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  • [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    [Parole de maire] Loïc Gachon (PS, Vitrolles) : « Nous adaptons la ville au siècle qui vient »

    Réélu avec 46,78% des voix en mars dernier à la tête d’une liste d’union de la gauche face à Fabien Bravi (RN), Loïc Gachon (PS) marque son 3e mandat par la proximité et l’adaptation au changement climatique.

    La Marseillaise : Le mouvement lycéen a été d’ampleur. Comment une Ville concourt à leur bien-être ?

    Loïc Gachon : Il est enthousiasmant et respectable que les lycéens se mobilisent pour leur qualité de vie et leur avenir face au même État qui met une pression colossale avec Parcoursup et ne donne pas les moyens de réussir. Que peut faire la ville ? On a l’habitude de s’adresser aux écoles, c’est plus compliqué avec les ados. La cité éducative a créé un partenariat avec les établissements du secondaire qui permette du suivi de parcours, c’est la priorité. On a aussi réussi l’implantation de la Maison des ados à côté du lycée Mendès France, un lieu de premier accueil universel pour n’importe qui ressentirait un problème social, de vie sexuelle, de harcèlement, de santé mentale… Ce premier accueil permet l’orientation par des pros vers des activités ou des spécialistes. La santé mentale étant un vrai enjeu, c’est un outil indispensable pour le lycéen et sa famille.

    Le vote d’extrême droite a progressé aux municipales. Comment creuser l’écart ?

    L.G. : Ce n’est pas ma manière de voir le sujet. Les élections ne sont pas un calcul, on ne gère pas une ville avec le résultat en tête. En revanche, comment on tient compte du résultat ? Des remarques ? Comment on fait évoluer les politiques municipales ? Il y a plusieurs niveaux de réponse. L’extrême droite a fait ses plus gros scores au bord de l’étang de Berre, ces quartiers qui se sentent laissés-pour-compte, isolés géographiquement du reste de la ville, un tissu urbain non anticipé contrairement au reste de la ville, pas d’équipement municipal, un réseau routier chargé… Il faut améliorer la qualité de vie. Ma première décision a été de nommer un adjoint de quartier – il n’y en a qu’un sur la ville – pour mieux le suivre et accompagner la montée en charge des services sur ce secteur. Plus globalement, les gens se sentent oubliés, laissés à côté des priorités. Cela nous a conduits à multiplier par 3 les rencontres de proximité, pour écouter, recenser les colères ou insatisfactions et donner une réponse, structurer les services dans leur réponse de proximité.

    Enfin, d’un point de vue plus macro, je note une grande porosité et une bascule de l’électorat de droite vers le RN. Franck Allisio comme Fabien Bravi incarnent cette volonté de standardisation du RN. Il ne faut pas reculer, affirmer plus clairement nos valeurs, et les amener à se positionner plus clairement. Jeudi en conseil de Métropole, le groupe RN s’est abstenu sur plein de délibérations sans s’expliquer, je n’admets pas ça. On fait de la politique, on n’est pas spectateurs. Pareil en mairie, il faut les amener à se positionner. Le RN est toujours un parti marqué par son histoire raciste et antisémite, favorable aux plus riches, qui vote systématiquement contre les collectivités et les plus fragiles. Ils ont beau mettre un vernis, mais quand on rentre dans les débats on peut les démasquer, cela aidera les gens à se positionner.

    Un collectif propose d’ouvrir la ligne Rognac-Aix aux voyageurs. Qu’en pensez-vous ?

