Tag: Bouches-du-Rhône

  • Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Il restera évidemment anonyme pour préserver la puissance du personnage. Juché sur le camion de la CGT énergie ou devant la banderole, d’aucuns l’appellent « le diable ». Une apparition casquée, mélange de Mad Max et de bestiole à cornes diabolique, équipée de chaînes, effrayante et galvanisante. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, c’est un « martyr » au sens premier et profond, aux accessoires et à l’attitude savamment calculés. « La mort, les tourments, la souffrance du monde ouvrier qu’on enchaîne, anonyme, rebelle et qui n’accepte pas cette condition. C’est ça que je voulais représenter », explique-t-il, où loin de « toute fanfaronnade », « tout a un sens ». Du bokken, sabre de bois japonais, à la cravache, « pour montrer aux gens qu’on abuse d’eux, qu’ils acceptent une certaine soumission », pétris par le « discours dominant ».

    « Je voulais montrer, aussi, qu’il ne faut pas être faible avec les forts, que le monde ouvrier va se battre », ajoute-t-il. Au fil des réunions syndicales, le personnage est venu « tout doucement » s’imposer. L’idée : mettre en image le discours des « copains, qui ont de la faconde », au micro. « Moi, je suis là pour les épauler, pour choquer, marquer », poursuit-il. Heureux que les « gens viennent le voir après la manif » pour le remercier de sa présence, il ne se voit pas en « étendard ».

    Car pour ce gars du Nord, né d’un immigré arraché à son soleil italien pour se retrouver au fond d’une mine de Lorraine, l’engagement coule de source. « Mon père était syndiqué, militant, et entre mineurs, ça discutait sévère ! J’ai baigné là-dedans et connu tôt la violence du monde du travail », raconte l’énergéticien qui, à 14 ans, avant d’aller à l’école, faisait « les postes », se réveillant à 3h30 le matin pour descendre au fond, malgré ses capacités artistiques remarquées par la prof de dessin.

    L’énergie, un bien vital

    Un avenir tout tracé. Mais, revenu de l’armée à 19 ans, il voit s’envoler la promesse d’embauche. La France misant sur l’atome, le charbon, c’est fini. « Né en 68, j’ai fait partie de la dernière section, celle qui n’a pas été prise pour les houillères, j’ai passé un examen pour rentrer à EDF », poursuit-il. Au sein du service public de l’énergie, il retrouve les « valeurs et l’esprit de famille » de la mine, se syndique à la CGT.

    « Je savais ce que c’était de défendre un bien indispensable, fondamental », insiste-t-il avant d’évoquer une lente dégradation. Il se souvient de la privatisation d’EDF en 2005, où « on voulait se partager le gros gâteau ». Et de marteler : « on a voulu être compétitif, mais de quoi ? Comment l’imaginer quand on parle de quelque chose de vital ? » L’alignement du prix de l’électricité nucléaire sur celui du gaz, à la merci du marché, le révolte tout autant. « [Indépendants], on aurait dû être des nababs ! » balance-t-il.

    Parce qu’il n’accepte pas de vivre dans « un pays qui crève la faim, qui a peur, où on ne peut plus vivre dignement de son travail », il sera là ce jeudi. Et de lancer : « J’ai envie de dire aux gens libérez-vous de vos chaînes, osez vous fédérer, osez dire que vous n’êtes pas d’accord avec des réformes qui ne sont bonnes ni pour vous ni pour vos enfants. »

  • Une centaine de chercheurs en commerce en conférence

    Une centaine de chercheurs en commerce en conférence

    Martigues accueille un colloque universitaire sur la recherche en commerce et distribution, la semaine prochaine, à l’occasion de la 28e conférence Étienne Thil, organisé par l’association du même nom.

    Le co-président du comité d’organisation est Gilles Paché, professeur en sciences de gestion à Aix-Marseille université. « Le 9 octobre, des professionnels de haut niveau participeront à des tables rondes et le président de l’université d’Aix-Marseille se déplacera pour l’ouverture de la conférence, aux côtés du maire de Martigues », promet-il.

