Tag: CGT

  • Un travail de terrain à Marseille

    Un travail de terrain à Marseille

    Le calcul de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône est simple. « Plus on construit la mobilisation et la grève, plus on sera en capacité de faire reculer les politiques de casse sociale et de mettre en échec le gouvernement sur ce budget », explique Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation. D’où la volonté de maintenir la pression et de « monter le rapport de force », alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, tergiverse sur des annonces concrètes pour son budget : « On travaille à ancrer la grève dans la lignée du 18, elle est en débat dans les assemblées générales, dans les entreprises et dans les administrations ». Concrètement, la CGT prévoit une mobilisation d’un bon niveau. « On a des remontées d’appels à la grève dans tous les secteurs, on est un peu sur les mêmes taux que lors du 18. On est sur un travail de terrain pour mobiliser les salariés, avec des diffusions de la part des Unions locales, des syndicats ».

    S’il sera difficile de faire mieux que le 18, Jessica Jadé juge « qu’il y a la volonté d’avoir un processus de lutte pour aller à la gagne ». L’avis est partagé par Franck Balliot, co-secrétaire de la FSU 13 : « On a marqué des points en imposant un débat sur les recettes fiscales, en particulier sur les aides non contrôlées pour les entreprises et les taxes sur les plus riches. On se place donc sur une mobilisation sur le temps long ». Un temps long qui n’empêche pas de faire « un boulot de terrain dans les établissements et une tournée des services » en vue de ce jeudi.

    Reste que le syndicaliste n’anticipe pas un raz-de-marée de grévistes du côté des services publics et dans les collectivités territoriales pour cette date : « Les taux ne seront sans doute pas exceptionnels, il y a une forme d’attentisme puisque le gouvernement n’annonce rien de concret ».

  • Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    La lumière chaude de fin de journée met en exergue le rouge bien présent au tableau du rassemblement organisé par l’union locale CGT du pays martégal, devant l’hôtel de Ville de Martigues, ce mardi soir. Les syndicats des territoriaux, de l’éducation nationale, de Marcegaglia, ainsi que les militants locaux du PCF et de LFI ont répondu à l’appel pour un échauffement avant la manifestation marseillaise, jeudi.

    Le secrétaire général de l’union locale CGT, Daniel Bretonès, place le rassemblement sous le signe « du non des travailleurs aux reculs sociaux et à l’austérité imposée au nom d’un budget injuste », trois semaines après la nomination du Premier ministre (Ren), Sébastien Lecornu. « Son projet budgétaire est le même qu’avant, ses économies se feront sur nos salaires, nos retraites, notre Sécurité sociale et nos services publics », augure le syndicaliste. Il rappelle que « chaque année, 211 milliards d’euros sont versés sans contrepartie aux grandes entreprises, sans oublier les 100 milliards de fraude fiscale » . « La CGT a des propositions pour sortir de la crise, comme rétablir l’impôt sur la fortune, taxer les revenus du capital » ou encore « rétablir la taxe professionnelle et la taxe d’habitation, pour la démocratie locale, et rendre leur liberté aux communes », propose Daniel Bretonès.

    Un bus pour jeudi

    L’adjoint Gérard Frau (PCF) a salué, au nom du maire Gaby Charroux retenu en préfecture, « le travail constant et offensif de l’UL CGT » et témoigné son « soutien à la mobilisation, juste et nécessaire », quand « les Français voient leurs salaires stagner face à l’inflation, les hôpitaux saturés, la précarité et l’injustice fiscale ». L’élu local déplore un Premier ministre « sourd face à l’intersyndicale, la rue et la colère populaire », et promet de « marcher le 2 octobre avec la CGT et l’intersyndicale ».

    Le bus affrété par l’UL CGT part à 9h, jeudi, de la Halle de Martigues pour rejoindre la manifestation marseillaise.

  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»

  • La rue maintient la pression sur Lecornu

    La rue maintient la pression sur Lecornu

    « Pour la rupture, on reviendra ! », a résumé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, ce 28 septembre, dans La Tribune Dimanche, réagissant aux premières orientations exposées par Sébastien Lecornu, nouveau Premier ministre, vendredi, dans Le Parisien.