    L.G. : Je crois énormément au ferroviaire, c’est un outil à privilégier pour notre Métropole. L’omnibus est la meilleure formule au vu de la discontinuité urbaine, sur le modèle du RER parisien. Je partage l’intérêt de Rognac-Aix aussi pour la perspective d’un direct Aix-Vitrolles-aéroport par le train, qui a du sens. Notre ville a été conçue comme hub des mobilités en 1970. C’est un territoire de 25 000 emplois dont 20 000 sont occupés par des extérieurs, tandis qu’une dizaine de milliers de Vitrollais vont travailler ailleurs. Il faut encore des progrès, avec à court terme la liaison câblée entre l’aéroport et la gare de Vitrolles, évitant les embouteillages de la D20 ou les parkings. En même temps se fait la liaison Zenibus jusqu’à la halte ferroviaire de Plan de campagne, connectée à la ligne des Alpes. Plus loin, la Métropole envisage d’aménager la D113 en boulevard urbain multimodal avec bus à haut niveau de service (BHNS) dans son plan local de déplacement. Je rêve qu’on puisse se passer du véhicule personnel, sans jamais vouloir l’interdire.

    Quelle est votre stratégie énergétique pour l’avenir ?

    L.G. : Notre horizon est que Vitrolles produise le plus possible l’énergie qu’elle consomme. On s’est lancé dans l’autoconsommation collective, et avons élargi ce principe aux particuliers et entreprises. Concrètement, « Notre énergie Vitrolles », la société porteuse, est en train de devenir un producteur d’électricité auquel on s’abonnera en plus du fournisseur classique. Pour le moment le gain financier n’est pas une priorité. Ça le sera dans l’avenir, car notre énergie est calée en dessous du tarif réglementé et n’évoluera pas au même rythme car découplée du marché. L’enjeu du pouvoir d’achat est plus fort et plus rapide avec notre réseau de chaleur car il a déjà rapporté aux abonnés.

    Nous serons fixés l’année prochaine sur le potentiel géothermie. Le permis de prospection 3D a été signé la semaine dernière pour identifier l’endroit idéal et simuler la température de l’eau. C’est l’étape où on dira stop ou encore. Si l’essai est concluant, un forage d’essai est prévu pour 2029, suivi d’un définitif en 2030 pour nous, Airbus et l’aéroport. Ce serait une énergie totalement décarbonée et renouvelable avec un gain sur la facture de 40% par rapport au tarif – actuel ! – du gaz. Si ce n’est pas concluant, les mécanismes de repli du délégataire Engie garantissent une solution biomasse et échange avec la station d’épuration pour la même performance écologique et tarifaire.

    Pourquoi relier Airbus ?

    L.G. : Car c’est un projet urbain et industriel pour le territoire d’aujourd’hui et sa mutation. Vitrolles restera un lieu de production d’hélicos pour le siècle qui vient et doit rester compatible avec la vie quotidienne des habitants. L’adaptation au changement climatique nécessite la décarbonation, le transport en commun, la production d’énergie, la végétalisation, le confort d’été et d’hiver chez soi… C’est le 2e socle de notre politique après la proximité, qui n’a de sens que si en même temps on adapte la ville au siècle qui vient. Nous sommes vigilants sur les pics de chaleur, à adapter le réseau pluvial avec la Métropole pour ne pas subir d’inondations. On a tous les jours l’occasion de faire l’aller-retour entre l’immédiat et les perspectives à 50 ans, pour lesquelles j’ai la même passion et engagement.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région, le confesse. « Moi la première, on se dit toutes, oui je vais prendre rendez-vous et on laisse traîner alors qu’il ne faut pas négliger ce dépistage ». Ce mardi matin, devant la gare de Jonquières, l’élue traduit un chiffre : seules 57% des femmes en âge cible (50-74 ans) du dépistage du cancer du sein réalisent une mammographie au mieux tous les deux ans.

    Pour améliorer ce taux, qui est pénalisé aussi par les délais de rendez-vous de plusieurs mois, et en ciblant les communes rurales et populations plus vulnérables, un mammobile vient d’être lancé. Soutenu par la Région, l’Agence régionale de santé ou l’assurance maladie, ce bus itinérant permet de réaliser des radios et échographies du sein. Un projet porté par trois centres de cancérologie de la région (Sainte-Catherine à Avignon, IPC à Marseille et Lacassagne à Nice). Après des passages dans les Bouches-du-Rhône mais aussi dans le Mercantour, ce mammobile faisait étape pour la première fois en Vaucluse.

