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  • Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    La Marseillaise : Vous allez faire votre retour à La Marseillaise après trois ans d’absence. Comment abordez-vous
    cette saison ?

    Fabienne Berdoyes : J’ai repris la compétition il y a un peu moins de deux ans. Pendant un temps, j’avais mis la pétanque entre parenthèses : j’ai 56 ans et une fille de 13 ans, à laquelle j’ai consacré beaucoup de temps. Elle pratique elle aussi beaucoup de sport, ce qui a naturellement occupé une grande partie de mon quotidien. Ce retour à la compétition m’amène aussi à retrouver La Marseillaise, que je n’avais plus disputée depuis deux ou trois ans. Cette saison, nous avons été championnes de Vendée et j’ai participé au Championnat de France la semaine dernière. J’essaie donc de retrouver mon meilleur niveau. La Marseillaise reste pour moi l’épreuve incontournable de l’été. Quand on la remporte, tout le monde le sait. Sur le plan médiatique, c’est l’un des plus beaux tournois qui existent.

    À quel point est-il difficile
    de reprendre après une pause ?

    F.B. : Les gestes sont plus compliqués aujourd’hui, car j’ai subi entre-temps des opérations du poignet. Cela m’a forcément un peu handicapée. Je retrouve mon geste progressivement, petit à petit, même si cela reste difficile. Mais cela ne m’empêche pas de jouer correctement. Je dois simplement faire preuve de davantage de concentration dans ma manière de lancer les boules. J’y prête plus d’attention qu’auparavant. L’envie est toujours là : je suis compétitive et déterminée à gagner.

    Vous êtes la recordwoman
    du Grand Prix féminin avec
    six victoires. Laquelle a le plus compté pour vous ?

    F.B. : Elles se valent presque toutes, car elles ont été remportées sur une période de trois ans avec les mêmes partenaires. Nous avons enchaîné trois victoires consécutives, parfois à un an ou deux d’intervalle, mais toujours avec les mêmes joueuses. C’était quelque chose de fabuleux. Il y en a toutefois une qui me tient particulièrement à cœur : celle de 2012 avec Sylvette Innocenti. C’était notre première association et cette victoire avait une saveur particulière, car elle n’avait plus gagné La Marseillaise depuis dix ans. Rejouer ensemble et remporter le titre après une si longue attente a rendu ce moment très fort émotionnellement. C’était vraiment magique. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire cela.

    Quelle est, selon vous, la recette pour performer au Mondial ?

    F.B. : Je ne sais pas s’il existe une recette particulière. Je pense surtout que Marseille me réussit bien. L’envie joue beaucoup, avant tout. J’ai remporté ces titres dans mes meilleures années, lorsque j’étais en pleine forme et bien entourée, ce qui aide forcément. Mais La Marseillaise reste une épreuve extrêmement difficile. Les conditions de jeu sont particulières, entre les allées, les passages de mobylettes ou de vélos, et la nécessité de rester concentré en permanence. Le mental y est essentiel. Sur beaucoup de parties, c’est lui qui nous a permis de nous en sortir.

    Vous êtes-vous toujours sentie
    à l’aise dans cette compétition ?

    F.B. : Moi, j’adore. J’aime beaucoup cette compétition féminine. Je ne maîtrise pas toujours tout ce qui se passe dans le circuit masculin, qui me paraît d’ailleurs assez complexe. À Marseille, il y a parfois des parties tendues, tout le monde le sait. Mais chez les féminines, j’apprécie particulièrement l’ambiance, plus conviviale, presque folklorique, qui rappelle la pétanque d’origine, plus libre. On retrouve un esprit de jeu comme à ses débuts, lorsque l’on jouait sans terrains délimités, avec simplement trois boules, dans une forme plus spontanée. Et c’est surtout à Marseille que l’on retrouve cette atmosphère, nulle part ailleurs. C’est aussi pour cela que j’aime autant cette compétition.

    Comment analysez-vous l’évolution de la pétanque féminine depuis votre première victoire en 2003 ?

