaage, Get the Beatles Back qui reprendra les tubes du groupe britannique et DJ Bobzilla.

    Gabrielle Cartellier