    Après deux grosses journées de mobilisation les 10 et 18 septembre qui ont rassemblé jusqu’à 1,1 million de personnes dans le pays et vu le retour d’une intersyndicale CGT-CFDT- FO-CFTC-CFE-CGC-UNSA-FSU et Solidaires, la nouvelle mobilisation, organisée ce jeudi 2 octobre, entend maintenir la pression pour plus de justice sociale. Sur le pavé, salariés du privé et du public, jeunes ou retraités, ils ont rappelé massivement leur volonté de pouvoir vivre dignement de leur travail, de leur pension, d’entrevoir un avenir, d’enrayer la casse du service public…

    Mais, après avoir été reçus à Matignon le 24 septembre, les syndicats ont été plus que déçus devant l’incapacité de Sébastien Lecornu à revoir sa copie. « Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron », a mis en garde Sophie Binet.

    Car les pistes esquissées par le nouveau Premier ministre ne laissent guère d’illusion sur les orientations de sa future politique. Pas question de remettre l’impôt sur la fortune, ni de suspendre la réforme des retraites. Une réforme de l’assurance chômage est également dans les tuyaux, avec, dans le viseur, les ruptures conventionnelles.

    Quant au projet de budget pour 2026, que le gouvernement doit présenter d’ici mi-octobre pour respecter les délais constitutionnels, pas « d’austérité et de régression sociale », a assuré Lecornu. Tout en souhaitant réduire le déficit, fidèle aux fondamentaux de la doctrine macroniste et soucieux de le ramener sous la barre des 3% du PIB en 2029,

    Peser sur le parlement

    Sébastien Lecornu aura essayé de gagner du temps, en jouant dans un premier temps la carte du mutisme, ajoutant aux blocages, mais le calendrier politique s’accélère. Rencontre ce lundi avec les chefs de parti et de groupe du « socle commun », en clair la droite et le centre, nouvelles consultations politiques, RN compris, rencontre « de la dernière chance » avec les socialistes, vendredi… La session ordinaire de l’Assemblée s’ouvre également mercredi, alors que le nouveau locataire de Matignon devrait faire connaître son gouvernement. Et les oppositions attendent de pied ferme sa déclaration de politique générale, peut-être le 6 ou le 7, même si un proche envisageait qu’il puisse s’en passer. De quoi conduire tout droit à une motion de censure quand l’entretien accordé au Parisien a déjà crispé les oppositions…

    Côté syndicats, on espère maintenir la pression jusqu’à la fin des débats parlementaires en décembre, a déjà annoncé Sophie Binet.

  • À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    Les syndicats battront aussi le pavé de la capitale de Provence : l’intersyndicale locale a annoncé répondre à l’appel national à la grève, ce jeudi. À Aix, le rendez-vous est donné à 10h30, devant le rectorat, lieu de départ « symbolique » pour les syndicats. Puis le cortège s’élancera vers la sous-préfecture. « On continue à mettre la pression sur le gouvernement, rappelle Fabienne Allard, représentante syndicale CFDT. Arrivé à un moment, il ne suffit pas de nous écouter ou de nous regarder, mais de nous entendre ».

    Parmi les revendications listées par l’intersyndicale, l’abrogation de la réforme des retraites, une justice fiscale, et la répartition des richesses. « Preuve terrible : visiblement, Lecornu part sur le même budget. Il est clair qu’ils n’ont rien compris », insiste Céline Peccini, co-secrétaire FSU-Snuipp 13. « La mobilisation est de plus en plus forte. On a réussi à faire abandonner la suppression de deux jours fériés, comme le décret des doubles bandes franchises médicales, pointe de son côté François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. La CGT pense qu’il y a moyen que le 2 soit un tournant dans la mobilisation. C’est dans les boîtes que ça va se jouer. »

    Entre les appels nationaux à la mobilisation, les syndicats continuent de mener les actions locales. Ils seront par exemple ce mardi, aux Milles, pour tracter et encourager les salariés de la zone commerciale à rejoindre le mouvement.

  • « La situation instable est un atout »

    « La situation instable est un atout »

    La Marseillaise : L’intersyndicale appelle à manifester ce jeudi, avant même qu’un gouvernement soit nommé. Quel rôle peut-elle espérer jouer ?

