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  • [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de cette visite de 48 heures à Bruxelles ?

    Renaud Muselier : J’y vais pour rencontrer les commissaires européens, l’ambassadeur représentant la France, présenter mon dossier, son évolution. Là, je leur ai remis le tome 11 du recueil de projets soutenus en novembre, c’est 500 millions investis dans la région sur différents dossiers, comme la communauté du Guillestrois, la gestion intégrale des risques incendie dans les baronnies provençales… J’ai rencontré la présidente du Parlement, Mme Metsola, et je me suis exprimé en ouverture du comité européen des régions sur les coopérations territoriales, avant de m’entretenir avec M. Fitto, vice-président chargé de la politique de cohésion, du développement régional, des Villes.

    Notamment sur la renationalisation des fonds européens ?

    R. M. : L’enjeu est simple : est-ce que ces fonds sont recentralisés par les États membres ou est-ce qu’ils restent organisés en proximité et en territorialité ? L’association des Régions de France, que je copréside, plaide pour laisser aux Régions leur capacité d’action. Nous sommes très inquiets, nous ne voulons pas que l’état français récupère ces fonds et les engloutisse dans le budget national sans les reventiler comme nous savons le faire. Les Régions espagnoles et allemandes sont sur la même ligne, mais d’autres pays en mauvaise santé aimeraient les récupérer au profit de l’État central. C’est un lobbying important pour rappeler que la politique de cohésion est absolument indispensable.

    Ce n’est pas l’orientation prise sur le prochain plan quinquennal ?

    R. M. : Oui, surtout qu’aujourd’hui, compte tenu de ses difficultés de gouvernance, la position de la France n’est pas claire. Il faut qu’elle le devienne dans le premier trimestre 2026 pour peser. Pour notre région, qui est la première de France et la 10e région d’Europe en termes de captation de fonds, on parle de 10 milliards.

    D’autres sujets sont évoqués ?

    R. M.: Il y a tout le volet stratégie militaire, avec en la matière tout ce qui est déplacements civil et militaire sur la vallée du Rhône : entre Istres et Salon, le ferroviaire jusqu’au port de Marseille pour les marchandises et de Toulon pour les militaires. C’est co-finançable à 100% par sa commission (transports et tourisme), selon M. Tzitzikostas (commissaire européen), dans le cadre de stratégies d’aménagements de déplacements mixtes. Il y a un intérêt majeur à avoir un portage stratégie par stratégie, dossier par dossier : la sécurité, les transports, l’aménagement des territoires, Erasmus sport, les clubs amateurs, les bénévoles…

    Avez-vous un exemple concret ?

    R. M. : Un exemple qui nous concerne directement. Avec le travail que nous avons fait au Costa Rica, qui organise une scannérisation de la totalité des conteneurs portuaires, nous avons demandé avec les douanes, dans le cadre du contrat de plan, un scanner éligible aux Fonds européens à hauteur de 60%. C’est concret dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic en amont de l’entrée des marchandises suspectes.

    Ça se discute comment ?

    R. M. : On est une région très représentée à Bruxelles et plus de 140 personnes à Marseille transforment des dossiers techniques pour les rendre éligibles. Après, c’est une validation politique avec des interlocuteurs qui savent que je défends l’Europe et me connaissent comme le loup blanc. Je fais ce travail de présentation d’évolution des dossiers tous les 4 à 6 mois. M. Tzitzikostas m’a par exemple donné des pistes sur la ligne nouvelle parce que les Italiens font la même chose de leur côté. Donc, les gares sont éligibles comme ce qu’on appelle le « RTMS », le volet technique… Là, il y a 90 millions d’euros pour nous.

    Les JO sont-ils facilitateurs à l’échelle européenne aussi ?

    R. M. : Dans le cadre de l’accélération de la validation des décisions. Comme pour le contournement Fos-Martigues, la zone industrielle de Fos… Ces fonds européens représentent 20 à 40% des investissements. C’est d’autant plus facile que je suis dans le contrat de plan, que ça a été validé grâce aux Jeux, que j’ai été intégré dans le budget qui, j’espère, sera voté. Tout est prêt, ensuite, il faut faire le lobbying nécessaire pour que la signature arrive en bas de la feuille.

    Vous les avez eues ?

    R. M. : En tout cas, ils m’ont dit qu’ils le faisaient. Donc, je pars plutôt content de mes rendez-vous. Très content.

  • L’OM se rapproche du but

    L’OM se rapproche du but

    Au terme d’un match à rebondissements, l’OM assure l’essentiel.

