Tag: BUS

  • Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    « Notre idée c’est d’abord de privilégier le covoiturage en le rendant le plus pratique possible », estime Pascal Bazile, coprésident Istréen de l’association des Vélos des étangs. Alors que la réalisation de la liaison Fos-Salon se profile pour 2032, l’association propose un contre-projet à cette route à 566 millions d’euros devant accueillir 40 000 véhicules par jour selon l’État, dont 10 000 camions.

    C’est pourquoi Pascal Bazile défend l’idée « de réduire les voitures sur cet axe » pour éviter les travaux. « Nous trouvons que ce projet ne se justifie pas », assume-t-il, « aux Pays-Bas, chaque gros carrefour dispose d’une aire de covoiturage, de ranges-vélos et d’arrêt de bus, on est vraiment en retard », estime le militant écologiste.

    Une application

    pour covoiturer

    Défenseur du vélo, mais pas ayatollah. « Évidemment que les gens qui viennent bosser à Fos depuis Salon vont pas le faire à vélo », reconnaît Pascal Bazile, « mais quelqu’un de Miramas doit pouvoir accéder à une aire de covoiturage en vélo ou en bus et se faire récupérer par son collègue de Salon », illustre-t-il. Pour compléter, l’association a créé une carte reprenant la liaison Fos-Salon pour y montrer les emplacements stratégiques pour ces futurs carrefours intermodaux. « Il faut cesser d’être seul en voiture » reprend le cycliste, « réaliser les aires et adapter le transport est une chose, mais créer une application comme cela se fait à Chambéry ou bien d’autres endroits, est nécessaire », estime Pascal Bazile.

    Reste à porter cette politique. La Métropole propose déjà un dispositif de covoiturage avec application en lien avec les entreprises. Le plan de déplacement urbain prévoit notamment la réduction de 68 à 60% des déplacements en voiture particulière sur cet axe.

  • Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    La promesse a été lancée, les élus métropolitains ont désormais trois ans et demi pour l’appliquer. Sur le dépôt des bus Tango, ils ont en effet annoncé le passage de « l’ensemble des bus du réseau urbain vers des motorisations 100% propre ». Pour l’heure, la collectivité compte une centaine de véhicules à « énergie propre », fonctionnant à l’électricité, au biogaz ou au biocarburant. Cela représente la moitié de la flotte de véhicules actuellement exploités par Keolis.

    Ombrière photovoltaïque

    Fin juillet, les élus métropolitains étaient donc fiers de présenter les tout nouveaux bus articulés 100% électriques de 18 mètres de long qui sont dotés « d’une autonomie pouvant atteindre 340 km grâce à leurs neuf packs de batteries haute capacité de 623 kWh ». Ils offrent ainsi « une capacité d’accueil de 104 voyageurs ». Cinq d’entre eux sont déjà en circulation et quatre arriveront dans les prochains jours. L’investissement pour ces véhicules représente tout de même 7,6 millions d’euros. En moyenne ces dernières années, ce sont 8 millions d’euros qui sont mobilisés dans la modernisation des équipements des bus Tango.

    Lors de cette présentation, les élus ont également annoncé la construction d’une ombrière photovoltaïque sur le dépôt Tango qui sera mise en service en fin d’année. « Nous agissons simultanément sur deux leviers essentiels : la décarbonation de notre flotte et la production locale d’une énergie renouvelable. Aujourd’hui, 100 véhicules à énergie propre circulent déjà sur le réseau Tango et notre ambition est claire : disposer d’un réseau urbain composé à 100% de véhicules propres d’ici 2030 », confirme Vincent Bouget, le nouveau président de Nîmes Métropole.

  • Une nouvelle avenue pour les mobilités douces à Toulon

    Une nouvelle avenue pour les mobilités douces à Toulon

    Végétalisation, nouvelles places de stationnement et pistes cyclables : à Toulon, l’avenue de-Lattre-de-Tassigny se refait une beauté. Les travaux engagés par la métropole Toulon Provence Méditerranée et la Ville de Toulon ont débuté au mois de juin. Un chantier d’envergure, qui s’étend du boulevard Bazeilles jusqu’au stade Mayol. Objectif : transformer « cet axe très routier en un axe tourné vers les mobilités douces », explique la mairie sur son site internet. L’opération devrait coûter aux collectivités 7 millions d’euros.