    Un examen pris en charge à 100%

    Sur rendez-vous, 17 femmes ont pu être dépistées. À l’instar d’Isabelle, 57 ans, dont le profil ressemble à celui décrit par Jacqueline Bouyac. « J’avais deux ans de retard pour une mammographie, on reporte en se disant qu’on a pas le temps, c’est ma fille qui travaille à l’IPC qui a pris rendez-vous pour moi », témoigne cette professeure vivant à Camaret. Bien lui en a pris car les résultats de la mammographie ont décelé un kyste, fort heureusement « sans gravité » après une échographie plus poussée. « Il y a un staff complet, c’est très rassurant », approuve Isabelle.

    Si le mammobile est mis en lumière en ce mois d’Octobre rose, le dispositif est voué à s’inscrire dans la durée. Ici, « cela évite de se rendre à Orange ou Carpentras et permet d’aller vers les personnes isolées, de manière intimiste et personnalisée », apprécie Maëva Renaudeau, adjointe au maire de Jonquières en charge de la santé. Mais « le chemin est encore long pour atteindre l’objectif de 80% de taux de dépistage », admet Nadia Bendraya, directrice adjointe de l’ARS Vaucluse. « Les difficultés financières ne doivent pas être un obstacle à la santé », assure Hugo Magnard, sous directeur de la caisse d’assurance maladie 84. Ce dépistage étant couvert à 100% par la CPAM, « sans avance de frais ».

    Octobre rose à l’hôpital d’Avignon

    Dans le cadre d’Octobre rose, l’hôpital d’Avignon organise, ce mercredi 14, une journée d’information, de prévention et d’accompagnement gratuite et ouverte à tous à partir de 10h. Le public et les professionnels pourront rencontrer les équipes de l’hôpital ainsi que des partenaires engagés dans l’accompagnement des personnes touchées par la maladie. Plusieurs stands seront proposés : stand d’autopalpation sur mannequin, conseils nutritionnels adaptés, ateliers autour des soins de support… Concert (10h-11h) et exposition photos sont aussi au programme.

  • [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    J’ai appris avec colère l’annonce par le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son intention de mettre fin à la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une décision aussi brutale qu’incompréhensible, sur la forme comme sur le fond.

    Sur la forme d’abord, il est inacceptable que le maire d’Aubagne et les onze autres maires concernés découvrent par voie de presse une décision qui touche directement leurs communes et leurs habitants. Ce mépris du dialogue avec les élus locaux n’est pas acceptable.

    Sur le fond, prétendre réaliser des économies dès 2026 en supprimant la gratuité relève de l’absurde. Installer un système de billetterie, équiper les bus et les tramways, organiser les contrôles et mobiliser les personnels nécessaires aura nécessairement un coût et ne se fera pas en quelques semaines. Cette décision, présentée comme une économie, risque donc de commencer par coûter de l’argent aux habitants et à la collectivité.

    Surtout, elle constitue une attaque contre un acquis social qui a fait ses preuves depuis près de vingt ans dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Et elle intervient au pire moment : celui d’une flambée du prix des carburants et d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint.

    Quand prendre sa voiture coûte toujours plus cher, supprimer la gratuité des transports est une double peine infligée aux habitants.

    Au regard de la précipitation qui entoure cette annonce et de l’absence d’économie réalisable sur l’exercice 2026, il est urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés. Une décision aux conséquences aussi importantes pour le quotidien de milliers d’habitants ne peut être imposée dans l’urgence et sans dialogue.

    Je resterai pleinement engagé aux côtés des douze maires concernés, des usagers et des associations qui défendent la gratuité pour faire échec, dans les jours et les semaines à venir, à ce projet profondément injuste.