    F.B. : La discipline a énormément évolué. Aujourd’hui, le niveau est beaucoup plus élevé. Au départ, la pétanque féminine était parfois moins considérée que celle des hommes, avec encore certains clichés. Mais les choses ont changé. Il y a eu un vrai travail d’accompagnement, avec des sélections et l’organisation de nombreuses compétitions importantes. La médiatisation a également joué un rôle essentiel. Des joueuses de très haut niveau ont émergé et se sont maintenues au sommet, comme Cindy Peyrot ou Angélique Colombet, qui ont toujours été au plus haut niveau. Elles ont bénéficié d’un encadrement solide et d’un suivi de qualité. Le niveau est donc clairement plus élevé aujourd’hui qu’à mes débuts.

    Mais ce constat s’applique notamment à la France et moins aux autres pays…

    F.B. : Avec Nancy Barzin, nous nous sommes fait connaître en participant à de nombreux nationaux en France, en nous déplaçant par nos propres moyens. Nous allions chercher les compétitions et c’est ainsi que nous nous sommes fait un nom. Par la suite, nous sommes devenues championnes du monde, ce qui a renforcé notre visibilité. Mais la Belgique ne nous a pas particulièrement accompagnées ni mises en avant à ce moment-là. Aujourd’hui encore, je pense que ce qui manque en Belgique, ce sont des moyens et une véritable structuration pour accompagner les talents. En France, les joueuses sont regroupées, encadrées, suivies dans des collectifs. En Belgique, cela reste plus dispersé. C’est, selon moi, ce qui freine encore leur progression.

    À quel point les mentalités ont évolué concernant les femmes dans la pétanque ?

    F.B. : À une époque, perdre contre une joueuse pouvait être mal vécu par certains hommes, car cela heurtait encore certaines représentations et stéréotypes. Aujourd’hui, cette perception a totalement évolué. Une bonne joueuse est considérée au même titre qu’un joueur, car elle est capable d’obtenir les mêmes résultats et de réaliser les mêmes gestes techniques. Cette évolution des mentalités a fait tomber beaucoup de barrières et a permis aux joueuses de progresser et de s’imposer plus facilement.

    Comment parvient-on à s’habituer aux terrains variés
    et compliqués du Mondial
     ?

    F.B. : C’est très difficile, mais aussi très intéressant. Lorsqu’on atteint un certain niveau, on s’adapte plus facilement à différents types de jeu. Je trouve que les terrains dans les carrés d’honneur, notamment ceux utilisés pour la télévision, sont plus cadrés et parfois aménagés pour le spectacle. Mais, à mes yeux, la pétanque est encore plus belle dans les allées, où le jeu devient réellement complexe. Dans les allées, il faut composer avec les irrégularités et les bordures, ce qui n’existe pas dans les carrés d’honneur. C’est ce qui rend l’adaptation difficile, mais aussi ce qui fait toute la richesse de la discipline. Au final, ces conditions peuvent totalement redistribuer les cartes. Les grandes équipes ne font pas toujours la différence, car les parties restent ouvertes. À l’inverse, des équipes moins expérimentées mais régulières peuvent poser énormément de problèmes. C’est ce qui rend ces parties particulièrement indécises et exigeantes. Et ça fait tout le charme de La Marseillaise.

  • Jean-Michel Puccinelli : « La première victoire reste particulière »

    Jean-Michel Puccinelli : « La première victoire reste particulière »

    Parmi les grands seigneurs du poste de milieu, Jean-Michel Puccinelli a aisément sa place autour de la table ronde. Capable d’une redoutable efficacité, aussi bien à l’appoint qu’au tir, le triple vainqueur du Mondial La Marseillaise à pétanque n’a jamais cessé de fréquenter les allées du parc Borély, entre fascination et respect. Ces jeux si singuliers, si exigeants à apprivoiser, où même les plus grands finissent par y laisser des certitudes. Mais en Salonais d’origine et Marseillais de cœur, Puccinelli porte le Mondial dans le sang. Une histoire de famille, d’abord faite de tribunes et de parties observées enfant aux côtés de son père, avant de devenir l’un des visages majeurs de l’histoire moderne du concours. Aujourd’hui, il n’a plus rien à prouver sur ses terres.