    La particularité de cette édition est, pour Gilles Paché, d’être « pour la première fois » organisée « dans une ville moyenne n’ayant pas le statut universitaire, puisque les précédentes conférences se sont tenues dans des universités et écoles de commerce », indique le professeur, comme à Montpellier l’année dernière, ou Paris Dauphine auparavant.

    Le programme n’est pas déconnecté du territoire. L’ouverture du colloque est à 9h jeudi 9 octobre, en compagnie du maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. La première table ronde sur le thème de la redynamisation des centres-villes par le commerce est animée par Béatrice Siadou-Martin, professeure en marketing à l’université de Montpellier, avec comme intervenants le Pr Pierre Lescoat de l’école de commerce Neoma, ainsi que Louis Roux, chef de projet à l’Agglomération de Montélimar.

    L’après-midi à 14h, une autre table ronde sur la distribution à l’ère de la décarbonation et la circularité est proposée avec Aurélien Rouquet, ingénieur de l’école centrale de Lille et rédacteur en chef de la Revue Française de Gestion.

  • À la foire, Miss Corse valorise les producteurs de sa région

    À la foire, Miss Corse valorise les producteurs de sa région

    Pour sa première visite à la foire de Marseille, Manon Mateus reçoit un accueil royal. « Je suis très heureuse d’être ici aujourd’hui, parmi tous ces artisans qui font briller la Corse », lance la jeune femme de 23 ans, élue Miss Corse en juillet 2025 et invitée à la foire par la Maison de la Corse.

    Sa présence, plus que bienvenue en cette journée « un peu plus creuse que les autres » selon les exposants, ravit également les visiteurs du jour, qui, lorsqu’ils ne s’arrêtent pas pour demander un autographe à Manon Mateus, la saluent par un sourire. « C’est une fierté pour nous, Corses, que d’avoir une jeune femme aussi sympathique comme représentante », estiment Marc et Philippe, alors qu’ils profitent des dégustations offertes sur les stands. À quelques pas de l’espace restauration, Marie-Jo, informée de la présence de la Miss par une annonce au micro, est impatiente de la rencontrer : « je suis le concours des Miss de très près chaque année, alors quand je peux les rencontrer en vrai je ne manque pas l’occasion », sourit-elle.

    Originaire de la région parisienne, Manon Mateus a vécu dix ans à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) avant de poser ses valises à Sartène (Corse du Sud), il y a six ans. « Je n’avais ni famille ni amis là-bas, j’y suis allée par soif d’indépendance », confie-t-elle en se remémorant son parcours. « La Corse m’a appelée, puis elle m’a adoptée », ajoute celle qui représentera l’île lors de l’élection Miss France 2026, en décembre prochain.

    Après un passage auprès des stands gastronomiques, la Miss se rend chez Olivier, fondateur de la bijouterie corse Marc Ricca, dont elle porte une parure faite de corail. « Sa présence aujourd’hui est une marque de son soutien pour l’artisanat », salue l’exposant. Car, derrière son écharpe de Miss, Manon Mateus est également une entrepreneuse à la recherche de « contact humain ». « En créant mon concept de gelateria ambulante à l’âge de 19 ans, j’ai souhaité me déplacer dans des petits villages et aller à la rencontre des gens », raconte-t-elle. Être proche des habitants de chaque région tient également à cœur du comité des miss, rappelle Manon Mateus.

    La jeune femme indique, par ailleurs, se consacrer à de nouvelles activités associatives. « Ces dernières semaines, j’ai participé à une marche pour soutenir des malades de la mucoviscidose. J’ai aussi pris part à la commémoration de la libération de la Corse », explique-t-elle. Parmi les prochains rendez-vous de son agenda bien chargé, des marches à l’occasion de l’opération Octobre Rose.

  • L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    Quelle limite poser à l’assistance à personne en danger ? Après des rebondissements judiciaires – deux non-lieux des juges d’instruction, un non-lieu requis du parquet général et une relaxe générale requise du parquet de Marseille au procès en juillet – un accident de plongée survenu il y a 15 ans au large de Marseille, a débouché, lundi, sur une surprise : la relaxe du directeur de plongée poursuivi pour blessures involontaires, mais la condamnation d’un équipier de la palanquée pour non-assistance. Ce dernier devrait faire appel, selon son avocat, Me Thomas Hugues.