    Pour conjuguer « déplacements et végétalisation », la métropole et la ville veulent planter une centaine d’arbres : jacarandas, ficus australiens ou savonniers, afin de créer des îlots de fraîcheur. Autre point clé de cette transformation, l’ancienne station-service, au niveau du rond-point Bonaparte, devrait disparaître, remplacée par un « espace partagé ». Au programme : des places de stationnement et un lieu arboré.

    Si de nombreux travaux sont nécessaires pour cela, Josée Massi, maire (DVD) de Toulon et présidente de la Métropole l’assure : « Notre volonté est que cette requalification entraîne le moins possible de perturbations sur la circulation ». Les travaux doivent en revanche permettre de délimiter les « zones réservées à la voiture de celles octroyées aux piétons », argumente la mairie.

    Vers les mobilités douces

    Passant de quatre à trois voies, « un abaissement naturel de la vitesse » devrait être constaté, selon Josée Massi, permettant « l’accueil d’autres modes de déplacement, à savoir les bus et les vélos », précise-t-elle.

    « Longtemps perçue comme un simple couloir de transit automobile entre le Mourillon et le port, l’avenue de-Lattre-de-Tassigny accusait un déficit de continuité pour les piétons et les cyclistes », affirme la mairie, qui souhaite « s’attaquer à cette rupture ». Une fois la partie sud de l’avenue terminée, ce sera au tour de la partie nord d’être transformée, pour une fin des travaux prévus fin 2027.

  • [C’est l’été] Le bus des plages, emblème de Marseille

    [C’est l’été] Le bus des plages, emblème de Marseille

    Le matin, le 83 accueille des passagers bien sérieux, chemise, cravates, pantalon… Le bus des plages transporte aussi des Marseillais se rendant au travail. C’est le cas de Sébastien, restaurateur de 42 ans qui se dirige vers le Vieux-Port : «  Je prends le bus trois à quatre fois par semaine. Je préfère ça à la voiture, c’est plus rapide, ça me lâche devant mon lieu de travail, en voiture, c’est compliqué de se garer. ».

    À cette population se mélangent des personnes plus âgées, en maillot de bain, qui font leur plongeon matinal afin d’éviter la chaleur et les touristes. Noël est retraité : « Le matin je vais à la mer, je nage une heure et je remonte. » Lui aussi est un habitué de la ligne 83, qu’il emprunte plus de cinq fois par semaine : «  J’ai une voiture, mais je préfère prendre le bus, en ville, on ne peut pas se garer de toute façon. » Comme Sébastien, il choisit le bus pour des raisons pratiques, mais pas uniquement : « C’est vraiment agréable de faire toute la corniche. Moi, je suis de Marseille, donc je connais, mais c’est toujours agréable, les gens ne regardent pas, mais moi si. C’est pour ça aussi que je prends le bus », explique Noël, alors qu’il attend le bus au niveau de Malmousque pour rentrer chez lui.

    Pascale, 68 ans, habite à Endoume et n’a pas de voiture. Le 83 est donc son moyen de déplacement principal. Elle partage l’avis de Noël : « J’aime prendre le bus, le trajet est agréable et la ligne est belle. » Cependant, alors que Noël ne prend le bus que le matin et n’est pas affecté par l’augmentation de la fréquentation en été, Pascale, elle, l’a bien remarqué.

    « Le bus est très, très, très plein en milieu de journée. Parfois, il ne s’arrête même pas pour prendre des voyageurs. Parfois, même quand on est dedans, il saute l’arrêt, et on est obligé d’attendre l’arrêt suivant pour descendre en espérant qu’il s’arrêtera », déplore Pascale. La RTM indique avoir renforcé l’offre journalière estivale, jusqu’à +90%le dimanche par exemple, et ajouté dix bus en circulation sur la ligne. Toutefois, le 83 reste souvent surchargé.

