Tag: changement climatique

  • La Préfecture veut améliorer la gestion des intempéries

    La Préfecture veut améliorer la gestion des intempéries

    En 2025, le Var n’a pas été épargné par les intempéries. Au total, on recense, au 17 décembre, 61 dispositifs de vigilance jaune pluie-inondation et/ou orages, et 7 de vigilance orange. Un décompte qui s’accentue au rythme du changement climatique, au même titre que l’intensité des événements, « parfois anticipés avec très peu de préavis au vu de l’état de l’art de la météorologie », argumente la Préfecture.

    Car elle en a conscience : les services de l’État n’ont pas été exempts de critiques, notamment concernant la prévention. En premier lieu, pour la gestion de l’épisode pluvieux du 21 septembre, et le maintien du match de rugby entre Toulon et La Rochelle, en dépit de la vigilance orange, ce qui avait mis potentiellement en danger les milliers de spectateurs venus y assister. Dans le même temps, la Préfecture des Bouches-du-Rhône annulait par précaution celui qui devait opposer l’OM au PSG, en Ligue 1 de football. « Les prévisions décrivaient le phénomène comme moins intense que dans les Bouches-du-Rhône et peu stationnaire. Pourtant, des records ont été enregistrés, notamment au Castellet (86,8 mm en une heure) et à Toulon (89,5 mm en une heure) », se justifie la Préfecture du Var, qui indique que « les travaux et les pompages ont été très rapidement engagés », et que 30 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle.

    La concertation pour apporter des réponses

    Également mentionnés, les deux épisodes des 17 et 22 octobre, qui ont touché Saint-Tropez et Toulon, et qui, « en l’absence de vigilance météo, n’avaient pas pu être signalés à la population ». Afin « d’améliorer la caractérisation des phénomènes (pluviométrie/heure, stationnarité, temporalité) nécessaire à une alerte adaptée et à une prise de décision éclairée », la préfecture a mené des réunions avec les services de l’État (dont Météo-France), les communes, et les représentants du RCT et de la Ligue Nationale de Rugby.

    Ainsi, Météo France veillera désormais à préciser l’intensité des précipitations (notamment en distinguant les cumuls par heure des cumuls globaux) et à signaler les phénomènes stationnaires. Un plan de crise est prévu pour gérer les afflux du stade Mayol, tout comme des exercices impliquant les services de l’État concernés, les forces de l’ordre et les services de sécurité privée. Enfin, « des axes d’amélioration concrets sont d’ores-et-déjà appliqués » concernant les dispositifs d’alerte face à des phénomènes soudains et localisés, comme ceux d’octobre, qui ont mis en lumière les vulnérabilités du territoire en la matière. La question de la bétonisation, notamment mise en cause par certains acteurs dans l’épisode de mai qui avait coûté la vie à deux personnes au Lavandou, n’a en revanche pas été abordée.

  • À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    Il y a presque 700 ans, les architectes du Palais des Papes et des bâtiments historiques n’avaient certainement pas anticipé le réchauffement climatique. Et c’est désormais aux utilisateurs actuels, à savoir notamment la municipalité, de s’adapter. Un sujet complexe abordé ces jeudi 4 et vendredi 5 décembre à l’occasion des 30 ans de l’inscription du centre historique d’Avignon au patrimoine mondial de l’Unesco lors d’ateliers et de colloques organisés par l’Université d’Avignon sur les adaptations face au changement climatique des jardins et paysages du patrimoine mondial.

    Des échanges entre public et spécialistes qui ont commencé ce jeudi 4 décembre au matin avec les visites des jardins et des grandes salles et allées du Rocher des Doms et du Palais des Papes. « Le sujet était une évidence. On est obligés de se poser ces questions-là aujourd’hui. Tout en montrant que le patrimoine historique n’est pas un petit îlot isolé du territoire, et donc de l’insérer dans le paysage », précise Dominique Cassaz, coorganisatrice des deux journées et adjointe du directeur des Monuments historiques et coordinatrice patrimoine mondial de l’Unesco à la Ville d’Avignon.