    « Putain, j’ai percuté mes paliers ! »

    Le 27 février 2010, Patrick, 53 ans, était victime au large de Marseille d’un accident de décompression qui l’a rendu hémiplégique pendant plusieurs semaines. Il portait plainte devant les manquements et défaillances de l’organisation. Deux jours avant, ce pilote de ligne qui en était à sa 87e plongée, venait de réussir aux épreuves de niveau 3 permettant une autonomie jusqu’à 60 m de profondeur. La formation de 4 jours qu’il regardait comme incomplète et légère avait eu lieu à l’Estaque. Pour cette plongée, il avait reçu comme instruction principale de ne pas dépasser une durée totale de remontée de 15 minutes, paliers de décompression compris.

    Patrick formait une palanquée avec Martial et Roland, des plongeurs aguerris qu’il ne connaissait pas dont un – il est décédé depuis – était anesthésiste réanimateur et médecin hyperbare. Patrick était équipé d’un matériel entièrement nouveau, une bouteille de 15 litres à 200 bars, un baudrier de 9 kg de lest. La météo était très bonne. Après 6 minutes de descente, le trinôme atteint 55 m puis évolue durant 8 minutes. Vu sa consommation d’oxygène, l’ordinateur de Patrick lui indique alors de remonter. Il le fait seul, ses coéquipiers poursuivant leur plongée sans s’intéresser à lui, dira-t-il. Eux diront qu’il a juste fait signe du doigt signifiant qu’il remontait sans manifester de détresse. Arrivé à 27 m après une lente remontée, Patrick constate que son gilet stabilisateur s’est vidé. Il comprend qu’il ne pourra pas faire ses paliers de décompression. C’est à 12 m que sa remontée est subite, brutale, incontrôlée. « Putain j’ai percuté mes paliers ! », s’écrie-t-il en perçant la surface de l’eau sans avoir désaturé.

    Dans les protocoles d’urgences, il reste une ré-immersion immédiate dans les 3 minutes, mais Cédric, le directeur, n’est alors plus équipé pour plonger et il n’a pas placé de bouteille à oxygène sous le semi-rigide comme c’est la règle, et les deux coéquipiers ne sont toujours pas remontés. Cédric expliquera à l’enquêteur et aux juges d’instruction que Patrick ne pouvait pas replonger dans l’état de choc dans lequel il se trouvait. Il le met sous masque à oxygène, alerte les secours et c’est par hélicoptère que le plongeur est dirigé sur le caisson de décompression le plus proche. Mais il a déjà perdu toute sensation de ses jambes. Il restera hémiplégique durant plusieurs semaines.

    Le tribunal a relaxé lundi le directeur de plongée, ses « fautes de négligences » ne pouvant être mises en lien de causalité avec les blessures involontaires dont « l’origine précise n’a pas pu être déterminée ». Martial, le coéquipier, est en revanche condamné pour non-assistance à 12 mois avec sursis : « Un comportement normalement diligent est attendu de toute personne avisée du danger et au vu des usages en vigueur pour les compagnons de palanquée », le risque pour lui-même étant « négligeable compte tenu des circonstances », dit le tribunal.

  • Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Tout s’organise, tranquillement mais mécaniquement », sourit Renaud Muselier, pilote pour Renaissance de l’union de la droite aux municipales, à Marseille. Un mois après que le parti présidentiel a mis sur la table ses propositions ainsi qu’une charte des valeurs pour le scrutin à venir, le président de Région est venu annoncer, ce mercredi midi, au côté de la candidate Martine Vassal, dans une brasserie de la place Castellane, qu’un accord programmatique avait été trouvé pour cette campagne.

