Tag: CGT

  • Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Un boucan à réveiller les morts. Ce mercredi matin, devant le tribunal administratif de Marseille, la CGT n’a pas lésiné sur la sono et les fumigènes pour défendre les agents des cimetières de Marseille. Ces derniers contestent les sanctions reçues suite à une série de scandales sur fond de différents manquements, allant de la présence d’alcool sur le lieu de travail à des corps perdus ou entassés dans des sacs-poubelle, en passant par des soupçons de trafic de dents en or et de ferraille. Quatre ont été révoqués et mis à la retraite d’office, le dernier ayant été suspendu pendant deux ans, en avril 2024.

    In fine, l’audience posait la question de la responsabilité des « dysfonctionnements » dans le service funéraire de la Ville de Marseille. La CGT jugeant qu’ils sont « les boucs émissaires » d’un service acculé par les « carences et manques de moyens ». Quand la Ville de Marseille défend des sanctions justifiées et proportionnées au regard des fautes constatées. Notons qu’une enquête administrative a été rendue, en juillet 2024, et détaille la situation plus que tendue dans le service, entre manquements déontologiques et manque global de formation au droit funéraire. Si la CGT a fait entendre ses arguments avec force devant le tribunal, une décision sera rendue le 3 décembre prochain.

    Le rapporteur public a analysé les situations au cas par cas, mais il arrive globalement à des conclusions similaires pour les cinq agents : il préconise le rejet de toutes les demandes d’annulation de sanctions et de réintégration dans le service. Il juge, comme la Ville, que les sanctions sont « proportionnées ». Il rappelle que « certains faits constatés étaient susceptibles de qualification pénale », mais note également que le « trafic de dents en or ne semble pas établi ». Même principe pour le supposé trafic de ferraille, où il n’y a « pas d’éléments suffisants » pour l’établir. Reste qu’il précise également que d’autres « manquements sont établis ». Et notamment les diverses négligences et le manque de respect pour les défunts.

    Des « défaillances structurelles » ?

    Par exemple, pour le coordinateur des fossoyeurs, le rapporteur estime qu’il « ne pouvait ignorer les dysfonctionnements et qu’il n’a pas averti sa hiérarchie ». Le tout aboutissant à « des manquements répétés dans la considération pour les défunts ». Pour un autre agent, il relève « des négligences dans ses fonctions » et juge que les « arguments du manque d’organisation ne sont pas convaincants ». L’absence de tenue d’un registre de consignation des corps revient comme grief.

    Autant dire que Me Shirley Leturcq, avocate qui défendait trois agents via la CGT, n’était pas vraiment de son avis. Elle a rappelé « une situation effective d’encombrement » dans les concessions marseillaises et que « les agents ne savaient plus où déposer les corps ». Et de questionner : « Pourquoi l’on cristallise sur ce service ? (…) La division fossoyage n’agit jamais de sa propre initiative. » Sur l’absence de tenue de registre comme la supposée l’absence d’alerte de la part des agents, elle répond que « les problématiques étaient connues publiquement dès 2018 », en renvoyant à divers articles de presse et alertes lancées en interne. Et pointe un paradoxe : « La situation était parfaitement publique, mais ça serait des agents de catégorie C qui devait la faire remonter ? » Avant de développer : « Ce sont les agents eux-mêmes qui ont dit qu’il n’y avait pas de registres. » Elle pointe surtout « des dysfonctionnements beaucoup plus larges », en citant l’enquête administrative sur les « défaillances structurelles du service ». Reste à savoir si cela a convaincu la justice administrative.

  • La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    Une opération expresse de modernisation des équipements a été menée par SNCF Réseau samedi et dimanche dernier. Pendant l’après-midi puis toute la nuit, la centaine d’ouvriers mobilisés ont préparé les postes d’aiguillages de Rognac, Berre-l’Étang, Les Roques, Miramas et Saint-Martin-de-Crau à leur informatisation.