    Les habitués ne sont pas les seuls à relever la saturation des bus. Barbara, Chad, Yara et Elie sont Anglais, ils attendent à l’arrêt de bus plage du Prophète. « Nous sommes en vacances depuis cinq jours, nous avons déjà pris ce bus plusieurs fois en fin de matinée, il est toujours très fréquenté », raconte Elie. Son amie Barbara renchérit : « Nous étions entassés comme des sardines. C’était un bus climatisé, mais il y avait tellement de gens qu’il faisait quand même très chaud. »

    L’affluence excède

    certains habitants

    Le groupe fait tout de même remarquer qu’il n’a jamais eu à attendre le bus très longtemps grâce à la fréquence de passage sur la ligne, avec un bus toutes les 6 minutes en cette période estivale, contre 10 minutes le reste de l’année, précise la RTM. Ils s’émerveillent de la beauté des paysages que l’on voit par la fenêtre du 83.

    Aux alentours de midi, le bus est bondé. La cohabitation entre touristes et Marseillais est de plus en plus tendue. « Oh, il y a de la place de l’autre côté du bus, en fait, décalez-vous ! », peste une femme dans un mélange d’anglais et de français, avant d’insulter la masse de touristes en français. Le ton monte, les foules se bousculent…

    C’est pour échapper à ces « galères » que Nil et Sade évitent au maximum d’emprunter le 83 pour se rendre à la plage. Aixoises de 22 ans, elles passent la majorité de leur été à Marseille. « Généralement, j’y vais à pied ou je prends un vélo. La plupart des jeunes sont en vélo depuis qu’il y a ceux de la ville. C’est rare le bus en vrai », explique Sade. Aujourd’hui, elles prennent le bus car elles sont contraintes par le temps et que Nil n’est pas très à l’aise à vélo. « Au moins, c’est simple, tu sais à quelle heure il arrive normalement et tu sais que tu arrives à destination », enchaîne Nil.

    Son amie est moins tendre avec cette ligne des plages : « Le 83, c’est une galère, il est tout le temps blindé, il est lent, c’est le pire bus de Marseille ». « Après, ça rend quand même la plage accessible et c’est super beau », reconnaît-elle malgré tout.

  • Marseille, ces habitants militent pour une meilleure accessibilité des bus

    Marseille, ces habitants militent pour une meilleure accessibilité des bus

    Si je ne hausse pas la voix, je ne monte pas dans le bus. » Atteinte d’une poliomyélite, Rachida se déplace en fauteuil électrique. Chaque jour, prendre le bus à Marseille relève pour elle du parcours du combattant. Seuls « 31% des arrêts sont accessibles aux PMR », selon la Régie des Transports Métropolitains (RTM). « Mon handicap commence vraiment quand je suis confrontée à cet espace public qui ne m’est pas adapté », souligne Rachida.

    Cette Marseillaise fait partie du Collectif des habitants organisés du 3e arrondissement (CHO3). Pour rendre visible cette injustice, ses membres ont lancé une pétition en ligne intitulée « Droit au bus ». Publiée en mai, elle a déjà recueilli plus de 1 300 signatures, sur les 2 500 espérées par les habitants.

    Concrètement, le collectif demande des rampes d’accès fonctionnelles dans tous les bus et une formation spécifique des chauffeurs. « Car les rampes sont souvent hors d’usage et les chauffeurs ne savent pas toujours comment les sortir. Parfois, ils ne connaissent même pas l’existence de la rampe », témoigne Rachida en montrant une vidéo d’un incident à ses camarades.

    Pourtant, la RTM assure que « les conducteurs suivent une formation sur l’accessibilité, qu’ils doivent renouveler tous les 5 ans ». Au sujet des rampes, le réseau de transports soutient que « 100% des bus du réseau sont équipés de rampes d’accès », mais seuls « 92,2% d’entre elles sont disponibles, à cause des opérations de réparation ou de remplacement ».

    Une société validiste

    Après l’envoi de nombreux recommandés à la présidente de la Métropole (DVD), Martine Vassal, le collectif a décroché une réunion avec plusieurs techniciens et responsables de la RTM, en juin dernier. « Nous ne demandons pas de la sensibilisation, mais un réel changement de politique », rappelle Gaël, un autre membre du collectif. Et d’ajouter que « malgré des comportements parfois validistes, les chauffeurs ne sont pas nos adversaires, mais de potentiels alliés ».