    « Le travail que l’on a présenté est issu d’un travail militant engagé il y a plus de six mois », présente Gérard Blanc, membre du bureau de Renaissance dans les Bouches-du-Rhône. « Dans ces propositions, il y en a 95% que je fais miennes, sourit de son côté Martine Vassal. ça ne m’étonne pas énormément, beaucoup de choses nous rassemblent. » Et de citer l’ouverture d’un bureau à Bruxelles pour travailler sur les financements européens, la végétalisation de la ville, un droit opposable à la garde d’enfants pour les familles monoparentales, des conventions pour transférer propreté, voirie et écoles aux mairies de secteur… En taisant les divergences. Quant à la charte de valeurs, « j’aurais pu l’écrire », jure-t-elle. Celle-ci défendait la nécessaire union, en appuyant : « Ces alliances devront exclure toute association, directe ou indirecte, avec l’extrême droite, LFI, ou des personnes dont la moralité serait incompatible avec nos principes d’intégrité, de transparence et d’humanisme. » Une alliance « exigeante », rappelle le co-responsable de la communication de Renaissance 13, Maxime Boudet. « Et c’est réciproque », rebondit la candidate.

    Sans Royer-Perreaut

    L’investiture officielle des Républicains obtenue une semaine plus tôt, reste à obtenir celle du parti présidentiel. « J’ai demandé que Marseille soit programmée dans le dispositif, la date arrivera en temps et en heure », explique Renaud Muselier. C’est que, pour l’instant, la formation d’un gouvernement accapare les esprits au niveau national. Mais, glisse-t-il, la candidature de Martine Vassal est regardée « avec un œil bienveillant ». Quant aux équilibres sur la liste, « on fait le quoi avant le qui », glisse le responsable départemental de Renaissance, Bertrand Mas-Fraissinet.

    Cela se fera, pourtant, sans l’ex-maire et député des 9-10, Lionel Royer-Perreaut. Dans un entretien à La Provence ce mercredi soir, celui-ci a annoncé se retirer de la vie publique, sans apporter de soutien à Martine Vassal. « Trop de choses aujourd’hui me séparent d’elle », explique-t-il. Et d’appuyer : « Pour qu’il y ait confiance, il faut qu’il y ait une forme de cohérence. »

  • Ces millions manquants de la marina olympique

    Ces millions manquants de la marina olympique

    La magie des épreuves olympiques en rade de Marseille passée, reste désormais l’addition. Et son partage. Mais, alors que les coûts du réaménagement de la marina du Roucas-Blanc ont flambé, les financements publics n’ont pas suivi, laissant une ardoise se chiffrant jusqu’à près de 11 millions d’euros pour la Ville de Marseille, alerte un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) présenté, ce vendredi, dans l’hémicycle municipal.

    C’est que l’inflation est passée par là, sans compter les nombreux ajustements de chantier. Ainsi, pour la partie terrestre, l’accord signé avec la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) en 2020 prévoyait un chantier à 25 millions d’euros. La note finale s’élève à 31,3 millions d’euros, une augmentation d’un quart du coût initial entre révision des prix (2 millions d’euros) et dépenses additionnelles pour le stockage provisoire des équipements nautiques, le relogement des activités maritimes (2,5 millions d’euros).

    Côté mer, les demandes supplémentaires du comité d’organisation des Jeux olympiques, ainsi que les révisions des prix, ont chacune ajouté plus d’un million à l’ardoise, sans compter les études supplémentaires nécessaires. Et le bassin s’étant ré-ensablé au fil des travaux, il a également fallu réaliser un nouveau dragage, d’un coût de 1,2 million d’euros. Quelque 4 millions de surcoûts se sont ainsi ajoutés au fil de l’eau, entre 2022 et 2024, portant ce chantier maritime à près de 15 millions d’euros.