    L’objectif pour SNCF Réseau est de moderniser tout l’aiguillage de Marseille à Avignon, passant de l’ancienne technologie électromécanique à une télécommande totalement informatisée. Le pilotage de l’aiguillage s’effectuera à terme, à horizon 2031, depuis la tour de contrôle ferroviaire de la région Paca, située à Marseille et inaugurée le 7 mai 2025 (voir notre édition du 9/05). « La modernisation du réseau ferré est déjà en marche », s’enthousiasmait à ce titre le PDG de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel.

    Chez les cheminots, cette opération de modernisation est également bien accueillie. « On voit ces travaux d’un bon œil car il s’agit d’une augmentation technologique de nos infrastructures », considère Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Miramas et aiguilleur de métier. « Le fait de passer aux commandes informatiques, qu’on utilise déjà pour les TGV et qu’il faut généraliser, permet en même temps de rénover le rail et les appareils de voirie, comme les aiguillages et les signaux qui permettent aux trains de rouler », ajoute le syndicaliste.

    300 millions d’euros

    L’ensemble du chantier de mise en télécommande de l’aiguillage courant jusqu’en 2031 est financé à hauteur de 300 millions d’euros au total par SNCF Réseau, dont 46,5 millions mobilisés pour l’année 2025.

    Les cheminots restent pour autant vigilants quant aux conséquences de l’informatisation. Robin Matta souligne que « les métiers liés à l’aiguillage informatisé sont des postes de niveau maîtrise, alors qu’à l’aiguillage mécanique ce sont des exécutants. La formation et la rémunération doivent suivre cette montée en compétences. »

    Selon le syndicaliste, les petits postes d’aiguillage comme celui de Rognac seront supprimés à terme. « Avec le syndicat CGT, nous suivons le processus de reclassement en cours pour que les agents restent sur le bassin d’emploi et puissent monter en compétences » sur les nouveaux postes.

  • La CGT Territoriaux conteste les sanctions des agents des cimetières

    La CGT Territoriaux conteste les sanctions des agents des cimetières

    « On a condamné ces agents pour protéger un système », tonne Mikael Casanova, secrétaire général de la CGT Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation appelle à la grève et à un rassemblement, ce mercredi, devant le tribunal administratif. Lieu où seront contestées les sanctions prises à l’encontre de cinq agents des cimetières, quatre révoqués et mis en retraite d’office, le dernier exclu des services pour une durée de 2 ans. Le tout, suite à des alertes portant sur d’importants « dysfonctionnements » dans le pôle des opérations funéraires de Marseille.

    Un rapport d’enquête administrative, en date de juillet 2024, que nous avons pu consulter, relate les faits reprochés aux agents : ils vont de la présence d’alcool sur le lieu de travail à la « présence de sacs-poubelles avec des corps sans identification dans l’ossuaire » ou encore la « présence d’ossements dans les reliquaires sans identification ». Ils ont même été soupçonnés de trafic d’or via le vol de dents. Des faits que conteste la CGT. « Il n’y a pas de trafic de dents en or. On ne nie pas toutes les fautes mais il faut les mettre au regard d’un manque d’organisation, de moyens et de formation. On s’en prend aux mauvais agents, aux exécutants », défend Mikael Casanova.

    « Des problèmes systémiques »

    Il prend l’exemple des corps dans les sacs-poubelles : « Ce ne sont pas les agents qui se sont réveillés un matin et ont mis des corps dedans. Ces sacs étaient fournis par la Ville, il y avait des consignes. » En clair, l’organisation syndicale évoque « des problèmes systémiques, une gestion défaillante » et rappelle qu’elle alertait également « depuis 2018 » sur le sujet.

