Tag: Cécile Helle

  • Avignon met un coup de règle sur le kit de rentrée scolaire

    Avignon met un coup de règle sur le kit de rentrée scolaire

    « On attend les élections de 2026 avec un peu d’inquiétude. On espère que le futur maire ne décidera pas de supprimer ce dispositif au nom des économies ». Il y a un an, Frédérique Corcoral, alors adjointe au maire en charge du quartier Ouest et des personnes en grande précarité, avait une vision prémonitoire. Le dispositif en question ? Un kit de fournitures scolaires fourni par la Ville à chacun des 8 750 élèves de maternelle et d’élémentaire. Une mesure instaurée à la rentrée de 2024, qui « permet de rétablir une forme d’équité : tous les enfants, quels que soient leurs milieux, arrivent à l’école avec le même matériel », défendait alors Frédérique Corcoral.

    Mais visiblement moins du goût de la nouvelle municipalité Galzi (DVD) qui a décidé de supprimer ce kit, « dans un contexte financier particulièrement contraint et une démarche de revue des dépenses ligne par ligne », répond-on en mairie, sollicitée par La Marseillaise. Elle juge le dispositif « coûteux » [81 000 euros] et peu efficace, « un kit sur 4 n’ayant pas été retiré, ce qui interroge le besoin réel des familles et la pertinence d’une distribution systématique à l’ensemble des élèves ». La municipalité estime que « les réponses existent déjà au plus près du terrain », entre allocation de rentrée scolaire et une « part importante » des fournitures « déjà achetées directement par les écoles grâce aux dotations versées par la Ville ». Des dotations en revanche maintenues, à 42 euros par élève de primaire et 45 euros en maternelle. « En résumé, la Ville fait le choix d’une gestion responsable de l’argent public : réserver ce qui fonctionne, recentrer les dépenses sur les besoins réels et garantir que l’effort éducatif demeure intact », conclut-on à l’Hôtel de ville.

    Pas d’augmentation des tarifs de cantine à ce stade

    Une décision, relevée et dénoncée par la section PCF d’Avignon : « Olivier Galzi choisit de sabrer dans les politiques sociales engagées par ses prédécesseurs, plutôt que de poursuivre les efforts qui permettaient de mieux protéger les familles et d’améliorer le quotidien des enfants avignonnais », poursuit, au nom de la section, Julien De Benito, ex-adjoint de Cécile Helle. Le PCF juge que cette mesure contribuait à « rendre effectif le droit à l’école publique, laïque et gratuite ». Notons par ailleurs, et pour l’heure, que les tarifs de la restauration municipale ne bougeront pas. Baissés par trois fois lors du précédent mandat, ils permettent à un enfant sur deux de déjeuner pour moins d’un euro.

  • À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    Il est presque midi vendredi dernier. Au croisement de l’avenue Monclar et des boulevards Monod et Ferry, les automobilistes ralentissent et peinent à savoir s’il faut se fier au stop ou au nouveau feu tricolore encore éteint pour adopter la bonne conduite. Normalement, ce lundi à 9h, le feu fera foi et sera mis en service dans le cadre de la révision du plan Faubourgs, mis en place par la nouvelle majorité. Une nouvelle étape importante de franchie depuis trois mois et le lancement, en grande pompe, du premier ajustement de circulation autour de l’inflammable sujet des mobilités.

    Malgré l’absence de concertation, et trois semaines après la remise en double sens de la porte Saint-Lazare (notre édition du 28 juillet), le maire Olivier Galzi (DVD) continue de détricoter une des mesures phares du mandat précédent de sa prédécesseure, Cécile Helle (PS). Lors du conseil municipal de fin juin, au moins 300 personnes avaient bruyamment manifesté leur hostilité à ce démantèlement sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, réclamant un moratoire. Olivier Galzi reste, lui, persuadé d’avoir l’adhésion d’une majorité silencieuse…

    « J’ai peur des risques pour nos enfants »

    Le changement sur l’avenue Monclar est encore perçu comme « une autre modification sans concertation ni étude d’impact » par l’association des 4 boulevards qui invite les riverains à faire remonter « les problématiques nouvelles soulevées par cette décision unilatérale ». L’opposition de gauche, qui avait porté ce dossier, parle d’un « contre sens historique », craignant « une insécurité routière ».