    La CRC porte au final l’addition de ce chantier olympique à 45,6 millions d’euros en 2024. Sans que le partage de la charge ne suive. « En dépit de ces hausses des dépenses, la répartition des financements publics n’a pas évolué depuis 2022 », s’alarme le rapport, pointant que seuls 34,6 millions d’euros de financements avaient été confirmés en mars 2025. Et les magistrats de sortir la calculatrice : « Au total, un écart de 10,95 millions d’euros hors taxes apparaît entre l’ensemble des dépenses du projet de réaménagement de la marina du Roucas-Blanc et les financements confirmés. » Un écart qui tomberait à 4 millions d’euros si toutes les subventions promises tombaient finalement, en particulier les 2,8 millions de dotation de soutien à l’investissement local de l’état, dont la première moitié n’était qu’en cours d’engagement en juillet. Mais, quoi qu’il en soit, cette charge risque de retomber sur la municipalité marseillaise.

    En fin de séance

    Cela d’autant plus que les 3 millions d’euros espérés du Fonds européen de développement régional (Feder) n’arriveront jamais. « La commune n’a constaté qu’en 2023 que le projet était inéligible à ce fonds », glisse le rapport. « On ne peut pas nous reprocher d’avoir essayé de travailler sur cette source de financement, se défend l’élu (EELV) délégué aux fonds européens, Fabien Perez. On a travaillé, mais on ne savait pas. »

    La Ville de Marseille a bien demandé à l’état de réunir les différents financeurs pour que chacun fournisse une aide supplémentaire. « En juillet 2025, ces propositions n’avaient pas reçu de réponse », note sobrement le rapport de la CRC. Interrogé à ce sujet à de multiples reprises par la presse, le président du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet (G.s), rappelle : « C’est un équipement salué par l’ensemble des Marseillais. L’objectif à terme, c’est qu’une classe d’âge puisse profiter d’un stage d’apprentissage de la voile dans sa scolarité. » Mais les réponses sur le financement, insiste-t-il, ne seront apportées qu’en conseil municipal vendredi. Cela tombe bien : le rapport a été glissé à la toute fin de l’ordre du jour.

  • Cent ans de lutte contre le cancer du sein à l’institut Paoli-Calmettes

    Cent ans de lutte contre le cancer du sein à l’institut Paoli-Calmettes

    Le cancer du sein n’est pas seulement une maladie, c’est un combat collectif, une grande cause nationale et humaine » : tels sont les mots du Pr Anthony Gonçalves, coordinateur du Département d’oncologie médicale et Responsable du Comité de séno-oncologie de l’Institut Paoli-Calmettes, à l’occasion d’une matinée spéciale proposée le vendredi 3 octobre.

    Professionnels de santé, chercheurs, patients et grand public sont rassemblés à partir de 8h30. L’occasion de présenter les avancées dans la connaissance de la biologie de ce cancer qui, avec 60 000 nouveaux cas par an, reste le plus fréquent chez la femme, mais qui, pris en charge à un stade précoce, de petite taille, est guéri dans 9 cas sur 10. La personnalisation des traitements et les perspectives de la recherche seront également abordées, ainsi que le rôle des patientes comme acteurs dans le soin et la recherche.

    De 8h30 à 14h :salle des conférences bâtiment IPC2

  • Le patronat local montre les dents

    Le patronat local montre les dents

    Nous aussi on se mobilise ! » C’est le message de Philippe Korcia, président de l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), bien déterminé à porter haut la voix du grand patronat, en plein débat autour des orientations budgétaires du Premier ministre, Sébastien Lecornu. Une mobilisation en deux temps. « D’abord le 13 avec le grand rassemblement à Paris, où l’on espère avoir plus de 15 000 personnes », plante le patron des patrons locaux, qui prévoit « des départs coordonnés en train » des entrepreneurs pour l’occasion. Avant d’annoncer l’autre grand rendez-vous du monde économique, deux jours après, qui se tiendra au stade Vélodrome à Marseille, le 15 octobre : la 25e édition du forum des entrepreneurs de l’UPE 13.

    « Qu’on nous laisse faire »

    Si les deux événements ne sont pas liés, ils s’inscrivent dans une même dynamique des organisations patronales en vue de peser sur le prochain budget et éviter des mesures comme la taxe Zucman. « Nous sommes dans une situation économique très préoccupante. Si l’on repart sur des discussions pour le budget ou une dissolution, nous n’allons pas réussir à traverser cette crise. S’il n’y a pas de volonté politique, il n’y aura pas d’autres mesures que la mise sous tutelle du FMI », prévient Philippe Korcia. Avant de tacler « les syndicats dogmatiques […] qui ne veulent pas comprendre qu’on a un pied dans le précipice ».