    La Marseillaise : Comment jugez-vous votre début de saison ?

    Jean-Michel Puccinelli : Je me sens bien. Le championnat du Var était très relevé, avec de nombreuses belles équipes. J’ai réalisé de bonnes parties, mais cela n’a malheureusement pas suffi pour me qualifier. En revanche, j’ai remporté le National de Draguignan le mois dernier. Cette victoire m’a permis d’arriver en confiance et bien préparé pour cette nouvelle édition de La Marseillaise.

    Vous évoluez dans le Var depuis plusieurs saisons maintenant. Quel regard portez-vous sur ce département, devenu une référence de la pétanque ?

    J.-M.P. : C’est presque un championnat de France à lui seul. Le niveau est extrêmement élevé et, dès les phases finales, on ne rencontre pratiquement que de grandes équipes. Bien sûr, le tirage joue aussi un rôle important dans ce genre de compétition.

    Vous avez remporté à trois reprises le Mondial La Marseillaise. Que représente ce concours pour vous ?

    J.-M.P. : C’est le concours dont je rêvais depuis mon enfance. Je suivais mon père lorsqu’il y participait et, très tôt, je me suis fixé l’objectif de le gagner un jour. Mais le chemin a été long : j’ai perdu trois demi-finales puis une finale avant de décrocher enfin mon premier sacre en 2018. J’ai ensuite gagné en 2020 puis en 2021. On ne se lasse jamais de remporter La Marseillaise. C’est un concours unique, avec une atmosphère et une émotion incomparables.

    Comment avez-vous vu évoluer cette compétition au fil des années ?

    J.-M.P. : Je me souviens des éditions auxquelles j’assistais dans les années 1980 avec mon père. C’était déjà un très beau concours, mais il y avait moins de densité au niveau des équipes. À l’époque, une formation plus modeste pouvait encore créer la surprise. Aujourd’hui, avec le niveau général des participants, gagner La Marseillaise est devenu beaucoup plus difficile.

    Parmi vos trois victoires, laquelle vous a le plus marqué ?

    J.-M.P. : La première, sans hésiter. Toutes les victoires sont belles à La Marseillaise, mais la première avec Vigo (Dubois) et Tyson (Molinas) reste forcément particulière. C’était un moment exceptionnel. J’ai disputé de très belles parties au cours de ce parcours. J’ai également vécu quelque chose de spécial avec Benji (Renaud) et Ludo (Montoro). Il y avait une alchimie difficile à expliquer, mais elle était bien réelle.

    Justement, qu’est-ce qui faisait la force de votre équipe ?

    J.-M.P. : Tout semblait naturel. Chacun connaissait parfaitement son rôle et ce qu’il avait à faire. Nous avons formé un collectif très homogène pendant deux saisons et cela s’est ressenti dans les résultats. Nous avons remporté de grandes parties, notamment en quarts de finale. Nous restions concentrés sur notre jeu sans nous préoccuper du reste. Peut-être que certains adversaires nous craignaient après nous avoir vus évoluer dans les tours précédents, mais nous étions surtout très solides collectivement. Après, à La Marseillaise, le tirage reste un élément déterminant. Lorsqu’on arrive dans les derniers tours, il n’y a quasiment plus que des favoris.

    Vous allez participer à cette 65e édition du Mondial La Marseillaise à pétanque aux côtés de Romain Fournié et Dawson Herlemann. Comment s’est montée cette triplette ?

    J.-M.P. : J’avais gagné à Ajaccio avec le petit Dawson en septembre dernier et, quelques mois plus tard, nous avons commencé à discuter d’un projet pour La Marseillaise. Il était partant. Il nous fallait ensuite un pointeur. Avec Romain, j’avais déjà réalisé un beau parcours auparavant jusqu’en quart-de-finale en 2014. Il possédait une expérience importante de cette compétition, notamment avec Benji. J’ai donc naturellement pensé à lui pour compléter l’équipe.