  • Le transport à la demande discuté avec des élus voisins

    Le transport à la demande discuté avec des élus voisins

    Le président de la communauté de communes Sud Luberon (Vaucluse) et cinq de ses vice-présidents se sont rendus lundi à Forcalquier pour découvrir le service de transport à la demande qui y est mis en place depuis le mois de février, à titre expérimental. Pensé pour les réalités d’un territoire rural, ce service contribue à préserver l’autonomie des personnes âgées ou à mobilité réduite et à lutter contre leur isolement. Il permet aux habitants concernés de rejoindre plus facilement les lieux de soins, les commerces et les services. En six mois, 150 personnes se sont inscrites et 611 réservations ont été effectuées, dont 454 pour des rendez-vous médicaux.

    Accueillie par David Gehant, président (DVD) de la communauté de communes Pays de Forcalquier Montagne de Lure, la délégation d’élus et de techniciens du Vaucluse a échangé sur le fonctionnement du service et les besoins auxquels il répond. Elle a ensuite emprunté le véhicule jusqu’au centre de soins Paul Nalin, que les élus ont également visité.

    Le service prend les usagers en charge à leur domicile et les conduit vers six points d’arrêt situés à Forcalquier et à Saint-Étienne-les-Orgues. Le tarif est de deux euros par trajet, quelle que soit la distance parcourue.

    Cette rencontre a permis de partager les premiers enseignements de l’expérimentation avec les élus de la communauté de communes vauclusienne, ainsi que les pistes étudiées pour faire évoluer le service.

    L’inscription et les réservations s’effectuent par téléphone
    au 04.72.93.36.18.

  • Premier week-end de festivités à la Foire internationale

    Premier week-end de festivités à la Foire internationale

    Un peu après 11h ce vendredi, Samia Ghali, adjointe au maire de Marseille (DVG), à couper le ruban tricolore de la Foire, en l’absence du maire Benoît Payan, en déplacement à Paris pour la visite du Pape. Accompagnée de nombreux élus de la Ville , l’adjointe au maire a enchaîné avec une visite guidée des rendez-vous incontournables de la Foire.

    Elle s’est notamment arrêtée au stand de la RTM, en tant que présidente de l’institution. L’occasion pour elle et son équipe de mettre en avant la nouvelle génération de bus électriques. Des bus articulés « plus grands que les bus classiques », « super bien climatisés », et « équipés de sièges anti-puces et anti-tiques », complète-t-elle. Ces derniers sont censés remplacer la flotte actuelle d’ici 2030.

    Pendant sa visite, l’élue s’est également fait interpeller par des passants à plusieurs reprises. Les Marseillais ont pu lui exprimer leur inquiétude vis-à-vis de la situation des transports en commun. La présidente de la RTM s’est voulue rassurante.

    « Je suis toujours venue à la Foire, c’est un moment de convivialité, que ce soit en famille ou entre amis, c’est la sortie à faire », lance Samia Ghali à la fin de sa visite. « La Méditerranée représente Marseille, c’est la capitale de la Méditerranée », répond-elle après avoir été questionnée sur la place de la mer dans cette édition de la Foire.

    Dernière sortie

    avant les sénatoriales

    Aux alentours de 16h, c’était au tour de Renaud Muselier, président (Ren.) de la région, de faire sa visite et d’inaugurer l’espace dédié à la région, pour sa dernière sortie avant les élections sénatoriales. Après avoir vanté le « moment de joie, de festivité et de bonne humeur » que constitue la Foire, son discours s’est rapidement transformé en un bilan de son mandat à la tête de la région. Il a largement salué et félicité le travail de toutes ses équipes, et s’est dit « très fier » d’eux. Le président a poursuivi en évoquant sa candidature aux élections sénatoriales : « Il est important d’avoir une majorité forte au Sénat, on ne sait pas ce qu’il va se passer en 2027 », a-t-il clamé pendant son discours, affirmant qu’il « part au Sénat pour défendre cette liberté qui nous est chère ». Pour autant, il a assuré en clôture de son discours, qu’il « ne quitte pas la région ».