    In fine, il demande à « ce qu’on nous laisse faire », comprenez par-là qu’on laisse les manettes au patronat pour le prochain budget. « Les entreprises, ce sont elles qui créent de l’emploi, qui créent la valeur. […] C’est la seule chose qui marche », développe-t-il. D’où l’invitation de Louis Sarkozy et de l’ancien président François Hollande pour le 25e forum… Tout un programme.

  • Gérard Gazay à nouveau candidat à Aubagne

    Gérard Gazay à nouveau candidat à Aubagne

    Les 15 et 22 mars 2026, vous élirez votre maire et sa nouvelle équipe municipale. En 2020, vous m’avez accordé votre confiance en m’élisant à nouveau comme maire. Aujourd’hui, je souhaite renouveler ma candidature pour poursuivre mon engagement, à votre service », écrit, ce 1er octobre, le maire (LR), Gérard Gazay. Si, depuis fin 2024, l’édile, élu depuis 2014, n’a jamais caché son intention de briguer un nouveau mandat, ce courrier et ce post officialisent sa candidature.

    « Enfant du pays d’Aubagne, mon ambition à faire réussir ma ville de cœur reste intacte », assure-t-il. Il ajoute : « Le bilan de notre équipe municipale est solide. Aubagne a retrouvé une ambition, une stabilité, une crédibilité à la fois locale et nationale. Fort de ce succès, je propose que nous poursuivions ensemble le récit de cette histoire, dans le même état d’esprit : celui de l’audace, de la confiance, de la sécurité et de la justice sociale, avec une attention particulière portée à tous et notamment aux plus fragiles. »

    « Contre les extrêmes »

    Joint par La Marseillaise, ce mercredi, Gérard Gazay explique sa démarche : « Un travail de fond a été fait depuis deux mandats. On commence à voir quelques réalisations dans la ville. Il y a encore de nombreux projets, engagés ou à engager, et il faut un peu plus de temps pour les réaliser. » Pour lui, « un premier mandat sert à comprendre les institutions partenaires et comment fonctionne une collectivité. Il est ensuite important de poursuivre pour plus d’efficacité, et pour transformer la commune ».

    Parmi ses priorités, il cite : « assurer la sécurité de nos concitoyens, continuer à rendre la ville plus verte et travailler au développement économique d’Aubagne. » Il précise sa méthode dans sa lettre : « Pour préparer une nouvelle mandature, je propose que nous confrontions nos idées et nos projets avec vos aspirations et vos besoins. Pour cela, je vous invite à participer à des groupes de réflexion dans le cadre d’ateliers thématiques et à recueillir vos contributions sur le site internet de ma campagne. »

    Par téléphone, le maire détaille : « Les Aubagnais vont pouvoir s’inscrire au sein d’ateliers sur le commerce, le social, la culture, le sport… Cela va durer jusqu’en décembre. à partir de ces idées, et de ce que nous voulons proposer, nous présenterons notre programme début 2026. »

    Interrogé sur le risque de progression du vote Rassemblement national dans les Bouches-du-Rhône, notamment après les législatives de juin 2024, où il avait appelé à voter « ni NFP, ni RN » au second tour, Gérard Gazay répond : « Je n’ai pas changé. Je suis toujours contre les extrêmes, à droite et à gauche. Mais ce qui se passe au niveau national ne se reproduit pas forcément au local. »

    En 2020, la liste de Gérard Gazay est arrivée en tête à Aubagne, avec 48%, contre 43% pour la gauche menée par Magali Giovannangeli. Le scrutin, marqué par la crise sanitaire, affichait un taux d’abstention record de près de 60%.

  • « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre sur Ambroise Croizat et les 80 ans de la Sécurité sociale ?

