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  • Champions Cup : Face à Bath, le RCT n’a déjà plus de marge d’erreur

    Champions Cup : Face à Bath, le RCT n’a déjà plus de marge d’erreur

    Quand il rate un match, cette saison, le RC Toulon le fait généralement dans les grandes largeurs. Ses premiers pas en Champions Cup, dimanche dernier, sur la pelouse d’Édimbourg (33-20), en ont malheureusement été une démonstration de plus, malgré un début de rencontre idéal, qui l’a vu mener 0-10 après six minutes. Mais la suite, entre défense friable, coups de pied à l’excès, et fautes de mains à répétition, s’est apparentée à un cauchemar, avec un second acte durant lequel les Varois n’auront passé qu’une petite pénalité.

    « On a très bien commencé pendant 25 minutes. Mais on n’a pas fait ce qu’il fallait dans la gestion, on s’est déréglé tout seuls, dans des conditions difficiles. L’équipe la plus précise et la meilleure sur le plan stratégique a gagné. On a perdu le fil. Édimbourg est une belle équipe, mais on aurait dû mieux faire », constate Pierre Mignoni, « frustré, énervé, comme nos supporters. On l’est toujours vis-à-vis de notre prestation ».

    « Dès qu’on loupe un truc, c’est la fin du monde »

    Oui, ce RCT aux deux visages frustre autant qu’il se frustre. Et doit trouver des réponses à ses questions : « On a fait beaucoup de rotations en début de saison. À Édimbourg, il y en avait peu, donc on n’a pas d’excuse. On a mal abordé ce match. Il faut arriver à switcher, se dire que c’est un match de rugby, que ce soit à domicile ou à l’extérieur, ce qu’on n’arrive pas à faire. Il faut gommer ça », analyse l’expérimenté Jérémy Sinzelle, qui fêtera sa centième en rouge et noir (lire ci-contre). « On manque par moments de connexion. Dès qu’on loupe un truc, on dirait que c’est la fin du monde. On doit garder une attitude positive, une concentration, une communication claire, des joueurs qui prennent leurs responsabilités, une qualité de jeu au pied, des choses de haut niveau. Quand tu n’as pas ça, surtout sur des matches de Champions Cup très serrés, encore plus avec ces conditions, tu passes à côté », pointe Pierre Mignoni.

    Après une journée, le RCT est donc déjà dos au mur, mais loin d’être enterré, à l’aube de la réception de Bath, champion d’Angleterre et vainqueur de la Challenge Cup l’an dernier. Mais il faudra jouer ce match comme le couperet qu’il est : « C’est une compétition avec un format très court, mais j’ai entendu que c’était cuit, et ce n’est pas vrai. C’est sûr qu’on ne pourra pas finir dans les meilleurs des meilleurs premiers, même si on bat cette équipe. On s’est loupé, on le sait, mais on a besoin de soutien face au champion d’Angleterre. C’est un test-match, de niveau international, on a besoin de tout le monde. Il y a des moments difficiles dans une année, on va voir comment on réagit », annonce l’entraîneur varois, qui en appelle au public avant ce qui pourrait être l’un des tournants de la saison.

  • À Édimbourg, le RC Toulon repart à la conquête de l’Europe

    À Édimbourg, le RC Toulon repart à la conquête de l’Europe

    C’est une parenthèse qui suscite forcément une excitation particulière. La Champion’s Cup reprend ses droits ce week-end, et les prolonge jusqu’au suivant. « On change de compétition, de format, d’arbitrage, d’intensité, et on s’entraîne dur pour ça depuis 15 jours. C’est notre rythme, notre obligation, donc c’est un changement d’état d’esprit », affirme Pierre Mignoni. Et c’est en Écosse, à Édimbourg, que le RCT débute son aventure européenne. Actuellement dans le ventre mou du United Rugby Championship (10e), le Édimbourg Rugby n’est, sur le papier, pas l’adversaire le plus impressionnant. L’historique parle cependant pour les Écossais, qui avaient battu les Varois lors de leurs deux confrontations dans cette compétition, en 2018/2019 (40-14 à Édimbourg, 17-28 à Mayol).