    Principal bouleversement, la réouverture de l’avenue Monclar dans le sens sud/nord (vers les remparts) depuis le croisement des boulevards Monod et Ferry. Les automobilistes pourront à nouveau passer devant l’école Marcel-Perrin, où plus aucune voiture ne circulait depuis plus de deux ans. La Ville assure que la « borne rétractable sera relevée aux heures d’entrée et de sortie » des classes. « J’ai peur qu’il y ait beaucoup plus de bruit et de risques pour nos enfants », redoute une maman d’élève croisée à proximité, anxieuse à une grosse semaine de la rentrée.

    Parmi les ajustements notables, la remise en circulation à double sens des boulevards Ferry et Monod dans ce secteur. La piste cyclable sur Monclar est maintenue en l’état. « Je suis assez partagée », ne sait pas trop quoi encore penser Lise Demeyer. Depuis mars, elle a ouvert le café créatif L’Éklâ, au quasi-croisement Monclar-Monod. « J’ai à la fois peur de perdre en calme avec plus de bruit, des difficultés de stationnement alors que je tiens un lieu de créativité et, d’un autre côté, je vais gagner en visibilité et avoir moins de bouchons pour venir travailler, ce changement pourrait débloquer tout ça », développe-t-elle.

    À quelques mètres de là, le pharmacien est, lui, beaucoup plus tranché. « Je vois clairement ce changement d’un très bon œil même s’il faut être prudent le temps des nouvelles habitudes », se projette Michel Paulet. Installé depuis 20 ans, il estime que les travaux de l’avenue Monclar lui ont fait perdre 100 clients par an depuis deux ans. « On était un peu coupé du reste de la ville, le plan Faubourgs c’est peut-être bien pour ceux qui y vivent, mais c’est catastrophique pour ceux qui y travaillent », juge le pharmacien. D’autres révisions sont encore prévues, mais pas datées officiellement, côté Saint-Ruf ou Sixte Isnard.

  • À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    « La ville d’Avignon agit et continuera d’agir avec responsabilité et humanité sans opposer sécurité et solidarité. » Voilà comment, il y a trois ans déjà, la maire d’Avignon d’alors Cécile Helle (PS) répondait au syndicat des restaurateurs et hôteliers qui dénonçait l’inaction de la municipalité face à la présence accrue de sans-abri en centre-ville. Les municipales sont depuis passées par là et, dans la torpeur estivale post Festival, Olivier Galzi (DVD) a pris un arrêté réglementant l’occupation de l’espace public visant à prévenir des troubles à l’ordre public (notre édition du 14 août).

    « Un arrêté anti-mendicité », comme le qualifie Thierry Mila. Le président de la fédération Paca des acteurs de la solidarité, qui fédère un réseau de structures engagées aux côtés des personnes en situation de précarité, n’a pas tardé à envoyer un courrier au maire. La missive lui demande de retirer cette mesure et d’organiser une « rencontre avec les fédérations et les associations du territoire pour trouver une solution digne pour les personnes dans une ville de culture et d’accueil s’il en est. » Ce recours « gracieux et pré-contentieux », reçu ce mardi en mairie, pourrait rapidement être suivi d’un référé suspension directement déposé au tribunal administratif. « Si on n’a pas de retour d’ici à jeudi, tout est prêt pour attaquer », assure Thierry Mila.

    Sollicitée par nos soins, la Ville semble peu encline, dans l’immédiat, à une rencontre. « On va leur répondre en rappelant les grands principes de l’arrêté car ils ont une lecture différente de la nôtre », répond la mairie. Qui réaffirme ne pas vouloir « stigmatiser une certaine population et la mendicité mais concilier tranquillité publique et accompagnement des plus vulnérables en caractérisant les troubles pour mieux cibler les personnes qui n’arrivent pas à être prises en charge ». Le président de la fédération des acteurs de la solidarité y voit plutôt un moyen « de nettoyer Avignon, comme l’ont fait d’autres villes dans une course à l’échalote contre les personnes précaires qui vivent à la rue, déjà stigmatisées par la vie ». De manière plus globale, Thierry Mila déplore aussi la politique de l’État : « On ne peut pas dire d’un côté on ne veut plus de mendiants et, de l’autre, couper les fonds aux associations. »

    De « sérieuses interrogations »

    Le courrier adressé à Olivier Galzi, très circonstancié, soulève de « sérieuses interrogations » quant au respect des libertés publiques, de la notion « d’occupation prolongée » et met aussi en avant la jurisprudence du Conseil d’État, de la Cour européenne des droits de l’homme ou une décision du comité européen des droits sociaux. Au tout début de la campagne des municipales, Olivier Galzi avait défendu la possibilité d’un arrêté anti-mendicité avant de ne plus évoquer, dans ces termes, le sujet. Mi-février, dans nos colonnes, le futur maire insistait sur sa volonté d’aider ceux qui veulent s’en sortir mais, pour les autres, « envoyer le signal qu’Avignon ne sera pas la ville qui les accueillera de manière favorable ». L’arrêté vient traduire cette volonté qui, pour le PCF, « déplace la pauvreté » .