    Laurent Frajerman : Elle peut espérer jouer un rôle d’interlocuteur. Elle a été reçue plusieurs fois par le Premier ministre, qui est obligé de montrer que, contrairement à ce qui s’est passé avec Macron jusque-là, les corps intermédiaires allaient être plus écoutés. La situation instable est un atout. Si on voit émerger, dans des milieux divers, l’idée de redonner un rôle aux syndicats, c’est quand même pour canaliser le mouvement social. Il ne s’agit pas de proposer une autre politique, mais de redonner un peu de marge à un système complètement asséché. Il y a cette peur, dans une partie du patronat, des milieux dirigeants, que le refus de toute négociation soit contre-productif. D’un autre côté, il n’y a pas d’interlocuteurs clairs. Et comme le gros des mobilisés sont des agents du service public, c’est aussi un handicap.

    On entend souvent la critique des mobilisations « saute-mouton », et pourtant, on y revient…

    L. F. : On a une intersyndicale à huit, il faut convaincre la CFTC ou certains secteurs de FO de faire une grève un peu dure. Mais cela montre que tout se décide exclusivement en intersyndicale. Si les salariés ne pèsent pas sur ces choix-là, on arrivera toujours à un minimum commun. Le deuxième aspect, c’est que le rapport de force n’est pas si bon. On fait quand même une grève, mais on sait qu’on aurait du mal à faire plus. Cela pose la question, pour des syndicats comme la CGT ou la FSU, de trouver des voies nouvelles.

    Justement, nous sommes partis d’un mouvement vaporeux, « Bloquons tout », pour arriver à un mouvement classique, vous l’expliquez comment ?

    L. F. : « Bloquons tout » a été surévalué. Ce n’est pas évident de passer d’une protestation numérique à quelque chose de concret. Il a eu l’intérêt de montrer un mécontentement très large, il a permis un retournement de l’opinion publique sur des points importants. Tout le problème, c’est que les modalités d’action qui étaient proposées étaient irréalistes. On est donc revenu dans les rails de quelque chose de plus classique, avec toute une frange de la population qui ne s’associe pas, soit parce qu’elle fait grève par procuration, soit par hostilité. Une moitié des Français ne soutenait pas la mobilisation du 18 septembre. On revient dans un clivage traditionnel, avec les fonctionnaires, les gens de gauche qui soutiennent la grève. Mais d’autres catégories qui pourraient s’y greffer ne le font pas.

    Comment, alors, réinventer les modes d’action ?

    L. F. : Il ne faut pas multiplier les actions dont on sait qu’elles ne servent à rien. Mais, il y a malgré tout un espace très large entre les journées « saute-mouton » et la grève générale reconductible. Il faudrait explorer cet entre-deux, deux journées de grève consécutives, des grèves par secteur, par territoire… Il y a un manque d’innovation, les propositions de l’intersyndicale sont tellement prévisibles, à l’inverse des Gilets jaunes, que ça ne peut pas donner de grandes victoires. La grande question, c’est l’implication des salariés. Il y a des possibilités techniques pour les associer, favoriser les initiatives locales… Aux directions d’être plus inventives, comme les cheminots l’avaient essayé, et aux salariés de s’impliquer plus. C’est seulement par le collectif que ça peut fonctionner.

    Les revendications sur les retraites reviennent, on vit un match retour de la dernière mobilisation ?

    L. F. : C’est frappant. On aurait pu imaginer que « Bloquons tout » ne donne pas cet aspect-là, mais à partir du moment où le côté gazeux s’est évaporé, il n’en est resté, le 10 septembre, que la partie la plus mobilisée du mouvement de 2023 qui estimait qu’il fallait bloquer, et pour le 18 septembre, le profil de ceux qui s’étaient mobilisés pour les retraites. Ce qui rend la situation complexe pour les organisations, c’est qu’elles n’ont pas gagné la bataille de l’opinion. Elle est très partagée, notamment sur la question de la dette. Vous pouvez avoir des gens qui se mobilisent contre des choses insupportables, comme la fin de deux jours fériés, mais qui sont prêts à accepter des « sacrifices nécessaires ».

  • Le comité de vigilance postale fête le maintien de Ferrières

    Le comité de vigilance postale fête le maintien de Ferrières

    C’est une victoire que le comité de vigilance postale a tenu à fêter : l’antenne de Ferrières est maintenue. Après de longs mois de combats et de mobilisations, La Poste l’a annoncé dans nos colonnes le 18 août : « La fermeture du bureau n’est à ce jour pas dans nos projets. » Ce samedi 27 septembre, des dizaines de militants se sont donc réunis sur le parking du site pour célébrer cette décision.