    Pour leur troisième match à « domicile », dans le stade du grand rival Anderlecht, les Apaches de Saint-Gilles pensaient enfin vaincre le signe indien. Avant que l’OM ne retrouve les Bruxellois, 63 ans après celle qui fut la seule de leur histoire en Coupe des Villes de foires, ces derniers avaient été sévèrement punis par Newcastle et l’Inter. Avec à la clé deux défaites sur le score de 4-0.

    Alors, quand après moins de cinq minutes de jeu, Anan Khalaïli trompait Gerónimo Rulli, devenant le premier buteur de son équipe en Ligue des Champions à la maison, le Parc Astrid s’est soulevé comme un seul homme. Éteignant, pour quelques minutes, les voix des supporters olympiens. Des voix qui repartaient de plus belle après qu’Igor Paixão ait exploité une erreur de la défense locale pour remettre l’OM à flot.

    Les deux équipes jouaient leur avenir. Mais chacune, à sa manière, essayait de montrer ses qualités, pour prouver qu’elle méritait d’aller chercher une place en barrage. Ce qui donnait une rencontre agréable à suivre, avec un ballon qui allait rapidement d’une surface à l’autre.

    Au fil des minutes, l’OM devait prendre l’ascendant. À l’image de Mason Greenwood, de plus en plus entreprenant dans son positionnement plus haut, qui finissait par trouver l’ouverture, quelques minutes avant le repos.

    L’Anglais qui allait ensuite assommer les Unionistes, d’un but digne de Didier Drogba. L’OM avait fait le break, juste avant l’heure de jeu. Il restait aux Olympiens à gérer un avantage finalement mérité, à la vue de leur belle réaction après avoir été surpris par l’entame dynamique de l’Union. Une Union qui terminait tout aussi fort. Réduisant le score par l’inévitable Anan Khalaïli. Et qui pensait égaliser par Kevin Mac Allister puis par Promise David.

    Mais ces deux buts étaient finalement annulés par l’assistance vidéo, évitant aux Phocéens de vivre une grosse désillusion et de se rapprocher des barrages.

    RESULTATS

    St-Gilles 2 (1)

    OM 3 (2)

    6e journée

    Parc Astrid (19 000 spectateurs)

    Arbitre : J. Pinheiro (POR).

    Buts : Khalaïli (5, 72) pour St-Gilles, Paixão (13), Greenwood (41, 58) pour l’OM.

    Avertissements : Burgess (59), Zorgane (68), Niang (80), David (90) à St-Gilles, Weah (26) à l’OM.

    RUSG : Scherpen – Mac Allister, Burgess ( c ), Leysen – Khalaïli, Zorgane, van de Perre (Rasmussen, 82), Niang (Sykes, 90+3) – Schoofs (Boufal, 64) – Florucz (David, 64) , Rodriguez (Giger, 82).

    Entraîneur : D. Hubert.

    OM : Rulli – Murillo, Aguerd, Emerson – Weah (Balerdi, 46), Vermeeren, Höjbjerg ( c ), Paixão – O’Riley (Nadir, 69) – Greenwood (Vaz, 88), Aubameyang (Kondognia, 88).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    Un kop vide

    Pour disputer ses matches de Ligue des Champions, l’US Saint-Gilloise s’est délocalisée au Parc Astrid.

    Mais le club de Forest n’utilise pas la totalité des installations d’Anderlecht. Notamment le kop, qui reste vide les soirs de compétitions.

    Les supporters de la RUSG préférant s’installer dans une tribune latérale, où ils se sentent plus à l’aise que dans l’antre des Mauves.

  • Ligue des champions : les supporters de l’OM sont dans la place en Belgique

    Ligue des champions : les supporters de l’OM sont dans la place en Belgique

    Il est 11 heures, place du Jeu-de-Balle. Une personne, maillot floqué au nom de Balerdi, se réfugie chez «Le Marseillais». De loin, il a repéré une patrouille de police, descendant la rue Blaes. « Ouf, c’était moins une ! » Hervé a échappé à ce qui aurait pu le conduire en garde à vue, pour non-respect des règles vestimentaires édictées par le bourgmestre de Saint-Gilles.

    « C’est stupide, cette décision. Je ne comprends pas notre bourgmestre. Il n’a rien compris aux liens d’amitié entre notre club et Marseille. » Maillot de l’US Saint-Gilloise sur le dos, Emeline est une amie de Hervé, figure de la pétanque dans son fief de Lunel-Vieil et supporter de longue date. « Nous vivons une passion commune pour le football, l’OM et Saint-Gilles », commente ce dernier.