    Enjeux économiques

    Car au sein de l’emblématique bâtiment historique avignonnais, les effets du réchauffement climatique « ne sont pas simples à gérer », comme le confie Corinne Langlois, conservatrice du Palais des Papes. Le monument le plus visité de la Région Sud, avec 700 000 passages par an, et ses murs anciens doivent faire face à de grandes variations de températures, mais aussi d’hygrométrie en leur sein. Et les réglementations autour des bâtiments historiques empêchent toute installation qui permettrait de réguler ces paramètres rapidement. « Le plus gros problème, c’est l’été. On aère au maximum et on n’expose pas d’œuvres sensibles dans ces conditions. Mais en ouvrant tout, on se retrouve avec des pigeons dans le bâtiment, ce qui est un autre problème », glisse-t-elle. L’extérieur aussi est exposé, avec des enduits devenus inadaptés aux grosses chaleurs et qui ne tiennent pas dans la durée. Avant de rappeler qu’il « n’y a pas le choix d’arrêter de faire des bêtises avec le climat », et de réfléchir à des changements, comme par exemple modifier les horaires de visite en saison estivale, mais aussi à travers des travaux.

    Une démarche fondamentale car, comme le rappelle l’adjoint au maire d’Avignon en charge du patrimoine, Sébastien Giorgis, « c’est une économie à la fois touristique mais aussi pour toutes les entreprises spécialisées du territoire qui s’activent autour de l’entretien et la rénovation », tout un environnement « qui vit autour de ce lieu ». Pour le bâti donc, mais aussi du côté du jardin, qui doit lui aussi évoluer face au changement climatique. « Certaines essences ne sont plus adaptées, il y a la question de l’eau et des îlots de fraîcheur pour l’été. Tout cela évolue très, très vite », conclut l’élu.

  • Patrick Chini mènera une liste d’union de la gauche à Salon-de-Provence

    Patrick Chini mènera une liste d’union de la gauche à Salon-de-Provence

    Il y avait du monde dans le local de campagne de la gauche salonaise rassemblée autour de Patrick Chini (PS), à l’occasion de l’inauguration de leur QG pour les élections municipales de 2026. Le PCF, PS, Génération.s, les Écologistes, Place publique et Génération écologie sont parties prenantes de cette alliance.

    Patrick Chini, ingénieur retraité depuis avril dernier, est la tête de liste de ce rassemblement « pour un autre avenir » en « mettant de côté nos divergences sur des sujets nationaux pour travailler au local » avec « bon nombre de citoyens » au-delà des militants politiques, d’après le candidat qui insiste sur sa volonté d’« intégrer systématiquement la participation citoyenne » dans les réflexions et les décisions pour construire une ville « plus transparente et inclusive ».

    L’écologie en pilier

    Le collectif met en avant plusieurs orientations avant de présenter son programme fin janvier. « Notre premier souci est de faire face à la transformation écologique et économique au regard du changement climatique et tout ce qu’il implique en termes de santé et d’alimentation » détaille Patrick Chini, qui lie cet enjeu à celui de « rendre la ville autonome en énergie et en eau dans la mesure du possible ». « Nous voulons aussi favoriser une alimentation saine et locale car nous avons la chance d’avoir des agriculteurs et des producteurs bio qui nous accompagnent », complète le candidat.

    La campagne sera jalonnée de rencontres dans les quartiers. La liste au complet sera dévoilée le 11 février tandis que le meeting de fin de campagne est déjà programmé au 9 mars à la Maison de la vie associative.

    Local au 21 avenue
    du Maréchal Joffre.

  • La Région met sur rails la résilience climatique

    La Région met sur rails la résilience climatique

    Le campus Biaggi, à la porte d’Aix à Marseille accueillait ce jeudi le Forum « Résilience climatique et infrastructures ». Un rendez-vous ouvert par Matthieu Chabanel, le PDG de SNCF Réseau, et Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région chargé des transports. « Les discours fatalistes ne servent pas à grand-chose… Le climat nous impose d’être lucides, les usagers nous imposent d’être courageux », a martelé ce dernier.

    La collectivité régionale a lancé en août 2024, une étude sur la vulnérabilité des infrastructures et services de transports face au changement climatique. Coût de l’opération : un million d’euros, co-financés avec l’État. Les objectifs : éditer un guide méthodologique, cartographier l’exposition aux risques, produire des analyses fines et élaborer un plan d’adaptation multipartenarial. Il est attendu pour 2026.