    Contactée, la Ville de Marseille explique maintenir ses positions en vue de l’audience : « Les sanctions prises sont appropriées et proportionnées au regard des fautes extrêmement graves relevées. » La commune cite des « atteintes à la dignité humaine » et « une situation catastrophique ». Elle reconnaît également des « problématiques systémiques » dans le service, mais affirme s’y être attaquée avec une série de mesures pour « améliorer les conditions de travail des agents ». La Ville pointe « l’acquisition de nouveaux équipements, la réorganisation du service avec le renouvellement des cadres, le recrutement d’un nouveau directeur dès 2022… ». Et de conclure : « C’est le droit des agents de faire appel des sanctions, la Ville suivra la décision de justice, mais il y a la volonté que cette situation ne puisse plus se reproduire, d’un point de vue organisationnel comme individuel. »

  • À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    Remontez le temps pour assister aux grandes heures de la cathédrale la plus visitée au monde », est ainsi résumé le synopsis du spectacle « La Dame de Pierre », programmé le dimanche 16 novembre à l’Arena du Pays d’Aix, géré par la Ville, sous délégation de service public. Cette fresque musicale, qui se décrit sur son site comme un projet « ambitieux », est pourtant contestée par la CGT Spectacles et la CGT Métropole AMP (Aix-Marseille-Provence) qui signent conjointement et alertent de l’étroit lien entre le spectacle et le projet Périclès « patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes » mené par le milliardaire et ouvertement réactionnaire Pierre-Édouard Stérin. Le spectacle est mis en scène par Corentin Stemler, fondateur et président de l’association vendéenne Symphonia Productions, productrice et bénéficiaire du soutien du Fonds du Bien Commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin. Un spectacle « révisionniste critiqué par de nombreux historiens, mis en scène par un ancien journaliste de l’Action Française », assène la CGT. Déjà, une polémique similaire avait fait couler de l’encre lors de la tenue de la Nuit du Bien Commun, au 6MIC. « Nous refusons que nos lieux de spectacles, gérés par de l’argent public, permettent à l’extrême droite de répandre sa culture de haine xénophobe, masculinise et patriarcale », ajoute le syndicat, qui appelle les élus locaux à réagir. Une mobilisation est prévue le 16 novembre, à 16h, devant l’Arena.

  • Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Après une réunion prévue de longue date à Uzès, les territoriaux ont occupé le parvis de la mairie pour soutenir les trois élus syndicaux CGT qui dénoncent des atteintes à leur droit syndical. « Aux élections professionnelles de 2022, la CGT a remporté trois des quatre sièges de la mairie d’Uzès. Mais depuis plusieurs mois, on nous empêche d’aller aux réunions départementales des territoriaux pour motif de nécessité de service. Des journées de formation syndicale nous ont aussi été refusées », s’agace Jacques Martin, le délégué syndical CGT. « La nécessité de service n’est pas justifiée. Comme je suis resté, j’ai travaillé comme d’habitude, il n’y avait pas plus d’événements. Si ça avait été en juillet ou en août, où il y a beaucoup de festivités à Uzès, je ne serais pas allé aux réunions départementales parce que je sais que nous avons beaucoup de travail. Nous sommes responsables », précise l’électricien de la collectivité. La CGT a aussi interpellé le préfet sur ce sujet.

    Un local pour la CGT

    La CGT fustige également l’absence de local syndical au sein de la mairie pour recevoir les agents qui le souhaitent. « Ça fait plusieurs années qu’on le réclame mais on ne voit rien venir alors qu’ils sont tenus de nous donner un bureau. Parfois, ils nous laissent une salle quand on en fait la demande, mais ce n’est pas suffisant pour informer sur les droits des salariés. Je ne peux pas travailler dans ces conditions, j’ai besoin d’une pièce pour ranger nos papiers et accueillir les salariés », prévient Jacques Martin.

    Face à ces critiques, le maire Jean-Luc Chapon (DVC) n’a pas reçu les élus CGT de la mairie mais s’est entretenu avec Philippe Alby, secrétaire de l’Union locale CGT Pays d’Uzès, mercredi 5 novembre. Il lui a notamment promis un local pour l’UL et non pour la CGT de la mairie. « C’est vraiment un pied de nez qui nous est fait. La veille de notre mouvement, il lui a proposé d’aller visiter un local la semaine prochaine », fustige Jacques Martin qui espère être rapidement reçu par le maire.

  • CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    Les agents du CHU de Nîmes Carémeau ont cessé le travail ce jeudi 6 novembre, à l’appel de la CGT. Un préavis de grève local a été déposé pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et réclamer une meilleure reconnaissance. Le rassemblement, organisé à partir de 12h devant l’entrée principale du CHU, a réuni plusieurs dizaines d’agents de différents services, déterminés à faire entendre leurs revendications.

    « Nous demandons simplement les moyens de bien faire notre métier », résume Nathalie Argenson, infirmière au CHU. Au cœur des revendications : la mise en place dès janvier 2026 d’une protection sociale complémentaire avec participation financière de l’employeur, mesure attendue depuis plusieurs mois. Le personnel hospitalier réclame également une négociation pour faciliter l’accès aux soins pour les agents au sein même de l’établissement afin d’alléger des dépenses de santé souvent lourdes pour ces derniers. Les grévistes demandent par ailleurs l’augmentation des effectifs du service social, jugés insuffisants pour répondre à la montée des besoins, ainsi que la gratuité de certaines prestations internes comme le logement temporaire, la conciergerie ou les chambres de garde.

    Gagner le meilleur pour mieux soigner

    La question salariale fait également partie des revendications : le syndicat demande le respect du taux de 33% de part saisissable du salaire, afin de mieux protéger les agents en situation de dettes ou de difficultés financières. Au-delà des chiffres, les hospitaliers du CHU de Nîmes disent se battre pour « le respect et la dignité » d’un métier qu’ils jugent de plus en plus fragilisé. La CGT appelle à la poursuite de la mobilisation et à un dialogue réel avec la direction. « Cette grève n’est pas un coup d’éclat, mais un avertissement. Si nous n’obtenons pas d’avancées, nous irons plus loin », préviennent les représentants syndicaux.

    Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de malaise durable au sein du corps médico-social, marqué par une perte d’attractivité des métiers, des salaires jugés trop bas et une charge de travail en hausse constante. Depuis plusieurs mois, les mobilisations se succèdent dans les hôpitaux comme dans les Ephad, traduisant des « manques de moyens structurels et un sentiment d’abandon  » selon Nathalie Argenson. À Nîmes comme ailleurs, les soignants disent aujourd’hui leur exaspération face à un système qu’ils estiment « à bout de souffle ».

  • La Valette, les salariés de Primark font progresser la CGT de huit points

    La Valette, les salariés de Primark font progresser la CGT de huit points

    On fait une belle progression en passant de 17% à 25% », se félicite Anaïs Pascual, la secrétaire générale du syndicat CGT de Primark. Les élections professionnelles viennent en effet de voir progresser de 8% la Confédération générale, qui se retrouve donc dans la boîte avec cinq élus titulaires et cinq élus suppléants au Comité social et économique (CSE). L’instance représentative du personnel a pour rôle la défense l’emploi et les conditions de travail des salariés, veiller à la préservation de leur santé et de leur sécurité, mais aussi s’assurer du respect du droit du travail.

    Une augmentation qui vient récompenser tout le travail sur le terrain d’écoute et d’accompagnement mené dans les 30 magasins de l’enseigne ainsi que les combats engagés pour s’opposer à la pression de la direction sur la force de travail afin de réduire les coûts au détriment des personnels. « Et ça montre la confiance que nous accordent nos collègues », poursuit la responsable syndicale.

    La lutte continue

    Elle déplore en revanche la manœuvre orchestrée pour passer d’un CSE par région à un CSE aujourd’hui national avec la perte d’élus de proximité qui avait compétence, insiste la secrétaire générale, d’emmener l’employeur au tribunal ce que n’ont pas les simples délégués du personnel.

