Tag: chaleur

  • COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    Alors que deux semaines de négociations s’ouvrent ce lundi 10 novembre à l’occasion de la COP30, à Belém, au Brésil, le « sommet des leaders » organisé en amont, où ont défilé des dizaines de ministres et quelques chefs d’État et de gouvernement, laisse déjà entrevoir des points d’achoppement. Le tout sur fond de climatoscepticisme assumé par certaines puissances parmi les plus gros pollueurs, comme les États-Unis de Trump qui a ouvertement boycotté le rendez-vous. Mais les chiffres sont têtus…

    Les décideurs ont été forcés de réconcilier leurs discours avec le fait que les onze dernières années sont les onze plus chaudes jamais mesurées, selon un rapport de l’ONU publié le 29 octobre. Et pour l’année 2025, de janvier à août, la moyenne était déjà de 1,42 degré au-dessus de la température pré-industrielle, ce qui devrait en faire la 2e ou 3e année la plus chaude de notre histoire, derrière 2024. Une chaleur dont on meurt.

    Selon The Lancet Coutdown 2025, publié également le 29 octobre par la revue médicale britannique éponyme, depuis les années 1990, le nombre de décès liés à la température a grimpé de 63%, atteignant en moyenne 546 000 morts par an entre 2012 et 2021, cite le Réseau action climat France. Soit une hausse de 23% si l’on tient compte de la croissance démographique mondiale. Les événements météorologiques extrêmes, canicules, inondations, tempêtes, et surtout le manque d’adaptation à ces derniers, ont causé au moins 16 000 morts et déplacé plus de 800 000 personnes en 2024.

    L’année 2025 marque aussi les dix ans de l’Accord de Paris, signé par 195 pays, qui posait des objectifs clairs et visiblement partagés, comme le maintien du réchauffement sous la barre des 1,5 degré. Tout le monde s’étant engagé à mettre en œuvre des plans climat plus ambitieux, au plus tard cette année, pour y parvenir.

    Une France pas

    très exemplaire

    Si les dirigeants ont aujourd’hui admis que le monde n’y parviendrait pas, sans pour autant se résigner à 2 degrés, l’autre limite négociée alors, selon les scénarios les plus pessimistes, le réchauffement serait contenu entre 2,6 et 2,8 degrés, contre 4 annoncés avant l’adoption de l’Accord, note néanmoins le réseau action climat France. L’accord « ne suffit pas encore mais il fonctionne », estime l’association Oxfam qui liste également des avancées juridiques comme la reconnaissance du principe de justice climatique ou une certaine prise de conscience ou pour le moins une réorientation du monde de la finance. Avec « des marchés désormais contraints d’intégrer les risques climatiques », qui « réorientent progressivement les investissements vers les énergies renouvelables et les solutions bas carbone ».

    Mais pour le reste, rien n’a vraiment été respecté, relevant d’autant les enjeux de cette COP30. Notamment en termes de financement. Les pays du Nord avaient accepté de mettre au pot 1 300 milliards supplémentaires lors de la COP29 à Bakou, pour convaincre les pays du Sud de mettre aussi la main à la poche. De quoi dégager 300 milliards de dollars par an, en théorie. La France, dont le président Emmanuel Macron s’est plu à positionner en véritable leader climatique, appelant encore ce 6 novembre à « l’action face au fatalisme », a vu stagner ses émissions depuis 2024. « Ses budgets verts sont en baisse et son gouvernement a reculé sur 43 mesures climatiques », pointe Oxfam. Alors que l’examen parlementaire du projet de loi de finances (PLF) 2026 a démarré, le budget du ministère de l’Écologie, de 24 milliards d’euros, s’affiche comme un parent pauvre quand les magistrats de la Cour des comptes ont estimé dans un rapport rendu public en septembre qu’« atteindre la neutralité carbone en 2050 suppose de doubler les investissements actuels d’ici 2030 », soit 110 milliards d’euros supplémentaires.

    Bien qu’emmenée par un Lula volontariste, le président brésilien se pose comme un pont entre Nord et Sud, cette COP30 s’inscrit aussi dans un contexte de fortes tensions entre guerre en Ukraine, éradication du peuple palestinien ou conflits sur les tarifs douaniers. Une atmosphère de crise que les nations vont devoir dépasser…

    Les objectifs de la COP régionale

    Un an après son lancement, les principaux acteurs s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de Région, fin octobre, pour un premier point d’avancement afin de bâtir « un plan régional de transformation énergétique et écologique ambitieux » et « atteignable ». Outre le diagnostic, les protagonistes ont fixé plusieurs enjeux visant à s’adapter au changement climatique : la baisse de la consommation énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050, une baisse de 10% de la consommation d’eau, le développement d’une économie circulaire ou encore la protection forte d’espaces naturels.