    Son intervention s’est conclue avec de chaleureux applaudissements du public, composé d’une grande partie de ses équipes qui avaient fait le déplacement pour l’occasion.

    Le programme des animations

    La Foire accueille de nombreux événements au long du week-end. Dans la journée de samedi, une compétition de Scrabble ainsi qu’une représentation de la comédie musicale Mamma Mia auront lieu. Dimanche après-midi, un casting pour l’émission The Voice est au programme. Enfin, le palais des jeux seront, quant à eux, accessibles sur la Foire tout au long du week-end.

    S.V.

    Informations et programme : foiredemarseille.com

  • Un tramway jusqu’à l’aéroport sans doute mais, pas jusqu’à la mer

    Un tramway jusqu’à l’aéroport sans doute mais, pas jusqu’à la mer

    Historique. » Lundi 14 septembre, au moment de signer avec ses homologues de la Ville de Mauguio-Carnon (Pierre-Martin Chazot, DVD) et de l’Agglo du Pays de l’Or (Stéphan Rossignol, LR), le protocole d’intention en vue de relier en transports en commun l’aéroport* de Fréjorgues à la Métropole de Montpellier, le mot est lâché par le président Michaël Delafosse (PS). Et il n’est pas galvaudé. Qui se souvient des guerres politiciennes du temps de Georges Frêche sait que les relations entre ces deux territoires voisins ont toujours été fraîches pour ne pas dire glaciales.

    Mais entre la Métropole et l’Agglo aux couleurs politiques opposées, les eaux se réchauffent depuis l’arrivée de M. Delafosse en 2020. « Nous avons un dialogue apaisé. Nous dépassons nos différences pour montrer aux citoyens que nous faisons face. Nous ne sommes plus deux territoires face à face mais côte à côte dans l’intérêt général », positive Stéphan Rossignol, président de l’Agglo du Pays de l’Or. « Respect, dialogue, compréhension. Avec Mauguio nos échanges sont excellents », confirme M. Delafosse.

    L’engagement ne sort pas de nulle part. Dans le cadre du projet de Service express régional métropolitain (Serm) piloté par l’État, la desserte de l’aéroport était intégrée depuis juin dernier avec l’approbation de la Région Occitanie. Le protocole d’intention est une étape de plus dans le marathon administratif qui s’ouvre : études préalables, environnementales, enquête publique…

    « Calendrier raisonnable »

    « L’État nous demande de mettre toutes les options sur la table… », insiste M. Delafosse. Pas de calendrier précis, mais un « délai raisonnable » que S. Rossignol fixe idéalement avant la fin du mandat municipal (2032 ou 2033). « Mais les études réservent parfois des surprises, il faut tenir compte des aléas. »

    Si un prolongement de la ligne 1 de tramway depuis la gare TGV Sud de France ou même des liaisons en bus seront nécessairement étudiés, le scénario qui tient la corde est celui d’une extension vers l’aéroport de la ligne 3 du tramway depuis le terminus à Pérols, nouveau lieu de dépôt de la TaM. Un chantier que M. Delafosse évalue à 70 millions d’euros. Reste à connaître la clé de financement. Pour cela, le soutien de l’État semble indispensable.

    Pour l’élu PS, relier l’aéroport aux gares est une évidence autant pour les voyageurs (contraints aux navettes ou aux taxis) que pour l’essor de la zone économique adjacente au tarmac. Le président du directoire de l’aéroport y voit lui aussi une opportunité de développer la plateforme qui vise à terme 2,5 millions de passagers annuels contre 1,8 aujourd’hui. « C’est une merveilleuse nouvelle, on va finir par devenir l’aéroport de l’Est de l’Occitanie », se félicite Emmanuel Brehmer quand bien même les parkings sont une source de revenus non négligeable pour l’aéroport. « Le but est de réduire le trafic de voitures, pas de l’éliminer. Les taxis vont continuer à travailler », désamorce M. Delafosse.