    Le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) fait part de sa « grande satisfaction ». « Il y a des combats qui méritent d’être menés, même s’ils sont longs », affirme-t-il. La lutte avait démarré en début d’année 2024, alors que la Ville avait découvert que la direction régionale envisageait d’« adapter les modalités » de sa présence dans ce quartier. L’argument avancé : une baisse de fréquentation de 48 % depuis 2019.

    La mobilisation conjointe du comité de vigilance postale, des élus de la majorité et de la CGT a finalement eu raison de cette projection, qui menaçait de priver 10 000 usagers, pour la plupart issus de quartiers prioritaires de la ville, d’un service de proximité. Plus récemment, cet engagement a aussi porté ses fruits en permettant le retour de la distribution du courrier à Notre-Dame des Marins, qui avait cessé il y a trois mois suite à l’agression d’un facteur.

    Attention aux baisses d’amplitude horaire

    Francis Fournier, président du comité de vigilance postale, prévient toutefois : « Les dangers qui nous guettent demeurent. Nous avons appris que depuis presque une semaine, à part ce samedi, le bureau de la Couronne était fermé. Jeudi après-midi, c’était celui de Croix-Sainte. Nous appelons à organiser rapidement une riposte. La Couronne ne fermera pas parce qu’il est dans une zone touristique mais il risque de ne pas fonctionner régulièrement en hiver, ce qui n’est pas acceptable. » Gaby Charroux précise : « Les 6 000 habitants de ce quartier ne sont pas des sous-habitants, ils ont besoin, aussi, d’un bureau. »

    Pascal Rosette, élu CGT au sein du CSE de La Poste, rappelle la dynamique actuelle de l’entreprise : « Dans l’ensemble de la France, on a des fermetures fréquentes de bureaux. On assiste à une attaque frontale du service postal. Une camarade m’a annoncé ce matin la fermeture de Puyvert (Vaucluse), alors qu’ en tant qu’élu je n’étais pas au courant. On nous met devant le fait accompli. Il faut rester vigilant sur la diminution des amplitudes horaires, car c’est une façon pour La Poste de diminuer le trafic et donc de transférer l’activité petit à petit. »

    Francis Fournier appelle les citoyens à s’unir au sein de comités pour défendre ce service public. « N’attendez pas que vos bureaux ferment pour réagir, anticipez, exhorte-t-il. Personne n’est à l’abri. »

  • La CGT célèbre 130 ans de lutte des travailleurs à Aix

    La CGT célèbre 130 ans de lutte des travailleurs à Aix

    Place a d’abord été faite à l’histoire locale de la CGT, longuement déroulée, avec l’intention de briser l’image « bourgeoise » de la ville, souvent considérée comme une belle endormie. Si la CGT fête ses 130 ans, la Bourse du travail, elle, dressée boulevard Jean-Jaurès depuis 1922, fête ses 129 ans. Pour marquer la date, l’union locale a réuni en salle Voltaire ses militants, les partis dits progressistes, mais aussi Stéphane Sirot, socio-historien, spécialiste de l’histoire du syndicalisme et enseignant à Sciences Po Paris. Le député de la 11e circonscription Marc Pena (PS) et David Tessier (PCF) chef de file récemment désigné pour mener les communistes en vue des municipales, ont répondu présent. « Quand on parle de lutte ouvrière à Aix, on remet en cause beaucoup d’idées reçues, Aix est souvent présentée comme à l’écart du mouvement social, pointe François Canu, secrétaire de l’union locale. Les mouvements ouvriers aixois sont passés par pertes et profits, oui, mais Aix reste une ville de travail. »