    Le collectif appuie ses revendications sur la loi Handicap de 2005. Une loi loin d’être pleinement appliquée à Marseille, selon les membres. « Notre liberté de mobilité n’est pas respectée, alors qu’on est dans la deuxième ville de France, s’indigne Rachida. La RTM dit qu’elle va aménager 100 arrêts par an. À ce rythme, on en a pour au moins 16 ans. »

    Le plus dur reste de mobiliser les PMR directement concernées car, selon Gaël, « elles ont d’autres combats à mener, le bus passe au second plan ». « Mais on ne lâchera pas », assure fermement Rachida. En attendant d’atteindre les 2 500 signatures de la pétition, le collectif continue de faire appel aux responsables telles que Samia Ghali, présidente de la RTM. Contactée par La Marseillaise, elle déclare à propos de l’accessibilité des bus : « Je suis pleinement consciente que nous devons encore aller plus loin. Notre objectif est d’agir de manière plus efficace, en priorisant les arrêts les plus fréquentés. »

  • Des navettes franco-italiennes inaugurées dans les Hautes-Alpes

    Des navettes franco-italiennes inaugurées dans les Hautes-Alpes

    « Une date importante dans l’histoire de nos deux communautés » : c’est ainsi que Michel Mouront, président de la Communauté de communes du Guillestrois-Queyras, a qualifié ce lundi 13 juillet, jour de l’inauguration des navettes reliant les vallées du Queyras et du Val Varaita. Les élus des deux territoires se sont donné rendez-vous au col Agnel, à 2 744 mètres d’altitude, là où les minibus franchissent la frontière. Sur la route, l’ascension peut s’avérer impressionnante. Mais, une fois au sommet, le panorama spectaculaire à 360 degrés sur les vallées françaises et italiennes révèle le col non pas comme un obstacle, mais comme un lieu de passage.

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Alcotra, un projet européen de coopération transfrontalière entre les Alpes françaises et italiennes. Du 5 juillet au 30 août, une à deux navettes quotidiennes assureront un aller-retour entre Ville-Vieille, dans le Queyras, et Sampeyre, en Italie, en passant par Molines-en-Queyras, Chianale, Pontechianale et Casteldelfino. Du côté français, les départs sont prévus les mardis, jeudis, vendredis et dimanches à 8h et 13h30, ainsi que le samedi à 9h30. Depuis Sampeyre, les navettes partiront les mercredis, jeudis, vendredis et dimanches à 10h30 et 16h40, et le samedi à 15h40. Le trajet simple coûte 4 euros. « Nous pensons qu’il y aura des voyageurs, des gens qui vont faire les marchés en Italie et des randonneurs, détaille Michel Mouront. Or, on voit très bien que le col Agnel, notamment la descente italienne, est impressionnant et certains hésitent à s’y engager. Notre but est aussi d’apporter une offre touristique supplémentaire. »

    Le projet vise à renforcer l’attractivité touristique du territoire, mais aussi les liens entre les deux vallées. « On y travaille depuis longtemps, on pense que c’est vraiment important, car ça permet de faire passer les gens de chaque côté, de les faire se rencontrer, a souligné Silvano Dovetta, président de l’Union de montagne Val Varaita, en Italie. Il y a la coopération politique et aussi un rapprochement humain, des rencontres, du travail ensemble, des maires qui sont devenus des amis. »

    Un lieu symbolique

    Le budget total de l’opération est de 68 000 euros pour la communauté de communes du Guillestrois-Queyras et 30 000 euros pour le Val Varaita, pris à charge à 80 % par l’Union européenne. « Les habitants de nos différentes vallées vont se rendre compte que les projets européens ont des effets concrets et leur permettent de se déplacer facilement entre vallées », espère Michel Mouron. Pour l’élu, faire de ce lieu un point de concorde revêt aussi une portée symbolique : « Le but est de nous rapprocher et de construire à notre niveau une Europe pacifiée, sereine, où nous nous comprenons. Il ne faut pas oublier qu’ici même dans les Alpes, en 1940, les armées françaises et italiennes se sont affrontées. »

  • Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    En décembre 2022, le Grand Avignon déprogrammait des crédits pour la réalisation de la seconde phase du tramway, qui devait relier Saint-Lazare à l’île Piot. Gelé, le projet estimé alors à 56 millions d’euros, n’a jamais été enterré mais seulement reporté. La mandature précédente sous Joël Guin a préféré d’abord miser sur des parkings-relais avant d’étoffer le réseau d’une nouvelle ligne structurante. Or, depuis près de 4 ans, si aucun coup de pioche n’a eu lieu, les lignes budgétaires ont, elles, bien avancé.