    Emmanuel Defouloy : Dans les tout prochains jours, on va célébrer les 130 ans de la CGT et les 80 ans de la Sécu. Dans ce double contexte, il m’a paru intéressant de retrouver la mémoire sur le personnage qui relie les deux histoires. Ambroise Croizat. Au fil de sa vie, on perçoit bien, l’immense apport du mouvement ouvrier à travers ces organisations syndicales et politiques au modèle social français. Je pensais qu’il était très important de souligner d’où était partie l’idée de la Sécurité sociale.

    C’est quoi exactement ce modèle bien français ?

    E.D. : À travers la vie de Croizat, on peut retrouver la mémoire des principes originels de la Sécu telle qu’elle a été bâtie en 1945-1946 par ce ministre cégétiste et communiste et par le haut fonctionnaire Pierre Laroque. Les piliers sont au nombre de 4. D’abord, c’est la centralité de la cotisation. Ça ouvre des droits pour un système qui socialise des moyens entraînant une grande puissance redistributrice – ce qui n’a rien à voir avec l’impôt. Ensuite c’est le besoin humain qui l’emporte sur le financement qui doit suivre. Et cela a formidablement bien marché pendant 30, 40 ou 50 ans. En 2000, le système français était encore placé n°1 dans le monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aujourd’hui c’est l’inverse. On fixe un plafond de dépense quitte à baisser les prestations. Les cotisations sont passées de 94% en 1980 à 57% en 2025. Le troisième principe repose sur le fait que Croizat, comme Laroque, était très attaché à la gestion des caisses de Sécu par les assurés, à travers le représentant qui étaient les syndicats. Fin de ce système en 1967, pour étatiser la Sécu en 1995-1996, et abandonner la gestion socialisée. Voilà pourquoi, il est très important de revenir aux principes originels. Enfin, en regard avec les lacunes des caisses d’assurances sociales qui dépassaient le millier et marchaient mal, il a été décidé d’une organisation unique. Une grosse bataille portée par Pierre Laroque et soutenue par une majorité de gauche, soit la CGT, le PCF, le SFIO, de l’Assemblée consultative provisoire (ACP) dans un vote important dès le 31 juillet 1945. Croizat était alors président de la commission du travail et des affaires sociales de cette ACP. Juste avant d’être ministre.

    L’empreinte de Gaulle dans tout ça ?

    E.D. : À la demande des milieux chrétiens familialistes, de Gaulle leur a accordé l’autonomie des caisses d’allocations familiales. Après la guerre, il y a donc environ 138 caisses de Sécu, soit un peu plus d’une par département et 111 caisses d’allocations familiales. Attention la Sécu, c’est 4 branches, l’Assurance maladie, le versement des retraites, les allocations familiales et la couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles. Du fait du plein-emploi d’après guerre, l’assurance chômage n’a pas été incluse, et elle ne l’est toujours pas. Alors qu’elle pourrait l’être.

    Pourquoi Croizat est-il surnommé le ministre des travailleurs ?

    E.D : Depuis 1936, Croizat est secrétaire général de la CGT Métallurgie. Il sera nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale en novembre 1945. À partir des ordonnances de 1945, il bâtit la Sécu en 18 mois. On ne se rend pas bien compte de l’incertitude des lendemains sans protection sociale dans laquelle vivaient les classes populaires. Si votre enfant avait une maladie grave, si vous n’aviez pas les moyens, pas d’opération possible. C’était la mort. S’il n’y avait pas de système de retraites, du jour au lendemain, vous n’aviez plus de moyens pour vivre. Il voulait mettre les Françaises et les Français à l’abri du besoin. Ses réformes ont transformé leurs vies, avec une augmentation très forte de l’espérance de vie, et lui ont fait gagner le surnom de “ministre des travailleurs”. Depuis 1906, c’est le seul ministre du travail qui a été un ouvrier. La Sécu est une œuvre civilisatrice. Aujourd’hui encore, réformer cet héritage est très impopulaire pour près de 70% des Français.

    Présentation débat du livre d’Ambroise Croizat. Aux Rotatives de La Marseillaise. Le 25 septembre à 18h30. Entrée gratuite.