    REPÈRES

    540000

    morts par an entre 2012
    et 2021, victimes d’effets du réchauffement climatique ont été recensés par la revue médicale « The Lancet ».

    2,3%

    d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre… Le monde continue à brûler avec toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon en 2024, selon l’ONU.

  • Au pied du mur

    Au pied du mur

    « Nous avons échoué » à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’Accord
    de Paris, a lancé jeudi
    le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avant le début de cette COP30. Un constat implacable et factuel,
    qui ne l’empêche pas
    de faire preuve de détermination, considérant que « nous n’avons jamais été mieux équipés pour contre-attaquer », au regard des énergies alternatives et des politiques pouvant être menées d’un bout
    à l’autre de la planète. Pour autant, l’augmentation en nombre et en intensité des catastrophes naturelles directement liées au dérèglement climatique est une réalité. Au-delà de l’aspect dramatique et du nombre de morts qui ne cesse d’augmenter.

    Une décennie d’atermoiements

    C’est une réalité d’ores et déjà chiffrée aussi par les assurances. Des vagues de chaleur qui ont quadruplé en quarante ans, des épisodes de sécheresse qui endommagent récoltes et bâti, tempêtes à répétition, inondations… Premier impact visible, la hausse des tarifs et des surprimes pour faire face aux dépenses… Avec un risque majeur à plus ou moins long terme, très redouté par l’État et les collectivités, celui de se retrouver avec des « déserts assurantiels », des territoires où les risques sont tellement importants et récurrents qu’ils ne seront plus couverts. Après
    une décennie d’atermoiements, de renoncement et de dénis, il reste à espérer, comme le fait le secrétaire général de l’ONU que les pays réunis au Brésil s’emparent de ce défi qui impactera chacun d’entre nous.

  • Draguignan : la gauche livre ses idées sur l’école

    Draguignan : la gauche livre ses idées sur l’école

    Lancée dans la course aux élections municipales, la liste de la gauche et des écologistes « Uni.e.s pour Draguignan » lance une série d’enquêtes publiques sur des thématiques liées aux politiques de la Ville. La première d’entre elles, lancée il y a quelques semaines sur l’école, le périscolaire et les centres de loisirs, a recueilli près de 90 réponses, permettant à la liste de prendre le pouls des Dracénois et de formuler de premières propositions.

    Premier point : les bâtiments scolaires. La question de la chaleur et du manque d’isolation et de solutions pour la contrer a été soulignée par 97% des enquêtés, qui sont 68% à considérer la rénovation des bâtiments scolaire et des cours de récréation comme des priorités. Ils sont 55% en ce qui concerne la végétalisation de ces dernières. Des solutions portées par la liste, qui propose également des rideaux occultants et ventilateurs en urgence, et dans une optique solidaire, la prise en charge de fournitures.

    L’exemple Mouans-Sartoux

    Sur le périscolaire, les avis sont partagés. 15% des sondés trouvent le tarif trop élevé, et les points de vue sur les activités proposées sont disparates. Certains réclament plus de variété, une meilleure organisation, plus de personnel et surtout, plus de souplesse sur l’inscription. Autant de points avancés par Uni.e.s pour Draguignan, qui veut proposer des activités liées à la biodiversité, et des fruits à chaque goûter.

    Dans la même optique est proposée une grande refonte de la cantine, sur le modèle de la commune de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), pionnière en la matière. Celle-ci s’appuie, depuis 2011, sur un potager municipal pour fournir les écoles en légumes bio, et revendique une cuisine 100% bio depuis 2012, avec 80% de gaspillage en moins et des tarifs selon revenus, à partir de 1 euro. Si les résultats de l’enquête montrent un taux de satisfaction correct (38,7% trouvent les repas bons ou très bons, 46,7% ni bons ni mauvais), près de 77% des parents sollicitent la solution d’une régie bio locale.

    Enfin, l’accès aux centres de loisirs interpelle : l’un des préalables est que les deux parents soient en CDI, ce qui suscite « beaucoup de colère chez les parents », affirme Sébastien Rombeaut, l’un des représentants de la liste, qui précise que « les places sont toutes prises en cinq minutes. C’est un réel problème car ça laisse des gens sans solution. » Seuls 7% des parents se sont inscrits « facilement », 88% voyant l’augmentation du nombre de places comme une priorité. 81% trouvent par ailleurs les activités « moyennes ou médiocres ». « Dans une logique sociale, car il est injuste que des enfants soient privés de loisirs », Uni.e.s pour Draguignan milite pour que chaque enfant soit accueilli, en particulier ceux dont les parents travaillent, et pour des activités liées à l’environnement, en se servant entre autres de la possible future ferme bio locale.