    Ils ne sont pas les seuls à défier la loi. Au «Marseillais du jeu de balle», devenu le quartier général des supporters sans billet, ils trouvent un endroit pour patienter. Faire connaissance et regarder le match sur écran géant en soirée. Anthony et ses potes sont de Uchaud. Ils croisent Hamed. « Je viens du Portugal et je cherche un billet », bredouille-t-il. Quand il apprend qu’il lui faudra retourner en France, vers Lille, pour trouver son sésame, il se résigne. «Tant pis, je regarderai le match ici. »

    Même décision pour ce groupe de la Vieille Garde. « Nous avons tenté le coup. Mais, il est impossible d’avoir des billets. Nous aurons droit à l’ambiance dans les bars », soupire Gilles.

  • Cédric, un cœur marseillais qui bat au pays des Marolles

    Cédric, un cœur marseillais qui bat au pays des Marolles

    Place du Jeu de Balle, son bar est un véritable rayon de soleil.

    Au cœur des Marolles, dernier quartier populaire de Bruxelles, Cédric Uttwiller et son associé ont su fédérer la passion du football pour deux clubs, L’OM, et l’Union Saint-Gilloise. « Depuis que nous sommes là, c’était un doux rêve que nos deux clubs se retrouvent en coupe d’Europe », explique-t-il.

    La nouvelle formule de la Ligue des Champions a permis que ce rêve s’exauce. « Dès le tirage, ça a été la folie ici. Les habitués sont venus se renseigner sur les billets, réserver leur écharpe souvenir. Et les plus anciens ont ramené leurs souvenirs. » Car ce mardi, ce ne sera pas la première fois que Marseillais et Saint-Gillois seront opposés.

    « C’était en 1961. À cette époque, l’Union, c’était le club belge. Et l’OM n’avait pas fait le poids », rappelle Cédric. Aujourd’hui, « Saint-Gilles, c’est le club des copains qui aiment le vieux foot belge ».

    Pour ces retrouvailles, il ne sera pas au stade ce soir. « C’était trop compliqué pour les places. Et pour les supporters de l’USG, c’est un petit dilemme. Car ironie du sort, un des fondateurs du groupe, c’est Antonin, qui est Marseillais. »

    En effet, les trois-quart des membres de son club de supporters belges, les Union Bhoys, sont aussi supporters de l’OM. Certains vont régulièrement au Vélodrome. Son bar, au nom prédestiné (Le Marseillais du jeu de balle), sera une annexe du Parc Astrid, où l’USG a dû se délocaliser car son stade n’est pas aux normes européennes. « La plupart des habitués seront avec nous, pour vivre le match autour d’un bon pastis [il en a jusqu’à 90 à sa carte, Ndlr] et je mise sur une victoire de l’OM », confie Cédric.

    Il espère « que nous allons enfin voir l’OM de nos rêves. Un OM qui sait se faire respecter et pas celui de Madrid ».

  • L’OM a l’occasion de se dégager la voie

    L’OM a l’occasion de se dégager la voie

    Quel sera le visage de l’OM, ce soir sur la pelouse du Parc Astrid ?

    Verra-t-on le collectif flamboyant qui a humilié Nice ? Ou ce groupe brouillon, incapable d’assurer trois passes lors de la défaite lilloise ? « Il ne faut jamais nous satisfaire de ce que nous réalisons. Surtout quand c’est une victoire à la clé ! » Dans sa prise de parole, en conférence de presse, Roberto De Zerbi avait visiblement toujours en travers de la gorge la défaite de vendredi.

    Toutefois, il continue de croire en ses hommes. Insiste sur le besoin de « puiser dans nos ressources mentales car c’est la force mentale qui nous apportera plus de constance dans les résultats, et non le physique ». Arthur Vermeeren est d’accord avec son entraîneur à propos de la sortie au stade Pierre-Mauroy : « Une prestation comme celle face à Lille ne doit pas se reproduire. Il faut atteindre un niveau supérieur si nous voulons aller de l’avant. »

    La Ligue des Champions peut-elle être la cure mentale qui remettra l’OM sur le chemin du succès ? « Nous connaissons l’importance de ce rendez-vous », insiste Roberto De Zerbi. Encore plus après avoir perdu du terrain en Ligue 1, se rassurer sur la scène européenne est plus qu’un placebo. Et confirmer par une victoire en déplacement la belle démonstration contre Newcastle montrerait que son équipe a toujours un rôle à jouer.

    Saint-Gilles et l’OM possèdent le même nombre de points, six. Mais à la différence des Belges, l’OM a gagné ses deux matches à la maison, quand les Bruxellois ont fait chou blanc au Parc Astrid. Est-ce un signe que les Marseillais peuvent venir prendre les trois points, qui les placeraient sur la voie royale pour accrocher les barrages ?

    Roberto De Zerbi reste prudent. Il sait que sans Amine Gouiri, ni Hamed Traoré, « j’ai des choix limités en attaque et ce n’est pas possible de tout bien faire en ce moment », soupire-t-il.