    Les acteurs du monde politico-économique sont donc unanimes. En revanche, ceux qui espéraient la fin de l’ineptie qui voit les rails du tramway s’arrêter à 1km de la mer, seront déçus. « Ni Carnon ni Palavas ni La Grande-Motte ne sont candidats pour accueillir le tramway jusqu’à la plage. C’est un engagement de campagne, il n’y a pas d’ambiguïté », coupe court Pierre-Martin Chazot (DVD). S. Rossignol (LR) abonde. « C’est un sujet clos. On a un dispositif de transports [des navettes en bus] à améliorer pour l’accès à la mer ». Officiellement, le coût de cette opération via le tramway (150 millions d’euros) est jugé « inenvisageable ». En réalité, ce sont les populations des quartiers populaires qui continuent d’effrayer les maires de droite du littoral.

    * Situé sur la commune
    de Mauguio-Carnon.

    « Pas candidat pour accueillir le tram jusqu’à la plage »

  • Des vélos et des trottinettes sont en libre-service à Gap

    Des vélos et des trottinettes sont en libre-service à Gap

    Reconnaissables de loin à leur couleur bleu ciel et leur panier accroché au guidon, les nouveaux vélos à assistance électrique promis par la municipalité sont arrivés fin août dans les rues gapençaises. L’objectif : offrir aux habitants « une alternative à la voiture pour les déplacements en ville ».

    Les trottinettes électriques font quant à elles leur grand retour. Déployées dans un premier temps il y a quatre ans au centre-ville par l’entreprise Bird, elles avaient ensuite disparu de la circulation en 2025, suite à la fin du contrat. Bird revendiquait 943 utilisateurs réguliers et 178 trajets par jour, en moyenne, en 2024.

    Sécurité avant tout

    Souhaitant poursuivre sur cette lancée, la Ville avait lancé, en mai dernier, un appel à manifestation d’intérêt, remporté par la société ZYP. 120 trottinettes (150 en été) et 50 vélos sont disponibles sur cinquante emplacements, situés aussi bien au centre-ville qu’en périphérie. Les trottinettes sont utilisables uniquement de mi-mars à mi-novembre et les vélos toute l’année.

    « Nous tenons à ce que ces modes de transport de micro-mobilité s’intègrent au mieux aux autres moyens de déplacement, tout en veillant particulièrement à la sécurité des piétons », a communiqué la Ville de Gap. Elle rappelle que des limitations de vitesse sont imposées par l’application en fonction des lieux où circule le véhicule : 25 km/h maximum de manière générale, 6 km/h maximum en centre-ville, et arrêt du véhicule s’il se trouve hors de la ville. Géolocalisé, il adaptera automatiquement sa vitesse. Certaines zones de Gap sont même interdites d’accès.

    Pour limiter les inquiétudes liées à la sécurité, plusieurs consignes ont été données : « Interdiction de circuler sur les trottoirs, de tenir un téléphone en main, de porter des écouteurs et d’être à plusieurs sur la trottinette ou le vélo ». Les mineurs n’ont par ailleurs pas le droit d’utiliser le service. Le port du casque n’est pas obligatoire, mais vivement recommandé.

    Ces nouveaux moyens de transport viennent compléter l’offre de bus gérée par la Communauté d’agglomération Gap Tallard Durance. Ces cars sont gratuits, mais les vélos et trottinettes ne le sont pas. Sans l’abonnement, il faut débourser 25 centimes pour une minute de trajet à vélo et 20 centimes en trottinette. Sans compter les frais de réservation et de déverrouillage qui s’élèvent à 1,90 euro pour un vélo et 1,60 euro pour une trottinette. Il est également nécessaire de disposer d’un smartphone, car le paiement et la réservation se font uniquement via l’application ZYP.