    Démarche pilote

    Une « démarche pilote » à l’échelle nationale. Alors que la France a connu en 2024 sa première année à 1,5 degré, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement concernée par une exposition « à tous les extrêmes ». Une ville comme Avignon connaît ainsi une augmentation des températures de +2,3 degrés par rapport aux années 60. Les conséquences sont connues : « Vagues de chaleur, cycle de l’eau perturbée, augmentation des variabilités annuelles, risques incendie », rappelle Antoine Nicault, le coordinateur général du Grec Sud, la déclinaison régionale du Giec.

    Des conditions qui mettent sous tension le réseau ferroviaire. Les rails se dilatent, imposant des ralentissements pour éviter le flambage, les sols argileux déforment les voies, tandis que les inondations endommagent les ouvrages, les feux de forêt menacent caténaires et équipements électriques.

    Dans une région comptant 1 500 kilomètres de rails et 200 gares, empruntés par 85 millions de voyageurs et 4 000 millions de tonnes de marchandises, la hiérarchisation des infrastructures les plus sensibles est devenue une priorité. Pour accroître « la surveillance et la maintenance », explique Matthieu Chabanel, pour « l’adaptation de l’exploitation », et enfin pour « les opérations plus lourdes de modernisation voir de reconstitution du réseau ». Le matériel roulant est lui aussi soumis à un entretien, renforcé avec en période de crises « des stops circulation », note Jérôme Baillarguet, directeur du technicentre SNCF voyageurs TER Sud. Et de rappeler que les choix de centres de maintenances non couverts au début des années 2000 entraînent aujourd’hui des pertes d’activités.

    Pendant que Matthieu Chabanel met en avant le projet Minerve, 35 millions investis dans un jumeau numérique du réseau, Stéphane Lerendu, directeur des grands projets SNCF Gares & Connexions met lui l’accent sur la future gare « bioclimatique » de l’aéroport de Nice. Un espace « démonstrateur sur le plan de l’adaptation », ouvert et surmonté d’une grande canopée adaptée aux vents, entièrement ombragée, avec juste 20% de surface traitée en thermique et 4 200 m2 de surface jardin.

  • Montpellier lance le programme Adaptoneau

    Montpellier lance le programme Adaptoneau

    « Il s’agit de mener une action territoriale plus poussée sur des zones expérimentales dans lesquelles on va mener une politique coordonnée pour adapter l’usage de l’eau au changement climatique », explique René Revol, délégué à la gestion raisonnée, écologique et solidaire de l’eau et président de la Régie publique des eaux de la Métropole.

    Retenu dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le projet Adaptoneau, porté par la Métropole de Montpellier, consiste à décliner un plan pour l’eau et l’adaptation au changement climatique sur un territoire regroupant les quartiers Mosson/Cévennes/
    CHRU/Bouisses. Situé à l’ouest de Montpellier, ce territoire regroupe des quartiers prioritaires de la ville, des quartiers avec des habitats construits dans les années 50-70, des hôpitaux, des universités, lycées et collèges, des zones d’activités et des zones d’habitations plus récentes (ZAC). Ainsi que des espaces aquatiques naturels, puisque la Mosson et le Verdanson traversent la zone.

    Lancé officiellement le 13 novembre, ce programme d’actions d’un montant global de près de 4 millions d’euros financés pour moitié par l’Agence de l’eau s’étalera sur 3 ans, jusqu’en 2028. Il s’articule autour de cinq axes principaux.

    Lutte contre les inondations, les fuites…

    Tout d’abord « la lutte contre les inondations par la renaturation des cours d’eau », Mosson et Verdanson. « L’eau, quand elle abonde, déborde sur des zones urbanisées. Il faut au contraire lui permettre de s’étendre sur des zones naturelles. » Une démarche qui va de pair avec la désimperméabilisation des sols, « pour que l’eau ruisselle moins et pénètre davantage les sols », notamment en accompagnement du renouvellement urbain sur les secteurs Anru Mosson et Cévennes.

    Autre objectif contenu dans ce plan : la sécurisation de la distribution d’eau potable et la lutte contre les fuites. « La zone urbaine ciblée a des tuyaux qui datent des années 50-60, donc il faut les changer. Partout où le tram est passé ça a été fait mais pas ailleurs. Il y a donc tout un programme de lutte contre les fuites et de remplacement des réseaux », indique le président de la Régie.