    Et de préciser : « Ça a été décidé et signé par la CFTC qui était le syndicat majoritaire. Le syndicat maison qui a à sa tête le directeur adjoint, alors que nous, on demandait le retour à un CSE par magasin au plus proche des salariés et surtout pour pouvoir emmener chacun des magasins au tribunal si on avait à faire des actions juridiques. » La syndicaliste ajoute : « Ça indique aussi au patronat qu’il va falloir nous écouter un peu plus. »

    En tout cas cette progression, assure Anaïs Pascal, vient renforcer la détermination du syndical à poursuivre la lutte et donne confiance aux salariés. De quoi reprendre la bagarre contre des conditions de travail très dégradées du fait d’un sous-effectif chronique organisé. La secrétaire générale de la CGT Primark La Valette pointe en plus l’arrivée des caisses automatiques qui va s’opérer par le non-renouvellement des postes. « Donc, ça fait des années qu’on travaille en étant toujours moins. Et là, ça va continuer », peste-t-elle.

    Et cela bien sûr, toujours pour un salaire de misère : « On continue à faire le travail de deux ou trois tout en étant payé au Smic. » À suivre, donc.

  • Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Depuis la reprise de Duralex par ses salariés en juillet 2024, Olivier Lerberquier est en contact régulier avec le directeur général de la verrerie, François Marciano, et Alexia Avril, l’ancienne déléguée CGT, désormais présidente du conseil d’administration. « Ils m’avaient sollicité à l’époque pour partager notre expérience et depuis, au fil de nos rencontres, on a aussi évoqué l’idée de faire des choses ensemble », raconte le président de Société française coopérative ouvrière provençale de Thés et Infusions (Scop-ti).

    Basée à Gémenos, Scop-ti a fêté ses dix ans et fait référence en matière de coopérative ouvrière avec sa marque 1336, symbolisant le nombre de jours de lutte des ex-salariés Fralib dont l’outil de production était menacé de délocalisation par la multinationale américaine Unilever.

    Ces « relations régulières » entre les responsables des deux coopératives devraient d’ailleurs très bientôt aboutir sur diverses collaborations. La boutique de l’emblématique verrerie installée à Orléans devrait prochainement proposer des produits 1336 dans ses rayons. Les boutiques en ligne de Duralex et Scop-ti, devraient de leur côté mettre en vente un pack de produits dans lequel la couleur du verre serait en adéquation avec l’infusion vendue. Enfin un verre collector dont « le chiffre que tout le monde regarde au fond » serait 13 336, est en réflexion.

    Sociofinancement

    Inutile de préciser que le succès du financement participatif de Duralex est forcément vu d’un bon œil par Olivier Leberquier, même si son souci du détail l’amène à la nuance. « Ils en avaient besoin et c’est une très bonne chose, mais on parle ici de titres participatifs, défiscalisés, avec une rémunération à hauteur de 8% », souligne-t-il rappelant que les choses sont différentes par exemple de la campagne de sociofinancement, une levée « don pour don », initiée par Scop-ti dont le montant cumulé s’élève à 452 000 euros.

    « Ce qui est intéressant au-delà de la somme globale, c’est ce que cela traduit dans l’attachement des Français à une utilisation vertueuse de leur épargne. Or ils ne le savent pas parce qu’on ne le leur dit pas mais cet argent sert souvent à financer des fonds de pension américains ou des projets de recherche qui épuisent les ressources naturelles à l’autre bout de la planète. Des choses auxquelles ils pourraient être totalement opposés », observe Olivier Leberquier rappelant que plus de 2 000 milliards sont placés en assurance vie en France. « Alors on ne va pas compter sur la BNP ou la Société Générale mais il y a des banques de l’économie sociale et solidaire comme le Crédit Mutuel, le Crédit coopératif, la Caisse d’épargne, le Crédit Agricole qui pourraient être des leaders dans ce domaine, et dire : l’épargne des Français on s’en sert pour l’économie, principalement en France, et surtout pour les entreprises vertueuses comme les coopératives. L’engouement pour Duralex montre bien que les citoyens y sont attachés. Dès l’instant qu’ils peuvent intervenir directement, ils le font. »

  • CPMM. Un combat pour la liberté de la presse

    CPMM. Un combat pour la liberté de la presse

    Le maintien du pluralisme de la presse écrite et sa diffusion auprès de tous les citoyens, (…) sur le territoire français, doivent être pleinement garantis par l’État. » En plein examen du Projet de loi de finance 2026, la CGT a réaffirmé jeudi dans un communiqué son engagement à défendre « cette mission d’intérêt général » assurée par le service public postal pour la distribution aux abonnés et le système de diffusion pour la vente au numéro via les diffuseurs de presse.