    Quel regard portez-vous sur le talent de Dawson Herlemann, déjà vainqueur de plusieurs Nationaux à seulement 15 ans ?

    J.-M.P. : Il a une adresse phénoménale pour son âge. Il a déjà fait de grosses parties contre de belles équipes de haut niveau. Il a tenu sa place. On dirait qu’il n’a pas de pression pour son âge. L’avenir lui appartient, à condition qu’il continue à travailler et à faire les bons choix. S’il poursuit sur cette voie, il ira loin.

    Peut-on le comparer à Dylan Rocher au même âge ?

    J.-M.P. : Je pense qu’il faut éviter les comparaisons. Dylan, c’est Dylan. Devenir champion du monde à 18 ans reste quelque chose d’exceptionnel. Je ne sais pas si quelqu’un reproduira un tel exploit un jour. Aujourd’hui, les jeunes sont plus mûrs qu’avant, mais le plus difficile reste toujours de confirmer sur la durée. Cela dit, certains sont très bien partis et pourraient, à terme, devenir des piliers de l’équipe de France.

    Quels sont les ingrédients pour réussir à La Marseillaise ?

    J.-M.P. : La récupération est essentielle. C’est un concours très éprouvant physiquement : on marche énormément et les journées sont longues. Il faut bien s’hydrater, se reposer entre les parties et avancer étape par étape sans se projeter trop loin. Sur le plan du jeu, je pense que le point est primordial à Marseille. Bien sûr, il faut aussi très bien tirer, surtout dans certaines conditions difficiles, mais à mes yeux, le point reste encore plus déterminant.

    Le fait d’avoir enfin remporté le concours vous a-t-il libéré mentalement ?

    J.-M.P. : Complètement. Après avoir perdu trois demi-finales et une finale, je me mettais beaucoup de pression dans les moments importants. Cela me faisait parfois déjouer. Gagner en 2018 m’a totalement libéré. Je comprends parfaitement la frustration de ceux qui courent après ce titre, car je l’ai vécue. Aujourd’hui, je joue beaucoup plus détendu. Dans les parties finales, j’arrive à jouer comme si j’étais dans mon jardin. C’est sans doute l’avantage de ceux qui ont déjà gagné : ils abordent l’événement avec davantage de sérénité.

    Quels sont désormais vos objectifs dans cette compétition ?

    J.-M.P. : J’aimerais encore en gagner quelques-unes. Mais mon principal objectif est simple : j’ai 48 ans et d’ici mes 50 ans, je voudrais ajouter au moins une nouvelle Marseillaise à mon palmarès. Si j’arrive à quatre titres avant cet âge-là, je serai déjà très heureux.

  • Le Cercle des nageurs en route vers un 43e sacre

    Le Cercle des nageurs en route vers un 43e sacre

    Rien n’est jamais joué d’avance dans le sport, où les exploits les plus improbables restent toujours possibles. Pourtant, le Cercle des nageurs de Marseille n’a sans doute jamais été aussi proche d’un 43e sacre national.

    Grâce à leur large victoire samedi dans le bassin de Strasbourg (20-7), les poloïstes phocéens abordent le match retour de cette finale avec treize buts d’avance. La rencontre se disputera le samedi 27 juin
    au bassin Pierre-Garsau, à Marseille.

    Sauf improbable retournement de situation, les hommes de Milos Scepanovic, déjà vainqueurs cette saison de l’Euro Cup pour la deuxième fois de leur histoire, devraient soulever le trophée de champion de France. Le Cercle des nageurs de Marseille décrocherait ainsi un sixième titre consécutif.

    Le PSG du water-polo français

    Cette finale, dont le suspense semble déjà largement dissipé, illustre une nouvelle fois la domination du club marseillais sur le water-polo français. À l’image du Paris Saint-Germain en Ligue 1, le CNM s’appuie sur un effectif composé de certains des meilleurs joueurs de la planète et paraît aujourd’hui intouchable sur la scène nationale.