    Une décision d’ici

    à la fin de l’année

    Ainsi, près de 6 millions d’euros au total ont ou vont être dépensés jusqu’en 2027. Et ce selon le tableau récapitulatif des autorisations de programme, qui sera présenté ce lundi soir en conseil communautaire (18h, salle de Montfavet), dense de 52 rapports dont aussi l’augmentation des tarifs de l’eau (lire notre édition du week-end). Trois millions d’euros ont été mis sur la phase 2 du tram en 2023, 440 000 euros l’an dernier et 252 000 euros cette année. Les élus du Grand Avignon doivent voter une nouvelle avance de trésorerie à Tecelys [la décriée SPL en charge du réseau] de 442 000 euros dans le cadre de son mandat de la phase 2 du tramway.

    Contacté, le Grand Avignon parle d’une « délibération purement administrative, l’avance de trésorerie a pour objet d’assurer la cohérence et la compatibilité des études entre elles (chron’hop et tramway) ». L’agglo n’a, en revanche, pas souhaité synthétiser l’ensemble des études. « L’exécutif disposera d’ici la fin de l’année de tous les éléments techniques, financiers, économiques et fonctionnels lui permettant de prendre les décisions éclairées et procéder aux arbitrages nécessaires à la priorisation et à la programmation des projets de transport collectif », nous répond la collectivité.

    Les bureaux d’études n’ont donc pas chômé avec des perspectives de prolongement tournées vers l’hôpital, mais aussi Agroparc, voire même la rue de la République, avec un 8e avenant au contrat signé début mars. Sans qu’aucune décision politique ne soit prise derrière. Rappelons que 6 millions d’euros, cela équivaut à plus d’une année de gratuité pour tous du réseau Orizo, les recettes de billettique rapportant 5 millions d’euros.

    Mais surtout, ces études pourraient bien finir à la poubelle. Car Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président de l’agglo, plaide pour réaliser des bus à haut niveau de service (BHNS) plutôt que développer le tramway. « Le prolonger à Agroparc est un mensonge », disait-il pendant la campagne face au coût prévu de 250 millions d’euros. Début mai devant la presse, il réaffirmait son opposition au tramway. « C’est 30 millions d’euros du kilomètre, contre 3 pour le BHNS, dix fois moins ! », soulignait Olivier Galzi. L’équivalent de deux kilomètres de BHNS auront donc déjà été engloutis en études.

  • À Montpellier, le dossier du Serm finalisé et déposé

    À Montpellier, le dossier du Serm finalisé et déposé

    Une nouvelle étape a été franchie au sujet du Service express régional métropolitain (Serm) de Montpellier avec, ce 22 juin, le dépôt du dossier de demande au ministre des Transports, Philippe Tabarot. Un long travail de plusieurs mois effectué par tout un ensemble de collectivités (Région Occitanie, Département de l’Hérault, Métropole de Montpellier, Agglos de Nîmes, Lunel et Pays de l’Or, communautés de communes du Grand Pic Saint-Loup, de la Vallée de l’Hérault, du Clermontais, du Lodévois et Larzac, Pays Cœur d’Hérault) pour candidater en vue de l’obtention du statut de Serm et créer ce futur RER dans l’Hérault. « Nous avons marqué cette étape importante en montrant la cohésion de notre territoire. Ce dossier sera probablement le premier d’une série pour obtenir le statut. Car il est indispensable d’obtenir ce statut sinon le projet sera enterré », précise Jean-Luc Gibelin, vice-président PCF de la Région Occitanie.

    Cette première mouture prévoit donc un renforcement de l’offre sur l’axe Sète-Montpellier-Nîmes, avec en moyenne 4 trains par heure et par sens à l’horizon 2034. Côté bus, cinq lignes de cars express et 2 de bus-tram avec voies dédiées seront mises en service pour une fréquence de 10 à 15 minutes en heures de pointe et 20 à 30 minutes en heures creuses. L’intermodalité et l’accessibilité des gares seront renforcées grâce au réseau des 44 pôles d’échanges multimodaux (PEM) en train d’être mis en place par la SNCF. Enfin, pas moins de 300 km de réseau cyclable et 130 km d’itinéraires de rabattement autour des PEM viendront finaliser cette nouvelle offre de transport. « C’est une bonne nouvelle pour la transition écologique puisque nous poursuivons la décarbonation des transports avec le ferroviaire et cette nouvelle génération de cars avec des émissions faibles, voire nulles », reprend Jean-Luc Gibelin. Pour rappel, le secteur du transport est responsable en France de 31% des émissions de gaz à effet de serre, dont près de la moitié (16%) est due aux trajets des personnes dans leur voiture individuelle, en particulier les habitants des zones périurbaines.