    Six ans plus tard, les deux effectifs ont changé, et du côté de la Rade, on avoue connaître assez peu cette équipe. Mais le staff toulonnais a de la ressource : « Je me sers d’Andrea Masi [entraîneur des trois quarts du RCT, Ndlr] car il a joué dans ce championnat avec Trévise, et à travers la vidéo. On a préparé notre game plan pour que les joueurs soient à 100%. Ce n’est pas une préparation d’une semaine, mais de toute une saison. Sur ce qu’on a vu, Édimbourg est une équipe qui joue très vite, fort, sur une surface synthétique très rapide. Ils mettent beaucoup de pression sur l’adversaire, ne te laissent pas beaucoup d’oxygène pour faire ton jeu. On se sait attendu, ce sera un gros défi pour nous », détaille Pierre Mignoni.

    Autre atout : la présence de Ben White, qui connaît bien ses futurs adversaires, qu’il côtoie, pour certains, en sélection : « Je connais beaucoup de joueurs, c’est un match cool à jouer contre mes amis. Pour préparer le match, j’ai présenté l’état d’esprit de l’équipe, parlé des joueurs, du stade, les petites choses comme ça. On est prêt pour tout, on n’a pas d’excuses », certifie l’international écossais, qui définit ce premier adversaire européen comme « une équipe costaude, qui aime le combat. Ils jouent beaucoup au pied, il faudra contrôler les 9 et 10 pour avoir nos momentums ».

    « L’an dernier, on a montré qu’on avait progressé »

    Il faudra aussi tenir compte des règles propres à la Champion’s cup (bonus d’un point pour toute équipe inscrivant quatre essais, et pour les équipes perdant avec moins de 7 points d’écart), et un arbitrage différent de celui du Top 14 : « Il faut habituer les joueurs à l’arbitrage sur les mauls, le jeu au sol, les mêlées… Il ne faudra pas être surpris, on a travaillé avec ça, il n’y aura pas de tolérance à ce sujet », prévient l’entraîneur toulonnais.

    Pour cette première mission européenne de la saison, ce dernier pourra compter sur le retour d’une grande partie de ses internationaux, qui doivent, selon lui, reprendre le train en marche : « On verra après le match si on y est parvenu. Il faudra voir comment ils s’intègrent dans l’équipe, comment sont-ils en termes de fraîcheur. Tous les internationaux doivent amener un plus, car ils ont l’habitude de ces matches au niveau international. » Seul Charles Ollivon manquera finalement à l’appel, ce qui ne manque pas d’agacer Pierre Mignoni : « Le RCT a pour priorité la santé des joueurs. Après sa commotion, on a pris le relais de l’Équipe de France, et Charles était considéré apte. Mais une commission externe doit donner son aval, et elle nous a dit non mercredi. La commotion est un aspect important, on ne fait pas de politique là-dessus. Mais quand on suit un protocole classique, que le joueur s’entraîne à 100%, il est apte à jouer. Je ne ferai jamais jouer un joueur qui n’est pas à 100%. Donc là, on [cette commission, Ndlr] est dans la politique, on se couvre. Nous, on n’est pas là pour se couvrir, mais pour protéger les joueurs et pour performer. »

    Si les supporters se rêvent déjà à une quatrième étoile, l’objectif sera avant tout de montrer que le club franchit des paliers, après une aventure européenne cruellement stoppée en quart de finale par Toulouse l’an dernier : « Ce match nous avait fait vraiment très mal. C’était pour moi un bon match pour retrouver le très haut niveau, le genre par lequel le groupe a besoin de passer. Mais ça avait mis le moral de certains joueurs à zéro. L’objectif, c’est de faire du mieux possible. L’an dernier on a montré qu’on avait progressé, j’espère qu’on va encore le montrer cette année. »

    Champion’s cup, 1ère journée

    18h30, Hive Stadium, Édimbourg

    Arbitre : M. Carley (ANG)

    RCT : Gros, Baubigny, Sinckler ; Ribbans (C), Alainu’uese ; Ludlam, Abadie, Mercer ; White, Garbisi ; Ferté, Sinzelle, Brex, Dréan ; Jaminet.