    Pour le PCF, la pauvreté est déplacée

    Parmi les réactions suscitées par l’arrêté, la section PCF d’Avignon-Morières-Le Pontet estime, dans un communiqué, que « faire partir les personnes à la rue ne les fait pas disparaître. Cela les déplace vers d’autres rues, d’autres quartiers, loin des commerces et des espaces fréquentés ». Sans « contester la nécessité de garantir la tranquillité et la libre circulation », les communistes insistent : « Ce dont Avignon a besoin, ce n’est pas de rendre la pauvreté invisible, mais de traiter ses causes. » Et d’appeler à « renforcer l’accompagnement, l’hébergement et l’accès aux soins ».

    F.C.

  • À Avignon, la police municipale doit être mieux pilotée

    À Avignon, la police municipale doit être mieux pilotée

    Rendu public au début du mois, le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion d’Avignon (2019-2024) consacre un peu moins de la moitié de son analyse sur les finances de la Ville. Un point largement commenté depuis 10 jours, à la lumière aussi d’un audit commandé par la nouvelle majorité d’Olivier Galzi (DVD). Pendant la campagne, le maire a fait de la sécurité l’une de ses trois priorités, accusant Cécile Helle (PS) d’avoir délaissé ce domaine.

    Et Olivier Galzi de promettre l’embauche de 60 policiers municipaux et l’installation de 100 caméras de vidéo-surveillance. Pourtant, la CRC apporte un éclairage bien moins alarmiste ou, pour résumer, la police municipale (PM) est bien dotée mais mérite un meilleur pilotage. Une dizaine de pages est consacrée au sujet. « La commune a doté la PM de moyens importants », note la chambre, soulignant que « les dépenses de fonctionnement représentent 82,5 euros par habitant, soit deux fois plus que le niveau médian en 2024 ». Côté effectifs, 103 agents sont comptabilisés en 2025, classant Avignon au 15e rang national du ratio policiers/habitants.

    Concernant la vidéosurveillance, il est fait état d’un parc de 756 caméras. « Les dépenses consacrées à la vidéoprotection ont augmenté fortement sur la période passant de 286 178 euros entre 2019 à 2021 à près de 2,5 millions de 2022 à 2024 », met en avant la CRC. Avec un bémol : « Il est indiqué que 57 caméras sont hors service ». Un chiffre que conteste, dans sa réponse du 20 mai, Cécile Helle. « Ayant présidé mon dernier comité stratégique sur la vidéoprotection début mars 2026, je tiens à affirmer qu’à cette date, seules 6 caméras ne fonctionnaient pas », assure l’ex-maire.

    Vraiment HS les caméras ?

    Une bataille de chiffres qui a son importance, Olivier Galzi ayant alimenté la chronique pendant la campagne sur cette défaillance. « Le réseau de vidéoprotection n’est cependant pas pleinement opérationnel en raison de maintenance, de panne de matériel et des limites des capacités des serveurs pour les nouvelles caméras », appuie d’ailleurs, dans sa réponse du 26 mai, le nouveau locataire de l’Hôtel de ville.

    Au-delà du volet effectifs et caméras, la CRC attire l’attention sur la gestion de ce service qui mérite une plus grande acuité. « Une gouvernance et un suivi de l’activité qui doivent être améliorés », écrivent les magistrats en émettant une recommandation : « Mettre en place des outils de suivi d’activité (évaluation du rapport annuel d’activité, évaluation de la convention de coordination, stratégie territoriale) ». Un bilan global dont se « réjouit » Cécile Helle. Quant à Olivier Galzi, qui a amorcé le recrutement de 10 policiers supplémentaires, stipule que la recommandation « sera évidemment mise en œuvre, mais nous irons plus loin encore ». Le maire compte instaurer une « direction générale adjointe à la sécurité ».