    Des formations comme Strasbourg ou Aix-en-Provence parviennent certes à réduire progressivement l’écart, mais la différence de niveau demeure encore trop importante pour véritablement menacer l’hégémonie phocéenne.

  • Le Cercle des nageurs de Marseille remporte l’Euro Cup

    Le Cercle des nageurs de Marseille remporte l’Euro Cup

    Ce n’est pas courant d’être sacré champion d’Europe en terminant l’aventure par une défaite, mais les pensionnaires du Cercle des nageurs ont remporté l’Euro Cup, ce samedi 6 juin, après leur défaite face aux Croates de Jadran Split (16-14).

    Grâce à leur victoire de trois buts d’écart au match aller, au bassin Pierre-Garsau (19-16), les poloïstes marseillais ont assuré l’essentiel pour soulever le deuxième trophée européen de leur histoire, après la campagne concluante en 2019.

    Dans ce match retour face à Jadran Split, les cinq buts de Thomas Vernoux, dont trois ont été inscrits dans le premier quart-temps, ont permis au CNM de ne pas être distancé au tableau d’affichage. Du moins, jusque dans la dernière période où les Croates avaient pris deux longueurs d’avance au score, à cinq minutes du coup de sifflet final. Mais le collectif phocéen a tenu bon jusqu’au bout. La marque des champions.

  • Une haie d’honneur pour Lana Arnaud

    Une haie d’honneur pour Lana Arnaud

    Une immense émotion régnait mardi soir au dojo du gymnase du Rove où une haie d’honneur composée des judokas, des dirigeants du club et de nombreux parents a accueilli la jeune Lana Arnaud, récemment sacrée championne de France par équipes départementales.

    À son arrivée, le maire Paul Sabatino (PCF), accompagné de son adjoint aux sports et à la jeunesse David Guevara, a tenu à féliciter chaleureusement la jeune sportive pour son parcours exceptionnel.

    « Le sacre de Lana est exceptionnel. Cette victoire fait rayonner Le Rove Judo et toute notre commune. Elle récompense le travail remarquable des entraîneurs, des bénévoles, des dirigeants et de tous ceux qui accompagnent nos jeunes sportifs au quotidien. La municipalité est fière de soutenir activement le club dans son développement », a déclaré le maire en marge de l’événement. Le 10 mai 2026, Lana Arnaud a brillamment représenté les couleurs des Bouches-du-Rhône lors des Championnats de France par équipes départementales organisés à Ceyrat (63). Sélectionnée comme titulaire dans la catégorie des -40 kg, elle a confirmé tout son potentiel après une saison remarquable.

    Licenciée au club Le Rove Judo présidé par François Saravelli et entraînée depuis plusieurs années par Antoine et Olivier, Lana a multiplié les belles performances cette saison.

  • [Travailleur de demain] Baptiste Gelly, derrière les cyber barricades

    [Travailleur de demain] Baptiste Gelly, derrière les cyber barricades

    Du tracteur aux écrans. C’est l’étonnante trajectoire qu’a suivie Baptiste Gelly, à 25 ans médaillé d’argent aux WorldSkills 2025 et fraichement salarié chez Pellenc ST, société installée à Pertuis (84) qui conçoit et vend des machines de tri optique pour la gestion de déchets. Son rôle ? S’assurer que les machines vendues par son entreprise, qui fonctionnent en connexion avec certains réseaux, respectent les trois grands principes de la cybersécurité : « la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données », stipule-t-il. « L’idée est de veiller à ce que la machine que nous installons chez le client n’introduise pas de faille de cybersécurité dans leur système », détaille-t-il. Le jeune homme évolue donc du « côté bleu » de la force, dénomination donnée au cyber défenseurs, c’est-a-dire spécialisé dans la défense et non dans l’attaque, classée, elle, du « côté rouge ». Car c’est comme ça qu’on apprend la cybersécurité, en opposant l’équipe des attaquants à celle des défenseurs, comme le proposent certains sites en ligne que Baptiste a beaucoup fréquentés avant sa réorientation. « La meilleure défense, c’est l’attaque », martèle-t-il, citant, notamment, ses anciens enseignants.