    Le développement de l’agroécologie constitue également l’un des volets du projet, avec notamment les expérimentations de cultures économes en eau sur l’agriparc des Bouisses. Enfin, le programme comporte un axe pédagogique autour de la sobriété des usages de l’eau. « La stratégie de la Régie, avec les 15 premiers mètres cube gratuits puis une progressivité qui sanctionne ceux qui gaspillent trop d’eau, sera soutenue par l’Agence de l’eau dans le cadre de ce programme. On va également mener des actions de sensibilisation aux économies d’eau sur ces quartiers. On peut aussi offrir des mousseurs, qui font diminuer le débit d’eau », détaille René Revol.

  • L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    Il va falloir entièrement réorganiser les filières agricoles. » Régulièrement pris à partie sur les réseaux sociaux par les climatosceptiques, Serge Zaka défend un discours alarmiste mais étayé scientifiquement quant à l’avenir incertain de l’agriculture en Occitanie.

    L’agroclimatologue héraultais aime à rappeler que le Sud de la France, en raison des influences de la Méditerranée, compte parmi les régions les plus exposées aux effets du changement climatique. Des influences déjà perceptibles eu égard aux gels hivernaux, aux pluies torrentielles ou aux canicules estivales appelées à devenir la norme d’ici 2050. « Ce n’est plus seulement l’agriculture mais l’écosystème lui-même qui est touché », nous expliquait-il encore au début de l’été, au moment de donner une conférence lors des Univershiftés.

    Connue pour sa résistance à la sécheresse, la vigne, qui souffre déjà du « stress hydrique », sera à terme sous la menace du « stress thermique ». La transition vers les cépages résistants est déjà enclenchée. Et les collectivités (Région, Départements) lancent les premiers projets de retenues hivernales pour l’irrigation. Mais avec un climat d’ici 30 ans comparable à celui de l’Andalousie, cela risque de ne pas être suffisant si rien n’est fait pour enrayer le phénomène à l’échelle mondiale. Quand on s’approche des 50 degrés au soleil c’est un fait : aucun humain, animal, ni végétal ne résiste à quelques exceptions près (plantes grasses type cactus, scorpions, serpents…).

    Les experts en sont convaincus : si on peut imaginer que de la vigne puisse être plantée plus au nord de la région, des productions agricoles devront être abandonnées. « Au lieu de planter des abricotiers on va plutôt planter des oliviers, au lieu de planter de la vigne, on va planter des pistachiers ». Tout porte à penser que la filière agricole va devoir se réorienter vers des variétés moins gourmandes en eau comme le sorgho, le figuier, l’amandier, la grenade, le pois chiche, la patate douce…

    Des changements drastiques qui doivent s’anticiper au plus vite car ils nécessitent d’énormes investissements. Au-delà de la France, l’Europe devra mettre la main au porte-monnaie pour accompagner l’interprofession. Sans quoi les régions méditerranéennes risquent de devenir importatrices.

  • LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    Après la droite, éclatée entre les candidatures du sénateur (LR) Michel Bonnus et celle probable de la maire sortante (SE) Josée Massi, la division gagne la gauche, à Toulon. Vendredi, la France insoumise (LFI) a annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, avec comme chefs de file Isaline Cornil, candidate du Nouveau Front populaire (NFP) aux législatives 2022 dans la 2e circonscription du Var, et Pierre-Yves Denis, l’un des responsables locaux du mouvement. LFI se retire ainsi de la candidature commune à gauche menée par Toulon en Commun (TEC), avec la socialiste Magali Brunel (PS) en tête de liste.

    Alors que cette dernière estimait, il y a trois semaines, que « la balle (était) dans le camp de LFI », les insoumis ont choisi de faire cavalier seul. La faute, en premier lieu, selon eux… à la tête de liste elle-même : « Notre seule ligne rouge était de ne pas avoir une tête de liste socialiste. On parle d’union, mais il y a la réalité des engagements. Je ne pense pas que ce soit un bon signal, pour les électeurs, de s’unir derrière des gens qui négocient ce qu’ils sont en train de négocier à Paris », martèle Pierre-Yves Denis.