    Un projet à 1,2 Md d’euros

    Un moyen également de répondre à la pression démographique que connaît la capitale héraultaise. « Chaque année, l’aire urbaine de Montpellier prend entre 10 000 et 12 000 habitants. Voilà plusieurs années que ça dure et cela va encore durer. Il fallait donc répondre à cette augmentation de la population en augmentant l’offre de transport », fait valoir le vice-président. Tout comme sa voisine sétoise, qui attire elle aussi de nouvelles têtes chaque année. Mais le projet du Serm ne s’adresse pas qu’aux grandes villes. Les communes plus rurales sont également visées, comme Lodève, Clermont-l’Hérault ou encore Saint-Mathieu-de-Tréviers. « On va très au-delà de la zone urbaine de Montpellier, les futures lignes de car vont dans la ruralité. Nous sommes bien sur une articulation entre les différentes populations. Quand on va à Lodève, on ne peut pas dire que l’on va dans les zones les plus urbaines de l’Hérault », note Jean-Luc Gibelin.

    Une première ébauche est estimée à 1,2 milliard d’euros, notamment pour l’acquisition du futur matériel à laquelle il convient d’ajouter 37,2 millions d’euros de surcoûts d’exploitation liés à l’augmentation de l’offre. Les études et réalisations à court terme pourront néanmoins être financées via le Contrat de plan État-Région. « Il est légitime que l’État prenne sa part dans ce financement dans ce projet du Serm car je rappelle que ces annonces ont été faites par le Président lui-même », note Jean-Luc Gibelin. En effet, Emmanuel Macron – malgré son amour inconditionnel pour « la bagnole » – avait annoncé le lancement des Serm en 2022. Depuis, pas moins de 26 territoires se sont lancés dans la course.

    La balle est désormais dans le camp du gouvernement qui, après l’étude de la feuille de route et du plan de financement, délivrera le fameux statut.

  • Le Collectif Tramway et Transports en Commun dépose un recours contre l’utilité publique du BHNS

    Le Collectif Tramway et Transports en Commun dépose un recours contre l’utilité publique du BHNS

    Malgré le début des travaux des infrastructures du BHNS, le CTTC ne lâche pas l’affaire. Jeudi, le collectif tenait une nouvelle réunion publique afin de réitérer son opposition au projet et sa ferme volonté de voir se réaliser celui du tramway, définitivement enterré par la Métropole TPM l’an dernier.

    « Le BHNS ne permettra pas de faire évoluer significativement la Métropole, en retard par rapport à toutes les autres de même envergure », justifie Maurice Franceschi, le président du collectif, en comparant Toulon aux autremétropoles. le déficit de transports en commun est mesurable à travers, notamment, la part modale des transports publics (autour de 7% à Toulon, contre 20%ailleurs).

    Un projet en défaut par rapport aux normes

    A contrario l’usage massif de la voiture  est de 65% à Toulon, leplus haut taux des 20 plus grandes agglomérations françaises, que le BHNS ne réduirait que de 0,8% selon le dossier de concertation du projet.

    « Pour convaincre les gens, il faut un gain de temps et de confort par rapport à la voiture », poursuit Maurice Franceschi. Or, « le tracé n’étant que 70% en site propre, le bus va subir les embouteillages ».

    Des arguments qui ont poussé, tel que nous l’annoncions le 12 juin, le CTTC à déposer un recours contre la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet. Et il en est d’autres : augmentation des émissions de gaz à effet de serre, manque de solutions de stationnements relais… Mais aussi la mise en défaut (ou l’absence de preuve contraire) du projet par rapport à plusieurs normes relatives aux aménagements et au respect de l’environnement : plans locaux d’urbanisme, schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux…

    Le coût du projet, estimé à 395 millions d’euros, « sans intégrer les 187 millions engagés pour le tramway depuis 2001, portant le total à 582 millions » fait aussi grincer des dents, dénonce Anne-Marie Reboul, membre du CTTC. Par ailleurs, alors que la Métropole aurait collecté près de 500 M d’euros auprès des entreprises pour financer l’initial projet tramway depuis 2001, le collectif a interpellé la Chambre régionale des comptes pour savoir ce qu’il est advenu des quelque 300 millions restants.