    Bifurcation

    Originaire de Carpentras (84) et né dans une famille de soignants, le Vauclusien a commencé sa carrière bien loin des lignes de codes, en bac pro agricole. Mais, après deux mois dans un BTS du secteur, le doute s’installe : « J’adore conduire des tracteurs, ça ne fait aucun doute. Mais faire ça toute ma vie, je n’étais plus sûr », retrace-t-il. En cause : l’épuisement physique, la faible rémunération et des horaires peu avantageux. Relié aux écrans essentiellement par les jeux vidéo, l’idée d’un avenir dans la cybersécurité émerge peu à peu. A force d’entraînements, possibles grâce aux ressources disponibles en ligne, « en très grande quantité, d’autant plus aujourd’hui » , le jeune homme confirme son inclination et finit par s’engager dans un nouveau BTS, en informatique cette fois. S’il doit attendre un an avant d’intégrer définitivement la formation, faute d’alternance, il suivra ensuite un parcours impeccable, jusqu’à l’obtention d’un bac + 5 l’année passée. Ce qui l’anime aujourd’hui : « construire des solutions pour pouvoir répondre à des problèmes de cybersécurité ». « Jusqu’à il y a 6 mois, je voulais plutôt m’orienter dans l’attaque, en tant que pentester [les pentesters sont chargés de volontairement attaquer un réseau pour découvrir la nature de ses failles, Ndlr]. Mais la conjoncture, avec le renforcement de l’intelligence artificielle, m’a poussé à rester dans mon alternance, où je me concentre sur la défense, ce qui me permet de travailler sur plein de notions très intéressantes ».

    Suppléant de l’équipe championne de France pour les WorldSkills mondiaux, Baptiste entend s’autoriser une petite respiration, après des années de surinvestissement. « Jusqu’à mon embauche, la cybersécurité c’était tous mes soirs, tous mes week-ends. Faire des compétitions travailler, étudier, je ne faisais que ça. Je crois qu’on peut parler d’une petite overdose », ironise le vice-champion national.

    LE CONCOURS

    Une deuxième place qui n’a pas créé beaucoup de surprise pour Baptiste, qui s’attendait à ce classement. « On parle beaucoup au fil de la compétition, donc on s’attendait globalement à obtenir ce résultat », se souvient-il. Candidat pour voir « ce qu’il vaut » au niveau régional puis national, Baptiste a aussi exploité le concours pour « perfectionner sa technique ». « Je crois que c’était aussi l’occasion de représenter la cybersécurité et l’école en dehors d’un cadre classique. Puis ça reste une compétition très stimulante, qui te confronte à des situations proches du réel avec un niveau de technique élevé, c’est une ligne sur le CV. »

  • Le club phare de Château-Gombert triomphe sur la scène féminine

    Le club phare de Château-Gombert triomphe sur la scène féminine

    Quelques semaines après avoir été sacré champion de France par équipes en National 1 de tennis-fauteuil, le Tennis Club de Château-Gombert a décroché, dimanche au Centre de Ligue Paca de tennis à Puyricard, un nouveau titre avec son équipe 1 féminine, sacrée championne régionale R2. Invaincues toute la saison, les Marseillaises ont conclu leur magnifique parcours par une victoire en finale face au TC Vitrolles (4-2). « Notre projet a porté ses fruits », s’est réjoui Stefano Cimtile, président du TC Château-Gombert, dans le 13e arrondissement. Aux côtés de Mathieu Chagachbanian, moniteur et entraîneur de la section féminine, il a assisté au sacre de ses protégées. « Ça fait trois ans que l’on travaille sur le développement de cette équipe », souligne le dirigeant, conscient que la Ligue demande davantage aux clubs de développer la féminisation du tennis. La présence d’Aurélie Sciara, présidente et membre de la commission fédérale Para-Tennis à la Ligue Paca, permet au TC Château-Gombert d’insuffler cette dynamique, au travers d’événements comme des portes ouvertes ou des opérations spéciales comme « ramène ta copine ».