  • [Entretien] Cécile Helle : « Je suis surprise, l’attaque du maire est extrêmement violente »

    [Entretien] Cécile Helle : « Je suis surprise, l’attaque du maire est extrêmement violente »

    Sollicitée par La Marseillaise, l’ancienne première magistrate a accepté de sortir de la « réserve » qu’elle s’impose depuis qu’elle n’est plus en responsabilité. Et ce, afin de rétablir sa vérité financière après les lourdes accusations sur sa gestion portées par son successeur Olivier Galzi (DVD).

    La Marseillaise : Quelle a été votre réaction quand vous avez entendu Olivier Galzi dire que « la Ville est un champ de ruines » ?

    Cécile Helle : J’ai mûrement réfléchi avant de sortir de mon silence. Je comprends qu’il y ait une théâtralisation dans la mise en scène, mais outrancière. Il faut savoir raison garder et ramener sur la réalité des chiffres. En 2014, on avait fait un audit, mais on n’avait pas cherché à l’exploiter politiquement. La différence aussi par rapport à nous quand on est arrivé, c’est que là, il y a un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) qui est tombé quasiment au même moment que l’audit. C’est cela qui prévaut, avec des magistrats indépendants qui ont analysé la situation financière de la ville de 2019 à 2024. On peut leur faire confiance. Ils ont aussi posé un certain nombre de questions sur le budget de 2025, même s’ils n’en ont pas formellement rendu compte dans leur analyse.

    Vous vous inscrivez en faux avec les données avancées par Olivier Galzi ?

    C.H. : Je suis surprise de cette analyse. Les villes ont l’habitude d’être accompagnées par des cabinets qui font régulièrement des prospectifs financiers avec des scénarios alarmistes. Chacun des budgets qu’on a eu à construire, ça a été des combats. Quand on a des convictions, comme nous, pour porter un haut niveau de service public, pour être sur des politiques de solidarité et de soutien au pouvoir d’achat des familles, tout en préparant la ville aussi à la transition climatique, à travers un haut niveau d’investissement, il faut y aller, ne pas avoir peur de l’adversité et surtout ne pas refuser l’obstacle. Quand j’ai rencontré Olivier Galzi lors de la passation de pouvoir, c’est un point sur lequel je l’avais alerté en le prévenant qu’il fallait vraiment être en première ligne pour piloter et suivre le budget. Quant aux chiffres avancés, il y a non seulement le rapport de la CRC, mais aussi le compte administratif 2025. On sort avec une épargne brute qui est à 21,5 millions d’euros et un excédent de 18 millions d’euros. En 2025, on a réussi notre plus haut niveau de désendettement à 2,4 millions d’euros, ce qui était une des exigences de la CRC. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de points d’alerte, mais est-ce ça la faillite ?

    Le maire dit qu’il y a eu 5 millions d’euros de glissement du budget 2025 non payées vers 2026.

    C.H. : Je n’ai pas les éléments. Je n’ai eu aucune alerte de ce point de vue là, y compris lorsque j’ai refait une réunion sur le budget en mars, où j’avais demandé des documents pour qu’il y ait un dossier transmis au futur maire. Je n’ai eu aucune alerte des services, ni du comptable public, ni du préfet [Olivier Galzi met en avant un courrier signé par le préfet et le directeur des finances publiques qui fait état de mauvais indicateurs], avec qui j’ai déjeuné en tête à tête à la mi-février. Chaque année, il y a des reports. C’est de la gestion des comptabilités, mais au début de chaque mois de décembre, on arrête ce qu’on appelle les mandatements, donc de payer les factures. Et ce, à la demande du comptable public. Et donc nécessairement, tout ça glisse sur l’année suivante.

    Quid aussi, par exemple, de l’absence de fond pour faire fonctionner la piscine Pierre-Reyne, qui doit rouvrir cette année après travaux ?

    C.H. : On avait bien précisé que le budget primitif qui était présenté en décembre offrait un cadre global avec les grandes orientations. J’assume le budget sur le premier trimestre, mais pas la suite. Vu que la piscine allait rouvrir au plus tard en septembre, c’est au nouveau maire de calibrer la dépense de fonctionnement qui est liée à la réouverture de cet équipement. Je l’ai fait quand on a rouvert les piscines Jean-Clément et Chevalier de Folard. Quand pendant l’été, on décide de ne pas ouvrir toutes les piscines, c’est dans un souci d’une gestion financière soutenable du budget annexe des activités aquatiques. Il faut trouver ensuite un juste équilibre. J’avais fait travailler les services sur différents scénarios et ce que ça représente en dépenses de fluides, de ressources humaines. C’est bien le rôle d’un maire que de piloter au plus près les budgets.