    L’union encore possible ?

    Un cas qui n’est pas sans rappeler celui de La Seyne-sur-Mer, où LFI a également annoncé ne pas soutenir la candidature commune de gauche, menée par Stéphane Sacco (GRS), « autoproclamé tête de liste, alors que les discussions n’avaient pas été menées à bout, avec le soutien du PCF. Cela avait même été critiqué par le PS et les Écologistes », détaille Isaline Cornil.

    Dans la seconde ville du Var, comme dans la première, la question de la légitimité demeure centrale, en plus des désaccords programmatiques : « En juin, nous avons proposé une liste commune dotée d’un programme de rupture et représentative de ce qu’est la gauche à Toulon. LFI devait y tenir la place qui correspond à ce qu’elle représente électoralement depuis 2022, sachant qu’à Toulon, nous sommes la première force politique au sein du NFP. Lors de notre dernière réunion, TEC a rejeté toutes nos propositions en bloc », soutient Isaline Cornil.

    TEC livre une autre version : « LFI est partie de TEC, est revenue, puis repartie. Ils connaissent notre fonctionnement, notamment pour le choix de la tête de liste, et n’ont pas voulu participer. TEC prend ses décisions en assemblée populaire et élabore démocratiquement un programme depuis 7 ans. LFI, dont le programme est celui en neuf points envoyé par Paris, voulait en discuter après coup. Les décisions de l’assemblée pouvaient ainsi être remises en cause. C’est l’ADN démocratique de TEC qui disparaîtrait », réagit la liste de gauche, affirmant qu’il n’y a « qu’à la présidentielle que LFI est devant ».

    Dans ces conditions, le combat contre l’extrême droite peut-il encore être gagné ? « L’idée que la division alimente le RN est fausse. Ce qui l’alimente, c’est le manque de projet politique capable de lui faire face », estime Pierre-Yves Denis, qui mise aussi sur la mobilisation « du bloc abstentionniste », très présent dans les quartiers populaires, pour arriver à ses fins. Même si à LFI, comme à TEC, on n’exclut pas de reprendre des discussions. « Si TEC a besoin de l’électorat LFI sur un programme de rupture, nos propositions restent valables. Nous ne sommes pas une liste anti-TEC », pose Isaline Cornil.

    S’ils partent seuls comme annoncé, les insoumis présenteront une liste dite d’union populaire, composée d’au moins 25% de citoyens non encartés. Avec, comme lignes fortes évoquées, participation citoyenne, lutte contre la pauvreté et l’habitat indigne, adaptation au changement climatique, transports en commun (création d’un tramway comme pour TEC), gestion démocratique des services publics, avec un accent sur la rénovation des écoles et l’accessibilité, police de proximité, amélioration de l’offre de santé ou lutte contre les discriminations. Un programme construit avec les citoyens, « en allant taper aux portes pour changer la vie des Toulonnais », annonce Isaline Cornil.

  • Grand dérèglement des saisons : le vivant perd sa boussole

    Grand dérèglement des saisons : le vivant perd sa boussole

    Sud de la France, en 2015. Un Prunus s’orne de ses belles fleurs roses… en novembre. Cet arbre fruitier fleurit normalement au début du printemps. « Nous avons reçu beaucoup de témoignages similaires, se souvient Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri, ingénieur de recherche Inrae et directeur de l’unité AgroClim d’Avignon. Nous observions déjà des choses étranges depuis les années 2000, mais l’hiver 2015-2016 a été un moment charnière ». Car le froid de septembre-octobre a été suivi d’une période beaucoup plus chaude en hiver, déclenchant des floraisons inattendues.

    Avec sa collègue Isabelle Chuine, du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, le chercheur se lance alors dans un recensement des activités saisonnières anormales passées. Les résultats parus dans Scientific Reports sont sans appel : ces événements anormaux depuis 2015 en Europe et dans d’autres pays « sont sans précédent et en lien avec des automnes et des hivers plus doux et des étés plus secs », écrivent les scientifiques qui sont remontés très loin à la recherche d’indices dans des écrits sur le dernier millénaire. « Les témoignages d’événements exceptionnels concernent surtout des épisodes de froid intense », remarque Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. Quelques mentions de floraisons automnales ou hivernales ont été relevées ici ou là, mais elles restent rares.