    Des supporters encadrés

    Les supporters marseillais qui souhaitent suivre le match devront impérativement passer par le poste frontière Hensie. Détails : www.lamarseillaise.fr

    Saint-Gilles ne sera pas spectateur de la soirée

    Avec six points, l’Union Saint-Gilloise n’en a pas encore pris au Parc Astrid, qui n’est pas son stade habituel.

    « C’est sans doute un facteur qui explique nos difficultés à domicile. Car, même s’il y a plus de monde dans le stade, mes joueurs n’y ont pas leurs repères et ne se sentent pas forcément à la maison, notamment dans le vestiaire », admet David Hubert.

    Néanmoins, l’entraîneur espère que ses « Apaches » vont enfin se libérer. « La victoire à Galatasaray doit être confirmée et ce match contre Marseille, c’est l’occasion de nous montrer à ce niveau. » Pour lui, « le moment est venu d’apporter l’énergie qui nous fera réussir ce qui n’a pas encore été effectué jusque-là », poursuit-il.

    David Hubert lance à ce sujet un avertissement aux Olympiens. « Nous ne serons pas là en spectateurs, ni pour servir de sparring-partner à nos adversaires. Même si nous avons conscience que nous sommes là pour apprendre. » Il sait que la tâche sera compliquée, « face à un entraîneur aux idées claires et des Marseillais de classe mondiale dont il nous faudra trouver les défauts ».

  • Ligue des Champions : les supporters de l’OM sous étroite surveillance en Belgique

    Ligue des Champions : les supporters de l’OM sous étroite surveillance en Belgique

    Les services de police du Bourgmestre de la commune de Forest ont pris une ordonnance visant à encadrer le déplacement des supporters de l’OM pour les matchs entre l’Union SG et l’OM.

    Ainsi, la rencontre de Youth League, entre les U19 des deux formations, est interdite aux supporters marseillais. Les abords du stade Joseph-Marien et le stade en lui-même leurs seront impossibles.

    Les supporters souhaitant assister à la rencontre de Ligue des Champions devront se plier à des conditions de voyage drastiques. Seuls ceux arrivant en bus depuis la France pourront accéder au Parc Astrid. Ceux venant en véhicule individuel, en train ou en avion, ne pourront pas accéder au stade, sauf s’ils rejoignent le point de rencontre, en France, au poste frontière de Hensies, d’où partira le convoi des bus, mardi après-midi.

    Jusqu’au mercredi 8 décembre, 10 heures, la présence de supporters marseillais, sans billet, est interdite dans la ville de Bruxelles. Les services de police sont autorisés à procéder à des contrôles et placer en détention les personnes ne respectant pas ces contraintes.

  • Carte postale : l’OM au pays des fontaines humoristiques

    Carte postale : l’OM au pays des fontaines humoristiques

    Entre le chocolat, les gaufres, les bières et autre stoemp, Bruxelles possède un riche patrimoine culinaire. Mais la capitale belge possède également des trésors qui se découvrent au hasard de pérégrinations urbaines.

    Au voisinage des monuments de la Grand place, entre deux façades illustrées de personnages de bandes dessinées, ces petites perles sont un concentré d’humour et d’ironie belge. Quelques grands noms, à l’image de Jacques Brel, attisent la curiosité. Mais, ce sont quelques fontaines et statues plus discrètes qui font tout le charme de la cité.

    Le plus connu est sans aucun doute le Manneken pis. Il représente l’insolence et la candeur de l’enfant. Et se moque bien du va-et-vient incessant, rue de l’Etuve, qui se moque de son minuscule attribut. A quelques rues, sa petite sœur Jeannekepis l’imite, dans son alcôve de la petite rue des Bouches. Face aux halles Saint Géry, c’est le Zinnekepis qui attire l’œil. Lui, c’est le clébard des rues, celui que l’on chasse à coup de pied, mais qui se moque bien des humains ingrats, puisqu’il lève la patte et se soulage sur la jambe des plus beaux pantalons de la ville. Tandis que dans la rue de l’Amigo, sur la façade du palace de Bruxelles, on comprend ce que fait le « Gros dégueulis ».

    De toutes ces allégories, c’est sans doute celle de la Dame au Chapeau qui est la plus touchante. Lors de la création de la pièce de théâtre dont elle est un des personnages clefs, les auteurs de « Bossemans et Coppenolle » ne pensaient pas qu’un jour, la rivalité footballistique entre l’Union Saint-Gilloise et Moleenbeck aurait droit à un éclairage en Ligue des Champions et rattraperait la longue histoire de l’OM. Située rue des Moineaux, elle mène sa petite vie de statue, impassible au temps qui passe et au retour des Apaches de Saint-Gilles au plus haut niveau du football belge.