    Si les vélos se développent à Gap, encore faut-il que la ville soit adaptée. En 2025, le baromètre vélo, une étude nationale de la Fédération française des usagers de la bicyclette, pilotée à Gap en partie par l’association locale Mobil’idées, attribuait à la commune la note globale de 2,86 sur 6. L’étude qualifie Gap de ville « plutôt défavorable » à la pratique du vélo, sur des critères de confort, de sécurité ou encore de facilité de stationnement. Reste à voir si la mise en place de ces vélos fera augmenter la note pour la prochaine édition du baromètre.

    Agathe Di Lenardo

  • Un funiculaire pour la zone des Estroublans à Vitrolles

    Un funiculaire pour la zone des Estroublans à Vitrolles

    Et si les difficultés de circulation entre la gare TER Vitrolles Aéroport Marseille Provence (VAMP) et le plateau des Estroublans appartenaient désormais au passé en cette rentrée ? Depuis le 31 août, cela pourrait bien être le cas. Un ascenseur baptisé L’incliné, comportant deux cabines d’une capacité de 20 personnes chacune, permet désormais de franchir un dénivelé de 35 mètres en moins d’une minute. Il fonctionne 7 jours sur 7, de 5h30 à 22h30. Pour l’emprunter, il vous en coûtera le prix d’un ticket RTM.

    Pour les phobiques du vide peu séduits par les cabines vitrées, un double escalier en deux volets ainsi que des cheminements doux pour les piétons permettent également d’accéder au plateau et complètent l’offre de la Métropole. Une alternative gratuite, mais assurément plus longue.

    Confié à un groupement d’entreprises spécialisées par la SPLA Pays d’Aix Territoires, cet équipement entièrement automatisé a coûté 8,8 millions d’euros HT. Pensé comme un nœud de connexion d’envergure pour inciter les salariés à délaisser la voiture individuelle, le nouveau PEM Cap Horizon est exploité au quotidien par l’opérateur Transdev et la Métropole. Le site regroupe des équipements modernes et connectés avec une gare routière dotée de huit quais accueillant les bus à haut niveau de service (BHNS) vers Plan-de-Campagne et Marignane, ainsi que les cars interurbains à destination d’Aix-en-Provence.

    Le parking attenant propose 430 places sur trois niveaux avec 13 bornes de recharge pour véhicules électriques. L’aménagement Cap Horizon représente 80 hectares au Sud de Vitrolles. Il vise à moderniser la zone des Estroublans, où travaillent actuellement 31 000 salariés. Cet automne, une voie verte de 400 mètres sécurisera l’accès vers le site d’Airbus Helicopters.

  • Avignon : déviée après des fusillades, la lignede bus C2 rétablie

    Avignon : déviée après des fusillades, la lignede bus C2 rétablie

    Depuis le mois de juin, et après des fusillades successives dans le quartier, les lignes de bus C2 et C10 avaient été déviées pour assurer la sécurité des passagers et des personnels. Après un retour progressif à la normale, la ligne C2 retrouve son itinéraire habituel via l’avenue Monclar dès le lundi 24 août. Les arrêts Monclar, Verdi, Quiot, Scheppler et Fabrica seront de nouveau desservis. Toutefois, l’itinéraire via les arrêts La Fabrica, Levant et Eglantines est maintenu le vendredi toute la journée et tous les jours à partir de 18 heures, précise Orizo.

  • [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    Stationné sur l’un des quais du pôle d’échange multimodal de Martigues, le bus de la ligne 30 est déjà quasiment plein. Une trentaine d’arrêts et 44 minutes plus tard – c’est précisément ce qu’affiche l’écran au centre du véhicule – il arrivera au port de Carro après avoir desservi la plage prisée de la Couronne, ainsi que les hameaux de Saint-Pierre-les-Martigues et de Sainte-Croix.