    Cette description apocalyptique sert-elle à préparer les esprits à des renoncements ou privatisations ?

    C.H. : Je pense que c’est un habillage pour sûrement ensuite instaurer une politique d’austérité et vraisemblablement de privatisations. Si on prend la cantine [service remunicipalisé par Cécile Helle en 2015], la Ville ne dépense pas plus aujourd’hui que ce qu’elle dépensait quand elle versait une contribution à Scolarest [délégataire privé]. Et entre-temps, on a assuré une meilleure qualité alimentaire aux enfants, en baissant les tarifs en trois temps. Plus généralement, pendant 12 ans, on a réussi à construire des budgets, y compris dans des contextes où l’adversité était encore plus forte qu’à l’heure actuelle, comme en début de second mandat avec les crises sanitaires et énergétiques. On a assumé un haut niveau de subventions aux associations [diminuées de 10% au conseil municipal de mardi] et d’investissement sans jamais augmenter les impôts.

    Plus globalement, quel bilan tirez-vous des 100 premiers jours de votre successeur ?

    C.H. : Je ne cherche pas à commenter. Je pense avoir renvoyé l’image d’une maire soucieuse du devenir de sa commune, de l’accompagnement de ses concitoyens et qui a essayé de faire au mieux dans le contexte qui est celui de la ville d’Avignon : à savoir une ville pauvre où il y a 30% de ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté, où il y a 36% de logements sociaux, où on a un revenu moyen par habitant qui est de 13 000 euros, quand dans les villes de la même strate c’est 17 000 euros. Croire que la gestion d’une ville comme Avignon est facile, c’est se fourvoyer. En 2022, on a eu une année budgétaire extrêmement compliquée : je suis allée chercher, avec les dents, un total de 4 millions d’euros dont 1 en toute fin d’année, après un déjeuner avec la Première ministre. Alors c’est sûr, moi, je n’en ai pas fait un selfie sur le perron de Matignon.

    On ne vous a pas entendu sur le résultat des municipales. Y voyez-vous un rejet de votre bilan ?

    C.H. : Je ne l’ai pas analysé comme ça. Parce que la liste conduite par David Fournier n’a pas été battue par un grand nombre de voix [40,62 % contre 38,01%]. Bien sûr qu’il y a un regret qu’il n’y ait pas eu une continuité politique. Et quand je vois la manifestation mardi [devant le conseil municipal contre le démantèlement du plan Faubourgs], je me dis qu’il y a quand même des gens qui se sont reconnus dans ce qu’il s’est fait pendant 12 ans, et qu’il ne faut pas simplement aller voir sur les réseaux sociaux ou écouter les gens qui habitent dans l’agglomération, mais pas dans la ville-centre.

    Quelle est désormais votre journée type ?

    C.H. : Je suis redevenue une citoyenne d’Avignon. Je n’ai pas vocation à revenir sur le devant de la scène. Je l’avais bien précisé et je n’ai pas changé d’avis. En voyant l’attaque extrêmement violente de la part du maire actuel, il fallait rappeler certaines choses. Il y a toute une temporalité de la part de M. Galzi où il tape sur les prédécesseurs, mais là, maintenant, on va voir ce qu’il est capable de faire sur le budget 2027. Y compris sur le plan pluriannuel d’investissement [PPI] qu’il va devoir construire sur tout son mandat. Je serais intéressée de voir ce qu’il va proposer, là où il va mettre les priorités et qu’il nous apporte la démonstration qu’il a un vrai projet, une vraie sensibilité aux enjeux environnementaux et aussi voir ses choix en termes d’accompagnement des Avignonnais dans leur vie quotidienne et leurs difficultés.

  • Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    « Va-t-on pouvoir voyager en Corée sans sortir d’Avignon ? », s’interroge, devant plusieurs centaines de personnes installées dans les fauteuils rembourrés rouges de la FabricA, Fatima, animatrice à l’espace pluriel d’Avignon, en présentant Kim : Yeonshee, spectacle au programme du Festival d’Avignon IN lors de cette 80e édition qui se tiendra du 4 au 25 juillet prochain. Une interrogation parmi les 80 formulées par des festivaliers sélectionnés ce mercredi 8 avril en début de soirée lors de la présentation du programme de l’événement, avec pour thème, donc, le questionnement.