    Perte de repères

    La question est maintenant celle de l’évolution future. « Cela devrait s’amplifier sous l’effet du réchauffement climatique », anticipe Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. Mais de quelle manière ? « Difficile de le prévoir, admet-il. Nos modèles ne sont pas adaptés. Et il nous faut des données pour en élaborer de nouveaux ».

    Les conséquences pourraient toutefois être dramatiques. « Un arbre fruitier qui fleurit à l’automne ou en hiver ne fait plus de fleur au printemps suivant, avertit le chercheur. Il a besoin de temps pour renouveler ses ressources ». Ce qui aurait un impact sur la productivité des arbres fruitiers, des vignes, etc. Mais aussi sur le reste de l’écosystème qui en dépend : les insectes, les oiseaux et autres mammifères. Exemple avec les oisillons qui naissent au printemps, quand apparaissent les chenilles, qui apparaissent elles-mêmes quand les feuilles des arbres sortent.

    La question de la survie des espèces végétales se pose également. « Dans notre climat tempéré méditerranéen, elles ont besoin du froid », indique Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. C’est le signal, avec la baisse de la luminosité à la fin de l’été, qui indique qu’il faut se préparer pour l’hiver. Et la fin du froid signale le moment de sortir de la « dormance ». Mais toutes les espèces n’ont pas les mêmes besoins en froid. « C’est une question à laquelle les producteurs sont déjà confrontés en Italie et en Espagne au moment de planter des nouveaux arbres, note-t-il. Cela commence en France ».

  • Ces associations mobilisent la jeunesse avant la COP30

    Ces associations mobilisent la jeunesse avant la COP30

    Près de la place Castellane, dans les locaux de leur fédération, les associations Air et Moi et AtmoSud préparent un échange intercontinental en visioconférence. Autour de la table, Victor Hugo Espinosa fondateur d’Air et Moi, qui délivre des formations sur la pollution de l’air. Mais aussi Dominique Robin, d’AtmoSud, structure qui s’intéresse à la qualité de l’air en Paca.

    De l’autre côté, l’écran projeté donne la parole à neuf intervenants. Huit coordinateurs du Réseau Climat Jeunesse, association regroupant 1 600 jeunes de 26 pays francophones autour des défis liés à l’environnement. Un membre de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable est aussi présent. Ils sont en direct du Tchad, Burundi, Côté d’Ivoire, Guinée, Mali, Congo…

    « Prise de conscience »

    Cette réunion a permis à Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin de présenter leurs diverses actions, menées pour préserver la santé sur toute la planète (humains comme biodiversité) face à divers facteurs extérieurs (maladies, pollution de l’air, déforestation…). Un rendez-vous organisé en amont de la COP30, conférence mondiale sur le climat organisée par l’ONU, qui se tiendra du 10 au 21 novembre, à Belém, au Brésil. Cet événement mondial accueillera 50 000 personnes. Parmi elles, Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin.

    Ils veulent soutenir et encourager le Réseau Climat Jeunesse, comme le précisent les deux associations : « Le but est de mettre en avant les actions des jeunes de chaque pays ainsi que leurs différents projets pour 2026. » Jusqu’ici, Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin sensibilisaient les jeunes à l’importance de la qualité de l’air et partageaient des contenus pédagogiques. C’est dans ce cadre que l’association Air et Moi a été sollicitée par le Réseau Climat Jeunesse. Victor Hugo Espinosa et Dominique Robin rejoindront le Brésil avec deux capteurs multipolluants open source, des outils d’AtmoSud destinés à mesurer la qualité de l’air. « La qualité de l’air est une urgence qu’on peut traiter sur la dynamique des COP, estime Victor Hugo Espinosa. La prise de conscience liée à la santé est croissante. L’OMS ne peut plus parler de la santé elle-même sans parler de la santé de la planète », ajoute-t-il. Selon l’OMS, une personne sur trois est asthmatique ou allergique.

    Ils mettent en avant ce large réseau international relayant leurs actions locales (reboisement, gestion des déchets, recyclage…). « Les jeunes du monde entier se rendent compte qu’il y a des associations qui œuvrent dans leur pays. Chez les jeunes, la morale ne passe plus. Il faut informer », note Victor Hugo Espinosa.