    « Persistance » du schéma

    Et encore aujourd’hui, en dépit de la délocalisation des entreprises, pointe en amont de la soirée d’anniversaire François Canu. « Plus qu’un anniversaire, aujourd’hui est un symbole puissant. Aucun droit n’a jamais été octroyé, tous auront été arrachés à la lutte. L’UL permet de faire rayonner la CGT dans ses luttes, que ce soit pour les retraites, le 1er mai, ou plus récemment le 18 septembre à Aix. Je vous assure que le 2 octobre, le nombre de grévistes sera important », promet François Canu. Si l’histoire a permis de poser le contexte de cet anniversaire, le rendez-vous a surtout permis d’ancrer le rôle actuel de la CGT dans un contexte social particulier, marqué par les mobilisations organisées en riposte aux récentes mesures budgétaires annoncées et la fragilité des acquis sociaux, notamment chez les travailleurs. « Il y a une certaine persistance des sujets au travers de l’histoire de la CGT, explique en amont de sa conférence Stéphane Sirot. Je suis toujours frappé de réaliser que les thématiques n’ont pas vraiment bougé. Elles sont mouvantes, jamais actées ou résolues. » Et notamment : le rapport au politique, l’institutionnalisation du syndicat, le débat des retraites… « Il y a l’idée que le syndicalisme doit assumer de faire de la politique. La politique n’est pas entièrement contenue dans la question des rapports aux partis, c’en est un des versants. C’est aussi avoir un projet de société, se prononcer sur les politiques publiques, le rapport que l’on conçoit vis-à-vis des institutions… Raison pour laquelle cela me fait doucement rigoler quand des leaders syndicaux disent ne pas faire de politique. Comme Jourdan fait de la prose, le syndicalisme fait du politique. »

  • Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    « On fait un échange comme au collège ! » plaisante Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca, en montant les escaliers des locaux de Miramas ce jeudi 25 septembre. Le matin même, les travailleurs du rail visitaient les installations de la centrale de Gardanne. L’après-midi, retour à l’envoyeur. Alors que la contestation sociale bat son plein et que les syndicats sont accusés de toute part de bloquer le pays, les organisations des deux industries présentent un projet de chaîne logistique décarbonée entre le Grand Port maritime de Marseille et l’exploitation de GazelEnergie.

    Depuis le redémarrage de l’unité biomasse en avril 2022, près de 240 000 tonnes de biomasse (sur les 400 000 tonnes nécessaires au total) doivent être acheminées de l’international chaque année pour produire de l’électricité. « Aujourd’hui, GazelEnergie préfère le transit par camions, ce qui représente 100 camions par jour avec tout ce que ça incombe en termes de pollution, de détérioration et de surcharge du réseau routier, explique Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. La décarbonation ne passe pas que par la limitation des émissions du process, mais aussi par l’approche de nos intrants et leur acheminement. » Le syndicat revendique donc le retour de l’activité ferroviaire qui était en place jusqu’en 2019.

    Cette solution reposerait sur la voie ferrée Miramas/Aix-en-Provence via Rognac, qui servait autrefois à l’envoi de bauxite en direction de Pechiney, aujourd’hui Alteo, pour la production d’alumines. « Les infrastructures existent, mais jusqu’à quand ? demande Robin Matta. Il n’y a plus aucun train qui circule sur cette voie, qui est donc en péril. Pour nous, il y a urgence à maintenir un trafic sur cette ligne. Il y va de sa survie. Nous portons également un projet de développement en termes de service voyageurs pour partir de Miramas et aller à Aix en direct, sans avoir à passer par Marseille. »

    À moyen terme, la future activité de production de biométhane de la centrale de Gardanne pourrait également reposer sur le transport ferroviaire, évitant la circulation de vingt camions supplémentaires par jour.

    Un choix politique

    La CGT assure que cette solution n’engendrerait pas de coût supplémentaire en termes de travaux tout en pérennisant les emplois. « Pour la gare de triage de Miramas, ça nous permettrait de retrouver plus d’une cinquantaine d’emplois que nous avons perdus depuis 2019 », calcule Robin Matta. Du côté de la centrale, il s’agit d’assurer l’avenir des 27 salariés licenciés qui seront réembauchés dès le mois de décembre, selon les termes du protocole signé entre le syndicat et la direction.

    Le secrétaire CGT des cheminots Paca fait le lien avec la mobilisation sociale actuelle : « Nous voulons produire, c’est ce que nous disons aux services de l’État et à nos entreprises : il faut arrêter de liquider nos outils industriels. Sans appareil productif, nous ne pourrons pas régler nos problèmes de financement de notre sécurité sociale, de nos services publics ou d’augmentations salariales. Il s’agit d’investissements et de choix politiques. »