    Franchir le pas

    « On s’est rendu compte que beaucoup de femmes se mettent des barrières et ne franchissent pas le pas », glisse Stefano Cimtile, un président très porté sur la question de l’inclusion au sein de son association. À l’avenir, le président marseillais souhaite continuer à développer le tennis féminin. Avec l’espoir d’être reconnu comme un club pionnier en la matière.

  • Un Euro à trois médailles pour les frères Popov

    Un Euro à trois médailles pour les frères Popov

    Le Français Christo Popov s’est offert son premier titre de champion d’Europe en battant le Danois Anders Antonsen en finale du simple des Championnats d’Europe, mais il a échoué à défendre son titre en double avec son frère Toma Junior face à la paire anglaise Ben Lane et Sean Vendy, couronnée dimanche à Huelva en Espagne. Le cadet des frères Popov (24 ans), n° 5 mondial, s’est d’abord imposé face au 3e joueur mondial dans la matinée (21-12, 21-19), avant de laisser filer le titre remporté en 2025 avec son frère aîné (27 ans) contre la paire anglaise (21-15, 21-16), 15e mondiale. Avant de disputer sa première finale européenne en simple, Christo avait éliminé son frère Toma Junior samedi en demi-finale, lui-même finaliste du tournoi l’an dernier.

    Proche d’un doublé doré en double

    Face à Anders Antonsen, déjà titré deux fois aux Championnats d’Europe, le Français a remporté le 1er set tambour battant, bien aidé par les nombreuses fautes directes du Danois avant de gagner la seconde manche, bien plus accrochée, mais sans jamais être mis en danger, sur son second volant de match.

    Antonsen avait éliminé un autre Français, Arnaud Merklé, dans l’autre demi-finale sur le score de deux manches à zéro. Les deux badistes sont dorénavant à égalité 3 partout dans leurs confrontations directes. « J’ai été bon toute la semaine, je fais un bon championnat et je bats Anders. Je suis très heureux, j’attendais ça depuis longtemps », a réagi à chaud Christo Popov au micro de la chaîne L’Équipe.

    Le plus jeune de la fratrie basée à Fos-sur-Mer n’a eu ensuite que le temps de la finale dames entre la Danoise Line Hojmark Kjaersfeldt et l’Écossaise Kirsty Gilmour (remportée 2 sets à 0 par la seconde) pour souffler et tenter un inédit doublé champion d’Europe en simple et en double, jamais réalisé chez les hommes.

    Mais les frères Popov, 21e paire mondiale et tête de série n° 3, qui avaient nettement dominé samedi la paire anglaise Green/Russ (21-9, 21-14), n’ont jamais été en mesure de contrer la domination de Ben Lane et Sean Vendy, autoritaires dans les échanges aussi bien au filet qu’en fond de court, et ils ont dû laisser s’envoler leur titre remporté l’année dernière.

  • Ski alpinisme : Samuel Equy et Axelle Gachet-Mollaret sacrés au Dévoluy

    Ski alpinisme : Samuel Equy et Axelle Gachet-Mollaret sacrés au Dévoluy

    Une semaine après les Jeux Olympiques d’hiver de Milan Cortina, le Team Hautes-Alpes, en partenariat avec les acteurs locaux du Dévoluy, et 60 bénévoles ont accueilli dimanche 334 engagés sur les trois parcours de la Grande Trace, support des championnats de France individuels de ski alpinisme.

    Du côté des hommes, les trois premiers, qui cumulent un beau palmarès de plusieurs titres de champions du monde, ont livré une belle bataille. C’est l’Isérois Samuel Equy, multiple champion du monde militaire, qui l’emporte en 1h34’32, juste devant le Beaufortain Xavier Gachet (1h34’58), treize fois champion de France. Le podium est complété par un autre membre du club multisports d’Arêches Beaufort (CMSAB), William Bon Mardion (1h37’31).