    Deux sociétés coopératives d’intérêt collectif, la CPMM à Marseille et Oyé Distribution à Lyon, créées par d’anciens salariés du Livre CGT du groupe Presstalis, sont au cœur de ce dispositif vital pour une filière qui traverse de profondes difficultés, entre baisse continue des ventes, fermeture des points de ventes, et hausse des coûts du transport et de l’énergie mettant en péril la viabilité de ces coopératives.

    « C’est une bonne chose que la population accompagne les salariés choisissent de prendre leur avenir en main, c’est le modèle que nous avons choisi », apprécie Maxime Picard, le PDG de la CPMM qui distribue sur les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. « C’est dans nos fondamentaux de conserver l’emploi et nos savoir-faire. Qui mieux qu’un salarié peut connaître son métier, son secteur et reprendre en main les outils ? Et puis pour la CPMM, c’était aussi un combat démocratique pour que la presse soit accessible partout et pour tous », insiste l’ex-délégué CGT. « De la même manière que les salariés de Duralex veulent pérenniser leur entreprise, nous avons besoin puisque l’activité de distribution de la presse est déficitaire en raison des coûts de la livraison du dernier kilomètre, des surcoûts liés au travail de nuit, d’une autre répartition des aides de l’État. Les aides à la distribution doivent revenir directement aux outils de distribution qui en supportent les surcoûts. »

    C’est en ce sens que la CGT au niveau confédéral réclame aussi que les Sociétés agréées de distribution de la presse rémunèrent ces sociétés coopératives d’intérêts collectifs « à hauteur du niveau de celui de la SAD à savoir 10% de taux de commission », afin de garantir aux éditeurs un accès équitable à ces deux réseaux, à des tarifs solidaires.

  • [Entretien] Gaëtan Lecoq : « Une solution politique à la situation d’ArcelorMittal »

    [Entretien] Gaëtan Lecoq : « Une solution politique à la situation d’ArcelorMittal »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de la réunion prévue ce vendredi ?

    Gaëtan Lecoq : C’est encore une nouvelle réunion de pseudo-négociation car la direction craint que son PSE ne soit pas homologué par l’inspection du travail de Bobigny. Ce qu’il y a dans ce PSE, c’est la suppression de plus de 600 emplois et les salariés vont partir avec des miettes alors qu’on est quand même une multinationale. Je n’attends rien de cette réunion, de toute façon, ils ont déjà leurs signataires : la CFE-CGC et la CFDT. Depuis le début, ils n’ont rien fait pour les salariés, on est seuls à se battre. Ils ne sont pas représentants du personnel mais partenaires sociaux de la direction.

    Le cabinet d’expertise Secafi, mandaté par le comité social et économique central (CSEC) d’ArcelorMittal France Nord a remis un rapportcette semaine dans lequel il pointe une mauvaise gestion. Qu’en pensez-vous ?

    G.L. : Dans ce rapport, clairement, c’est écrit que ce PSE n’est pas justifié, qu’Arcelor préfère gaver ses actionnaires qu’investir dans les outils. Ils veulent dégager du cash à court terme et n’ont pas de vision à moyen-long terme. On est en sous-investissement chronique et massif sur notre maintenance et nos installations depuis plusieurs années. La question est de savoir si Arcelor veut réellement continuer à produire en France ou complètement s’en désengager ? Les problématiques qu’on a sur le site de Dunkerque, on les retrouve à Fos mais aussi en Belgique et en Allemagne, où ils ont annoncé qu’ils ne feraient pas non plus la décarbonation. C’est plus large que la France, c’est toute l’Europe. La stratégie du groupe est de se désengager du Vieux continent et d’investir massivement dans trois pays : l’Inde, le Brésil et les États-Unis.