  • À Avignon, les bus à l’arrêt après des fusillades

    À Avignon, les bus à l’arrêt après des fusillades

    Les habitants de Monclar, quartier d’Avignon Ouest, n’ont plus de bus à proximité de chez eux depuis ce vendredi 12 juin. Les chauffeurs du réseau Orizo ont exercé leur droit de retrait à la suite d’une fusillade survenue en fin de journée, ce lundi 8 juin, devant un café. Il s’agissait de la cinquième dans la zone depuis le début de l’année.

    Une réunion « d’urgence » s’est tenue, ce mardi 16 juin, entre la direction d’Orizo, la préfecture, le maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD) et les syndicats. Si le maire a exposé ses arguments pendant une heure avant de devoir quitter les échanges, syndicats et direction ont poursuivi les discussions jusqu’en fin d’après-midi. À l’issue des négociations, une solution semble avoir été trouvée pour rapprocher à nouveau les usagers des transports en commun.

    Ce mercredi 17 juin à partir de 14h, une présence accrue de la police municipale et nationale devrait être mise en place dans le quartier. Deux membres de la Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) vont ensuite constater si celle-ci est suffisante. Si c’est le cas, une déviation du centre du quartier, « comme celle du vendredi pour le marché, dont les gens sont habitués », confie André Saliba, secrétaire FO Orizo, va être mise en place. L’arrêt desservi le plus proche étant alors Verdi, à une centaine de mètres.

    Orizo justifiait avoir mis en place un « itinéraire de déviation » suite « à des situations d’insécurité et à des incidents ne permettant pas d’assurer la desserte dans des conditions normales », en écho aux fusillades de la semaine précédente. « La sécurité de nos voyageurs et de nos conducteurs demeure notre priorité », assurait le transporteur. « Ça me désole. Mais on doit protéger nos collègues. On se lève à 3h pour commencer à 5h et on ne veut pas risquer de se prendre une balle », pose le responsable syndical.

    « Il y a un droit de retrait qui est légitime. Il y a une inquiétude des conducteurs qui est légitime. Et il y a aussi un sentiment des habitants de Monclar que, quand les transports en commun ne passent plus, d’une certaine manière, on acte le fait qu’on les abandonne », appuie de son côté, en sortie de réunion ce mardi midi, le premier édile de la Cité des Papes, qui se réjouit d’un moment où « tout le monde s’est écouté » et dont il espère qu’elle « débouchera sur une amélioration sensible de la proposition de circulation de manière très rapide ». En tant que président du Grand Avignon, « autorité organisatrice des transports », comme il le rappelle, il estime également qu’il y a un « devoir de maintien » des agents.

    Retour des CRS

    Si la reprise un peu plus « normale » des transports en commun est sur les rails, la lutte contre le narcotrafic reste l’une des priorités du maire. Olivier Galzi plaide notamment pour un retour de l’unité de CRS qui était basée à Avignon, déplacée à Bordeaux il y a désormais deux semaines. « À un moment donné, il va falloir qu’à Beauvau et à Matignon, on acte qu’Avignon est une ville effectivement gangrenée par le narcotrafic », plaide-t-il, citant des affaires récentes comme l’interpellation d’un commando lourdement armé venu de la région parisienne, à Morières, il y a quelques jours. « Il n’y a pas de problème avec Bordeaux. Elle est en train de garder le théâtre municipal… Je veux dire, c’est comme si nous, on demandait des CRS pour les mettre sur la place de l’Horloge. Je veux bien qu’on fasse des arbitrages politiques, mais à un moment donné, il y a des réalités de territoire. Et la réalité de notre territoire, c’est qu’on a des quartiers qui sont aux abois et demandent de l’aide. Et ça, ce n’est pas le maire d’Avignon qui va pouvoir le faire », conclut-il, précisant avoir défendu ce dossier à plusieurs reprises auprès du gouvernement.

    À noter que des effectifs supplémentaires ont tout de même été alloués à Avignon.