    Chez les femmes, la supersonique Axelle Gachet-Mollaret (CMSAB), considérée comme l’une des meilleures skieuses françaises, passe seule la ligne d’arrivée en 1h58’18. Elle confirme son excellent début de saison, qui a commencé par un triomphe en verticale femmes lors de la Coupe du monde de ski alpin au mois de janvier. On retrouve sur la seconde marche du podium Léna Bonel, une autre membre de l’équipe de France (2h03’06) et Perrine Gindre, du Team Isère Montagne, en 2h05’12.

    Prochain rendez-vous au mois d’août

    Olivier Mansiot, directeur des compétitions de ski-alpinisme pour la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME), a apprécié « un très beau championnat de France sur un parcours exigeant, avec des parties montagnes comme les athlètes endurance l’apprécient ».

    « Axelle Gachet-Mollaret gagne sans surprise chez les femmes. Après un combat au coude-à-coude tout au long de la compétition chez les hommes, Samuel Equy l’emporte devant Xavier Gachet, ça s’est vraiment joué dans l’ultime descente. Ce fut un très très beau spectacle ! Le massif du Dévoluy était excellemment enneigé, félicitations à l’équipe d’organisation de la part de FFME », a poursuivi Olivier Mansiot.

    Rendez-vous avec la Team Hautes-Alpes sur la Serre-Che Glacier en 2027 et dans Le Dévoluy, à l’occasion de la 8e édition de l’Alpitrail de La Grande Trace, les 29 et 30 août prochains.

    Première édition des Sommets du Sport à Dévoluy

    Depuis lundi et jusqu’au vendredi 6 mars, le Comité départemental olympique et sportif des Hautes-Alpes (CDOS 05) organise à Superdévoluy, en collaboration avec la commune du Dévoluy et l’Office de Tourisme du Dévoluy, la première édition des Sommets du Sport, un événement inédit associant sport, jeunesse, culture de montagne et transition environnementale.

  • [Étoile de Bessèges] : Henri Uhlig s’offre la 3e étape, Lukas Kubis nouveau leader

    [Étoile de Bessèges] : Henri Uhlig s’offre la 3e étape, Lukas Kubis nouveau leader

    L’étape reine de l’Etoile de Bessèges, qui arrivait et partait de la commune éponyme (162, 34 km, 2 233 m de dénivelé positif) se sera finalement jouée au sprint.

    Après 50 km relativement calmes, un groupe de dix coureurs – Blake Agnoletto (Groupama FDJ-Suez), Kasper Haugland (Decathlon CMA CGM), Sébastien Grignard (Lotto Intermarché), Alexis Renard (Cofidis), Alexys Brunel (Total Energies), Tomas Kopecky (Unibet Rockets), Alexandre Balmer (Solution Tech Nippo Rali), Léandre Huck (Van Rysel), Théo Delacroix (Auber Saint-Michel), Victor Papon (CIC) – a profité de la première difficulté du jour, la côte de Méjannes-le-Clap (7km, 3%), pour former l’échappée du jour.

    Ils n’ont jamais compté plus de 1’15 d’avance et celle-ci n’a fait que reculer. Jordan Labrosse (Decathlon-CMA CGM), qui avait rejoint le groupe de tête à 30 km de l’arrivée, a bien tenté de partir seul, rejoint par Tomas Kopecky, mais les deux fuyards ont fini par être avalés par le peloton avant les 20 derniers kilomètres.

    Sur la fin de course, les attaques se sont succédé dans le col des Trélis (2,4 km, 6,6%) et le col des Brousses (2,2 km, 5 %). Ramses Debruyne (Alpecin) d’abord, le 3e du général Clément Izquierdo (Cofidis) ensuite, puis Ewen Costiou (Groupama FDJ – Suez) ou encore Dylan Teuns (Cofidis) dans la côte finale s’y sont tour à tour essayé, mais leurs tentatives ont été vaines.

    A Bessèges, c’est finalement l’Allemand Henri Uhlig (Alpecin-Premier Tech) qui s’impose devant Lukas Kubis (Unibet Rose-Rockets), encore une fois 2e, comme sur la première étape, et Louis Hardouin (Van Rysel-Roubaix). Mais le champion de Slovaquie se consolera en prenant la tête du classement général et le maillot corail à deux étapes de la fin.