    Il y a tout de même un certain nombre de certitudes sur le déroulement. À commencer par le nombre de représentations, avec pas moins de 47 spectacles mais aussi 2 expositions pour près de 300 représentations et plus de 136 000 places à la vente. Avec, en ouverture dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, « Maldoror » de Julien Gosselin, adapté de l’écrivain chilien Roberto Bolaño. Un questionnement, forcément, sur la présence de la violence dans la société.

    Se mêlent ensuite, pendant les trois semaines de l’octogénaire du Festival In, des grands noms tels qu’Isabelle Huppert, Valérie Dréville, Denis Podalydès ou encore Éric Ruf. À noter que 67% des artistes invités sont programmés pour la première fois sur les planches de la Cité des Papes.

    Corée à l’honneur

    Un air d’Asie va donc également souffler sur Avignon pendant ce mois de juillet. Plusieurs œuvres de la prix Nobel de littérature Han Kang seront ainsi présentées, dont son dernier roman Impossibles adieux. Mais aussi, parmi d’autres, Island Story de Kyung-Sung Lee, qui conte, au gymnase du lycée Aubanel, l’histoire du massacre de Jeju en 1948, où des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées suite à une rébellion contre le pouvoir anticommuniste mis en place. « Comment donner la voix à ceux qui sont réduits au silence ? » demande ainsi à ce propos Jeffrey, un festivalier habitué de nationalité américaine, qui rappelle la responsabilité de son pays dans ce conflit.

    L’occasion également, pour le maire nouvellement élu, Olivier Galzi (DVD), d’assurer qu’il promeut « une culture partout et pour tous » et qu’Avignon sera « une capitale » et, dans une longue tirade, d’appeler à « abattre des remparts d’ignorance » et à « éveiller les esprits sans attiser le bruit et la fureur ». Et ce, quelques minutes après des applaudissements nourris pour sa prédécesseuse à la tête de la ville, Cécile Helle (PS), qui n’était pas présente ce mercredi.

    Les différentes billetteries et l’accès au festival

    Un nouveau système d’ouverture des ventes sous forme de créneaux « afin de garantir un accès fluide et d’éviter toute saturation du site » a été présenté ce mercredi. Ceux-ci, déjà tous complets, permettent d’acheter ses places lors d’un horaire dédié entre le lundi 13 et le samedi 18 avril. Pour le reste, la billetterie en ligne, pour tous et toutes, sans inscription préalable, ouvrira le samedi 18 avril à 13 heures. Puis, à partir du 20 juin, par téléphone au 04.90.14.14.14 ou au guichet, 20 rue du portail Boquier. Et à partir du 27 juin à la boutique du Festival, située sur la place de l’Horloge. Avec, comme toujours, un guichet de la dernière chance sur les lieux du spectacle, une heure avant le début de ceux-ci, dans la limite des places disponibles. Tout en sachant qu’il y en aura 136 000 à la vente, soit 14 000 de plus que l’an dernier.

    Pour se rendre sur place, le dispositif exceptionnel de trains et bus mis en place par la Région Sud est maintenu, avec des lignes depuis plusieurs communes vauclusiennes. Mais aussi des trains et bus jusqu’à 23h30 « pour un retour facilité et un hébergement en périphérie » précise l’organisation, notamment vers Arles, Carpentras, Cavaillon ou encore Orange.

    Infos et billetterie sur festival-avignon.com

  • Le futur maire d’Avignon, Olivier Galzi, a rencontré sa prédécesseure Cécile Helle

    Le futur maire d’Avignon, Olivier Galzi, a rencontré sa prédécesseure Cécile Helle

    Des échanges de plus de deux heures, « très positifs, constructifs, dans l’apaisement républicain pour une transition dans les meilleures conditions », nous confie-t-on dans l’entourage du futur premier édile. Samedi matin, les 38 élus de la nouvelle majorité devront s’engager sur une charte éthique autour de l’intégrité, lors d’une séance présidée par Claude Le Roy, ancien entraîneur de football, déjà élu entre 2001 et 2008 dans l’opposition de gauche de l’époque. Face à eux siégeront 10 élus issus de la liste de gauche de David Fournier et 5 élus de celle de la candidate RN Anne-Sophie Rigault. Comme ce fut le cas pour Marie-Josée Roig en 2014, Cécile Helle ne devrait pas assister au conseil d’installation, selon nos informations.