    La décarbonation à Dunkerque a complètement été abandonnée ?

    G.L. : Ils ne le disent pas clairement, ils ne font que retarder l’échéance depuis deux ans. Au mois de mai dernier, c’est parce qu’on a mis la pression qu’ils ont annoncé des intentions d’investissements pour un four électrique d’une valeur de 1,2 milliard d’euros. On arrive à la fin de l’année, il n’y a rien. Il n’y aura rien. Ils ne feront rien. Ils n’investiront plus un euro. Le PSE était prévu avant Noël, là on se dirige vers fin février, mi-mars. On a réussi à gratter un petit peu mais on va continuer à mettre la pression. De toute façon, il faut qu’on le retarde au maximum pour trouver une solution politique à la situation d’ArcelorMittal. Il n’y a que politiquement qu’on peut trouver une solution.

    Vous étiez au Sénat lorsque le PCF a fait voter la nationalisation qui a été rejetée. Pensez-vous que ce projet est le seul viable ?

    G.L. : Pour résumer : les groupes de gauche sont unis sur la nationalisation. Le problème, c’est que le Sénat est dominé à droite. À l’Assemblée nationale, il y aura peut-être une chance. LFI va à nouveau proposer la nationalisation lors de sa niche parlementaire le 27 novembre, porté par Aurélie Trouvé. C’est une nouvelle étape dans le conflit qu’on mène depuis juin 2024. On sera mobilisés et présents devant l’Assemblée nationale.

    Le gouvernement semble être aux abonnés absents… Avez-vous rencontré les nouveaux ministres nommés ?

    G.L. : C’est silence radio. Avant l’été j’ai eu une visio avec Marc Ferracci (ex-ministre de l’Industrie, Ndlr), qui n’a rien donné. Le gouvernement fait le mort. Soyons clairs : ils ne sont pas du tout à nos côtés contrairement à tous les groupes politiques de gauche, qui sont là depuis le début et travaillent avec nous pour essayer de trouver une solution. Le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand (LR) est à nos côtés et se rend compte qu’il est en train de se faire rouler dans la farine par le groupe ArcelorMittal. L’un des plus gros exemples dans le Nord, c’était la fermeture de l’usine de Denain il y a 40 ans. Et 40 ans après, Denain ne s’est toujours pas relevé de ce qui s’est passé. M. Bertrand le sait très bien. Si jamais le site de Dunkerque venait à disparaître, ça va être compliqué, même pour lui politiquement. Ça va être un désastre.

    L’ensemble des élus que je côtoie, à part ceux du gouvernement, ont ouvert les yeux. Il y a un an de ça, on me prenait pour un idiot, on ne me croyait pas. Depuis le début, la CGT avait raison, le PSE n’était pas encore annoncé que nous savions qu’il aurait lieu. On est dans l’entreprise, on voit ce qu’il se passe, on savait très bien qu’ils ne feraient pas les investissements nécessaires. C’est pour ça qu’il faut trouver un plan B. Si on n’arrive pas à tordre le bras de la famille Mittal, ils doivent partir et on trouvera une autre solution. Avec peut-être une idée de nationalisation temporaire.

    Les syndicats appelés à se prononcer aujourd’hui

    Les syndicats d’ArcelorMittal sont appelés à se prononcer ce vendredi sur le projet de plan social qui prévoit au total plus de 600 suppressions d’emplois. Au moment même où un rapport d’experts mandatés par le comité social et économique central (CSEC), et contesté par l’entreprise, estime que le groupe a fait le « choix stratégique assumé de privilégier la distribution » de liquidités « aux actionnaires, au détriment de l’anticipation » et de l’investissement. Le cabinet d’expertise relève ainsi que la liquidité distribuée aux actionnaires entre 2020 et 2024 (13 milliards d’euros) a été à peine inférieure à celle consacrée aux investissements industriels (15,5 milliards d’euros dans le monde).