    L’itinéraire côtier a tout pour être l’un des plus empruntés du secteur pour la RTM. Assis à l’avant du bus, le chauffeur Christophe confie : « Le samedi, c’est tellement plein qu’il faut un bus en renfort ». Une ligne détrône tout de même la 30 : c’est la 22, qui relie la commune de Port-de-Bouc à Martigues, du quartier des Aigues-Douces jusqu’au Parc de Figuerolles.

    C’est ce bus qu’ont d’abord emprunté Yanis et ses deux amis pour se rendre à la mer. Les lycéens prévoient de louer un pédalo pour l’après-midi, histoire de profiter des vacances même s’ils ne partent pas. Mais avant d’y arriver, il leur aura fallu près de deux heures. « Faut être patient, glisse l’un d’eux. On est juste à côté, mais on met mille ans. » Son téléphone sonne. À l’autre bout du fil, un quatrième copain qui a raté le bus. « Prends un Uber, ça ira plus vite », lui conseille le jeune Port-de-Boucain.

    Des chantiers sont prévus afin d’améliorer la mobilité des habitants de la commune ouvrière de 17 000 habitants. En août 2025, la Métropole a annoncé mener un projet de transformation de la ligne 22 en Bus à haut niveau de service (BHNS). La promesse faite est de « permettre la desserte de quatre quartiers politique de la Ville » avec « un accès à moins de 500 mètres à pied pour près de 70% des habitants de ces quartiers ». Le bus, qui fera un trajet de 13 km en passant par l’hôpital public de Martigues, les lycées et les collèges ainsi que le parc de Figuerolles, doit entrer en service en 2027. Les études de faisabilité sont en cours.

    Témoin de l’évolution du paysage… et des pratiques

    En attendant, les Port-de-Boucains s’en tiennent donc à la 22, puis la 30 pour profiter des plages de la Côte Bleue. Quelques minutes après le départ du second bus, la ville s’éloigne déjà et laisse place à la garrigue. Les pins et les herbes sèches défilent aux fenêtres. Les passagers ont quitté l’écran de leur téléphone des yeux pour profiter du spectacle. Un seul bémol : la clim qui fonctionne par intermittence. Prospectus, carnet, casquette… Les objets du quotidien se transforment en éventail. Sur les hauteurs de la colline de Saint-Julien, les passagers peuvent à la fois apercevoir l’étang de Berre et la Méditerranée. La petite mer, et la grande mer.

    En ralentissant à l’arrêt La Saulce pour laisser sortir une mère et sa fille parties faire leurs courses en ville, Christophe se remémore : « Quand ça a brûlé, en 2020, on était aux premières loges. On a vu les stigmates de l’incendie pendant longtemps. Tout était noir. Mais depuis, ça a bien repoussé. La nature est bien faite, il faut lui faire confiance ! » De sa cabine, le chauffeur est le témoin quotidien de l’évolution du paysage. Et ça lui plaît.

    Avant, le quinquagénaire était routier. Il sillonnait la France à bord de son poids lourd. Mais le contact humain lui manquait, alors il s’est reconverti dans les transports en commun. « La journée passe souvent très vite, on voit pas filer le temps. Même si parfois, en fonction des gens qui montent, la journée peut aussi être très longue. C’est beaucoup de social, de pédagogie. Parfois, on est le seul lien des personnes avec le monde extérieur. »

    Dans la quinzaine de lignes qu’il se partage avec ses collègues de la RTM, Christophe constate que les usagers sont de plus en plus nombreux. « Les gens n’ont plus les moyens de s’acheter et d’entretenir une voiture. L’assurance et l’essence coûtent tellement cher aujourd’hui… On voit bien la précarité qui augmente. »