    Aurélie Laborde

    L’IRD et ses partenaires lancent la caravane fluviale

    L’Institut de recherche pour le développement (IRD), établissement français public, étudie les évolutions du climat et de leurs impacts environnementaux, sociaux, économiques et sanitaires. Avec ses partenaires, il lance une caravane fluviale scientifique et interculturelle, qui naviguera sur le fleuve Amazone, à partir du 28 octobre, jusqu’à la fin de la COP30. Une initiative innovante issue d’un partenariat étroit entre institutions brésiliennes et françaises autour des enjeux climatiques. M.-L.T.

  • Plan écoles : la joie préside à l’inauguration du groupe scolaire Bouge

    Plan écoles : la joie préside à l’inauguration du groupe scolaire Bouge

    C’est un groupe scolaire de 28 classes – 9 maternelles, 18 élémentaires, 1 classe ULIS – dessiné par l’agence Satori Architectes sur le plateau des Lauriers (13e) dans le quartier de Malpassé, où les élèves plutôt que de descendre les marches du grand escalier ouvrant sur les cours de récréation, peuvent emprunter un toboggan géant.

    Nombreux étaient hier les minots à s’y glisser pour l’inauguration officielle de cet équipement public ambitieux, ouvert à la rentrée et qui s’inscrit dans la vague 1 de rénovation du vaste Plan École, un programme historique de 1,5 milliard d’euros qui concerne l’intégralité des 470 écoles de la ville dont 188 écoles nouvelles ou totalement rénovées.

    « C’est une très belle école en terme architectural, mais ce n’est pas qu’un geste architectural, c’est du très haut niveau d’exigence qualitative, environnementale. C’est pensé pour les enfants, les enseignants, le changement climatique mais aussi pour le quartier quand on voit la dimension du gymnase. Pour les écoles, il faut le meilleur », confie le maire de Marseille, Benoît Payan, quelques instants après avoir dévoilé la plaque avec la sous-préfète chargée du plan Marseille en grand, Virginie Avérous et le recteur d’académie, Benoît Delaunay. « La réalité de l’enveloppe, c’est 400 millions de l’État du plan Marseille en grand et on va être 1,1 milliard d’euros de la mairie si les coûts n’augmentent pas, explique le maire. « On voit bien qu’en 4 ans, c’est 300 millions d’euros supplémentaires. Mais quand on a autant de chantiers, les choses ne sont jamais comme certains peuvent l’imaginer. On ne construit pas des écoles avec des tweets. »

    « C’est magnifique ! C’est grand et pratique. Les petits adorent. Vous n’avez pas connu avant, c’était petit, vétuste, le gymnase était condamné », sourit une maman sur la terrasse pédagogique co-construite avec l’association Les Archiminots où les tout-petits font du vélo. Le meilleur est là. Chaque salle de classe de l’école élémentaire est équipée d’écran numérique interactif. On y trouve une bibliothèque, deux cantines, le gymnase de 600m², une conciergerie, deux cours de récréation végétalisées et désimperméabilisées.

    « C’est prometteur pour leur épanouissement »

    Situé en quartier prioritaire, le groupe scolaire a coûté 19,6 millions d’euros (40% État, 37% ANRU et 23% Ville). « On est sur une des dernières écoles de la vague 1. On était venu ici il y a 4 ans avec le président de la République, rendez-vous compte aujourd’hui de l’équipement qu’on a ! », se remémore la sous-préfète Virginie Avérous, qui goûte au plaisir de voir les sourires des enfants, des parents et des équipes éducatives. « Les écoles des vagues 2 et 3 qui entrent en chantier en cette fin d’année, ensuite la vague 4 annoncée par le maire. Sur 188 écoles, on en a livré 15 et une soixantaine sont encore en phase d’études et de démarrage des travaux », ajoute-t-elle.

    Un enthousiasme que partage le recteur d’académie, Benoît Delaunay : « Cette école offre des conditions de travail très bonnes pour les enseignants et les agents. C’est très prometteur pour l’épanouissement de ces enfants et leur devenir professionnel. Pour les deux directrices d’école que j’ai saluées, cela permet de repenser pédagogiquement les choses avec des espaces nouveaux. L’école, c’est justement offrir de nouvelles possibilités ».