  • À Avignon, des associations toujours inquiètes

    À Avignon, des associations toujours inquiètes

    Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.

    Bouton d’alerte et lutte contre

    les discriminations

    « Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »

    Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.

  • Une nouvelle lumière pour magnifier le Palais des Papes

    Une nouvelle lumière pour magnifier le Palais des Papes

    Fiat lux. Un nouvel éclairage du Palais des Papes et de sa place, avec tous les bâtiments autour tels que le Petit Palais et l’Hôtel de la Monnaie, a été inauguré ce vendredi 27 février à la tombée de la nuit.

    Ou tout du moins la première moitié du projet, avec évidemment la devanture de la résidence pontificale. Et ce, avec une « mise en lumière à la fois sobre et innovante », grâce à un dispositif qui « joue sur les équilibres entre lumière et pénombre », assure la municipalité. Un projet dont le coût est estimé à 2,7 millions d’euros : 2,2 millions de la part de la Ville d’Avignon, mais aussi 420 000 euros de l’État et 100 000 euros de la fondation LVMH, qui avait fait un défilé dans le lieu l’an dernier.

    Dispositif spécial

    Un éclairage qui sera allumé à la tombée de la nuit jusqu’à environ une heure du matin, « mais cela peut changer selon la saisonnalité », précise Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon. Elle se réjouit du « choix d’éclairer la place par sa périphérie avec une meilleure illumination aussi de la place. Car avant, on était vraiment dans la pénombre, ce qui pouvait donner une impression de peur », ajoute-t-elle. « Il y avait avant beaucoup de lumière parasite. Et on ne pouvait pas faire n’importe quoi en rapport avec le patrimoine mondial de l’Unesco », glisse la première édile.

    Ainsi, quatre mâts ont été installés avec des projecteurs spéciaux dits « projecteurs gobo » qui « suppriment les fuites de lumière en dessous et au-dessus et limitent la pollution lumineuse », précise Jean-Yves Soëtinck, concepteur lumière pour l’entreprise Acte Lumière, qui s’est chargée du projet. Une entreprise qui s’est occupée également de l’illumination de la cathédrale de Strasbourg et de celle de Lausanne. Des engins dont la longévité est comprise entre 50 000 et 100 000 heures de fonctionnement.

  • Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Alors que le ciel commence à se couvrir, une bonne quarantaine d’enfants et de jeunes ados sont rassemblés autour d’un terrain de foot tout juste sorti de terre dans le quartier de la Grange d’Orel, à Avignon. Une demi-douzaine d’entre eux s’affrontent dans une partie de ballon rond, parfois réprimandés par un des éducateurs quand ils « tirent trop fort », tandis que la première édile de la Cité des Papes les regarde, tout sourire, à l’occasion de l’inauguration de ce square Diourbel, tout juste réaménagé.

    Avec un nouveau city stade de foot et de basket donc, mais aussi des tables de ping-pong, de nouveaux revêtements sur les routes alentour et différents végétaux.

    « Personne sur le bord

    du chemin »

    « Il suffit de regarder pour voir que les enfants sont super contents », se réjouit Billel Ferhane, directeur du club jeunes du quartier, mais aussi de l’insertion/prévention, collectif d’une quarantaine de jeunes à l’initiative d’une partie du projet à travers le budget participatif il y a un an. « C’est très bien que le quartier s’embellisse. Nos bâtiments sont beaux, mais il fallait le reste aussi. Le terrain était abandonné depuis 30 ans, donc c’est une très belle chose », appuie-t-il.

    Des aménagements et rénovations qui ont coûté au total 205 000 euros, en grande majorité dans le cadre du NPNRU, dont 20 000 euros issus du budget participatif de la ville, avec la demande de poser 25 arbres supplémentaires. « Nous voulions imaginer une action pour améliorer le quartier et lui redonner de la vie. C’est aussi un symbole d’avenir. On avait surtout besoin d’ombre ici parce qu’on n’en avait pas depuis longtemps », glisse Omar, membre de l’insertion/prévention, qui a été désigné comme le porte-parole du projet par ses camarades. « Notre volonté est de ne laisser personne sur le bord du chemin. Quand je vois l’énergie aujourd’hui, j’ai confiance en l’avenir de la ville, car les jeunes vont porter de beaux projets », avance Cécile Helle en fin de cérémonie.